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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 15:15

Maladie de Parkinson : des chercheurs émettent l'hypothèse d'une implication d'infections intestinales

Fabienne Rigal

28.06.2017 

 

By Fabienne Rigal

 

Après l'étude de « Nature » qui confirmait l'hypothèse d'une auto-immunité dans la maladie de Parkinson via l'alphasynucléine, des chercheurs américains (entre autres de l’école de médecine de l’université de Georgetown) publient aujourd'hui dans le « Journal of Innate Immunity »une étude montrant un lien entre l’alphasynucléine, une protéine des cellules nerveuses impliquée dans la maladie de Parkinson (MP), et les infections gastro-intestinales.

Avant cette étude, l’alphasynucléine (αS) n’avait pas de fonction connue chez l’humain et les raisons de son accumulation dans le système nerveux central (SNC) demeuraient mystérieuses. De précédentes études, menées suite à des autopsies de personnes atteintes de MP à des stades très précoces, avaient montré que l’accumulation d’αS débutait dans le système nerveux entérique (SNE).

Des études animales avaient aussi prouvé que des infections dans le SD accéléraient l’agrégation d’αS dans le SNE et que ces agrégats pouvaient ensuite se rendre jusque dans le SNC.

Ici, les chercheurs ont prouvé que l’αS était relarguée quand une infection survenait dans le système digestif (SD) supérieur (œsophage, estomac, duodénum), induisant une réponse immunitaire.

Biopsies endoscopiques et infections au norovirus

Dans leur étude, les chercheurs américains ont étudié les biopsies endoscopiques de 42 enfants (d’âge moyen 12,4 ans) qui présentaient diverses pathologies du SD (gastrite, duodénite, infection à Helicobacter pylori, ou gastropathie réactive). Ils ont aussi observé les biopsies endoscopiques de 14 enfants (âge moyen : 3,4 ans) et 2 adultes (âge moyen : 40 ans) ayant reçu une allogreffe intestinale, et qui subissaient par la suite une infection au norovirus (une cause fréquente d’infection du SD).

Ces patients, immunodéprimés, sont en effet sujets à de fréquentes infections virales.

Les biopsies du groupe d’enfants ont montré que l’expression d’αS était positivement corrélée avec l’inflammation (aiguë ou chronique) de la paroi intestinale.

Quant aux patients transplantés, l’expression d’αS survenait pendant l’infection au norovirus. Par ailleurs, l’αS présentait aussi la capacité d’induire la migration des neutrophiles et des monocytes et de stimuler la maturation des cellules dendritiques.

Rôle positif de l’αS en petite quantité, négatif sinon

« Le SNE détecte la présence d’un pathogène et répond en relarguant de l’αS », indique le Pr Michael Zasloff, chirurgien pédiatrique à l’École de médecine de l’université de Georgetown. « La protéine attire alors les cellules immunitaires sur le site où elle a été larguée. » 

De plus, la protéine αS utilise les nerfs allant du SNE jusqu’au SNC « comme un escalator », indique le Pr Zasloff, ce qui lui permet de se répandre dans le SNC. « Mais trop d’αS, du fait d’infections multiples ou chroniques, devient toxique : le système est surchargé, les nerfs endommagés par les agrégats… ce qui provoque une inflammation chronique, dont les dommages surviennent à la fois dans le SNE et le SNC. »

Ces découvertes expliqueraient les problèmes digestifs qui surviennent chez les patients atteints de MP (en particulier la constipation qui débute des décennies avant l’apparition de symptômes cérébraux).

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 22:14

Bactérie E.coli : rappel de steaks hachés commercialisés par Auchan

Il est demandé aux personnes qui détiendraient ces produits de les rapporter au point de vente où ils ont été achetés, a fait savoir l'abattoir bovin

VF. SOURCE AFP

Jeudi, l'abattoir bovin VF a demandé aux acheteurs de certains lots de steaks hachés vendus par les supermarchés Auchan du 21 au 26 juin de les rapporter dans les points de vente, car ils « présentent une suspicion de contamination » par la bactérie E.coli 0157:H7, explique un communiqué. Les deux lots concernés, tous deux commercialisés par Auchan, portent les numéros 7171SO2, et 7171C02.

Le premier est vendu sans marque commerciale, et le deuxième porte la marque « Les économiques ».

Dans les deux cas, il s'agit de steaks hachés à 20 % de matière grasse.

« Il est demandé aux personnes qui détiendraient ces produits de ne pas les consommer et de les rapporter au point de vente où ils ont été achetés », a affirmé dans son communiqué la société VF, basée à Châteaubriant, en Loire-Atlantique, qui conseille aussi d'appeler le numéro vert 0 800 88 75 70.

Un risque car « Certains types de (bactérie) Escherichia coli O157:H7 peuvent entraîner, dans la semaine qui suit la consommation, des gastro-entérites éventuellement hémorragiques, accompagnées ou non de fièvre, et pouvant être suivies de complications rénales sévères chez les jeunes enfants », précise la société dans le communiqué. «

Les personnes qui auraient consommé les produits mentionnés et présenteraient ce type de symptôme sont invitées à consulter sans délai leur médecin traitant », poursuit le texte.

« C'est la première fois à ma connaissance que nous avons ce type de problème », a expliqué le directeur qualité de VF, Antoine Duvinage, qui estime « faible » le niveau de contamination sur un lot de quelque 500 kilos de viande hachée.

« Sur les six analyses pratiquées sur une mêlée de 465 kilos de viande, une seule s'est avérée positive », a-t-il dit.

« Si la viande a été consommée immédiatement et bien cuite, il n'y a pas de risque, nous avons fait le rappel du lot pour éviter que des consommateurs ne soient tentés de congeler des paquets de steaks hachés », a-t-il ajouté.

Selon lui, Auchan a aussi contacté directement et individuellement tous ses clients encartés qui ont acheté du steak haché aux dates mentionnées et a apposé des panonceaux à l'entrée de ses magasins.

Publié le 29/06/17 | Source lepoint.fr

D'où viennent les colibacilloses ? (Bactérie E.coli)  par exemple des steaks hachés commercialisés par Auchan.
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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 08:35

L’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires ou le cancer, maladies figurant parmi les principales causes de mortalité dans le monde, sont liées à des changements observables dans le microbiote intestinal humain.

De nombreuses maladies chroniques telles que les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, l’asthme et les allergies, l’arthrite rhumatoïde ou l’encéphalomyélite myalgique (syndrome de fatigue chronique, EM/SFC) ont aussi été associées à une dysbiose du microbiote intestinal.

Ces mystérieuses connexions fascinent les scientifiques mais aussi le grand public. Le microbiote intestinal, grâce à ses liens étroits avec le métabolisme et le système immunitaire, se trouverait au cœur de la santé.

Autrement dit, il se situerait à l’« intersection » des processus qui influent sur le risque de maladie.

Mes propres travaux se focalisent sur la manière dont le microbiote intestinal influe sur le métabolisme et l’immunité en contribuant à certains paramètres de santé, notamment dans l’obésité et le diabète de type 2.

Sans aucun doute, la manipulation du microbiote intestinal pour améliorer la santé offre un potentiel immense.

Mais à ce stade, une question majeure se pose : le microbiote intestinal finira-t-il par devenir la solution à tous nos problèmes de santé ?

Dans un commentaire récent dans Nature Reviews Gastroenterology & Hepatology, je m’interroge sur ce que nous attendons de la science du microbiote intestinal du futur.

Plus de 3 000 articles scientifiques sur le microbiote intestinal sont parus en 2016. Jamais auparavant nous n’avons disposé d’autant de données.

Mais nous devons toutefois nous assurer que nous avançons dans la bonne direction.

Concernant le microbiote intestinal, il est essentiel de distinguer corrélation et causalité.

