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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 08:35

L’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires ou le cancer, maladies figurant parmi les principales causes de mortalité dans le monde, sont liées à des changements observables dans le microbiote intestinal humain.

De nombreuses maladies chroniques telles que les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, l’asthme et les allergies, l’arthrite rhumatoïde ou l’encéphalomyélite myalgique (syndrome de fatigue chronique, EM/SFC) ont aussi été associées à une dysbiose du microbiote intestinal.

Ces mystérieuses connexions fascinent les scientifiques mais aussi le grand public. Le microbiote intestinal, grâce à ses liens étroits avec le métabolisme et le système immunitaire, se trouverait au cœur de la santé.

Autrement dit, il se situerait à l’« intersection » des processus qui influent sur le risque de maladie.

Mes propres travaux se focalisent sur la manière dont le microbiote intestinal influe sur le métabolisme et l’immunité en contribuant à certains paramètres de santé, notamment dans l’obésité et le diabète de type 2.

Sans aucun doute, la manipulation du microbiote intestinal pour améliorer la santé offre un potentiel immense.

Mais à ce stade, une question majeure se pose : le microbiote intestinal finira-t-il par devenir la solution à tous nos problèmes de santé ?

Dans un commentaire récent dans Nature Reviews Gastroenterology & Hepatology, je m’interroge sur ce que nous attendons de la science du microbiote intestinal du futur.

Plus de 3 000 articles scientifiques sur le microbiote intestinal sont parus en 2016. Jamais auparavant nous n’avons disposé d’autant de données.

Mais nous devons toutefois nous assurer que nous avançons dans la bonne direction.

Concernant le microbiote intestinal, il est essentiel de distinguer corrélation et causalité.

Une fois que la corrélation entre maladie et dysbiose intestinale a été établie, les scientifiques doivent mener des expériences bien conçues pour découvrir qui cause quoi (y compris dans les modèles animaux).

À partir de là, il est possible de développer de nouvelles thérapies capables de s’attaquer à la cause profonde de la maladie.

Le faible nombre de données dont nous disposons constitue également un frein à nos avancées.

La plupart des études menées à ce jour se basent sur un échantillon de microbiote intestinal à un moment spécifique — une sorte d’instantané.

Mais un instantané pourrait s’avérer insuffisant pour découvrir quelles sont les modifications du microbiote responsables de l’amélioration de la santé.

La médecine nous offre de nombreux exemples de comment un diagnostic ne peut pas toujours se fonder sur une seule mesure. Il est en effet souvent nécessaire de prélever le bon ensemble d´éléments au bon moment et l’interpréter conjointement.

Le microbiote intestinal peut se révéler très utile dans le diagnostic et le traitement des maladies connues.

Mais cela requiert de tenir compte, outre des microbes intestinaux, des métabolites, de la génétique de l’hôte, son état nutritionnel et ses habitudes alimentaires.

De plus, il faut savoir quand et avec quelle fréquence prendre ces mesures.















Nous avançons pas à pas dans la compréhension du rôle du microbiote intestinal dans certaines maladies.

Au cours des prochaines décennies, certaines des corrélations observées aujourd’hui déboucheront sans doute sur de nouvelles thérapies efficaces.

Le microbiote est constamment sous la pression de différents éléments, dont l’un des plus importants et contrôlables est l’alimentation.

Avec le temps, nous comprendrons ce qui rend un microbiote intestinal « idéal » et comment y parvenir en manipulant l’alimentation et d’autres facteurs de l’hygiène de vie.

Ou, par exemple, en administrant de nouveaux traitements médicaux qui visent la communauté microbienne intestinale.

Donc, bien qu’il semble, en effet, que le microbiote intestinal est à l’« intersection de tout », nous ne devons pas aller au-devant des données.

Consacrer du temps à bien comprendre ces interactions nous permettra de mieux appréhender le rôle du microbiote intestinal dans la santé et la maladie.

Le microbiote intestinal apportera-t-il la solution à tous nos problèmes de santé ?

Référence :

Cani PD. Gut microbiota — at the intersection of everything? Nat Rev Gastroenterol Hepatol. 2017 ; 14 (6) : 321-322. doi : 10.1038/nrgastro.2017.54.

Patrice D. Cani
Professor Patrice D. Cani is researcher from the Belgian Fund for Scientific Research (FRS-FNRS), group leader in the Metabolism and Nutrition research group at the Louvain Drug Research Institute (LDRI) from the Université catholique de Louvain (UCL), Brussels, Belgium, and WELBIO (Walloon Excellence in Lifesciences and BIOtechnology) investigator. He is currently member of several international associations, he is member of the Alumni College from the Royal Belgian Academy of Sciences, and he has been elected in the board of directors of the LDRI (UCL). Patrice D. Cani has a M.Sc. in Nutrition and another M.Sc. in health Sciences, he is registered dietitian and PhD in Biomedical Sciences. His main research interests are the investigation of the role of the gut microbiota in the development of metabolic disorders, such as obesity, type 2 diabetes and low grade inflammation. More specifically, he is investigating the interactions between the gut microbiota, the host and specific biological systems such as the endocannabinoid system and the innate immune system in the context of obesity, type 2 diabetes and metabolic inflammation. Prof Cani is author and co-author of more than 110 scientific research papers published in peer-reviewed international journals, conferences and book chapters.

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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 07:03

De nouvelles recherches en cancérologie sur le Roundup —

Qu'est-ce que cela signifie aux consommateurs éprouvant des inquiétudes?

Alors que le public a toujours été ébranlé par la détermination d’une « substance potentiellement cancérogène » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), des développements récents ont révélé que tout pourrait changer.

Une nouvelle enquête de Reuter a révélé qu'un certain scientifique avait des données tirées d’une vaste étude et qui sont tout à fait l'opposé des idées reçues, mais il a caché ces informations lors de l’étude.

Aaron Blair, l'un des chercheurs principaux chargés de l'étude initiale et aussi l'un des scientifiques qui ont dirigé l’étude avec CIRC sur le glyphosate, avait toujours eu accès à ces données.

Il parait que les données auxquelles Blair avait eu accès et qui prouvent qu’il n’y a aucun lien entre le glyphosate et le cancer n'avaient pas été publiées lorsque l’étude a eu lieu, c’est probablement la raison pour laquelle le CIRC n'a pas pu prendre ces informations en considération lors de la prise de leur décision.

