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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 07:47

Diagnostic d’une tuberculose-infection latente : par détection de la production d’interféron Les tests QuantiFERON ® et T-SPOT-TB ® permettent de détecter la production d’interféron γ, IFN γ.

Ils peuvent remplacer l’intradermoréaction, IDR, dans le cadre de l’enquête autour d’un cas de tuberculose, lors de l’embauche des professionnels de santé mais également tous les 2 ans pour le suivi de certains de ces professionnels qui travaillent dans des services à risque ( un secteur à risque fort est un service qui reçoit 4 à 5 patients bacillifères par an). Tuberculose: infection mycobactérienne

Réponse immunitaire au cours de la tuberculose Limites de l’IDR dans le cadre du diagnostic d’une tuberculose-infection latente

Quatre indications retenues pour l’utilisation des tests QuantiFERON ® ou T-SPOT-TB ® Les tests de détection de l’IFN γ Avantages de ces tests par rapport à l’IDR Inconvénients de ces tests Exécution de ces test de détection de l’IFN γ Détection de l’interféron gamma: rapport de la Haute Autorité de Santé QuantiFERON ® désigne une marque , il s’agit d’un test IGRA, Interferon γ release assay.

Tuberculose: infection mycobactérienne La tuberculose est une infection mycobactérienne chronique provoquées par des mycobactéries: le plus souvent mycobactérium tuberculosis (bacille de Koch), beaucoup plus rarement M. bovis et M. africanum .

La contamination par inhalation est interhumaine, elle se traduit par la tuberculose-infection récente: infection tuberculeuse latente (les bacilles sont vivants sous forme latente dans l’organisme). En effet, la prolifération de M.tuberculosis est arrêtée dans 90% des cas par les défenses immunitaires de l’hôte La tuberculose-infection est toujours asymptomatique.

Dans 10% des cas, la tuberculose-infection latente peut évoluer en tuberculose active ou tuberculose maladie: tuberculose pulmonaire dans 75% des cas et tuberculose extra-pulmonaire dans 25% des cas.

Réponse immunitaire au cours de la tuberculose M.tuberculosis est un pathogène intracellulaire qui réside surtout dans les phagosomes des macrophages et des cellules dendritiques. Les antigènes peptidiques de M.tuberculosis sont présentés aux lymphocytes.

La réponse immunitaire cellulaire est la composante majeure de la réponse immunitaire à l’égard de M.tuberculosis.

La réponse humorale a un rôle mal défini. 3 types de cellules sont essentiels à la réponse protectrice à l’égard de M.tuberculosis. Macrophages: ils phagocytent le bacille tuberculeux. Lymphocytes T CD4 +: ils induisent une réponse protectrice avec synthèse de cytokines de type TH1, notamment interféron IFN γ. Lymphocytes T CD8 +: ils produisent également de l’IFN γ qui peut lyser les macrophages infectés.

Le changement de profil de sécrétion ( cytokines TH1 vers cytokines TH2) serait associé à la maladie tuberculeuse à un stade tardif.

Limites de l’IDR dans le cadre du diagnostic d’une tuberculose-infection latente L’IDR est le seul test validé qui met en évidence l’existence d’une immunité à médiation cellulaire à l’égard de M. tuberculosis.

La source antigénique utilisée est la tuberculine. Recommandation de la Haute Autorité de Santé: L’IDR nécessite une technique parfaite pour être valide, l’injection doit être réalisée de façonstrictement intradermique et exsangue à la face antérieure de l’avant-bras.

L’IDR présente des limites: réalisation; lecture; manque de spécificité à l’égard du vaccin par le BCG: il existe une réaction croisée avec le BCG.

La vaccination par le BCG positive l’IDR 2 à 3 mois après vaccination le diamètre d’induration est supérieur ou égal à 5 mm; la positivité est parfois forte avec un diamètre d’induration supérieur ou égal à 10 mm durant les premières années qui suivent la vaccination par le BCG. Ainsi l’IDR est considérée comme non contributive pour faire le diagnostic de tuberculose-infection latente dans les 10 ans qui suivent la vaccination.

Quatre indications retenues pour l’utilisation des tests QuantiFERON ® ou T-SPOT-TB ®

Pour le diagnostic de la tuberculose infection latente en remplacement de l’IDR, il est possible de réaliser ces tests de détection de l’interféron γ dans 4 cas situations: enquête autour d’un cas: uniquement chez les adultes de plus de 15 ans; lors de l’embauche des professionnels de santé et pour ceux qui travaillent dans un service àrisque: c’est à dire dans les mêmes conditions que celles préconisées par les recommandations sur l’IDR.

