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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 07:46

Cellectis a organisé le 1er dîner issu de l’édition du génome à New York

31 octobre 2016 – New York (N.Y.) –

Cellectis (Alternext: ALCLS; Nasdaq: CLLS), société biopharmaceutique spécialisée dans le développement d'immunothérapies fondées sur des cellules CAR-T ingénierées (UCART), annonce aujourd’hui que la Société, en collaboration avec sa filiale dédiée aux biotechnologies agricoles

Calyxt, a organisé le premier dîner à partir d’aliments issus de l’édition du génome. Le dîner qui s’est tenu le 20 octobre 2016 à New York a demandé six mois de préparation et de nombreux tests culinaires conduits par The Lab-Ducasse Conseil au cours desquels les ingrédients ont été préparés de différentes manières.

Parmi les invités figuraient des professeurs d’universités, des médecins, des journalistes, des célébrités, des entrepreneurs et des leaders d’opinion.

Ce repas, composé de six plats, comptait une variété d’aliments dont du soja à haute teneur en acide oléique et des pommes de terre issus de l’édition du genome.

Le dîner comprenait notamment : Burger de tofu et soja, Houmous de soja, daurade et citron, Gâteau de pommes de terre au four ou Soja, poisson mariné et caviar.

Calyxt s’appuie sur la technologie de pointe TALEN® pour développer des cultures plus saines en effectuant une délétion de l’ADN, sans jamais ajouter le moindre ADN étranger.

“Ce dîner – véritable repas du 21e siècle – marque une étape majeure à la fois pour Cellectis et Calyxt”, explique André Choulika, Président-directeur général de Cellectis et Président de Calyxt.

“C’est non seulement un moment historique pour les industries agro-alimentaires et biotechnologiques, mais également pour les citoyens du monde entier qui sont en quête de réponses face aux problèmes de santé de notre société.

Ce repas est un bon indicateur de comment l’édition du génome va transformer ce que nous mettrons dans nos assiettes dans un futur proche.”

“L’édition du génome a un énorme potentiel pour améliorer nos vies et notre alimentation tout en minimisant notre impact sur l’environnement via les aliments que nous produisons et consommons,” ajoute Federico Tripodi, Directeur général de Calyxt.

“Nous pensons que les aliments de qualité produits par Calyxt répondront aux enjeux du développement durable et du changement climatique, tout en apportant des éléments de réponse aux problèmes de notre société tels que l’obésité, le diabète ou encore le mauvais cholestérol.

Les possibilités sont infinies ; chaque jour, les consommateurs sont de plus en plus attentifs à leur alimentation, et nos produits seront développés pour répondre à leurs besoins.

Ce dîner représente une première étape en ce sens, avec pour mission de mettre en lumière l’impact positif que l’édition du génome aura sur la vie des consommateurs dans les mois et les années à venir.”

Les photos du dîner ainsi que le menu sont disponibles sur demande.

A propos de Cellectis

Cellectis est une entreprise biopharmaceutique spécialisée dans le développement d’immunothérapies fondées sur les cellules CAR T ingénierées (UCART).

Sa mission est de développer une nouvelle génération de traitement contre le cancer, grâce aux cellules T ingénierées.

Cellectis capitalise sur ses 16 ans d'expertise en ingénierie des génomes - s’appuyant sur ses outils phares les TALEN® et les méganucléases, et sur la technologie pionnière d’électroporation PulseAgile – afin de créer une nouvelle génération d’immunothérapies.

L’immunothérapie adoptive anti-cancer développée par Cellectis est fondée sur des cellules T allogéniques exprimant un récepteur antigénique chimérique (CAR).

Les technologies CAR sont conçues pour cibler des antigènes à la surface des cellules cancéreuses. Grâce à ses technologies pionnières d'ingénierie des génomes appliquées aux sciences de la vie, le groupe Cellectis a pour objectif de créer des produits innovants dans de multiples domaines ciblant plusieurs marchés.

Cellectis est cotée sur le marché Alternext (code : ALCLS) ainsi que sur le Nasdaq (code : CLLS).

A propos de Calyxt

Calyxt est une entreprise en pleine croissance qui s’appuie sur la technologie de pointe TALEN® pour développer des produits plus sains pour les consommateurs tout en aidant les agriculteurs et l’industrie agro-alimentaire à réduire leur impact sur l’environnement en particulier dans le contexte de changement climatique, marquant ainsi une nouvelle ère de l’agriculture.

