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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 10:03

Infections : Du sucre pour les virus

 

De nombreuses maladies coupent totalement l’appétit.

Les chercheurs ont récemment démontré que l’absence de nourriture aide à lutter contre les infections bactériennes.

Notre système immunitaire en bénéficie également.

Mais pour les virus, le fonctionnement est inversé.

Un vieux dicton que les enfants anglo-américains apprennent de leurs grands-parents, « Feed a cold and starve a fever » (« Nourris un rhume et affame une fièvre ») vient d’être testé.

Le Professeur Dr. Ruslan M. Medzhitov l’a récemment réinterprété. « Cold » se réfère aux infections virales, tandis que « Fever » indique les infections bactériennes.

Medzhitov est un chercheur en immunologie à la Yale School of Medicine. Il a fondé son étude sur l’observation suivante : lorsque notre corps lutte contre les agents pathogènes, l’appétit diminue. Cette réponse biologique est-elle appropriée ?

Avec ses collègues, le scientifique a conçu une expérience pour répondre à cette question.

Il a infecté des souris avec la bactérie Listeria monocytogenes ou avec un virus murin de type grippal.

Par la suite, les rongeurs ont été nourris de force avec un régime standard ou avec une solution saline.

Lorsque les animaux atteints d’une infection bactérienne recevaient de la nourriture, ils mouraient.

Dans le groupe recevant du chlorure de sodium, au moins une souris sur deux avait survécu.

Si elles avaient été inoculées par un virus, le rapport était inversé.

Environ 78 pour cent des sujets du groupe alimenté et dix pour cent ayant reçu de la solution saline ont survécu.

Les cellules se ruent vers le sucre

Les aliments utilisés ont alors été précisément analysés.

Ruslan Medzhitov a découvert que le glucose est d’une importance capitale.

S’il empêchait l’absorption du sucre par l’inhibiteur 2-désoxy-D-glucose (2-DG), les animaux dans le groupe des bactéries survivaient, alors qu’il y avait une mortalité élevée dans le groupe des virus.

Ce résultat est exactement l’opposé de la première expérience.

Si on se remet dans le contexte, on observe que pour minimiser les effets délétères des espèces réactives de l’oxygène (ROS) lors des infections bactériennes, les cellules ont besoin des cétones.

En cas de jeûne, la décomposition des corps gras créent des corps cétoniques dans le foie, créant une alternative à la fourniture de glucose à partir de glucides.

La cétogenèse est connue depuis longtemps, mais elle apparaît maintenant sous un angle nouveau.

Cependant, la réaction est tout à fait différente dans le cas des infections virales.

Les cellules répondent à de fausses protéines par une Unfolded Protein Response (UPR, réponse aux protéines dépliées). Ce processus nécessite du glucose.

Comment doit-on analyser l’étude de Medzhitov ?

Comme les mécanismes dans les étapes cruciales du métabolisme sont similaires chez les humains et les souris, le chercheur espère pouvoir à l’avenir mieux traiter les patients atteints d’infections graves.

D’autres études confirment son hypothèse selon laquelle les résultats des études animales peuvent être transférés aux humains.

L’inflammasome a des comptes à rendre

Il y a déjà un an et demi que Vishwa Dep Dixit de la Yale School of Medicine a découvert un lien entre le jeûne et les processus inflammatoires.

Lors d’un jeûne apparaît entre autres du betahydroxybutyrate (BHB).

Après une longue période de jeûne, le métabolite atteint des concentrations plasmatiques significatives.

Le BHB inhibe les processus inflammatoires en ayant pour structure-cible l’inflammasome NLRP3.

Ce complexe protéique se trouve dans le cytosol des macrophages et des neutrophiles. Il est stimulé, entre autres, par les bactéries.

Après plusieurs étapes, les interleukines sont finalement activées déclenchant des réactions inflammatoires.

Les scientifiques ont réalisé leurs études non seulement sur des souris, mais aussi sur des cellules humaines.

Ils ont constaté qu’aussi bien des doses ciblées de betahydroxybutyrate qu’un régime cétogène ont diminué les réponses inflammatoires.

