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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 20:48

Le Pr Philippe Even radié de l'Ordre des médecins MIS À JOUR

Il « a manqué à ses obligations de moralité et à son devoir de confraternité », selon la chambre disciplinaire…

C’est une lourde sanction.

Le Pr Philippe Even, auteur de nombreux ouvrages controversés dont le Guide des 4.000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux écrit avec le Pr Bernard Debré, a été radié de l’Ordre des médecins.

Cette décision qui n’est pas encore définitive, a été prise après la publication d’un ouvrage intitulé Corruptionet crédulité en médecine publié aux Editions du Cherche-Midi en septembre 2015, a précisé la chambre, confirmant une information du Quotidien du Médecin.

« Des propos méprisants et diffamatoires »

Dans sa décision rendue publique le 13 décembre, la chambre reproche au Pr Even d’avoir tenu « des propos méprisants et diffamatoires » face à des confrères qu’il avait notamment traités de « putains académiques » ou qu’il avait comparés à une « mafia ». >>

En faisant cela, le Pr Even « a manqué à ses obligations de moralité et à son devoir de confraternité et « a gravement déconsidéré la profession médicale » ajoute la chambre qui a décidé de le radier du tableau de l’Ordre.

La décision de radiation de la chambre disciplinaire, présidée par une magistrate, prendra effet le 1er avril 2017, si à cette date elle est devenue définitive, faute d’appel du pneumologue.

« Je me fiche éperdument de l’avis du Conseil de l’Ordre »

Le Pr Even, 84 ans, ancien doyen de la faculté de médecine de Necker, a indiqué qu’il n’avait pas l’intention de faire appel et qu’il considérait même qu’il s’agissait d’une « décoration ».

« Je n’exerce plus depuis 16 ans », précise-t-il, « et j’ai obtenu ma désinscription du tableau de l’Ordre le 27 septembre 2015, quelques jours après la publication de Corruption et crédulité en médecine, un ouvrage dans lequel il dénonce la collusion entre les laboratoires et certains médecins.

« J’avance dans ce que je crois être ma vérité, je me fiche éperdument de l’avis du Conseil de l’Ordre », ajoute-t-il.

20 Minutes avec AFP

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 09:32

Les vertus cachées de la testostérone

Deux travaux récents montrent que l'hormone mâle pourrait aider à traiter la sclérose en plaques et aussi qu'elle favorise les comportements sociaux.

Par Anne Jeanblanc

 

C'est l'hormone masculine par excellence. La testostérone donne des muscles, de l'assurance et sa fertilité à l'homme. Sécrétée par les testicules (et en faible quantité par les ovaires chez la femme) ainsi que par les glandes surrénales dans les deux sexes, cette hormone a d'autres facultés – étonnantes – que des recherches récentes ont mises en évidence.

D'abord, contrairement à une croyance populaire bien ancrée, cette hormone ne ferait pas qu'augmenter les comportements agressifs et antisociaux chez l'homme.

Les travaux de chercheurs français et américains indiquent qu'elle favorise également les attitudes qui aident à maintenir ou à améliorer son statut social.

Dans la revue de l'Académie américaine des sciences (PNAS), ils relatent une expérience qui a consisté à injecter cette hormone (ou un placebo) à de jeunes hommes. « Les participants jouaient à une version modifiée du jeu de l'ultimatum, dans laquelle, après avoir accepté ou rejeté une offre de partage d'argent de différents proposants, ils avaient l'opportunité de punir ou de récompenser ces derniers », précise le communiqué du CNRS.

Résultat : les individus ayant reçu de la testostérone punissaient plus les auteurs d'offres injustes, preuve qu'elle potentialise les réponses agressives aux provocations. En revanche, quand les offres étaient généreuses, les participants attribuaient une meilleure récompense. L'hormone « mâle » pousserait donc les hommes à agir avec discernement!

Comment réparer la myéline

Le travail publié hier, aussi dans les PNAS, a été réalisé chez la souris, mais il apporte d'autres informations sur la testostérone et son éventuelle capacité à réparer les fibres nerveuses, plus exactement la myéline qui les gaine et qui permet la transmission rapide de l'information entre le cerveau ou la moelle épinière et le reste du corps.

Cette substance est parfois détruite, chez les malades souffrant de sclérose en plaques ou après une blessure. Certes, il existe un mécanisme de réparation, mais il n'est pas systématique. Une équipe de recherche française a voulu comprendre pourquoi.

Et c'est ainsi qu'a été découvert le rôle « essentiel et inattendu » de la testostérone et de son récepteur.

Chez la souris, l'absence de testicules perturbe le processus de réparation spontanée de la myéline.

Les chercheurs l'expliquent par le fait que la maturation des cellules spécialisées dans la synthèse de la myéline (les oligodendrocytes) est alors défectueuse.

Mais pourquoi la testostérone ?

La réponse se trouve dans les origines de cette hormone : le récepteur qui permet à la testostérone d'agir est apparu au même moment que la myéline, donc très tard dans l'évolution des vertébrés gnathostomes (avec une mâchoire), ce qui expliquerait « leur lien très fort dans le processus de myélinisation ».

« C'est aussi peut-être l'une des raisons pour lesquelles l'évolution des maladies démyélinisantes telles que la sclérose en plaques diffère souvent chez les hommes et chez les femmes », ajoute Élisabeth Traiffort, directrice de recherche à l'Inserm.

La chercheuse conclut sur une notre optimiste : « Nos résultats ouvrent la voie à de nouvelles perspectives thérapeutiques et pourraient également être bénéfiques pour la recherche sur les maladies psychiatriques ou du vieillissement cognitif. »

Équipe Myélinisation et réparation de la myéline, de l'unité 1195, Petites molécules de neuroprotection, neurorégénération et remyélinisation, université Paris-Sud

 

 

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 08:36

Les scientifiques ont publié hier Jeudi le bilan global d'un des problèmes les plus envahissant, mais le moins reconnu, sur la façon dont les humains mettent fin à la cohérence naturelle de monde - par la construction sans fin d'un nombre toujours plus grand de routes, qui fragmentent l'habitat naturel, et plus Il y en a, le plus le devenir de ces habitats est compromis.

