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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 17:38

Faut-il avoir peur des "nouveaux OGM" ?

 

Spotigy et Buri, les deux premiers veaux Holstein nés sans cornes, créés par édition génomique de leur ADN dans les laboratoires de Recombinetics.

 

Enfin un article qui ne cherche pas à faire peur...

 

 

« Du blé sans gluten, des vaches sans cornes, des cochons sans queue... Une poignée de start-up viennent de mettre au point de nouvelles techniques pour "éditer" l'ADN de plantes ou d'animaux. Voyage chez ces sorciers de l'agriculture. »

 

Le mot « sorciers » n'était peut-être pas le mieux choisi du fait de son ambivalence, mais on est assez vite rassuré : cet article s'inscrit résolument dans une vision optimiste de l'avenir, tout en posant, exercice imposé, la question épistémologique :

 

« Plantes et animaux ainsi "redésignés" constituent-ils l'horizon inéluctable d'une planète qui devra nourrir de façon durable 9 millions de Terriens en 2050, comme le plaide le chercheur-entrepreneur [André Choulika] dans son livre "Réécrire la vie" ? Ou bien illustrent-ils une dangereuse fuite en avant techno-scientiste de l'industrie agroalimentaire, comme le dénoncent les écologistes et les militants anti-OGM ? »

 

L'auteur, Mme Dominique Nora, est donc allée « à la rencontre des pratiquants de cette biotechnologie verte ». Visiter ces lieux où se construit une partie l'avenir, rapporter les propos d'entrepreneurs qui seront peut-être des Edison de la biologie, de l'agriculture et de l'alimentation (dans un monde à 9-10 milliards d'habitants), plutôt que des Chicken Little pisse-vinaigre, voilà une démarche que l'on ne voit pas souvent et qui apporte une vraie fraîcheur.

 

...mais un manque de contexte et de recul...

 

Il est bien difficile de tout caser dans trois pages... Mais l'article aurait gagné à décrire, ne serait-ce qu'a minima, les techniques en cause et de remettre certains projets à leur vraie place.

 

Pour les techniques – et les courageux – on peut s'en remettre aux fiches techniques du Haut Conseil des Biotechnologies (la contribution du CEES est ici, nous la référençons uniquement pour être complet). Science & Vie a consacré un dossier sur CRISPR-Cas9 dans son numéro de janvier 2016).

 

Depuis l'aube de l'humanité agricole, inconsciemment ou délibérément, nous sélectionnons et préservons des patrimoines génétiques intéressants, nous les transformons et, même, nous les créons.

Les « nouveaux OGM » ne sont que les dernières productions d'une activité plurimillénaire.

Ils sont créés avec des outils d'une très grande précision – incomparablement plus grande que celle des outils de l'amélioration des plantes classique.

On peut se faire une idée de la brutalité et de l'imprécision des « bricoleurs de patrimoine génétique » avec l'excellent « Un blé bio génétiquement modifié, ça existe déjà ! » d'Agriculture et Environnement, une lecture incontournable.

Pour les « bricoleurs d'ADN » de notre siècle – la formule est de Science & Vie – l'opération peut consister à remplacer, de manière ciblée, une seule base dans le patrimoine génétique d'une plante ou d'un animal.

Certes, tout n'est pas entièrement contrôlé ex ante. Comme pour l'amélioration des plantes « classique » (et la transgénèse produisant des OGM), les premières étapes sont suivies d'une sélection et, le cas échéant, de rétrocroisements (backcrossing).

Et c'est somme toute comme dans la production en série : contrôles ex post et les pièces défectueuses finissent au rebut.

Mais y a de quoi créer un fonds de commerce pour les marchands de peur. L'effet est encore plus saisissant quand on aligne les mots savants à l'instar des injures du Capitaine Haddock.

 

S'agissant des projets des entrepreneurs, il faut aussi savoir raison garder.

Les envolées lyriques des entrepreneurs ne sont pas encore les réalités de demain. La route est longue, et semée d'embûches, entre la paillasse du laboratoire et l'assiette du consommateur (ou l'usine de l'industriel). Il suffit aussi que de gros industriels de l'agroalimentaire, des chaînes de restaurant ou de grande distribution cèdent aux pressions des anti-OGM pour condamner un nouveau produit, même bénéfique pour la santé...

 

Parmi ces projets, il y a des applications des nouvelles technologies d'édition des gènes qui existent déjà – d'origine naturelle comme les bovins sans corne (tel l'Angus britannique) ou produites par l'inventivité humaine (tel le blé sans gluten développé par la voie transgénique par l'Institut d'Agriculture Durable de Cordoue, en Espagne, les pommes Arctic ne brunissant pas ou les pommes de terre Simplot ne produisant pas d'acrylamide – probablement cancérogène – à la cuisson).

 

Cela illustre le fait que ces techniques n'ont rien de spectaculaire quant à leurs résultats.

Et qu'on se trouve dans un grand continuum.

 

...et l'incontournable et insupportable équilibre rédactionnel...

 

Un tel texte ne pouvait paraître sans donner la parole au « camp d'en face ». L'Obs interviewe donc sur une page M. Yves Bertheau, directeur de recherche à l’INRA, devenu soudainement célèbre par sa démission fracassante du Haut Conseil des Biotechnologies en février 2016.

 

Selon lui, « Les OGE seront dans nos assiettes sans qu'on le sache ! » Cette interview est reproduite in extenso sur la toile. Serait-ce un hasard ou le fruit d'une ligne éditoriale assumée ?

 

Il est particulièrement lassant de voir que les journaux lui permettent de répéter inlassablement la même histoire – une fable – sur sa démission (voir aussi ici ainsi que l'excellente analyse sur Écologie raisonnée). Depuis le temps, on sait qu'elle procède davantage d'une manœuvre politique que d'un désaccord sur le fond (nous en avons beaucoup parlé sur ce site).

 

M. Bertheau peut aussi prétendre inlassablement qu'un groupe de travail avait rédigé, et le Comité scientifique du HCB approuvé, une « note, de très mauvaise qualité ».

Cédant à l'escalade d'engagement, il dit maintenant qu'il « ne pouvai[t] pas cautionner un travail dénué de fondement scientifique, essentiellement axé sur des considérations socio-économiques ».

C'est, certes, une information. Mais c'est une information sur une opinion, pas sur des faits matériels.

 

Une note entérinée par un aréopage de trois douzaines de scientifiques de très haut niveau serait « de très mauvaise qualité », « dénué[e] de fondement scientifique » et « essentiellement axé[e] sur des considérations socio-économiques » ?

Et lui seul aurait constaté ces lacunes ? Mais de qui se moque-t-on ?

Cette démission est devenue son argument d'autorité pour justifier une position éminemment socio-politique et non scientifique.

 

« les plantes génétiquement éditées doivent être considérées exactement comme des OGM ».

 

Voilà un résumé, fidèle au positionnement de l'interviewé, qui relève de la fatwa. À la question : « Il faudrait donc réguler les OGE comme des OGM ? » il répond :

 

« Oui, quelle que soit la technique employée, pour moi ce sont des OGM. A la fois parce que ce sont des manipulations in vitro des génomes, et parce que les techniques elles-mêmes induisent de nombreux effets non intentionnels difficiles à prédire, à détecter et à éliminer. »

 

Il est difficile de manifester de manière plus éclatante une posture idéologique ne reposant sur aucune considération scientifique.