Ainsi les travaux de Medzhitov ont permis de trouver une preuve indiquant que le métabolisme influence les processus inflammatoires.

Les cellules du système immunitaire au recyclage

L’effet est plus complexe que prévu.

Si des mammifères sont affamés, leur corps commence à régénérer les cellules du système immunitaire.

Valter D. Longo de l’Université de Californie du Sud, Los Angeles, est à l’origine de cette conclusion.

Chez les animaux de laboratoire, le jeûne intermittent ralentit l’immunosénescence.

Ce terme se rapporte à la baisse des performances du système immunitaire avec l’âge.

Longo a ensuite regroupé 19 volontaires en bonne santé dans une étude pilote.

Ils ont ingéré cinq jours par mois seulement 1.090 kilocalories (jour un) ou 725 kilocalories (jours deux à cinq) au lieu des habituels 2.000 à 3.000 kilocalories.

Leur glycémie à jeun a diminué de onze pour cent.

Les corps cétoniques ont augmenté d’un facteur de 3,7, le taux d’IGF-1 a diminué de 24 pour cent, et le taux d’IGFBP-1 a augmenté de 50 pour cent.

Au cours de ce programme spécial, les niveaux de base de protéine C-réactive se sont stabilisés à un niveau légèrement plus élevé.

Longo a même observé une légère augmentation du nombre de cellules souches du système immunitaire dans le sang.

De nombreuses pièces de ce puzzle montrent que le métabolisme affecte le système immunitaire.

Mais on ne sait pas actuellement comment cette connaissance peut être valorisée dans la pratique clinique.

Seule la réalisation de nouvelles études permettra de répondre à cette question.

Article de Michael van den Heuvel

 

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 20:13

Le traitement chronique avec un inhibiteur de métalloprotéinases à large spectre, la doxycycline, empêche le développement de lésions aortiques spontanées dans un modèle murin du syndrome vasculaire d'Ehlers-Danlos.
Tae HJ, et al. J Pharmacol Exp Ther. 2012.


Il n'existe aucune thérapie ou prévention prouvée pour le syndrome vasculaire d'Ehlers-Danlos (vEDS), un trouble génétique associé à la mutation du procollagène de type III et caractérisé par une fragilité accrue des parois des organes vasculaires et creux. Les souris hétérozygotes déficientes en COL3A1 (HT) récapitulent une présentation modérée de l'une des variantes de vEDS: haploinsufficiency pour le collagène III.

Les souris adultes HT sont caractérisées par une augmentation de l'activité des métalloprotéinases (MMP), une réduction de la teneur en collagène dans les parois artérielles et un développement spontané de diverses lésions de sévérité dans l'aorte. Nous avons émis l'hypothèse que le traitement chronique avec un inhibiteur de MMP augmenterait la teneur en collagène et empêcherait le développement de lésions aortiques spontanées.

Les souris HT ont été traitées depuis le sevrage avec l'inhibiteur de MMP à large spectre doxycycline ajouté aux aliments.

À l'âge de 9 mois, l'expression de MMP-9 était deux fois plus élevée dans le milieu tunique de l'aorte chez les souris HT non traitées, alors que la teneur totale en collagène était inférieure de 30% (p <0,01) et le score cumulatif des lésions aortiques était huit fois plus élevé

 

Chez des souris de type sauvage (WT) (p <0,01). Après 9 mois de traitement par la doxycycline, l'activité de MMP-9, la teneur en collagène et les lésions dans les aortas de souris HT étaient au niveau de celles des souris WT (p> 0,05).

 

Dans le modèle murin du collagène III, un traitement à haploinsufficiency avec un inhibiteur de MMP à large spectre qui a été commencé tôt dans la vie a normalisé l'activité accrue de MMP, réduit la teneur en collagène aortique chez les adultes et empêché le développement de lésions aortiques spontanées.

 

Nos résultats fournissent une justification expérimentale pour l'évaluation clinique du bénéfice de la doxycycline au moins dans la variété haploinsufficient de vEDS.