Ces routes donnent l'accès aux humains à des zones lointaines, qui étaient auparavant des régions vierges, où ils peuvent commencer l'exploitation forestière, minière, accidentellement (ou intentionnellement) départ d'incendies et de beaucoup d'autres choses comme dans la région d'arkhangelsk en Russie. (pierre ibisch)

Dans l'Amazonie, forêt pluviale, par exemple, la fragmentation du paysage se produit à cause de la déforestation - à quoi les routes ont aussi contribué -

Et met en péril l'écosystème tout entier. Une fois que la lumière du soleil peut pénétrer dans la forêt pluviale, de proche en proche, n'est plus protégée du dehors par le luxuriant baldaquin d'en haut, et la forêt étage par étage sèche. La forêt elle-même absorbe la chaleur par en haut, et les arbres s'effondrent plus facilement, ce qui est un drame pour beaucoup d'espèces clés.

Dans cette nouvelle étude, publié dans le journal "science" par une équipe de 10 conservateurs scientifiques en institutions de l'allemagne, grèce, pologne, le royaume-uni, brésil et des états-unis,ont utilisé un open-source, accessible au citoyen, apportant les données de base sur l'état global des routes. Les chercheurs ont alors combiné cette source avec l'évaluation de la recherche dans la littérature sur la taille des domaines entourés de routes et sont compromis écologiquement par ces routes.

Cela leur a permis de compter vu de haut le monde restant vraiment vierge, et d'évaluer le nombre de domaines et d'évaluer leurs tailles. Ils ont défini ces domaines comme éloignés d'1 kilomètre de toute route.

"il y a certains effets ce au-delà de 1 km bien sûr. c'est un gradient, mais la plupart des problèmes se produisent dans cette ceinture ou zone tampon de 1 kilomètre," nous dit pierre ibisch, auteur en premier et chercheur à l'universite d'eberswalde pour le développement durable en Allemagne.

L'étude montre que les domaines terrestre (excluant antarctique et groenland) sont à 80 pour cent sans routes, ce qui sonne comme une bonne chose - mais de façon plus pointue, le chercheurs a trouvé que ces routes ont divisé la terre en 600,000 morceaux.

Plus de la moitié de ces zones font moins d'un kilomètre. Et seulement 7 pour cent des fragments sont très grands - plus que 100 kilomètres par zone.

Certains des plus grands domaines sans route sont dans la zone pluviale de l'Amazonie, au nord c'est la forêt boréale, et en Afrique.

Les auteurs ont produit une carte en codes couleur des différents morceaux du monde fondé sur la taille des zones sans routes retrouvées dans différentes régions.

il n'y a fondamentalement aucune zone sans route du tout, et cette carte, qui est fondée sur des données open-source, dans beaucoup de cas surestime les zones sans routes

La raison en est, surtout en pays tropical, que les routes n'ont pas soigneusement ete tracées. (crédit: p. ibisch et al., science (2016)) La carte semble indiquer que le développement économique et le concentration de routes avancent main dans la main -

Et des économies avancées comme pour les états-unis, l'Europe et le japon il y a peu de zones sans route.

C'est important de le reconnaître, comme l'étude le note, et la recherche est probablement incomplete pour l'ensemble du nombre total de routes dans le monde.

En d'autres mots, l'image est probablement pire que ce que les chercheurs ont pu identifier Mais cette étude n'en a que plus de "valeur écologique" - par exemple, la forêt pluviale vierge soutient bien davantage d'espèces de la biodiversité que les routes du désert. "le plus gros bloc, protégeant la plupart des espèces de biodiversité de domaines sans routes serait retrouvé en Amazonie ," dit ibisch.

"nous pouvons aussi voir de précieuses zones sans routes dans le bassin du congo, mais dans une moindre mesure, où nous avons déjà plus étendu la fragmentation.

Et nous avons aussi trouvé d'intéressantes zones sans routes en asie du sud-est, et dans les tropiques. Mais il y en a aussi dans la zone boréale zone et même qui s'étire en dehors de la toundra dans du nord russie." Cependant, l'étude suggère que la conservation d'objectifs de domaines sans routes n'est pas atteint - seulement 9.3 pour cent du sans routes domaines, restera domaine protégé.

Cela suggère un désalignement majeur des priorités. Les conséquences de la fragmentation de l'écosystème sont une myriade. Il faut inclure d'interrompre le mouvement naturel en cours de destruction des organismes (et de leur matériel génétique) à travers les habitats, changement de température et du climat local, en permettant non seulement aux humain des incursions mais aussi l'apport d'envahissantes espèces dans un nouveau domaine, où cela cause un dommage irréversible , dit Ibisch. "c'est une réelle question qui devient progressivement de pire en pire," a ajouté tom lovejoy, un écologiste de la georges maçon université dont la recherche se concentre sur la forêt pluviale d'Amazonie . "réfléchir au développement des routes, et au modèle de développement ," dit ibisch.

"C'est la gâchette du développement qui est en cause, et ici nous allons devoir faire le point, peut-on réfléchir à une alternative modèle de développement sans découpage de la nature en toujours plus de morceaux?"

chris mooney sur science environnement.

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 17:33

 

 Un généraliste suspendu pour son dépistage de Lyme : "On se sent harcelés"

 

Un médecin généraliste a été condamné en appel à quatre mois de suspension ferme par le Conseil de l'Ordre pour "prescriptions abusives de tests de dépistage de borréliose" et "soins non-conformes aux données actuelles de la science".

 

Alors que le ministère a lancé en septembre un vaste plan de recherche sur Lyme, un médecin généraliste de la banlieue de Lyon vient d'être condamné en appel à quatre mois de suspension ferme par le Conseil de l'Ordre.

 

Le médecin a été sanctionné pour des soins non-conformes aux données actuelles de la science", "des prescriptions abusives de tests de dépistage de borréliose", une "absence d'adaptation de la thérapeutique aux résultats des tests biologiques".

