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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 00:42

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Martin Winckler a exercé la médecine générale en France de 1983 à 2008, en zone rurale et à l’hôpital. Auteur en 1998 du succès de librairie La Maladie de Sachs (P.O.L), il vit depuis 2009 au Canada. Son nouvel ouvrage, Les Brutes en blanc (Flammarion, 248 pages, 16,90 euros), suscite la polémique et l’ire de l’Ordre des médecins.

Je ne serais pas arrivé là si…

Si je n’étais pas parvenu à convaincre mon père de me laisser partir un an aux Etats-Unis. C’était en 1972, je venais d’avoir mon bac, et cela m’a ouvert un monde. En France, quand j’étais adolescent, je ne pouvais pas dire que je voulais devenir écrivain. Médecin, oui : mon père l’était, ça rentrait dans l’histoire familiale. Mais écrivain, non. Alors qu’aux Etats-Unis, quand je disais : « Je veux être un écrivain et un médecin », on me répondait que c’était deux bons métiers qui n’étaient pas incompatibles.

Qu’avez-vous fait pendant cette année américaine ?

J’étais parti avec l’association AFS Vivre Sans Frontière, qui organise des échanges familiaux entre lycéens de différents pays. J’étais logé dans une famille de Minneapolis, dans le Minnesota, et j’allais au lycée voisin, en terminale. J’y ai découvert la confiance qu’on faisait aux jeunes gens, les outils qu’on leur donnait pour apprendre par eux-mêmes, pour les aider à s’épanouir. J’y ai joué dans deux pièces, y compris le rôle principal dans une comédie musicale !

Cette année a été d’autant plus magnifique qu’adolescent, j’étais déjà très imprégné de cette culture : je lisais des romans américains et des comics books, je regardais des films américains, j’écoutais du jazz… Tout cela parce que notre père nous envoyait mon frère et moi tous les étés en Angleterre. Il voulait absolument qu’on parle cette langue couramment : il était très en avance ! C’était quelqu’un de très scientifique, et il savait que la science, c’est d’abord écrit en anglais.

De retour en France, vous commencez vos études de médecine. Quand avez-vous décidé de devenir médecin ?

Très tôt. Je voyais mon père exercer – à Pithiviers (Loiret) où j’ai grandi, son cabinet était dans la maison. Je l’accompagnais parfois dans ses tournées… Il avait été pneumologue, puis médecin généraliste. Très jeune, sa manière d’exercer m’a donné envie de faire la même chose. Quand je voyais les patients sortir, lui serrer la main en lui disant : « Docteur, ça m’a fait beaucoup de bien de vous parler », je me disais que c’était un beau métier. C’était un médecin de famille. Un « soignant », c’est-à-dire quelqu’un qui soigne.

Vous arrivez donc à la faculté de médecine, à Tours…

Et très vite, je me retrouve extrêmement frustré. Et en colère. Car ce que je voyais à la fac ne correspondait pas du tout au modèle que j’avais eu à la maison ! Ni à ce que j’avais imaginé durant mon séjour aux Etats-Unis. J’avais visité des hôpitaux à Minneapolis, j’avais parlé avec des étudiants, je pensais que les études en France, ce serait pareil… Et je découvrais brutalement que nous avions quarante ans de retard.

L’attitude élitiste des professeurs ! Leurs discours sexistes ! Le bizutage ! Un système autoritaire, paternaliste, où l’on maltraite et méprise les étudiants qui deviennent eux-mêmes violents. J’ai tout de suite trouvé ça insupportable. Dès ma première année, j’écrivais des pamphlets que j’affichais sur les murs du restaurant universitaire !

Cet esprit très critique qu’on vous connaît, ça remonte donc à loin…

Cela vient en partie de mon père, qui était lui-même très critique vis-à-vis du système dans lequel il avait été éduqué. Il me parlait de grands patrons qui étaient des ordures absolues, à qui il avait tenu tête. De l’antisémitisme, aussi. Il avait fait ses études à la faculté de médecine d’Alger, et il me racontait qu’il avait fait pneumologie parce que le chef de service de pneumologie était juif et qu’il l’était aussi. J’étais donc éveillé au fait que ce n’était pas de la tarte !

Et puis, mes parents étaient des gens extrêmement ouverts. Mon père avait grandi à Bab el-Oued, quartier très populaire d’Alger, son cabinet médical était aussi à Bab el-Oued, le dispensaire dans lequel il travaillait soignait surtout des gens pauvres, donc des musulmans… Pour lui, soigner, c’était soigner tout le monde. Ce sont des valeurs qui m’ont été transmises. Et il y a les miennes propres. J’ai horreur des abus de pouvoir, de la discrimination, qu’on humilie les gens. Ce sont des choses contre lesquelles je me révolte spontanément.

Vous êtes né à Alger, et n’êtes arrivé à Pithiviers qu’à l’âge de sept ans, après un passage en Israël. Quels souvenirs gardez-vous de cette période ?

Très peu. J’ai dû beaucoup enfouir et refouler, et je me souviens surtout de ce que nos parents nous ont raconté plus tard. L’Algérie, on a dû la quitter du jour au lendemain, en 1961. On a eu de la chance : mon père avait été prévenu que l’OAS avait mis sa tête à prix. Il ne tenait pas à ce que l’indépendance fasse partir la France, mais il n’était pas non plus franchement Algérie française. C’était un médecin qui voulait soigner tout le monde, qui ne voulait pas prendre les armes. Quand quelqu’un lui a dit qu’il fallait faire attention, il a décidé de s’en aller du jour au lendemain.

De ce départ précipité, du passage éclair en Israël, mes parents ont beaucoup souffert moralement. Ils étaient sionistes, et pour eux, c’était évident : s’ils quittaient l’Algérie, c’était pour Israël. Mais cela n’a pas marché.

A Jaffa, où nous avons passé presque un an, mon père n’a pas trouvé de travail. Il avait déjà presque 50 ans, il ne parlait pas bien l’hébreu, c’était un immigrant… Ils ont donc dû faire leur deuil de cet alya, et ce fut une grande blessure pour eux. Nous sommes arrivés à Pithiviers par un concours de circonstances : un médecin cherchait à céder sa clientèle, la maison était grande, il y avait un jardin avec une balançoire… Mon père a décidé d’installer sa famille à cet endroit.

Quel rapport avez-vous avec le judaïsme ?

Je suis athée, mais c’est pour moi un bagage culturel très important. Et non exempt de critiques. Je n’ai pas du tout une vision idéalisée d’Israël. Je pense qu’il devrait y avoir deux Etats, et qu’on devrait tout faire pour qu’Israéliens et Palestiniens vivent en paix. Mais ce n’est pas un sujet qui me concerne particulièrement.

Quand commencez-vous à écrire ?

Vers 10-12 ans : des énigmes policières, des nouvelles de science-fiction. Mes parents étaient des raconteurs d’histoires, et de grands lecteurs. L’écriture, pour moi, cela a d’abord été cela : raconter des histoires. Puis me raconter : je tiens un journal depuis l’âge de 14 ans, qui se prolonge aujourd’hui dans les blogs sur lesquels je m’exprime.

En grandissant, c’est aussi devenu un outil de partage, d’échange. Juste après avoir fini mes études et m’être installé, en 1983, je suis devenu rédacteur pour la revue Prescrire. J’y suis resté six ans. C’est là que j’ai écrit les premiers textes personnels sur ma propre pratique, qui m’ont servi de matrice pour certains chapitres de La Maladie de Sachs.

Dès l’adolescence, quand je lis Arsène Lupin, Sherlock Holmes ou Agatha Christie, je voulais être un auteur de science-fiction. Mais il se passe un certain temps avant que je puisse envisager de faire de la « littérature ».

Je lis très peu de classiques quand je suis jeune, je découvre Madame Bovary à 30 ans… Mais quand je lis La Vie mode d’emploi, de Georges Perec, je suis ébloui. Enfin un écrivain, un intellectuel qui donne l’impression d’être toujours en train de s’amuser ! Perec était un grand lecteur de fictions populaires, il n’arrête pas de citer les auteurs de romans policiers ou de science-fiction. C’est lui qui m’a le plus aidé à démystifier le métier d’écrivain. Je commence alors un roman, que je ne finis pas… Et puis un jour, alors que je travaille dans un centre d’interruption de grossesse à l’hôpital du Mans, je me demande : c’est quoi ce travail, d’avorter les femmes ? En quoi ça consiste ? Cela donnera La Vacation (P.O.L, 1989), mon premier roman.

