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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 06:40

Consommation : des produits cancérigènes dans les couches

 
 

Le pétrolatum utilisé dans les couches pour protéger les fesses de bébé contient des HAP, mais sans dépasser les taux légaux autorisés.

 

Une association a fait analyser les couches du leadeur du marché, la marque Pampers. Les résultats révèlent la présence d'un produit cancérigène.

Alerte au rayon bébé ! La société de couches écolo Love and Green a fait tester par un laboratoire indépendant la composition des couches Pampers, le leadeur très copié du marché. Les résultats, que nous avons pu consulter, révèlent que ces produits de puériculture contiennent des HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques). Précisément du benzo anthracène et du chrysène, des dérivés du pétrole classés cancérogènes par l'Union européenne. Contactée lundi, la société Procter & Gamble, propriétaire de Pampers, n'a pas été en mesure de nous répondre.

Ironie de l'histoire, les HAP sont notamment utilisés pour protéger la peau douce des tout-petits. Sur les paquets, c'est ce composant, mentionné comme étant du « pétrolatum », qui contient des molécules potentiellement dangereuses. Bien plus connu de l'acheteur lambda sous le nom de vaseline, il limite les irritations et l'effet fesses rouges. Parce qu'une couche-culotte classique, c'est une garniture de billes gélatineuses insérée dans un mille-feuille de voiles plastiques, très abrasifs pour la peau.

0,2mg/kg

C'est la quantité de HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques), une substance cancérogène, contenue dans les couches analysées.

Depuis leur naissance et jusqu'à ce qu'ils apprennent la propreté entre 2 et 3 ans, les enfants n'ont pas d'autre choix que d'être frottés à ces produits réputés toxiques, « en contact avec les parties intimes de nos enfants 23 h 30 sur 24 ! », s'alarme Ludivine Ferrer, directrice de l'Asef (Association santé environnement France, qui rassemble plus de 2 500 professionnels de santé en France). Elle estime que le risque est d'autant plus important qu'il est insidieux. « Si l'effet était immédiat, il y a bien longtemps que les producteurs auraient changé leurs méthodes de fabrication », soutient-elle.

Pour la directrice de l'association, les HAP sont, « par une chaîne causale complexe », à l'origine de « la hausse dans la population de maladies chroniques comme les cancers ou l'infertilité ».

Concrètement, cette étude de l'Asef révèle des taux très faibles de HAP. Sous le seuil de 0,2 mg/kg. Les couches pour bébé restent donc sous les seuils tolérés par la réglementation européenne. « C'est légal mais laisser ainsi ne serait-ce que quelques traces de composants dangereux, c'est moralement trop, s'insurge Ludivine Ferrer. D'autant que les industriels ne sont pas obligés d'utiliser ces éléments chimiques ! »

Son association promeut le « principe de précaution » dans « le Petit Guide santé du bio-bébé » distribué dans les PMI et chez certains gynécologues. Elle vient de convaincre deux maternités des Bouches-du-Rhône de passer, le 1er janvier, aux couches écolos. C'est-à-dire dont le voile intérieur en contact avec la peau des nourrissons est garanti sans produit chimique.

 Couche lavable ou jetable écolo, une bonne alternative ?

 

 
Pour éviter les produits toxiques, faut-il revenir aux langes de nos grands-mères ? « Les parents sont de plus en plus sensibles à ces questions », assure Céline Augusto de la marque Love & Green, qui pèse 4 % du marché. Première alternative, les couches lavables nouvelle génération (Popolini, P'tits Dessous, Best Bottom). La partie intérieure est le plus souvent en coton, chanvre ou bambou. Compter environ 200 € pour démarrer mais à terme, l'investissement vaut en théorie le coup puisque les couches sont réutilisables un grand nombre de fois. On ne les trouve que dans les magasins bio et sur Internet. Gros bémol : « Je les ai testées le premier mois après la naissance de mon fils. Franchement, j'avais l'impression de passer ma vie à faire tourner des machines de couches », confie Maëlle, une jeune maman.

 

Une autre solution : favoriser des couches jetables écologiques. Elles affichent un minimum de 50 % de matières naturelles et surtout zéro chimie dans le voile de maintien en contact avec la peau. A côté des marques Love & Green, Moltex ou Naty, les distributeurs ont développé leur propre gamme verte (Carrefour Baby Eco Planet, Pommette Ecologic, Auchan mieux vivre...). Elles restent plus chères que les couches jetables premier prix, mais moins que celles des marques traditionnelles.

 

25 octobre 2016
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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 18:31

VIH : un nouveau traitement semble prometteur

Il ne fait aucun doute que les médicaments antirétroviraux ont transformé la vie des malades atteints du sida , leur permettant de vivre plusieurs décennies après le diagnostic de la maladie. Pourtant, ces médicaments ne sont pas dénués d'effets secondaires, tels que les problèmes rénaux ou la diminution de la densité osseuse. Sans oublier le fait que le virus ne tarde pas à ressurgir dès que l'on stoppe le traitement ou que l'on omet de prendre quelques doses.

Une nouvelle étude publiée dans la revue Science fait état d'un nouveau traitement potentiellement supérieur, qui se présente sous la forme d'une immunothérapie durable qui force le système immunitaire d'une personne infectée par le virus du sida à produire des anticorps contre le VIH et l'effacer du corps.