 

"Je n’ai plus 40 ans, mon activité est derrière moi, mais c’est chiant d’arrêter quatre mois quand on a des patients dont on essaie d'améliorer la qualité de vie", avait commenté Raphaël Cario après le premier jugement.

 

"J’essaie de dédramatiser, mais on se sent harcelé, c’est comme si on voulait notre peau, et on ne sait pas pourquoi."

 

En première instance, trois autres médecins avaient aussi été suspendus.

"Je vais faire appel devant le conseil d’Etat, mais cette condamnation n’étant pas suspensive, je vais devoir arrêter de recevoir mes patients à partir de mai", précise le médecin.

 

 

Dans le même temps, la Cour d'appel de Colmar a condamné une ancienne gérante d'un laboratoire d'analyses biologiques, poursuivie pour avoir appliqué des méthodes non conventionnelles...

 

La gérante de 68 ans a été condamnée à 9 mois de prison avec sursis pour escroquerie au préjudice de l'Assurance-maladie et devra rembourser 280 000 euros.

 

Un pharmacien était poursuivi aux côtés de la gérante. En première instance, il avait été condamné à de la prison avec sursis. Il est décédé ce samedi, quatre jours avant le prononcé de la sanction en appel.

 

 

[Avec Nouvelobs.com et AFP]

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 08:21

Les dossiers noirs des autorités sanitaires

Anticoagulant dangereux, déclarations d’effets secondaires parallèles : enquête sur un système en panne.Dépakine : première action de groupe en France contre Sanofi

Plus jamais une affaire Mediator?

Les autorités n’ont visiblement pas tiré les leçons du plus important scandale sanitaire que la France ait connu ces dernières années.

Anticoagulant aux effets secondaires dangereux, mais pour lequel l’agence du médicament ne fait rien, baisse de subventions pour les experts chargés de la notification des effets indésirables, un portail Internet de 2 millions d’euros, véritable usine à gaz, enquête sur les dossiers chauds qui mettent en danger la santé des Français

Inquiétudes autour d’un anticoagulant vedette, le Préviscan

Mis sur le marché français en 1995 pour traiter et prévenir les thrombo-embolies veineuses, le Préviscan (Merck Santé) est très prescrit en France: il représente près de 80 % des ventes de médicaments pour soigner ces pathologies.

Problème: outre des risques hémorragiques liés à tous les anticoagulants, cette molécule provoque des atteintes hématologiques, hépatiques et surtout rénales.

Une enquête sanitaire a été menée par l’Agence du médicament (ANSM) et confiée au centre de pharmacovigilance de Lyon.

Les résultats sont inquiétants: 28 cas de neutropénie (trouble du système sanguin), 37 cas d’atteinte hépatique, 70 cas d’effets cutanés parfois graves et, enfin, 77 cas d’insuffisances rénales ont été recueillis et analysés.

En raison de ces données, les membres du comité technique de pharmacovigilance, en charge de la surveillance des effets secondaires des médicaments, se sont prononcés pour informer les professionnels de santé sur les risques non hémorragiques de la molécule et pour inciter les médecins à prescrire un autre anticoagulant que le Préviscan.

Quant au rapporteur de ce groupe de travail, il voulait même aller plus loin, puisqu’il voulait retirer le médicament du marché.

Las, cette décision d’avertir les médecins remonte… au 20 mai 2014. Depuis?

Il ne s’est rien passé.

Le Préviscan continue à être très largement prescrit et les médecins n’ont pas été informés de ces risques.

L’enquête sur les effets secondaires n’aura donc servi à rien: la direction de la surveillance de l’ANSM n’a pris aucune décision depuis deux ans. «Combien faudra-t-il de morts pour que nos autorités de tutelle se bougent enfin?» demande un pharmacovigilant. Selon nos informations, il y aurait déjà eu plus de cinq décès depuis 2014. • Baisse de 6 % des subventions pour la police des effets secondaires Immédiatement après le scandale Mediator, les crédits avaient augmenté de 10 % pour les centres régionaux de pharmacovigilance.

La France compte 31 de ces entités réparties sur tout le territoire.

Elles sont chargées de recueillir les notifications d’effets secondaires des médicaments adressées par les professionnels de santé, les patients ou associations de patients.

Au dernier comité technique qui s’est tenu à l’ANSM le 6 décembre, Éric Délas, le directeur financier de l’agence, a annoncé la nouvelle: une baisse de 6 % des subventions pour la pharmacovigilance.

Face aux remous suscités, la réponse a été la suivante: soit vous prenez du personnel non permanent pour le suivi des médicaments (des contrats à durée déterminée), soit vous licenciez. Le problème, c’est que l’expertise se paupérise.

«On assiste à une fuite des bons et des vieux experts. C’est la mémoire qui part, déplore un pharmacovigilant. L’ANSM embauche des jeunes qui ne connaissent pas les dossiers et qui posent des questions stupides.

Il y a actuellement à l’agence une multiplication des postes vacants.» Pour 2017, ce sont 15 équivalents temps plein qui seront supprimés à l’ANSM.

Pourtant, avec les dernières affaires récentes, notamment la Dépakine, le dramatique essai clinique de Rennes ou l’affaire des implants Essure, on ne peut pas dire que l’agence soit en manque de travail ou qu’elle n’ait pas besoin d’une expertise appropriée de haut niveau.

Un nouveau portail Internet, usine à gaz de 2 millions d’euros Marisol Touraine, la ministre de la Santé, prendrait-elle d’un côté ce qu’elle distribue généreusement de l’autre?

Si les crédits pour l’Agence du médicament et les déclarations des cas d’effets indésirables sont en baisse pour des raisons de restrictions budgétaires, elle a néanmoins trouvé 2 millions d’euros pour financer un «portail de signalement». Il s’agit de mettre en ligne les déclarations, tout compris, d’effets indésirables des médicaments, mais aussi des protestations de patients mécontents d’avoir trop attendu à l’hôpital, des complications liées à une intervention chirurgicale.