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 20:03

Essai d'efficacité de l'extrait de feuille de marronnier d'Inde (ALH-L1005) - Aesculus - en tant qu'inhibiteur de la métalloprotéinase matricielle dans la parodontose induite par ligature dans le modèle canin.

Kim SE, et al. J Vet Sci. 2016.

La métalloprotéinase de la matrice (MMP) est la protéinase principale associée à la destruction et au remodelage des tissus parodontaux. 

Par conséquent, l'inhibition des MMP dérivées de l'hôte est considérée comme jouant un rôle clé dans la prévention et la réduction de la progression de la parodontose.

Traditionnellement, les extraits de marronnier (Aesculus hippocastanum L.) ont été utilisés comme remède contre les maladies inflammatoires. 

Cette étude a été réalisée pour évaluer l'effet clinique de l'ALH-L1005 sur la parodontite comme inhibiteur de MMPs. 

L'ALH-L1005 a été obtenue à partir de la feuille de marronnier d'Inde et les activités inhibitrices des MMP ont été estimées. 

La parodontite a été induite chez des beagles qui ont été assignés en 4 groupes et médicamentés pendant 6 semaines: LT (ALH-L1005, 100 mg / kg / jour), HT (ALH-L1005, 200 mg / kg / jour), PC (doxycycline, 10 Mg / kg / jour) et NC (placebo). 

Avant et après l'administration, on a mesuré les indices cliniques des dents et la quantité de MMPs des tissus gingivaux en utilisant la zymographie. 

Les conditions cliniques des groupes LT, HT et PC ont été significativement améliorées après 6 semaines de traitement. 

Dans les évaluations zymographiques, les activités gélatinolytiques et caséinolytiques ont été supprimées dans les groupes LT, HT et PC par rapport aux groupes NC. 

Ces résultats suggèrent que ALH-L1005 pourrait être un agent efficace pour la prévention et le traitement de la parodontose, cliniquement en inhibant l'activité de la gélatinase et de la collagénase qui peut détacher des ligaments parodontaux de l'os alvéolaire.

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 16:43

Voir et revoir le reportage de Canal + sur la maladie de Lyme

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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 08:22

L'hypercitrullination induite par Aggregatibacter actinomycetemcomitans relie l'infection parodontale à l'auto-immunité dans la polyarthrite rhumatoïde.

Une étiologie bactérienne de la polyarthrite rhumatoïde (RA) est soupçonnée depuis les débuts de la théorie moderne des germes.

Des études récentes impliquent les surfaces muqueuses comme des sites d'initiation de la maladie.

L'apparition fréquente de dysbioses parodontales dans la PR suggère que les agents pathogènes oraux peuvent déclencher la production d'autoanticorps spécifiques de la maladie et de l'arthrite chez les sujets sensibles. Nous avons utilisé la spectrométrie de masse pour définir la composition microbienne et le répertoire antigénique du fluide creviculaire gingival chez les patients atteints de maladie parodontale et de témoins sains.

La parodontite a été caractérisée par la présence d'autoantigènes citrullinés qui sont des cibles immunitaires primaires dans la PR.

Le citrullinome dans la parodontite reflétait les schémas d'hypercitrullination observés dans l'articulation rhumatoïde, ce qui impliquait ce site muqueux dans la pathogenèse RA.

Des signatures protéomiques de plusieurs espèces microbiennes ont été détectées dans des échantillons de parodontite hypercitrullinée.

Parmi ceux-ci, Aggregatibacter actinomycetemcomitans (Aa), mais pas d'autres pathogènes candidats, a induit une hypercitrullination chez les neutrophiles de l'hôte.

Nous avons identifié la toxine formant pores leucotoxine A (LtxA) comme le mécanisme moléculaire par lequel Aa déclenche l'activation dysregulated des enzymes citrullinating dans les neutrophiles, mimant les voies membranalytic qui soutiennent la citrullination autoantigen dans l'articulation de RA.

De plus, LtxA induit des changements dans la morphologie des neutrophiles imitant la formation de pièges extracellulaires, libérant ainsi la charge hypercitrullinée.