Une fois que la corrélation entre maladie et dysbiose intestinale a été établie, les scientifiques doivent mener des expériences bien conçues pour découvrir qui cause quoi (y compris dans les modèles animaux).

À partir de là, il est possible de développer de nouvelles thérapies capables de s’attaquer à la cause profonde de la maladie.

Le faible nombre de données dont nous disposons constitue également un frein à nos avancées.

La plupart des études menées à ce jour se basent sur un échantillon de microbiote intestinal à un moment spécifique — une sorte d’instantané.

Mais un instantané pourrait s’avérer insuffisant pour découvrir quelles sont les modifications du microbiote responsables de l’amélioration de la santé.

La médecine nous offre de nombreux exemples de comment un diagnostic ne peut pas toujours se fonder sur une seule mesure. Il est en effet souvent nécessaire de prélever le bon ensemble d´éléments au bon moment et l’interpréter conjointement.

Le microbiote intestinal peut se révéler très utile dans le diagnostic et le traitement des maladies connues.

Mais cela requiert de tenir compte, outre des microbes intestinaux, des métabolites, de la génétique de l’hôte, son état nutritionnel et ses habitudes alimentaires.

De plus, il faut savoir quand et avec quelle fréquence prendre ces mesures. Nous avançons pas à pas dans la compréhension du rôle du microbiote intestinal dans certaines maladies.

Au cours des prochaines décennies, certaines des corrélations observées aujourd’hui déboucheront sans doute sur de nouvelles thérapies efficaces.

Le microbiote est constamment sous la pression de différents éléments, dont l’un des plus importants et contrôlables est l’alimentation.

Avec le temps, nous comprendrons ce qui rend un microbiote intestinal « idéal » et comment y parvenir en manipulant l’alimentation et d’autres facteurs de l’hygiène de vie.

Ou, par exemple, en administrant de nouveaux traitements médicaux qui visent la communauté microbienne intestinale.

Donc, bien qu’il semble, en effet, que le microbiote intestinal est à l’« intersection de tout », nous ne devons pas aller au-devant des données.

Consacrer du temps à bien comprendre ces interactions nous permettra de mieux appréhender le rôle du microbiote intestinal dans la santé et la maladie.

Le microbiote intestinal apportera-t-il la solution à tous nos problèmes de santé ?

Référence :

Cani PD. Gut microbiota — at the intersection of everything? Nat Rev Gastroenterol Hepatol. 2017 ; 14 (6) : 321-322. doi : 10.1038/nrgastro.2017.54.

Patrice D. Cani Professor Patrice D. Cani is researcher from the Belgian Fund for Scientific Research (FRS-FNRS), group leader in the Metabolism and Nutrition research group at the Louvain Drug Research Institute (LDRI) from the Université catholique de Louvain (UCL), Brussels, Belgium, and WELBIO (Walloon Excellence in Lifesciences and BIOtechnology) investigator. He is currently member of several international associations, he is member of the Alumni College from the Royal Belgian Academy of Sciences, and he has been elected in the board of directors of the LDRI (UCL). Patrice D. Cani has a M.Sc. in Nutrition and another M.Sc. in health Sciences, he is registered dietitian and PhD in Biomedical Sciences. His main research interests are the investigation of the role of the gut microbiota in the development of metabolic disorders, such as obesity, type 2 diabetes and low grade inflammation. More specifically, he is investigating the interactions between the gut microbiota, the host and specific biological systems such as the endocannabinoid system and the innate immune system in the context of obesity, type 2 diabetes and metabolic inflammation. Prof Cani is author and co-author of more than 110 scientific research papers published in peer-reviewed international journals, conferences and book chapters.

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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 06:27

Polyarthrite rhumatoïde : une auto- immunité liée à des bactéries intestinales

Une équipe de Boston vient d’identifier deux nouveaux auto-antigènes spécifiques de la polyarthrite rhumatoïde (GNS et FLNA).

Ils sont la cible d’une réponse immune qui pourrait initialement être dirigée contre certains peptides du microbiote intestinal.

Une ouverture pour améliorer le diagnostic et le traitement. L'étude est publiée dans « Journal of Clinical Investigation ».

Chez les patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde (PR), des cellules T auto-réactives provoquent une inflammation et une destruction progressive des articulations.

Les facteurs de risque génétiques les plus importants sont les allèles HLA-DRB1 SE. Ils sont associés à la PR séropositive pour le facteur rhumatoïde (FR) et/ou l’anticorps anti-protéine citrullinée (AAPC), ce dernier étant le seul auto-anticorps spécifique de la PR identifié jusqu’ici.

Les facteurs de risque environnementaux sont moins bien définis.

Toutefois, de récentes données suggèrent qu’une immunité muqueuse, déclenchée par une interaction avec des microbes intestinaux ou oraux ou des antigènes inhalés dans les poumons, pourrait être à l’origine de l’auto- immunité dans les articulations.

Une étude a par exemple mis en évidence une dysbiose intestinale chez des patients nouvellement diagnostiqués, caractérisée par un excès d’espèces Prevotella, en particulier de P. copri.

Deux auto-antigènes identifiés

L’équipe du Dr Annalisa Pianta (Massachusetts General Hospital, Boston) a, elle, identidié un lien possible inflammation articulaire et microbiote intestinal.

En utilisant une nouvelle approche pour détecter des peptides présentés par HLA-DR (épitopes des cellules T) dans la synoviale ou les lymphocytes périphériques, l’équipe du Dr Annalisa Pianta (Massachusetts General Hospital, Boston) a pu identifier deux nouveaux auto-antigènes - GNS (N-acétylglucosamine-6-sulfatase) et FLNA (filamine A).

Ces auto- antigènes sont ciblés par les cellules T et B chez plus de 50 % des patients souffrant de PR, mais pas chez les témoins sains ou les patients affectés par d’autres maladies rhumatismales.

Les 2 auto-antigènes sont fortement exprimés dans la synoviale enflammée. Tandis que FLNA n’est pas citrulliné, GNS est citrulliné et les anticorps anti- GNS sont corrélés au taux d’AAPC.

Autre découverte importante, les peptides GNS et FLNA présentés par HLA-DR sont très similaires aux épitopes des protéines de certaines bactéries commensales de l’intestin, et notamment les espèces Prevotella.

De plus, les patients montrant une réactivité aux peptides GNS et/ou FLNA, présentent aussi une réactivité aux peptides microbiens ; et la réactivité aux auto-peptides GNS et/ou FLNA est corrélée aux taux d’anticorps anti-P. copri.

Ces résultats suggèrent que des réponses immunitaires au niveau de la muqueuse intestinale pourraient contribuer à la maladie dans un large sous-groupe de patients affectés de PR.

Améliorer le diagnostic et le traitement Cette découverte pourrait permettre d’améliorer le diagnostic et le traitement. L’ajout des 2 auto-anticorps spécifiques de la PR (GNS et FLNA) au test standard d’auto-anticorps (FR et AAPC) pourrait accroître le pourcentage de patients séropositifs pour la PR (de 70 % à 90 % environ).

De même, l’ajout de l’antigène GNS citrulliné au test de l’AAPC pourrait rendre le test encore plus sensible.

Ces marqueurs de diagnostic sont importants pour instaurer au plus tôt le traitement modifiant l’évolution de la PR. Enfin, estiment les chercheurs, « l’identification des patients présentant ces anticorps (GNS et FLNA) pourrait permettre d’évaluer et de développer des traitements adjuvants, comme de brèves antibiothérapies ciblées ou des modifications diététiques ».

Dr Véronique Nguyen 28.06.2017

Polyarthrite rhumatoïde : une auto- immunité liée à des bactéries intestinales
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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 06:05

Pr Perronne Sémiologie persistante polymorphe après piqûre de tique : maladie de Lyme ?

