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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 10:37

Et si la médecine anti-âge passait par le microbiote intestinal ?

Depuis plusieurs années, le microbiote intestinal fait l’objet de nombreux travaux visant à explorer son rôle dans la santé, le vieillissement et la longévité de l’hôte.

Une revue de la littérature rend compte des résultats les plus récents sur la question et des perspectives thérapeutiques qu’ils ouvrent dans la prévention et la prise en charge des maladies liées à l’âge.


Les évolutions du microbiote intestinal avec le vieillissement


Les modifications de la composition et des fonctions du microbiote intestinal avec l’âge sont aujourd’hui bien décrites et sont associées au processus de déclin immunitaire (ou immuno-sénescence) et à une inflammation chronique de bas grade qui accompagnent les pathologies liées à l’âge.


Avec l’âge, on observe notamment une augmentation des protéobactéries, une réduction des bifidobactéries et une réduction du rapport Firmicutes/Bacteroïdes.

En particulier, les bifidobactéries transmises de la mère à l’enfant par voie vaginale à la naissance et qui représentent 90% du microbiote présent dans le côlon du nouveau né, constituent moins de 5% du microbiote chez les personnes âgées ou atteintes de certaines pathologies.

Ces modifications surviennent progressivement avec le vieillissement.

Une perte de la diversité du microbiote accompagne ainsi l’avancée en âge et la fragilité qui lui est associée.

Il existe également une association entre perturbations du microbiote intestinal et certains états pathologiques :

inflammation chronique, neurodégénération, déclin cognitif, fragilité, diabète de type 1 et 2, stéatose non alcoolique, maladies cardiovasculaires et cancers.


Les altérations des interactions avec l’hôte sont étroitement associées au mode de vie, à l’alimentation à la fragilité et à l’inflammation, qui évoluent avec l’âge.

Les études réalisées chez les centenaires indiquent que l’évolution du microbiome avec l’âge se caractérise par une perte des gènes impliqués dans la synthèse des acides gras à chaîne courte et par une réduction du pouvoir sacharolytique.

Dans le même temps, le « pathobionte », c’est-à-dire les bactéries opportunistes pro-inflammatoires présentes en faible quantité dans le microbiote des individus plus jeunes, devient plus prépondérant.


Moduler le microbiote intestinal pour lutter contre les méfaits de l’âge


Les effets protecteurs du microbiote intestinal sur le vieillissement et la santé de l’hôte sont de plus en plus étudiés dans le cadre d’essais cliniques.

Les résultats indiquent que la modulation du microbiote intestinal (prébiotiques/probiotiques) pourrait être efficace pour prévenir certaines pathologies chez les seniors, notamment en réduisant l’inflammation chronique de bas grade et en améliorant la réponse immune adaptative, contrebalançant ainsi l’immunosénescence.


D’autres mécanismes semblent avoir un effet protecteur comme le maintien de l’intégrité de la barrière intestinale, un niveau de production élevé d’acides gras à chaîne courte, l’augmentation de peptides impliqués dans la régulation du métabolisme glucidique et lipidique, etc.


L’alimentation croisée entre bifidobactéries et les bactéries productrices de butyrate telles que Faecalibacterium prausnitzii et Roseburia joue un rôle essentiel dans la lutte contre les altérations liées à l’âge, car cet acide gras à chaîne courte exerce un effet trophique majeur sur la barrière intestinale.

Il possède également des activités immunomodulatrices et anti-inflammatoires et pourrait avoir un effet thérapeutique potentiel sur le développement des pathologies liées à l’âge (pathologies d’origine immunitaire, cancers et troubles neurologiques, diabète de type 2), notamment en modulant l’expression des gènes de l’hôte par des processus épigénétiques.


L’intérêt thérapeutique des probiotiques


Les bénéfices des probiotiques sur le microbiote intestinal et sur la santé de l’hôte sont aujourd’hui reconnus : ils renforcent la barrière intestinale, modulent le système immunitaire et agissent sur la production de neurotransmetteurs via l’axe intestin-cerveau.


Chez les personnes âgées, les probiotiques peuvent atténuer les altérations du microbiote liées à l’âge et ainsi apporter un bénéfice dans le traitement des pathologies gastro-intestinales et respiratoires. Des bénéfices ont également été observés chez les seniors en bonne santé.


Selon les chercheurs, l’effet des probiotiques passerait par le rétablissement ou le maintien du microbiote intestinal, plutôt que par une modification de sa composition.