Remarquons simplement qu'il existe d'autres « manipulations in vitro », comme la mutagenèse sur cultures de cellules et certaines fusions de protoplastes, qui échappent à l'hystérie réglementaire anti-OGM européenne.

 

Difficile de manifester... ? Euh non ! À la question : « Comment expliquez-vous, alors, que les Etats-Unis ne régulent pas ces plantes OGE ? », il répond :

 

« Ils recherchent à tout prix un leadership économique. Les décideurs américains ont choisi, depuis Reagan, de privilégier les intérêts de leurs champions. »

 

Et une touche d'anti-américanisme... Et une grosse louche de démagogie...

 

« Ce sont des choix de société, qui doivent être débattus démocratiquement, sur la base d’études indépendantes. »

 

C'est toujours « démocratiquement »... mais sur la base d'une désinformation très largement diffusée et pour autant que le « débat » aboutisse au résultat souhaité par ceux qui le réclament... y compris après avoir démissionné du HCB, l'organe conçu pour servir de forum pour les débats.

 

Nous en resterons là, quoiqu'il y ait encore beaucoup à dire.

 

Un hommage à Norman Borlaug par les humoristes Penn & Teller :

Alors, « [f]aut-il avoir peur des "nouveaux OGM" ? »

 

La réponse est : non !

 

Pas plus que des produits « classiques » du génie inventif humain, voire des produits de la nature.

 

Rappelons que des courgettes issues d'une mutation naturelle ou d'un croisement avec des coloquintes peuvent tuer.

Qu'il y a eu des accidents avec des pommes de terre, notamment, 'Lenape' et 'Magnum Bonum', comme nous l'avons rapporté plusieurs fois sur ce site, par exemple ici (ce sont les exemples emblématiques des spécialistes de l'amélioration des plantes).

Que des sites sérieux et responsables avertissent les consommateurs sur certains produits, par exemple les piments très brûlants.

 

Ce qui importe, au final, c'est la nature du nouveau produit, pas la méthode qui a servi à l'obtenir.

 

C'est la raison pour laquelle des scientifiques – des vrais, pas des idéologues ou des militants – préconisent d'éditer la législation européenne pour accommoder l'édition des gènes, à l'image de ce que fait le Canada pour les « végétaux à caractères nouveaux ».

 

L'altermondialisme ridicule

 

Il y a aussi une demi-page sur : « Agrochimie ou agroécologie », comme si – à condition qu'on puisse les définir avec précision – ces termes étaient antinomiques. L'auteur a déroulé un bréviaire altermondialiste déplorable.

 

Petit exemple :

 

« Les nouvelles techniques d'édition génomique ont sans doute le potentiel de faire progresser l'agriculture, comme la médecine. Mais elles ne sont pas la panacée. Comme pour chaque innovation, la question de fond est : qui finance leurs applications et dans quel but ? »

 

Cela mène inéluctablement au « risque » – ah, toujours le risque ! – du grand complot de la récupération par le grand capital,

 

« par un système agrocorporatiste qui place systématiquement le profit avant l'éthique ».

 

Et si ces gens commençaient à prendre la question par l'autre bout ? Qui, dans la filière agricole et alimentaire, achètera des produits proposés par un « système agrocorporatiste qui place systématiquement le profit avant l'éthique » et qui, implicitement, se moque des intérêts de ses clients agriculteurs et des consommateurs ?

 

Quand cessera-t-on, dans les milieux urbains (et bobos), de prendre les agriculteurs pour des demeurés ?

 

 

 

 

 

Dans son numéro du 22 au 28 septembre 2016, l'Obs a publié une « enquête » sur cinq pages dont l'article principal s'intitule : « Faut-il avoir peur des "nouveaux OGM" »

 

30 Septembre 2016 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #OGM

 

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 17:26

Le saumon transgénique autorisé à la consommation humaine

C’est fait : le premier animal transgénique est autorisé à la consommation humaine. Ce saumon auquel un gène d’anguille a été intégré, peut légalement être consommé directement par l’homme depuis ce 19 novembre, aux Etats-Unis. Il ne devrait plus falloir attendre bien longtemps pour que le Traité Transatlantique en cours de négociation impose cette créature dans nos assiettes…

Le saumon transgénique autorisé à la consommation humaine

Un saumon sauvage pèse en moyenne 200 grammes à trois ans quand le saumon transgénique pèse 1 kg après seulement 18 mois de croissance !

Pas difficile donc, de voir l’intérêt de l’industrie agroalimentaire pour le saumon AquAdvantage de l’entreprise AquaBounty, renommé FrankenFish par ses opposants. Une différence d’appellation qui en dit long sur les désaccords et inquiétudes que soulèvent ce saumon-anguille.

Le pire c’est que les consommateurs américains n’ont le droit à aucune indication d’origine sur l’étiquette, ce qui condamnerait l’avenir commercial dudit saumon.

Sans trop s’avancer, on peut décrire ce saumon-anguille de cette façon : un nouveau poisson créé par des requins pour des pigeons.

Mais sommes-nous à l’abri d’une telle décision en Europe? Vous avez le droit d’y croire, mais vous auriez tort d’ignorer l’arrivée imminente, du toujours négocié et déjà tant décrié : Traité Transatlantique (TAFTA).

Quels dangers possibles ?


 L’impact sur le génome humain

Un gène modifié qui lui permet d’atteindre sa maturité beaucoup plus vite que la nature ne le fait, sans aucune chance de voir un impact sur le génome humain ? Non bien sûr, des scientifiques grassement payés se chargeront de nous le démontrer.

« Pourquoi pas attendre les résultats d’une enquête d’un organisme public me direz-vous ? »

D’une part, les coûts de ce genre d’étude sont considérables, des années d’observations étant nécessaires ; d’autre part, un gouvernement qui consacre de l’argent public en vue de protéger son peuple avec à terme : le risque de s’opposer aux intérêts du commerce, ça existe encore ?

Contamination des milieux naturels

de la science fiction, pour combien de temps encore ?

Qui peut nous assurer que ces poissons transgéniques élevés en bassin ne se retrouveront pas par erreur en liberté où leur prolifération deviendra incontrôlable, où leurs gènes se transmettront avec d’autres espèces sauvages ? Réponse : personne ne peut l’affirmer avec certitude, mais beaucoup vont essayer. Et pour ceux que ce scénario catastrophe fait sourire, rappelons que AquaBounty écopait d’une amende (lien en bas de page) il y a tout juste un an, provenant des autorités de Panama pour ses violations répétées des règles de sécurité environnementale. Plusieurs poissons génétiquement modifiés auraient été « libérés » dans la nature suite à un accident de sécurité lié à une tempête. Très rassurant.

