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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 11:55

Etude comparative de l'efficacité du l-5-hydroxytryptophane et de la fluoxétine chez les patients présentant un premier épisode dépressif.

Essai contrôlé randomisé Jangid P, et al. Asiatique J Psychiatr. 2013.

Le rôle du l-5-hydroxytryptophane (l-5-HTP) dans la dépression est relativement moins étudié mais la littérature a montré son rôle puissant dans la dépression.

La présente étude randomisée en double aveugle a été entreprise pour évaluer le rôle du l-5-HTP comme antidépresseur et pour comparer son efficacité antidépressive avec la fluoxétine chez les premiers patients souffrant d'épisodes dépressifs de la population indienne.

MÉTHODES:

Un total de 70 patients présentant un premier épisode dépressif, tous diagnostiqués avec des critères de CIM-10, ont été recrutés, mais seulement 60 patients ont terminé l'étude et ont été divisés aléatoirement en deux groupes recevant le l-5-HTP ou la fluoxétine respectivement ,

Pour une période de 8 semaines.

Tous les patients ont été administrés par échelle d'évaluation de Hamilton pour la dépression (HAM-D) pour évaluer la sévérité de la dépression à la ligne de base, à 2 semaines, 4 semaines et 8 semaines.

L'efficacité du traitement a été évaluée en comparant les scores HAM-D obtenus lors de ces examens avec l'examen de référence; L'évaluation finale de l'efficacité et de la tolérance a été évaluée à l'aide de l'échelle clinique d'impression globale (CGI) à la fin de l'étude. Résultats:

Les deux groupes de traitement ont montré une réduction significative et presque égale des scores HAM-D commençant à la deuxième semaine et se poursuivant jusqu'à la semaine huit. Vingt-deux patients (73,33%) dans le groupe l-5-HTP et 24 patients (80%) dans le groupe fluoxétine ont montré une réponse positive à la fin de l'étude.

Conclusion:

le l-5-HTP a définitivement obtenu un effet antidépresseur chez les patients atteints de dépression.

L'effet antidépresseur a été observé dans les deux semaines de traitement et était apparent dans tous les degrés de dépression.

L'efficacité thérapeutique de l-5-HTP a été considérée comme égale à celle de la fluoxétine.

Copyright © 2012 Elsevier PMID 23380314 [PubMed - indexé pour MEDLINE]

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 08:18

Une substance naturelle extraite d’un champignon, le polysaccharopeptide, semble parfaite pour le traitement du cancer de la prostate, puisqu’elle permet d’inhiber à 100 % son développement chez la souris, sans aucun effet secondaire !

Le cancer de la prostate, l’un des plus fréquents et donc à l’origine de nombreux décès dans les populations occidentales, pourrait bien être soigné par un simple champignon.

Ce champignon, Coriolus versicolor ou Yun-zhi (en japonais) est doté de couleurs qui peuvent faire penser aux queues des dindons sauvages (d’où son nom anglais turkey tail). Il se développe sur les troncs d’arbre et est surtout connu pour sécréter une molécule dont l’intérêt pharmacologique est croissant.

Il s’agit d’un polysaccharopeptide, un sucre complexe fixé sur une chaîne d’acides aminés.

Une substance active proche de celle-ci, le polysaccharide-K, est déjà extraite des champignons dans le but de traiter certains cancers (cancer de l’estomac ou colorectal).

Selon des études en cours, il permettrait ainsi d'allonger la durée de vie des malades.

Pour la première fois, des travaux parus dans la revue Plos One démontrent également la très grande efficacité du polysaccharopeptide (annoncée à 100 % !) dans le traitement précoce du cancer de la prostate.

Une action préventive Il agirait directement sur les cellules souches du cancer de la prostate.

Ces cellules particulières n’ont été identifiées que récemment mais leur capacité à se régénérer et à se différencier en cellules cancéreuses semble démontrer qu’elles sont à l’origine, non seulement du développement, mais aussi de la progression des cancers de la prostate.

Si les traitements anticancéreux actuels ne ciblent que les cellules tumorales déjà différenciées, laissant l’opportunité aux cellules souches du cancer de la prostate de se développer, celles-ci constituent donc une cible parfaite pour une éventuelle lutte préventive.

Les souris dont les cellules ont été traitées au polysaccharopeptide avant implantation (à droite) développent moins de tumeurs (taches colorées) que lorsqu'elles n'ont pas été traitées (à gauche), que ce soit 2 semaines (en haut) ou 4 semaines après (en bas).