L'exposition à des souches Aa leucotoxiques a été confirmée chez des patients atteints de PR et était associée à la fois à des anticorps anti-protéine anticitrullinés et au facteur rhumatoïde.

L'effet de l'antigène lymphocytaire humain-DRB1 partagé allèles d'épitope sur autoanticorps positivité a été limitée aux patients atteints de PR qui ont été exposés à Aa

Ces études identifient l'agent pathogène parodontal Aa comme candidat déclencheur bactérienne de l'auto-immunité dans la PR.

Konig MF, et al. Sci Transl Med. 2016.

Konig MF1, Abusleme L2, Reinholdt J3, Palmer RJ2, Teles RP4,5, Sampson K1, Rosen A1, Nigrovic PA6,7, Sokolove J8, Giles JT9, Moutsopoulos NM2, Andrade F10.

1Division de rhumatologie, École de médecine de l'Université Johns Hopkins, Baltimore, MD 21224, États-Unis. 2Institut national de recherche dentaire et craniofaciale, National Institutes of Health, Bethesda, MD 20892, États-Unis. Département de Biomédecine, Université d'Aarhus, 8000 Aarhus C, Danemark. 4 Département de parodontologie, École de dentisterie, Université de Caroline du Nord à Chapel Hill, Chapel Hill, NC 27599, États-Unis. 5Department of Applied Oral Sciences, Institut Forsyth, Cambridge, MA 02142, USA. 6Division de Rhumatologie, Immunologie et Allergie, Brigham and Women's Hospital, Boston, MA 02115, USA. 7Division of Immunology, Boston Children's Hospital, Boston, MA 02115, USA. 8Division d'immunologie et de rhumatologie, Faculté de médecine de l'Université de Stanford, Stanford, CA 94305, États-Unis. 9Division of Rheumatology, Collège des médecins et chirurgiens, Université de Columbia, New York, NY 10032, USA. 10Division de rhumatologie, École de médecine de l'Université Johns Hopkins, Baltimore, MD 21224, États-Unis. Andrade@jhmi.edu. Citation Sci Transl Med. 2016 Déc 14; 8 (369): 369ra176. Copyright © 2016, Association américaine pour l'avancement des sciences. PMID 27974664 [PubMed - en cours]

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 17:33

 

 Un généraliste suspendu pour son dépistage de Lyme : "On se sent harcelés"

 

Un médecin généraliste a été condamné en appel à quatre mois de suspension ferme par le Conseil de l'Ordre pour "prescriptions abusives de tests de dépistage de borréliose" et "soins non-conformes aux données actuelles de la science".

 

Alors que le ministère a lancé en septembre un vaste plan de recherche sur Lyme, un médecin généraliste de la banlieue de Lyon vient d'être condamné en appel à quatre mois de suspension ferme par le Conseil de l'Ordre.

 

Le médecin a été sanctionné pour des soins non-conformes aux données actuelles de la science", "des prescriptions abusives de tests de dépistage de borréliose", une "absence d'adaptation de la thérapeutique aux résultats des tests biologiques".

 

"Je n’ai plus 40 ans, mon activité est derrière moi, mais c’est chiant d’arrêter quatre mois quand on a des patients dont on essaie d'améliorer la qualité de vie", avait commenté Raphaël Cario après le premier jugement.

 

"J’essaie de dédramatiser, mais on se sent harcelé, c’est comme si on voulait notre peau, et on ne sait pas pourquoi."

 

En première instance, trois autres médecins avaient aussi été suspendus.

"Je vais faire appel devant le conseil d’Etat, mais cette condamnation n’étant pas suspensive, je vais devoir arrêter de recevoir mes patients à partir de mai", précise le médecin.

 

 

Dans le même temps, la Cour d'appel de Colmar a condamné une ancienne gérante d'un laboratoire d'analyses biologiques, poursuivie pour avoir appliqué des méthodes non conventionnelles...

 

La gérante de 68 ans a été condamnée à 9 mois de prison avec sursis pour escroquerie au préjudice de l'Assurance-maladie et devra rembourser 280 000 euros.