C’est là que vous prenez votre nom de plume ? Que le docteur Marc Zaffran devient Martin Winckler ?

J’avais déjà pensé à ce pseudonyme au moment de la mort de Pérec, en hommage au Gaspard Winckler de La Vie mode d’emploi. En 1989, c’est donc de ce nom que je signe La Vacation. Le livre ne marche pas bien mais il a été publié et me rapporte un peu d’argent. Et puis je suis avec l’éditeur de Perec, Paul Otchakovsky-Laurens, qu’est-ce que je peux demander de mieux ?

Je commence alors à écrire un autre roman, avec un objectif très simple : je veux montrer qu’un médecin est une personne comme une autre, et décrire ses relations avec les patients qui viennent le voir. Et j’ai cette idée : tout le monde va raconter sa vision des choses. On m’a dit par la suite que ce roman illustrait exactement mon point de vue de médecin, selon lequel tout patient a droit à la parole, à l’écoute. Mais je l’ai fait intuitivement, sans l’avoir théorisé !

Ce fut donc « La Maladie de Sachs », qui obtint le prix du Livre Inter 1998 et se vendit à plus de 600 000 exemplaires. Comment expliquez-vous un tel succès ?

Le prix a beaucoup aidé, mais il n’explique pas tout. Les gens ont été touchés par ce livre, ils l’ont offert autour d’eux. Ce fut la même chose avec Le Chœur des femmes (P.O.L, 2009). Dans les années qui ont suivi sa publication, j’ai reçu tous les jours – tous les jours ! – un ou deux messages de lectrices.

Mes livres leur parlent de leur vie, d’une manière qui je crois les respecte, qui leur donne leur place. J’ai une très bonne oreille : je retiens bien ce qu’on me raconte et la manière de le faire. Cela aide ceux qui me lisent à se reconnaître, et à avoir envie d’être écoutés de cette manière – ce qui devrait toujours être le cas.

On apprend énormément des gens qui nous parlent, ils nous apprennent la vie en nous racontant la leur. C’est pour cela que les soutenir, les soulager, c’est la moindre des choses ! Et que s’il y a une chose qui m’horripile, c’est ce sentiment très répandu chez les médecins français – pas tous, mais beaucoup d’entre eux – qu’ils sont supérieurs à ceux qu’ils soignent.

Une exaspération qui vous a fait vous installer à Montréal ?

Je suis parti en 2009, dès que j’ai pu briguer une bourse de chercheur d’un an. Cela m’a permis d’emmener ma famille, d’avoir un permis de travail et de demander une résidence permanente. Mais cela faisait déjà dix ans que j’allais régulièrement au Québec. Grâce à La Maladie de Sachs ! Car pour les Canadiens, c’était un roman sur l’éthique médicale. J’ai donc découvert que je faisais de la prose sans le savoir, et j’ai eu envie d’en apprendre plus sur cette discipline – ce que je ne pouvais pas faire en France.

L’univers médical que vous avez trouvé au Canada est-il vraiment différent ?

Il repose sur un autre paradigme, qui est que la parole du patient est l’essence de la médecine. Je vais vous donner deux exemples. A la faculté de médecine francophone de Montréal, il y a un programme que l’on appelle « patients partenaires », dans lequel tous les étudiants en médecine se font proposer un mentor qui est un patient souffrant d’une maladie chronique. De même, à l’université McGill, l’interview de recrutement des étudiants en médecine – qui se fait sur dossier, pas sur concours – est réalisée par un médecin et un patient.

Quelles sont vos activités à Montréal, où vous n’exercez plus la médecine ?

Principalement l’écriture. Je collabore à des blogs médicaux, j’écris des articles dans des revues culturelles sur les séries télé – une de mes passions. J’ai aussi passé deux ans à faire une maîtrise en bioéthique. Et je participe à deux enseignements, de façon modeste mais significative pour moi : un atelier d’écriture pour les étudiants en médecine de l’université McGill, et un séminaire à la faculté d’Ottawa sur le thème médecine et humanités.

La clinique ne vous manque pas ?

Si, bien sûr. J’ai fait un choix radical, c’est vrai. Mais on ne peut pas rester éternellement dans une situation de frustration. Je suis très heureux à Montréal. Très heureux au Canada en général, où l’état d’esprit est infiniment plus tolérant et respirable que celui de la France – surtout en ce moment ! Et puis écrire, c’est encore faire de la médecine ! Je partage le savoir.

Quand j’écris un livre sur la contraception ou sur le pouvoir abusif des médecins, ce n’est pas seulement pour exercer la critique : c’est pour donner des outils. C’est pour ça que je termine Les Brutes en blanc en disant à mes lecteurs que s’ils ont un problème avec un médecin, il vaut mieux porter plainte au pénal qu’à l’Ordre des médecins.

Ce livre, sous-titré « La maltraitante médicale en France », est extrêmement sévère envers ce que vous appelez « la caste médicale de la Ve République ». Pourquoi avoir jeté ce pavé dans la mare, alors que vous vivez au Canada ?

Parce qu’il arrive un moment où la masse d’informations dont vous disposez, sur un sujet très important, est telle que ça ne peut plus faire l’objet d’un simple article. Il faut faire une somme, même si elle est forcément temporaire et partiale.

J’ai accumulé tant d’expériences personnelles en tant qu’étudiant en médecine puis en tant que médecin. Les patients et d’autres professionnels de santé m’en ont tant raconté. Il y a tant d’articles, de livres, qui témoignent de la progression de la pratique médicale dans d’autres pays… J’ai donc essayé de faire une somme de tout ça.

Et d’expliquer de quelle maltraitance il s’agit en France, et ce qu’elle suggère : le sentiment qu’on donne aux médecins qu’ils sont des cadors. Ce qui est moralement inacceptable et fait le lit de la violence.

Comment espérez-vous que ce livre sera reçu ?

J’espère qu’il donnera une bouffée d’air aux patients. Ainsi qu’à certains médecins, qui savent tout ça et qui seront bien contents que quelqu’un le dise à leur place. Il y a aussi des médecins de bonne volonté, qui ne se rendent pas compte qu’ils sont maltraitants parce qu’ils sont eux-mêmes opprimés par le système, et qui vont peut-être se dire : « Quand même, je dois pouvoir faire autrement »… C’est la seule chose que j’espère.

L’Ordre des médecins a publié, le 7 octobre, un communiqué regrettant que vous ayez fait « le choix de la caricature et de l’amalgame », et estimant que votre livre vise « à réduire l’ensemble de la profession médicale à des maltraitants ». Comment réagissez-vous à cette accusation ?

L’Ordre trouve plus important de « défendre l’image de la profession » en accusant un citoyen de « se faire de la publicité » qu’en se préoccupant des comportements de ses membres. C’est de la langue de bois en teck. Je trouve ça à la fois significatif, ridicule et futile.

Propos recueillis par Catherine Vincent

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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 00:18

Vidéo

https://youtu.be/Pu0KnAGuNE4

Martin Winckler : les médecins sont des brutes !
Le dernier livre du docteur Martin Winckler,

« Les brutes en blanc », ne plaira pas à tout le monde au sein de sa profession.

Dans ce virulent opus, l’ auteur se livre à un inventaire de la maltraitance quotidienne, dont se rendraient coupables, sinon tous les médecins en France, du moins un bon nombre.

Voici ce qu’on peut retenir des interviews qu’il donne à différents médias sur son livre, et des analyses que ceux-ci en font, notamment des deux les plus exhaustives, celles parues dans « Le Généraliste », quotidien dont la lecture est réservée à ses médecins-abonnés, et dans « Le Figaro-Santé »

L’auteur de « La maladie de Sachs » tire en effet un portrait fort peu flatteur des acteurs de santé. Est maltraitant, selon lui, « le médecin qui reproche au patient d’être trop exigeant » celui « qui manifeste du mépris pour les croyances, les sensations ou les sentiments du patient, » « qui insulte », « qui engueule », ou encore « qui fait mal et qui trouve ça normal. » .