Le Dr Till Schoofs, chercheur en immunologie moléculaire à l'Université Rockefeller à New York (Etats-Unis) explique : "notre étude montre qu'une seule dose d'anticorps stimule la réponse immunitaire des patients, ce qui leur permet de produire de nouveaux anticorps, réduisant la quantité de virus présente dans le sang".

Ce traitement appelé pour l'instant 3BNC117 peut lutter contre plus de 80% des quelque 200 souches de VIH qui circulent dans le monde. Cette molécule a été isolée il y a quelques années chez un patient qui avait montré la capacité exceptionnelle de stopper l'infection par le virus.

Une phase d'essai clinique menée auprès de 15 patients

Pour la phase d'essai clinique les chercheurs ont administré une dose du traitement à 15 patients ayant un taux élevé de VIH dans le sang. Six mois plus tard, 14 de ces patients étaient capables de fabriquer des anticorps et de neutraliser un certain nombre de souches du VIH.

Les chercheurs prévoient maintenant de tester la molécule avec d'autres anticorps anti-VIH pour voir si elle peut produire un effet antiviral encore plus fort. Ils vont également procéder à un essai de phase II impliquant des patients passant d'un traitement par antirétroviraux à la nouvelle thérapie.

Enhanced clearance of HIV-1–infected cells by broadly neutralizing antibodies against HIV-1 in vivo

  1. Ching-Lan Lu1,2,
  2. Dariusz K. Murakowski3,*,
  3. Stylianos Bournazos4,
  4. Till Schoofs1,
  5. Debolina Sarkar3,
  6. Ariel Halper-Stromberg1,
  7. Joshua A. Horwitz1,
  8. Lilian Nogueira1,
  9. Jovana Golijanin1,
  10. Anna Gazumyan1,
  11. Jeffrey V. Ravetch4,
  12. Marina Caskey1,
  13. Arup K. Chakraborty3,5,6,7,8,,
  14. Michel C. Nussenzweig1,9,

+ Author Affiliations

  1. Corresponding author. Email: nussen@rockefeller.edu (M.C.N.); arupc@mit.edu (A.K.C.)

Science  05 May 2016:

Abstract

Antiretroviral drugs and antibodies limit HIV-1 infection by interfering with the viral life cycle. In addition, antibodies also have the potential to guide host immune effector cells to kill HIV-1–infected cells. Examination of the kinetics of HIV-1 suppression in infected individuals by passively administered 3BNC117, a broadly neutralizing antibody, suggested that the effects of the antibody are not limited to free viral clearance and blocking new infection but also include acceleration of infected cell clearance. Consistent with these observations, we find that broadly neutralizing antibodies can target CD4+ T cells infected with patient viruses and can decrease their in vivo half-lives by a mechanism that requires Fcγ receptor engagement in a humanized mouse model. The results indicate that passive immunotherapy can accelerate elimination of HIV-1–infected cells.

http://science.sciencemag.org/content/early/2016/05/04/science.aaf1279

 

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 09:22
 

Livre de Nassera Frugier « Lyme, cancer de l’âme »

Le livre « Lyme, Cancer de l’âme » de Nassera Frugier vient de paraître. Ce récit autobiographique retrace le calvaire traversé par les malades de lyme en errance diagnostique.
Leur souffrance physique et psychique est parfois telle, que certains mettent fin à leurs jours, d’autant que la maladie de lyme est source d’isolement, de dé-sociabilisation.
Beaucoup de malades trouvent du soutien psychologique auprès de thérapeutes, de groupes d’entraide, de méditation, de spiritualité.

Le soutien que représente la prière dans le parcours de Nassera Frugier ne doit pas être interprété par le lecteur comme un parti pris de la part de notre association.
France Lyme est une association neutre de toute religion, et de tout parti politique. A titre d’exemple, cela ne nous empêche pas de travailler avec les politiciens, depuis le Maire, jusqu’au Ministre, en passant par les sénateurs et députés, quelle que soit la couleur politique des individus.
Cela ne nous empêche donc pas de mettre en avant la sortie de ce beau récit autobiographique.
Enfin, Nassera Frugier reverse 100% de ses droits d’auteur à France Lyme.

Initialement, notre association ne devait recevoir que  50% des droits d’auteur .

Finalement, nous avons choisi que l’autre moitié des droits soit reversée à la FFMVT, Fédération Française contre les Maladies Vectorielles à Tiques. Celle-ci, dotée d’un conseil scientifique sérieux, a besoin de soutien financier pour son travail  auprès des politiques, des médecins et des chercheurs.
Nassera Frugier a déjà présenté son ouvrage au salon du livre de Besançon les 16,17 et 18 septembre derniers. Les premières conférences et séances de dédicace ont rencontré un vif succès.

Nous la suivons tout au long de son parcours pour faire connaitre son livre, notamment au cours de conférences, avec l’appui de médecins et d’ élus locaux.
Nous lui souhaitons une belle réussite !

Ci-dessous, la présentation officielle de son ouvrage :
« Par ce livre, je veux témoigner de mon parcours, que partagent tant de malades de Lyme. Je ne prétends pas être leur porte-parole – chaque parcours est unique. Je veux seulement apporter ma pierre afin qu’un jour, le plus tôt possible, toute personne piquée par des tiques et présentant les premiers symptômes de la maladie puisse être prise en charge rapidement. La maladie, prise à temps, peut être éradiquée en quelques semaines. Ce livre est aussi un hommage à ces médecins pionniers qui travaillent sur la maladie de Lyme sans relâche depuis des années, souvent incompris de leurs collègues. C’est enfin, et d’abord, un message d’espérance pour tous ceux qui souffrent et que la maladie isole et fragilise. Nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir nous soutenir et nous entraider sur ce long chemin vers la guérison. » Témoignage bouleversant d’une malade dont la maladie n’a été diagnostiquée qu’en 2015, après quatre ans de calvaire.