Chez Calyxt, nous avons la conviction que les technologies agricoles peuvent avoir un véritable impact positif sur l’humanité et nous cherchons à mobiliser tous ceux qui partagent notre passion de l’alimentation et de l’agriculture.

Calyxt est implanté dans la région de Minneapolis-St.Paul (Minnesota, États-Unis) et est une filiale de Cellectis.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Nutrition
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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 07:37

Les merveilles de la recombinaison homologue

A la racine de la révolution de l'édition de génome se trouve un processus biologique naturel à l'oeuvre dans chacune de nos cellules: la recombinaison homologue.

Notre patrimoine génétique tient dans 22 paires de chromosomes auxquels s'ajoutent les chromosomes sexuels XX ou XY qui forment la 23e paire.

Pour chaque paire, le brin d'ADN formant un des deux chromosomes nous est transmis par le père, l'autre par la mère.

Tout gène existe donc en deux versions, appelées des allèles: l'allèle paternel et l'allèle maternel. Quand l'un des deux est défectueux, la cellule met en branle un système de «back-up» qui consiste à aller chercher l'allèle correspondant sur l'autre chromosome de la paire.

En s'aidant, pour le localiser, de la ressemblance - l'homologie - entre les séquences en amont et en aval dudit gène sur les deux chromosomes.

La cellule en fait alors une copie, qu'elle insère ensuite à la place de l'allèle défectueux: c'est la recombinaison homologue.

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 07:35

Des machines à tuer les tumeurs

L'actif le plus précieux de Cellectis tient dans une simple seringue. Un dé à coudre d'un liquide transparent qui révèle au microscope d'infimes bulles: des cellules CAR-T, un type de globule blanc un peu «trafiqué» par le génie humain.

Dans l'organisme, chaque cellule T joue le rôle d'un tueur de masse.

Elle fonce sur toute cellule qu'elle ne reconnaît pas comme appartenant à cet organisme ou qu'elle «sent» agressée par un agent extérieur (une cellule infectée par le virus de la grippe, par exemple) et lui injecte de savants poisons qui la détruisent.

Mieux ! Tout en procédant à cette opération de nettoyage, elle se multiplie en centaines de milliers d'exemplaires, chacun capablede dégorger ses poisons salvateurs entre 5000 et 10000 fois avant de rendre les armes!Il y a quelques années, des chercheurs ont trouvé comment transformer cette formidable machine à tuer en médicament contre le cancer - une prolifération incontrôlée de nos propres cellules - mais qui posait un problème de taille, puisque les cellules T ne reconnaissent pas spontanément les cellules cancéreuses comme dangereuses.

Pour leur forcer la main, les biologistes ont alors eu l'idée d'y introduire un gène qui exprime un récepteur appelé CAR, celui-ci agissant comme une tête chercheuse de cellules cancéreuses.

Et ça marche! C'est ainsi qu'il y a cinq ou six ans, les premiers leucémiques, déclarés perdus une fois tous les traitements classiques tentés, furent sauvés in extremis.

Les médecins leur avaient prélevé des cellules T, les avaient transformées génétiquement en CAR-T, puis les leur avaient réinjectées.

Ce type de traitement est dit «autologue»: les cellules T du malade sont «éditées» et remises en circulation dans son système immunitaire.

C'est la voie explorée jusqu'ici par les concurrents américains de Cellectis.

Une stratégie thérapeutique désormais éprouvée mais longue et coûteuse, car elle ne peut pas être standardisée.Cellectis a choisi une approche différente, le traitement «allogénique»: on vous injecte non plus vos propres cellules T (modifiées en CAR-T), mais celles récupérées auprès des banques du sang.

Ce qui a deux avantages.

Ces cellules T allogéniques proviennent de donneurs généralement jeunes et en bonne santé, et sont donc plus efficaces que celles de cancéreux déjà épuisés par la maladie.

Et, avantage non négligeable, le traitement allogénique peut être industrialisé, contrairement au précédent.Mais l'approche allogénique, pour réussir, devait d'abord relever un redoutable défi. Introduire les cellules T d'une personne dans l'organisme d'une autre peut provoquer le «syndrôme du greffon contre l'hôte», une maladie atroce qui voit sa victime se consumer de l'intérieur.

C'est là qu'interviennent les Talen - et le talent! - de Cellectis. Grâce à ces ciseaux moléculaires ultraprécis, la biotech française est capable de récrire le génome des cellules CAR-T de telle sorte que leur système de reconnaissance du «non-soi» soit neutralisé.