Il devrait être rendu publique et annoncé en grande pompe en janvier. Le ministère a prévu une campagne de publicité d’envergure dans les journaux et à la télévision ainsi qu’une distribution de flyers. Actuellement, le projet est confidentiel et en test de «première phase».

La seconde étape débutera courant janvier. Mais le portail, déjà qualifié par les professionnels d’«usine à gaz», peine à rassembler les volontaires pour le tester, au point que les autorités ont dû faire appel aux associations de patients.

Enfin, certains critiquent la fiabilité des déclarations qui y seront faites: «Si une personne mal intentionnée crée une fausse adresse mail pour dire qu’il y a eu un mort avec un médicament, comment fait-on pour remonter au déclarant et vérifier l’information?

Tout le monde va pouvoir dire tout et n’importe quoi. On va créer de fausses déclarations et polluer la base nationale de déclarations et nous détourner de notre activité», prévient un hospitalier.

Les réseaux parallèles de déclarations d’effets secondaires

Tout effet indésirable doit faire l’objet d’une notification officielle aux autorités de santé. Environ 50.000 sont ainsi faites par an en France.

Ces déclarations sont importantes, car elles permettent de documenter les effets indésirables d’un produit pour changer son utilisation, informer les médecins, voire demander son retrait du marché.

Un décret du 8 novembre 2012 régit ces obligations de notifications pour les professionnels de santé. L’article R5121-161 du Code de la santé publique note ainsi que «le médecin, le chirurgien-dentiste, la sage-femme ou le pharmacien déclare immédiatement tout effet indésirable suspecté d’être dû à un médicament ou à un produit dont il a connaissance, au centre régional de pharmacovigilance». Voilà pour la théorie.

Dans la pratique, les médecins sont nettement moins obéissants, certains préférant réserver la primeur de leurs découvertes d’effets indésirables à une publication scientifique internationale. «En France, on peut être leader d’opinion, faire des articles dans des revues prestigieuses et oublier le b.a.-ba, celui de se soumettre à l’obligation légale, déplore un pharmacovigilant parisien. Certains privilégient leurs publications au détriment de la santé publique.»

Pis, les autorités de santé, loin de rappeler à l’ordre les contrevenants, encouragent les réseaux parallèles de déclarations. Ainsi l’agence du médicament a-t-elle donné 400.000 euros à une équipe de l’hôpital de Bicêtre (Val-de-Marne) pour créer un réseau de déclaration des hypertensions artérielles pulmonaires, une maladie rare mais gravissime.

Cette initiative a suscité des échanges d’e-mails aigres-doux entre experts le mois dernier. L’un d’entre eux remarque: «La mise en place de ce double circuit de déclaration de cas de pharmacovigilance brouille les pistes auprès des professionnels de santé qui ne savent plus à qui déclarer.»

Un autre rappelle qu’au début des années 1990 les cas d’effets indésirables du vaccin contre l’hépatite B, notamment des scléroses en plaques, avaient été déclarés non pas aux autorités sanitaires, mais dans… Paris Match.

Le contrevenant était le Pr Olivier Lyon-Caen, il était alors chef de service de neurologie à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière.

Après avoir lu le magazine, l’Agence du médicament avait dû le contacter pour lui demander de notifier ces cas.

«Plus de vingt ans après cette histoire, rien n’a vraiment changé», déplore un pharmacologue.

Aujourd’hui, le Pr Lyon-Caen est le conseiller santé du président de la République.

Pour la première fois en France, une action dite «de groupe» va être lancée contre un laboratoire pharmaceutique.

L’action en question, portée par quatorze familles, vise Sanofi, le producteur de la Dépakine, cet anticonvulsant commercialisé depuis 1967. Très largement prescrit aux femmes épileptiques et bipolaires, il est responsable d’effets secondaires sur le fœtus. Il s’agit de malformations parfois très invalidantes et nécessitant plusieurs interventions chirurgicales mais aussi de troubles du comportement ou encore d’autisme.

La loi santé de décembre 2015, via son article L. 1143-1, prévoit qu’une «association d’usagers du système de santé agréée en application (…) peut agir en justice afin d’obtenir la réparation des préjudices individuels subis par des usagers du système de santé placés dans une situation similaire ou identique et ayant pour cause commune un manquement d’un producteur ou d’un fournisseur de l’un des produits (…) d’un prestataire utilisant l’un de ces produits à leurs obligations légales ou contractuelles».

L’objectif de Me Joseph-Oudin, l’avocat de l’association Apesac, est que «la justice se prononcesur la responsabilité de Sanofi avant les premières décisions du fonds d’indemnisation récemment créé pour que le laboratoire soit contraint à payer».

L’association de Marine Martin, la lanceuse d’alerte sur la Dépakine, fédère 2 000 familles.

Figaro.fr Jouan, Anne13 décembre 2016

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 08:06

Alors que plusieurs centaines de personnes se déclarent « électro-hypersensibles », l'Organisation mondiale de la santé rappelle que « l'hypersensibilité électromagnétique n'est pas un diagnostic médical ».

En France, au 14 décembre 2016, 1391 personnes s'étaient déclarées «électro-hypersensibles» sur le site d'une association qui s'efforce de les recenser.

Mais pour la science, les choses sont claires: l'électrosensibilité provoquée par l'exposition aux champs électromagnétiques n'existe pas.

Même analyse de l'Académie de médecine, qui souhaite néanmoins que l'on s'occupe des personnes qui en manifestent des symptômes (position défendue également par l'Organisation mondiale de la santé, OMS).

Si l'affaire est entendue pour la science, c'est que les personnes électrosensibles placées dans un milieu ou l'on a arrêté les ondes électromagnétiques sont incapables de savoir quand on les laisse passer ou pas.

L'OMS le rappelle: «l'hypersensibilité électromagnétique n'est pas un diagnostic médical.»

Le 5 mai 2014, par un communiqué de presse, l'Académie déplorait «(qu')aucune réglementation n'empêche d'habiles commerçants de se lancer sur ce marché, d'autant plus florissant qu'il est alimenté par une inquiétude largement distillée dans les médias et que ces produits s'adressent à des personnes particulièrement fragiles».