© Plos One

Les scientifiques du Queensland University of Technology en Australie ont alors d’abord testé leur hypothèse sur des lignées de cellules du cancer de la prostate (PC-3) cultivées in vitro.

L’ajout de polysaccharopeptide dans le milieu de culture a mené à la réduction du nombre de cellules marquées par la présence des récepteurs cellulaires CD133 et CD44 (caractéristiques des cellules souches du cancer de la prostate), proportionnellement à la dose et au temps d’exposition à la molécule.

Aucun effet secondaire détecté

De plus, ces lignées cellulaires perdent la capacité à former des prostasphères (des amas de cellules prostatiques) et sont moins efficaces à entraîner le développement de tumeurs lorsqu’elles sont implantées sur des souris saines (deux autres caractéristiques des cellules souches du cancer de la prostate).

En d’autres termes, la substance fongique permettrait de limiter la propension de ces cellules à devenir cancéreuses.

Pour tester si l’effet est aussi visible in vivo, les scientifiques ont utilisé des souris dont l'ADN a été modifié pour qu'elles déclarent un cancer de la prostate vers l’âge de 16 à 20 semaines.

Cinq d’entre elles se sont vues administrer un traitement de 300 milligrammes de polysaccharopeptide par kilogrammes de poids corporel par jour dès l’âge de 8 semaines.

Le sacrifice des rongeurs traités et non traités 20 semaines plus tard pour l’analyse histologique de leurs prostates a permis de mettre en évidence une absence totale de cancer chez les souris ayant reçu la substance.

Cerise sur le gâteau : le traitement de longue durée semble n’avoir aucun effet négatif sur les animaux.

Ainsi, bien que les animaux testés ne soient qu'au nombre de cinq, les scientifiques sont enthousiastes et voient déjà le polysaccharopeptide utilisé comme agent préventif des cancers de la prostate.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4723152/#!po=75.8741

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 08:12

Pour la première fois, la thérapie par ultrasons focalisés de haute intensité a été utilisée dans un test clinique, chez des patients atteints d’un cancer de la prostate.

Résultats : 95 % d’entre eux n’avaient plus de cancer un an après traitement, et seuls 10 % souffraient d’effets secondaires indésirables, contre 50 % en temps normal.

Des résultats préliminaires très prometteurs !

Le cancer de la prostate est le plus fréquent chez l’homme.

S’il représente aussi la deuxième cause de mortalité par cancer, certaines formes ne sont pas agressives et des patients peuvent vivre de longues années avec leur tumeur sans traitement particulier ni symptôme.

Pour les autres malades, des traitements existent, principalement à base de radiothérapie ou de chirurgie.

Malheureusement, les tissus sains environnants (nerfs et muscles) ne sont pas épargnés et des effets secondaires gênants peuvent se manifester : incontinence, impotence ou encore problèmes érectiles.

Les scientifiques tentent de développer de nouvelles méthodes moins invasives mais tout aussi efficaces.

C’est par exemple le cas des ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU en anglais), technique prometteuse qui jusque-là n’avait pas été testée dans des essais cliniques.

C’est désormais chose faite, puisque des chercheurs de l’University College de Londres viennent de publier les premiers résultats du genre dans The Lancet Oncology.

Les ultrasons, la nouvelle arme contre le cancer de la prostate

Entre juin 2007 et juin 2010, 41 hommes âgés entre 45 et 80 ans présentant une tumeur prostatique à un stade précoce ont testé cette méthode mise au point il y a plus de 20 ans par des scientifiques français.

La technique consiste à envoyer des ultrasons sur des régions très localisées, pas plus grandes qu’un grain de riz.

Les cellules cancéreuses sont alors soumises à un fort échauffement, jusqu’à 80 à 90 °C, ce qui les détruit.

Bilan : une année après le traitement, aucun des candidats n’a présenté d’incontinence, et 89 % d’entre eux ne connaissaient aucun dysfonctionnement érectile.

Mieux, 95 % d’entre eux n’avaient plus de tumeur.

La technique semble donc efficace et réduit le risque de manifestation d’effets secondaires indésirables.

Les auteurs de ce travail sont optimistes et pensent que dans un futur pas si éloigné, les ultrasons pourraient devenir très usités, car la technique peut être répétée une fois ou deux sans pour autant induire de nouveaux symptômes gênants.