Depuis 2007, l’IDR n’est plus obligatoire à l’embauche pour les professionnels de santé mais seulement avant l’entrée dans la profession: à condition que le salarié soit en mesure de présenter un résultat pour une intradermoréaction IDR noté en mm et non en + ( un résultat e + atteste qu’il s’agit d’un monotest et non d’une IDR). pour aider au diagnostic des formes extrapulmonaires de la tuberculose-maladie, souvent difficiles à étiqueter; avant la mise en route d’un traitement par anti-TNFα

Si le résultat du test est positif, il est possible de mettre en route un traitement antituberculeux en fonction des autres éléments disponibles.

Autres indications potentiellement intéressantes mais non retenues

Les indications suivantes ne peuvent pas être retenues actuellement: suivi d’une tuberculose-infection latente traitée ou non; diagnostic et suivi du traitement d’une tuberculose-maladie; utilisation du test chez les patients infectés par le VIH; dépistage de la tuberculose infection latente chez les migrants en provenance de pays à prévalence élevée de tuberculose; utilisation du test chez l’enfant;

Ces situations devraient faire l’objet d’étude. Les tests de détection de l’IFN γ L’IFN γ est produit suite à une stimulation antigènique in vitro de lymphocytes T contenus dans un prélèvement sanguin. La réponse immunitaire cellulaire est la composante majeure de la réponse immunitaire à l’égard de M. tuberculosis:

L’induction d’une réponse protectrice se traduit par la synthèse de cytokines de type TH1, notamment d’interféron gamma: IFN γ. La détection de l’IFN γ , interféron γ,est la base de ces 2 nouveaux tests récemment commercialisés: en effet, QuantiFERON -TB ® et T-SPOT-TB ® permettent de mettre en évidence in vitro cette réponse immunitaire protectrice à l’égard de M.tuberculosis.

Les tests ELISA: Enzyme Linked ImmunoSorbent Assay Le test QuantiFERON-TB ® est un système de dosage sur sang total qui permet une mesure par ELISA de l’IFN γ sécrété.

Le test QuantiFERON-TB IT ® explore la capacités des lymphocytes du patient à sécréter de l’interféron γ après stimulation des proteines ESAT-6, CFP-10 et TB7.7 du BK.

Un contrôle négatif sans antigène et un contrôle positif avec mitogène sont également prélevés et valident le résultat.

Le sang est prélevé sur tubes héparinés.

Les cellules mononucléées du sang périphérique sont incubées avec des protéines de M. tuberculosis ou des protéines contrôlées.

Après incubation pendant la nuit puis centrifugation, le plasma est décanté. L’IFN γ sécrété est quantifié par technique immuno-enzymatique (ELISA).

Le résultat est donné en pg/ml ou IU d’IFN γ. Le résultat est rendu de façon qualitative: positif, négatif, indéterminé.

Le test ELISPOT: Enzyme-Linked ImmunoSPOT Ce test T-SPOT.TB ® est réalisé sur un isolement de cellules mononucléées. Il s’agit d’une technique ELISPOT dont le principe est de mesurer les réponses cellulaires dirigées contre un antigène donné, en quantifiant le nombre de lymphocytes T produisant une cytokine.

Le test T-SPOT.TB ® est une mesure par ELISPOT des cellules sécrétant de l’IFN γ : il détecte l’IFN γ sécrété par les lymphocytes T spécifiques d’ESAT-6 et CFP-10. Le résultat est rendu en donnant le nombre de lymphocytes T sécrétant de l’IFN γ ( cellules formant un spot). En pratique, dans le cadre de l’enquête autour d’un cas de tuberculose: un test unique est réalisé 3 mois après le contact.

Avantages de ces tests par rapport à l’IDR

Ces tests de détection de l’interféron γ présentent les avantages suivants: pas de deuxième consultation pour interpréter le résultat du test; ces tests ne croisent pas avec le BCG, par conséquent ils permettent de faire la différence entre infection par M.tuberculosis et vaccination par le BCG; possibilité de discriminer une infection par M.tuberculosis d’une infection par M.avium; Pour le test T-SPOT.TB ® chez les patients infectés par le VIH le test serait valide même en cas d’immunosuppression.