Sa chronique de « la maltraitance médicale ordinaire » ratisse large, incluant l’exiguïté ou la vétusté de certains cabinets, l’absence d’écoute du malade ou les refus de soins.

Et elle n’épargne personne : hospitaliers, spécialistes libéraux et même généralistes. «

De nombreux médecins, généralistes ou gynécologues, hommes ou femmes, semblent savoir, mieux que les femmes elles-mêmes, ce qu’elles doivent faire de leur vie », note-t-il à propos des demandes d’IVG.

Et l’auteur d’épingler également « cette insensibilité à la douleur des patients que manifestent nombre de médecins. » Il soutient que, près de 15 ans après la loi Kouchner sur les droits des patients,

l’usager du système de soins n’a pas toujours accès à tout ce qui le concerne : « chaque semaine, je reçois des témoignages de patients à qui on a menti sur leur état, sur la nature de la maladie qui les afflige, sur le pronostic et sur les traitements »

Au-delà de ces abus de pouvoirs, le nouveau livre de Martin Winckler dépeint un monde médical fait d’excès et même de violence. À l’en croire, la France est « le pays industrialisé où le corps médical se montre le plus coercitif, le plus brutal et le plus totalitaire quand il s’agit d’accoucher », avec un taux d’épisiotomie de 30 % contre 15 % en Angleterre et 1 % en Suède.

Martin Winckler s’indigne de l’insistance mise au dépistage du cancer de la prostate , ainsi que du « décallotage » des petits garçons, encore conseillé par certains praticiens, alors que« ce geste est douloureux pour le garçon, stressant pour la mère, et, médicalement sans intérêt.»

Pas tendre pour ses confrères, Martin Winckler leur accorde pourtant une circonstance atténuante : ils sont, explique-t-il en substance, victimes d’une formation à la schlague ; ces études, au cours desquelles les médecins « ont été formés non pas à écouter, mais à interpréter. » À l’en croire, paternalisme et autoritarisme sont trop encore les marques de fabrique du futur médecin : «

L’enseignement médical est délivré de manière verticale, sans discussion, contestation ou dialogue possible.

De sorte que beaucoup de médecins (…) reproduisent mécaniquement les habitudes héritées de leur maître. »

Et les programmes n’arrangent rien : l’absence de formation psychologique et psychothérapeutique conduisant « inévitablement un certain nombre d’entre eux pour se protéger à adopter une attitude distante et des conduites d’évitement ».

À cette formation,

Martin Winckler oppose celle du Québec, où il vit depuis quelques années : « À Montréal, il y a deux facultés de médecine.

Dans l'une d'elles, chaque étudiant a un mentor qui est un patient chronique qu'il suit tout au long de ses études.

Dans l'autre, le recrutement des étudiants se fait sur dossier et lors de leur entretien, ils sont interviewés par un médecin et un patient.

Dans les pays anglo-saxons, les patients font partie de la formation - qui est infiniment meilleure qu'en France, selon moi.

Quand le système se dégrade, les médecins sont toujours du côté des patients.

Alors qu'en France, lorsqu'il y a une revendication de patients, les médecins soutiennent le système. »



Comme prévu, les réactions du corps médical sont violentes...et ne font que conforter les thèses de l’auteur, puisque, dans le quotidien «

Le Généraliste », la plupart des médecins s’insurgent violemment contre ces propos, avec force injures envers son auteur, tout en admettant ne pas avoir lu le livre, ni l’intention de le lire !

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 19:47

La "potion" de Miroslav Radman, franc-tireur des études sur le vieillissement.

Miroslav Radman est un être quantique, témoigne François Taddei, directeur de recherche à l'Inserm. Il a une certaine probabilité d'être présent à un endroit donné, mais il n'est jamais là où on l'attend."

La métaphore donne le ton : Radman est "imprévisible, hors norme", et son parcours est atypique. "Vous êtes parvenue à le rencontrer ?", s'enquiert M. Taddei, qui travaille à ses côtés depuis vingt ans - d'abord à l'université de Jussieu, puis à Necker et Cochin.

Rendez-vous est finalement pris à la faculté de médecine de Cochin, une fin d'après-midi d'automne. C'est ici qu'un biochimiste de haut vol, Ariel Lindner, soutient son "habilitation à diriger les thèses". Dans le jury : "Miro".

Mimant avec les mains les mouvements des protéines, il interroge en anglais l'impétrant, de sa voix de basse qui résonne.

Chacun retient son souffle.

"Miro" ? Il y a de l'artiste, beaucoup, dans le chercheur. Crinière poivre et sel en bataille, jean noir et polo blanc,

M. Radman, 67 ans, est un condensé de puissance et d'énergie, teinté de grâce et d'élégance. Celles de l'humaniste resté curieux de tout et de tous. Depuis plus de quarante ans, il traque les secrets de l'ADN, perce les mystères de l'évolution.

Ses découvertes sur les "systèmes de réparation de l'ADN" figurent dans tous les manuels de biologie : le système SOS, qui permet aux cellules de répondre à un stress majeur en favorisant les mutations ; et, comme en miroir, le système SRM, qui corrige les erreurs de copie de l'ADN.

Retour à Cochin.

Ariel, l'heureux récipiendaire, invite son public autour d'un verre. Miro est à la fête, propose de partager, sur l'assiette en carton, son plat de houmous. Une simplicité héritée de l'enfance. "Chez moi, en Dalmatie, on paye très cher la tentation d'attraper la grosse tête.

La cruauté verbale y est érigée en art. Il faut avoir le sens de l'humour et surtout de l'autodérision pour y survivre", racontait ce natif de Split, fils de pêcheur, dans son livre

ESPRIT LIBRE ET CRÉATIF"

Au printemps, ce livre a fait sensation. Il explique y envisager la mise au point d'une "potion" anticorrosion qui protégerait nos cellules des dégâts liés au vieillissement.

Comment ?

En s'inspirant des processus de résistance au stress utilisés par une bactérie "increvable", Deinococcus radiodurans, capable de survivre à des radiations extrêmes ou à des dessiccations prolongées.

Cette potion, espère le chercheur, pourrait nous faire vivre en bonne santé jusqu'à 150 ans.

M. Radman indique disposer de premiers résultats à l'appui de cette thèse... mais n'en a publié qu'une partie.

Ce qui a dû faire grincer quelques dents.

"Radman essaye toujours d'imaginer l'inimaginable. Il a un étonnant talent pour voir plus loin que les autres, témoigne M. Taddei.

Mais c'est un grand scientifique, il confronte toujours ses hypothèses à l'épreuve de l'expérience.

Cependant, parce qu'il s'ennuie rapidement en traçant la même voie, il se remet sans cesse en danger. Et ça fait peur à pas mal de gens !

C'est son côté tzigane..."

Les instances d'évaluation de notre recherche sont-elles trop frileuses ?

Ou le projet de Radman trop audacieux ?

"Certains de mes collègues disent qu'il délire, admet le professeur Jean-Claude Weill, membre de l'Académie des sciences.

D'autres, comme moi, qui l'adorent, pensent qu'il faut le laisser délirer. Je connais Miro depuis trente ans, j'ai beaucoup d'admiration pour lui sur le plan scientifique."

Pour Hugo Aguilaniu, qui étudie depuis quinze ans la biologie du vieillissement, "c'est intéressant de voir qu'un scientifique de l'envergure de Radman s'est engagé dans cette voie. Son idée est très attrayante.

Et Radman a toute la subtilité pour en dégager des choses importantes."

Autre fervent allié : le professeur Philippe Even, ex-doyen de la faculté de médecine de Necker, connu pour son franc-parler.

"Radman est pour moi un des très rares chercheurs susceptibles de faire une découverte d'envergure. Parce que c'est un esprit libre, qui n'écoute pas les voix convenues imposées par les organismes de recherche.