C'est avec une dose de ces cellules CAR-T allogéniques, envoyée à Londres par Fedex, que la petite Layla a été sauvée en 2015.Pour l'heure, les cellules CAR-T de Cellectis, et de ses concurrents, fonctionnent seulement contre les tumeurs liquides, c'est-à-dire les leucémies.

Pour les tumeurs solides du type cancer du foie ou du pancréas, qui se présentent sous la forme d'une boule compacte, l'action de surface des superglobules blancs est plus limitée.

«On ne pourra jamais détruire une tumeur solide avec une unique injection de CAR-T.

Mais il est probable qu'à l'avenir elles seront utilisées pour finir de nettoyer une tumeur qui aura été préalablement traitée par la chirurgie ou la chimiothérapie», pronostique André Choulika.

«Les cellules CAR-T sont assurément l'un des outils qui va nous permettre, d'ici à 2030-35, de transformer le cancer en maladie chronique dont on ne meurt plus, à l'instar du sida avec les tri-thérapies», renchérit Laurent Alexandre.

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 07:32

Cellectis, la pépite française anticancer.

Par Yann Verdo;solveig Godeluck

La biotech fondée par André Choulika est à la pointe des thérapies géniques contre le cancer. Une maladie dont on devrait cesser de mourir d'ici une quinzaine d'années.

Le génial biologiste publie un livre passionnant: «Réécrire la vie, la fin du destin génétique».

Il y raconte comment, depuis 1999, Cellectis rebondit à chaque évolution scientifique.

En novembre 2015, lorsque le visage de la petite britannique Layla Richards, un an, est apparu au journal télévisé, André Choulika n'a pu retenir ses larmes.

La thérapie génique mise au point par sa société Cellectis venait de sauver la jeune patiente, atteinte d'un cancer dont aucun traitement n'était venu à bout, une leucémie lymphoblastique aiguë.

Une première mondiale, et la consécration de tous ses efforts. «Depuis le début, mon objectif est de sauver des gens», s'émeut cet ancien chercheur de l'Institut Pasteur, qui a abandonné paillasse et pipettes pour se consacrer aux applications de l'édition du génome.

Autrement dit, l'ensemble des techniques de réécriture du patrimoine génétique mises au point à partir des années 90, après la découverte d'un mécanisme naturel de restauration de l'ADN: la recombinaison homologue.

«La génétique a connu des avancées formidables en termes de recherche, mais sur le plan thérapeutique les applications sont encore rares.

Avec ses globules blancs génétiquement modifiés pour combattre les leucémies,

Cellectis est à l'épicentre des concrétisations médicales de la génétique de pointe», salue de son côté Laurent Alexandre, chirurgien et prospectiviste, qui a investi massivement de sa fortune dans l'entreprise.

Que de chemin parcouru aussi pour ce petit-fils de réfugiés de la révolution russe, né au Liban et naturalisé Français en 1992.

Avant de devenir l'un des principaux porte-drapeau de la biotech française, André Choulika a connu la guerre. À l'âge de 17 ans, son père l'a forcé à fuirle Liban, seul, après le coucher du soleil, sur un petit bateau à moteur.

Transbordé sur un navire marchand jusqu'en Egypte, puis en avion pour la Suisse, son périple l'a mené jusqu'à Sofia Antipolis, où il a enfin pu retourner au lycée.

Fasciné par l'ADN, ce grand collectionneur de tableaux de Gerhard Richter ou Frank Stella a un moment hésité entre la biologie et une carrière d'artiste. Il s'était même inscrit à l'école Penningen à Paris...

Le jeune André a finalement décroché une bourse à l'Institut Pasteur. Dans les années 90, il a rejoint le laboratoire du professeur Richard Mulligan aux États-Unis.

Et c'est là, dans l'euphorie de l'effort mondial pour cartographier le génome humain, qu'il s'est fait sa religion: il deviendrait entrepreneur.

Avec son ami le virologue David Sourdive, ils ont fondé leur entreprise en 1999.

L'année suivante, les deux chercheurs entrepreneurs amorcent la pompe grâce à un prix scientifique de 3 millions de francs décroché par André Choulika.

Dix-sept ans après sa création, la biotech française est cotée au Nasdaq et sa capitalisation boursière dépasse les 840 millions de dollars.

Elle affiche pourtant un modeste chiffre d'affaires de 56 millions d'euros, certes en hausse de 132% sur un an, et une perte opérationnelle de 28 millions d'euros.