Les vente de saumon qui s’écroulent

Pas d’étiquetage distinctif ? Je n’achète plus de saumon. Je ne pense pas être très différent des millions de consommateurs qui partageront cette pratique simple efficace et radicale, par précaution. Pour ce qui me concerne ça fait déjà un bout de temps que je n’achète plus de saumon d’élevage dont la dangerosité ne fait aucun doute, certains n’achètent déjà même plus de saumons sauvages pour lesquels des fraudes à l’étiquetage existent. Alors pensez : du saumon-anguille transgénique…

La ménagerie des horreurs derrière FrankenFish

Et c’est pas fini ! Non bien sûr, ils ne s’arrêteront pas là. La suite est déjà prête. Elle mijote si j’ose dire. Et là attention les yeux, on s’imagine un musée de l’horreur animal à l’énoncé des différentes espèces hybrides qui nous sont destinées :

  • Le cochon croisé avec un gène de souris et un gène de la bactérie Escherichia Coli, dont les déjections moins phosphorées permettront de produire plus en polluant moins. On attend son autorisation de mise sur le marché au Canada.
  • Une vache super musclée, premier « bovidé-culturiste » sans hormones ajoutées, juste un gène ou deux en plus pour qu’il puisse fournir plus de steak.
  • Le poulet transgénique qui n’attrape plus la grippe.
  • Une chèvre avec un gène d’araignée dont le lait sert à fabriquer de la soie ultra solide pour les gilets pare-balles.
  • En France on a « GFP Bunny » le lapin fluorescent qui est déjà plus qu’un projet, puisqu’on l’exposait lors d’événements culturels.
  • La chine a son « Le TK1 », un poisson-zèbre, fluorescent lui aussi, il possède un gène de méduse.

Et tous les autres probablement testés ou en cours de développement, pour lesquels les mentalités ne sont pas encore mûres… Cela ne fait que commencer. On peut craindre que dans les années à venir, les scientifiques redoublent d’imagination pour parfaire l’horreur.

En apprenti sorcier, l’homme s’engage dans un domaine d’où moralité et raison semblent exclues. Où cela va-t-il nous mener, j’ai bien peur que personne ne sache réellement répondre à cette question. La réponse sera certainement connue quand le mal sera fait, comme dans d’autre scandales sanitaires : amiantes, sang contaminé, vache folle, pesticides… j’en passe et il  y en aura des pires.

Sources :

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 17:20

Immunothérapies fondées sur des cellules ingénierées CAR T allogéniques

 

Cellectis est une entreprise pionnière dans l’ingénierie du génome qui emploie des technologies brevetées afin de développer des produits best-in-class dans le domaine émergeant de l’immuno-oncologie. Nos candidats médicaments, fondés sur des cellules T ingénierées exprimant des Récepteurs Antigéniques Chimériques ou CAR, visent à exploiter la puissance du système immunitaire pour cibler et éradiquer les cancers. Les cellules T, qui sont un type de globules blancs, jouent un rôle majeur dans le processus d’identification et d’élimination de cellules cancéreuses. Cependant, les cellules cancéreuses développent souvent des mécanismes qui leur permettent d’échapper au système immunitaire. Les CAR sont des récepteurs ingéniérés qui peuvent être exprimés sur la surface des cellules T, leur fournissant ainsi un mécanisme de ciblage spécifique qui améliore leur faculté de recherche, d’identification et de destruction des cellules tumorales porteuses d’un antigène particulier.

Cellectis conçoit la prochaine génération d’immunothérapies à partir de cellules CART avec des gènes modifiés de façon ciblée. Nos technologies d’ingénierie des génomes nous permettent de créer des cellules CART allogéniques, ce qui signifie qu’elles proviennent de donneurs sains plutôt que des patients eux-mêmes. La modification génique ciblée est un procédé d’ingénierie des génomes selon lequel l’ADN peut être inséré, effacé, réparé ou remplacé très précisément dans le génome. Le défi majeur de la modification du génome est de parvenir à cibler spécifiquement et efficacement une séquence d’ADN précise dans un génome. Nos technologies propriétaires de modification génique fondées sur des nucléases, combinées avec 16 ans d’expérience en ingénierie des génomes, nous permettent de modifier très précisément n’importe quel gène en insérant, supprimant, réparant ou en remplaçant des séquences d’ADN. Nos nucléases, qui comprennent des protéines dérivées d’effecteurs semblables aux activateurs de transcription, agissent comme des « ciseaux à ADN » pour modifier des gènes sur des sites cibles spécifiques, permettant ainsi de façonner des cellules CART allogéniques.

Notre expertise en matière de modification ciblée des gènes nous permet également de développer des produits candidats qui présentent des attributs supplémentaires en matière d’innocuité et d’efficacité, y compris des éléments de contrôle conçus pour empêcher les cellules CART d’attaquer les tissus sains, pour leur permettre de tolérer des traitements de référence en oncologie, et de les équiper pour résister aux mécanismes qui inhibent l’activité du système immunitaire.

Voir la vidéo :

http://www.cellectis.com/fr

L'immuno-oncologie

Cellectis est une entreprise biopharmaceutique dont l’objectif est d’apporter des traitements aux patients atteints de cancer grâce à l’immunothérapie adoptive.

 

Afin de répondre à des besoins médicaux pour lesquels il n’existe aujourd’hui pas de traitements efficaces, Cellectis conçoit des immunothérapies basées sur l’utilisation de cellules CAR T.

 

La spécificité de notre approche allogénique consiste à développer des candidats médicaments à partir de cellules immunitaires prélevées chez des patients sains, puis génétiquement modifiées grâce à notre technologie d’ingénierie des génomes, TALEN®, de manière à ce qu’elles soient capables de rechercher et détruire des cellules cancéreuses.

 

Cette approche permettrait de créer des médicaments plus abordables et disponibles dans le monde entier, notamment pour les patients dont les cellules T ne sont pas en nombre suffisant pour bénéficier d’un traitement autologue (basé sur l’ingénierie des cellules T de chaque patient.)

Ingénierie du génome


Les cellules T, qui sont des cellules du système immunitaire, peuvent être armées d’un Récepteur Antigénique Chimérique ou CAR, une molécule artificielle qui leur permet de reconnaître une protéine déterminée (antigène) et de déclencher la destruction des cellules qui portent cet antigène à leur surface.

 

En ciblant une protéine exprimée par les cellules tumorales, le CAR peut donc permettre au système immunitaire d’identifier et attaquer les cellules cancéreuses.

 

 

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 17:16

Le sport, un médicament contre le cancer

 

Une activité physique adaptée et régulière permet de limiter les rechutes de 40 % et d’améliorer la survie de 40 % .

 

Une activité physique adaptée, pratiquée de manière régulière permet de limiter les rechutes de 40 %, d’améliorer la survie de 40 % et de réduire les effets secondaires liés aux traitements anticancéreux. | JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

 

Faire du sport, c’est bon pour la santé. Le message est clair. Faire du sport quand on est atteint d’un cancer a de multiples bienfaits, c’est moins connu. Une étude menée par la Cami – fédération nationale Sport & Cancer, association créé en 2000 par le cancérologue Thierry Bouillet et le karatéka Jean-Marc Descotes –, et le laboratoire Amgen, s’est penchée sur le vécu des patients et des soignants et les conditions d’accès aux activités physiques.

Présentée mercredi 12 octobre, l’étude a porté sur 1 544 patients – une majorité de femmes, dont les deux tiers souffraient d’un cancer du sein. Parmi les bénéfices attendus, les patients interrogés citent en tête l’amélioration de la qualité de vie et du bien-être (99 %), des chances supplémentaires de guérir (83 %) et la réduction de la fatigue et des douleurs.