 

Un pharmacien était poursuivi aux côtés de la gérante. En première instance, il avait été condamné à de la prison avec sursis. Il est décédé ce samedi, quatre jours avant le prononcé de la sanction en appel.

 

 

[Avec Nouvelobs.com et AFP]

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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 17:27

Maladie de Lyme : la condamnation de Viviane Schaller confirmée en appel

Viviane Schaller, lors du procès en première instance. (Archives DNA)

Viviane Schaller, lors du procès en première instance. (Archives DNA)

Les partisans de méthodes alternatives pour détecter et soigner la maladie de Lyme ont subi mercredi une nouvelle déconvenue, la cour d’appel de Colmar ayant confirmé la peine avec sursis infligée à l’ancienne gérante d’un laboratoire d’analyses biologiques, poursuivie pour avoir appliqué de telles méthodes.

Comme en première instance en novembre 2014, Viviane Schaller, 68 ans, a été condamnée à neuf mois de prison avec sursis pour «escroquerie» au préjudice de l’assurance-maladie. Elle devra aussi rembourser à la Sécurité sociale les sommes indûment remboursées, soit 280.000 euros. «C’est une décision extrêmement décevante. Ma cliente en ressent une grande amertume», a dit à l’AFP l’avocat de Mme Schaller, Me Julien Fouray. «Nous allons nous pourvoir en cassation», a-t-il ajouté.

La justice reproche à l’ancienne professionnelle de santé d’avoir, dans son laboratoire d’analyses biologiques alors basé à Strasbourg, appliqué pendant des années un protocole de dépistage non homologué de cette affection potentiellement invalidante, transmise par les tiques.
Selon elle, les protocoles officiels sont inadaptés et ne permettent de détecter qu’une très faible proportion des cas de Lyme.

Elle a ainsi annoncé à des milliers de patients en errance thérapeutique, dans toute la France, qu’ils étaient porteurs de la maladie, alors qu’on leur avait longtemps affirmé le contraire. Aujourd’hui encore, la pertinence de ces diagnostics reste controversée.

Dans ce dossier, Mme Schaller a été poursuivie pendant des années au côté d’un autre prévenu, Bernard Christophe, un diplômé en pharmacie poursuivi pour avoir fabriqué et commercialisé hors du cadre réglementaire un remède à base d’huiles essentielles contre la maladie de Lyme, baptisé «Tic Tox».

Le deuxième prévenu est décédé

Comme elle, M. Christophe avait été condamné à de la prison avec sursis, et comme elle, il avait fait appel et s’était longuement défendu lors de l’audience d’appel sur le fond, le 7 octobre. Mais il est décédé samedi d’une crise cardiaque, à l’âge de 67 ans, quelques jours avant le prononcé de la décision. La cour d’appel de Colmar n’a donc pu que constater l’extinction de l’action publique à son encontre.

Soutenus par des milliers de patients en colère, les prévenus, qui dénonçaient le «déni» de la maladie de Lyme par les pouvoirs publics, avaient expliqué à l’audience qu’ils s’estimaient confortés par les récentes annonces du gouvernement en la matière.

Evoquant le «sentiment d’abandon et l’errance thérapeutique auxquels sont confrontés» les malades, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a présenté fin septembre un «plan national» pour améliorer la prise en charge de la maladie, notamment autour du développement de nouveaux tests de diagnostic.

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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 12:42

Lyme : le grand bazar des tests de dépistage

Tique du genre Ixodes ricinus. A quel test se fier pour savoir si le parasite a transmis à la personne piquée la bactérie contenue dans ses glandes salivaires ? Richard Bartz/Wikimedia commons, CC BY-SA

C’est devant la justice, actuellement, que se discute la fiabilité des tests de dépistage pour Lyme, cette maladie transmise par les tiques. Une situation inédite et assez déroutante pour les scientifiques qui, comme moi, travaillent sur le sujet dans leur laboratoire de recherche. Entre les tests homologués peu fiables, les tests non officiels peut-être plus fiables mais non évalués et les tests complètement fantaisistes défendus par des malades dans le désarroi, c’est… le grand bazar. Aiguillonnée par la demande légitime des patients, la communauté des chercheurs met désormais les bouchées doubles pour faire le tri parmi toutes ces méthodes et proposer le plus vite possible des tests efficaces.