«Quand on nous demande à quel moment Cellectis sera rentable, je réponds:

«Si c'est votre objectif, alors surtout n'investissez pas chez nous»», s'amuse André Choulika.

À l'heure où les médias s'émerveillent de la découverte de nouveaux «ciseaux» moléculaires qui permettent aux chercheurs de modifier l'ADN à peu de frais - des outils répondant au doux nom de Crispr-Cas9 -, les marchés se prennent de passion pour les entreprises pionnières dans les travaux pratiques sur le génome.

Les géants du médicament aussi.

Le laboratoire Servier a ainsi investi 7,55 millions d'euros dans Cellectis en 2014, suivi par Pfizer avec 80 millions de dollars, plus une prise de participation de 10% pour 35 millions.

«Nous avons 300 millions de dollars de cash, mais nous sommes encore sous-financés», assure André Choulika, comparant son pactole avec les sommes colosalles dont bénéficient ses concurrents américains Juno, Kite, Bluebird bio ou le géant suisse Novartis.

Mais le pétillant quinqua, grand et sec, a de l'enthousiasme à revendre... et du recul.

Car Cellectis est une très vieille start-up.

Elle a connu de nombreuses vies et plusieurs cycles économiques. «Quand on crée son entreprise, il faut aimer se «castagner»», philosophe l'ex-karateka, désormais adepte du yoga.

Le dernier grand coup de volant remonte à 2013. Les Talen, la technologie de découpage du génome sur laquelle avait misé Choulika, a soudain été ringardisée par Crispr - avec une certaine injustice.

De plus, le projet un peu fou de stocker des cellules-souches prélevées sur de riches clients n'a pas convaincu.

Il a été finalement plus compliqué que prévu de convaincre des personnes encore en bonne santé de débourser 60000 dollars dans l'espoir que l'on soit, un jour, capable de leur fabriquer des organes de rechange, grâce à l'utilisation conjointe des cellules-souches et de l'impression 3D de tissus biologiques.

Pour couronner le tout, cette activité n'a jamais eu droit de cité en France, où seules sont autorisées les banques biologiques qui font pot commun avec les cellules de tout le monde.

Dans un livre à paraître le 22 septembre, Réécrire la vie, la fin du destin génétique, André Choulika raconte cette année terrible: «La vague de la technologie low cost Crispr, accessible pour 50 euros, a failli nous emporter.

En quatre mois, tout notre marché était par terre. Il nous a fallu nous couper un bras, celui de la recherche, sans anesthésie.»

De 255 salariés, Cellectis passe à 68. Sa valeur boursière s'écroule en dessous de 50 millions d'euros.

En 2014, il faut dire adieu au business hasardeux des biobanques.

L'avenir est dans les CAR-T, des cellules humaines génétiquement modifiées pour isoler et détruire des tumeurs liquides avec une redoutable efficacité (lire encadré page suivante).

Rodney Rothstein, codécouvreur du mécanisme de la recombinaison homologue au début des années 80, admire la réactivité du Français:

«C'est impressionnant de voir comment André a réussi à éviter que sa société n'implose. Il a eu l'intelligence de reconnaître que le marché était dans les cellules CAR-T, puis de signer des partenariats avec Servier et Pfizer, en attendant d'être suffisamment fort pour voler de ses propres ailes.»

Selon André Choulika, le chercheur américain, membre du conseil scientifique de Cellectis jusqu'en 2014, mérite le prix Nobel plus encore que Jennifer Doudna et Emmanuelle Charpentier, les vedettes de Crispr.

Un parfum de revanche André Choulika a tout de suite compris qu'une thérapie génique ne pourrait se vendre à grande échelle qu'à condition d'être produite en série, comme un médicament chimique.

Elle doit donc être fabriquée avec des cellules humaines anonymes.

C'est une révolution car à l'époque toutes les start-up du secteur font du sur-mesure en prélevant les propres cellules sanguines du malade pour élaborer le remède, ce qui est long, coûteux, et parfois impossible.

Dans le laboratoire de Cellectis dans le XIIIe arrondissement de Paris, où l'on navigue entre hottes stériles, frigos, machines trieuses de cellules et ordinateurs, les salariés commandent des poches de globules blancs, puis réexpédient des cellules tueuses de cancer aux hôpitaux partenaires.