La grandeur d'une découverte se mesure à la surprise qu'elle crée, dit François Jacob (Prix Nobel 1965). Et parce que Radman fait partie de ces esprits créatifs qui posent des questions nouvelles de grande portée.

Or, en recherche, la principale difficulté est de poser ces questions novatrices."

Ses qualités humaines font consensus. Notre homme n'aurait-il nul défaut ?

Philippe Even éclate de rire : "Il est totalement bordélique ! Il n'est pas de chez nous, il est toujours dans la barque de son père, à regarder les étoiles..."

Face à Cochin, la nuit tombée, M. Radman se livre plus intimement. Sans cesse l'accent renvoie à l'île lointaine. "

Au départ, je voulais être biologiste marin, j'étais un bon plongeur", se souvient-il. Mais sa rencontre avec l'ADN, à l'âge de 22 ans, fera basculer son destin.

Là où tant d'autres éreintent leurs géniteurs, Miro vénère les siens. "Ils étaient d'une grande intelligence et se sont vraiment sacrifiés pour mon frère et pour moi.

Mon père était très impressionnant, ma mère avait une grande élégance d'esprit.

Des qualités qui se voient davantage quand on est pauvre et pas éduqué..."

Ses moteurs dans la vie ? Ni les honneurs, même s'il ne les dédaigne pas et qu'il en est déjà couvert, comme avec le Grand Prix Inserm 2003 de la recherche médicale.

Ni l'argent à titre personnel, alors qu'on lui proposait des ponts d'or pour quitter la France. "Trois fois mon salaire pour aller en Suisse", précise-t-il. "Ce qui me motive, c'est le jeu !, assure-t-il. Enfant, je jouais beaucoup, je n'avais pas d'outils mais je les inventais.

Et dans mon activité de chercheur, je n'ai jamais l'impression de travailler mais de jouer !"

Revenons à son projet.

A l'ère du chômage et de l'explosion démographique, mais aussi des coûts galopants de l'assurance-maladie, quel serait l'intérêt de vivre très longtemps, même en bonne forme ?

"Aujourd'hui nous mourons avant d'avoir fait fructifier tout ce que nous avons appris. La courte durée de vie de l'espèce humaine freine son évolution culturelle !", estime Radman. Aragon ne disait rien d'autre : "Le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop tard". Miro veut faire mentir le poète...

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED
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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 12:54

Mercredi 18 janvier 2017

Une

Une étude révèle des altérations de la barrière hémato-encéphalique et de la perméabilité intestinale chez les personnes atteintes d'autisme

Le trouble du spectre autistique (ASD) a la particularité d'être le handicap au développement le plus rapide aux États-Unis, selon les Centers for Disease Control and Prevention.

Avec 1 sur 68 enfants nés dans ce pays diagnostiqués avec ASD, les parents recherchent partout des réponses sur les meilleurs traitements.

En plus des traitements sélectifs pour traiter certains symptômes, les traitements traditionnels incluent des approches comportementales intensives.

Mais sans une seule approche de traitement unique, les parents s'adressent souvent à des thérapies complémentaires et alternatives.

Tout comme les parents sont à la recherche de réponses, les scientifiques essaient de décrire les causes de cette pathologie multifactorielle et complexe.

«Bien que nous soyons assez certains qu'il y a une composante génétique, il existe de nombreuses voies pour qu'un individu atteigne la situation finale d'autisme», déclare Alessio Fasano, MD, directeur du Centre de recherche et de traitement cœliaque de l'Hôpital général du Massachusetts (MGH)

Et auteur co-principal d'une étude publiée dans la revue Molecular Autism.

«Ce qui pourrait permettre à une personne de développer un TSA - avant ou après la naissance - pourrait ne pas avoir un tel effet sur une autre personne», ajoute-t-il.

Les chercheurs dirigés par Maria Rosaria Fiorentino, PhD, du Centre de Recherche en Immunologie et Biologie de la Mucosal de l'Hôpital général pour enfants (MGHfC), ont ouvert la voie à l'interconnexion de l'axe intestinal-la signalisation biochimique entre le système gastro-intestinal et le système nerveux central

Une nouvelle voie de recherche sur la physiopathologie des TSA et d'autres troubles du développement neurologique. "Pour autant que nous sachions, c'est la première étude à examiner la signature moléculaire de dysfonctionnement barrière hémato-encéphalique dans les TSA et la schizophrénie dans les échantillons de patients humains", explique Fiorentino.

En collaboration avec des chercheurs de l'Université de Maryland School of Medicine et d'autres, le groupe de Fiorentino a trouvé une barrière hémato-encéphalique altérée dans les échantillons de tissus de personnes atteintes de TSA par rapport aux contrôles sains.

Le groupe a analysé le cortex cérébral postmortem et les tissus du cervelet de 33 individus - 8 avec TSA, 10 avec schizophrénie et 15 témoins sains.

L'expression altérée de gènes associés à l'intégrité et à la fonction de la barrière hémato-encéphalique et à l'inflammation a été détectée dans les échantillons de tissus de TSA, soutenant l'hypothèse qu'une barrière hémato-encéphalique altérée associée à la neuroinflammation contribue au TSA.

Le groupe a également analysé le tissu épithélial intestinal de 12 individus atteints de TSA et 9 sans ces troubles, conformément à l'hypothèse selon laquelle l'interaction au sein de l'axe intestinal est une composante cruciale dans le développement de troubles du développement neurologique.

Cette analyse a révélé que 75 pour cent des individus atteints de TSA avaient diminué l'expression des composants cellulaires formant des barrières, comparativement aux témoins, et 66 pour cent ont montré une plus forte expression de molécules qui augmentent la perméabilité intestinale.

L'étude a été motivée en partie par le nombre élevé de problèmes gastro-intestinaux qui se produisent chez les personnes atteintes de TSA.

Bien que considérée controversée par certains praticiens de la santé, un régime sans gluten et sans caséine a été montré pour produire une certaine amélioration des symptômes comportementaux et gastro-intestinaux dans un sous-groupe d'enfants atteints de TSA.

«C'est la première fois que quelqu'un a montré qu'une barrière hémato-encéphalique altérée et une barrière intestinale altérée pourraient jouer un rôle dans la neuroinflammation chez les personnes atteintes de TSA», explique Fiorentino.

Fasano ajoute: «En plus d'avoir des informations sur la barrière hémato-encéphalique, nous cherchions de plus amples renseignements sur la façon dont l'augmentation de la perméabilité intestinale, connue sous le nom d '" intestin goutte à goutte ", pourrait affecter le développement des TSA dans le contexte d'une dysfonction gut- Axe du cerveau.

"Le prochain projet de Fiorentino consiste à examiner plus mécaniquement comment le microbiote - la collection de microorganismes dans l'intestin - est lié à la perméabilité intestinale et au comportement.

"Il y a certainement quelque chose qui se passe entre l'intestin et le cerveau avec ASD et d'autres troubles du développement neurologique, et bien sûr le microbiome a un grand rôle à jouer", dit-elle.

"Il a déjà été démontré que les enfants ASD ont une composition altérée des communautés microbiennes intestinales.

Si nous pouvons comprendre ce qui est nécessaire ou manquant, alors peut-être nous pouvons arriver à un traitement qui pourrait être en mesure d'améliorer certains des problèmes de comportement et / ou les symptômes gastro-intestinaux.Fasano est professeur de pédiatrie et Fiorentino est professeur adjoint de pédiatrie à la Harvard Medical School.

D'autres auteurs du Molecular Autism paper sont Anna Sapone, Ph.D., Stefania Senger, Ph.D., et Stephanie Camhi, MGHfC Mucosal Immunology and Biology Research Center; Sarah Kadzielski, MD, et Timothy Buie, MGHfC Gastoenterology et Lurie Centre pour l'autisme; Deanna L. Kelly, Pharma, BCPP, Faculté de médecine de l'Université du Maryland et Nicola Casce

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 11:38

Borréliose de Lyme, l’inquiétude d’un prix Nobel de médecine

Les tiques ne sont pas les seuls insectes hématophages qui transmettent la maladie de Lyme
Les tiques ne sont pas les seuls insectes hématophages qui transmettent la maladie de Lyme

C’est une maladie très sous-estimée, la Borréliose de Lyme, due à des bactéries transmises par des insectes hématophages comme les tiques, qui est en train faire des ravages sanitaires en France. Méconnues et négligées, ces bactéries sont à l’origine de maladies neuro-dégénératives, auto-immunes, psychiatriques, inflammatoires, chroniques, etc toutes mal diagnostiquées et donc mal traitées. Un pharmacien de Strasbourg se bat depuis 17 ans pour faire reconnaître la véritable ampleur de cette maladie. Le Prix Nobel de Médecine Luc Montagnier confirme l’importance du phénomène.