 
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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 08:51

Perturbateurs endocriniens : un poids énorme sur l’économie américaine

340 milliards de dollars par an : c’est le coût des dégâts sanitaires provoqués par l’exposition de la population aux substances chimiques déréglant le système hormonal.

Environ 340 milliards de dollars (308 milliards d’euros) par an : le chiffre est si faramineux qu’il soulève nécessairement le scepticisme. Pourtant, à en croire l’analyse conduite par des chercheurs américains et publiée mardi 18 octobre dans la revue The Lancet Diabetes and Endocrinology, il ne s’agit pas d’une exagération mais plutôt d’une sous-estimation du coût économique annuel, aux Etats-Unis, des dégâts sanitaires (obésité, diabète, troubles de la fertilité, troubles neuro-comportementaux, etc.) attribuables aux perturbateurs endocriniens (PE).

Les PE sont une catégorie de mo­lécules (bisphénols, dioxines, phtalates, etc.) interférant avec le système hormonal et présentes dans de nom­breux pesticides, solvants et plastiques, dans certains cosmétiques ou conditionnements alimentaires. Certains peuvent produire des effets délétères à de faibles niveaux d’exposition.

Ceux-ci sont variables. Une analyse semblable, conduite sur la population européenne (Le Monde du 5 mars 2015), avait conclu à un coût environ deux fois moindre : environ 157 milliards d’euros.

« Ces estimations sont basées sur des éléments de preuve qui s’accumulent rapidement grâce à des études conduites en laboratoire ou sur les humains, et qui montrent l’association entre l’exposition à ces substances et une variété d’effets délétères », explique Leonardo Trasande, professeur associé à l’université de New York et co-auteur de ces travaux.

Ces différences importantes entre les Etats-Unis et l’Europe sont principalement dues à des différences de réglementation, qui conduisent à des niveaux d’exposition des populations sensiblement différents pour certaines substances.

Présents jusque dans la chaîne alimentaire

Pour mener leur étude, les chercheurs ont utilisé des données d’exposition de la population américaine aux PE en question. Ils ont ensuite croisé ces données avec les résultats d’études conduites en laboratoire et d’enquêtes épidémiologiques montrant leurs effets sur les humains.

Des études de qualité n’étant pas disponibles sur toutes les substances suspectes, « [nous n’avons] pris en compte qu’environ 5 % des PE présents sur le marché », précise M. Trasande. De même, les chercheurs n’ont considéré que les maladies et les troubles pour lesquels existent des preuves solides d’un lien avec une exposition à ces produits.

Selon l’analyse, les substances les plus coûteuses en termes sanitaires sont les « PBDE »  (polybromodiphényl-ethers), une classe d’ignifugeants (ou « retardateurs de flamme ») massivement utilisés outre Atlantique depuis plus de trente ans dans les meubles rembourrés et l’électronique.

Aujourd’hui étroitement régulés ou interdits, ils sont très persistants dans l’environnement et se retrouvent dans les poussières domestiques et jusque dans la chaîne alimentaire. Ils causeraient des dégâts, à hauteur de 240 milliards de dollars annuels environ, aux Etats-Unis.

Ils sont suivis par les plastifiants – bisphénol A (BPA) et phtalates –, présents dans certains récipients alimentaires, dont le coût sanitaire annuel serait de 56 milliards de dollars, puis par les pesticides (organophosphorés notamment), pour quelque 42 milliards par an.

Erosion du QI

Quels sont les maladies et les troubles en jeu ? Obésité et diabète (5 milliards de dollars annuels attribuables aux PE), troubles de l’appareil reproducteur et infertilité (45 milliards de dollars) ou, surtout, les effets neurologiques et neuro-comportementaux qui se taillent la part du lion, avec un coût de plus de 280 milliards de dollars par an. Une grande part de ce fardeau étant dû à l’érosion des capacités intellectuelles, calculées en points de quotient intellectuel (QI), des enfants exposés in utero à des PE ayant des effets nocifs sur le neuro-développement.

Comment évaluer le poids économique de cette perte d’intelligence collective ? « La littérature scientifique documentant avec rigueur la perte de productivité économique provoquée par la perte de QI est substantielle, répond M. Trasande. Nous savons qu’à chaque point de QI perdu correspond une perte moyenne de 2 % de productivité économique sur l’ensemble d’une vie. A l’échelle d’une population, c’est très important. »

Il est tentant de rapporter le coût de 340 milliards de dollars mis en évidence en pourcentage du produit intérieur brut (PIB) américain – soit 2,3 % en l’occurrence. Cela peut être trompeur. « Attention : ce genre d’externalités négatives ne se traduit pas automatiquement par une baisse de même ampleur du PIB, prévient l’économiste Alain Grandjean. Evaluer les effets réels de ces coûts cachés sur le PIB relève d’un autre exercice, très compliqué. »

En substance, si certains des coûts mis au jour peuvent conduire à une baisse du PIB, d’autres peuvent se traduire, de manière paradoxale, par une hausse de l’activité. Derrière un « coût » peuvent en effet se cacher des phénomènes disparates, comme une baisse de productivité économique, le développement de médicaments ou les frais de prise en charge médicale, etc. « Ce genre d’interrogation a au moins un avantage collatéral, conclut M. Grandjean. Cela montre clairement que le PIB n’est pas un indicateur de bien-être. »

Stéphane Foucart
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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 08:46

Entre 1975 et 2012, la prévalence des troubles du spectre autistique a connu une croissance fulgurante conduisant parfois à parler "d'épidémie". Faux selon des chercheurs qui pointent l'importance des modifications du diagnostic.