Persistent polymorphic symptomatology after tick-bite: Lyme disease?

Christian PERRONNE* L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêt en relation avec le contenu de cet article.

RÉSUMÉ

Les formes classiques de la maladie de Lyme sont généralement faciles à gérer, mais des situations médicales se présentant sous forme de symptômes polymorphes non spécifiques, en majorité subjectifs, peuvent être déroutantes pour les médecins.

Des problèmes sérieux dans la mise au point des tests sérologiques ont été analysés dans le rapport de 2014 du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP).

Un rapport de 2016 de l’European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC) souligne que dans toutes les études sur les sérologies, les populations sont mal définies rendant difficile l’interprétation des sensibilités et spécificités alléguées et qu’il faut en confronter les résultats aux données cliniques.

Chez ces malades souffrant de symptomatologies chroniques mal identifiées, tout n’est pas Lyme.

Il existe de nombreuses borrélioses dues à des espèces variées de Borrelia. Il existe des co-infections possibles avec d’autres bactéries ou parasites (Anaplasma, Bartonella, Ehrlichia, Neoehrlichia, Babesia, etc.). Il faudrait pouvoir utiliser des tests de diagnostic direct par isolement de la bactérie ou du parasite (amplification des acides nucléiques, séquençage à haut débit, etc.), mais ces tests ne sont pas disponibles en routine.

De la recherche fondamentale s’avère donc indispensable.

En pratique, devant un malade suspect de Lyme chronique et dont on n’a pas de confirmation diagnostique, il faut s’acharner à trouver des critères objectifs de maladie organique.

Il faut éliminer un autre diagnostic par un examen clinique complet et une exploration appropriée.

Si l’on n’a toujours pas d’orientation diagnostique précise, il faut proposer un traitement antibiotique d’épreuve.

La réponse au traitement peut être difficile à évaluer rapidement, en raison de l’évolution cyclique des symptômes et de leur exacerbation très fréquente, déclenchée par les anti- infectieux.

Plusieurs publications montrent des résultats contradictoires concernant le traitement anti- infectieux de la maladie de Lyme chronique.

Pour montrer des résultats significatifs, les critères d’évaluation doivent être précis.

La durée du traitement doit être suffisante. Des études cliniques sont nécessaires pour évaluer les meilleurs médicaments efficaces pour le traitement d’entretien en cas de symptomatologie persistante.

* Département des Maladies infectieuses et tropicales, Hôpital Universitaire Raymond Poincaré, 104 boulevard Raymond Poincaré, 92380 Garches.

Académie de Médecine séance du 20 septembre 2016

Article reçu le 16 août 2016, accepté le 19 septembre 2016

SUMMARY Version pre-print Publication à venir dans : Bull. Acad. Natle Méd., 2016, 200, n°7, ---, séance du 20 septembre 2016 Classical forms of Lyme disease are usually easy to manage, but medical conditions presenting with nonspecific pleomorphic symptoms, mainly subjective, may be disturbing for physicians. Serious problems in the development of serological tests were analyzed in a report published in 2014 by the French High Council for Public Health (Haut Conseil de la Santé Publique, HCSP). A report from the European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC) published in 2016, underlined that in serology-based studies, populations were poorly defined, leading to a difficult interpretation of quoted sensibilities and specificities, and that these results should be interpreted in the light of clinical data. In patients suffering from chronic poorly identified symptomatologies, Lyme disease is not the only possible diagnosis. Numerous borreliosis are due to various species of Borrelia. Co-infections with other bacteria or parasites (Anaplasma, Bartonella, Ehrlichia, Neoehrlichia, Babesia, etc.) are possible. Tests providing a direct diagnosis through the isolation of the bacterium or the parasite (polymerase chain reaction, high throughput sequencing, etc.) should be developed. Today these tests are not available in routine practice. Thus, fundamental research needs to be developed. In clinical practice, when a patient is suspected to suffer from chronic Lyme disease without any confirmation of the diagnosis, a physician should actively search objective criteria for an organic disease. A full complete clinical examination and appropriate investigations should discard another diagnosis. In absence of a clear diagnostic orientation, an empiric antibiotic treatment should be started. The response may be difficult to assess rapidly, due to the cyclic evolution of symptoms and of their frequent exacerbation, consequence of the anti-infectious drugs action. Several publications studying the efficacy of anti-infectious treatment of chronic Lyme disease gave contradictory results. The evaluation criteria must be precise to provide significant results. The duration of treatment should be long enough. New clinical studies are necessary in order to evaluate the best drugs able to be efficient for the maintenance phase treatment.

La maladie de Lyme, causée par Borrelia burgdorferi et transmise par les tiques, a d'abord été considérée comme un événement récent, rare et régional.

Nous avons maintenant la preuve que des bactéries très similaires ont infecté les humains au cours de la période glaciaire. Bien que le traitement antibiotique pour la maladie de Lyme soit efficace chez certains patients, en particulier pendant la phase précoce de la maladie, de nombreux patients souffrent d’une symptomatologie chronique avec persistance et évolution des signes et symptômes.

Il n’existe pas en routine de test pour vérifier la persistance des Borreliae.

De plus, d’autres microorganismes persistants, le plus souvent non détectables avec les techniques biologiques actuelles utilisées en routine, peuvent jouer un rôle dans la persistance des symptômes.

La physiopathologie des syndromes chroniques après la maladie de Lyme, traitée selon les recommandations actuelles, est encore débattue [1,2].

Les pièges diagnostiques dans la pratique de routine Les formes classiques de la maladie de Lyme sont généralement faciles à gérer, mais des situations médicales se présentant sous forme de symptômes polymorphes non spécifiques peuvent être déroutantes pour les médecins.

Très souvent, les symptômes sont en grande majorité subjectifs.

La maladie de Lyme chronique, ayant souvent comme fond commun fatigue intense et douleurs chroniques, peut mimer des maladies inflammatoires ou dégénératives chroniques, y compris une large gamme de maladies auto-immunes.

Bien que les praticiens, même les plus chevronnés, de toutes les spécialités médicales ont vraisemblablement rencontré des cas de maladie de Lyme, ils ne l’ont souvent pas reconnue.

Un obstacle majeur est que seulement 25% des patients rapportent une histoire de morsure de tique et seulement 50% présentent un érythème migrant primaire, la lésion initiale pathognomonique.

Cette lésion peut passer inaperçue ou être prise pour une "piqûre d'insecte" ou une "éruption allergique".

Les mini-érythèmes migrants ont peu de chance d'être diagnostiqués.

Les infections inapparentes et leur rôle dans la physiopathologie de certaines maladies d'étiologie incertaine Charles Nicolle, travaillant à l'Institut Pasteur de Tunis et lauréat du prix Nobel en 1928, a montré un grand intérêt pour le concept d’infections inapparentes comme le typhus, la syphilis et les fièvres récurrentes à Borrelia sp.

L'ulcère gastroduodénal est un autre exemple du lien caché entre une infection inapparente due à une autre bactérie spiralée, Helicobacter pylori, et une maladie chronique. B.burgdorferi peut persister dans les tissus, même après traitements antibiotiques, comme les modèles animaux l’ont prouvé et comme cela a été souvent démontré chez l’homme [3- 10].

En effet les formes dormantes et persistantes de bactéries de plusieurs genres peuvent échapper à l'effet bactéricide des antibiotiques et être responsables d'infections latentes. B. burgdorferi, ayant une structure génétique complexe, est un micro-organisme hautement adaptable capable de se soustraire à la réponse immunitaire par des processus variés.

Elle peut survivre en extracellulaire comme en intracellulaire.

La complexité de la maladie de Lyme nécessiterait des méthodes diagnostiques de haute qualité, cependant la sérologie est toujours le seul outil de diagnostic disponible en pratique.