Au cours d'un témoignage assermenté, Aaron Blair a déclaré que si les données faisaient partie de l’étude menée par le CIRC, cela aurait influencé voire changé leur décision définitive.

Le raisonnement expliquant pourquoi les données n'ont pas été publiées avant l’étude menée par le CIRC ne semble pas vraiment convainquant.

Cependant, Blair a affirmé que les données contenaient trop d'informations à publier dans un document avant l’étude. Même s’il est prouvé que Blair et d'autres co-auteurs de l'ébauche des rapports de recherche savaient que les résultats de l'étude seraient d’une importance significative pour la science et la santé publique.

D'autres experts d’une grande renommée, quand sollicités par Reuter, n’ont trouvé aucune raison valable de ne pas publier les résultats car les données étaient solides et pertinentes.

Un éminent défenseur de la science, Michael Eisen, qui est également professeur de génomique, de développement et de génétique à l'Université de Californie-Berkeley, a estimé que la décision du CIRC de ne pas dévoiler ces données non publiées est débile.

Il a également annoncé que le CIRC se précipitait pour arriver à une conclusion pareille.

Un simple regard dans le début du glyphosate Glyphosate

Des agriculteurs et propriétaires d'entreprises dont l’activité est liée à l'agriculture et jusqu’au consommateur moyen, tous se sont appuyés sur des produits contenant du glyphosate comme une sorte de Roundup pour éliminer les mauvaises herbes et freiner leur croissance indésirée dans les jardins, les champs de culture, les forêts et l'aménagement paysager et ce pendant des décennies.

Cet herbicide non sélectif fait des miracles pour se débarrasser rapidement de la croissance indésirée et il a toujours été le remède pour beaucoup depuis sa découverte en 1970 par le chimiste Monsanto John E. Franz.

Malheureusement, la polémique sur une utilisation aussi large du produit chimique a conduit à des résultats assez contradictoires pour les consommateurs.

Certains chercheurs ont affirmé que le produit chimique est directement lié à certains types de cancers.

Pourtant, il existe des sources fiables qui ont dit autrement.

En 2015, le CIRC a effectivement déclaré que le glyphosate représentait une substance potentiellement cancérogène, ce qui signifie, théoriquement, que toute substance contenant ce produit chimique pourra causer un cancer.

Ce changement a provoqué une énorme protestation par les consommateurs publics qui se sont longtemps appuyés sur Roundup et des produits similaires pendant des années et a mené à des litiges assez étonnants.

Mais quelle est la fiabilité de cette information?

L'histoire des études sur le glyphosate La dépendance totale sur le glyphosate a conduit à son innocuité étudiée depuis les années 1980 par L'Agence pour la Protection de l'environnement des États-Unis et diverses autres agences internationales, telles que l'Autorité européenne de sécurité des aliments et la Commission japonaise de la sécurité alimentaire.

Même après un examen régulier au cours des 35 dernières années, toutes ces agences impliquées affirment que le produit chimique n’est pas susceptible de causer le cancer chez les êtres humains.

C’était un point de vue totalement différent à propos du test du glyphosate qui émanait de certains savants qui ont mené des recherches sur le produit chimique.

Des chercheurs de toutes catégories confondues ont également testé le produit chimique sur les animaux de laboratoire et ont également observé son effet dans plusieurs environnements tels que les réserves d’eau et les sources de nourriture pour finir par déclarer son innocuité et son effet sur les personnes ayant une exposition répétée.

Quel serait l'avenir des produits contenant du glyphosate ?

Bien qu'il existe des preuves claires et irréfutables selon lesquelles le glyphosate ne devrait pas être lié au cancer, il est difficile de juger si les avis à propos du CIRC changeront.

Jusqu'à présent, le CIRC ne montre aucune indication visible selon laquelle il prévoit faire appel de sa décision selon laquelle le produit chimique est une substance potentiellement cancérogène. Néanmoins, les informations qui indiquent autrement sont dévoilées et le public en est informé, ce qui peut changer les choses pour les consommateurs qui auraient déjà été concernés.

La nouvelle preuve a même été soulevée lors d'une audience budgétaire récente de l'EPA à l'administrateur de l'EPA, Scott Pruitt, lorsqu'il a simplement été invité à examiner la nouvelle preuve qui a été retenue lors de l'examen du produit chimique par le CIRC.

Il existe également des travaux en cours dont l’objectif est de mener des études plus approfondies qui prouvent que le glyphosate est un produit cancérogène, avec un écrit couvrant une éventuelle étude scientifique à soumettre dans un futur proche.

Alors qu'une date montrant si ces nouvelles études ont lieu est encore au-delà de l'horizon, il est encourageant de prendre en considération les changements possibles qui pourraient avoir lieu grâce à ces travaux.

Sources motherjones.com cnbc.com

De nouvelles recherches en cancérologie sur le Roundup Monsanto.
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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 06:40

Après la Suède et le Royaume-Uni, la Belgique reconnaît l'électro-sensibilité.

http://www.senaat.be/www/webdriver?MItabObj=pdf&MIcolObj=pdf&MInamObj=pdfid&MItypeObj=application%2Fpdf&MIvalObj=100663746

Après la Suède et le Royaume-Uni, la Belgique reconnaît l'électro-sensibilité.
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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 06:27

Polyarthrite rhumatoïde : une auto- immunité liée à des bactéries intestinales

Une équipe de Boston vient d’identifier deux nouveaux auto-antigènes spécifiques de la polyarthrite rhumatoïde (GNS et FLNA).

Ils sont la cible d’une réponse immune qui pourrait initialement être dirigée contre certains peptides du microbiote intestinal.

Une ouverture pour améliorer le diagnostic et le traitement. L'étude est publiée dans « Journal of Clinical Investigation ».

Chez les patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde (PR), des cellules T auto-réactives provoquent une inflammation et une destruction progressive des articulations.

Les facteurs de risque génétiques les plus importants sont les allèles HLA-DRB1 SE. Ils sont associés à la PR séropositive pour le facteur rhumatoïde (FR) et/ou l’anticorps anti-protéine citrullinée (AAPC), ce dernier étant le seul auto-anticorps spécifique de la PR identifié jusqu’ici.

Les facteurs de risque environnementaux sont moins bien définis.