Les dispositifs anti-ondes sont parfaitement inutiles puisqu'ils ne les protègent de rien de dangereux.

Les symptômes sont très variés Soucieuse des personnes qui se plaignent de ces troubles très invalidants, «l'Académie regrette le détournement des personnes électrosensibles des circuits de prise en charge médicale».

Car la médecine ne nie pas la souffrance des personnes.

Douze sites dédiés ont même été créés dans des hôpitaux pour les personnes qui se pensent électrosensibles.

Car les symptômes peuvent être très variés. Suite à l'installation d'une antenne-relais sur le toit de leur immeuble, en 2009, une famille avec un bébé présente ainsi rapidement «un goût métallique dans la bouche et un mal au crâne derrière la tête» pour le père.

Même chose, une semaine plus tard, pour la mère et son bébé «dont le nez a commencé à saigner». Agitation médiatique immédiate d'autant que l'immeuble est proche de deux écoles et d'une clinique, jusqu'à ce que l'on s'aperçoive que l'antenne est inactive: elle n'est pas encore raccordée au réseau électrique!

Cette affaire n'apparaît pas dans les actes du colloque organisé à l'Assemblée nationale le 11 février 2016 par les députées écologistes Laurence Abeille et Michèle Rivasi.

En revanche, le Dr Pierre Biboulet, médecin généraliste expert, était invité à participer à la table ronde. Il a réussi à convaincre en 2015 un tribunal de Toulouse d'accorder pour une durée de deux ans une allocation adulte handicapée à une femme de 39 ans affirmant souffrir d'un «syndrome d'hypersensibilité aux ondes électromagnétiques».

Mais loin d'avoir prouvé l'électrosensibilité de la plaignante, le Dr Biboulet n'a fait que constater une absence de symptôme loin de toute exposition! Après s'être rendu dans le hameau au fond d'une vallée pyrénéenne où vit la plaignante, sans eau courante ni électricité, le médecin a témoigné: «Le lien de causalité entre le déficit et la cause était évident.

Il suffisait de supprimer la cause pour que le symptôme disparaisse. C'est donc l'environnement qui crée le handicap.»

lefigaro.fr

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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 17:27

Maladie de Lyme : la condamnation de Viviane Schaller confirmée en appel

Viviane Schaller, lors du procès en première instance. (Archives DNA)

Viviane Schaller, lors du procès en première instance. (Archives DNA)

Les partisans de méthodes alternatives pour détecter et soigner la maladie de Lyme ont subi mercredi une nouvelle déconvenue, la cour d’appel de Colmar ayant confirmé la peine avec sursis infligée à l’ancienne gérante d’un laboratoire d’analyses biologiques, poursuivie pour avoir appliqué de telles méthodes.

Comme en première instance en novembre 2014, Viviane Schaller, 68 ans, a été condamnée à neuf mois de prison avec sursis pour «escroquerie» au préjudice de l’assurance-maladie. Elle devra aussi rembourser à la Sécurité sociale les sommes indûment remboursées, soit 280.000 euros. «C’est une décision extrêmement décevante. Ma cliente en ressent une grande amertume», a dit à l’AFP l’avocat de Mme Schaller, Me Julien Fouray. «Nous allons nous pourvoir en cassation», a-t-il ajouté.

La justice reproche à l’ancienne professionnelle de santé d’avoir, dans son laboratoire d’analyses biologiques alors basé à Strasbourg, appliqué pendant des années un protocole de dépistage non homologué de cette affection potentiellement invalidante, transmise par les tiques.
Selon elle, les protocoles officiels sont inadaptés et ne permettent de détecter qu’une très faible proportion des cas de Lyme.

Elle a ainsi annoncé à des milliers de patients en errance thérapeutique, dans toute la France, qu’ils étaient porteurs de la maladie, alors qu’on leur avait longtemps affirmé le contraire. Aujourd’hui encore, la pertinence de ces diagnostics reste controversée.

Dans ce dossier, Mme Schaller a été poursuivie pendant des années au côté d’un autre prévenu, Bernard Christophe, un diplômé en pharmacie poursuivi pour avoir fabriqué et commercialisé hors du cadre réglementaire un remède à base d’huiles essentielles contre la maladie de Lyme, baptisé «Tic Tox».

Le deuxième prévenu est décédé

Comme elle, M. Christophe avait été condamné à de la prison avec sursis, et comme elle, il avait fait appel et s’était longuement défendu lors de l’audience d’appel sur le fond, le 7 octobre. Mais il est décédé samedi d’une crise cardiaque, à l’âge de 67 ans, quelques jours avant le prononcé de la décision. La cour d’appel de Colmar n’a donc pu que constater l’extinction de l’action publique à son encontre.

Soutenus par des milliers de patients en colère, les prévenus, qui dénonçaient le «déni» de la maladie de Lyme par les pouvoirs publics, avaient expliqué à l’audience qu’ils s’estimaient confortés par les récentes annonces du gouvernement en la matière.

Evoquant le «sentiment d’abandon et l’errance thérapeutique auxquels sont confrontés» les malades, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a présenté fin septembre un «plan national» pour améliorer la prise en charge de la maladie, notamment autour du développement de nouveaux tests de diagnostic.

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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 12:42

Lyme : le grand bazar des tests de dépistage

Tique du genre Ixodes ricinus. A quel test se fier pour savoir si le parasite a transmis à la personne piquée la bactérie contenue dans ses glandes salivaires ? Richard Bartz/Wikimedia commons, CC BY-SA

C’est devant la justice, actuellement, que se discute la fiabilité des tests de dépistage pour Lyme, cette maladie transmise par les tiques. Une situation inédite et assez déroutante pour les scientifiques qui, comme moi, travaillent sur le sujet dans leur laboratoire de recherche. Entre les tests homologués peu fiables, les tests non officiels peut-être plus fiables mais non évalués et les tests complètement fantaisistes défendus par des malades dans le désarroi, c’est… le grand bazar. Aiguillonnée par la demande légitime des patients, la communauté des chercheurs met désormais les bouchées doubles pour faire le tri parmi toutes ces méthodes et proposer le plus vite possible des tests efficaces.