AUTISME. La manière de diagnostiquer l’autisme aux États-Unis expliquerait l’apparent triplement des cas ces dernières années. Celui-ci ne correspond pas, de ce fait, à un accroissement réel de la fréquence de ce syndrome, selon des chercheurs dont l’étude a été publiée mercredi 22 juillet 2015. Les dernières statistiques des Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC) montrent en effet une envolée de la prévalence des cas d’autisme dans le pays, passée de 1 pour 5.000 en 1975 à 1 pour 150 en 2002 et à 1 pour 68 en 2012, soit un triplement dans cette dernière période de dix ans. En réalité, cette forte progression aurait résulté d’un reclassement d’un grand nombre d’enfants dans le spectre autistique qui avaient été initialement diagnostiqués d’autres formes de déficiences intellectuelles et de troubles du développement, ont déterminé ces chercheurs dont les travaux paraissent dans l’American Journal of Medical Genetics.

Un accroissement dû à la reclassification du diagnostic

"Cette nouvelle recherche fournit la première preuve directe que cet accroissement pourrait être attribué à une reclassification du diagnostic des troubles neurologiques de la plupart des enfants plutôt qu’à une explosion réelle des nouveaux cas d’autisme", soulignent ces chercheurs de Penn State University qui ont analysé des données d’enfants enregistrés dans des programmes d’éducation spécialisée pendant 11 ans, soit en moyenne 6,2 millions d’enfants par an. Ils n’ont constaté "aucune augmentation du nombre d’élèves autistes inscrits dans ces programmes" pendant cette période. Ainsi pour les enfants de huit ans, environ 59 % de l’augmentation des cas d’autisme correspond à une reclassification du diagnostic. À 15 ans, la reclassification compte pour 97 % de l’accroissement des cas d’autisme, ont déterminé les chercheurs. Mais les troubles du spectre autistique sont très complexes, avec de nombreux degrés de gravité, et peuvent coexister avec d’autres problèmes neurologiques et du développement, précisent-ils.

Autisme : un test de prédisposition est-il raisonnable ? 

"Le taux élevé de co-occurrences de l’autisme avec d’autres handicaps intellectuels qui a conduit à ces reclassifications des diagnostics s’explique probablement par un grand nombre de facteurs génétiques similaires dans de nombreux troubles du développement neurologique", explique Santhosh Girirajan, professeur adjoint de biologie moléculaire à Penn University, principal auteur de cette étude.

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 15:14

L’Hyperbaric Oxigen Therapy 
 

En se cachant dans les cellules du corps ou en prenant certaines formes, kystiques ou protégées par des bio-films, le spirochète de la maladie de Lyme, la Borrélia Burgdorferi, est extrêmement résistant aux traitements conventionnels basés sur l’antibiothérapie. Pour soigner les symptômes débilitants ou la phase chronique de l’infection, la thérapie alternative de l’ Hyperbaric Oxigen Therapy (HBOT) s’est avérée très efficace.


Qu’est-ce que l’Hyperbaric Oxigen Therapy ? 

Le HBOT ou Hyperbaric Oxygen Therapy (oxygénothérapie hyperbare – OHB) est une pratique clinique qui permet de soigner des infections graves, des plaies qui ne guérissent pas en cas de diabète, ainsi que de nombreux cas de disfonctionnements d’organes et d’atteintes neurologiques, grâce à une pression d’oxygène supérieure à celle de l’air dans l’organisme. La notion de l’air hyperbare, ainsi que de la chambre à compression atmosphérique, a été initiée en 1662 par Nathaniel Henshaw, pour traiter les atteintes pulmonaires, certaines affections aigües et maladies chroniques.

Cette méthode de soin consiste à  faire respirer à un patient de l’oxygène pur (O²), à 100 %, dans une chambre sous pression, grâce à inhalateur. Cette vidéo montre un exemple d’installation. Avec ce procédé, on augmente jusqu’à 3 fois la pression normale de l’air, qui est de 1 ATA ou 760 mm HG. Une pression atmosphérique de 3 ATA, dans la chambre, permet de multiplier par vingt fois la pression partielle de l’oxygène (PaO²) dans le sang et dans les tissus. Cela stimule le transport en O² par les globules blancs et le plasma, dans tout le corps. Cette élévation de la pression tissulaire en oxygène assure l’efficacité physiologique de cette méthode et permet entre autres de traiter l’intoxication au monoxyde de carbone (CO), les radionécroses et les infections anaérobies. En effet, le HBOT permet aussi de stimuler la libération des cellules-souches qui favorisent la guérison.