Ni l’IDR, ni le BCG ne modifient le résultat du test QuantiFERON Inconvénients de ces tests

Ces tests de détection de l’interféron γ présentent les inconvénients suivants: tests techniquement plus difficiles à réaliser que l’IDR; il faut un laboratoire équipé avec un matériel défini et du personnel formé; risque théorique de résultat faussement positif ( les gênes codant pour ESAT-6 et CPF-10 existant dans le génome de M. kansasii, M.szulgai, M.marinum); risque possible de réaction croisée avec M. leprae; pour le test QuantiFERON-TB ® le résultat est indéterminé si le témoin positif contrôle n’est pas validé.

Chez les patients sous immunosuppresseurs ce type de résultat serait obtenu dans 20% des cas. Exécution de ces test de détection de l’IFN γ Certaines règles doivent être observées par les biologistes sur un plan pratique pour la bonne réalisation de ces tests qui sont très dépendants de la technique : bien respecter un délai maximum de 12 heures entre le prélèvement sanguin et son utilisation; bien garder le prélèvement sanguin à latempérature ambiante jusqu’à son utilisation; il faut agiter vigoureusement les tubes avant de les incuber 24h à 37°; centrifuger avant de les adresser à + 4° au laboratoire réalisateur;

Ne réaliser ces tests que 3 mois après le début du contact connu la recherche de la réalisation d’une IDR récente ( environ 1 mois) et de son résultat, ces données doivent être connues du clinicien et du biologistepour une interprétation optimale d’un test de détection de l »IFN γ ;

Ces tests ne doivent pas être utilisés en cas d’immunodépression.

Il ne faut jamais réaliser un test QuantiFERON moins de 3 semaines après le contage supposé, puisque c’est toujours négatif. Idéalement, il faut attendre 2 mois après le contage pour réaliser ce test. ces tests ne doivent pas être utilisés chez les enfants de moins de 15 ans; le respect scrupuleux de la phase pré-analytique conditionne la qualité des résultats;

Délai de réalisation 15 jours pour ces tests de détection de l’interféron γ Cotation d’un test IGRA, Interferon γ release assay : 90 € hors nomenclature, alors qu’une IDR coûte environ 1 €

Il existe un intérêt évident à l’utilisation de ces nouveaux tests QuantiFERON-TB ® T-SPOT.TB ® en remplacement de l’IDR, dans des indications précises chez l’adulte.

Néanmoins il persiste de nombreuses questions tant sur le plan technique que clinique.

Ces test sont utilisés depuis plusieurs années en Suisse et en Angleterre. Détection de l’interféron gamma: rapport de la Haute Autorité de Santé Tests de détection de la production d’interféron

Ces tests sont actuellement strictement quantitatifs : le test QuantiFERON est positif ou négatif. Néanmoins un test positif ne présume pas de l’infection, on n’a aucune notion de temps. Un test QuantiFERON positif ne se négative jamais. Un test QuantiFERON est intéressant lorsqu’il est négatif.

Des tests quantitatifs devraient voir leur jour : tel taux fera évoquer une tuberculose latente, tel taux indiquera qu’il faut traiter, tel taux devra être recontrôlé, etc

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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 07:37

À voir en replay:

http://m.pluzz.francetv.fr/videos/mille_et_une_vies_,149382062.html#xtref=acc_dir

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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 18:23

La parodontite chronique et le risque de dysfonction érectile: une revue systématique et une méta-analyse

L H Liu, E M Li, S L Zhong, Y Q Li, Z Y Yang, R Kang, S K Zhao, F T Li, S P Wan et Z G Zhao



L'objectif de cette étude est d'évaluer l'association entre la parodontite chronique (PC) et le risque de dysfonction érectile (DE).

 

Une recherche électronique a été effectuée par PubMed, Embase et la Cochrane Library pour des études observationnelles, longitudinales, de cohortes, de cas-témoins et d'études épidémiologiques sur l'homme, publiées jusqu'en décembre 2015.

 

Des recherches manuelles ont également été effectuées. Les odds ratios (OR) et les intervalles de confiance (IC) de 95% correspondants ont été utilisés pour estimer l'association entre la PC et le risque d'ED.

 

L'évaluation de la qualité méthodologique a été effectuée à l'aide de l'échelle d'évaluation de la qualité de Newcastle-Ottawa.

 

Quatre études cas-témoins et une étude transversale portant sur 213006 participants ont été incluses.

 

Sur la base du modèle des effets aléatoires, les analyses de toutes les études ont montré que la PC était associée à un risque accru de dysfonction érectile (OR = 2,28, IC 95%: 1,50-3,48).

Il y avait hétérogénéité parmi les études (P <0,001, I2 = 97,8%).