Toutefois, de récentes données suggèrent qu’une immunité muqueuse, déclenchée par une interaction avec des microbes intestinaux ou oraux ou des antigènes inhalés dans les poumons, pourrait être à l’origine de l’auto- immunité dans les articulations.

Une étude a par exemple mis en évidence une dysbiose intestinale chez des patients nouvellement diagnostiqués, caractérisée par un excès d’espèces Prevotella, en particulier de P. copri.

Deux auto-antigènes identifiés

L’équipe du Dr Annalisa Pianta (Massachusetts General Hospital, Boston) a, elle, identidié un lien possible inflammation articulaire et microbiote intestinal.

En utilisant une nouvelle approche pour détecter des peptides présentés par HLA-DR (épitopes des cellules T) dans la synoviale ou les lymphocytes périphériques, l’équipe du Dr Annalisa Pianta (Massachusetts General Hospital, Boston) a pu identifier deux nouveaux auto-antigènes - GNS (N-acétylglucosamine-6-sulfatase) et FLNA (filamine A).

Ces auto- antigènes sont ciblés par les cellules T et B chez plus de 50 % des patients souffrant de PR, mais pas chez les témoins sains ou les patients affectés par d’autres maladies rhumatismales.

Les 2 auto-antigènes sont fortement exprimés dans la synoviale enflammée. Tandis que FLNA n’est pas citrulliné, GNS est citrulliné et les anticorps anti- GNS sont corrélés au taux d’AAPC.

Autre découverte importante, les peptides GNS et FLNA présentés par HLA-DR sont très similaires aux épitopes des protéines de certaines bactéries commensales de l’intestin, et notamment les espèces Prevotella.

De plus, les patients montrant une réactivité aux peptides GNS et/ou FLNA, présentent aussi une réactivité aux peptides microbiens ; et la réactivité aux auto-peptides GNS et/ou FLNA est corrélée aux taux d’anticorps anti-P. copri.

Ces résultats suggèrent que des réponses immunitaires au niveau de la muqueuse intestinale pourraient contribuer à la maladie dans un large sous-groupe de patients affectés de PR.

Améliorer le diagnostic et le traitement Cette découverte pourrait permettre d’améliorer le diagnostic et le traitement. L’ajout des 2 auto-anticorps spécifiques de la PR (GNS et FLNA) au test standard d’auto-anticorps (FR et AAPC) pourrait accroître le pourcentage de patients séropositifs pour la PR (de 70 % à 90 % environ).

De même, l’ajout de l’antigène GNS citrulliné au test de l’AAPC pourrait rendre le test encore plus sensible.

Ces marqueurs de diagnostic sont importants pour instaurer au plus tôt le traitement modifiant l’évolution de la PR. Enfin, estiment les chercheurs, « l’identification des patients présentant ces anticorps (GNS et FLNA) pourrait permettre d’évaluer et de développer des traitements adjuvants, comme de brèves antibiothérapies ciblées ou des modifications diététiques ».

Dr Véronique Nguyen 28.06.2017

Polyarthrite rhumatoïde : une auto- immunité liée à des bactéries intestinales
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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 06:18

Video : https://youtu.be/ETUHKDY68bA

Sucre le doux mensonge. Documentaire Arte.
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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 06:13

Video : https://youtu.be/ETUHKDY68bA

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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 06:08

Le sucre et le cancer:

«Le sucre est en engrais pour le cancer. Le corps ne peut pas gérer 35 kg de sucre raffiné par an, il n'est pas fait pour ça.»

David Servan-Schreiber (Docteur en medecine et docteur en sciences)

Voir la vidéo : https://www.facebook.com/lavraiedemocratie/videos/563512260439501/

Lisez «Anticancer» : http://amzn.to/2sjygvT

Le sucre est en engrais pour le cancer.
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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 06:05

Pr Perronne Sémiologie persistante polymorphe après piqûre de tique : maladie de Lyme ?

Persistent polymorphic symptomatology after tick-bite: Lyme disease?

Christian PERRONNE* L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêt en relation avec le contenu de cet article.

RÉSUMÉ

Les formes classiques de la maladie de Lyme sont généralement faciles à gérer, mais des situations médicales se présentant sous forme de symptômes polymorphes non spécifiques, en majorité subjectifs, peuvent être déroutantes pour les médecins.

Des problèmes sérieux dans la mise au point des tests sérologiques ont été analysés dans le rapport de 2014 du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP).

Un rapport de 2016 de l’European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC) souligne que dans toutes les études sur les sérologies, les populations sont mal définies rendant difficile l’interprétation des sensibilités et spécificités alléguées et qu’il faut en confronter les résultats aux données cliniques.

Chez ces malades souffrant de symptomatologies chroniques mal identifiées, tout n’est pas Lyme.

Il existe de nombreuses borrélioses dues à des espèces variées de Borrelia. Il existe des co-infections possibles avec d’autres bactéries ou parasites (Anaplasma, Bartonella, Ehrlichia, Neoehrlichia, Babesia, etc.). Il faudrait pouvoir utiliser des tests de diagnostic direct par isolement de la bactérie ou du parasite (amplification des acides nucléiques, séquençage à haut débit, etc.), mais ces tests ne sont pas disponibles en routine.

De la recherche fondamentale s’avère donc indispensable.

En pratique, devant un malade suspect de Lyme chronique et dont on n’a pas de confirmation diagnostique, il faut s’acharner à trouver des critères objectifs de maladie organique.

Il faut éliminer un autre diagnostic par un examen clinique complet et une exploration appropriée.

Si l’on n’a toujours pas d’orientation diagnostique précise, il faut proposer un traitement antibiotique d’épreuve.

La réponse au traitement peut être difficile à évaluer rapidement, en raison de l’évolution cyclique des symptômes et de leur exacerbation très fréquente, déclenchée par les anti- infectieux.

Plusieurs publications montrent des résultats contradictoires concernant le traitement anti- infectieux de la maladie de Lyme chronique.

Pour montrer des résultats significatifs, les critères d’évaluation doivent être précis.

La durée du traitement doit être suffisante. Des études cliniques sont nécessaires pour évaluer les meilleurs médicaments efficaces pour le traitement d’entretien en cas de symptomatologie persistante.

* Département des Maladies infectieuses et tropicales, Hôpital Universitaire Raymond Poincaré, 104 boulevard Raymond Poincaré, 92380 Garches.

