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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 21:28

Une parisienne a déposé le mercredi 7 juin 2017 un recours pour "carence fautive" au tribunal.

Atteinte de pathologies respiratoires, elle accuse l'Etat de ne pas agir contre la pollution de l'air.

Dans plusieurs régions, d'autres recours vont être prochainement déposés.

Accords de Paris, vignette Crit'air, circulation alternée, les mesures pour l’environnement arrivent enfin…

Mais viennent-elles trop tard ?

Pour Clotilde Nonnez, oui. Cette parisienne de 56 ans porte plainte aujourd’hui devant le tribunal administratif de Paris pour "carence fautive", révèle le Monde.

Cette professeur de yoga originaire de Bretagne a commencé à développer, 3 ans après son arrivée à Paris, des pathologies respiratoires.

D’abord de l’asthme et des bronchites chroniques, puis des pneumopathies, des sinusites, des otites et une pleurésie.

Pour finir par un épisode particulièrement grave d’insuffisance respiratoire aiguë associée d'une péricardite en décembre, une nuit où l’Ile de France est en alerte pollution.

Chacun a le "droit à respirer un air qui ne nuise pas à santé" selon l'avocat de la plaignante "Nous engageons la responsabilité de l’Etat, car nous considérons que les déboires médicaux subis par les victimes de la pollution sont le résultat de l’inaction des autorités administratives contre la pollution de l’air", explique François Lafforgue, avocat de Clotilde Nonnez, au Monde.

Après plusieurs avertissements, la France est mise en demeure par la Commission Européenne pour dépassement des valeurs limites des particules fines et de dioxyde d’azote, particulièrement en Ile-de-France.

Un argument pour l'avocat, qui rappelle que chacun a le "droit à respirer un air qui ne nuise pas à santé", selon le code de l'environnement. Il ajoute que la professeur de yoga n'est pas seule dans son combat : à Paris, Lyon, Lille et en Haute-Savoie, c'est une vingtaine de recours qui vont être déposés dans les prochaines semaines.

La pollution aux particules fines entraine 48.000 décès prématurés par an en France, selon une évaluation de santé publique France.

Selon les calculs de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 3 millions de personnes meurent tous les ans des effets de la pollution de l'air.

En 2015, près de 19 milliards d'euros ont été consacrés à des soins de santé liés à la qualité de l'air et 1,2 milliard de journées de travail ont été perdues.

Les particules fines et notamment celles dont le diamètre est inférieur à 2,5 µm (les PM2,5) pénètrent au plus profond de l'appareil respiratoire, dans les alvéoles, puis dans la circulation sanguine.

Elles sont en grande majorité émises par le chauffage au bois et le trafic automobile.

Sylvia Medina, médecin épidémiologiste, responsable du programme de surveillance air et santé à l'agence Santé publique France rappelle à l'AFP en décembre 2016 que la pollution chronique a un impact sanitaire plus important que les pics de pollution.

A la question "les pics de pollution sont-ils dangereux pour la santé ?", le docteur Medina répondait :

"Oui bien sûr, ils ont un impact important, mais comme ils ne durent généralement que quelques jours par an, leur impact est proportionnellement nettement moins important que celui de la pollution chronique.

Selon une étude réalisée entre 2007 et 2010, seulement 7% des décès et des hospitalisations cardiaques liées à la pollution de l'air à Paris ont pu être attribués aux pics, les 93% restants étant dus à la pollution chronique".

Une victime de la pollution de l'air dépose une plainte contre l'état.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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