La Cour d’appel de Colmar doit rendre aujourd’hui, le 14 décembre, son arrêt dans le procès des « rebelles » de Lyme. L'un des prévenus, pharmacienne, pratiquait dans son laboratoire d'analyses à Strasbourg une méthode de dépistage alternative dans cette maladie transmise par les tiques. Elle a été condamnée en première instance à 9 mois de prison avec sursis pour « escroquerie ». Au mois d’octobre, 130 patients regroupés dans un collectif baptisé Lymaction ont déposé plainte contre les laboratoires fabriquant les tests officiels auxquels ils reprochent leur manque de fiabilité. Autant dire que la question des tests, en France, suscite plus que des empoignades.

Derrière ces batailles très médiatisées, il y a de nombreuses personnes diagnostiquées négatives par les tests officiels, mais persuadées d’avoir contracté la maladie de Lyme. Des gens cherchant désespérément des méthodes alternatives qui pourraient confirmer leur maladie, ou pas. En tout cas, mettre fin à l’incertitude.

Un jeu de piste pour trouver où se loge la bactérie

Le défi, avec cette maladie encore en grande partie mystérieuse, est de trouver où, dans l’organisme, se loge la bactérie incriminée. Ou alors de repérer les traces qu’elle laisse durant sa migration depuis le point de piqûre vers d’autres parties du corps. Dans ce jeu de pistes, la bactérie semble être plus forte que les chercheurs. Pour le moment du moins.

La première voie, celle qui a été choisie pour les tests réglementaires, consiste à chercher dans le sang les anticorps déclenchés contre la bactérie par le système immunitaire du malade. Il s’agit des tests Elisa et Western Blot, validés par une conférence de consensus qui s’est tenu il y a dix ans, désormais très discutée. Ils sont proposés aux patients en cas de suspicion d’une maladie de Lyme et réalisés dans un laboratoire d’analyses. Ce sont des tests sérologiques, c’est à dire qui étudient le sérum, un constituant du sang.

Plusieurs bactéries pour une même maladie

Test Elisa, ici pour le virus HIV. Lab Science Career/Flickr, CC BY-NC-SA

Les tests sérologiques se heurtent à plusieurs difficultés. En France et ailleurs en Europe, la maladie de Lyme n’est pas due à une seule bactérie mais à plusieurs appartenant à cinq espèces différentes au moins, toutes du genre Borrelia. Pour mettre en évidence les anticorps produits par l’organisme au contact de ces bactéries, il faut donc utiliser des antigènes (les protéines de la bactérie reconnues par ces anticorps) qui puissent être reconnus quelles que soient les espèces bactériennes à l’origine de la maladie. Soit des antigènes communs à toutes ces bactéries, soit une combinaison d’antigènes qui couvre toutes les espèces de bactéries. Sauf que les fabricants de la vingtaine de tests sérologiques autorisés en France n’indiquent pas toujours les réactifs utilisés… Parfois leurs tests ne permettent de reconnaître que certaines bactéries, et on le sait. D’autres fois, on n’a pas cette information.

Par ailleurs, les Borrelia disposent d’une astuce pour passer relativement inaperçues des défenses de l’organisme. Avec une conséquence problématique pour les tests Elisa et Western Blot : elles induisent moins d’anticorps que d’autres bactéries. En effet, au moment où Borrelia se trouve dans les glandes salivaires de la tique, celle-ci se recouvre d’une sorte de manteau fait de constituants du parasite. Quand la tique nous pique, Borrelia pénètre dans notre corps et voyage ensuite « incognito », comme l’ont montré des chercheurs américains de l’université de Yale. Sous ce « déguisement », la bactérie se trouve à l’abri de notre système immunitaire, qui réagit tardivement et faiblement à l’infection. Une infection à Borrelia est dite peu immunogène, c’est-à-dire qu’elle active peu le système immunitaire de la personne infectée. Les tests peuvent donc donner, à tort, un résultat négatif.

Que penser de la vingtaine de tests autorisés en France ? Si la fiabilité de certains a été établie, elle reste discutable pour d’autres, pour lesquels peu de données sont disponibles. Le Haut conseil de la santé publique a d’ailleurs recommandé dès 2014 que la sensibilité et la spécificité de l’ensemble de ces tests puissent être vérifiées.

Le test de la « goutte épaisse »

Une autre voie, non reconnue officiellement, consiste à tenter de repérer Borrelia à l’œil nu, sous un microscope, à partir d’un peu de sang. En France ou à l’étranger (en particulier en Allemagne), des laboratoires d’analyses proposent cette technique très simple, appelée test « de la goutte épaisse ». Elle consiste à observer une goutte de sang déposée sur une lame à l’aide d’un microscope à fond noir. Ce test est déjà utilisé pour repérer l’agent pathogène du paludisme, Plasmodium falciparum, transmis, lui, par un moustique.

La bactérie Borrelia Burgdorferi, agent de la maladie de Lyme, observée en microscopie à fond noir – ici à partir d’une culture in vitro. CDC -- National Center for Infectious Diseases via Lenny Flank/Flickr, CC BY-NC-SA

Avertie par une association de patients que certains utilisaient cette technique à la maison, notre équipe a souhaité l’évaluer. En effet, si cette technique extrêmement simple à mettre en œuvre pouvait faire ses preuves, cela révolutionnerait, ni plus ni moins, le diagnostic de la maladie de Lyme. Nous avons ainsi réalisé un essai, avec nos collègues médecins de l’équipe du Pr Christian Perronne à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine), sur deux groupes de sujets : des malades qui avaient obtenu un résultat positif en utilisant cette technique chez eux (témoins positifs de notre étude), et des personnes en bonne santé (témoins négatifs de notre étude).