La maladie de Lyme ou Borréliose de lyme est connue depuis longtemps. Elle a été décrite pour la première fois en 1894 par le Dr Pick-Herxheimer. Puis en 1907, Swellengrebel crée l’appellation « Borrelia » en l’honneur du Professeur Amédée Borrel dont il était l’ami, pour y classifier les bactéries pathogènes des « fièvres récurrentes épidémiques ». En 1910, le dermatologue suédois Arvid Afzelius décrivit une lésion dermatologique en forme d’anneau, et pensa que cela était dû à une tique. Enfin, en 1972, il y eu l’apparition des premiers cas d’arthrite épidémique simulant des poussées de polyarthrite rhumatoïde chez des sujets jeunes dans trois communes des USA, à l’Est du Connecticut : Lyme, Old-Lyme et East Haddam, d’où le nom de maladie de Lyme aux USA et de borréliose de Lyme, en Europe.

Frontière étanche: 10 000 cas en France, 1 million en Allemagne

En France, il est estimé qu’il y a entre 5000 et 10 000 nouveaux cas par ans. Mais comme cette maladie ne fait pas partie des maladies dîtes à « déclaration obligatoire » par les médecins, son estimation réelle est vague. Et d’autant plus que certaines données alertent sur son ampleur réelle. Par exemple, en Allemagne où le suivi de cette maladie est plus précis, en 2010, il y a eu un million de cas recensés. La frontière semble étrangement étanche. Le diagnostic de la maladie est difficile à réaliser tant il y a de symptômes possibles (jusqu’à 800): douleurs, inflammation des articulations, céphalées, dermatites, troubles oculaires, fatigue, dépression, etc. Le point le plus crucial dans le sous-diagnostic de cette maladie est que les tests de dépistages commercialisés par le Laboratoire Bio-Mérieux sont inadaptés au dépistage des bactéries Borrélies Européennes et laissent passer ainsi jusqu’à 70% des porteurs infectés. Le teste dit « ELISA » a tout simplement été calibré pour la détection des Borrélies de la côte Est des Etats-Unis alors qu’en Europe, nous sommes exposés à un large éventail de la famille des Borrélies . La plus rependue est la borrélie burgdorferi mais il y a également la borrélie afzelii, garinii, spielmani, valesiani, lusitaniae, etc.. et toutes déclenchent des pathologies diverses et lourdes.

Les Borrélies, de redoutables bactéries

Si les Borrélies sont particulièrement redoutables, c’est qu’elles sont très élaborées pour de simples bactéries. Elles sont douées pour de multiples adaptations grâce à leur génome important qui leur permet la production de protéines de surface voisines des tissus où elles se trouvent. Ce qui leur permet de se cacher du système immunitaire qui alors ne produit pas d’anticorps, donc le dépistage est souvent négatif. Elles ont par ailleurs une étonnante faculté à l’enkystement dans des conditions défavorables et sous forme réduite à 1% du volume initial ce qui les rend invisibles au microscope. Elles sont dotées d’une structure de surface, capable d’assurer à la fois des systèmes de défense (résistance aux antibiotiques), des échanges d’informations entre elles et pouvant servir de mode de reproduction.

Toutes ces facultés rendent les bactéries Borrélies particulièrement dangereuses et proliférantes. Quelques exemples médicaux documentés apportent un éclairage saisissant sur ces bactéries. Comme elles sont capables de produire des protéines de surface voisines des tissus où elles se trouvent, lorsqu’elles sont au niveau de la thyroïde par exemple, elles vont produire des protéines de surface voisines des protéines environnantes, ceci leur permettant de se cacher de notre système immunitaire qui ne produit donc pas d’anticorps contre elles. Si maintenant elles se déplacent vers d’autres tissus, le système immunitaire va réagir et fabriquer des anticorps contre ces protéines de surface qui n’ont pas à être ailleurs que dans la thyroïde. Et par la suite ces mêmes anticorps vont s’attaquer aux protéines de la thyroïde et donc aux tissus de la thyroïde, ce qui caractérise une maladie auto-immune (Thyroïdite de Hashimoto). Il en est certainement de même pour toutes les autres maladies auto-immunes (SEP, diabète, SLA, allergies, etc) dont une partie serait la conséquence d’une borréliose.

Des cas inquiétants de maladies neurologiques et psychiatriques

Les bactéries peuvent aussi modifier la communication neuronale par les toxines produites ou de par sa structure externe. Soit de façon indirecte: les borrélies possèdent des flagelles composés d’une protéine appelée flagelline. Les lymphocytes produisent des anticorps anti-flagelline. Comme la myéline (qui compose la gaine de nos nerfs) est de structure chimique très voisine de la flagelline, ces anticorps s’attaquent alors à la myéline. En détruisant cette myéline la conduction nerveuse est perturbée puis bloquée. Soit de façon directe: en envahissant les cellules cérébrales, car les borrélies ont la faculté de s’enkyster sous forme réduite, ce qui leur permet de passer la barrière hémato-encéphalique et de se redévelopper dans des conditions plus favorables. Après avoir atteint l’intérieur des cellules nerveuses elles entrainent : schizophrénie, autisme, Parkinson, Alzheimer, dépression, AVC.

Les tiques sont porteuses mais aussi: araignées, poux, moustiques, taons

Les ravages sanitaires des Borrélies ne s’arrêtent pas là. Le pharmacien Bernard Christophe, qui se consacre à cette maladie depuis 17 ans, a, avec l’expérience de plus de 15 000 cas, pu rencontrer des cas aussi divers que: polyarthrite rhumatoïde, fibromyalgie, syndrome de fatigue chronique, sclérose en plaques, spondylite ankylosante, dépressions, migraines inexpliquées, hypertension, extrasystoles, troubles du rythme cardiaque, Alzheimer, Parkinson, et de nombreuses affections neurologiques et psychiatriques. La piste de la Borréliose de Lyme échappe d’autant plus facilement que tous ces sujets ne se souvenaient pas avoir été mordus par une tique ou ne l’avaient même pas été. C’est que la tique, n’est qu’un des porteurs des bactéries, d’autres insectes hématophages sont également porteurs, on compte ainsi comme vecteur de contamination: taons, araignées, poux, puces, aoûtats et autres insectes piqueurs. Les symptômes peuvent apparaître des années et mêmes plusieurs décennies après une piqûre infectante. Dernier problème de taille, les traitements classiques par antibiothérapies, surtout au stade tardif et chronique de la maladie sont souvent décevants et inadaptés. Les borrélies sachant se protéger ou se cacher dans les cellules.

Un point chaud : les transfusions sanguines

Au regard de toutes ces informations scientifiques, un problème d’ampleur nationale se profile, celui des transfusions sanguines. L’argument selon lequel les éléments du sang seraient chauffés depuis le scandale du sang contaminé (SIDA) n’est pas valable, bien qu’il soit reconnu que les borrélies « actives » sont sensibles à la chaleur. En réalité de nombreuses borrélies sont enkystées dans les cellules sanguines et sous cette forme elles sont extrêmement résistantes. C’est sous cette forme qu’elles sont transfusées et peuvent resurgir bien plus tard quand les conditions deviennent favorables à leur développement. D’ailleurs des études sur souris ont confirmé cette thèse et il n’y a pas de raison que cela se passe différemment chez l’humain.

Le Prix Nobel de Médecine, Luc Montagier, confirme

Il semble qu’il y ait un grave problème de sous diagnostic de la Borrélios de Lyme. Serait-il du à la défectuosité des tests courants (test ELISA)?