 

Certains chiffres peuvent surprendre toutefois : 74 % des patients ont continué à pratiquer une activité physique malgré leur maladie. Mais les freins sont nombreux. Plus de la moitié des soignants également interrogés lors de cette étude (894 soignants dont 41 % d’oncologues) méconnaissent les recommandations et parfois même l’existence de programmes d’activité physique et sportive pour les patients touchés par le cancer et n’en parlent pas forcément. Autre frein, la surcharge de travail. Bien souvent, les professionnels de santé ne savent pas toujours où adresser leurs patients pour un sport adapté.

Améliorer la survie de 40 %

Du côté des patients, la fatigue est le principal frein évoqué à la pratique d’une activité physique (51 % des patients). Suivi par le manque de courage (41 %). Les idées reçues comme « il faut se reposer », ou « c’est incompatible avec la chirurgie, les douleurs », sont encore tenaces.

Jérôme Rivkine en témoigne : lorsqu’on lui annonce un cancer du poumon avec un pronostic sombre, il y a trois ans, à l’âge de 37 ans, ce père de deux enfants de 5 et 1 ans, se dit « au fond du trou : le sport ne figurait pas parmi mes priorités », a-t-il rappelé lors de la conférence de presse. Ce n’est qu’au bout de plusieurs mois qu’il s’est mis à pratiquer le karaté avec la Cami. Il vient de publier Les cinq saisons (L’Harmattan, collection récits de vie, 198 pages 21,50 euros).

Les données de la littérature scientifiques sont claires : une activité physique adaptée, pratiquée de manière régulière permet de limiter les rechutes de 40 %, d’améliorer la survie de 40 % et de réduire les effets secondaires liés aux traitements anticancéreux, notamment la fatigue, résume le docteur Thierry Bouillet.

« C’est un véritable médicament »

Une méta-analyse a ainsi fait état d’un risque de mortalité réduit de 34 % chez les femmes atteintes d’un cancer du sein localisé et pratiquant une activité physique « suffisamment soutenue et régulière » (150 minutes par semaine en trois séances). Le même effet se retrouve chez les patients atteints de cancer du colon, à condition de pratiquer une activité encore plus soutenue.

« C’est un véritable médicament, il faut établir les modalités de prescription, quelle dose, quelle fréquence, et l’adapter à chaque cas », explique le docteur Bouillet.

Autre effet notable selon la Cami, le sport contribue à améliorer l’état psychologique des patients « en les réconciliant avec leur corps » et en renforçant les liens sociaux.

L’idée du sport comme acteur de santé fait son chemin. Un amendement porté par quatre députés, dont l’ancienne ministre des sports, Valérie Fourneyron, figure dans la loi de santé promulguée en janvier. Il prévoit la possibilité pour les médecins de prescrire sur ordonnance une activité physique adaptée pour les patients atteints de maladies de longue durée, soit 9 millions de personnes en France. Au même titre que la prise d’un médicament.

Cette initiative est déjà expérimentée dans quelques villes en France, dont Strasbourg, Clermont-Ferrand, Biarritz (Pyrénées-Atlantiques). Les décrets sont encore en cours d’arbitrage au ministère de la santé – un bras de fer oppose les kinésithérapeutes qui souhaiteraient prendre en charge cette activité et les associations qui les proposent depuis des années. Reste à savoir quelle sera la prise en charge par l’assurance-maladie.

 

Par Pascale Santi

Le 13 octobre 2016 

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 17:14

La biodiversité connaît aujourd’hui l’une de ses plus importantes altérations : les taux actuels d’extinction des espèces animales sont de 100 à 1 000 fois supérieurs à ceux enregistrés à partir des données fossiles. Ils concernent tous les types d’espèces – oiseaux, reptiles, mammifères. Le rôle primordial des activités humaines dans ce phénomène est de plus en plus étayé, à tel point que certains scientifiques considèrent que nous entrons aujourd’hui dans une nouvelle ère géologique, l’« anthropocène ».

 

Si cette altération majeure est généralement étudiée sous l’angle de ses impacts écologiques, elle intéresse également le domaine de la santé, en particulier les maladies infectieuses causées par des agents pathogènes (en particulier les virus et les bactéries). Près de 75 % de ces maladies infectieuses émergentes chez l’homme sont en effet partagés avec des espèces animales sauvages, comme les oiseaux pour le virus de la fièvre du Nil occidental ou les rongeurs pour la maladie de Lyme, une zoonose causée par la bactérie Borrelia burgdorferi.

Nombre de ces agents infectieux, dits « zoonotiques », utilisent de multiples espèces pour leur transmission. Or les bouleversements observés au niveau de la diversité biologique peuvent perturber ce cycle naturel de transmission et avoir de multiples conséquences sur la probabilité de leur émergence et/ou de leur niveau de transmission.

Biodiversité et « effet de dilution »

La biodiversité fournit de nombreux services aux écosystèmes, en contraignant notamment la transmission de certaines maladies infectieuses. C’est le cas de celles propagées par une espèce « vecteur », qui sont des insectes hématophages comme les moustiques ou les tiques qui se nourrissent du sang des individus.

Dans le cas où ces « repas de sang » se produisent sur un individu infecté – et appartenant à une espèce animale dite « compétente » dans la transmission du pathogène –, le vecteur se trouvera à son tour infecté. Lorsqu’il se nourrira à nouveau, il pourra alors transmettre le pathogène. Ces individus vecteurs pourront de la sorte contaminer des populations humaines, en faisant office de « pont » depuis d’autres espèces animales.

Toutes les espèces ne sont toutefois pas identiquement « compétentes » à transmettre l’agent pathogène : nombre d’entre elles peuvent ainsi être contaminées, mais sans pouvoir transmettre l’agent pathogène. Or ces espèces, appelées « cul de sac », sont d’autant plus présentes que l’écosystème dans lequel elles évoluent est riche d’une grande biodiversité. La présence de nombreuses espèces aura donc pour effet de « diluer » la transmission de l’agent pathogène. C’est ce que l’on appelle « l’effet de dilution ».

Dans un contexte de biodiversité altérée comme aujourd’hui, on a toutes les raisons de penser que ces espèces « cul de sac » disparaîtront les premières, étant généralement moins abondantes et donc plus vulnérables aux extinctions. Une perte de biodiversité pourra donc entraîner une augmentation de la transmission des pathogènes, les espèces vecteurs piquant dès lors majoritairement des animaux plus compétents à transmettre les maladies.

Cet effet de dilution s’observe concrètement, on pense ici au virus de la fièvre du Nil occidental ou à celui de la maladie de Lyme aux États-Unis. Dans ces deux cas, une diminution du nombre de personnes humaines infectées a été observée dans les zones où la biodiversité s’avère la plus dense. Le recours à l’effet de dilution sert également à agir sur certaines maladies affectant les plantes : en Chine, le développement de cultures mêlant différentes types de riz a permis de lutter contre la propagation de la rouille du riz qui ravageaient les variétés les plus économiquement intéressantes.

Un consensus scientifique encore fragile

Il faut ici souligner que cet effet de dilution fait toujours débat au sein de la communauté scientifique. La principale critique réside dans le fait que les espèces qui s’effacent en premier ne sont pas toujours les espèces « cul de sac ».