Généralement, l’Hyperbaric Oxigen Therapy est préconisée pour mettre fin à l’embolie gazeuse, la gangrène gazeuse, les ischémies traumatiques, la perte idiopathique des capacités sensorielles, la maladie de décompression, l’abcès cérébral ou intracrânien, l’ostéomyélite, les brûlures, les atteintes radiques, l’anémie sévère, les bulles d’air dans les vaisseaux sanguins, … Mais, des études récentes démontrent qu’elle est aussi en mesure de soigner l’autisme, le cancer, les ulcères chroniques, le diabète, le sida, l’asthme, la maladie d’Alzheimer, la paralysie cérébrale, la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson, les atteintes cardio-vasculaires et neurologiques, ainsi que la Borréliose de Lyme. D’autres vidéos ici.

Pourquoi choisir le HBOT pour soigner la maladie de Lyme ?

Des études ciblant la Borrélia Burgdorferi

D’après des études validées par l’UIRB (University Institutional Review Board), il a été démontré que la Borrélia Burgdorferi est une bactérie anaérobie, ou plus précisément microaérophyle, et qu’elle ne peut donc ni survivre ni être transférée dans l’air, dont la pression atmosphérique est de 160 mm HG, avec 21 % d’oxygène. Le traitement de la maladie de Lyme via l’oxygénothérapie hyperbare a été éprouvé avec une pression atmosphérique absolue de 2,36 ATA, soit de 1794 mmHG. Cela a permis d’atteindre une pression partielle de 200 à 300 mm HG dans le sang et les tissus. Ce qui est largement au-dessus du niveau d’oxygène fatal pour le spirochète. Une fois dans la chambre hyperbare, le patient peut supporter ce niveau élevé d’oxygène durant 90 minutes, voire plus.

Des statistiques de guérison significatives

Dans ces conditions, l’hémoglobine est ainsi saturée en oxygène. L’Hyperbaric Oxigen Therapy permet en effet de véhiculer l’oxygène dans toutes les cellules du corps, car il sera perfusé dans les terminales artérioles et les tissus, grâce à l’élévation de la pression artérielle. De plus, la vasoconstriction des tissus sains et la vasodilatation des tissus hypoxiques permettent une meilleure redistribution de l’oxygène. En dehors de son rôle anti-infectieux, l’oxygénothérapie hyperbare stimule aussi l’action des polynucléaires neutrophiles sur les tissus atteints par la maladie de Lyme, la synthèse de collagène et de fibroblastes, ainsi que l’épithélialisation des zones infectées, pour stimuler la cicatrisation. Ces études ont montré que 84.8 %  des patients soignés par cette méthode ont présenté une rémission plus que satisfaisante avec une diminution ou une élimination des germes, grâce à des traitements de 60 minutes durant 5 cinq jours, espacés de 2 jours de repos (https://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=en&u=http://www.hbotnova.com/resources/lyme_disease/Fife_EffectsofHyperbaricOxygenTherapyOnLymeDisease.pdf&prev=search).

​Sur 81 patients traités, seuls 12 n’ont pas présenté d’amélioration, à cause d’autres pathologies comme la babésiose, l’ehrlichosis, l’hépatite C et d’autres atteintes neurologiques non-diagnostiquées avant le traitement. Les améliorations de santé ont été évaluées avec un questionnaire abrégé. La gravité moyenne des symptômes était de 114,2 avant le traitement et après, a baissé à 49,27.

Peut-on se fier totalement à l’Hyperbaric Oxigen Therapy ?

Les cas d’efficacité du HBOT

Certes, l’Hyperbaric Oxigen Therapy est capable de venir à bout de la bactérie à l’origine de la maladie de Lyme, ainsi que d’autres agents pathologiques. Cependant, il ne faut pas oublier que cette affection est souvent accompagnée par d’autres maladies infectieuses telles que la babésiose, l’hépatite C, l’ehrlichiose…  qui ne répondent pas à ce traitement. Et puisqu’il s’agit d’oxygénothérapie, elle ne serait pas en mesure d’éliminer certains germes aérobies. L’avantage avec le HBOT est qu’il favorise l’augmentation de l’énergie, le soulagement de la douleur et la restauration de la fonction cognitive. Aussi, il permet aux organes et aux glandes de cicatriser et de récupérer plus rapidement, en agissant sur l’ischémie tissulaire, qu’elle soit de cause vasculaire, toxique, infectieuse ou traumatique. Le HBOT facilite aussi l’élimination des toxines et toutes formes d’impuretés qui nuit à la santé de l’organisme. Le système immunitaire en est ainsi fortifié et est en mesure de remplir pleinement ses fonctions. Grâce à ces multiples actions,  l’oxygénothérapie hyperbare permet aux patients atteints de la maladie de Lyme d’arrêter de prendre des antibiotiques et d’autres médicaments. En effet, les améliorations agissent également sur le caractère dépressif du patient, ses facultés cognitives, ses douleurs et sur son état mental général.

Les effets secondaires de l’oxygénothérapie hyperbare

Généralement, l’utilisation de  l’Hyperbaric Oxigen Therapy  est sécuritaire et  ne présente que de très rares complications. Toutefois,  il n’est pas sans risque. En effet, l’élévation de la pression peut causer une myopie temporaire suite à un gonflement des lentilles oculaires, une rupture du tympan et des blessures moyennes de l’oreille. Un barotraumatisme peut également en découler lorsque le poumon n’est pas en mesure de supporter les changements de pression d’air. Dans le cas de la maladie de Lyme, ce procédé peut aussi entrainer une réaction Jarish-Herxheimer ou Herxing, qui est une réaction inflammatoire  de l’organisme, due à la libération de toxines par les bactéries Borrélia Burgdorferi détruites par le traitement. L’aspirine, les AINS (anti-inflammatoires non-stéroïdiens), les antidouleurs, les relaxants musculaires et les bains chauds sont préconisés dans ce cas.

