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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 08:37

Un test génétique pour le risque d'Alzheimer et Parkinson autorisé aux Etats-Unis

Par Elena Sender Le 11.04.2017

La FDA autorise la société privée 23 & Me à vendre des tests génétiques pour évaluer le risque de dix maladies dont Alzheimer et Parkinson.

Les Américains peuvent maintenant avoir un accès direct à certaines informations sur le risque génétique.

N'importe quel citoyen américain pourra bientôt désormais envoyer un échantillon de salive à la société privée californienne 23&Me et recevoir en retour, six à huit semaines plus tard, sa prédisposition génétique pour une dizaine de maladies dont Alzheimer et Parkinson, moyennant moins de 190 euros.

La Food and Drug Administration (FDA) l'agence américaine des produits alimentaires et médicaments, vient en effet de donner son feu vert à la commercialisation du test.

"Les consommateurs peuvent maintenant avoir un accès direct à certaines informations sur le risque génétique", a déclaré ainsi Jeffrey Shuren, directeur du Center for Devices and Radiological Health de la FDA.

"Mais il est important que les gens comprennent que le risque génétique n'est qu'une pièce d'un puzzle plus gros, cela ne veut pas dire qu'ils vont ou ne développeront pas une maladie".

Selon le communiqué de presse de la FDA un tel test "peut aider à prendre des décisions sur les choix de mode de vie et fournir de l'information lors de discussions avec les professionnels de santé".

500.000 variants génétiques sont recherchés Le test de 23&Me consiste à isoler l'ADN (support des gènes) d'un échantillon de salive, et à y rechercher plus de 500.000 variations de notre génome, la présence ou l'absence de ces variations étant associées à un risque accru de développer des maladies.

Le test en ciblera dix : la maladie coeliaque (intolérance au gluten), le déficit en alpha-1-antitrypsine (un trouble qui augmente le risque de maladies pulmonaire et hépatique), la dystonie primaire à début précoce (un trouble du mouvement), la déficience de facteur XI (hémpophilie C), les cérébrosidoses familiales (la maladie de gaucher), la déficience en Glucose-6-phosphate dehydrogénase (destruction des globules rouges), l'hémochromatose héréditaire (surcharge en fer) et la thrombophilie héréditaire (troubles de la coagulation).

Mais aussi les maladies de Parkinson et d'Alzheimer.

La décision de la FDA a de quoi surprendre car elle avait suspendu la vente des auto-tests de santé de cette société en 2013 faute de données scientifiques suffisantes.

Puis 23&Me, financée par Google, avait pu de nouveau vendre des kits en 2015, mais seulement pour tester la présence de mutations génétiques pouvant accroître le risque de la descendance, d'être atteinte de maladies héréditaires (36) dont la mucoviscidose.

En 2017, la FDA lève l'interdiction : " L'autorisation des tests de risque de santé de 23&Me a été étayée par des données de la littérature scientifique revue par des pairs, qui ont démontré un lien entre des variants génétiques spécifiques et chacune des dix conditions de santé ", justifie la FDA.

Une fois reçue l'information, seul(e), chez soi, que fait-on ?

" Si la nouvelle du risque est délivrée à la maison, sans encadrement d'un conseil en génétique ou d'un médecin pour en expliquer le contexte, il y a un vrai risque psychologique ", met en garde le professeur Philippe Amouyel Professeur de Santé Publique au Centre Hospitalier universitaire de Lille, spécialiste de la génétique de la maladie d'Alzheimer, qui rappelle également qu'avec ces technologies les faux positifs et faux négatifs sont possibles.

La FDA précise que "les résultats obtenus des tests ne doivent pas être utilisés comme diagnostic ou pour prendre des décisions de traitements", et invite les clients à "consulter un professionnel de santé avec les questions et inquiétudes à propos des résultats."

Une exception en France En France, où cette pratique est interdite, de tels tests prédictifs sont parfois utilisés chez des patients en cas de symptômes ou de diagnostic difficile dans des contextes hospitaliers précis et le plus souvent à des fins de recherche médicale.

" Le bénéfice individuel non mesuré à ce jour que pourrait en tirer un sujet a priori en bonne santé est sans commune mesure avec les risques notamment psychologique et social que ce test pourrait induire, assure le professeur Amouyel.

Mais surtout, ces tests génétiques ne peuvent pas déterminer le risque global d'une personne de développer une maladie.

Car en plus de la présence de ces variations génétiques, il existe de nombreux autres facteurs (environnement, mode de vie...) qui contribuent au développement d'un état de santé tout au long de la vie.

Autrement dit, "on peut avoir les variants délétères et ne jamais développer la maladie.

Et à l'inverse, on peut n'avoir aucun de ces variants et développer la maladie", rappelle le chercheur.

Le seul avantage serait, une fois le risque connu, de nous inciter à améliorer notre mode de vie.

Mais là aussi : "J'en doute fort, reprend Philippe Amouyel.

La prévention est une culture, qui ne va pas s'imposer juste par ce qu'on a fait un test génétique pour un risque difficile à percevoir.

Tout le monde sait par exemple que fumer est un facteur de risque qui augmente la probabilité de développer un cancer du poumon.

Pour contrôler ce risque un arsenal de mesures de prévention existe, mais les gens ne s'arrêtent pas de fumer pour autant."

Pour le chercheur, le test génétique pourrait néanmoins devenir pertinent, dans le futur.

"Lorsqu'on aura trouvé un traitement curatif contre la maladie d'Alzheimer ou de Parkinson et qu'il faudra le donner le plus précocement possible afin de stopper la maladie tant que les fonctions intellectuelles sont encore préservée.

Il sera alors intéressant d'avoir des tests génétiques et autres permettant d'identifier les patients les plus à risque pouvant bénéficier de ces traitements".

Un test génétique pour le risque d'Alzheimer et Parkinson autorisé aux Etats-Unis.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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