La Cour d’appel de Colmar doit rendre aujourd’hui, le 14 décembre, son arrêt dans le procès des « rebelles » de Lyme. L'un des prévenus, pharmacienne, pratiquait dans son laboratoire d'analyses à Strasbourg une méthode de dépistage alternative dans cette maladie transmise par les tiques. Elle a été condamnée en première instance à 9 mois de prison avec sursis pour « escroquerie ». Au mois d’octobre, 130 patients regroupés dans un collectif baptisé Lymaction ont déposé plainte contre les laboratoires fabriquant les tests officiels auxquels ils reprochent leur manque de fiabilité. Autant dire que la question des tests, en France, suscite plus que des empoignades.

Derrière ces batailles très médiatisées, il y a de nombreuses personnes diagnostiquées négatives par les tests officiels, mais persuadées d’avoir contracté la maladie de Lyme. Des gens cherchant désespérément des méthodes alternatives qui pourraient confirmer leur maladie, ou pas. En tout cas, mettre fin à l’incertitude.

Un jeu de piste pour trouver où se loge la bactérie

Le défi, avec cette maladie encore en grande partie mystérieuse, est de trouver où, dans l’organisme, se loge la bactérie incriminée. Ou alors de repérer les traces qu’elle laisse durant sa migration depuis le point de piqûre vers d’autres parties du corps. Dans ce jeu de pistes, la bactérie semble être plus forte que les chercheurs. Pour le moment du moins.

La première voie, celle qui a été choisie pour les tests réglementaires, consiste à chercher dans le sang les anticorps déclenchés contre la bactérie par le système immunitaire du malade. Il s’agit des tests Elisa et Western Blot, validés par une conférence de consensus qui s’est tenu il y a dix ans, désormais très discutée. Ils sont proposés aux patients en cas de suspicion d’une maladie de Lyme et réalisés dans un laboratoire d’analyses. Ce sont des tests sérologiques, c’est à dire qui étudient le sérum, un constituant du sang.

Plusieurs bactéries pour une même maladie

Test Elisa, ici pour le virus HIV. Lab Science Career/Flickr, CC BY-NC-SA

Les tests sérologiques se heurtent à plusieurs difficultés. En France et ailleurs en Europe, la maladie de Lyme n’est pas due à une seule bactérie mais à plusieurs appartenant à cinq espèces différentes au moins, toutes du genre Borrelia. Pour mettre en évidence les anticorps produits par l’organisme au contact de ces bactéries, il faut donc utiliser des antigènes (les protéines de la bactérie reconnues par ces anticorps) qui puissent être reconnus quelles que soient les espèces bactériennes à l’origine de la maladie. Soit des antigènes communs à toutes ces bactéries, soit une combinaison d’antigènes qui couvre toutes les espèces de bactéries. Sauf que les fabricants de la vingtaine de tests sérologiques autorisés en France n’indiquent pas toujours les réactifs utilisés… Parfois leurs tests ne permettent de reconnaître que certaines bactéries, et on le sait. D’autres fois, on n’a pas cette information.

Par ailleurs, les Borrelia disposent d’une astuce pour passer relativement inaperçues des défenses de l’organisme. Avec une conséquence problématique pour les tests Elisa et Western Blot : elles induisent moins d’anticorps que d’autres bactéries. En effet, au moment où Borrelia se trouve dans les glandes salivaires de la tique, celle-ci se recouvre d’une sorte de manteau fait de constituants du parasite. Quand la tique nous pique, Borrelia pénètre dans notre corps et voyage ensuite « incognito », comme l’ont montré des chercheurs américains de l’université de Yale. Sous ce « déguisement », la bactérie se trouve à l’abri de notre système immunitaire, qui réagit tardivement et faiblement à l’infection. Une infection à Borrelia est dite peu immunogène, c’est-à-dire qu’elle active peu le système immunitaire de la personne infectée. Les tests peuvent donc donner, à tort, un résultat négatif.