Pr Montagnier: « Les diagnostics sérologiques courants de l’infection a Borrelia chronique ne sont effectivement pas très fiables!

Pour palier à ce problème, nous disposons d’un test moléculaire que nous avons développé de notre côté, ( PCR: Polymerase Chain Reaction ) très spécifique et sensible, mais ce test ne reconnaît que B. burgdorferi et les espèces proches, c’est a dire les infections de la cote Est Américaine. Nous continuons a développer des tests PCR pour les infections européennes .

D’autre part nous savons que dans ces infections chroniques quelque soit le germe bactérien en cause, il existe dans le sang des formes dérivées de l’ADN bactérien émettant des signaux électromagnétiques. Leur analyse permettra à terme ainsi de détecter indirectement l’infection chronique qui peut se cacher dans certains tissus. »

Il y aurait environ 1 million de transfusions sanguines par an en France. Pensez-vous qu’il y a un vrai risque sanitaire à l’échelle du pays ?

Pr Montagnier: « Il serait en effet très indiqué de détecter la présence de germes inconnus, virus ou bactéries, par cette technologie nouvelle (PCR) dans les dons de sang destinés aux transfusions ».

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 10:45

La nicotine permet un retour à la normale de l’activité cérébrale dans le cadre de la schizophrénie

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26 janv. 2017
Univadis Actualités médicales
RÉSUMÉ PAR
Dawn O'Shea
Selon une nouvelle recherche publiée cette semaine dans la revue Nature Medicine, un flux constant de nicotine permet un retour à la normale des troubles d’origine génétique dans l’activité du cerveau qui sont associés à la schizophrénie. La découverte pourrait à terme conduire à de nouveaux traitements à base de nicotine non addictifs pour les 51 millions de personnes dans le monde qui sont atteintes de la maladie.

Les études antérieures ont estimé que 80 à 90 % des individus atteints de schizophrénie fument et que la plupart sont des grands fumeurs, un constat qui a conduit depuis longtemps les chercheurs à soupçonner que les patients pratiquent l’automédication.

Une équipe internationale de scientifiques dirigée par Uwe Maskos de l’Institut Pasteur à Paris, en France, a entrepris d’étudier les causes sous-jacentes de l’hypofrontalité, une réduction de l’activité synaptique dans le cortex...

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 10:43

Un consensus d’experts européens vient cadrer l’utilisation de la transplantation fécale

La transplantation de microbiote fécal (TMF) a obtenu des résultats prometteurs tant dans l’infection à Clostridium difficile que dans des troubles liés à l’altération du microbiote intestinal. Des textes de référence sont déjà établis par des groupes de travail notamment en France (document publié par l’ANSM en 2014), en Australie et aux Etats-Unis. Ces recommandations sont basées sur des preuves incluant des essais cliniques randomisés, des revues systématiques et méta-analyses, mettant en évidence la haute efficacité de ce traitement contre les infections récurrentes à Clostridium difficile. Sur la base de ces données, l’European Society for Microbiology and Infectious Disease et l’American College of Gastroenterology recommandent la TMF pour le traitement des infections récurrentes à C. difficile. Dans un contexte de sécurisation des pratiques, 28 experts européens de 10 pays différents ont collaboré pour établir un consensus réactualisé et global sur les indications de la TMF, la sélection des donneurs, la préparation du matériel fécal de transplantation, la gestion et la délivrance de ces échantillons et les exigences de base pour la mise en œuvre en centre de TMF. Les recommandations concernant la délivrance du transplant et la mise en œuvre clinique de la transplantation sont décrites ci-dessous.

Les indications

La transplantation de microbiote fécal est recommandée comme traitement optionnel pour les infections à Clostridium difficile récurrentes d’intensité faible à modérée. Sa mise en œuvre en pratique clinique est recommandée (Recommandation forte, niveau de preuve fort).
La transplantation de microbiote fécal est recommandée comme traitement optionnel des infections à Clostridium difficile résistantes (Recommandation forte, niveau de preuve faible).
Le niveau de preuve est insuffisant pour recommander la TMF comme traitement lors d’un premier épisode d’infection à Clostridium difficile (Recommandation faible, niveau de preuve faible).
Les experts ont pris en compte la possibilité d’utiliser la transplantation de microbiote fécal pour d’autres indications cliniques, telles que les maladies inflammatoires de l’intestin, le syndrome de l’intestin irritable, les troubles métaboliques, la pédiatrie, sans qu’aucune recommandation ferme basée sur des preuves puisse encore émerger hormis dans un contexte de recherche.
La sélection des donneurs

Les donneurs potentiels pour la TMF doivent subir dès le début du processus de sélection un entretien médical dans le but d’exclure des facteurs de risque et antécédents médicaux à risque (Recommandation forte, niveau de preuve faible).
Les donneurs doivent faire l’objet d’une nouvelle entrevue le jour même du don, afin de vérifier l’absence de survenue d’un problème potentiellement dangereux (Recommandation forte, niveau de preuve faible).
Les critères d’exclusion retenus par le groupe d'experts correspondent aux attentes de la Commission Européenne pour la sélection de donneurs allogéniques de tissus de transplantation en vie (tels que les antécédents d’exposition au VIH, VHB, VHC, l'utilisation de drogues, les comportements sexuels à risques, les antécédents récents de vaccination avec un virus attenué,… ) ainsi qu’à des critères d’exclusion liés à la présence de troubles gastro-intestinaux ou à la prise de traitements pouvant nuire au microbiote intestinal (tels que l’apparition récente de signes et symptômes gastro-intestinaux comme une diarrhée, des nausées, des douleurs abdominales,… l’utilisation d’antibiotiques, un voyage en zone tropicale, etc).

RÉSUMÉ PAR Nathalie Barrès

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 16:36

La Recherche prépare le terrain pour le développement de l'immunothérapie personnalisée pour traiter le cancer

 

Les chercheurs de l'Université de Mayence ont effectué des améliorations significatives en ce qui concerne le développement des stratégies personnalisées d'immunothérapie pour traiter le cancer.

 

Ils sont parvenus à recenser les altérations génétiques ou les mutations  associées à des types de cancer variés et déterminées pour chaque personne.

Ceci permet aux scientifiques de produire promptement les vaccins personnalisés pour chaque type de cancer déjà démontrés pour des modèles animaux.

Leur action est démontrée dans la régression et même l'élimination des tumeurs expérimentales.

Dirigé par le Professeur Ugur Sahin, l'équipe de chercheur sur le cancer comprend des chercheurs à l'institut de recherches biopharmaceutical TRON - Oncologie de Translation au Centre Médical d'Université du gGmbH de Mayence à l'Université de Johannes Gutenberg, de BioNTech biotechnologique AG, du Centre Médical de l'Université de Mayence, et de l'Institut Californien de La Jolla pour l'Allergie et de l'Immunologie aux ETATS-UNIS.

Leurs résultats ont été récent publiés dans Nature.

À la différence des méthodes conventionnelles pour traiter le cancer, c.-à-d., les chirurgie, chimiothérapie, et radiothérapie, l'immunothérapie du cancer utilise le système immunitaire pour combattre le cancer.

« Nous savons maintenant que notre système immunitaire lui-même peut identifier le cancer et prendre des mesures pour le combattre, » Explique le Professeur Ugur Sahin.

« Malheureusement, il n'est pas habituellement capable de nettoyer totalement une tumeur.

Une stratégie évidente est de stimuler le système immunitaire de telle manière qu'il puisse limiter la croissance tumorale et détruire les cellules malignes. »

On l'a également et depuis longtemps su: chaque tumeur a sa propre empreinte digitale génétique individuelle, qui comprend de nombreuses altérations génétiques.

Le concept novateur de l'immunothérapie du cancer personnalisée vise à recenser ces mutations dans une tumeur, à déchiffrer son modèle génétique par l'ordonnancement, et - en utilisant ce modèle comme descripteur - à produire un vaccin synthétique qui est particulier à la tumeur et ainsi au patient.

Ce vaccin alors dirigera et formera le propre système immunitaire du patient de sorte qu'il puisse combattre le cancer d'une façon ciblée.