Académie de Médecine séance du 20 septembre 2016

Article reçu le 16 août 2016, accepté le 19 septembre 2016

SUMMARY Version pre-print Publication à venir dans : Bull. Acad. Natle Méd., 2016, 200, n°7, ---, séance du 20 septembre 2016 Classical forms of Lyme disease are usually easy to manage, but medical conditions presenting with nonspecific pleomorphic symptoms, mainly subjective, may be disturbing for physicians. Serious problems in the development of serological tests were analyzed in a report published in 2014 by the French High Council for Public Health (Haut Conseil de la Santé Publique, HCSP). A report from the European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC) published in 2016, underlined that in serology-based studies, populations were poorly defined, leading to a difficult interpretation of quoted sensibilities and specificities, and that these results should be interpreted in the light of clinical data. In patients suffering from chronic poorly identified symptomatologies, Lyme disease is not the only possible diagnosis. Numerous borreliosis are due to various species of Borrelia. Co-infections with other bacteria or parasites (Anaplasma, Bartonella, Ehrlichia, Neoehrlichia, Babesia, etc.) are possible. Tests providing a direct diagnosis through the isolation of the bacterium or the parasite (polymerase chain reaction, high throughput sequencing, etc.) should be developed. Today these tests are not available in routine practice. Thus, fundamental research needs to be developed. In clinical practice, when a patient is suspected to suffer from chronic Lyme disease without any confirmation of the diagnosis, a physician should actively search objective criteria for an organic disease. A full complete clinical examination and appropriate investigations should discard another diagnosis. In absence of a clear diagnostic orientation, an empiric antibiotic treatment should be started. The response may be difficult to assess rapidly, due to the cyclic evolution of symptoms and of their frequent exacerbation, consequence of the anti-infectious drugs action. Several publications studying the efficacy of anti-infectious treatment of chronic Lyme disease gave contradictory results. The evaluation criteria must be precise to provide significant results. The duration of treatment should be long enough. New clinical studies are necessary in order to evaluate the best drugs able to be efficient for the maintenance phase treatment.

La maladie de Lyme, causée par Borrelia burgdorferi et transmise par les tiques, a d'abord été considérée comme un événement récent, rare et régional.

Nous avons maintenant la preuve que des bactéries très similaires ont infecté les humains au cours de la période glaciaire. Bien que le traitement antibiotique pour la maladie de Lyme soit efficace chez certains patients, en particulier pendant la phase précoce de la maladie, de nombreux patients souffrent d’une symptomatologie chronique avec persistance et évolution des signes et symptômes.

Il n’existe pas en routine de test pour vérifier la persistance des Borreliae.

De plus, d’autres microorganismes persistants, le plus souvent non détectables avec les techniques biologiques actuelles utilisées en routine, peuvent jouer un rôle dans la persistance des symptômes.

La physiopathologie des syndromes chroniques après la maladie de Lyme, traitée selon les recommandations actuelles, est encore débattue [1,2].

Les pièges diagnostiques dans la pratique de routine Les formes classiques de la maladie de Lyme sont généralement faciles à gérer, mais des situations médicales se présentant sous forme de symptômes polymorphes non spécifiques peuvent être déroutantes pour les médecins.

Très souvent, les symptômes sont en grande majorité subjectifs.

La maladie de Lyme chronique, ayant souvent comme fond commun fatigue intense et douleurs chroniques, peut mimer des maladies inflammatoires ou dégénératives chroniques, y compris une large gamme de maladies auto-immunes.

Bien que les praticiens, même les plus chevronnés, de toutes les spécialités médicales ont vraisemblablement rencontré des cas de maladie de Lyme, ils ne l’ont souvent pas reconnue.

Un obstacle majeur est que seulement 25% des patients rapportent une histoire de morsure de tique et seulement 50% présentent un érythème migrant primaire, la lésion initiale pathognomonique.

Cette lésion peut passer inaperçue ou être prise pour une "piqûre d'insecte" ou une "éruption allergique".

Les mini-érythèmes migrants ont peu de chance d'être diagnostiqués.

Les infections inapparentes et leur rôle dans la physiopathologie de certaines maladies d'étiologie incertaine Charles Nicolle, travaillant à l'Institut Pasteur de Tunis et lauréat du prix Nobel en 1928, a montré un grand intérêt pour le concept d’infections inapparentes comme le typhus, la syphilis et les fièvres récurrentes à Borrelia sp.

L'ulcère gastroduodénal est un autre exemple du lien caché entre une infection inapparente due à une autre bactérie spiralée, Helicobacter pylori, et une maladie chronique. B.burgdorferi peut persister dans les tissus, même après traitements antibiotiques, comme les modèles animaux l’ont prouvé et comme cela a été souvent démontré chez l’homme [3- 10].

En effet les formes dormantes et persistantes de bactéries de plusieurs genres peuvent échapper à l'effet bactéricide des antibiotiques et être responsables d'infections latentes. B. burgdorferi, ayant une structure génétique complexe, est un micro-organisme hautement adaptable capable de se soustraire à la réponse immunitaire par des processus variés.

Elle peut survivre en extracellulaire comme en intracellulaire.

La complexité de la maladie de Lyme nécessiterait des méthodes diagnostiques de haute qualité, cependant la sérologie est toujours le seul outil de diagnostic disponible en pratique.

Les données historiques, géographiques et microbiennes récentes montrent que des cas de syndromes chroniques post-piqûre de tique sont probablement dus à des agents pathogènes multiples et que ces infections inapparentes nécessitent une approche nouvelle.

Chez un malade en errance diagnostique chez qui l’on suspecte une maladie de Lyme chronique ou une maladie apparentée, il faut tout d’abord réaliser une sérologie de Lyme, malgré sa qualité insuffisante.

Pour les formes persistantes de la maladie correspondant aux phases secondaires et tertiaires, la sérologie reste le principal outil diagnostique [11-13].

La Société Américaine de Maladies Infectieuses (IDSA), relayée en Europe par l'Action concertée européenne sur la maladie de Lyme (EUCALB) a recommandé pendant longtemps un test à deux étapes, la première étape étant un test Elisa utilisant un sonicat brut de la souche B31 de Borrelia burgdorferi, dérivée de tiques et cultivée in vitro.