Que penser de la vingtaine de tests autorisés en France ? Si la fiabilité de certains a été établie, elle reste discutable pour d’autres, pour lesquels peu de données sont disponibles. Le Haut conseil de la santé publique a d’ailleurs recommandé dès 2014 que la sensibilité et la spécificité de l’ensemble de ces tests puissent être vérifiées.

Le test de la « goutte épaisse »

Une autre voie, non reconnue officiellement, consiste à tenter de repérer Borrelia à l’œil nu, sous un microscope, à partir d’un peu de sang. En France ou à l’étranger (en particulier en Allemagne), des laboratoires d’analyses proposent cette technique très simple, appelée test « de la goutte épaisse ». Elle consiste à observer une goutte de sang déposée sur une lame à l’aide d’un microscope à fond noir. Ce test est déjà utilisé pour repérer l’agent pathogène du paludisme, Plasmodium falciparum, transmis, lui, par un moustique.

La bactérie Borrelia Burgdorferi, agent de la maladie de Lyme, observée en microscopie à fond noir – ici à partir d’une culture in vitro. CDC -- National Center for Infectious Diseases via Lenny Flank/Flickr, CC BY-NC-SA

Avertie par une association de patients que certains utilisaient cette technique à la maison, notre équipe a souhaité l’évaluer. En effet, si cette technique extrêmement simple à mettre en œuvre pouvait faire ses preuves, cela révolutionnerait, ni plus ni moins, le diagnostic de la maladie de Lyme. Nous avons ainsi réalisé un essai, avec nos collègues médecins de l’équipe du Pr Christian Perronne à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine), sur deux groupes de sujets : des malades qui avaient obtenu un résultat positif en utilisant cette technique chez eux (témoins positifs de notre étude), et des personnes en bonne santé (témoins négatifs de notre étude).

Résultat : toutes ces personnes, malades ou non, se sont révélées positives au test de la goutte épaisse ! On voyait bien des bâtonnets en forme de petits serpents, ressemblant à s’y méprendre à la forme typique de Borrelia, sortir des cellules de malades… mais aussi de celles des personnes en bonne santé. Nous avons conclu que cette technique ne pouvait pas être utilisée comme moyen de diagnostic, puisqu’elle déclarait positifs des individus malades, mais aussi des individus en bonne santé.

Rechercher la bactérie par son ADN

Troisième piste : traquer l’ADN de Borrelia dans tous les fluides du corps et les tissus biologiques où elle pourrait se loger, voire seulement transiter, comme le sang ou l’urine. La PCR (pour Polymerase Chain reaction), une méthode d’amplification de l’ADN utilisée pour trouver le virus du Sida ou des traces d’OGM dans les aliments, apparaît comme une méthode de choix, car très sensible. Elle est aussi très spécifique (c’est-à-dire que le risque de confondre une autre cible avec une Borrelia est faible), à condition d’être utilisée selon des normes strictes, avec de nombreux contrôles, pour éviter le risque de contaminations par d’autres matériels génétiques. Encore faut-il que la bactérie soit présente dans le liquide ou le tissu analysé…

Or Borrelia ne circule dans le sang que de manière transitoire et n’y persiste pas. C’est pourquoi la technique de la PCR ne peut être considérée comme fiable quand elle est utilisée sur des prélèvements de sang, comme c’est le cas en Allemagne par exemple. Par contre elle peut s’avérer utile dans des formes particulières de la maladie, notamment en cas de symptômes articulaires. On peut alors prélever le liquide synovial contenu dans les articulations pour l’analyser. De même, en présence de symptômes neurologiques, on peut détecter les Borrelia par PCR dans le liquide céphalo-rachidien prélevé par ponction lombaire.