« La mise en place de cet élan prometteur mais est entravé par le fait que les mutations de la tumeur sont très diffèrentes d'un patient à l'autre, et ceci veut dire que c'est une procédure très complexe pour produire ces vaccins sur demande, »

Le Pr Sahin a ajouté. « Par notre recherche récente, nous avons trouvé une voie permettant de dépasser ce problème et d'expliquer quelle forme de stratégie est praticable avec une sortie acceptable au plan des moyens et des résultats.

Nous décrivons les deux analyses et les progrès des techniques immunologiques principales qui devraient nous permettre de fournir une immunothérapie vraiment personnalisée aux malades du cancer. »

Dans des expériences précliniques, les chercheurs ont regardé pour la première fois les mutations dans trois types différents de tumeurs - cancer de la peau, cancer du côlon, et cancer du sein - et ont recensé les modèles génétiques au moyen d'ordonnancement.

Leur objectif était de découvrir quelles mutations sont appropriées à l'immunothérapie, c.-à-d., les mutations qui peuvent être identifiées, en principe, par le système immunitaire.

L'équipe de Mayence pouvait expliquer pour la première fois que jusqu'à 20 pour cent de toutes les mutations peuvent déclencher une réaction immunitaire.

« Nous avons découvert ceci en maintenant un esprit ouvert et en regardant le répertoire entier des mécanismes de défense immunitaire.

C'était un facteur important dans notre réussite, » a dit le Pr Sahin. « Puisque, et c'est étonnant, la majorité de mutations de tumeur ne sont pas retrouvées par les moyens habituels, c.à d. les cellules tueuses naturelles, mais plutôt par des cellules assistantes.

Une Telle forte proportion de mutations, consécutivement, est importante pour les possibilités d'application grandes de l'élan, parce que beaucoup de types de tumeur ont ainsi les points suffisants de crise et semblent être traitables en principe. »

Dans une deuxième étape, l'équipe a considéré comment ils pourraient mettre en application ces analyses nouvelles dans la pratique, et recenser les mutations accessibles aussi simplement et sûrement que possible.

À cet effet, elles ont développé un algorithme bioinformatique.

« Une fois que les mutations accessibles ont été recensées, nous pouvons employer cette information pour produire un médicament personnalisé sans efforts excessifs, » nous explique le Pr Sahin.

Ils ont décidé d'employer des acides ribonucléiques (ARNm) pour synthétiser des vaccins.

Avec l'aide de cette empreinte digitale génétique de la mutation, ils fournissent un type de descripteur pour la production des vaccins d'ARNm.

Les chercheurs ont utilisé l'information génétique sur dix mutations plutôt que sur juste une mutation unique pour le procédé de synthèse de sorte qu'ils puissent attaquer la tumeur, dans plusieurs locis en s'assurant qu'ils seraient moins capables de résistance.

En fait, l'utilisation de ce modèle dans un modèle animal a eu comme conséquence une régression et une élimination rapide des tumeurs.

Les vaccins d'ARNm ne font pas de modifications génétiques permanentes ou de renivellement génétique des cellules tumorales, mais celles-ci sont simplement éliminées après qu'ils aient pu stimuler et instruire le système immunitaire de l'organisme.

« Tout ceci montre que la production sur demande de vaccins personnalisés pour le cancer est, en fait, possible et praticable, » répète le Professeur Ugur Sahin.

Les chercheurs commencent à également recenser les types et les incidences de mutations accessibles dans les tumeurs humaines.

Leurs découvertes doivent être encore testées dans une étude clinique internationale sur lr  mélanome malin à laquelle le Centre de Recherche sur le Cancer de la Peau du Centre Médical de l'Université de Mayence (JGU) de Johannes Gutenberg, dirigé par M. Carmen Loquai. Des tests cliniques Supplémentaires sont planifiés.

« Nous adoptons systématiquement un projet de transposition à la recherche, » Le Professeur a mis l'accent sur Ulrich Förstermann, Officier Scientifique en Chef du Centre Médical de l'Université de Mayence.

« Le projet de recherche en cours explique l'impressionnante réussite de cette stratégie car c'est un exemple par excellence de la transposition des découvertes dans un traitement. Les résultats de la recherche immunologique principale ont été convertis en stratégie clinique praticable chez l'homme. »

Le Professeur Babette Simon, Médecin-Chef et Présidente du Centre Médical de l'Université de Mayence, ajoute : « Ce développement rapide  est une fonctionnalité unique permettant de passer de l'université au médicament. Ceci assure que nous pouvons fournir les dernières découvertes de la recherche fondamentale aux patients aussi rapidement que possible. »

Source:

: Johannes Gutenberg Universitaet Mayence

 

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 11:13

Les cabinets des généralistes sont remplis de malades de Lyme.


"Les généralistes ont beaucoup de Lyme dans leurs cabinets. Mais ils ne les voient pas comme tel", regrette le Pr Christian Perronne, chef de service en infectiologie qui vient de publier La vérité sur la maladie de Lyme.

 

Il dénonce une censure organisée autour de cette maladie, déplore que les médecins soient poursuivis, et réclame que des programmes de recherche puissent être financés.


Egora.fr : La maladie de Lyme est un sujet sensible chez les médecins. Comment l'expliquez-vous ?


Pr Christian Perronne : Il y a eu une telle censure sur cette maladie, on a nié cette maladie pendant 40 ans, on dit que c'était une maladie imaginaire… La maladie de Lyme était très peu enseignée pendant les études.

On a expliqué que c'était facile à diagnostiquer, avec un érythème migrant, des signes cliniques clairs, une sérologie parfaite et que ça guérissait en 15 jours d'antibiotiques. Ce n'était même pas la peine d'en parler.

Les médecins généralistes en France connaissaient à peine le nom de la maladie il y a quelques années. Ils pensaient qu'ils n'en verraient jamais, que ça n'existait qu'aux Etats-Unis, alors que c'était décrit en Europe depuis plus d'un siècle.


Le drame de ces malades, pour la forme chronique, c'est que les signes sont subjectifs. C'est "j'ai mal", "je suis fatigué", "je n'arrive pas à me concentrer"…

Le médecin dit que c'est le stress, le surmenage, que c'est psy. Et les signes objectifs, qui peuvent toucher la peau, les os, le coeur, les muscles, les articulations ou les nerfs, ne sont pas spécifiques du Lyme. Il va toujours y avoir un autre diagnostic.

Et puis quand ces malades insistent trop, se plaignent et harcèlent trop leur médecin, ils sont envoyés en psychiatrie.

Les hôpitaux psychiatriques sont remplis de "lymés", j'essaie d'en sortir régulièrement.


Il y a aussi la dérive actuelle de la médecine.

La médecine factuelle, ou médecine basée sur les preuves, repose sur un trépied.

Un tiers pour les données scientifiques, un autre pour l'expérience du médecin, et un dernier tiers pour le désir du patient. On doit tenir compte des trois.

Aujourd'hui quand on parle de médecine factuelle, on ne parle que des publications dans les journaux médicaux ou des études randomisées.

On apprend au jeune médecin que si un patient se plaint de trop de choses, c'est psychosomatique.

On ne croit plus que ce qui est prouvé. Il faut une imagerie, un test biologique, un traitement publié contre placebo… C'est très bien dans certains cas, mais... des situations complexes et multifactorielles sont beaucoup trop compliquées pour être évaluées avec les techniques actuelles.

On n'a jamais la preuve de ce qu'ont ces malades.

Ils échappent aux radars des examens complémentaires. Ils sont dans un no man's land entre la microbiologie et la psychanalyse.


Vous comprenez les réticences des généralistes par rapport à la maladie de Lyme ?


Tout à fait.

Les généralistes ont beaucoup de Lyme dans leurs cabinets.

Mais ils ne les voient pas comme tel.

Ce qui leur fait peur, et je comprends, c'est qu'une consultation de Lyme peut durer une heure, surtout au début. Et ils n'ont pas le temps, ils ont un boulot de dingue.

Je ne les attaque pas du tout, au contraire, j'ai beaucoup d'admiration pour leur métier.

