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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 07:02

Les personnes incapables d’identifier au moins 4 odeurs sur 5 d’un simple test d'odeur sont deux fois plus susceptibles de développer une démence 5 ans plus tard.

C’est le résultat d’une étude du Pr Jayant Pinto et son équipe de l’Université de Chicago, publiée dans Journal of the American Geriatrics Society.

"Ces résultats montrent que l'odorat est étroitement lié à la fonction et à la santé du cerveau", explique le professeur Pinto, qui est également un spécialiste de l'oreille, du nez et de la gorge.

La perte d'odorat, symptôme de la démence La démence désigne plusieurs maladies qui affectent le cerveau, et dont la maladie d'Alzheimer représente 60 à 70 %.

Pour être diagnostiqué atteint de démence, il faut une altération des fonctions cognitives (mémoire, langage…) suffisamment importants pour retentir sur la vie quotidienne et qui durent depuis au moins 6 mois

On estime que 47 millions de personnes souffrent de démence.

Ce nombre devrait atteindre 75 millions d'ici 2030 et 132 millions d'ici 2050.

À l'heure actuelle, il n'y a pas de traitements qui peuvent guérir la démence ou modifier son cours, mais la qualité de la prise en charge est d’autant meilleure que le diagnostic est précoce.

La perte d’odorat est un des symptômes de la démence.

Les chercheurs pensaient que la maladie bloquait la capacité du système olfactif de s’auto régénérer.

Cependant, les chercheurs pensent aujourd’hui que les dégâts dans le système olfactif périphérique pourraient être non pas une cause, mais un symptôme spécifique et précoce d'Alzheimer.

Identifier moins de 4 odeurs sur 5 = 2 fois plus de risques de développer une démence

Aux Etats Unis, les auteurs de l’étude ont interviewé et testé un échantillon représentatif à l'échelle nationale de 2 906 personnes âgées de 57 à 85 ans.

Ils ont dû identifier cinq odeurs (menthe poivrée, poisson, orange, rose et cuir), une à la fois, à l’aide d’un dispositif similaire à un stylo à feutre.

Chaque fois, ils devaient sélectionner la bonne réponse parmi quatre choix.

Les chercheurs ont constaté que la grande majorité des participants ont pu identifier correctement au moins 4 odeurs sur 5. 7% n’ont identifié que 2 ou 3 des 5 odeurs, 2,2% une seule, et 1% aucune.

Après 5 ans, les participants ou un de leurs proches ont été interrogés à nouveau.

Les chercheurs ont alors constaté que les participants qui n'avaient pas été en mesure d'identifier au moins 4 des 5 odeurs étaient plus de deux fois plus susceptibles d’avoir développé une démence au cours des 5 années de suivi. Ils ont également constaté que moins les patients avaient identifié d’odeurs, plus ils étaient susceptibles d’avoir développé une démence à 5 ans.

Identifier précocement le risque de démence

« Nous pensons qu'un déclin de l’olfaction, en particulier, mais plus largement de la fonction sensorielle, peut être un signe précoce important du risque de démence », commente le Pr Pinto.

Un test de ce genre utilisé en pratique clinique serait évidemment un signe du déclin précoce du cerveau « plus facile à quantifier au fil du temps que la cognition globale », ajoute le Dr Stephen Thielke de la Faculté de psychiatrie et de sciences du comportement de l'Université de Washington à Seattle dans un édito lié.

Cependant, les chercheurs précisent que cet outil ne permettrait pas de diagnostiquer une démence précoce, mais d’identifier les personnes à risque.

Avec pour objectif de les diriger vers une prise en charge visant à prévenir la démence dès les premiers stades.

Un simple test par 5 odeurs est prédictif du risque de démence dans les 5 ans.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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