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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 05:42

Des chercheurs ont découvert que le facteur FGF19 augmente la masse musculaire chez des souris.

Il apparaît comme une solution thérapeutique chez l'Homme contre ce type de perte lors du vieillissement dans des maladies chroniques (obésité, cancer, insuffisance rénale) ou des situations d’immobilisation.

Le facteur de croissance des fibroblastes 19 (FGF19), une entérokine (une hormone sécrétée par l’intestin) connue pour agir sur le métabolisme des acides biliaires dans le foie, est aussi capable de cibler d’autres tissus et d’exercer un rôle de régulateur du glucose et de l’homéostasie des lipides.

En étudiant l’intérêt thérapeutique potentiel du FGF19 dans les maladies métaboliques telles que le diabète de type 2 et l’obésité, les chercheurs du laboratoire Carmen « recherche en cardiovasculaire, métabolisme, diabétologie et nutrition » (Inserm, Inra, université Claude Bernard Lyon 1, Insa Lyon) dirigé par Hubert Vidal, en collaboration avec l’équipe du Dr. Jérome Ruzzin du Département de biologie de l’université de Bergen (Norvège) ont montré que des souris traitées avec du FGF19 durant sept jours prennent moins de poids et de tissus adipeux alors qu’elles mangent davantage que des souris non traitées.

Dans ces conditions, les chercheurs ont montré que la masse des muscles squelettiques et la force musculaire des animaux traités sont augmentées, identifiant ainsi pour la première fois une nouvelle fonction du FGF19. FGF19 favorise l’augmentation de la masse musculaire

À une échelle moléculaire, les chercheurs ont identifié la voie de signalisation qui entraîne les effets hypertrophiques du FGF19 dans le muscle et démontrent que cet effet est la conséquence d’une augmentation de la taille des fibres, indépendamment du type de fibre musculaire.

Les chercheurs ont ensuite démontré le potentiel thérapeutique du FGF19 en utilisant différents modèles murins présentant une diminution de la masse musculaire, incluant des animaux traités avec un glucocorticoïde, un modèle de souris génétiquement obèse et des souris âgées.

Dans chacun de ces modèles, ils ont mis en évidence la capacité d’un traitement par le FGF19 à préserver ou augmenter la masse et la force musculaire.

« Ceci montre pour la première fois l’intérêt du FGF19 pour lutter contre la fonte musculaire, mais potentiellement aussi en agronomie pour augmenter la masse musculaire des animaux d’élevage », concluent Hubert Vidal et ses collaborateurs qui envisagent la mise en place d’études cliniques pour valider ces observations chez l’Homme.

Ces résultats ont été publiés le 26 juin 2017 dans Nature Medicine.

Un nouvel espoir dans la lutte contre la fonte musculaire

Article de Cordis Nouvelles paru le 18 novembre 2006

Des chercheurs du Laboratoire européen de biologie moléculaire (LEBM) ont établi que le blocage d'une certaine molécule pouvait prévenir la fonte des muscles et améliorer leur régénération, entretenant l'espoir de nouvelles thérapies dans la lutte contre le dépérissement musculaire.

Les résultats de leurs travaux, financés en partie dans le cadre du réseau d'excellence MYORES, relevant lui-même du sixième programme-cadre de l'Union européenne, ont été publiés dans le Journal of Clinical Investigation.

La fonte musculaire se produit lorsque les processus maintenant l'équilibre entre la production de protéines et leur rétention sont désorganisés.

Ce dérèglement peut être la conséquence d'anomalies génétiques, d'une défaillance cardiaque, d'une blessure rachidienne, d'un cancer, de l'immobilité ou même d'un âge avancé.

Malgré le sérieux impact que la faiblesse résultant d'une perte de la masse et de la force musculaires a sur la qualité de vie des patients, la mise au point de traitements efficaces susceptibles d'y remédier se révèle extrêmement difficile.