Ils ont été formés comme ça, je ne leur jette pas la pierre. Ils travaillent en réseau avec des spécialistes qui disent "Lyme, ça n'existe pas". Ils entendent ça tout le temps.


Ce qui nuit aussi à la cause du Lyme, c'est qu'il n'y a pas eu beaucoup de publications dans des grands journaux.

Il y a beaucoup de publications scientifiques, mais du fait de la censure qui a été organisée autour de cette maladie, elles n'ont pas pu être acceptées dans certains journaux majeurs. Ils ont toujours refusé de publier contre ce que disait la Société américaine de maladies infectieuses (IDSA).

Et tout ce qui n'a pas été publié n'existe pas.


Vous avez le sentiment que tout ça est en train de changer ?


Oui, la ministre vient de donner le feu vert pour financer un projet de recherche sur le Lyme et les co-infections, avec une partie vétérinaire.

C'est la première fois qu'un tel projet en France est accepté.

Avant, il n'y avait aucune recherche.

Ou alors de la recherche bidon avec des "experts" qui ont obéi à l'IDSA sans se poser de questions.

En Europe, y compris à Strasbourg, tous les centres de référence ont été inféodés à l’IDSA.


J'ai aussi travaillé sur la tuberculose, sur le Sida, l'hépatite C… Quand j'ai déposé des projets de recherche dans ces domaines, ce n'était pas toujours facile, mais j'ai toujours réussi à avoir des financements.

On avait aussi l'aide de l'industrie.

Comme elle n'est pas dans le Lyme, on n'a pas de fonds.

Elle n'y a pas adhéré parce qu'on n'a pas arrêté de leur dire que c'était une maladie rare qui guérissait seule. Ils doivent changer de regard sur ces maladies. Ils vont y venir.


Vous faites beaucoup référence au Sida dans le livre. Vous faites un parallèle concernant le déni de la maladie ?


Oui, même si le déni du Sida a duré très peu de temps par rapport au Lyme.

Les deux maladies ont un peu émergé au même moment.

Le Sida a connu un déni terrible. Au début ça a été très dur pour les malades.

Ce sont les mouvements des patients qui ont permis une prise de conscience politique.

Ca a débloqué des sommes énormes. Tout n'a pas été rose du jour au lendemain, mais des progrès rapides ont été faits.

Alors que le Lyme n'a pas bougé d'un poil depuis 40 ans.


Certains vont dire, encore pendant un certain temps, que je raconte n'importe quoi, mais il faut que ça bouge.

Beaucoup de généralistes soignent des malades de Lyme, mais ils ont peur parce que certains ont été suspendus par le Conseil de l’ordre.

C'est quand même grave, il faut que ça s'arrête. Il y a des lois aux Etats-Unis pour les protéger, au Canada aussi. Mais en France, on continue de les attaquer.


Les médecins hospitaliers ne vont pas se mettre au Lyme avant des années.

Il faut que les médecins, en premier lieu les généralistes, qui y croient soient formés.

Comme on l'a fait pour le Sida au début.

Les infectiologues qui avaient pignon sur rue se moquaient du Sida, en disant que c'était une lubie d'un petit nombre de médecins.

Il y avait très peu de centres dans les hôpitaux, mais très vite se sont mis en place des réseaux ville-hôpital avec les généralistes.

La plupart des généralistes voyaient très peu de malades vivants avec le VIH.

Mais quelques-uns, très motivés parce qu'ils étaient sensibilisés, ont fait un travail superbe. Ils ont fait bouger les choses, il y a eu une reconnaissance gouvernementale et il y a eu des moyens pour la recherche.


Vous expliquez que la crainte de la maladie de Lyme s'explique par une crainte de prescrire trop d'antibiotiques ?


C'est la principale cause de résistance de beaucoup de médecins. Ce qui m'énerve c'est qu'ils sont tombés dans une sorte de lutte contre les antibiotiques, à mon avis excessive et maladroite.

Ils ont fait fuir l'industrie pharmaceutique qui ne développe plus les milliers de molécules anti-infectieuses qu'ils ont dans leurs placards.

Et surtout, ce qui est idiot, c'est qu'il y a des molécules anti-infectieuses qui sont des anti-parasitaires qui ont une action sur les Borrelia et les maladies associées. Il y a même des anti-lépreux qui marchent.

Mais on n'a plus le droit de les utiliser si on n'a pas une certitude diagnostique, donc dans le Lyme, on est mal parti.

On a plein de bâtons dans les roues pour développer des stratégies qui n'auraient pas d'influence sur la résistance aux antibiotiques.

Si je parle de ça à mes collègues, ils vont me dire "Des anti-parasitaires dans le Lyme ? C'est du charlatanisme." Non, c'est publié. Mais ils ne connaissent pas la littérature.


Que conseiller à un généraliste sur le sujet ?


Je lui conseillerais de se former. Quelques groupes de généralistes assurent des formations.

Ce n'est pas d'un niveau scientifique très élevé pour l'instant. Ils ont leur expérience, ils ont l'expérience de choses publiées, mais tout dans cette expérience n'est pas publié. C'est un peu ce qu'on leur reproche.


Il faut surtout que les autorités acceptent que des formations soient faites par des médecins qui croient au Lyme chronique et qui en ont l’expérience.

Pour l'instant c'est compliqué.


Il faut aussi un engagement formel des autorités pour arrêter les persécutions de médecins. A ce moment-là, on pourra commencer à travailler en réseau, faire des formations…

Il faudrait mettre très rapidement autour de la table les quelques laboratoires de biologie vétérinaire qui font des diagnostics superbes et qu'on puisse organiser le transfert de cette technologie sur des laboratoires de microbiologie humaine.

Les animaux sont mieux dotés en termes de tests que les humains. C'est quand même un scandale.


Un nouveau protocole de soins en juillet Marisol Touraine a annoncé un nouveau protocole de diagnostic et de soins, qui sera présenté en juillet.

C'est une demande importante des acteurs de la maladie de Lyme, qui dénoncent aujourd'hui un protocole imposant des tests de diagnostics qu'ils jugent peu fiables.

Un groupe de travail, auquel participeront des représentants de malades, doit être constitué. Il se réunira pour la première fois en mars.

"C’est une avancée positive car ce programme va remplacer la Conférence de consensus de la SPILF de 2006, maintenant considérée comme obsolète par le ministère", a réagi le Pr Perronne.

"J’espère que les futurs participants dont beaucoup ne croiront toujours pas au Lyme chronique mettront de la bonne volonté pour avancer.

Il y aura dans le groupe des représentants de malades, ce qui est crucial."

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 07:52

Critical review of studies trying to evaluate the treatment of chronic Lyme disease
Revue critique des études essayant d’évaluer le traitement de la maladie de Lyme chronique
Doi : 10.1016/j.lpm.2015.06.002
Christian Perronne
Références
mardi 21 juillet 2015
Although antibiotic treatment for Lyme disease is effective in some patients, especially during the early phase of the disease, many patients suffer from chronic disease with persisting and evolving signs and symptoms. The role of persistent microorganisms in the pathophysiology of chronic syndromes following Lyme disease treated according to the current recommendations is still being debated [1, 2, 3]. The clinician has no diagnostic test to use in routine practice to check for the persistence of live Borreliae. Several publications show contradictory results regarding the treatment of chronic Lyme disease.
Efficacy of prolonged antibiotic treatment for chronic Lyme disease
The efficacy of long-term antibiotic treatment in patients with chronic Lyme disease or chronic syndromes following tick-bites is still controversial [2]. Several open-label studies have shown that a large proportion of patients with chronic Lyme disease improve after prolonged courses of antibiotic treatment [4, 5, 6]. For their condition to improve, patients with a long history of the disease required longer antibiotic treatments. Several randomized studies tried to evaluate the efficacy of antibiotic treatment versus placebo in chronic Lyme disease. In one study, no difference was shown [7]. In the two following studies, a significant albeit limited beneficial effect of antibiotic therapy was demonstrated. In the study by Krupp et al., a four-week course of treatment with ceftriaxone improved the fatigue syndrome as reassessed at 6 months, with a significant improvement of 64% in the ceftriaxone group versus 18.5% in the placebo group (P

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED
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