Aux côtés des nombreux résultats obtenus chez l’animal, des résultats cliniques montrent qu’une supplémentation en probiotiques pourrait améliorer le statut métabolique et cardiovasculaire en abaissant les taux de LDL-cholestérol et le rapport LDL/HDL, et en réduisant les médiateurs de l’inflammation, la glycémie, la pression artérielle et l’IMC.


Les nombreux travaux réalisés chez l’animal et chez l’homme indiquent un bon profil de sécurité dans la plupart des populations. Des effets indésirables gastro-intestinaux, métaboliques, une stimulation immunitaire excessive ou des infections systémiques, ne peuvent cependant être exclus chez certains individus à risque.


Par ailleurs, les bénéfices des probiotiques ne peuvent cependant être généralisés, car les propriétés sont spécifiques à chaque souche. Les effets sur la santé chez l’homme doivent donc être confirmés par des essais séparés.


Les transplantations de microbiote fécal, comme nouvelle approche thérapeutique


La transplantation de microbiote fécal (TMF) ou bactériothérapie consiste à transférer un filtrat de fèces d’un donneur sain à un receveur pour restaurer le microbiote intestinal.

Initialement développée pour traiter les infections à Clostridium difficile, la TMF commence aujourd’hui à être explorée dans d’autres domaines de pathologie comme l’athérosclérose, le syndrome métabolique, le diabète de type 2 ou encore les maladies neurodégénératives et constitue un champ de recherche très prometteur.


Infections à C. difficile : Dans les infections à C. difficile (ICD), l’association d’une TMF à l’antibiothérapie a permis de multiplier par deux le taux de guérison à 3 mois par rapport à une antibiothérapie seule.

Plus récemment, une revue de la littérature incluant 18 essais et 611 patients indiquait un taux de guérison des ICD de 91,2% avec la TMF, avec un faible taux de récidive (5,5%).


Troubles métaboliques : D’élégants travaux chez l’animal ont montré que la TMF pouvait impacter le métabolisme des receveurs.

Ainsi, des souris supplémentées avec les fèces de femmes obèses augmentaient leur adiposité de 20% par rapport aux souris qui étaient supplémentées avec les fèces de femmes non obèses.

Cette augmentation de la masse grasse était négativement corrélée avec le taux de fermentation des acides gras à chaîne courte et positivement corrélée avec le métabolisme d’acides aminés ramifiés.

Chez l’homme, il a été montré que la TMF de donneurs minces à des receveurs présentant un syndrome métabolique pouvait améliorer de façon significative la sensibilité à l’insuline à 6 semaines.

Mais cet effet était dépendant du donneur et probablement lié à la proportion de bactéries productrices de butyrate présentes dans les fèces.


Parkinson : Les modifications du microbiote liées à l’âge semblent également jouer un rôle important dans le domaine des maladies neurodégénératives.

Ainsi, les agrégats d’alpha-synucléine mal repliée (á-syn) impliqués dans la pathogenèse de la maladie de Parkinson sont retrouvés dans le système nerveux entérique avant d’apparaître au niveau central, suggérant une origine intestinale de la maladie.

Et des résultats récents chez l’animal désignent le microbiote intestinal comme un acteur majeur dans l’apparition du déficit moteur, l’activation de la microglie et l’apparition des agrégats d’á-syn.

De nouvelles études sont attendues pour évaluer la TMF dans ce type de pathologie.

Alzheimer : le rôle clé du microbiote a également été démontré dans la maladie d’Alzheimer qui, elle aussi, pourrait bien démarrer dans l’intestin !

L’activité pro-inflammatoire et la production d’amyloïdes par certaines bactéries intestinales pourraient être associées à l’inflammation périphérique présente chez les patients souffrant de troubles cognitifs et d’amyloïdose cérébrale.

Ces résultats récents ouvrent de nouvelles perspectives pour prévenir ou retarder l’apparition de la maladie.


Conflit d’intérêt : Aucun conflit d’intérêt déclaré par les auteurs.


À retenir : Même si de nombreuses limitations, notamment méthodologiques, persistent pour apprécier ces résultats et établir des relations de cause à effet, le nombre de preuves soulignant le lien entre microbiote intestinal et pathologies liées à l’âge est grandissant.

Ces travaux suggèrent que des interventions sur le microbiote intestinal pourraient être envisagées pour traiter certaines maladies liées à l’âge ou pour ralentir certains processus impliqués dans le vieillissement.