Un test utilisé habituellement pour la tuberculose

Une quatrième voie consiste à mettre en évidence des cellules du système immunitaire du patient qui auraient été en contact avec Borrelia. Ce test, l’Elispot, est proposé par certains laboratoires d’analyse médicales qui l’utilisent, habituellement, pour le diagnostic de la tuberculose. Mais comme le test de la goutte épaisse, il produit un nombre très élevé de résultats positifs. En dépit de mes recherches dans la littérature scientifique, je n’ai trouvé aucune donnée permettant d’affirmer que ce test a une spécificité et une sensibilité acceptable pour être employé dans le diagnostic de la maladie de Lyme. Les résultats de l’Elispot sont donc à prendre avec une grande précaution. D’autant qu’ils coûtent très cher (environ 300 euros) et que dans leur désarroi, certains malades se retrouvent à débourser des sommes importantes pour un résultat non probant.

Peut-on espérer disposer un jour d’un test efficace contre la maladie de Lyme ? La réponse est oui. Sous la pression des associations de malades et de certains médecins, les autorités sanitaires ont pris conscience de ce problème de diagnostic. Ainsi le plan national contre la maladie de Lyme annoncé fin septembre prévoit l’évaluation de la performance des tests existants – y compris les tests sérologiques, qui sont pourtant présentés comme la référence aujourd’hui. Il inclut aussi le soutien de la recherche pour le développement de tests innovants tenant compte des caractéristiques si particulières des Borrelia. À titre d’exemple, l’Agence nationale de la recherche (ANR) finance des essais avec des tests cutanés, qui donnent déjà de bons résultats chez les animaux. Reste à passer aux essais chez l’homme. Dans tous les cas, il faut compter au moins trois ans avant qu’un tel test arrive dans les pharmacies.

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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 11:47

Les obsèques de BERNARD CHRISTOPHE auront lieu vendredi à Strasbourg. conformément aux volontés de Bernard: 
NI FLEURS, NI COURONNES. 


Si vous souhaitez vous manifester, il vous est proposé de faire des dons à la FFMVT en symbole de soutien au 
Pr CHRISTIAN PERRONNE. 


La famille a besoin de respect, de dignité et d'humilité dans ce moment plus que difficile. Aussi nous vous remercions de bien vouloir rester discrets si vous veniez. 
La famille et les amis proches auront bien sûr accès à la célébration en priorité.

 

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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 22:13

Agenda des formations Maladie de Lyme - Vendredi 4 novembre 2016 . SISTERON , niveau 1 - Jeudi 10 novembre 2016 , LYON . niveau 2 - Mercredi 14 décembre 2016 , LYON , niveau 1 - Jeudi 15 décembre 2016, LYON , niveau 3 - Mercredi 18 , Jeudi 19, et Vendredi 20 janvier 2017 : VALENCE, niveaux 1, 2 et 3 - Jeudi 26 janvier 2017 , ANNECY niveau 1 - Vendredi 27 et samedi 28 Janvier 2017 PARIS niveau 1 et 2 (par Dr Claire Delval) - Jeudi 2 février 2017 : LYON niveau 2 - Vendredi 3 février 2017, LYON , Niveau 3 - Samedi 4 février 2017 BORDEAUX, niveau 1 (fait par le Dr Bruno GEOFFRAY). - Février 2017 , BELGIQUE, Niveaux 1 , 2 et 3 , ( dates à confirmer). - mercredi 22, jeudi 23 et vendredi 24 février 2017 : VALENCE niveau 1, 2 et 3 - Jeudi 9, vendredi 10 et samedi 11 mars 2017, LILLE , niveaux 1 , 2 et 3 - Vendredi 21 et samedi 22 Avril 2017 PARIS niveau 1 et 2 (par Dr Claire Delval) - Vendredi 28 avril 2017, AIX EN PROVENCE, niveau 1 - Mercredi 10 , jeudi 11, et vendredi 12 mai 2017 : VALENCE, niveaux 1, 2 et 3 - Juin 2017 , SAINT MALO, (niveau 1 fait par le Dr Youssouf DJONOUMA) Si l’une de ces dates vous interesse , merci de me contacter par email : ph.raymond@free.fr

Nouvelles dates de formation Lyme, programmées par le Dr Youssouf DJONOUMA en Bretagne:

St Malo 9&10 juin
Mt St Michel 29&30 septembre
Nantes 24&25 novembre

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
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