L’étape suivante consiste donc à attester de l’efficacité de l’HIFU à plus grande échelle, avec un test contrôlé et randomisé.

Si les résultats préliminaires semblent encourageants, il ne faut pas aller trop vite en besogne.

L'effectif de cette première phase de l’essai clinique se réduit à une quarantaine de personnes, suivies sur seulement un an.

Il est encore trop tôt pour généraliser ces résultats à l’ensemble de la population masculine…

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 08:06

Focal One : voilà la nouvelle arme franco-française qui permet de croire en un nouveau traitement révolutionnaire du cancer de la prostate.

Testé depuis trois ans à l’hôpital Édouard-Herriot de Lyon, il cible plus précisément la tumeur et divise par dix les risques d’effets secondaires.

Trois en un.

C’est en combinant l’imagerie par IRM et l’échographie 3D que les scientifiques peuvent envoyer des ultrasons focalisés à haute densité plus précisément sur une tumeur prostatique, et donc l’éliminer plus efficacement.

Conçu par l’entreprise Edap TMS, siégeant à Vaulx-en-Velin (Rhône), Focal One pourrait bien devenir l’un des traitements de référence des cancers de la prostate.

Pourquoi ?

Parce que même si 80 % de ces tumeurs sont jugées curables, les thérapies actuelles, que ce soit par chirurgie ou radiothérapie, s’accompagnent souvent de complications gênantes pour les patients : dans 10 % des cas, les hommes souffrent d’incontinence, tandis qu’une fois sur deux, ils deviennent impuissants.

En effet, des tissus sains sont détruits ou retirés au passage.

Testé depuis trois ans au sein de l’hôpital Édouard-Herriot de Lyon, et surtout utilisé depuis juin dernier dans le service d’urologie, Focal One semble parvenir à de bien meilleurs résultats.

Grâce à l’IRM, il localise la tumeur, et arrive même à lui donner du relief lorsqu’elle est fusionnée à l’échographie 3D.

Ainsi, les contours de la région cancéreuse sont bien mieux délimités.

Les médecins peuvent alors recourir aux ultrasons focalisés à haute densité, envoyés dans la zone tumorale, entraînant l’échauffement et donc la destruction des tissus malades, avec la possibilité d’ajuster en temps réel.

Cette vidéo permet de mieux comprendre le fonctionnement et les avantages du Focal One, grâce aux explications du chirurgien Sébastien Crouzet, et de Nicolas Guillen, chef du projet chez Edap TMS.

© ATP, YouTube

Focal One, un traitement d’avenir pour le cancer de la prostate ?

D’après Sébastien Crouzet, chirurgien dans l’hôpital et interrogé par l’AFP, « le gain de confort est énorme pour le patient ».

En effet, il estime que les risques de complications sont divisés par dix avec cette technique non invasive et ne nécessitant qu’une anesthésie locorégionale.

Autre avantage : une séance de 30 minutes à deux heures peut suffire.

Si ce n’est pas le cas, l’opération peut être répétée, car il n’y a pas de dose limite, comme dans le cas de la radiothérapie.

Focal One semble pousser encore plus loin la précision des thérapies ciblées et personnalisées du cancer.

Cependant, le dispositif est toujours en cours d’évaluation et n’a pas encore fait l’objet d’une étude à grande échelle afin de déterminer son efficacité et ses limites.

Ce processus pourrait durer encore une dizaine d’années.

Après avoir fait ses premières armes dans la capitale des Gaules, le Focal One commence à circuler dans d’autres hôpitaux français.

Depuis le début du mois, on le retrouve à Bordeaux, à Lille, à Paris ou encore à Toulouse.

Le cancer de la prostate est de loin le plus courant chez les hommes, ayant concerné 53.465 patients en 2012, année au cours de laquelle 8.876 personnes en sont mortes.

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 08:02

Une équipe de chercheurs de l'unité Inserm 647 dirigée par François Estève, à l'ESRF (ID17) et du CHU (Université Joseph Fourier) de Grenoble a mis au point un traitement novateur qui améliore la survie de rats présentant des gliomes (tumeurs du cerveau) à un stade avancé, en combinant chimiothérapie et radiothérapie dans des conditions particulières.

Le gliome est le type de tumeur cérébrale le plus fréquent chez l'homme adulte, et n'a actuellement pas de traitement.

Les travaux de ces chercheurs ont montré la disparition de la tumeur chez trois rats sur dix, un an après le traitement.