Et ces perspectives pourraient être encore élargies en modifiant génétiquement certains micro-organismes, afin qu’ils produisent des substances aidant à lutter contre le vieillissement ou bénéfiques pour la santé. Un nouveau monde thérapeutique est en marche… à suivre.

Références


Vaiserman AM et al. Gut microbiota: A player in aging and a target for anti-aging. Ageing Research Reviews 2017;35:36-45. DOI: http://dx.doi.org/10.1016/j.arr.2017.01.001.

 

3 févr. 2017Univadis Résumés Cliniques
RÉSUMÉ PARAgnès Lara

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 20:08

Une étude australienne démontre formellement que le régime méditerranéen peut aider à réduire les symptômes de la dépression sévère et à améliorer l’humeur des personnes atteintes.

ALIMENTATION.

Le lien entre humeur et alimentation était déjà connu mais aucune étude ne l’avait encore démontré.

C'est chose faite avec celle des chercheurs de l’université Deakin (Geelong, Australie) récemment publiée dans BMC Medicine.

Menée par l’équipe de Felice Jacka et Michael Berk, la très bien dénommée étude Smiles (Supporting Modification of lifestyle in Lower Emotional States) a suivi une soixantaine de patients tous déprimés, sous antidépresseurs ou en psychothérapie, atteints de dépression modérée à sévère, selon le score sur une échelle de la dépression, celle de Montgomery Asberg.

La moitié d’entre eux ont reçu sept consultations nutritionnelles de 60 minutes pour les aider adopter un régime méditerranéen dit ModiMedDiet, faisant la part belle à l’huile d’olive et à dix autres aliments (voir l'encadré).

L'autre moitié n’a pas été incitée à modifier ses habitudes nutritionnelles mais en revanche des séances de maintien du lien social leur ont été proposées.

À l'issue des douze semaines de l'étude, les chercheurs ont observé une différence statistiquement significative de 7,1 points sur l’échelle de dépression de Montgomery-Asberg en faveur du groupe ayant adopté le régime méditerranéen.

Avec quatre fois plus de rémissions dans ce groupe. « Cet essai est le premier à répondre explicitement à la question : si j'améliore mon alimentation, ma santé mentale s'améliorera-t-elle ? », commentent les auteurs.

Ces résultats doivent maintenant être reproduits.

Selon les chercheurs, ce régime pourrait agir sur la plasticité neuronale, le microbiote intestinal, l’inflammation et le stress oxydatif.

À démontrer pour que le bonheur et la science soient réunis dans l’assiette. Huile d'olive, légumes et céréales

En se basant sur les recommandations australiennes et grecques, 11 groupes d’aliments ont été privilégiés pour ce régime dit ModiMedDiet.

Céréales entières (5 à 8 par jour) • Légumes (6 par jour) • Fruits (3 par jour) • Légumineuses (3 à 4 fois par semaine) • Produits laitiers peu gras et non sucrés (2-3 par jour) • Graines entières et non salées (1 par jour) • Poisson (au moins deux fois par semaine) • Viande rouge maigre (3 à 4 fois par semaine) • Poulet (2 à 3 fois par semaine) • Œufs (jusqu’à 6 fois par semaine) • Huile d’olive (3 cuillerées à soupe par jour)

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 08:19

NIGELLE et asthme

La prise d’huile de nigelle pourrait améliorer la fonction pulmonaire et le contrôle de l’asthme

L’asthme est une maladie inflammatoire chronique des voies respiratoires. L’inflammation des bronches est pratiquement permanente, même dans les formes légères.

Les polynucléaires éosinophiles sont des cellules de l’inflammation, capables de sécréter toute une série de médiateurs et de protéines particulièrement néfastes pour l’épithélium bronchique, jouent un rôle important dans la maladie.

La nigelle ou cumin noir (Nigella sativa) est une plante aromatique de la famille des renonculacées.

Ses graines noires sont comestibles et utilisées comme épices.

Ses graines et son huile sont utilisées par les médecines traditionnelles d’Asie et du Moyen-Orient pour traiter un large éventail de problèmes de santé.

Le célèbre médecin perse, Avicenne, note déjà dans ses écrits leur intérêt pour le traitement des dyspnées et de l’asthme.

La nigelle contient des terpénoïdes et, en particulier, de la thymoquinone, un puissant antioxydant avec des propriétés anti-inflammatoires et antihistaminiques.

Plusieurs études iraniennes suggèrent qu’elle diminue la sévérité des crises d’asthme et soulage les symptômes de la rhinite allergique.