Résultat : toutes ces personnes, malades ou non, se sont révélées positives au test de la goutte épaisse ! On voyait bien des bâtonnets en forme de petits serpents, ressemblant à s’y méprendre à la forme typique de Borrelia, sortir des cellules de malades… mais aussi de celles des personnes en bonne santé. Nous avons conclu que cette technique ne pouvait pas être utilisée comme moyen de diagnostic, puisqu’elle déclarait positifs des individus malades, mais aussi des individus en bonne santé.

Rechercher la bactérie par son ADN

Troisième piste : traquer l’ADN de Borrelia dans tous les fluides du corps et les tissus biologiques où elle pourrait se loger, voire seulement transiter, comme le sang ou l’urine. La PCR (pour Polymerase Chain reaction), une méthode d’amplification de l’ADN utilisée pour trouver le virus du Sida ou des traces d’OGM dans les aliments, apparaît comme une méthode de choix, car très sensible. Elle est aussi très spécifique (c’est-à-dire que le risque de confondre une autre cible avec une Borrelia est faible), à condition d’être utilisée selon des normes strictes, avec de nombreux contrôles, pour éviter le risque de contaminations par d’autres matériels génétiques. Encore faut-il que la bactérie soit présente dans le liquide ou le tissu analysé…

Or Borrelia ne circule dans le sang que de manière transitoire et n’y persiste pas. C’est pourquoi la technique de la PCR ne peut être considérée comme fiable quand elle est utilisée sur des prélèvements de sang, comme c’est le cas en Allemagne par exemple. Par contre elle peut s’avérer utile dans des formes particulières de la maladie, notamment en cas de symptômes articulaires. On peut alors prélever le liquide synovial contenu dans les articulations pour l’analyser. De même, en présence de symptômes neurologiques, on peut détecter les Borrelia par PCR dans le liquide céphalo-rachidien prélevé par ponction lombaire.

Un test utilisé habituellement pour la tuberculose

Une quatrième voie consiste à mettre en évidence des cellules du système immunitaire du patient qui auraient été en contact avec Borrelia. Ce test, l’Elispot, est proposé par certains laboratoires d’analyse médicales qui l’utilisent, habituellement, pour le diagnostic de la tuberculose. Mais comme le test de la goutte épaisse, il produit un nombre très élevé de résultats positifs. En dépit de mes recherches dans la littérature scientifique, je n’ai trouvé aucune donnée permettant d’affirmer que ce test a une spécificité et une sensibilité acceptable pour être employé dans le diagnostic de la maladie de Lyme. Les résultats de l’Elispot sont donc à prendre avec une grande précaution. D’autant qu’ils coûtent très cher (environ 300 euros) et que dans leur désarroi, certains malades se retrouvent à débourser des sommes importantes pour un résultat non probant.

Peut-on espérer disposer un jour d’un test efficace contre la maladie de Lyme ? La réponse est oui. Sous la pression des associations de malades et de certains médecins, les autorités sanitaires ont pris conscience de ce problème de diagnostic. Ainsi le plan national contre la maladie de Lyme annoncé fin septembre prévoit l’évaluation de la performance des tests existants – y compris les tests sérologiques, qui sont pourtant présentés comme la référence aujourd’hui. Il inclut aussi le soutien de la recherche pour le développement de tests innovants tenant compte des caractéristiques si particulières des Borrelia. À titre d’exemple, l’Agence nationale de la recherche (ANR) finance des essais avec des tests cutanés, qui donnent déjà de bons résultats chez les animaux. Reste à passer aux essais chez l’homme. Dans tous les cas, il faut compter au moins trois ans avant qu’un tel test arrive dans les pharmacies.

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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 11:47

Les obsèques de BERNARD CHRISTOPHE auront lieu vendredi à Strasbourg. conformément aux volontés de Bernard: 
NI FLEURS, NI COURONNES. 


Si vous souhaitez vous manifester, il vous est proposé de faire des dons à la FFMVT en symbole de soutien au 
Pr CHRISTIAN PERRONNE. 


La famille a besoin de respect, de dignité et d'humilité dans ce moment plus que difficile. Aussi nous vous remercions de bien vouloir rester discrets si vous veniez. 
La famille et les amis proches auront bien sûr accès à la célébration en priorité.

 

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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 10:51

Suppléments en calcium : un sacré coup de calgon

13. décembre 2016
 
 

Beaucoup de personnes ont recours à des suppléments de calcium pour répondre à leurs besoins quotidiens. Mais selon une étude récente, ces préparations augmentent le risque de changements athérosclérotiques et donc aussi le risque de maladies cardiaques. Il vaut donc mieux un régime alimentaire riche en calcium.

On trouve environ un kilogramme de calcium dans le corps humain. Environ 99 pour cent se situent dans l’os sous forme d’hydroxyapatite (Ca 5 [PO4] 3OH). Mais ce minéral est aussi impliqué dans la conduction des impulsions dans les cellules nerveuses, la coagulation sanguine et la contraction du muscle. La quantité de calcium dont a besoin le corps dépend principalement des besoins du métabolisme osseux. En règle générale, elle oscille entre 800 et 1200 mg par jour. Mais pendant la grossesse et l’allaitement et après la ménopause, elle peut atteindre 1500 mg par jour. Ce besoin peut être couvert par un régime alimentaire riche en calcium ou par des suppléments spéciaux.

Des recherches antérieures

Des doutes sur l’effet positif des suppléments de calcium ont été émis pour la première fois en 2010. Un groupe de travail dirigé par Ian Reid de l’Université d’Auckland en Nouvelle-Zélande avait alors évalué onze études regroupant un total de 12.000 patients. Ils ont conclu que les suppléments en calcium augmentent le risque de crise cardiaque de 30 pour cent, quel que soit le sexe, l’âge et le type de préparation. Donc, si 1000 personnes prennent pendant cinq ans du calcium sous forme de comprimés dans le cadre d’une ostéoporose, statistiquement, 26 fractures seront prévenues, mais 14 participants de plus souffriront d’un infarctus du myocarde, 10 de plus d’un accident vasculaire cérébral et 13 personnes de plus mourront par rapport au groupe de personnes ne prenant pas de calcium. Cependant, le problème dans cette analyse était que les facteurs réellement étudiées au cours de l’étude étaient par exemple la densité osseuse et le taux de fracture. Par contre, l’infarctus du myocarde n’avait été considéré par les auteurs que comme un effet secondaire.