Ces premiers résultats encourageants sont détaillés dans le numéro de Cancer Research du 1er avril 2004.

Les chercheurs envisagent de lancer des essais cliniques très prochainement. Aujourd'hui la durée moyenne de vie des patients atteint de gliome de haut grade est de moins d'une année.

De 5 à 10 nouveaux cas pour 100.000 habitants apparaissent chaque année.

La radiothérapie traditionnelle a seulement un effet palliatif puisque les gliomes sont parmi les tumeurs humaines les plus résistantes à la radiothérapie.

Dans la plupart des cas, la chimiothérapie ou la chirurgie ne montrent pas d'efficacité.

Après avoir mené des expériences in vitro sur des cellules tumorales « F98 »; les chercheurs ont implanté ces cellules dans le cerveau de rat produisant ainsi un modèle animal de tumeur cérébrale.

Ce type de tumeur est extrêmement résistant à la radiothérapie et se développe très rapidement.

La durée de survie moyenne des rats malades non traités est de 28 jours.

Avec la seule chimiothérapie, sous forme d'injection de cis-platine, ils survivent jusqu'à 39 jours.

S'ils reçoivent seulement l'irradiation synchrotron à une longueur d'onde optimale, ils peuvent résister au maximum 48 jours.

Dans cette étude, la première phase a consisté à une injection de cis-platine dans le cerveau de rats atteints de gliome.

En s'intercalant dans l'ADN des cellules tumorales, le médicament en a limité la prolifération.

Le lendemain, les animaux étaient exposés aux rayonnement synchrotron monochromatique.

Les zones contenant la cis-platine ont absorbé cette énergie et détruit l'ADN tumoral.

L'association de la chimiothérapie locale avec l'irradiation synchrotron de longueur d'onde spécifique s'est montrée très efficace et a permis une durée de survie moyenne de 200 jours, soit 6 fois plus que celle des rats non traités.

La différence entre ces rayons X et ceux utilisés dans les hôpitaux est la brillance : le faisceau produit par le synchrotron de l'ESRF est cent mille fois plus lumineux que celui produit par les appareils des hôpitaux, ce qui permet de régler le faisceau à la longueur d'onde optimale pour une drogue additive donnée.

Plusieurs techniques thérapeutiques ont été développées ces dernières années sur ce même modèle animal.

Cependant, aucune n'a eu de résultats comparables à ceux de ce nouveau traitement combinant cis-platine et rayonnement synchrotron monochromatique.

Le succès de ces essais a conduit les chercheurs à envisager l'élaboration d'un protocole pour l'utilisation de ces techniques chez l'homme.

Pour François Estève, médecin et directeur de l'unité Inserm 647 et co-auteur de cet article, ce projet nécessitera un important travail de développement technologique.

Les chercheurs et médecins ne peuvent affirmer que ces résultats, efficaces sur les animaux, seront transposables à l'homme.

Mais ils constituent une piste encourageante dans la recherche d'un traitement curatif de ce type de cancer du cerveau.

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 07:37

Helicobacter pullorum, identifiée sur les marchés d’Hyderabad, se transmet à l’homme et pourrait aussi déclencher le cancer du foie.

Des chercheurs ont isolé chez le poulet une bactérie qui pourrait être à l’origine de la résistance des humains aux antibiotiques.

Cette découverte constitue une première.

Elle a eu lieu dans le sud de l’Inde, à Hyderabad, capitale du Telangana, et elle a fait l’objet début novembre d’une publication dans la revue de l’American Society for Microbiology, rapporte le quotidien de Madras The Hindu.

L’agent pathogène a été détecté “sur les volailles en vente sur les marchés” du sous-continent, précise-t-il. Connue sous le nom d’Helicobacter pullorum, la bactérie en question pourrait en outre être à l’origine de certains cancers chez l’homme, notamment celui du foie.

On la trouve précisément dans le foie et l’intestin de poulets indiens qui, lorsqu’ils sont consommés, sont réputés déclencher des gastro-entérites.

Des travaux de modélisation informatique sont en cours pour déterminer si la bactérie se transmet aussi par l’intermédiaire des œufs ou au contact avec les fientes de la volaille.

The Hindu - 16 nov. 2016 Inde.

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 07:04

Génétique. Premier feu vert pour l’édition de gènes humains

Les premiers essais sur la technique de réécriture de l’ADN sur des êtres humains, pourraient démarrer aux Etats-Unis dès la fin de l’année.