Si l’Elisa est positif, une confirmation par une immuno-empreinte (Western blot) IgG et IgM est nécessaire.

Selon leurs recommandations, l’immuno-empreinte ne doit pas être effectuée si l’Elisa est négatif.

Cependant, en 2011, les CDC ont modifié leurs recommandations reconnaissant qu’une immuno-empreinte IgG positive, malgré un Elisa négatif, était un critère diagnostique pour la maladie de Lyme.

Mais la plupart des praticiens utilisent encore le test à deux étapes, malgré la mauvaise sensibilité des tests Elisa, soulignée dans les publications scientifiques, allant de 34% à 70,5%.

Ces recommandations de l’IDSA n’ont plus cours aux Etats-Unis depuis février 2016, remplacées par celles de l’ILADS (International Lyme and Associated Diseases Society) [14,15].

L’étalonnage des tests est un sujet crucial. Calibrage de la sérologie Lorsque la sérologie de Lyme a été mise au point, aucune méthode fiable n'était disponible pour être utilisée comme étalon.

Comme la plupart des signes et symptômes ne sont pas spécifiques, aucun score de diagnostic clinique fiable n'a pu être établi.

Le faible rendement de la culture et la difficulté à utiliser cette technique étaient d’autres obstacles majeurs.

Ainsi il est très difficile d’obtenir des populations de malades ou de témoins identifiés avec certitude, ce qui rend aléatoire les tentatives de mesure d’une sensibilité et d’une spécificité de la méthode sérologique utilisée.

Une valeur seuil de positivité pour les tests sérologiques a dû être déterminée arbitrairement, de façon pragmatique, sur les donneurs de sang.

Ainsi, comme cela a été rappelé par Marc Assous lors de la Conférence de consensus française de 2006, l’EUCALB a imposé en Europe que la sérologie de Lyme soit étalonnée par région sur 100 donneurs de sang en bonne santé en veillant à ce que la méthode ne dépiste jamais plus de 5% de sujets testés [16].

Cette valeur arbitraire ne correspond pas à une spécificité au sens scientifique du terme.

À la fin des années soixante-dix, quand la maladie de Lyme a été découverte, elle était considérée comme un phénomène rare et régional.

On peut donc comprendre qu’initialement un faible taux de prévalence ait été décidé arbitrairement, car les experts craignaient que les sérologies produisent trop de faux positifs.

Le problème est que cette décision initiale n’a jamais été remise en cause malgré l’évolution des données de la science.

Par ailleurs, la sensibilité est difficilement mesurable, en l’absence de populations de malades définies.

On se contente souvent d’une « validation » sur un échantillon de sérums connus pour être très positifs, ce qui représente un biais majeur et n’est absolument pas représentatif de la population générale des malades, avec la variété de leurs symptômes souvent non spécifiques et subjectifs.

De plus, certains utilisent les résultats de publications de cohortes de patients atteints de formes articulaires ou dermatologiques, cohortes pour lesquelles il était obligatoire d’avoir une sérologie de Lyme positive pour être inclus.

Le chiffre de 100% de séropositifs dans ces cohortes ne saurait en aucun cas être considéré comme une « sensibilité » du test, mais bel et bien comme un biais de recrutement.

Le diagnostic des formes neurologiques ou neuroborrélioses de Lyme est souvent tout particulièrement difficile à prouver.

La sensibilité des index de sécrétion intrathécale d'anticorps (mesure des anticorps spécifiques dans le liquide cérébro-spinal) est comprise entre 55 et 80%.

Dans une étude suédoise, les anticorps n’étaient présents dans le sérum que chez 23% des enfants présentant une neuroborréliose [13].

Dans deux essais cliniques majeurs sur la maladie de Lyme, de nombreux patients inclus étaient séronégatifs (40% dans la première étude) [17,18].

De nombreux cas de malades de Lyme chez qui on a isolé les Borreliae et chez qui la sérologie de Lyme était négative sont publiés [19,20].

Ces problèmes sérieux dans la mise au point des tests sérologiques ont été bien analysés dans le rapport du Haut Conseil de la Santé Publique, publié en 2014 [21].

Ce rapport souligne que 20 tests Elisa sur 33 et 4 tests par immuno-empreinte sur 13 commercialisés en France n’étaient pas fiables.

Un rapport de l’European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC), publié en avril 2016 fait un état des lieux des tests sérologiques disponibles en Europe et de leurs méthodes de validation [22].

Ce rapport souligne que dans toutes les études, les populations sont mal définis rendant difficile l’interprétation des sensibilités et spécificités alléguées. Il souligne que des études à fort risque de biais avaient été utilisées.

Le rapport dit que, faute de mieux aujourd’hui, on peut utiliser ces sérologies mais en les confrontant aux données cliniques et qu’il est indispensable de lancer de nouvelles études avec des populations bien définies.

Les causes possibles de séronégativité Plusieurs facteurs responsables de séronégativité ont été identifiés dans les cas confirmés de maladie de Lyme:

(I) le niveau arbitraire du seuil des tests,

(II) la séquestration des anticorps par des immuns complexes,

(III) la grande variété d'espèces et sous-espèces de Borrelia qui co-existent dans les différentes parties du monde et

(IV) les co-infections avec d'autres agents pathogènes qui peuvent être responsables de certains ou de l'ensemble des symptômes [23-24].

Chez ces malades souffrant de symptomatologies chroniques mal identifiées, tout n’est pas Lyme : - Il existe de nombreuses borrélioses.

Le complexe B. burgdorferi sensu lato comprend : B. burgdorferi sensu stricto (avec sa diversité génétique), B. afzelii, B. garinii (plusieurs sérotypes) et d'autres espèces isolées dans différentes parties du monde.

Certaines de ces espèces ont été isolées chez des patients symptomatiques. B. spielmanii a été isolée lors de lésions cutanées précoces. B. bavariensis, B. bisettii, B. valaisiana, B. americana, B. andersonii, B. lonestari et, plus récemment, B. kurtenbachii ont été isolées à partir de patients atteints de syndromes proches du Lyme [13].

Le rôle pathogène de B. lusitaniae, isolée dans un cas de vascularite, reste à être étayé.