Pour l'instant, il ne s'agit que d'essais cliniques non rémunérés. Mais Cellectis a 32 thérapies en préparation, pour éliminer des tumeurs liquides ou solides, dont 15 pour le compte de Pfizer, 5 pour Servier, et 12 en propre.

André Choulika a bon espoir de parvenir à commercialiser un premier traitement contre la leucémie avant 2020. Vu l'effort d'investissement, le traitement coûtera probablement aussi cher que les immunothérapies les plus récentes, soit des cures à 100000 dollars par an et par patient. Mais avec, en une seule injection, la promesse d'une guérison totale et définitive.

Pour l'entrepreneur français, ce retour en grâce a la saveur d'une revanche.

Lors de la crise de 2013, les médias ont enterré un peu vite Cellectis.

En fait, rarement on aura été si peu prophète en son pays.

Déjà à l'institut Pasteur, ses collègues le raillaient pour sa soif de technologies, alors que l'informatique et la robotique ont aujourd'hui envahi la biologie.

Avec les financiers du Vieux Continent, l'incompréhension a été pire.

André Choulika se souvient de ce capital-risqueur des débuts qui ne s'intéressait qu'à «l'equity»(la valorisation des parts sociales) et pas à l'activité elle-même: «Avec David Sourdive on s'est regardés et on a éclaté de rire: des «kwitis»?

On s'est promis de lui en trouver pour lui faire plaisir!»

Heureusement, en retraversant l'Atlantique André Choulika a trouvé des investisseurs qui avaient le bon goût de s'intéresser à la technologie: «Les Américains veulent tout savoir sur votre produit, mais se fichent de la rentabilité immédiate.

Ils te demandent juste si tu as assez d'argent pour tenir, et combien de temps.» «Il y a de très bons scientifiques en Europe, mais c'est vraiment difficile d'y trouver des investisseurs prêts à prendre des risques!» renchérit Rodney Rothstein, qui siège dans des conseils de biotechs de part et d'autre de l'Atlantique - dont Deinove en France.

Et c'est bien ce qui désole André Choulika: que l'Europe regarde passer le train alors qu'elle aurait pu mener la révolution du génome. «Si on refait l'histoire de l'édition de gène, on se souviendra que c'est une invention au départ européenne, faite à l'Institut Pasteur [...], écrit-il dans son livre. Il n'en reste pas moins qu'à l'exception de Cellectis, toutes les sociétés qui ont été montées dans ce domaine-là l'ont été aux Etats-Unis.»

Hélas, contre l'aversion au risque, on n'a pas encore trouvé la solution.

On attend avec impatience une thérapie pour le Vieux Continent. Les ciseaux moléculaires

Si l'ADN est un long ruban de 2 mètres entortillé dans le noyau de nos cellules, les enzymes appelées nucléases peuvent être vues comme des ciseaux de couturière permettant de le couper ici ou là.

Ce que la nature ne se prive pas de faire pour, par exemple, en ôter un bout correspondant à un gène défectueux.

Grâce aux avancées de la recherche, les généticiens ont appris dans les années 90 et 2000 à programmer ces ciseaux moléculaires.

On distingue quatre grandes familles de ces fameux ciseaux programmables: les méganucléases, les nucléases à doigt de zinc, les Talen et les Crispr.

Ces deux derniers, apparus respectivement en 2010 et 2012, sont actuellement les plus utilisés.Les Talen coupent avec une précision inégalée, de véritables scalpels.

Ce sont eux qui rendent aujourd'hui possibles les premières applications thérapeutiques de l'édition de génome.

Mais, dans les laboratoires de recherche, où on a avant tout besoin d'outils pratiques et bon marché, les Crispr s'y taillent donc la part du lion: ils sont si faciles à fabriquer que n'importe quel étudiant en biologie peut s'en procurer sur Internet!.

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 07:15

Instagram, une politique de confidentialité inquiétante

Accepter les termes et conditions d’utilisation est la première chose que les 600 millions d’utilisateurs d’Instagram ont faite la première fois qu’ils se sont connectés à l’application.

Souvent sans savoir à quoi ils s’engageaient. Les utilisateurs d’Instagram ne lisent que très peu les termes et conditions d’utilisation de l’application lorsqu’ils s’y inscrivent.

C’est le constat d’une étude menée par le groupe de travail Growing Up Digital et publiée par l’agence britannique Children’s Commissioner.