L’agence américaine des produits alimentaires et pharmaceutiques doit encore donner son accord. Un comité consultatif des instituts américains de la santé (NIH) a donné son feu vert, mardi 21 juin, pour tester la technique d’édition de gène connue sous le nom CRISPR- cas9, dans le cadre d’une étude visant à modifier les cellules immunitaires de patients atteints de certains cancers.

Quatorze mois après la publication de l’étude chinoise polémique sur la modification d’embryons humains, c’est la première fois que cette technologie est autorisée sur des personnes.

“Les scientifiques cherchent à utiliser [cette] technique pour créer des cellules T [ou lymphocyte T] – les globules blancs qui jouent un rôle important dans notre système immunitaire – génétiquement altérées, qui sont plus efficaces pour lutter contre les cellules cancéreuses chez les personnes atteintes de mélanome, de myélome multiple ou de sarcome”, détaille le site Science alert.

Le tout premier essai qui impliquera jusqu’à quinze patients - et financé par le milliardaire et cofondateur de Napster Sean Parker, selon la MIT Tecnology Review - est conçu pour vérifier si CRISPR est sans danger et viable pour les personnes mais pas pour tester son efficacité dans la guérison des cancers.

“Les essais cliniques à proprement parler ne disposent pas encore de budget”, prévient Nature.

Et “l’expérience doit encore être approuvée par l’agence américaine des produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA) qui réglemente les essais cliniques”, rappelle de son côté The Washington Post.

Trois éditions successives

L’expérience proposée par les chercheurs de l’université de Pennsylvanie durerait 2 ans auprès de 18 patients recrutés et traités dans des centres de Californie et du Texas.

Elle nécessite trois éditions successives de gènes au sein cellules T préalablement prélevées chez ces personnes. “La première permettra d’insérer un gène codant pour une protéine conçue pour détecter les cellules cancéreuses et instruire les cellules T pour qu’elles les ciblent, la deuxième édition supprimera une protéine naturelle des cellules T qui pourrait interférer avec ce processus, explique Nature.

La troisième est défensive : il s’agit d’enlever le gène codant pour une protéine qui identifie les cellules T comme des cellules immunitaires et empêcher les cellules cancéreuses de les désactiver.”

Puis les chercheurs réintégreront ces cellules modifiées chez les patients.

Outre les questions éthiques que soulève la modification de l’ADN humain – avec la crainte de voir fleurir des demandes de bébés entièrement génétiquement modifiés - le magazine Science soulignait il y a un peu plus d’un mois, que la technique était loin d’être prête pour soigner qui que ce soit à court ou moyen terme.

Parmi les risques posés par la technique “ce qui est le plus souvent mentionné est que l’enzyme cas9 que CRISPR utilise pour couper l’ADN à un endroit précis pourrait également faire des coupes là où il n’a pas l’intention d’en faire, et ainsi provoquer des cancers”, écrivait le magazine scientifique dans un article daté du 3 mai.

L’eugénisme est de retour

Un danger évoqué par Carl June, immunologiste à l’université de Pennsylvanie et conseiller scientifique du projet.

Selon lui, “l’un des défis sera de mesurer les effets “hors cible”. “Ce sont les cas où le système coupe ou mute à des endroits inattendus du génome.

Et où malgré les précautions, le système immunitaire peut encore attaquer les cellules modifiées”, traduit Nature.

S’il est approuvé par la FDA, ce projet sera surveillé de près par l’ensemble de la communauté scientifique qui a déjà pointé du doigt le potentiel conflit d’intérêts que présente le projet pour June propriétaire d’un brevet sur l’utilisation de ces cellules T modifiées pour traiter les cancers.

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 22:55

Est-il possible d'injecter des neurones dans le cerveau ?

 

Des chercheurs ont fait l'expérience avec des souris et ils ont réussi. Les cellules ont bien survécu grâce à l'utilisation d'un biomatériau en 3D.

 

Un espoir pour traiter des maladies neurodégénératives comme Alzheimer ou Parkinson.

Comme les maladies neurodégénératives et les traumatismes crâniens se traduisent par une perte de neurones, pourquoi ne pas envisager un traitement en implantant ces derniers dans le cerveau ?