Contre-indication du HBOT

Le procédé de l’Hyperbaric Oxigen Therapy  ne convient pas à certains cas, entre autres les patients atteints de pneumothorax non traité ou pour ceux qui suivent un traitement à base de bléomycine, de disulfiram, de doxorubicine et d’acétate de mafénide. Dans la mesure où l’usage du HBOT est d’une nécessité absolue, il est de rigueur d’interrompre la prise de ces médicaments avant l’opération. L’oxygénothérapie hyperbare est également contre –indiquée pour les femmes enceintes et les malades présentant des troubles épileptiques, de la fièvre élevée, de la névrite optique, des infections des voies respiratoires,  de la sphérocytose congénitale,  ainsi que de l’emphysème avec rétention de dioxyde de carbone. Il faut aussi noter que la combinaison d’une chimiothérapie et d’un HBOT peut être cardiotoxique. 

 

 

 

http://www.maladie-lyme-traitements.com/hbot.html

 

 

MICHELI Yann Lauréat de Réseau Entreprendre Haute-Savoie

Activités spécialisées, scientifiques et techniques diverses

Coordonnées :

Adresse :
49 avenue Montaigne  
74600 SEYNOD
Tél :
06 01 76 11 97 
E-mail :
y.micheli@pulsacare.com 
Site :
http://www.pulsacare.com 

 

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 08:43

Les bactéries  zoonotiques transmises par les Tiques du Centre de l'Espagne.

La prévalence des bactéries transmises par les tiques et connexes infectant les tiques adultes dans le centre de l'Espagne a été évaluée par des méthodes moléculaires. 

Six zones ont été échantillonnées mensuellement lors d'une étude longitudinale de 2 ans. 

Un total de 1038 enquêtes couvrant 442 tiques, appartenant à huit espèces différentes, ont été testées.

Les espèces les plus abondantes sont Hyalomma lusitanicum (54% des captures), suivie de Dermacentor marginatus (23%) et de Rhipicephalus sanguineus (10%). 

Quatre agents pathogènes humains, dont sept espèces de Rickettsia, Anaplasma phagocytophilum, Borrelia burgdorferi, et Francisella tularensis, ont été détectées pour des pourcentages de 19,0, 2,2, 1,7, et 0,5 % respectivement, alors que Bartonella spp. n'a jamais été détectée. 

En termes d'infection et d'abondance, H. lusitanicum semble être parmi les espèces les plus importantes dans les tiques de la région, transportant trois des cinq agents testés, et la tique anthropophile, D. marginatum, infectée par Rickettsia spp. et F. tularensis, est la plus pertinente en termes de santé publique. 

La signification de ces données est discutée.

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 17:45

Les patients commandent à www.alldaychemist.com  30 tablets de NIZONIDE 500 (nitazoxanide) et ils le prennent à raison de 1 cp matin et soir 3 jours de suite par semaine pdt 5 semaines de suite.

Ce traitement est préconisé par le Pr De Merleir en Belgique contre les parasitoses systémiques des patients Lymés.

 

Dr Y Dj.

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 17:41

Réécrire la vie

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Les manipulations génétiques ne datent pas d’hier, mais aujourd’hui ce sont d’extraordinaires avancées scientifiques qui se profilent, des sauts technologiques majeurs qui vont modifier nos vies et notre environnement.

Pour comprendre ces innovations hors du commun, connaître l’histoire de ceux qui en sont les acteurs est utile et dirige le regard sur des horizons qui ne sont plus éloignés de nous.

Ainsi, André Choulika à la tête de la biotech française Cellectis conçoit aujourd’hui des ciseaux moléculaires intervenant sur l’ADN, capables de cibler tout gène choisi en vue de le réparer, de l’améliorer ou de l’inactiver .

Les thérapies géniques (notamment l’immunothérapie), la mise au point de biomédicaments, l’amélioration de notre alimentation, la multiplication des produits de synthèse sont déjà en œuvre aujourd’hui… Découvrons ce qui nous attend !

Dans La Fin du destin , André Choulika évoque les perspectives offertes par l’édition génomique et dresse un panorama des applications possibles de cette révolution du vivant, dans des domaines aussi variés que la médecine, l’agriculture, l’industrie ou encore l’environnement.

Entre course effrénée aux brevets et course contre la montre pour sauver des vies, entre avènement de la biotech et difficulté de financer l’innovation, entre vision progressiste de la transgénèse et peur vertigineuse de modifier les espèces, son parcours est passionnant.

Après la découverte de la bombe atomique, Albert Einstein prétendait que nous étions arrivés  » à la fin du temps de l’innocence « . Il semble aujourd’hui qu’avec le flot de toutes ces révolutions annoncées, nous soyons à l’aube de la fin de notre destin génétique.

 

 
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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Nutrition
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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 17:38

Faut-il avoir peur des "nouveaux OGM" ?

 

Spotigy et Buri, les deux premiers veaux Holstein nés sans cornes, créés par édition génomique de leur ADN dans les laboratoires de Recombinetics.

 

Enfin un article qui ne cherche pas à faire peur...