Les données historiques, géographiques et microbiennes récentes montrent que des cas de syndromes chroniques post-piqûre de tique sont probablement dus à des agents pathogènes multiples et que ces infections inapparentes nécessitent une approche nouvelle.

Chez un malade en errance diagnostique chez qui l’on suspecte une maladie de Lyme chronique ou une maladie apparentée, il faut tout d’abord réaliser une sérologie de Lyme, malgré sa qualité insuffisante.

Pour les formes persistantes de la maladie correspondant aux phases secondaires et tertiaires, la sérologie reste le principal outil diagnostique [11-13].

La Société Américaine de Maladies Infectieuses (IDSA), relayée en Europe par l'Action concertée européenne sur la maladie de Lyme (EUCALB) a recommandé pendant longtemps un test à deux étapes, la première étape étant un test Elisa utilisant un sonicat brut de la souche B31 de Borrelia burgdorferi, dérivée de tiques et cultivée in vitro.

Si l’Elisa est positif, une confirmation par une immuno-empreinte (Western blot) IgG et IgM est nécessaire.

Selon leurs recommandations, l’immuno-empreinte ne doit pas être effectuée si l’Elisa est négatif.

Cependant, en 2011, les CDC ont modifié leurs recommandations reconnaissant qu’une immuno-empreinte IgG positive, malgré un Elisa négatif, était un critère diagnostique pour la maladie de Lyme.

Mais la plupart des praticiens utilisent encore le test à deux étapes, malgré la mauvaise sensibilité des tests Elisa, soulignée dans les publications scientifiques, allant de 34% à 70,5%.

Ces recommandations de l’IDSA n’ont plus cours aux Etats-Unis depuis février 2016, remplacées par celles de l’ILADS (International Lyme and Associated Diseases Society) [14,15].

L’étalonnage des tests est un sujet crucial. Calibrage de la sérologie Lorsque la sérologie de Lyme a été mise au point, aucune méthode fiable n'était disponible pour être utilisée comme étalon.

Comme la plupart des signes et symptômes ne sont pas spécifiques, aucun score de diagnostic clinique fiable n'a pu être établi.

Le faible rendement de la culture et la difficulté à utiliser cette technique étaient d’autres obstacles majeurs.

Ainsi il est très difficile d’obtenir des populations de malades ou de témoins identifiés avec certitude, ce qui rend aléatoire les tentatives de mesure d’une sensibilité et d’une spécificité de la méthode sérologique utilisée.

Une valeur seuil de positivité pour les tests sérologiques a dû être déterminée arbitrairement, de façon pragmatique, sur les donneurs de sang.

Ainsi, comme cela a été rappelé par Marc Assous lors de la Conférence de consensus française de 2006, l’EUCALB a imposé en Europe que la sérologie de Lyme soit étalonnée par région sur 100 donneurs de sang en bonne santé en veillant à ce que la méthode ne dépiste jamais plus de 5% de sujets testés [16].

Cette valeur arbitraire ne correspond pas à une spécificité au sens scientifique du terme.

À la fin des années soixante-dix, quand la maladie de Lyme a été découverte, elle était considérée comme un phénomène rare et régional.

On peut donc comprendre qu’initialement un faible taux de prévalence ait été décidé arbitrairement, car les experts craignaient que les sérologies produisent trop de faux positifs.

Le problème est que cette décision initiale n’a jamais été remise en cause malgré l’évolution des données de la science.

Par ailleurs, la sensibilité est difficilement mesurable, en l’absence de populations de malades définies.

On se contente souvent d’une « validation » sur un échantillon de sérums connus pour être très positifs, ce qui représente un biais majeur et n’est absolument pas représentatif de la population générale des malades, avec la variété de leurs symptômes souvent non spécifiques et subjectifs.

De plus, certains utilisent les résultats de publications de cohortes de patients atteints de formes articulaires ou dermatologiques, cohortes pour lesquelles il était obligatoire d’avoir une sérologie de Lyme positive pour être inclus.

Le chiffre de 100% de séropositifs dans ces cohortes ne saurait en aucun cas être considéré comme une « sensibilité » du test, mais bel et bien comme un biais de recrutement.

Le diagnostic des formes neurologiques ou neuroborrélioses de Lyme est souvent tout particulièrement difficile à prouver.

La sensibilité des index de sécrétion intrathécale d'anticorps (mesure des anticorps spécifiques dans le liquide cérébro-spinal) est comprise entre 55 et 80%.

Dans une étude suédoise, les anticorps n’étaient présents dans le sérum que chez 23% des enfants présentant une neuroborréliose [13].

Dans deux essais cliniques majeurs sur la maladie de Lyme, de nombreux patients inclus étaient séronégatifs (40% dans la première étude) [17,18].

De nombreux cas de malades de Lyme chez qui on a isolé les Borreliae et chez qui la sérologie de Lyme était négative sont publiés [19,20].

Ces problèmes sérieux dans la mise au point des tests sérologiques ont été bien analysés dans le rapport du Haut Conseil de la Santé Publique, publié en 2014 [21].

Ce rapport souligne que 20 tests Elisa sur 33 et 4 tests par immuno-empreinte sur 13 commercialisés en France n’étaient pas fiables.

Un rapport de l’European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC), publié en avril 2016 fait un état des lieux des tests sérologiques disponibles en Europe et de leurs méthodes de validation [22].

Ce rapport souligne que dans toutes les études, les populations sont mal définis rendant difficile l’interprétation des sensibilités et spécificités alléguées. Il souligne que des études à fort risque de biais avaient été utilisées.

Le rapport dit que, faute de mieux aujourd’hui, on peut utiliser ces sérologies mais en les confrontant aux données cliniques et qu’il est indispensable de lancer de nouvelles études avec des populations bien définies.

Les causes possibles de séronégativité Plusieurs facteurs responsables de séronégativité ont été identifiés dans les cas confirmés de maladie de Lyme:

(I) le niveau arbitraire du seuil des tests,

(II) la séquestration des anticorps par des immuns complexes,

(III) la grande variété d'espèces et sous-espèces de Borrelia qui co-existent dans les différentes parties du monde et

(IV) les co-infections avec d'autres agents pathogènes qui peuvent être responsables de certains ou de l'ensemble des symptômes [23-24].

Chez ces malades souffrant de symptomatologies chroniques mal identifiées, tout n’est pas Lyme : - Il existe de nombreuses borrélioses.

Le complexe B. burgdorferi sensu lato comprend : B. burgdorferi sensu stricto (avec sa diversité génétique), B. afzelii, B. garinii (plusieurs sérotypes) et d'autres espèces isolées dans différentes parties du monde.

Certaines de ces espèces ont été isolées chez des patients symptomatiques. B. spielmanii a été isolée lors de lésions cutanées précoces. B. bavariensis, B. bisettii, B. valaisiana, B. americana, B. andersonii, B. lonestari et, plus récemment, B. kurtenbachii ont été isolées à partir de patients atteints de syndromes proches du Lyme [13].

Le rôle pathogène de B. lusitaniae, isolée dans un cas de vascularite, reste à être étayé.

Malgré cette diversité de souches, la plupart des tests disponibles dans le commerce reposent toujours sur l'isolat princeps B31 de B.burgdorferi isolé en 1982 dans le nord-est des Etats-Unis. Borrelia miyamotoi, récemment découverte, phylogénétiquement proche des Borreliae responsables des fièvres récurrentes, est maintenant reconnue comme une cause de syndrome comparable à la maladie de Lyme ou de fièvre récurrente en Asie, Europe et Amérique du Nord.

Habituellement, elle ne donne pas de réaction croisée avec les sérologies de B. burgdorferi.

Une espèce nouvellement découverte, dont le nom proposé est Borrelia mayonii, a été isolée récemment aux Etats-Unis chez des malades atteints de maladie de Lyme [25].