Parmi ces “Instagramers”, un tiers sont des adolescents mineurs qui “dispersent involontairement des informations personnelles, sans vraiment comprendre qui peut y accéder, où elles sont stockées et comment elles peuvent être utilisées”, explique au Washington Post Jenny Afia, avocate londonienne ayant participé à l’étude.

À l’attention de ce jeune public, elle a ainsi résumé le règlement de l’application en quelques paragraphes rédigés simplement :

Vous êtes propriétaire des photos et des vidéos que vous publiez, mais nous sommes autorisés à les utiliser, et nous pouvons laisser les autres les utiliser aussi, partout dans le monde. […]

Nous pouvons conserver, utiliser et partager vos informations personnelles avec des entreprises liées à Instagram.

Ces renseignements incluent votre nom, votre adresse électronique, votre école, votre lieu de résidence, vos photos, votre numéro de téléphone, vos préférences et aversions, vos destinations, vos amis, votre fréquence d’utilisation de l’application et tout autre renseignement personnel que nous trouvons, comme votre anniversaire et les personnes avec qui vous échangez, y compris dans les messages privés.”

À l’issue de cette lecture, les adolescents interrogés par The Washington Post se sont montrés très surpris et inquiets. “Je pense que cela devrait être vu par tous les utilisateurs d’Instagram qui veulent s’inscrire et qui ne savent pas à quoi ils s’engagent”, a déclaré une jeune fille de 13 ans au quotidien américain.

Un tel exercice serait également utile à de très nombreux adultes, qui, une fois leur smartphone en mains, oublient de se préoccuper de la confidentialité de leurs données.

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 07:06

«Pourquoi la calorie est cassée?»

C’est le titre d’un article du très sérieux site Mosaic spécialisé dans la médecine et la biologie.

Selon plusieurs études récentes de nutritionnistes et contrairement à une idée bien ancrée, les calories ne permettent pas de réellement mesurer la quantité d’énergie que nous procurent les aliments.

Ainsi, utiliser le nombre de calories théoriquement contenues dans les aliments et donc théoriquement consommées pour faire un régime et perdre du poids ne fonctionne pas.

Bon nombre de personnes qui suivent un régime construit à partir du nombre de calories absorbées et dépensées peuvent en témoigner.

La calorie est une unité de mesure physique qui détermine la quantité de chaleur émise par un aliment pendant sa combustion.

Elle a été découverte en 1848 par un chimiste irlandais Thomas Andrews.

Brûler la nourriture est chimiquement comparable à ce que fait notre corps quand il la digère même si c’est évidemment plus lent et plus contrôlé dans notre corps. Le problème c’est «qu’une calorie n’est pas seulement une calorie».

En clair, la capacité de l’organisme à assimiler ou non cette calorie joue un rôle majeur qui n’est pas pris en compte.

Cela signifie que les calculs de calories qui figurent sur les emballages des produits alimentaires industriels sont inutilisables.

Comme l’explique Techinsider, «la nourriture à un potentiel théorique d’énergie, mais vous ne l’utilisez pas en totalité.

Plus la nourriture est destructurée, plus elle est cuisinée et industrialisée, plus son énergie est consommée par votre corps…

Ainsi, cuire les aliments libère les structures microscopiques qui retiennent l’énergie dans la nourriture facilitant le travail que notre système digestif doit faire».

L’évolution a accompli un progrès majeur quand l’homme a appris à chauffer ses aliments ce qui facilite grandement leur digestion et donc notre capacité à absorber de l’énergie.

Pour en revenir à nos régimes, cela se traduit par le fait que consommer des aliments naturels réduit considérablement le nombre de calories réellement absorbées.

Des noix qui n’ont pas été préparées industriellement ont un apport de calories inférieur de 33% à ce qui est indiqué dans les guides de nutrition qui s’appuient sur le calcul calorique.

«Tous les nutriments, les graisses et les protéines, se trouvent derrières les barrières cellulaires des aliments», explique David Baer, chercheur du ministère américain de l’agriculture (USDA).

Lors de la digestion, il nous faut briser ces barrières, ce que nous ne faisons pas avec une efficacité totale.

Sauf quand la nourriture est cuisinée et plus encore industrielle et que nous absorbons alors le maximum de calories potentielles.

Il y a enfin un autre facteur important qui explique le fait que la construction d’un régime alimentaire à partir des calories est souvent inefficace, c’est le fait qu’il y a des variations considérables selon les personnes sur la façon dont elles métabolisent la nourriture.