 

Les estimations des effets totaux étaient en général conformes aux analyses de sensibilité et de sous-groupes.

 

En conclusion, notre méta-analyse a suggéré qu'il y avait une association significative entre CP et le risque d'ED.

 

D'autres études épidémiologiques sont nécessaires pour mieux estimer les principaux facteurs de risque de parodontite et leurs effets d'interaction.

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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 16:53
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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 08:37

Les distributeurs de billets sont de véritables nids à microbes

Et voilà ce sur quoi vous posez les doigts lorsque vous retirez de l'argent.

Des traces de peau humaine, de nourriture moisie, et des parasites favorisant le risque de maladies infectieuses, voici ce qui se trouve –entre autres– sur le clavier des distributeurs de billets que vous empruntez chaque semaine.

Imaginez le nombre de doigts, pas toujours très propres, qui tapotent des dizaines de fois par jour sur ces claviers laissés à l'air libre.

Il suffit que l'on ait touché une multitude de choses pour qu'à chaque retrait de billets, vous laissiez un petit surplus de microbes personnels à vos successeurs.

C'est ce que révèle une étude menée par des chercheurs de l'université de New York. Après avoir mis le doigt sur la centaine de bactéries différentes qui existe dans le métro, ceux-ci se sont penchés sur le potentiel microbien des guichets automatiques.

«Les distributeurs de billets sont une surface intéressante, tant du point de vue de la biodiversité que dans une perspective de santé publique», écrivent-ils dans la revue mSphere.

Des champignons, des parasites intestinaux et vaginaux Pour mesurer la saleté des distributeurs de billets, et comprendre de quoi elle est composée, les chercheurs américains ont donc écumé soixante-six guichets automatiques de différents quartiers new-yorkais tels que Manhattan, Brooklyn et Queens, explique le Daily Mail.

En essuyant le clavier de chacun de ces guichets, les échantillons ont révélé sans surprise que l'élément le plus présent sur ces claviers était des bactéries issues de la peau humaine, semblables à celles que l'on peut trouver sur nos oreillers, nos téléviseurs et dans nos salles de bains.

Dans une mesure limitée, mais tout à fait surprenante, les échantillons ont notamment révélé la présence de «communautés fongiques», c'est-à-dire des espèces de champignons, dont certaines liées au tractus gastro-intestinal, cette voie de passage des aliments qui débute aux lèvres pour se terminer à l'anus.

Une autre espèce de bactéries provenant des muqueuses génito-urinaires a même été observée, sans compter un nombre alarmant de parasites favorisant le risque de malades infectieuses, comme la toxoplasmose.

Quand on découvre tout cela, on comprend mieux pourquoi le Telegraph comparait il y a quelques années la saleté des distributeurs de billets à celle des toilettes publiques.

Du poisson et du poulet, en fonction des quartiers

Tout aussi intéressant pour en apprendre davantage sur la sociologie de nos distributeurs de billets, les chercheurs de New York ont enfin observé la présence de traces alimentaires sur les claviers numérotés essuyés, raconte le magazine City Lab.

Les molécules alimentaires n'étaient pas les mêmes en fonction des quartiers de la ville.

Les chercheurs ont remarqué la prédominance de traces de moullusques et de poissons dans les quartiers asiatiques de Flushing et de Chinatown, tandis que les guichets automatiques du quartier de Harlem présentaient, eux davantage de traces de poulet.

«Les distributeurs situés dans les zones dans lesquelles la population est majoritairement blanche, étaient eux, recouverts de molécules alimentaires plus riches en sucre, comme celles que l'on trouve dans les gâteaux et confiseries», concluent enfin les chercheurs qui veulent toutefois relativiser leurs propos en prenant en compte d'autres facteurs, tels que la fréquence de nettoyage des machines ou encore la présence d'une population plus ou moins touristique dans ces différents quartiers de la ville.

Même si toutes ces données peuvent paraître inquiétantes, Jane Carlton, une spécialiste de la microbiologie urbaine à luniversité de New York, se veut elle plutôt rassurante.

Elle explique au New York Times que la majorité des bactéries observées dans l'étude est inoffensive pour notre santé, car beaucoup de microbes trouvés sur les claviers sont encore trop petits pour être nuisibles.

Il n'empêche que pour protéger la propreté de votre organisme et celle de votre entourage, vous feriez mieux d'adopter un réflexe: vous laver les mains à chaque fois que vous aurez retiré de l'argent au distributeur.

Science & santéSmart Cités | Repéré par Alix Fieux 22.11.2016

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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 13:35

Borréliose tardive : ce n’est pas toujours une acrodermatite chronique atrophiante !