Prédire quelles espèces disparaissent en premier est particulièrement complexe ; l’effet de dilution ne peut donc être érigé en règle générale. Une récente étude, comparant un grand nombre de données écologiques et épidémiologiques récoltées au cours des dernières décennies, souligne néanmoins qu’un tel effet se rencontre dans plus de 70 % des cas étudiés.

Un autre aspect, encore peu étudié, doit également être pris en compte : à savoir que, plus il y a d’espèces animales, plus il y a d’agents pathogènes. Par conséquent, la plupart des pathogènes devraient moins se transmettre, mais il y en aura également plus. Il a toutefois été montré sur des plantes en Allemagne que le nombre total d’infections (toutes espèces de pathogènes considérées) diminue avec le nombre d’espèces, suggérant que l’effet de dilution créé par la richesse des hôtes compense le nombre de nouveaux pathogènes présents.

Il est particulièrement intéressant de se pencher aujourd’hui sur les effets sanitaires positifs de certaines mesures de protection de la biodiversité. Car si les bienfaits de la biodiversité demeurent souvent saisissables pour les décideurs publics, l’émergence de nouvelles épidémies – on pense aux virus du Chikungunya, Zika ou Ebola – ne manque pas d’interroger.

L’état actuel des connaissances scientifiques nous indique que la disparition de certaines espèces animales peut entraîner une hausse de la transmission de ces maladies et leur diffusion à grande échelle. Alors que les liens apparaissent de plus en plus imbriqués entre biodiversité et santé humaine, la gestion raisonnée de nos ressources s’avère plus que jamais essentielle.

 

18 février 2016, 

Benjamin Roche

The Conversation 

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 15:15

Le müesli, un bol de pesticides pour votre petit-déj'

D'après une étude de l'association Générations futures, la totalité des produits «non bio» des grandes marques vendues en France et récemment passées au microscope contient des substances toxiques.

Carton plein. Selon une étude de l’association Générations futures dévoilée ce mardi, les principaux müeslis «non bio» vendus en France présentent des résultats accablants : 100% des mélanges analysés contiennent des résidus de pesticides, correspondant pour la plupart à des perturbateurs endocriniens (PE), soupçonnés de favoriser le cancer et autres troubles de la santé. A ce compte-là, si vos céréales étaient de l’eau, elles pourraient être interdites : la concentration moyenne de produits toxiques relevée est de 177 mg/kg, soit 354 000 fois le maximum toléré pour l’eau de boisson… Quant au raisin non bio, abondamment traité aux produits phytosanitaires, il est 35 fois moins chargé en substances chimiques que le müesli.

«Ce nouveau rapport démontre l’urgence à agir», pointe Générations futures, qui a dévoilé ce mardi les conclusions de ce septième volet d’une série d’enquêtes intitulées «Exppert» (exposition aux pesticides perturbateurs endocriniens). Nadine Lauverjat, coordinatrice de cette association pour la défense de l’environnement, explique à Libération : «On voulait voir ce que contenait un aliment réputé sain, consommé notamment par les adolescents et les femmes enceintes, et malheureusement on n’a pas été déçus…»

Cancers

Les quinze müeslis non bio incriminés sont commercialisés par des grandes marques : Kellogg’s, Carrefour et même Jordans, qui se targue pourtant de travailler avec des céréales issues de «l’agriculture raisonnée». Au total, 141 résidus de pesticides ont été retrouvés, dont seule la moitié a été identifiée. Certaines molécules chimiques détectées sont directement soupçonnées dérégler le système hormonal et donc de favoriser l’apparition de cancers, comme le pyriméthanil, un puissant fongicide.

Les müeslis font pires que les précédents aliments analysés par Générations Futures : les fraises en 2013 (sur 49 échantillons, 71% renfermaient des perturbateurs endocriniens) et les salades en 2015 (sur 31 tests, 67% trahissaient la présence de ces perturbateurs).

A ceux qui contesteraient cette nouvelle étude en pointant le faible nombre de produits testés (quinze, donc), l’association rétorque qu’il «s’agit des principales marques» et qu’un müesli acheté dans le nord de la France est sans doute identique à celui qu’on peut trouver en Provence, car «ces produits sont homogènes dans leur fabrication».

Lobbys

Un bémol toutefois, lorsque l’étude s’étend aux produits bio. Cinq müeslis répondant à ce label ont été passés au crible : aucun ne contient de pesticides. La conclusion selon laquelle les céréales bio seraient totalement dépourvues de résidus chimiques serait hâtive, puisque des cas de contamination ont déjà été relevés par d’autres enquêtes, que ce soit en raison de la pollinisation des parcelles cultivées ou de mélanges accidentels lors des transports. Pour résumer, le bio n’est pas une garantie totale d’éviter les pesticides. Mais, a contrario, le non bio expose lourdement au risque.

La liste des effets indésirables que peuvent entraîner les perturbateurs endocriniens chez l’homme est longue : cancers hormonaux dépendants, affections du métabolisme (obésité) et du système cardio-vasculaire, troubles de la croissance, du sommeil, de la fertilité et de l’humeur, voire déficiences mentales… Ce problème de santé publique a ému l’Union européenne, qui envisageait d’interdire certains PE… et qui a finalement cédé aux lobbys, émettant une régulation assez souple fin juin sur le sujet.

«Cette définition [des perturbateurs] est très loin d’être à la hauteur des enjeux sanitaires en matière de protection des populations, explique François Veillerette, président de Générations futures. La Commission européenne doit revoir ses critères pour les rendre réellement protecteurs.» A la suite de sa nouvelle enquête sur les müeslis et en attendant de dévoiler une autre étude sur l’alimentation d’ici la fin de l’année, l’association a écrit une lettre aux marques de céréales concernées pour réclamer un meilleur contrôle des matières premières dans le produit star du petit-déjeuner.

Par Pierre Carrey — 11 octobre 2016 à 16:48 LIBERATION

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 15:03

Selon l’université de Portsmouth, la démarche d’un individu pourrait contenir des informations sur sa personnalité et indiquer s’il a des intentions agressives.

Un futur système d’aide à la vidéo surveillance ?

DÉCRYPTAGE. On connaissait déjà l'analyse des micro-expressions du visage, la dilatation des pupilles ou encore la voix comme moyens de décrypter les émotions d’autrui. Aujourd’hui, c’est la démarche qui permettrait de révéler sa personnalité et son niveau d'agressivité, comme le montre une étude du département de psychologie de l’université de Portsmouth (Grande-Bretagne).

Selon les auteurs, de précédents travaux avaient déjà mis en évidence que “les hommes ont typiquement plus de mouvements de rotation du haut du corps lorsqu’ils marchent”, alors que chez les femmes c’est plutôt une rotation du bassin qui prédomine. “Cependant, il est difficile de prédire comment la variation de mouvement est liés aux traits (de personnalité) pour chaque sexe.”