Malgré cette diversité de souches, la plupart des tests disponibles dans le commerce reposent toujours sur l'isolat princeps B31 de B.burgdorferi isolé en 1982 dans le nord-est des Etats-Unis. Borrelia miyamotoi, récemment découverte, phylogénétiquement proche des Borreliae responsables des fièvres récurrentes, est maintenant reconnue comme une cause de syndrome comparable à la maladie de Lyme ou de fièvre récurrente en Asie, Europe et Amérique du Nord.

Habituellement, elle ne donne pas de réaction croisée avec les sérologies de B. burgdorferi.

Une espèce nouvellement découverte, dont le nom proposé est Borrelia mayonii, a été isolée récemment aux Etats-Unis chez des malades atteints de maladie de Lyme [25].

Aucun outil diagnostique n’est disponible pour la détection en routine de B. miyamotoi ou B. mayonii.

Une illustration des limites de la sérologie est l'exemple écossais.

En Grande Bretagne, la sérologie officielle détecte encore moins de malades que sur le continent.

Cela n’est pas le constat des praticiens de terrain au contact des malades. Un chercheur écossais a nettement amélioré la sensibilité de l'immuno-empreinte en utilisant des souches locales écossaises de Borrelia pour réaliser ses sérologies [26,27]. - Il faut aussi rechercher des co-infections avec d’autres bactéries ou parasites.

Les co- infections avec d'autres microbes ajoutent à la complexité de ces syndromes persistants.

Parmi les patients atteints de maladie de Lyme précoce aux Etats-Unis, de 2% à 12% étaient également atteints d’anaplasmose granulocytaire humaine, et 2% à 40% d’une parasitose, la babésiose.

On peut isoler de façon anecdotique chez des malades, quand cela est recherché dans un laboratoire disposant de techniques appropriées, divers micro-organismes.

L’espèce Bartonella henselae, bien connue chez l’homme, a été isolée chez quelques malades, mais le plus surprenant est que l’on a isolé aussi des espèces animales jusqu’alors inconnues en pathologie humaine: Bartonella doshiae, Bartonella schoenbuchensis et Bartonella tribocorum [28].

On peut isoler aussi : Erlichia sp., Rickettsia sp., Francisella tularensis ou Coxiella burnetii.

Une nouvelle bactérie pathogène liée aux morsures de tiques, Neoehrlichia mikurensis, a été découverte en Suisse puis retrouvée chez des malades en Suède atteints de lymphomes ou de maladies auto-immunes [13]. Il faudrait pouvoir utiliser des tests de diagnostic direct par isolement de la bactérie ou du parasite, mais ces tests ne sont pas disponibles en routine.

La culture de B. burgdorferi ou une détection de son génome par test d’amplification des acides nucléiques (TAAN ou PCR) peut occasionnellement confirmer le diagnostic clinique chez les patients séronégatifs, mais ces techniques peu utilisées aujourd’hui, ne sont habituellement pas assez sensibles pour être considérées comme méthode diagnostique fiable, en particulier en routine.

Cela pourrait changer, car certains travaux de recherche font espérer l’amélioration de la sensibilité des TAAN, dont certains sont utilisés en biologie vétérinaire.

En conséquence, de nombreux patients souffrant de signes et symptômes compatibles avec la maladie de Lyme, mais dont le test est négatif, pourraient enfin bénéficier d’un diagnostic microbiologique.

En pratique, devant un malade suspect de Lyme chronique et dont on n’a pas de confirmation dignostique, il faut s’acharner à trouver des critères objectifs de maladie organique.

On peut retrouver une lymphopénie, des anomalies discrètes du liquide cérébro-spinal, des tests neuro-cognitifs prouvant des troubles des fonctions supérieures, des anomalies à l’imagerie par résonance magnétique (IRM) cérébrale et médullaire ou à l’imagerie cérébrale par tomographie par émission de positons (PET-scan ou scan-TEP) ou par tomographie d’émission mono-photonique (SPECT-scan ou scan-TEMP) ou la mesure du débit sanguin cérébral [29-31].

Les potentiels évoqués représentent une technique assez sensible pour objectiver des perturbations neurologiques.

Il faut éliminer un autre diagnostic par un examen clinique complet et une exploration avec l’aide des examens complémentaires appropriés.

Si l’on n’a toujours pas d’orientation diagnostique précise, il faut proposer, comme le propose le Rapport du Haut Conseil de la Santé Publique de 2014, un traitement antibiotique d’épreuve.

Cette démarche diagnostique par traitement d’épreuve, qui reste courante pour la tuberculose par exemple, est considérée comme pertinente pour les neuroborrélioses [32].

Les cliniciens, nombreux à refuser de traiter sans preuve, préfèrent le plus souvent se retrancher sur un diagnostic communément admis mais peu étayé (« viral », « idiopathique », « auto-immun », « dégénératif », « inflammatoire » ou « psychosomatique »).

La réponse au traitement d’épreuve peut être difficile à évaluer au début.

En effet, l’exacerbation des signes et symptômes est un événement fréquent lors du traitement antibiotique de la maladie de Lyme, rendant difficile l’évaluation rapide de l’efficacité du traitement.

Les exacerbations aiguës au début du traitement, connus comme la réaction de Jarisch- Herxheimer, ont été bien décrites.

Les exacerbations au cours du traitement antibiotique prolongé de la maladie de Lyme chronique s’observent dans au moins les trois-quarts des cas, peuvent être d’apparition rapide, mais peuvent aussi se produire plus tard dans le cours du traitement.

Ces exacerbations peuvent avoir une évolution cyclique pendant des semaines ou des mois avant de disparaître progressivement.

L'évaluation de l'efficacité des antibiotiques, par rapport au placebo, après plusieurs semaines de traitement peut ainsi être biaisée.

En effet, certains patients traités, qui finiront par guérir, peuvent éprouver une exacerbation au moment de l'évaluation.

Le second biais est lorsque l'outil utilisé pour l'évaluation est trop général, comme un score de qualité de vie, ce qui n’analyse pas les différentes catégories de signes et symptômes (généraux, articulaires, neurologiques, cardiaques, etc.).

À un moment donné dans le temps, une certaine catégorie de signes ou symptômes peut avoir disparu et l'amélioration se maintiendra à long terme, tandis qu’une autre catégorie de signes et symptômes peut sembler s’aggraver transitoirement, conduisant à la conclusion erronée d'échec global.

Ainsi, plusieurs publications montrent des résultats contradictoires concernant le traitement de la maladie de Lyme chronique.

