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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 08:56

Un maire charentais prend un arrêté anti-pesticides, la FNSEA s'y oppose

La décision a fait réagir au sein de la commune de 7200 habitants.

Philippe Huguen Le maire de Ruelle-sur-Touvre a décidé d'interdire l'épandage de pesticides à moins de 50 mètres des habitations.

La FNSEA locale a saisi le préfet, craignant un "impact trop fort sur l'économie agricole".

"C'est une question de bon sens."

La semaine dernière, le maire de Ruelle-sur-Touvre a pris un arrêté pour interdire les pulvérisations de produits phytosanitaires à moins de 50 mètres des habitations.

"Je suis responsable de la santé de mes administrés. Or ces produits sont des poisons", affirme à L'Express Michel Tricoche, élu de gauche sans étiquette.

Cette décision a fait réagir au sein de la commune de 7200 habitants.

"Mon voisin et ami est agriculteur. C'est pas facile en ce moment", concède le maire qui assure néanmoins avoir reçu de nombreux messages de soutien de toute la France.

La Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles en Charente (FDSEA 16) a de son côté saisi le préfet pour faire invalider l'arrêté.

"On ne sort pas"

En 2014, une habitante de cette ville située en Charente, s'est plaint d'avoir été intoxiquée.

"Nous étions quatre dans ma véranda ouverte un après-midi de mars. Il faisait beau. L'agriculteur est passé avec son pulvérisateur. On s'est tous mis à tousser", raconte-elle au journal local Charente Libre.

Dans la soirée, Chantal Dislaire se sent mal.

Les médecins lui diagnostiquent une pleurite -une inflammation de la plèvre. "Ils m'ont dit que c'était à cause des pesticides", affirme-t-elle.

Ruelle-sur-Touvre se situe à quelques kilomètres d'Angoulême.Ruelle-sur-Touvre se situe à quelques kilomètres d'Angoulême.

Deux autres riverains déplorent l'impact des pesticides sur l'environnement.

Selon Patrice Mercier et Chantal Chopinet, cités par la Charente Libre, les lapins sauvages qui envahissaient leur quartier ont disparu.

"Quand l'agriculteur traite, on ferme tout et on ne sort pas", expliquent-ils. Impact économique

Une dizaine d'agriculteurs sont concernés par la décision du maire. Pour eux, l'arrêté représente la perte d'une centaine d'hectares.

"C'est 40% de ma surface cultivable dans la commune qui sera bloquée", indique Patrick Mounier, un agriculteur contacté par L'Express.

"Si ce type d'arrêté devait se généraliser, c'est un quart de chaque exploitation qui ne serait plus cultivable, soit l'équivalent d'une main d'oeuvre au chômage l'année prochaine", affirme-t-il.

Même son de cloche du côté de la FNSEA. "Les agriculteurs sont des professionnels formés, qui [...] ont investi dans du matériel de précision", indique Eric Thirouin, vice-président de la FNSEA, à L'Express.

"Retirer de la production 50 mètres le long des parcelles non agricoles n'est pas une solution.

Elle impacterait trop fortement l'économie agricole, y compris les circuits courts et l'agriculture biologique."

"Le maire ne nous a même pas rencontrer pour en parler", regrette également Patrick Mounier. "

Il nous accuse d'avoir empoisonné quelqu'un, alors qu'on utilise des systèmes électroniques embarqués qui nous permettent de mettre la bonne dose, au bon endroit, au bon moment.

On nous juge comme si on était encore dans les années 80, quand les produits et la réglementation n'étaient pas les mêmes", précise l'agriculteur.

"Je comprends que l'odeur dégagée par les pulvérisations puisse faire peur, mais ce n'est pas pour autant que vous êtes intoxiqués.

Les doses appliquées dans les champs sont tellement fines."

"Ce serait incohérent" Pourtant, un arrêté préfectoral pris en mai 2016 interdit l'épandage à moins de 50 mètres autour des établissements publics accueillants des enfants ou des personnes âgées, rétorque Michel Tricoche.

"Pourquoi faire la différence entre les établissements publics et les habitations?

Ce serait incohérent de la part du préfet de casser mon arrêté alors que celui-ci existe."

Le maire de Ruelle-sur-Touvre espère "qu'il y aura une prise de conscience".

"Il faut que le gouvernement prenne ses responsabilités. Soit il maintient tous les arrêtés, soit il les casse tous", affirme l'élu, précisant que si la première solution devait être retenue, il aiderait les agriculteurs.

"Si le gouvernement reconnaît la nocivité des produits, il devra dédommager les agriculteurs pour la perte des leurs terrains."

Par Juliette Pousson, publié le 24/03/2017 lexpress

Un maire charentais prend un arrêté anti-pesticides, la FNSEA s'y oppose .
Un maire charentais prend un arrêté anti-pesticides, la FNSEA s'y oppose .
Un maire charentais prend un arrêté anti-pesticides, la FNSEA s'y oppose .

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Nutrition
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