 

Des scientifiques ont déjà pensé à des thérapies utilisant des greffes de cellules mais, jusqu’à présent, ils rencontraient un sérieux problème : la faible survie de ces cellules dans les études chez l’animal. Après une greffe dans le cerveau ou la moelle épinière, leur survie serait inférieure à 1 %.

Pour obtenir des neurones à greffer, la technique part de cellules souches pluripotentes pour les « transformer » en neurones in vitro.

En effet, récemment, des chercheurs ont réussi à reprogrammer des cellules souches pluripotentes en cellules nerveuses.

Ces cellules souches peuvent provenir des patients eux-mêmes.

Des chercheurs de la Rutgers University (New Jersey, États-Unis) ont développé une nouvelle technique qui vise à améliorer cette survie après greffe.

Pour cela, ils ont mis au point des structures 3D microscopiques dans lesquelles ils ont fait croître les cellules nerveuses avant de les injecter dans le cerveau.

Leurs travaux sont décrits dans la revue Nature Communications.

Les neurones humains (dans la ligne blanche) ont été greffés dans un tissu cérébral (en rouge). Ils se sont étendus (lignes jaunes) et se sont bien intégrés

Dans cette étude, les chercheurs ont reprogrammé des cellules souches dérivées de tissus adultes en neurones humains grâce au facteur NeuroD1.

Pour ce faire, ils les ont placées dans des fibres de polymères synthétiques, dans une matrice « microtopographique » de 100 µm de largeur, soit environ l’épaisseur d’un cheveu.

Une fois attachées aux fibres, les cellules forment un réseau et commencent à s’envoyer des signaux.

Comme l’explique Prabhas Moghe, auteur de cet article, « si vous pouvez transplanter des cellules d'une manière qui imite la façon dont ces cellules sont déjà configurées dans le cerveau, alors vous faites un pas de plus pour que le cerveau communique avec les cellules que vous greffez ».

C’est d'ailleurs ce qui a été observé après injection dans le cerveau. « Ces neurones [...] ont en effet miraculeusement bien survécu », affirme le chercheur dans un communiqué. La technologie développée permettrait d’améliorer la survie des cellules d’un facteur 100 par rapport à d’autres méthodes !

Les biomatériaux représentent donc une technologie prometteuse pour la greffe de neurones humains afin de traiter de nombreuses maladies neuronales : Alzheimer, Parkinson, sclérose en plaques….

Par la suite, l’équipe veut améliorer les biomatériaux utilisés pour augmenter le nombre de cellules implantées dans le cerveau.

Des tests sont en cours pour évaluer si la technologie peut traiter des souris ayant la maladie de Parkinson. Cependant, il faudra encore attendre 10 à 20 ans avant de pouvoir tester son application chez l’Homme

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 22:54

Pour la première fois en France, un couple a été autorisé à congeler le cordon ombilical de son bébé, à naître à Nice, afin de s’en servir plus tard pour le soigner.

La justice a tenu compte des cas de cancers présents dans la famille.

La démarche n’a pourtant aucun fondement scientifique.

La conservation du sang du cordon ombilical n’est pas une pratique nouvelle en France mais celle-ci se fait dans le cadre d’un don qui doit servir à la collectivité.

Ici, pour la première fois, le tribunal de Grasse a autorisé un couple à congeler les cellules du cordon de son bébé et à les faire conserver par une société pour ses besoins privés.

Le couple est motivé par l’idée que, grâce aux progrès de la science, leur enfant pourra être soigné par les cellules de son cordon.

Dans les familles des deux parents, d’après leur avocat, il y avait de lourds problèmes de santé, avec notamment des cas de cancers foudroyants du pancréas.

Légalement en France, il n’est pas possible de conserver le cordon ombilical pour les besoins futurs de son bébé.

Le sang du cordon ombilical contient des cellules souches hématopoïétiques, qui sont à l’origine des globules rouges, des globules blancs et des plaquettes.

La greffe de cellules de cordon aide à traiter des maladies graves du sang : leucémies, lymphomes, drépanocytose ou thalassémie.

C’est une alternative à la greffe de moelle osseuse. Les femmes peuvent donner le cordon à la naissance, mais ce don est anonyme et gratuit ; il s’inscrit dans une approche solidaire.

La loi permet cependant que, par dérogation, le cordon serve à un frère ou une sœur du bébé (on parle parfois de « bébé médicament »).

Les cordons prélevés sont conservés par le Réseau français de sang placentaire (RFSP), incluant 28 maternités et 11 banques.