Aucun outil diagnostique n’est disponible pour la détection en routine de B. miyamotoi ou B. mayonii.

Une illustration des limites de la sérologie est l'exemple écossais.

En Grande Bretagne, la sérologie officielle détecte encore moins de malades que sur le continent.

Cela n’est pas le constat des praticiens de terrain au contact des malades. Un chercheur écossais a nettement amélioré la sensibilité de l'immuno-empreinte en utilisant des souches locales écossaises de Borrelia pour réaliser ses sérologies [26,27]. - Il faut aussi rechercher des co-infections avec d’autres bactéries ou parasites.

Les co- infections avec d'autres microbes ajoutent à la complexité de ces syndromes persistants.

Parmi les patients atteints de maladie de Lyme précoce aux Etats-Unis, de 2% à 12% étaient également atteints d’anaplasmose granulocytaire humaine, et 2% à 40% d’une parasitose, la babésiose.

On peut isoler de façon anecdotique chez des malades, quand cela est recherché dans un laboratoire disposant de techniques appropriées, divers micro-organismes.

L’espèce Bartonella henselae, bien connue chez l’homme, a été isolée chez quelques malades, mais le plus surprenant est que l’on a isolé aussi des espèces animales jusqu’alors inconnues en pathologie humaine: Bartonella doshiae, Bartonella schoenbuchensis et Bartonella tribocorum [28].

On peut isoler aussi : Erlichia sp., Rickettsia sp., Francisella tularensis ou Coxiella burnetii.

Une nouvelle bactérie pathogène liée aux morsures de tiques, Neoehrlichia mikurensis, a été découverte en Suisse puis retrouvée chez des malades en Suède atteints de lymphomes ou de maladies auto-immunes [13]. Il faudrait pouvoir utiliser des tests de diagnostic direct par isolement de la bactérie ou du parasite, mais ces tests ne sont pas disponibles en routine.

La culture de B. burgdorferi ou une détection de son génome par test d’amplification des acides nucléiques (TAAN ou PCR) peut occasionnellement confirmer le diagnostic clinique chez les patients séronégatifs, mais ces techniques peu utilisées aujourd’hui, ne sont habituellement pas assez sensibles pour être considérées comme méthode diagnostique fiable, en particulier en routine.

Cela pourrait changer, car certains travaux de recherche font espérer l’amélioration de la sensibilité des TAAN, dont certains sont utilisés en biologie vétérinaire.

En conséquence, de nombreux patients souffrant de signes et symptômes compatibles avec la maladie de Lyme, mais dont le test est négatif, pourraient enfin bénéficier d’un diagnostic microbiologique.

En pratique, devant un malade suspect de Lyme chronique et dont on n’a pas de confirmation dignostique, il faut s’acharner à trouver des critères objectifs de maladie organique.

On peut retrouver une lymphopénie, des anomalies discrètes du liquide cérébro-spinal, des tests neuro-cognitifs prouvant des troubles des fonctions supérieures, des anomalies à l’imagerie par résonance magnétique (IRM) cérébrale et médullaire ou à l’imagerie cérébrale par tomographie par émission de positons (PET-scan ou scan-TEP) ou par tomographie d’émission mono-photonique (SPECT-scan ou scan-TEMP) ou la mesure du débit sanguin cérébral [29-31].

Les potentiels évoqués représentent une technique assez sensible pour objectiver des perturbations neurologiques.

Il faut éliminer un autre diagnostic par un examen clinique complet et une exploration avec l’aide des examens complémentaires appropriés.

Si l’on n’a toujours pas d’orientation diagnostique précise, il faut proposer, comme le propose le Rapport du Haut Conseil de la Santé Publique de 2014, un traitement antibiotique d’épreuve.

Cette démarche diagnostique par traitement d’épreuve, qui reste courante pour la tuberculose par exemple, est considérée comme pertinente pour les neuroborrélioses [32].

Les cliniciens, nombreux à refuser de traiter sans preuve, préfèrent le plus souvent se retrancher sur un diagnostic communément admis mais peu étayé (« viral », « idiopathique », « auto-immun », « dégénératif », « inflammatoire » ou « psychosomatique »).

La réponse au traitement d’épreuve peut être difficile à évaluer au début.

En effet, l’exacerbation des signes et symptômes est un événement fréquent lors du traitement antibiotique de la maladie de Lyme, rendant difficile l’évaluation rapide de l’efficacité du traitement.

Les exacerbations aiguës au début du traitement, connus comme la réaction de Jarisch- Herxheimer, ont été bien décrites.

Les exacerbations au cours du traitement antibiotique prolongé de la maladie de Lyme chronique s’observent dans au moins les trois-quarts des cas, peuvent être d’apparition rapide, mais peuvent aussi se produire plus tard dans le cours du traitement.

Ces exacerbations peuvent avoir une évolution cyclique pendant des semaines ou des mois avant de disparaître progressivement.

L'évaluation de l'efficacité des antibiotiques, par rapport au placebo, après plusieurs semaines de traitement peut ainsi être biaisée.

En effet, certains patients traités, qui finiront par guérir, peuvent éprouver une exacerbation au moment de l'évaluation.

Le second biais est lorsque l'outil utilisé pour l'évaluation est trop général, comme un score de qualité de vie, ce qui n’analyse pas les différentes catégories de signes et symptômes (généraux, articulaires, neurologiques, cardiaques, etc.).

À un moment donné dans le temps, une certaine catégorie de signes ou symptômes peut avoir disparu et l'amélioration se maintiendra à long terme, tandis qu’une autre catégorie de signes et symptômes peut sembler s’aggraver transitoirement, conduisant à la conclusion erronée d'échec global.

Ainsi, plusieurs publications montrent des résultats contradictoires concernant le traitement de la maladie de Lyme chronique.

Plusieurs études ouvertes ont montré qu’une grande proportion de patients atteints de la maladie de Lyme chronique ont vu leur état s’améliorer après traitement antibiotique prolongé, avec un renforcement de l’effet en ajoutant de l’hydroxychloroquine [33-36].

Pour améliorer leur état, les patients avec une longue histoire de la maladie requièrent des traitements anti-infectieux plus longs.

Plusieurs études randomisées ont tenté d'évaluer l'efficacité du traitement antibiotique comparativement à un placebo dans la maladie de Lyme chronique.

Ces études ont montré une efficacité significative contre placebo si l’on mesure des signes précis et non un vague score de qualité de vie [37,38].

Dans l'étude de Krupp et coll., un traitement de quatre semaines par la ceftriaxone a amélioré le syndrome de fatigue, réévalué à 6 mois, avec une amélioration significative de 64% dans le groupe ceftriaxone contre 18,5% dans le groupe placebo (P

Dans l'étude de Fallon et coll. qui incluait des patients atteints de troubles de la mémoire persistants après un traitement initial de trois semaines par la ceftriaxone, un retraitement de dix semaines par la ceftriaxone fut efficace, par rapport au placebo, dans l'amélioration de leurs fonctions cognitives (P

Ces améliorations des troubles cognitifs ont été mesurées par des tests objectifs et corrélées à des modifications du débit sanguin cérébral mesuré par SPECT-scan [30].

Cependant, cet effet bénéfique fut transitoire et la différence entre les groupes retraités et les non-retraités disparut après 6 mois.

Cet effet transitoire des antibiotiques pourrait être dû à la persistance bactérienne.

Ainsi, ces deux études randomisées, qui ont évalué des objectifs spécifiques précis, ont montré un effet bénéfique du traitement antibiotique.

A l’inverse, deux études randomisées qui ont partagé une méthodologie identique (l’une à deux bras antibiotique versus placebo, la deuxième à trois bras en incluant une association antibiotique- hydroxychloroquine), ont utilisé un score général de qualité de vie [17,18].

Elles n’ont donc rien pu montrer.