Pour répondre à cette question, les chercheurs ont équipé 29 volontaires, 16 hommes et 13 femmes, avec des capteurs de mouvement, quatre sur le haut du corps (épaules, thorax, haut du dos) et quatre sur le bassin (crêtes iliaques, coccyx), mais aussi sur les jambes et les pieds. Puis les participants ont été filmés en train de marcher, normalement, sur un tapis roulant, leur mouvement étant reconstruit sur ordinateur en 3D. Au préalable, ils avaient chacun rempli deux questionnaires psychologiques de référence : le questionnaire Buss-Perry qui caractérise le niveau d’agressivité (physique, mentale, colère...) et l’inventaire Big Five, qui identifie cinq facteurs de la personnalité (originalité, consciencieusité, extraversion, agréabilité, névrotisme).

“Le programme d’analyse a réalisé différentes mesures dont l’amplitude du mouvement du thorax par rapport à un plan horizontal, explique Liam Satchell, coauteur de l’étude. Ainsi que l’amplitude du mouvement du bassin par rapport à ce même plan. Et enfin, l’amplitude du mouvement du thorax par rapport au bassin.” Pour chaque cycle de marche, de 60 secondes, les amplitudes maximales et minimales ont été calculées, puis une moyenne a été faite sur cinq cycles. “Nous avons alors cherché des corrélations entre ces paramètres et différents traits de personnalités ainsi que l’agressivité.

La marche du swagger, synonyme d'agressivité

Et les résultats sont tombés : une large amplitude du mouvement du thorax chez l’homme est corrélée à l’“extraversion”, tandis qu’une large amplitude du bassin chez la femme correspond à l’“agréabilité”. Pour l’agressivité, en revanche, l’amplitude du mouvement du thorax par rapport au bassin “reflète le facteur d’agression physique des individus, surtout chez les femmes”. Autrement dit, dans une démarche ordinaire quand le pied droit avance, le côté droit du bassin avance aussi tandis que l’épaule gauche recule, pour maintenir un équilibre. “Une démarche agressive est celle où cette rotation est exagérée, précise Liam Satchell. C’est ce que nous appelons la marche du swagger.” A découvrir dans la vidéo ci-dessous.

D’après le chercheur, ces résultats sont importants pour la compréhension du langage corporel, très peu étudié. “Nos résultats montrent qu’il y a d’importants prédicteurs de comportements dans le mouvement automatique. Notre étude est relativement petite, mais on espère que cette publication encouragera d’autres scientifiques à s'intéresser davantage à la personnalité.” Par ailleurs, Liam Satchelle évoque une application en matière de sécurité. Ce résultat pourrait être utilisé pour aider les opérateurs de vidéosurveillance “à identifier des dangers potentiels dans les foules”.

Sciences et Avenir Le 22.09.2016 à 18h30

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 08:25

Le caca des gens minces pourrait-il nous aider à lutter contre l’obésité?

Science & santé | Repéré par Vincent Manilève

09.10.2016 - 18 h 16

mis à jour le 09.10.2016 à 18 h 24

Le gouvernement canadien soutient une étude sur ce sujet très sérieux.

Pour lutter contre leurs kilos en trop, certaines personnes souffrant d’obésité usent parfois de techniques extrêmes comme la chirurgie. Mais comme l’explique Motherboard sur son site, la vraie réponse à leur problème ne nécessitera peut-être pas de passer sur le billard.

On sait depuis peu que les intestins ont une composition différente en fonction du poids de la personne. De plus, «l’intérêt pour les fécalothérapies comme traitement de choses allant de la résistance aux antibiotiques à la malnutrition a grandi de façon impressionnante», écrit Motherboard. Et c’est dans le cadre de ce virage scientifique qu’une équipe de chercheurs canadiens a décidé de se pencher sur les déjections des gens minces.

Pour expliquer cette démarche, le docteur Herbert Gaisano de l’université de Toronto se compare au journaliste du site internet. «Si vous, qui êtes maigre, et moi, qui ait un peu d’embonpoint, mangeons la même quantité de nourriture, vous allez aspirer moins de nutriments, et je vais en aspirer plus. Une des causes s’explique par la façon dont les bactéries transforment la nourriture va m’en faire aspirer plus.»

Le but de l’étude de Gaisano, financée à hauteur d’1,5 million de dollars par le gouvernement canadien, a pour but de savoir si transférer des bactéries intestinales d’une personne maigre vers une personne obèse pourra aider cette dernière à perdre du poids. Les expériences seront menées sur des souris, mais également sur des humains, avec une attention toute particulière portée à leur historique médical. En effet, comme le précise le médecin, des études ont montré que le cancer peut avoir un lien avec le type de bactérie qu’une personne a dans son organisme.

Ces précautions ne l’empêchent pas d’avoir bon espoir pour les résultats de son étude. Il en vient même à rêver d’un médicament, pour peu que l’on arrive à oublier qu’il s’agit de bactéries en provenance directe d’excréments. «C’est dégoûtant oui, mais dans une cellule vous ne le sentirai même pas. On devrait dire aux gens qu’ils prennent un super-probiotique, ou des probiotiques de minceur, ou quelque chose de “biotique”. Alors ils se diront “C’est bon à savoir. Je ne mange pas de la merde.” C’est du marketing.»

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 16:21

Comment modifier les génomes va changer la société

Science & santé | Par Solveig Fenet

06.10.2016 - L'Institutnational américain de la santé a donné son accord pour porter le premier essai clinique utilisant CRISPR/Cas9 sur l’humain, pour créer en laboratoire des cellules immunitaires génétiquement modifiées afin de combattre trois types de cancer. Et ce n'est sans doute que le début.

Révolution en cours pour les biotechnologies: la technique d’édition des génomes CRISPR/Cas9 pourrait permettre de grandes avancées dans les domaines de la médecine, de l’agriculture, et, plus largement, avoir un impact sur la société tout entière.

Qu’est-ce que CRISPR/Cas9 et comment cela fonctionne?

Le ruban d’ADN de 3 milliards de lettres et 1 mètre de long qui porte le patrimoine génétique d’un être humain est une chose fragile, sans cesse rompu par les multiples stress que subit une cellule. Heureusement de puissants mécanismes de réparation veillent et œuvrent, parfois mis en défaut et c’est la maladie, cancers ou vieillissement accéléré. À partir de découvertes sur les mécanismes de réparation de l’ADN, les chercheurs ont tenté depuis longtemps de mimer cette fonction. Mais les techniques développées jusque-là étaient coûteuses, peu efficaces, peu précises et fastidieuses.

CRISPR/Cas9, ce sont deux éléments biologiques: CRISPR et Cas9. CRISPR –pour Clustered Regularly Interspaced Short Palindromic Repeats– est un système naturel utilisé par les bactéries pour se protéger des infections virales. Quand une bactérie est attaquée par un virus, elle se protège en découpant son ADN et en garde la mémoire en conservant quelques fragments. CRISPR est une sorte de disque dur pour stocker ces fragments. Quand la bactérie est de nouveau attaquée par le même virus elle possède alors sa «fiche d’identité» stockée dans CRISPR. Les fragments «mémoire» vont agir comme un aimant en reconnaissant l’ADN du virus et permettre l’intervention d’un ciseau moléculaire, Cas9, qui découpe et détruit le virus. La bactérie est ainsi protégée du virus.