 

 

« Du blé sans gluten, des vaches sans cornes, des cochons sans queue... Une poignée de start-up viennent de mettre au point de nouvelles techniques pour "éditer" l'ADN de plantes ou d'animaux. Voyage chez ces sorciers de l'agriculture. »

 

Le mot « sorciers » n'était peut-être pas le mieux choisi du fait de son ambivalence, mais on est assez vite rassuré : cet article s'inscrit résolument dans une vision optimiste de l'avenir, tout en posant, exercice imposé, la question épistémologique :

 

« Plantes et animaux ainsi "redésignés" constituent-ils l'horizon inéluctable d'une planète qui devra nourrir de façon durable 9 millions de Terriens en 2050, comme le plaide le chercheur-entrepreneur [André Choulika] dans son livre "Réécrire la vie" ? Ou bien illustrent-ils une dangereuse fuite en avant techno-scientiste de l'industrie agroalimentaire, comme le dénoncent les écologistes et les militants anti-OGM ? »

 

L'auteur, Mme Dominique Nora, est donc allée « à la rencontre des pratiquants de cette biotechnologie verte ». Visiter ces lieux où se construit une partie l'avenir, rapporter les propos d'entrepreneurs qui seront peut-être des Edison de la biologie, de l'agriculture et de l'alimentation (dans un monde à 9-10 milliards d'habitants), plutôt que des Chicken Little pisse-vinaigre, voilà une démarche que l'on ne voit pas souvent et qui apporte une vraie fraîcheur.

 

...mais un manque de contexte et de recul...

 

Il est bien difficile de tout caser dans trois pages... Mais l'article aurait gagné à décrire, ne serait-ce qu'a minima, les techniques en cause et de remettre certains projets à leur vraie place.

 

Pour les techniques – et les courageux – on peut s'en remettre aux fiches techniques du Haut Conseil des Biotechnologies (la contribution du CEES est ici, nous la référençons uniquement pour être complet). Science & Vie a consacré un dossier sur CRISPR-Cas9 dans son numéro de janvier 2016).

 

Depuis l'aube de l'humanité agricole, inconsciemment ou délibérément, nous sélectionnons et préservons des patrimoines génétiques intéressants, nous les transformons et, même, nous les créons.

Les « nouveaux OGM » ne sont que les dernières productions d'une activité plurimillénaire.

Ils sont créés avec des outils d'une très grande précision – incomparablement plus grande que celle des outils de l'amélioration des plantes classique.

On peut se faire une idée de la brutalité et de l'imprécision des « bricoleurs de patrimoine génétique » avec l'excellent « Un blé bio génétiquement modifié, ça existe déjà ! » d'Agriculture et Environnement, une lecture incontournable.

Pour les « bricoleurs d'ADN » de notre siècle – la formule est de Science & Vie – l'opération peut consister à remplacer, de manière ciblée, une seule base dans le patrimoine génétique d'une plante ou d'un animal.

Certes, tout n'est pas entièrement contrôlé ex ante. Comme pour l'amélioration des plantes « classique » (et la transgénèse produisant des OGM), les premières étapes sont suivies d'une sélection et, le cas échéant, de rétrocroisements (backcrossing).

Et c'est somme toute comme dans la production en série : contrôles ex post et les pièces défectueuses finissent au rebut.

Mais y a de quoi créer un fonds de commerce pour les marchands de peur. L'effet est encore plus saisissant quand on aligne les mots savants à l'instar des injures du Capitaine Haddock.

 

S'agissant des projets des entrepreneurs, il faut aussi savoir raison garder.

Les envolées lyriques des entrepreneurs ne sont pas encore les réalités de demain. La route est longue, et semée d'embûches, entre la paillasse du laboratoire et l'assiette du consommateur (ou l'usine de l'industriel). Il suffit aussi que de gros industriels de l'agroalimentaire, des chaînes de restaurant ou de grande distribution cèdent aux pressions des anti-OGM pour condamner un nouveau produit, même bénéfique pour la santé...

 

Parmi ces projets, il y a des applications des nouvelles technologies d'édition des gènes qui existent déjà – d'origine naturelle comme les bovins sans corne (tel l'Angus britannique) ou produites par l'inventivité humaine (tel le blé sans gluten développé par la voie transgénique par l'Institut d'Agriculture Durable de Cordoue, en Espagne, les pommes Arctic ne brunissant pas ou les pommes de terre Simplot ne produisant pas d'acrylamide – probablement cancérogène – à la cuisson).

 

Cela illustre le fait que ces techniques n'ont rien de spectaculaire quant à leurs résultats.

Et qu'on se trouve dans un grand continuum.

 

...et l'incontournable et insupportable équilibre rédactionnel...

 

Un tel texte ne pouvait paraître sans donner la parole au « camp d'en face ». L'Obs interviewe donc sur une page M. Yves Bertheau, directeur de recherche à l’INRA, devenu soudainement célèbre par sa démission fracassante du Haut Conseil des Biotechnologies en février 2016.

 

Selon lui, « Les OGE seront dans nos assiettes sans qu'on le sache ! » Cette interview est reproduite in extenso sur la toile. Serait-ce un hasard ou le fruit d'une ligne éditoriale assumée ?

 

Il est particulièrement lassant de voir que les journaux lui permettent de répéter inlassablement la même histoire – une fable – sur sa démission (voir aussi ici ainsi que l'excellente analyse sur Écologie raisonnée). Depuis le temps, on sait qu'elle procède davantage d'une manœuvre politique que d'un désaccord sur le fond (nous en avons beaucoup parlé sur ce site).