Plusieurs études ouvertes ont montré qu’une grande proportion de patients atteints de la maladie de Lyme chronique ont vu leur état s’améliorer après traitement antibiotique prolongé, avec un renforcement de l’effet en ajoutant de l’hydroxychloroquine [33-36].

Pour améliorer leur état, les patients avec une longue histoire de la maladie requièrent des traitements anti-infectieux plus longs.

Plusieurs études randomisées ont tenté d'évaluer l'efficacité du traitement antibiotique comparativement à un placebo dans la maladie de Lyme chronique.

Ces études ont montré une efficacité significative contre placebo si l’on mesure des signes précis et non un vague score de qualité de vie [37,38].

Dans l'étude de Krupp et coll., un traitement de quatre semaines par la ceftriaxone a amélioré le syndrome de fatigue, réévalué à 6 mois, avec une amélioration significative de 64% dans le groupe ceftriaxone contre 18,5% dans le groupe placebo (P

Dans l'étude de Fallon et coll. qui incluait des patients atteints de troubles de la mémoire persistants après un traitement initial de trois semaines par la ceftriaxone, un retraitement de dix semaines par la ceftriaxone fut efficace, par rapport au placebo, dans l'amélioration de leurs fonctions cognitives (P

Ces améliorations des troubles cognitifs ont été mesurées par des tests objectifs et corrélées à des modifications du débit sanguin cérébral mesuré par SPECT-scan [30].

Cependant, cet effet bénéfique fut transitoire et la différence entre les groupes retraités et les non-retraités disparut après 6 mois.

Cet effet transitoire des antibiotiques pourrait être dû à la persistance bactérienne.

Ainsi, ces deux études randomisées, qui ont évalué des objectifs spécifiques précis, ont montré un effet bénéfique du traitement antibiotique.

A l’inverse, deux études randomisées qui ont partagé une méthodologie identique (l’une à deux bras antibiotique versus placebo, la deuxième à trois bras en incluant une association antibiotique- hydroxychloroquine), ont utilisé un score général de qualité de vie [17,18].

Elles n’ont donc rien pu montrer.

De plus, ces deux études ont arrêté trop tôt les traitements à trois mois.

Si l’on ne mesure pas de critère objectif précis, seule la prolongation du traitement au-delà de trois mois peut permettre de constater l’amélioration clinique ultérieure, puis la guérison dans les cas les plus favorables.

La prolongation du traitement permet aussi de montrer que beaucoup de symptômes aggravés, mis sur le compte d’effets secondaires des anti-infectieux, ne sont en fait que des exacerbations plus ou moins prolongées qui finissent par disparaitre avec la continuation du traitement.

La conception des futures études randomisées devrait tenir compte de ces pièges potentiels, en prenant l’avis des médecins qui ont l’habitude de la prise en charge des malades atteints de Lyme chronique.

Après l’amélioration clinique ou la guérison, obtenues par le traitement d’attaque, de nombreux patients rechutent, dans des délais très variables, d’où la nécessité de mettre au point des traitements d’entretien adéquates. .

Des études cliniques sont nécessaires pour évaluer les meilleurs médicaments efficaces pour le traitement d’entretien de la maladie de Lyme chronique.

De nombreuses études ont montré les changements de formes de B. burgdorferi qui représentent des processus d’adaptation à l’environnement et aux agressions contre la bactérie [39,40].

Quelques études ont évalué in vitro quels médicaments sont capables de tuer les formes persistantes de Borrelia [41-46]. Le métronidazole et le tinidazole, qui ont une forte activité in vitro contre B. burgdorferi, sont également efficaces contre les formes kystiques de la bactérie [47].

La tigécycline est efficace contre les propagules, structures arrondies, de B. burgdorferi.

Certains médicaments, qui ne sont pas des antibiotiques, notamment des antiparasitaires, des antifungiques et des antilépreux comme la clofazimine peuvent jouer un rôle contre les bactéries persistantes.

Une petite étude clinique ouverte a été menée avec le fluconazole [48].

Un des médicaments les plus utilisés est l’hydroxychloroquine. L’hydroxychloroquine est capable d'augmenter l'activité bactéricide des antibiotiques dans le phagolysosome à l’intérieur des leucocytes, comme cela a été démontré pour Mycobacterium tuberculosis ou Coxiella burnetii.

En outre, il a été montré que l'hydroxychloroquine a un effet inhibiteur direct contre B. burgdorferi et une action sur les formes kystiques [49].

En plus de cet effet antibactérien, l'hydroxychloroquine est principalement connue comme médicament anti-parasitaire et son efficacité clinique pourrait être due en partie à son activité contre les parasites responsables de co-infections, comme Babesia.

L'étude des médicaments non antibiotiques efficaces devrait être incluse dans les programmes de recherche clinique.

Ainsi la dapsone, antimycobactérien actif contre la lèpre, s’est révélée efficace dans une étude ouverte [50].

Cela pourrait être une réponse partielle à la crainte de développer une résistance aux antibiotiques dans le traitement des formes chroniques de la maladie de Lyme.

Des études randomisées de qualité sont nécessaires.

Conclusion et perspectives

La grande complexité de la maladie de Lyme en fait une maladie extrêmement difficile à appréhender.

Elle reste un défi diagnostique, même pour les cliniciens les plus avertis. L'absence d'un étalon pour le diagnostic rend la gestion des patients difficile et entrave sérieusement la capacité à produire des statistiques précises, d'autant plus que des syndromes similaires pourraient être dus à d'autres causes, dont des agents microbiens variés. Il est urgent de favoriser la recherche fondamentale et clinique qui serait le moyen le plus rentable de s'assurer que les patients soient correctement diagnostiqués et que les meilleures stratégies thérapeutiques soient mises au point.

Le développement de nouvelles méthodes diagnostiques est une nécessité prioritaire.

De nouvelles méthodes de TAAN et de nouvelles techniques génomiques, telles que le séquençage à haut débit,

pourraient s'avérer prometteuses.

De nouvelles stratégies devraient être adoptées afin de déterminer les meilleurs traitements contre Borrelia sp. et les possibles co-infections.

L'ajout d'un traitement d’entretien au traitement d’attaque est nécessaire chez certains patients.