En 2012, plusieurs équipes ont adapté le principe aux cellules animales et développé des systèmes CRISPR/Cas9 pouvant être programmés pour cibler n’importe quel gène. Grâce à de multiples variants, naturels ou bricolés par des ingénieurs en biotechnologie, il est devenu possible non seulement de couper un gène mais aussi de le réparer, de le modifier ou d’en moduler l’expression, en l’augmentant ou en la diminuant. La méthode est redoutablement efficace, relativement simple, très rapide et peu coûteuse. Une révolution biotechnologique est en marche.

Quelles sont les applications de CRISPR/Cas9?

Comme on le devine, les possibilités d’application de CRISPR/Cas9 sont multiples, voire infinies en biologie et en médecine. Cette technique s’applique à n’importe quelle espèce, à toute la biodiversité du vivant sur la planète.

En juin 2016, l’Institut national américain de la Santé (NIH) a donné son accord pour porter le premier essai clinique utilisant CRISPR/Cas9 sur l’humain, pour créer en laboratoire des cellules immunitaires génétiquement modifiées afin de combattre trois types de cancer. Le cancer se produit lorsque les cellules ne meurent plus et se multiplient tout en se cachant du système immunitaire. Avec CRISPR, les scientifiques pourraient modifier en laboratoire des cellules immunitaires de notre organisme, une fois réinjectées dans notre corps, ces cellules génétiquement modifiées seraient alors capables de combattre les cellules cancéreuses. Ainsi, CRISPR pourrait aussi nous débarrasser du virus VIH et d’autres rétrovirus qui se cachent dans l’ADN humain, comme le virus de l’herpès.

CRISPR/Cas9 offre aussi beaucoup d’autres espoirs sur le plan thérapeutique pour guérir les maladies rares et héréditaires. De ce fait, la technique intéresse beaucoup les associations de patients atteints de maladies rares et héréditaires (l’Alzheimer, maladies de Parkinson, de Huntington, etc.). Avec cette technique, la modification du génome de cellules germinales (les cellules sexuelles) et de l’embryon devient accessible à tous.

Sur les animaux, la technique de CRISPR/Cas9 peut être utilisée pour les rendre plus résistants aux maladies, mais aussi pour augmenter la production de viande en les rendant plus corpulents. En Australie, CRISPR a également été testé pour modifier le gène responsable de l’allergie aux œufs de poule et rendre alors les œufs hypoallergéniques.

On envisage aussi d’utiliser CRISPR/Cas9 pour modifier les moustiques Anopheles, qui transmettent le paludisme. Par la technique du «gene drive» ou «forçage génétique», on pourrait modifier des milliers de moustiques Anopheles pour les empêcher d’être vecteur de parasites. Ceci devrait permettre d’éradiquer en quelques générations les maladies affectant essentiellement les populations des pays aux économies les plus fragiles.

Sur les plantes, CRISPR/Cas9 viendrait remplacer les OGM, les herbicides et pesticides. Au lieu d’injecter un composant étranger, on pourrait directement modifier l’ADN de toute son espèce pour la rendre définitivement résistante aux maladies, comme le mildiou, ou pour la rendre plus productrice.

Sur les micro-organismes, des scientifiques essaient de modifier le génome de certaines levures pour qu’elles puissent produire des biocarburants. À ce propos, la firme Monsanto vient de signer le premier accord de licence industrielle avec le Broad Institute d’Harvard qui possède les brevets déposés par l’équipe de Feng Zhang, concurrent des co-découvreuses Jennifer Doudna et Emmanuelle Charpentier.

Quelles sont les enjeux techniques et éthiques de CRISPR/Cas9?

Le principal enjeu technique de CRISPR/Cas9 est qu’on ne connaît pas encore suffisamment le rôle de tous les gènes, et donc les conséquences à long terme de telles modifications sur le génome, que ce soit chez l’être humain, les animaux, les plantes. La modification du génome peut juste se transmettre sans variation mais elle pourrait dans certains cas entraîner une réaction en chaîne de changements dans l’ADN qu’on ne saurait contrôler. La technique du «gene drive» modifierait-elle seulement le génome de la population visée ou pourrait-elle être transmise à d’autres espèces? La disparition d’une population jugée nuisible entraînerait-elle le déséquilibre de tout un écosystème?

Sur le plan sécuritaire et militaire, la technique est simple et à faible coût, ce qui la rend accessible à tous les scientifiques et amateurs de «biologie dans un garage», soulevant des questions sécuritaires nationales non négligeables à l’heure du terrorisme. CRISPR a été déclarée découverte scientifique de l’année 2015, mais a aussi été classée au rang des armes de destruction massive par les Agences de sécurité américaines.

Déjà d’autres techniques de modification du génome ont été développées depuis CRISPR/Cas9. Ainsi, ce n’est pas la technique en elle-même qui soulève le plus de questions éthiques, mais la possibilité de pouvoir modifier simplement et de créer le vivant à façon, ouvrant par exemple la porte à un eugénisme sans limite.

Cette découverte s’inscrit dans un débat plus large sur notre société, agitant des questions relevant du transhumanisme, de l’expérimentation animale et de la protection de l’environnement. La science a dépassé la fiction: n’avons-nous pas déjà accepté la pré-sélection de nos bébés avec le dépistage précoce de la trisomie 21? Quelle est la limite à ne pas dépasser, en sachant qu’aujourd’hui nous sommes capables de réaliser les fantasmes les plus fous de nos aïeux? Quelles sont les applications des techniques de modifications du génome que nous pouvons autoriser et celles que nous devons interdire, et celles que nous pouvons autoriser, contrôler et surveiller?

Tel est le débat d’ores et déjà engagé par de nombreuses institutions publiques françaises dont l’Inserm, et étrangères tel l’institut Harvard. Par exemple, les chercheurs de Harvard, dans leur accord avec Monsanto, ont imposé à cette compagnie des restrictions éthiques d’utilisation de CRISPR (interdiction de créer des semences stériles, limitation de la manipulation des feuilles de tabac…). Seule une recherche importante et dynamique pourra répondre aux multiples questions scientifiques ouvertes, permettre d’élaborer les outils d’évaluation de la sécurité de la méthode et ainsi éclairer le public et les décideurs politiques pour autoriser ou non le transfert vers des applications utiles et sûres.

Ce papier a été publié initialement sur le site de The Conversation.

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 14:46

Comment on a détruit la médecine générale en France (un extrait des "Brutes en blanc") - par MZ/MW

En trente ans, le fossé entre spécialistes et médecins généralistes s’est aggravé. D’après des chiffres publiés par le Conseil national de l’Ordre des médecins français, d’ici à 2020, les spécialistes seront plus nombreux que les généralistes. Il n’y a à cela rien d’étonnant : les étudiants en médecins sont beaucoup plus nombreux à choisir une spécialité, dont les conditions d’installation, d’exercice et de rémunération sont bien plus attrayantes. La situation est d’autant plus dramatique que les généralistes voient leurs possibilités diagnostiques et thérapeutiques s’appauvrir à mesure que la technologie hospitalière et spécialisée s’accroît. Alors qu’ils sont en première ligne, et devraient donc non seulement assurer les soins de premier recours, mais aussi permettre de distinguer ce qui nécessite des soins spécialisés (lourds et coûteux) et ce qui ne le justifie pas, les généralistes français sont de plus en plus isolés et démunis, de plus en plus harassés, de plus en plus écrasés par la paperasse, et de plus contraints par la baisse de la démographie et la pénurie de remplaçants à ne plus prendre de vacances — bref, à assurer une charge de travail de plus en plus lourde et de plus en plus dévalorisée.

