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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 23:26

Un em­ployé sur six est me­nacé par le burn-out

Une en­quête de Se­cu­rex montre que le risque de burn-out chez les tra­vailleurs est passé de 10% à 17% en trois ans.

Le burn-out pend au nez de plus en plus de tra­vailleurs.

C’est une en­quête réa­li­sée par le se­cré­ta­riat so­cial Se­cu­rex qui le dit.

Le nombre d’em­ployés pré­sen­tant un risque de burn-out est passé de 10% en 2014 à 17% au­jour­d’hui.



17%

D’après l’en­quête menée par Se­cu­rex au­près des tra­vailleurs, 17% d’entre eux pré­sentent de gros risques de burn-out. Près de deux fois plus qu’il y a 3 ans.

D’où sort cette don­née?

Se­cu­rex a sondé un échan­tillon de 1.552 tra­vailleurs en leur sou­met­tant des ques­tions liées aux stres­seurs clas­siques: in­ten­sité du tra­vail, pers­pec­tives de car­rière, charge émo­tion­nelle et charge phy­sique, condi­tions de tra­vail, re­la­tions de tra­vail…

Cette mé­thode per­met de dé­ce­ler les per­sonnes qui sont le plus à risque.

On ne brosse donc pas ici un ta­bleau du nombre de cas de burn-out dé­cla­rés. Mais bien le nombre de tra­vailleurs les plus ex­po­sés aux risques.

D’après l’en­quête de Se­cu­rex, les tra­vailleurs ap­pro­chant des 40 ans et qui bossent à temps plein sont les plus ex­po­sés. Ils su­bissent un excès de stress au tra­vail cu­mulé à une pres­sion de la sphère pri­vée (jeunes en­fants à gérer, etc.).

Les sta­tis­tiques montrent aussi que 18% des tra­vailleurs à temps plein sont ex­po­sés aux risques, contre 13% des temps par­tiels.

Côté py­ra­mide des âges, 19% des moins de 35 ans sont ex­po­sés aux risques, 23% des 35 et 39 ans et 14% des plus de 40 ans.

Cette si­tua­tion est pré­oc­cu­pante, dit Se­cu­rex, car elle touche des groupes d’em­ployés cen­sés en­core tra­vailler long­temps.

Per­sonne n'y échappe

Se­cu­rex a éga­le­ment cher­ché à sa­voir si le burn-out pou­vait im­pac­ter da­van­tage les em­ployés que les ou­vriers.

Il res­sort de l’en­quête que non.

Les deux ca­té­go­ries de tra­vailleurs en­courent les mêmes risques, de même que les per­sonnes fai­ble­ment ou hau­te­ment sco­la­ri­sées, les cadres ou les em­ployés. Les hommes et les femmes y sont aussi confron­tés dans la même me­sure.

L’étude ne constate pas de dif­fé­rence entre sec­teurs, ré­gions, taille d’en­tre­prise.

Bref, per­sonne n’est à l’abri du burn-out. Ou quasi.

Se­cu­rex ap­porte une nuance aux ré­sul­tats de son étude.

"Le burn-out est de moins en moins tabou.

Les tra­vailleurs ad­mettent peut-être plus fa­ci­le­ment que par le passé qu’ils sont ou se sentent épui­sés.

C’est néan­moins un si­gnal", dit Heidi Ver­lin­den, ex­perte en res­sources hu­maines.

D’après les don­nées of­fi­cielles de l’In­ami, 7.653 per­sonnes étaient prises en charge par l’as­su­rance-ma­la­die in­va­li­dité de­puis plus d’un an, parce qu’elles avaient dé­ve­loppé ce trouble psy­cho­lo­gique lié au tra­vail en 2015.

Des sta­tis­tiques in­quié­tantes, et qui res­tent par­tielles.

En effet, les cas de burn-outs qui ont eu une durée de 6 ou 9 mois ne sont pas re­pris dans ces chiffres.

Tout comme les burn-outs qui ne sont pas dé­tec­tés comme tels.

Pour­quoi de telles hausses?

Se­cu­rex avance deux fac­teurs.

D’une part la pres­sion et le stress de plus en plus éle­vés au tra­vail.

D’autre part l’équi­libre vie pri­vée/vie pro­fes­sion­nelle qui de­vient plus dif­fi­cile à trou­ver.

Les tra­vailleurs ont de plus en plus de mal à ré­cu­pé­rer quand ils sont dans la sphère pri­vée.

Et une faible ré­sis­tance au stress (sou­vent chez les per­fec­tion­nistes, les pes­si­mistes et les per­sonnes ayant des at­tentes trop éle­vées) aug­mente en­core les risques de burn-out.

Que faire pour en­di­guer le phé­no­mène?

"Il faut aug­men­ter la confiance du tra­vailleur et son sen­ti­ment d’au­to­no­mie, dit Heidi Ver­lin­den.

Pour cela, il faut re­don­ner du sens au job du tra­vailleur en souf­france, et mieux uti­li­ser ses ta­lents."

Une autre étude de Se­cu­rex a en effet déjà dé­mon­tré que les tra­vailleurs mo­ti­vés ont moins de risque de tom­ber en burn-out que leurs col­lègues qui tra­vaillent "parce qu’il le faut".

La spé­cia­liste RH pointe aussi que la res­pon­sa­bi­lité du tra­vailleur et de l’em­ployeur est par­ta­gée.

"C’est aussi au tra­vailleur à trou­ver lui-même un em­ploi et un en­vi­ron­ne­ment de tra­vail qui sera épa­nouis­sant pour lui, où il par­ta­gera des ob­jec­tifs et va­leurs com­munes, qui lui pro­cu­re­ront un sen­ti­ment d’ap­par­te­nance et qui lui don­ne­ront plus de confiance et aug­men­te­ront son sen­ti­ment d’au­to­no­mie."

03 oc­tobre 2017

L'Echo

Na­tha­lie Bamps

Un em­ployé sur six est me­nacé par le burn-out.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED
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