Une équipe de chercheurs de l’Université du Collège de Londres et de l’Université du roi Abdulaziz, en Arabie Saoudite ont enrôlé dans une étude 80 patients asthmatiques. 60 ont terminé l’étude[1].

Les sujets ont été répartis de façon aléatoire en deux groupes et ont reçu deux fois par jour pendant quatre semaines 500 mg d’huile de nigelle ou un placebo.

Le comptage des éosinophiles dans le sang est considéré comme un bio-marqueur important dans les études cliniques portant sur l’asthme.

Les résultats ont montré que la prise d’huile de nigelle a été associée, par rapport au placebo, à une amélioration significative des scores du test de contrôle de l’asthme.

Elle a également diminué le nombre d’éosinophiles dans sang qui est passé de 50 à 15 cellules par microlitre.

Une amélioration de la fonction pulmonaire a également été observée, mais elle n’avait pas de signification statistique.

Ces résultats montrent que l’huile de nigelle pourrait être un complément potentiel bénéfique dans la prise en charge de l’asthme. [1] Koshak A et al., Nigella sativa supplementation improves asthma control and biomarkers.

A randomized, double-blind, placebo-controlled trial. Phytotherapy research. 2017, january 17.

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 16:08

https://m.youtube.com/watch?v=3rtEMp8_7z4

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 09:13

Confusions sur le cholestérol et controverse sur les statines.

DuBroff R, et al. Monde J Cardiol. 2015. Auteurs DuBroff R1,

de Lorgeril M1.

1Robert DuBroff, Département de médecine, Division de cardiologie, Université du Nouveau-Mexique École de médecine, MSC 10-5550, 1 Université du Nouveau-Mexique, Albuquerque, NM 87131, États-Unis. Monde J Cardiol. 2015 26 juillet; 7 (7): 404-9. Doi: 10.4330 / wjc.v7.i7.404.

Le rôle du taux de cholestérol dans le sang dans les maladies coronariennes (CHD) et l'effet réel des statines abaissant le cholestérol est discutable.

En particulier, la question de savoir si les statines réduisent effectivement la mortalité cardiaque et augmentent l'espérance de vie est controversée.

Simultanément, le modèle de régime méditerranéen a été démontré pour prolonger la vie et pour réduire le risque de diabète, de cancer, et de CHD.

Nous examinons ici les données actuelles relatives aux statines et au régime méditerranéen.

Nous concluons que l'espoir que la maladie coronarienne puisse être évitée ou éliminée par simple réduction du cholestérol semble infondée.

Au contraire, nous devons reconnaître les incohérences de la théorie du cholestérol et reconnaître les avantages avérés d'un mode de vie sain incorporant un régime méditerranéen pour prévenir la maladie coronarienne.

PMID 26225201 [PubMed] PMCID PMC4513492

Article complet sur :

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4513492/

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 09:02

De la musique pour faire pousser les plantes

“Le meilleur bio”, titre le quotidien allemand qui consacre une double page à la permaculture, un type d’agriculture dans laquelle les fruits et légumes poussent “sans pesticide, mais parfois avec de la musique”.

Le journal explique pourquoi cette agriculture biologique particulière, qui vise à concevoir des systèmes durables en s’inspirant du fonctionnement de la nature, n’est pas toujours “de la fumisterie ésotérique”.

L’article interroge notamment un gros producteur agricole féru de permaculture, Friedrich Lehmann, qui a installé des hauts-parleurs diffusant de la musique classique pour faire pousser des avocats, des oranges et des mangues – la musique étant censée ouvrir les pores et permettre aux feuilles d’absorber plus d’énergie.

Une idée controversée, note le journal – mais d’autres principes de la permaculture ne le sont pas.

Celle-ci pourrait-elle devenir une production de grande échelle comme l’est aujourd’hui l’agriculture biologique ?

C’est la question posée par le quotidien

De la musique pour faire pousser les plantes “Le meilleur bio”.
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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 09:02

Protection cardiovasculaire : du thé (pour changer du café...) ?

Le thé et le café sont les deux boissons les plus consommées à l'échelon mondial.

Il ne faut donc pas s'étonner de la prolixité de la littérature médicale internationale sur le sujet, au point que les publications sont autant d'épisodes à un feuilleton sans fin, largement alimenté par des épidémiologistes qui ne manquent pas d'imagination.