 

M. Bertheau peut aussi prétendre inlassablement qu'un groupe de travail avait rédigé, et le Comité scientifique du HCB approuvé, une « note, de très mauvaise qualité ».

Cédant à l'escalade d'engagement, il dit maintenant qu'il « ne pouvai[t] pas cautionner un travail dénué de fondement scientifique, essentiellement axé sur des considérations socio-économiques ».

C'est, certes, une information. Mais c'est une information sur une opinion, pas sur des faits matériels.

 

Une note entérinée par un aréopage de trois douzaines de scientifiques de très haut niveau serait « de très mauvaise qualité », « dénué[e] de fondement scientifique » et « essentiellement axé[e] sur des considérations socio-économiques » ?

Et lui seul aurait constaté ces lacunes ? Mais de qui se moque-t-on ?

Cette démission est devenue son argument d'autorité pour justifier une position éminemment socio-politique et non scientifique.

 

« les plantes génétiquement éditées doivent être considérées exactement comme des OGM ».

 

Voilà un résumé, fidèle au positionnement de l'interviewé, qui relève de la fatwa. À la question : « Il faudrait donc réguler les OGE comme des OGM ? » il répond :

 

« Oui, quelle que soit la technique employée, pour moi ce sont des OGM. A la fois parce que ce sont des manipulations in vitro des génomes, et parce que les techniques elles-mêmes induisent de nombreux effets non intentionnels difficiles à prédire, à détecter et à éliminer. »

 

Il est difficile de manifester de manière plus éclatante une posture idéologique ne reposant sur aucune considération scientifique.

Remarquons simplement qu'il existe d'autres « manipulations in vitro », comme la mutagenèse sur cultures de cellules et certaines fusions de protoplastes, qui échappent à l'hystérie réglementaire anti-OGM européenne.

 

Difficile de manifester... ? Euh non ! À la question : « Comment expliquez-vous, alors, que les Etats-Unis ne régulent pas ces plantes OGE ? », il répond :

 

« Ils recherchent à tout prix un leadership économique. Les décideurs américains ont choisi, depuis Reagan, de privilégier les intérêts de leurs champions. »

 

Et une touche d'anti-américanisme... Et une grosse louche de démagogie...

 

« Ce sont des choix de société, qui doivent être débattus démocratiquement, sur la base d’études indépendantes. »

 

C'est toujours « démocratiquement »... mais sur la base d'une désinformation très largement diffusée et pour autant que le « débat » aboutisse au résultat souhaité par ceux qui le réclament... y compris après avoir démissionné du HCB, l'organe conçu pour servir de forum pour les débats.

 

Nous en resterons là, quoiqu'il y ait encore beaucoup à dire.

 

Un hommage à Norman Borlaug par les humoristes Penn & Teller :

Alors, « [f]aut-il avoir peur des "nouveaux OGM" ? »

 

La réponse est : non !

 

Pas plus que des produits « classiques » du génie inventif humain, voire des produits de la nature.

 

Rappelons que des courgettes issues d'une mutation naturelle ou d'un croisement avec des coloquintes peuvent tuer.

Qu'il y a eu des accidents avec des pommes de terre, notamment, 'Lenape' et 'Magnum Bonum', comme nous l'avons rapporté plusieurs fois sur ce site, par exemple ici (ce sont les exemples emblématiques des spécialistes de l'amélioration des plantes).

Que des sites sérieux et responsables avertissent les consommateurs sur certains produits, par exemple les piments très brûlants.

 

Ce qui importe, au final, c'est la nature du nouveau produit, pas la méthode qui a servi à l'obtenir.

 

C'est la raison pour laquelle des scientifiques – des vrais, pas des idéologues ou des militants – préconisent d'éditer la législation européenne pour accommoder l'édition des gènes, à l'image de ce que fait le Canada pour les « végétaux à caractères nouveaux ».

 

L'altermondialisme ridicule

 

Il y a aussi une demi-page sur : « Agrochimie ou agroécologie », comme si – à condition qu'on puisse les définir avec précision – ces termes étaient antinomiques. L'auteur a déroulé un bréviaire altermondialiste déplorable.

 

Petit exemple :

 

« Les nouvelles techniques d'édition génomique ont sans doute le potentiel de faire progresser l'agriculture, comme la médecine. Mais elles ne sont pas la panacée. Comme pour chaque innovation, la question de fond est : qui finance leurs applications et dans quel but ? »

 

Cela mène inéluctablement au « risque » – ah, toujours le risque ! – du grand complot de la récupération par le grand capital,

 

« par un système agrocorporatiste qui place systématiquement le profit avant l'éthique ».

 

Et si ces gens commençaient à prendre la question par l'autre bout ? Qui, dans la filière agricole et alimentaire, achètera des produits proposés par un « système agrocorporatiste qui place systématiquement le profit avant l'éthique » et qui, implicitement, se moque des intérêts de ses clients agriculteurs et des consommateurs ?

 

Quand cessera-t-on, dans les milieux urbains (et bobos), de prendre les agriculteurs pour des demeurés ?

 

 

 

 

 

Dans son numéro du 22 au 28 septembre 2016, l'Obs a publié une « enquête » sur cinq pages dont l'article principal s'intitule : « Faut-il avoir peur des "nouveaux OGM" »

 

30 Septembre 2016 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #OGM

 

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