Lors de ces recherches toutes récentes, les scientifiques ont étudié le rôle de la molécule « signal » NF-kB dans la fonte musculaire.

Si l'on sait depuis un certain temps que la NF-kB joue un rôle clé dans les processus d'inflammation, on n'a découvert que récemment qu'elle était impliquée dans d'autres maladies dégénératives telles que la sclérose en plaques.

Les scientifiques ont retiré génétiquement la molécule NF-kB des muscles des pattes de souris en bloquant une protéine appelée IKK2, qui active la NF-kB. Ils ont ensuite simulé une blessure rachidienne sur la souris en bloquant la communication entre la moelle épinière et le muscle inférieur de la patte, intervention entraînant normalement une fonte musculaire.

« Nous avons fait des observations fort étonnantes », a déclaré le professeur Nadia Rosenthal, responsable de l'unité de biologie de la souris au LEBM.

« Les souris ne présentaient quasiment aucune fonte musculaire suite à la blessure ; leurs fibres musculaires ont conservé une taille, une puissance et une répartition quasiment identiques à celles d'un muscle sain.

Mais ce n'est pas tout : le blocage de l'IKK2 a également contribué à la guérison du muscle.

Sans le signal NF-kB, la régénération musculaire a était bien meilleure et beaucoup plus rapide ».

Foteini Mourkioti et Nadia Rosenthal deux des auteurs de l'étude

Selon les chercheurs, la NF-kB abolit - en réponse à une blessure ou à une inflammation - la production de protéines et stimule leur rétention, entraînant la perte de masse musculaire.

Le blocage de la NF-kB dans les muscles des pattes des souris a donc permis de prévenir la fonte musculaire et d'améliorer la guérison.

Autre molécule suscitant l'intérêt des chercheurs: un facteur de croissance appelé IGF-1.

Dans des études antérieures, le professeur Rosenthal et son équipe avaient établi que l'IGF-1 favorisait grandement la réparation des muscles squelettiques et cardiaques.

Ayant ajouté un codage génétique pour l'IGF-1 au tissu musculaire déjà privé de la NF-kB, les chercheurs ont établi que la protection contre la fonte musculaire s'en trouvait encore améliorée.

« Le fait que la diminution de la NF-kB contribue à conserver notre masse musculaire est un précieux point de départ dans la conception de nouvelles thérapies de lutte contre les myopathies », a expliqué le Dr Foteini Mourkioti, de l'unité de biologie de la souris au LEBM. «

L'ajout de l'IGF-1 a un effet similaire au blocage de la NF-kB ; il doit cependant agir, en partie au moins, indépendamment de la NF-kB, vu que nous avons observé une claire amélioration en utilisant concomitamment les deux traitements ».

Dans un article corollaire, Michael Karin, de l'université de Californie, met en avant les implications de ces nouvelles recherches, relevant que les dystrophies et la fonte musculaires ne sont généralement pas, jusqu'à présent, appréhendées comme des maladies inflammatoires.

« Ces données... suggèrent fortement que les dystrophies et atrophies musculaires devraient elles aussi être considérées comme des maladies inflammatoires et accroissent la perspective de nouvelles thérapies ciblant l'IKK2 ou d'autres étapes dans la voie d'activation de la NF-kB », écrit-il.

Un certain nombre d'inhibiteurs de l'IKK2 et d'autres molécules bloquant l'activation de la NF-kB ayant récemment été mis en évidence, le Dr Karin prône un accroissement des recherches portant sur la capacité de l'inhibition de la NF-kB à prévenir la dégénérescence musculaire, chez la souris dans un premier temps, puis chez l'homme.

« Vu la prévalence des maladies entraînant une dégénérescence musculaire et l'épreuve qu'elles constituent pour les patients en termes de qualité de vie ainsi que leur impact économique majeur, de tels essais sont non seulement justifiés, mais aussi infiniment nécessaires », conclut-il.

Une hormone intestinale pour lutter contre la la perte musculaire. Sarcopénie.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Nutrition
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