De plus, ces deux études ont arrêté trop tôt les traitements à trois mois.

Si l’on ne mesure pas de critère objectif précis, seule la prolongation du traitement au-delà de trois mois peut permettre de constater l’amélioration clinique ultérieure, puis la guérison dans les cas les plus favorables.

La prolongation du traitement permet aussi de montrer que beaucoup de symptômes aggravés, mis sur le compte d’effets secondaires des anti-infectieux, ne sont en fait que des exacerbations plus ou moins prolongées qui finissent par disparaitre avec la continuation du traitement.

La conception des futures études randomisées devrait tenir compte de ces pièges potentiels, en prenant l’avis des médecins qui ont l’habitude de la prise en charge des malades atteints de Lyme chronique.

Après l’amélioration clinique ou la guérison, obtenues par le traitement d’attaque, de nombreux patients rechutent, dans des délais très variables, d’où la nécessité de mettre au point des traitements d’entretien adéquates. .

Des études cliniques sont nécessaires pour évaluer les meilleurs médicaments efficaces pour le traitement d’entretien de la maladie de Lyme chronique.

De nombreuses études ont montré les changements de formes de B. burgdorferi qui représentent des processus d’adaptation à l’environnement et aux agressions contre la bactérie [39,40].

Quelques études ont évalué in vitro quels médicaments sont capables de tuer les formes persistantes de Borrelia [41-46]. Le métronidazole et le tinidazole, qui ont une forte activité in vitro contre B. burgdorferi, sont également efficaces contre les formes kystiques de la bactérie [47].

La tigécycline est efficace contre les propagules, structures arrondies, de B. burgdorferi.

Certains médicaments, qui ne sont pas des antibiotiques, notamment des antiparasitaires, des antifungiques et des antilépreux comme la clofazimine peuvent jouer un rôle contre les bactéries persistantes.

Une petite étude clinique ouverte a été menée avec le fluconazole [48].

Un des médicaments les plus utilisés est l’hydroxychloroquine. L’hydroxychloroquine est capable d'augmenter l'activité bactéricide des antibiotiques dans le phagolysosome à l’intérieur des leucocytes, comme cela a été démontré pour Mycobacterium tuberculosis ou Coxiella burnetii.

En outre, il a été montré que l'hydroxychloroquine a un effet inhibiteur direct contre B. burgdorferi et une action sur les formes kystiques [49].

En plus de cet effet antibactérien, l'hydroxychloroquine est principalement connue comme médicament anti-parasitaire et son efficacité clinique pourrait être due en partie à son activité contre les parasites responsables de co-infections, comme Babesia.

L'étude des médicaments non antibiotiques efficaces devrait être incluse dans les programmes de recherche clinique.

Ainsi la dapsone, antimycobactérien actif contre la lèpre, s’est révélée efficace dans une étude ouverte [50].

Cela pourrait être une réponse partielle à la crainte de développer une résistance aux antibiotiques dans le traitement des formes chroniques de la maladie de Lyme.

Des études randomisées de qualité sont nécessaires.

Conclusion et perspectives

La grande complexité de la maladie de Lyme en fait une maladie extrêmement difficile à appréhender.

Elle reste un défi diagnostique, même pour les cliniciens les plus avertis. L'absence d'un étalon pour le diagnostic rend la gestion des patients difficile et entrave sérieusement la capacité à produire des statistiques précises, d'autant plus que des syndromes similaires pourraient être dus à d'autres causes, dont des agents microbiens variés. Il est urgent de favoriser la recherche fondamentale et clinique qui serait le moyen le plus rentable de s'assurer que les patients soient correctement diagnostiqués et que les meilleures stratégies thérapeutiques soient mises au point.

Le développement de nouvelles méthodes diagnostiques est une nécessité prioritaire.

De nouvelles méthodes de TAAN et de nouvelles techniques génomiques, telles que le séquençage à haut débit,

pourraient s'avérer prometteuses.

De nouvelles stratégies devraient être adoptées afin de déterminer les meilleurs traitements contre Borrelia sp. et les possibles co-infections.

L'ajout d'un traitement d’entretien au traitement d’attaque est nécessaire chez certains patients.

L’évaluation de l’efficacité de nouveaux traitements devrait non seulement porter sur les médicaments qui sont bien connus pour être efficaces contre les bactéries en croissance, mais aussi sur des médicaments qui peuvent être efficaces contre les bactéries persistantes, plus adaptés à la phase d’entretien du traitement.

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Pr Perronne Sémiologie persistante polymorphe après piqûre de tique : maladie de Lyme ? Article Académie de Medecine.
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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 00:29

Une équipe de Boston vient d’identifier deux nouveaux auto-antigènes spécifiques de la polyarthrite rhumatoïde (GNS et FLNA).

Ils sont la cible d’une réponse immune qui pourrait initialement être dirigée contre certains peptides du microbiote intestinal. Une ouverture pour améliorer le diagnostic et le traitement.

L'étude est publiée dans « Journal of Clinical Investigation ». Chez les patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde (PR), des cellules T auto-réactives provoquent une inflammation et une destruction progressive des articulations.

Les facteurs de risque génétiques les plus importants sont les allèles HLA-DRB1 SE. Ils sont associés à la PR séropositive pour le facteur rhumatoïde (FR) et/ou l’anticorps anti-protéine citrullinée (AAPC), ce dernier étant le seul auto-anticorps spécifique de la PR identifié jusqu’ici.

Les facteurs de risque environnementaux sont moins bien définis.

Toutefois, de récentes données suggèrent qu’une immunité muqueuse, déclenchée par une interaction avec des microbes intestinaux ou oraux ou des antigènes inhalés dans les poumons, pourrait être à l’origine de l’auto-immunité dans les articulations.

Une étude a par exemple mis en évidence une dysbiose intestinale chez des patients nouvellement diagnostiqués, caractérisée par un excès d’espèces Prevotella, en particulier de P. copri.

Deux auto-antigènes identifiés L’équipe du Dr Annalisa Pianta (Massachusetts General Hospital, Boston) a, elle, identidié un lien possible inflammation articulaire et microbiote intestinal.

En utilisant une nouvelle approche pour détecter des peptides présentés par HLA-DR (épitopes des cellules T) dans la synoviale ou les lymphocytes périphériques, l’équipe du Dr Annalisa Pianta (Massachusetts General Hospital, Boston) a pu identifier deux nouveaux auto-antigènes - GNS (N-acétylglucosamine-6-sulfatase) et FLNA (filamine A).

Ces auto-antigènes sont ciblés par les cellules T et B chez plus de 50 % des patients souffrant de PR, mais pas chez les témoins sains ou les patients affectés par d’autres maladies rhumatismales.

Les 2 auto-antigènes sont fortement exprimés dans la synoviale enflammée. Tandis que FLNA n’est pas citrulliné, GNS est citrulliné et les anticorps anti-GNS sont corrélés au taux d’AAPC.

Autre découverte importante, les peptides GNS et FLNA présentés par HLA-DR sont très similaires aux épitopes des protéines de certaines bactéries commensales de l’intestin, et notamment les espèces Prevotella.

De plus, les patients montrant une réactivité aux peptides GNS et/ou FLNA, présentent aussi une réactivité aux peptides microbiens ; et la réactivité aux auto-peptides GNS et/ou FLNA est corrélée aux taux d’anticorps anti-P. copri.

Ces résultats suggèrent que des réponses immunitaires au niveau de la muqueuse intestinale pourraient contribuer à la maladie dans un large sous-groupe de patients affectés de PR.

Améliorer le diagnostic et le traitement

Cette découverte pourrait permettre d’améliorer le diagnostic et le traitement. L’ajout des 2 auto-anticorps spécifiques de la PR (GNS et FLNA) au test standard d’auto-anticorps (FR et AAPC) pourrait accroître le pourcentage de patients séropositifs pour la PR (de 70 % à 90 % environ).