Le café est plus souvent à l'honneur que le thé, ce qui est notoirement injuste, car il y a probablement plus de buveurs de thé que de café, en sachant que les statistiques mondiales sur ce sujet ne sont pas d'une grande précision ...

Pour autant, il subsiste beaucoup d'incertitudes sur les effets cardiovasculaires de ces deux breuvages, les résultats étant souvent discordants d'une étude à l'autre, habituellement du fait de failles méthodologiques, qu'il s'agisse des critères d'évaluation de leur consommation ou des critères de jugement.

L'étude de cohorte prospective qui vient d'être publiée dans l'American Journal of Medicine est une émanation de la MESA (Multi-Ethnic Study of Atherosclerosis) qui a « fourni » 6 508 sujets d'ethnies diverses.

La consommation de café ou de thé a été évaluée de manière semi-quantitative à partir de questionnaires et trois catégories ont été ainsi distinguées : (1) nulle ; (2) occasionnelle (< 1 tasse par jour) ; (3) régulière ( ≥1 tasse par jour). Le score calcique coronaire (SCC) a été évalué dans tous les cas et sa progression au fil du temps a été estimée sous la forme d'un rapport dérivé d'un modèle mixte par régression, le critère de jugement utilisé étant log (score calcique +1), les coefficients étant de nature exponentielle pour refléter l'évolution par rapport à la valeur de référence avec un maximum de sensibilité.

Les analyses des risques proportionnels propres au modèle de Cox ont servi à évaluer l'association entre la consommation des dits breuvages et l'incidence de certaines évènements cardiovasculaires, notamment accidents vasculaires cérébraux, accidents ischémiques transitoires et infarctus du myocarde.

Progression moindre de la charge calcique coronaire et moins d'événements cardiovasculaires pour les buveurs de thé réguliers Au cours d'un suivi médian de 5,3 années pour ce qui est de l'évolution des SCC et de 11,1 années pour les ECV, la progression de la charge calcique coronaire a été moindre chez les buveurs réguliers de thé, versus les abstinents, après ajustement dans le cadre d'une analyse multivariée.

Cet effet positif sur un marqueur de l'athérosclérose coronaire a été associé à une moindre incidence des ECV à long terme en cas de consommation régulière de thé (≥ 1 tasse par jour), soit un odds ratio (OR) ajusté de 0,71 (intervalle de confiance à 95 %, IC, 0,53-0,95) (versus non buveurs de thé).

La même comparaison n'a révélé aucune tendance de ce type chez les buveurs de café, qu'il s'agisse des scores calciques ou encore de l'incidence des ECV, le hazard ratio ajusté correspondant étant en effet de 0,97 (IC, 0,78-1,20).

La progression de la charge calcique coronaire a certes été corrélée négativement à la consommation de café, mais de façon marginale, à la différence du thé.

Pour une fois, le thé est plus à l'honneur que le café. Cette étude prospective de grande envergure suggère que la consommation régulière de thé freine la progression de la charge calcique coronaire, tout en réduisant l'incidence des ECV à très long terme.

Ces résultats méritent confirmation, mais en attendant, il est licite de s'interroger sur les mécanismes de cet effet cardioprotecteur éventuel et...providentiel.

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 07:49

La quercétine atténue la mort neuronale dans la neurodégénérescence induite par l'aluminium dans l'hippocampe de rat.

Sharma DR, et al. Neuroscience. 2016.

L'aluminium est un métal léger et toxique présent partout sur la terre, qui a reçu une attention considérable en raison de ses effets neurotoxiques.

Il a également été liée écologiquement et épidémiologiquement à plusieurs troubles neurologiques, y compris la maladie d'Alzheimer (AD), la maladie de Parkinson (PD), le complexe guamanien-parkinsonien et la sclérose latérale amyotrophique (SLA).

Le mécanisme de neurotoxicité de l'aluminium est mal compris, mais il est bien documenté.

l'aluminium génère des espèces oxygénées réactives (ROS).

La production augmentee de ROS conduit à la rupture des systèmes de défense antioxydants cellulaires et à la libération du cytochrome c (cyt-c) des mitochondries au cytosol, ce qui entraîne une mort cellulaire apoptotique.

La quercétine (un flavonoïde naturel) le protège contre les dommages oxydatifs et a démontré qu'elle diminue les dommages mitochondriaux dans divers modèles animaux de stress oxydatif. Nous avons émis l'hypothèse que si les dommages oxydatifs aux mitochondries jouent un rôle significatif dans la neurodégénérescence induite par l'aluminium, puis la quercétine devrait améliorer l'apoptose neuronale.