C’est notamment lié au fait que nous avons tous un système digestif spécifique et nos propres bactéries qui contribuent à la digestion de ce que nous mangeons.

Pour perdre du poids, la première chose à faire est donc de se connaître.

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 10:23

Au moins 27 000 personnes seraient touchées par la maladie de Lyme, transmise par la tique, chaque année en France. PODCAST Pr Perronne.

 

La maladie de Lyme : une maladie protéiforme dont le diagnostic est compliqué et du coup le traitement aléatoire et parfois mal ciblé.

Après les Etats-Unis, la France promet un plan national de lutte contre la maladie qui devrait être opérationnel d’ici l’été prochain. Des centres régionaux spécialisés devraient voir le jour, ainsi qu’un protocole national de diagnostic et de soin.

Ces annonces clarifient un peu une vive controverse scientifique. Sur la maladie de Lyme, le corps médical est divisé entre orthodoxes et hétérodoxes, les associations de malades sont exaspérées. Pour quelles raisons ? On ouvre le débat dans le téléphone sonne !

Les invités

Chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital de la Pitié Salpêtrière

Chef de service en infectiologie à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches

Journaliste

 

PODCAST :

https://www.franceinter.fr/emissions/le-telephone-sonne/le-telephone-sonne-10-janvier-2017

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 09:40

Les maladies auto-immunes des articulations sont liées à la maladie de Lyme.

 

Arthritis Rheumatol; ePub 2016 Dec 28; Arvikar, et al

January 9, 2017

Rheumatoid Arthritis for January/February 2017

 

Les maladies auto-immunes systémiques des articulations ( p. ex. arthrite rhumatoïde [AR], arthrite psoriasique [PSA], spondyarthrite périphérique [SpA]) peuvent suivre la maladie de Lyme, selon une étude récente.

 

Les chercheurs ont examiné les dossiers de tous les patients adultes suivis dans une clinique d'arthrite de Lyme (LA) sur une période de 13 ans, dans lesquels il y avait une maladie systémique auto-immune diagnostiquée et touchant les articulations après la maladie de Lyme.

Ils ont trouvé:


• 30 patients qui ont été identifiés qui avaient développé un nouveau syndrome de maladie  auto-immune systémique des articulations avec une médiane de 4 mois après la maladie de Lyme (habituellement manifestée par l'érythème migrant [EM]).
• 15 souffraient d'arthrite rhumatoïde (RA), 13 souffraient d'arthrite psoriasique (PsA) et 2 souffraient de spondyarthrite périphérique (SpA).
• Les 30 patients présentaient généralement une polyarthrite, et ceux qui avaient une PsA ou une SpA avaient souvent un psoriasis, une atteinte axiale ou une enthésite antérieures.
• La plupart des patients présentant des troubles systémiques auto-immuns des articulations étaient positifs pour les anticorps IgG de B burgdorferi, détectés par dosage immunoenzymatique, mais avaient des titres significativement plus faibles et des fréquences inférieures d'auto-anticorps associés à la maladie de Lyme que les patients atteints de LA.

 

 

Citations:

Arvikar SL, Crowley JT. Sulka KB, Steere AC. Autoimmune arthritides, rheumatoid arthritis, psoriatic arthritis, or peripheral spondyloarthritis following Lyme disease. [Published online ahead of print December 28, 2016]. Arthritis Rheumatol. doi:10.1002/art.39866.

 

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 15:51

Bruxelles enregistre une initiative citoyenne européenne contre le glyphosate

Herbicide commun mais controversé, le glyphosate a fait l’objet d’une longue bataille autour du renouvellement de sa licence dans l’Union européenne en 2016.

 

image: http://s2.lemde.fr/image/2017/01/10/534x0/5060456_6_e356_une-bouteille-de-l-herbicide-roundup-dans-un_7819154588cb48101a51c32c468d2f1a.jpg

Une bouteille de l’herbicide Roundup dans un magasin de jardinage, à Lille, le 15 juin 2015. Le glyphosate est un principe actif présent dans le Roundup.

Une initiative citoyenne européenne (ICE) visant à interdire le glyphosate a été validée, mardi 10 janvier, par la Commission européenne. En cas de succès de cette démarche, l’UE serait forcée de se prononcer sur la question de cet herbicide commun mais controversé.

Cette ICE, qui sera officiellement enregistrée le 25 janvier, a précisé la Commission, appelle à « proposer aux Etats membres une interdiction du glyphosate, à réformer la procédure d’approbation des pesticides et à fixer des objectifs obligatoires à l’échelle de l’UE en ce qui concerne la réduction de l’utilisation des pesticides ».