D'après l'agence de biomédecine, il y a, en moyenne, chaque année, 200 greffes utilisant du sang de cordon ombilical.

Une démarche commerciale sans fondement scientifique

Mais quel est l’espoir de guérir un cancer du foie ou du pancréas avec ses propres cellules souches de cordon ombilical ?

Aujourd’hui, c’est impossible.

Certes, des chercheurs espèrent traiter un jour des maladies avec des cellules souches, par exemple en injectant des cellules dans le cerveau pour traiter Alzheimer ou Parkinson, mais pourquoi utiliser des cellules du cordon ?

Les adultes possèdent déjà des cellules souches hématopoïétiques dans leur moelle osseuse. D’après l’agence de biomédecine, « conserver le sang du cordon de son enfant dans une banque pour le soigner avec ses propres cellules au cas où il serait malade plus tard ne repose actuellement sur aucun fondement scientifique validé par consensus d’experts ».

C’est donc inutile.

Les entreprises qui proposent cette congélation jouent sur la peur des parents qui souhaitent, légitimement, protéger leur enfant, en leur faisant miroiter l’espoir d’une hypothétique découverte de traitement.

De plus, si l’enfant a une maladie du sang ou une maladie génétique depuis sa naissance, cela n’a pas de sens de lui réinjecter ses propres cellules déjà atteintes.

Au contraire, pour lutter contre une maladie sanguine, mieux vaut injecter les cellules provenant d’un autre cordon.

ertains pays autorisent les banques privées de cordons ombilicaux.

Cette conservation est payante.

Ainsi, chez Virgin Health Bank, le coût de l’opération est estimé à 1.995 livres sterling (2.385 euros).

D’après un article du Daily Mail datant de 2011, près de 100.000 parents britanniques auraient fait cette démarche.

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 22:24

1/ Pédiatrie

Une question que je me suis souvent posée: quelle antalgie choisir pour les vaccins chez les nourrissons?

Une étude canadienne a randomisé les antalgies proposées pour les enfants de moins de 12 mois : placebo, éducation parentale par vidéo sur comment réassurer l'enfant, la vidéo associé à une administration orale de sucre, et la vidéo associé au sucre et à de la lidocaine locale.

Les auteurs retrouvent que, quelque soit l'âge, la plupart des antalgies sont sans effet. Le groupe vidéo + sucre+ lidocaine avait légèrement moins de douleur que les autres (-0,4/10 ....) au prix d'effets indésirable légèrement supérieur (pâleur chez les enfants de 2 mois).

Bref, les auteurs concluent que la lidocaïne est efficace, alors qu'ils disent dans les méthodes qu'une différence de 0,6 est nécessaire pour que la différence soit cliniquement pertinente.

Les traitements de l'otite moyenne aigue sont loin d'être standardisés. Un essai contrôlé randomisé américain a comparé le traitement recommandé (là bas) de 10 jours d'amoxicilline avec acide clavulanique versus 5 jours chez les enfants de moins de 2 ans.

Les auteurs retrouvent plus d'échec de traitement dans le groupe 5 jours ( 34% vs 16%), sans qu'il y ait d'augmentation du nombre de bactéries résistantes chez les enfants traités 10 jours.

Par ailleurs, les échecs étaient plus fréquents en cas d'otite bilatérale.

Cependant, l'article ne parle pas d'éventuelles complications liées à un traitement trop court. Avec les mêmes données, on aurait donc également pu conclure qu'il y a un peu plus d'échec clinique à 2 semaines mais sans conséquences graves.

En France, avant 2 ans, 8 jours de traitements sont recommandés, dommage que cette durée n'ait pas été étudiée!

2/ Infectiologie

La maladie de Lyme est toujours à la mode, alors face aux patient demandeur d'un traitement juste après une piqure de tique, cet article pourrait vous aider.

En effet, le Lancet infectious disease a mené un essai contrôle randomisé:

Azithromycine topique 10% 2 fois par jour pendant 2 jours versus placebo local à appliquer dans les 72h suivant une piqure de tique.

Après cette introduction alléchante, voici les résultats: aucun effet!

Pas de différence de survenue d'erythème migrans ou de séroconversion à 8 semaines.

Les auteurs ont quand même fait une "réanalyse ITT" où ils trouvent que l'azithromycine pourrait réduire de 8% le risque d'erythème migrans à 30 jours.

Bref, comme quoi les études "négatives" peuvent être publiées!

@Dr_Agibus

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