De même, l’ajout de l’antigène GNS citrulliné au test de l’AAPC pourrait rendre le test encore plus sensible.

Ces marqueurs de diagnostic sont importants pour instaurer au plus tôt le traitement modifiant l’évolution de la PR.

Enfin, estiment les chercheurs, « l’identification des patients présentant ces anticorps (GNS et FLNA) pourrait permettre d’évaluer et de développer des traitements adjuvants, comme de brèves antibiothérapies ciblées ou des modifications diététiques ».

Source : Lequotidiendumedecin.fr

Polyarthrite rhumatoïde : une auto-immunité liée aux bactéries intestinale.
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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 17:35

Traduction de la conférence de presse ONU

"Violations des droits de l'homme des patients atteints de fièvre et de maladie de Lyme en raison de l'enquête internationale"

"Un rapport soumis à l'Organisation mondiale de la santé a abouti à une réunion entre un Rapporteur spécial du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies et des professionnels de la santé, des scientifiques, des experts et des défenseurs des droits de l'homme le 7 juin à Genève, en Suisse. Cette réunion a porté sur les violations des personnes atteintes d'infections à la borreliose, comme la fièvre récurrente et la maladie de Lyme...."

Rapporteur spécial, le Dr Dainius Pūras a entendu des exposés sur l'éventail de ces violations par des représentants d'un Comité spécial international chargé de mettre à jour les codes diagnostiques de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour les infections à la borreliose et Global RBCC, un consortium répondant à l'épidémie de maladie de Lyme .

Jenna Luché-Thayer, experte en droits de l'homme avec 32 ans d'expérience dans 42 pays, a déclaré: "Les infections à la Borreliose sont une pandémie, notamment la fièvre récurrente et la borreliose de Lyme.
 
Les codes diagnostiques de l'OMS ne reconnaissent pas beaucoup des conditions invalidantes causées par ces infections. Partout dans le monde, les systèmes médicaux utilisent ces codes pour diagnostiquer la maladie et déterminer les traitements.
 
Les codes périmés donnent aux personnes très malades un traitement refusé, même si les options de traitement respectent l'étalon-or internationalement accepté pour les lignes directrices établies par l'Institut de médecine (OIM).
 
En plus du déni de soins, il existe des attaques contre les professionnels de la santé qui suivent ces lignes directrices pour traiter les patients atteints de maladie de Lyme chronique ".

L'ancien conseiller principal auprès des Nations Unies et du gouvernement des États-Unis a demandé: «Pouvez- vous imaginer des enfants très malades, enlevés par la force à leurs parents , pouvoir se soigner avec des traitements issus des lignes directrices basées sur l'étalon-or, ? Cela se produit dans de nombreux pays.
 
Pouvez-vous imaginer que les compagnies d'assurance maladie répondent aux patients de Lyme qu'ils ne couvriront pas leurs traitements mais paieront leur euthanasie?
 
Selon le chercheur néerlandais Huib Kraaijeveld, cela se produit en Europe. Ce sont des actions honteuses et prédatrices, et semblent être en grande partie motivées par une science périmée, des codes dépassés et des motivations financières divergentes ", a déclaré Luché-Thayer.

Les bactéries de la maladie de Lyme - similaires à celles de la syphilis - sont connues pour échapper à la réponse immunitaire et former des biofilms difficiles à éradiquer.
 
Les disputes concernant un traitement approprié laissent souvent les patients sans options de traitement alors que leurs symptômes neurologiques, cardiaques et arthritiques invalidants, ainsi qu'une fatigue et une douleur sans relâche les rendent très malades.
 
La péricardite de lyme, une infection du cœur très grave, peut même causer la mort et un Lyme non diagnostiqué peut entraîner une démence.

Des centaines de publications examinées par des pairs décrivent des conditions physiques graves causées par l'infection. Ils comprennent la néphrite de Lyme, l'hépatite, les anévrismes aortiques, l'infection persistante, les accidents vasculaires cérébraux et la maladie congénitale de Lyme.
 
Les complications de la Syphilis sont clairement énumérées et détaillées dans les codes de l'OMS alors que la plupart des complications de Lyme ne le sont pas.

Le Dr Clement Meseko, chef de la recherche et défenseur de l'éducation et de l'hygiène de l'environnement à l'Institut national de recherche vétérinaire à Vom, au Nigéria, a déclaré au Rapporteur spécial:
 
"De nombreux Africains dépendent du bétail pour leur subsistance et les expose à la borreliose zoonotique. Les codes de diagnostic de l'OMS pour ces infections doivent être mis à jour et la surveillance à travers l'Afrique doit être améliorée. Jusqu'à ce que cela se produise, beaucoup de gens en Afrique vont en souffrir de plus en plus. "

Les codes de diagnostic de l'OMS pour la maladie de Lyme sont parallèles aux opinions de la Société des maladies infectieuses d'Amérique (IDSA).
 
L'IDSA est une société médicale privée qui favorise les limitations strictes de traitement, quelle que soit la réponse du patient à la maladie de Lyme, et contrairement à leurs recommandations pour d'autres groupes de patients souffrant d'une infection persistante.
 
Certains membres de l'IDSA estiment qu'une maladie mentale non diagnostiquée, plutôt qu'une infection persistante, pourrait expliquer pourquoi les protocoles recommandés par l'IDSA échouent sur des milliers de patients atteints de Lyme cliniquement diagnostiqués.

Les lignes directrices 2006 sur le traitement de l'IDSA concernant Lyme ne respectent pas les normes internationalement acceptées de l'OIM pour les lignes directrices.
 
Certains des auteurs de lignes directrices fournissent un témoin expert pour les assureurs contre les patients atteints de Lyme;
 
Et les assureurs utilisent les lignes directrices 2006 de l'IDSA pour refuser la couverture des traitements à partir de lignes directrices qui respectent les normes de l'OIM.

Le Dr McManus est fondateur de l'unité des maladies virales à l'Université de Sydney et d'un directeur du conseil de la Société internationale de maladie de Lyme et des maladies associées (ILADS). ILADS est une société médicale qui a développé des directives de traitement axées sur le patient qui répondent aux normes de l'OIM.

Le Dr McManus est très préoccupé par le manque d'outils de diagnostic pour les milliers de patients australiens qui présentent des symptômes de maladies transmises contre les tiques, mais qui ne sont jamais positifs pour la maladie de Lyme car ils présentent des formes variantes de fièvre récurrente.
 
Selon McManus, de faibles outils de diagnostic et le manque de familiarité clinique laissent la plupart de ces patients non traités.

«Chaque patient a droit à la santé dans le contexte de l'incertitude scientifique.
 
La maladie de Lyme est une condition biologique qui nécessite des soins », explique la bioéthique Diane O'Leary, de l'Institut Kennedy d'éthique de l'Université de Georgetown.
 
«Aucune organisation de la santé ne peut adopter ou soutenir une politique de la maladie de Lyme qui entrave l'accès des patients aux soins médicaux biologiques en raison des dommages inutiles pouvant résulter de la négation des soins. Il ne peut pas être éthiquement justifié. "

Le professeur Christian Perronne est un spécialiste des maladies infectieuses et tropicales de renommée internationale avec plus de 300 publications scientifiques et a joué un rôle consultatif auprès de l'OMS.
 
La Professeur Perronne a demandé au Rapporteur spécial:
 
"Comment les options de traitement de l'IDSA peuvent-elles être retenues pour ces patients très malades? Cela va à l'encontre du serment d'Hippocrate de ne pas nuire.
En France, j'ai utilisé des options de traitement prolongées de plus de six semaines pour aider avec succès des milliers de patients ".