Outre qu’elle devrait rémunérer infiniment mieux la fonction de généraliste, une politique de santé tournée vers les besoins de la population devrait mettre le paquet sur leur formation, pour donner aux praticiens de terrain les moyens de délivrer des soins de qualité et d’éviter le recours inutile à l’hôpital. Or, il n’en est rien : les hôpitaux universitaires sont les fiefs (j’utilise ce terme de la féodalité à dessein) de pratiques spécialisées dont la seule aspiration est de se reproduire. À quelques exceptions près (en province, le plus souvent) très peu de CHU ont un département de médecine générale aussi influent sur la formation des étudiants que le sont ceux de cardiologie, de chirurgie ou d’obstétrique.

C’est d’autant plus rageant qu’ailleurs, les choses ont évolué. À l’Université de Montréal, la formation des médecins aspire à inclure la participation de patients-partenaires à chaque étape de la formation des médecins de premier recours et des spécialistes. À l’Université McGill, l’une des plus réputées au monde, le département de Médecine familiale vient de fêter ses quarante ans d’existence… Comparée à l’enseignement délivré en Angleterre ou au Canada, la filière médicale française a cinquante ans de retard, au bas mot.

Une politique de santé vouée au service de la population devrait chercher à satisfaire les besoins spécifiques de celle-ci. Pour ce faire, il serait indispensable d’enquêter sur place, et de dresser la liste des points forts et des points faibles de la délivrance des soins dans une région donnée. Qui serait le mieux à même de contribuer à ce bilan ? Les professionnels de terrain – généralistes et spécialistes de campagne et de petites villes, infirmières, sages-femmes, kinésithérapeutes, psychologues, etc. – s’ils étaient organisés, coordonnés et rémunérés correctement. Or, en France, on ne soigne pas horizontalement — d’égal à égal, en synergie ; en France, on divise pour régner. Du haut vers le bas. Car il n’est pas question de travailler tous ensemble.

Depuis quelques années, le concours français de l’internat a été transformé (élitisme oblige) en examen « classant » national (ECN), obligatoire pour tous. Tous les médecins, enfin, sont internes avant de se mettre à exercer. Chaque année, à l’issue des résultats, les candidats postulent pour telle ou telle fonction dans le ou les hôpitaux de leur choix. Et chaque année, un nombre important de postes d’internes en médecine générale ne sont pas pourvus : les étudiants qui pourraient les obtenir préfèrent repasser le concours pour accéder à une spécialité.

Quand on a été formé dans un CHU, au milieu des appareillages et des technologies les plus complexes et les plus sophistiquées, dans la sainte terreur de « passer à côté d’une saloperie si tu ne fais pas ce qu’il faut », la perspective d’aller exercer loin des « plateaux techniques » est aussi rassurante que l’idée de sauter d’un avion sans parachute. Face à la rémunération médiocre, aux gardes obligatoires (parfois, sur réquisition), et à l’appauvrissement des zones rurales (pas d’école à laquelle conduire ses enfants, pas de travail pour le conjoint), la plupart des jeunes médecins qui ne feront pas carrière à l’hôpital préfèrent se spécialiser pour s’établir en ville. Ils gagneront leur vie en travaillant aux heures de leur choix, sans devoir assurer les urgences, et près des centres les mieux équipés. Le choix est simple.

Résultat : aujourd’hui en France, la démographie des généralistes est en chute libre. Harassés, frustrés et noyés par l’isolement, l’absence de soutien et le mépris de pouvoirs publics et de nombreux spécialistes, beaucoup de jeunes médecins refusent de s’installer et des omnipraticiens dans la force de l’âge choisissent, souvent la mort dans l’âme, de « dévisser leur plaque » sans avoir trouvé de successeurs, pour s’orienter vers une autre activité, voire un autre pays. [if !supportFootnotes][1]

Car cette situation n’est pas inévitable, même dans les pays les plus industrialisés. En Grande-Bretagne – dont le système de santé, il est vrai, pêche par d’autres aspects – les médecins de famille sont véritablement les points d’ancrage de la délivrance des soins. Ils sont aussi les mieux formés, les plus critiques envers l’industrie, les plus investis dans les recherches portant sur le soin au quotidien, et les plus ouverts au partage des connaissances avec les citoyens. Et, quand le gouvernement les menace de mesures iniques, ils font front commun et le font plier, comme on l’a vu courant 2016.

Au Québec - comme, d’ailleurs, dans l’ensemble du Canada - la médecine de famille est une spécialité de même importance que les autres ; les omnipraticiens y sont beaucoup mieux rémunérés qu’en France, et même si devenir médecin confère des privilèges indéniables, cela comporte aussi des obligations civiques. Les professionnels de santé québécois ont pour vocation première de servir la communauté, non de s’isoler dans une caste et de dominer l’ensemble du système. À ce titre, les médecins de famille sont tenus d’exercer en service d’urgences et en maternité, mais aussi de se rendre à tour de rôle, quelques semaines par an, dans des dispensaires ou centres médicaux très éloignés de leur lieu d’exercice habituel. Le Québec est très vaste (deux fois et demie la superficie de la France), mais tout est fait pour offrir des soins de qualité à tous, en particulier aux populations autochtones vivant aux confins de la province. Et les médecins y contribuent, en sachant qu’ils sont des éléments indispensables du système de santé considéré comme un service public.

En France, la profession médicale se présente comme le parangon des vocations soignantes. Mais parce qu’elle reste perchée sur un maillage d’élitisme, de corporatisme sectaire et de luttes de pouvoir, elle ne remplit pas du tout cette mission supposée : comment ceux de ses membres qui se consacrent, dès le début de leur formation, à établir leur statut et leurs privilèges les uns contre les autres pourraient-ils se sentir honorés de délivrer des soins et d’exercer avec humilité ?

Comment pourraient-ils avoir envie de soigner tout le monde, alors qu’ils visent à montrer qu’ils sont différents de, et supérieurs à, la majorité de leurs concitoyens — y compris leurs collègues ? Ils ne peuvent pas : ce ne sont pas leurs valeurs !

Quant à celles et ceux qui échouent à faire une carrière hospitalo universitaire, comment leur reprocher de préférer le confort d’une pratique spécialisée en ville aux insondables difficultés matérielles, morales et administratives infligées à la médecine générale rurale ou de quartier ?

Malgré ce qu’on leur a fait croire, ils et elles ne sont, après tout, que des êtres humains comme les autres. Pourquoi sacrifieraient-ils leur vie et celle de leur famille pour une vocation altruiste qui non seulement n’est pas valorisée, mais qui, en plus, a toujours été méprisée et rejetée par « l’élite » de ceux qui les ont éduqués ?

Les Brutes en blanc, pp 229-231

[1][endif] Voir à ce sujet Le dernier billet des « Carnets d’un médecin de Montagne » - http://genoudesalpages.blogspot.ca/2014/06/bilan-et-point-final.html#more - consulté le 14 août 2014.

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