D’autres chercheurs ont aussi consacré leurs recherches au calcium. Des chercheurs américains de Bethesda (Maryland), par exemple, ont analysé les données d’une étude de cohorte prospective de 388.000 Américains en 2013. Selon eux, par rapport au groupe témoin, 20 pour cent d’hommes en plus étaient décédés dans le groupe de supplémentation en calcium après 12 ans. Les chercheurs n’ont trouvé aucune relation entre la dose et les décès dus à des événements cardio-vasculaires lorsque le calcium ne provenait que de l’alimentation. La raison de ceci est que les niveaux de calcium élevés en permanence favorisent le dépôt de phosphate de calcium dans les vaisseaux sanguins, selon les scientifiques. D’autres études n’ont trouvé aucune preuve de l’augmentation du risque de maladies athérosclérotiques lors de la prise de comprimés de calcium.

Données obtenues par le biais de questionnaires et tomodensitométrie

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L’auteur de l’étude, le Dr Erin Michos. Avec l’aimable autorisation de la John Hopkins Medicine

Le groupe dirigé par Erin Michos de l’Université Johns Hopkins a récemment examiné comment les suppléments de calcium affectent la formation de plaques. Elle obtint les données à travers l’étude Atherosclerose multiethnique, un projet de recherche à long terme avec plus de 6.000 participants, à laquelle, entre autres, l’Université John Hopkins avait participé. L’étude a été financée par le National Heart, Lung, and Blood Institute et soutenue par le National Center for Research Resources et le National Institute of Neurological Disorders and Stroke.

Sur les 6.000 participants, environ 2.700 personnes durent au début de l’étude, en 2000, répondre à un questionnaire sur les habitudes alimentaires et préciser quels médicaments ils prenaient. En outre, les dépôts de calcium ont été mesurés dans les artères coronaires au début et à la fin de l’étude (après dix ans). La raison de cet examen est que les sels de calcium tels que le carbonate de calcium peuvent être incorporés dans le tissu. Le stockage dans des os ou des dents, par exemple, est un processus physiologique. Mais si le minéral est stocké dans les vaisseaux, des plaques athérosclérotiques peuvent se former. Elles sont à l’origine de maladies telles que l’infarctus du myocarde ou la mort subite d’origine cardiaque.

Indices de l’augmentation du risque lors de la prise de suppléments de calcium

Les participants ont été séparés en cinq groupes selon la quantité de calcium prise quotidiennement, sous forme alimentaire ou de comprimés. Pour leur analyse, le groupe d’Erin Michos a aussi pris en compte les données démographiques (incluant l’âge, le sexe et l’ethnie) et les facteurs d’hygiène de vie qui augmentent le risque de maladie cardiaque (incluant la pression artérielle, la glycémie, le tabagisme, le poids). Ils ont ensuite comparé le groupe de participants ayant la consommation la plus élevée de calcium (plus de 1400 mg par jour) à celui des participants en prenant le moins (moins de 400 mg par jour).

En moyenne, les participants au groupe avec un niveau élevé de calcium ingéraient environ 2100 mg de ce minéral et le groupe pauvre en calcium 300 mg. Selon les auteurs, le risque d’avoir des artères coronaires calcifiées chez les participants qui prenaient plus de 1.400 mg de calcium était en moyenne de 27 pour cent plus faible. Donc, un risque de maladie cardiaque augmenté de 27 pour cent est aussi invraisemblable.

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Les légumes verts comme le brocoli, les noisettes et les noix du Brésil, et les produits laitiers contiennent beaucoup de calcium et devraient protéger le cœur selon cette étude © Anka Albrecht, flickr

Au cours de l’étape suivante, les chercheurs ont examiné comment le calcium avait été ingéré, par l’alimentation ou sous forme de comprimés. Dans l’ensemble, 46 pour cent des participants de l’étude prenaient des suppléments de calcium. Encore une fois, les chercheurs ont pris en compte dans leur évaluation des facteurs démographiques et de style de vie.

Le résultat fut que les personnes du groupe supplémenté avaient un risque de dépôts de calcium de 22 pour cent plus élevé dans les artères coronaires. Les chercheurs ont par ailleurs pu détecter un risque plus faible de développer une maladie cardiaque chez les participants qui avaient une nourriture riche en calcium (1000 mg par jour). Selon le co-auteur, Anderson de l’Université de Caroline du Nord, ces résultats semblent indiquer que le corps humain réagit différemment au minéral « naturel » et à celui en supplément et que son utilisation par l’organisme est également différente. Les scientifiques ont exprimé l’hypothèse selon laquelle les sels de calcium dans les suppléments seraient la raison de ces différents résultats. Mais il serait également possible qu’une des raisons soit qu’en prenant des pilules, le corps est approvisionné d’une grande quantité de matière minérale en une seule fois.

Limites de l’étude

« Sur la base de ces résultats, nous pouvons expliquer à nos patients qu’un régime alimentaire sain pour le cœur avec des aliments riches en calcium ne semble pas être nocif, il pourrait même protéger le cœur. Cependant, les patients doivent absolument parler avec leur médecin avant une supplémentation en calcium pour déterminer s’ils en ont besoin et quelle est la dose optimale », conclut l’auteur de l’étude Erin Michos.

Il convient de noter que les études dans lesquelles les participants ne sont interrogés qu’au début et à la fin et examinés à deux reprises seulement par tomodensitométrie, ne sont pas particulièrement précises. En outre, on ne sait pas comment les suppléments de calcium favorisent la formation de plaques. De plus d’autres processus conduisent à la calcification et donc à l’incorporation de matières minérales dans les vaisseaux, même lorsque la concentration de calcium a des valeurs normales dans le sang. Ces relations trouvées ne sont donc que des associations déduites. Le mécanisme qui en est la cause doit encore être découvert.

 

 

 
 
 

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