« La décision d’enregistrement prise par la Commission ne concerne que la recevabilité juridique de la proposition », souligne l’institution dans son communiqué. « A ce stade, le collège (des commissaires européens) n’a pas analysé l’initiative sur le fond », ajoute-t-elle. L’exécutif européen peut décider de donner suite et déclencher une procédure législative, ou non, mais dans tous les cas, il doit motiver sa décision.

Prolongation temporaire

Substance active utilisée dans les pesticides et herbicides les plus communs et dont les effets sur la santé sont controversés, le glyphosate a fait l’objet d’une longue bataille autour du renouvellement de sa licence dans l’Union européenne en 2016.

Bruxelles s’était finalement résolu à la fin juin 2016 à prolonger temporairement son autorisation jusqu’à la publication d’un nouvel avis scientifique au plus tard à la fin de l’année 2017, tout en restreignant ses conditions d’utilisation.

L’initiative citoyenne européenne est une procédure instituée dans le traité de Lisbonne (2009). Si, en l’espace d’un an, une ICE recueille au moins un million de soutiens de citoyens au sein d’au moins sept Etats membres différents, la Commission est obligée de réagir dans les trois mois.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/01/10/bruxelles-enregistrement-une-initiative-citoyenne-europeenne-contre-le-glyphosate_5060458_3244.html#CmoXQzCvJJtuXTXX.99

 

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 08:15

Un stress intense ou traumatisme entraîne aussi des effets à retardement sur le cerveau, que des chercheurs indiens ont identifié.

C'est un traumatisme que Mme M. n'oubliera jamais : ce jour-là, elle se rend au marché et arpente les stands situés le long d'une route très fréquentée, lorsqu'un cycliste saisit soudainement la chaîne qu'elle porte autour de son cou.

Elle trébuche et tombe à genoux, la chaîne se casse presque immédiatement.

Heureusement, elle ne souffre pas de séquelles physiques, hormis une légère blessure au cou.

Toutefois, cet épisode de stress intense laissera chez elle des traces psychiques qui dureront plusieurs mois, mais qui ne débuteront pas immédiatement, seulement au bout de dix jours environ.

D'où provient cet effet à retardement dans le cerveau ?

C'est ce qu'ont voulu déterminer des chercheurs indiens du Centre national des sciences biologiques de Bangalore, dans la revue Physiological Reports.

Une hausse de l'activité électrique dans l'amygdale

Pour Mme M., le traumatisme s'est matérialisé sous forme de cauchemars quotidiens dix jours après l'incident : dans son sommeil, elle luttait en hurlant contre des voleurs sous formes de fantômes attachés à des chaînes.

Chaque combat la nuit la rendait en colère et déprimée le jour.

Chez le rat, les chercheurs indiens ont constaté qu'une dizaine de jours après le traumatisme, une région du cerveau commence à enregistrer une augmentation de son activité électrique : l'amygdale, connue pour jouer des rôles clés dans les réactions émotionnelles, la mémoire et la prise de décisions.

Ce changement d'activité est lié à la surexpression d'une protéine dès le moment de la période stressante, le récepteur NMDA (N-méthyl-D-aspartate), située au niveau des neurones et cruciale pour la mémorisation.

Il était déjà connu que les changements dans l’amygdale étaient liés au développement du syndrome de stress post-traumatique (SSPT), un trouble qui se développe de manière différée après une expérience angoissante.

"Nous savons que l'amygdale est hyperactive chez les patients souffrant de SSPT, mais l'on ne connait pas précisément le mécanisme entrant en jeu", précise dans un communiqué Sumantra Chattarji, principal auteur de l'étude.

Grâce à cette expérience, le processus s'éclaire : le stress intense a induit chez le rat non seulement une hausse de l'activité électrique mais également la formation de nouvelles connexions nerveuses ou synapses dans l'amygdale.

Lorsque les chercheurs ont induit le blocage du récepteur NMDA au cours de la période stressante, ils sont parvenus à empêcher la formation de ces nouvelles synapses et à stopper l’augmentation de l’activité électrique dans cette région du cerveau.

Une piste de traitement pour bloquer les effets du stress post-traumatique ?

"Nous devons notamment déterminer combien de temps après le stress il est nécessaire de maintenir le blocage du récepteur pour établir une thérapie efficace", conclut Sumantra Chattarji.

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