L'administration de quercétine (10 mg / kg de poids corporel / jour) a réduit le stress oxydatif induit par l'aluminium (10 mg / kg de poids corporel / jour) (réduction de la production de ROS, et entraîne une augmentation de l'activité de la superoxyde dismutase mitochondriale (MnSOD)).

De plus, la quercétine empêche la translocation induite par l'aluminium de cyt-c, et régule vers le haut Bcl-2, diminue l'activation de Bax, p53, caspase-3 et réduit la fragmentation de l'ADN.

La quercétine obstrue également les changements neurodégénératifs induits par l'aluminium chez les rats traités à l'aluminium, comme le montrent la coloration par l'hématoxyline et l'éosine (H & E).

D'autres études par microscopie électronique ont révélé que la quercétine atténue le gonflement mitochondrial induit par l'aluminium, la perte de crêtes et la condensation de la chromatine.

Ces résultats indiquent que le traitement par la quercétine peut représenter une stratégie thérapeutique pour atténuer la mort neuronale contre la neurodégénérescence induite par l'aluminium.

Publié par Elsevier Ltd.

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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 08:14

Thérapie non invasive pour réduire la charge corporelle de l'aluminium dans la maladie d'Alzheimer.

Exley C, et al. J Alzheimers Dis. 2006.

Il existe des liens inexpliqués entre l'exposition humaine à l'aluminium et l'incidence, la progression et l'étiologie de la maladie d'Alzheimer.

L'hypothèse nulle qui sous-tend tout lien est qu'il n'y aurait pas de maladie d'Alzheimer en l'absence effective d'un fardeau corporel de l'aluminium.

Pour tester ce dernier élément , il faudrait le réduire et le maintenir à un niveau qui soit proportionnel à la population sans maladie d'Alzheimer.

En l'absence d'interférence humaine récente dans le cycle biogéochimique de l'aluminium, la réaction de l'acide silicique avec l'aluminium a agi comme un contrôle géochimique de la disponibilité biologique de l'aluminium.

Ce même mécanisme pourrait être appliqué à la fois à l'élimination de l'aluminium du corps et à la réduction de l'entrée d'aluminium dans le corps tout en s'assurant que les métaux essentiels, tels que le fer, ne sont pas affectés.

Basé sur le prémisse que l'aluminium urinaire est la meilleure estimation non invasive de la charge corporelle des patients en aluminium avec la maladie d'Alzheimer des patients ont été invités à boire 1,5 L d'une eau minérale riche en acide silicique chaque jour pendant cinq jours et, par comparaison de leur excrétion urinaire de l'aluminium avant et après cette procédure simple, l'influence sur leur charge corporelle de l'aluminium a été déterminée.

L'excrétion urinaire de l'acide silicique (34,3 +/- 15,2 à 55,7 +/- 14,2 micromol / mmol de créatinine) a diminué significativement (P

Ce dernier a été obtenu sans influence significative (P> 0,05) sur l'excrétion urinaire de fer (20,7 +/- 9,5 à 21,7 +/- 13,8 nmol / mmol de créatinine).

La réduction de l'aluminium urinaire a soutenu l'utilisation future à plus long terme de l'acide silicique comme traitement non invasif pour réduire la charge corporelle de l'aluminium dans la maladie d'Alzheimer.

PMID 16988476 [PubMed - indexé pour MEDLINE]

Article intégral : http://content.iospress.com/articles/journal-of-alzheimers-disease/jad00618

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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 07:38

L'alimentation et le microbiome.

Murtaza N, et al. Gastroenterol Clin Nord Am. 2017.

Le microbiota de l'intestin offre une gamme de fonctions écologiques, métaboliques et immunomodulatrices pertinentes à la santé et au bien-être.

Le microbiota de l'intestin non seulement réagit rapidement aux changements dans l'alimentation, mais cet équilibre dynamique peut être géré pour prévenir et / ou traiter les maladies aiguës et chroniques.

Cet article fournit une définition fonctionnelle du terme «microbiome» et utilise deux exemples d'interventions alimentaires pour le traitement de l'intestin grêle afin de souligner les liens entre l'alimentation et le microbiome.

Il reste un besoin de développer une meilleure compréhension fonctionnelle du microbiote, si sa gestion pour l'utilité clinique doit être pleinement réalisée.

Copyright © 2016 Elsevier Inc. Tous droits réservés. PMID 28164852 [PubMed - en cours]

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