Les représentants ont également assisté à la présentation annuelle du Rapporteur spécial au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies et ont rencontré des délégués officiels et diplomatiques de nombreux pays pour discuter de leurs préoccupations.

Selon le comité ad hoc et le fondateur mondial de RBCC, Luché-Thayer, ce n'est que le début de leurs actions.
 
"Nous signalerons toute agence gouvernementale, conseil médical, société médicale ou compagnie d'assurance maladie qui interfère avec ces droits de l'homme, a déclaré Luché-Thayer.
 
«Nous sommes des acteurs ayant une portée mondiale et une présence internationale et le Rapporteur spécial a le mandat d'enquêter sur tous ces abus».
"Violations des droits de l'homme des patients atteints de fièvre et de maladie de Lyme en raison de l'enquête internationale". Traduction de la conférence de presse ONU.
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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 11:34

Lyme, nouvelle polémique : la voix des victimes nuit-elle à la manifestation de la vérité ?

 

 

On assiste en France, depuis plusieurs années déjà, à une médiatisation-émotion massive autour de la maladie-borréliose de Lyme. C’est un phénomène sans réel précédent qui, pour l’essentiel, trouve son origine et sa dynamique dans des incertitudes physiopathologiques. Le précédent gouvernement n’est pas resté insensible au sujet qui a mis en place, en septembre 2016, un « Plan national de lutte contre la maladie de Lyme et les maladies transmissibles par les tiques » – une opération menée sous l’égide de Marisol Touraine, alors ministre de la Santé. Il s’agissait notamment de « répondre concrètement aux inquiétudes légitimes exprimées par les citoyens ». Agnès Buzyn, nouvelle ministre, sait-elle qu’elle devra gérer un dossier polémique qui ne cesse de gagner en complexité ?

Virulence

Dernier élément à verser à ce dossier : la prise de position virulente de l’Association française pour l’information scientifique (AFIS) qui estime que l’on fait la part trop belle, ici, à la « société civile » :

« Un groupe de concertation a été mis en place. Sa composition n’est pas communiquée. D’après les comptes rendus publiés par certaines parties prenantes, la « société civile » serait représentée par une dizaine de personnes. Quasiment toutes sont issues d’associations revendiquant le remplacement des recommandations actuelles de prises en charge médicales, pourtant issues d’un consensus scientifique à l’échelle internationale. (…)

« Il est demandé par certaines parties un protocole de prise en charge issue d’une association américaine positionnée sur le sujet de la maladie de Lyme, l’ILADS, qui affirme l’existence d’une forme chronique de la maladie, rebelle aux traitements recommandés, (une antibiothérapie de quelques semaines). Contrairement à ce qui est allégué, cette prétendue forme chronique n’est en fait reconnue par aucune agence sanitaire, ni en Europe, ni aux États-Unis, ni au Canada. De plus, les traitements proposés ont été jugés sans intérêt, voire risqués (en particulier, une antibiothérapie longue), tant en Europe qu’aux États-Unis ou au Canada. »

Si elle lit ce document Agnès Buzyn verra que le réquisitoire se poursuit ainsi :

« De fausses informations teintées de complotisme circulent sur la maladie de Lyme. Il est affirmé, à tort, que les tests de dépistage seraient sans valeur, que s’ils sont négatifs, c’est qu’ils auraient été calibrés pour faire en sorte que la maladie reste une maladie rare, que la maladie toucherait en fait plusieurs centaines de milliers, voire des millions de personnes, que même les États-Unis auraient adopté ces recommandations alternatives.

Les décideurs politiques sont sommés de prendre en compte ces allégations et les revendications qui les accompagnent, au risque de se voir accusés de manquer de courage face aux lobbies. »

Charlatanisme

Pour l’AFIS, loin d’aider les victimes, cette situation ne fait qu’ajouter à leurs souffrances. « Des patients en errance, à la recherche d’un diagnostic, se voient convaincre que la cause de leurs troubles est due à une forme de la maladie de Lyme résistante à tout traitement et que leur situation de souffrance, réelle, serait due au déni des autorités médicales, affirme-t-elle. Des traitements parfois charlatanesques et coûteux leur sont proposés, des cliniques à l’étranger sont recommandées… Outre le danger d’adopter un traitement sans fondement scientifique, le fait d’attribuer à tort des symptômes à la maladie de Lyme risque de détourner des patients d’une prise en charge adaptée à leur pathologie. »

Et de poser la question du caractère, légitime ou non, de la « concertation » mise en place par Marisol Touraine. Tout en reconnaissant que les associations de malades ont un rôle à jouer (en termes d’accompagnement des patients, d’éducation thérapeutique, de reconsidération de la relation de la société à la maladie ou encore de la relation médecin-malade) elle estime dangereux et préjudiciable de « les inviter à peser sur l’expertise scientifique dans le domaine de la recherche ou celui des soins ».

« Les recommandations médicales ne peuvent être le fruit d’une négociation entre des associations et des représentants politiques, ni être dictées sous le feu de la pression médiatique » souligne l’AFIS.

Appel au gouvernement

C’est là aborder une question fondamentale de notre époque qui dépasse de loin la maladie de Lyme.  Les bonnes pratiques en médecine et les protocoles de prise en charge relèvent-elles de l’opinion, du rapport de force et de l’émotion ou d’une « approche scientifique validée » sur laquelle se fonde la pratique médicale ?

Et de manière très politique, au-delà de Lyme, l’AFIS en appelle au gouvernement pour qu’il s’appuie sur les institutions, Académie de médecine, Haute autorité de santé, Haut conseil de la santé publique, sociétés savantes, pour définir la politique de santé publique, et non sur des « concertations citoyennes » qui, selon elle, n’ont aucun sens sur des sujets de cette nature. C’est là un sujet politique que Marisol Touraine n’avait jamais voulu aborder de face.  Il est difficile d’imaginer qu’il puisse en être de même pour celle qui vient de prendre sa place.

 

1 Les références détaillées (publications scientifiques, avis des agences sanitaires, communiqués d’associations, etc.) peuvent être retrouvées dans le dossier que Science et pseudo-sciences, la revue de l’AFIS, consacre à ce sujet (numéro 321 de juillet 2017 – http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2840).

Lyme, nouvelle polémique : la voix des victimes nuit-elle à la manifestation de la vérité ?
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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 07:21

http://diagnucleis.fr

Exemple de la liste des Co-infections recherchées par les vétérinaires chez le chien.

http://diagnucleis.fr/index.php/categorie-produit/analyses-pcr-veterinaires/chien/diagnostic-carte-chien/

Analyse des tiques. Chez DIAGNUCLEIS.
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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 15:18

Traitement de la Maladie de Lyme chronique, pas de réponse claire

Le CDC, Centers for Diseases Control and Prevention, a publié une note dans le cadre MMWR, Morbidity and Mortality Weekly Report du 16 juin 2017 au sujet de la maladie de Lyme chronique pour mettre en garde contre certains traitements.

Le diagnostic de maladie de Lyme chronique est difficile car les manifestations cliniques sont peu spécifiques, fatigue, douleurs diffuses, troubles neurologiques et les analyses biologiques sont d’interprétation difficile.

Ce contexte ambigu a conduit à l’apparition de « spécialistes de la maladie de Lyme » qui prescrivent des traitements lourds et prolongés d’antibiotiques par voie orale ou parentérale avec parfois pose d’un cathéter, et divers autres traitements notamment immunologiques.

Ces traitements lourds n’ont pas apporté la preuve de leur efficacité.

La note du MMWR cite 5 observations de femmes jeunes traitées pour maladie de Lyme chronique par ce type de traitements et chez lesquelles le traitement a eu des effets manifestement néfastes.

Le traitement de la maladie de Lyme débutante, au stade d’érythème migrant, est très efficace et facile, de courte durée, à base d’un antibiotique comme l’amoxicilline à dose élevée.

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