L’évaluation de l’efficacité de nouveaux traitements devrait non seulement porter sur les médicaments qui sont bien connus pour être efficaces contre les bactéries en croissance, mais aussi sur des médicaments qui peuvent être efficaces contre les bactéries persistantes, plus adaptés à la phase d’entretien du traitement.

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Pr Perronne Sémiologie persistante polymorphe après piqûre de tique : maladie de Lyme ? Article Académie de Medecine.
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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 05:31

Les patients atteints de cancer auraient un risque de suicide 55 % plus élevé que les personnes en bonne santé, selon les résultats préliminaires d'une étude.

Les patients atteints de cancer ont un risque de suicide 55 % plus élevé que les personnes en bonne santé, selon les résultats d’une recherche du département des soins de psychiatrie d'urgence et post-urgence à l'hôpital Lapeyronie de Montpellier.

Elle a été menée par l’équipe du Dr Raffaella Calati. Ces résultats "extrêmement préliminaires" ont été obtenus en regroupant les données de 15 études publiées entre 1983 et 2015 et provenant d'Australie, du Canada, de la Chine, de la Norvège, de la Corée du Sud, de la Suède, du Royaume-Uni et des États-Unis.

Les auteurs envisagent d’inclure d’autres études à leur analyse initiale. Si de précédents travaux ont révélé que les taux de suicide étaient plus élevés chez les malades du cancer que dans la population générale, cette nouvelle recherche tente de quantifier le risque.

Elle n'a pas encore été soumise à une revue médicale pour publication, l’analyse étant toujours en cours.

Toutefois, les résultats préliminaires ont été présentés au Congrès européen de psychiatrie qui s’est tenu à Florence (Italie) en avril 2017, après avoir été examinés par l'Association européenne des psychiatres.

Pour les auteurs, l'évaluation du risque de suicide chez les patients atteints de cancer est primordiale.

Ces derniers doivent faire l'objet d'un dépistage et être traités pour l'anxiété ou la dépression.

Les personnes ayant des pensées suicidaires et des antécédents de tentatives de suicide doivent être suivies, en particulier au moment de l’annonce du diagnostic.

Une étude, menée en 2014 par le centre de recherche Cancer Research UK et le gouvernement écossais, a révélé que trois quarts des malades de cancer souffrant en plus d’une dépression clinique ne recevaient aucun traitement pour soigner cette dernière.

Les dernières actualités de la recherche contre le cancer sont présentées pour Sciences et Avenir.

Le diagnostic de cancer augmente de 55% le risque de suicide.
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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 00:29

Une équipe de Boston vient d’identifier deux nouveaux auto-antigènes spécifiques de la polyarthrite rhumatoïde (GNS et FLNA).

Ils sont la cible d’une réponse immune qui pourrait initialement être dirigée contre certains peptides du microbiote intestinal. Une ouverture pour améliorer le diagnostic et le traitement.

L'étude est publiée dans « Journal of Clinical Investigation ». Chez les patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde (PR), des cellules T auto-réactives provoquent une inflammation et une destruction progressive des articulations.

Les facteurs de risque génétiques les plus importants sont les allèles HLA-DRB1 SE. Ils sont associés à la PR séropositive pour le facteur rhumatoïde (FR) et/ou l’anticorps anti-protéine citrullinée (AAPC), ce dernier étant le seul auto-anticorps spécifique de la PR identifié jusqu’ici.

Les facteurs de risque environnementaux sont moins bien définis.

Toutefois, de récentes données suggèrent qu’une immunité muqueuse, déclenchée par une interaction avec des microbes intestinaux ou oraux ou des antigènes inhalés dans les poumons, pourrait être à l’origine de l’auto-immunité dans les articulations.

Une étude a par exemple mis en évidence une dysbiose intestinale chez des patients nouvellement diagnostiqués, caractérisée par un excès d’espèces Prevotella, en particulier de P. copri.

Deux auto-antigènes identifiés L’équipe du Dr Annalisa Pianta (Massachusetts General Hospital, Boston) a, elle, identidié un lien possible inflammation articulaire et microbiote intestinal.

En utilisant une nouvelle approche pour détecter des peptides présentés par HLA-DR (épitopes des cellules T) dans la synoviale ou les lymphocytes périphériques, l’équipe du Dr Annalisa Pianta (Massachusetts General Hospital, Boston) a pu identifier deux nouveaux auto-antigènes - GNS (N-acétylglucosamine-6-sulfatase) et FLNA (filamine A).

Ces auto-antigènes sont ciblés par les cellules T et B chez plus de 50 % des patients souffrant de PR, mais pas chez les témoins sains ou les patients affectés par d’autres maladies rhumatismales.

Les 2 auto-antigènes sont fortement exprimés dans la synoviale enflammée. Tandis que FLNA n’est pas citrulliné, GNS est citrulliné et les anticorps anti-GNS sont corrélés au taux d’AAPC.

Autre découverte importante, les peptides GNS et FLNA présentés par HLA-DR sont très similaires aux épitopes des protéines de certaines bactéries commensales de l’intestin, et notamment les espèces Prevotella.

De plus, les patients montrant une réactivité aux peptides GNS et/ou FLNA, présentent aussi une réactivité aux peptides microbiens ; et la réactivité aux auto-peptides GNS et/ou FLNA est corrélée aux taux d’anticorps anti-P. copri.

Ces résultats suggèrent que des réponses immunitaires au niveau de la muqueuse intestinale pourraient contribuer à la maladie dans un large sous-groupe de patients affectés de PR.

Améliorer le diagnostic et le traitement

Cette découverte pourrait permettre d’améliorer le diagnostic et le traitement. L’ajout des 2 auto-anticorps spécifiques de la PR (GNS et FLNA) au test standard d’auto-anticorps (FR et AAPC) pourrait accroître le pourcentage de patients séropositifs pour la PR (de 70 % à 90 % environ).

De même, l’ajout de l’antigène GNS citrulliné au test de l’AAPC pourrait rendre le test encore plus sensible.

Ces marqueurs de diagnostic sont importants pour instaurer au plus tôt le traitement modifiant l’évolution de la PR.

Enfin, estiment les chercheurs, « l’identification des patients présentant ces anticorps (GNS et FLNA) pourrait permettre d’évaluer et de développer des traitements adjuvants, comme de brèves antibiothérapies ciblées ou des modifications diététiques ».

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
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