 

Une série de 20 patients qui présentaient des critères cliniques et biologiques de borréliose tardive ont été étudiés sur le plan clinique et anatomopathologique par différentes équipes françaises et particulièrement par l’équipe de Strasbourg.

Il s’agissait majoritairement de patients alsaciens ou lorrains dont la maladie évoluait depuis 2 à 10 ans.

Les membres inférieurs (11/20) étaient touchés avec prédilection mais l’aspect classique d’atrophie monomélique (acrodermatite chronique atrophiante) était peu représenté. Les lésions observées étaient essentiellement des plaques ou des bandes violacées parfois scléreuses. Des patchs érythémateux distincts des uns des autres étaient notés chez certains patients ainsi que la présence de nodules fibreux. Sur le plan histologique, un infiltrat lympho-plasmocytaire typique était retrouvé 16 fois sur 25 mais des formes atypiques lichénoïdes ou à type de granulome annulaire étaient également observées.

Tous ces patients avaient bien entendu une sérologie de borréliose positive en IgG et, parfois, en IgM, une PCR positive pour Borrelia Afzelis sur la peau et ils ont été majoritairement traités par doxycycline (19/20).

Cette série a le mérite d’attirer notre attention sur le fait que la forme cutanée tardive et classique de la maladie de Lyme ou acrodermatite chronique atrophiante existe mais qu’elle est probablement beaucoup plus rare que des formes plus trompeuses restant monoméliques mais sans sclérose avérée.

Dr Patrice Plantin

RÉFÉRENCE

Lenormand C et coll. : Expanding the clinicopathological spectrum of late cutaneous Lyme borreliosis (acrodermatitis chronica atrophicans [ACA]): A prospective study of 20 culture- and/or polymerase chain reaction (PCR)-documented cases. J Am Acad Dermatol., 2016; 74: 685-92.

 

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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 11:58

Sujet : Réaction critique à l'article "Les zombies de la maladie de Lyme" du Prof.

Didier Raoult

De : Alain Loriaux <alainloriaux@muxophile.net>

Date : 23/11/16 11:57

Pour : bhernandez@lepoint.fr, bhlevy@lepoint.fr, cbertrand@lepoint.fr,

cimbert@lepoint.fr, clacombe@lepoint.fr, cono-dit-biot@lepoint.fr,

eberreta@lepoint.fr, ebroustet@lepoint.fr, ebroustet@lepoint.fr, egernelle@lepoint.fr,

fclaverie@lepoint.fr, fxbuissonniere@lepoint.fr, golliau@lepoint.fr, jbegle@lepoint.fr,

jbegle@lepoint.fr, jcordelier@lepoint.fr, jpbarberot@lepoint.fr, jpenthoven@lepoint.fr,

lallard@lepoint.fr, mbordet@lepoint.fr, mdiawara@lepoint.fr, mduteil@lepoint.fr,

mrichard@lepoint.fr, nbaverez@lepoint.fr, omegean@lepoint.fr,

orecasens@lepoint.fr, pbesson@lepoint.fr, pharlin@lepoint.fr, rgubert@lepoint.fr,

sgournay@lepoint.fr, slefol@lepoint.fr, smahrane@lepoint.fr

Copie à : medecine-doyen@univ-amu.fr, helene.belan@univ-amu.fr,

didier.raoult@gmail.com, Didier.Raoult@medecine.univ-mrs.fr,

Philippe.Brouqui@medecine.univ-mrs.fr, direction.generale@ap-hm.fr

 

 

 

Mesdames, Messieurs,

 

J'ai pris connaissance du nouvel article du Prof. Didier Raoult, titré "Les zombies de la

maladie de Lyme", en date du 19/11*. J'ai été choqué par le peu de considération non

seulement envers les malades qu'il entend "protéger" de dérives médicales, mais

aussi envers une institution française (le Haut Conseil de la Santé Publique) et les

médecins qui suivent des patients chroniques. Bien souvent, la médecine

conventionnelle n'apporte que peu de résultats en termes de diagnostic et de

résultats thérapeutiques, même si officiellement les patients sont "guéris" après 28

jours d'antibiotiques.

 

* Cfr : http://www.lepoint.fr/invites-du-point/didier_raoult/raoult-les-zombies-de-lamaladie-

de-lyme-19-11-2016-2084159_445.php

 

Je suis un malade chronique ayant un long parcours médical infructueux avant qu'un

diagnostic infectieux (borréliose de Lyme + co-infections) ne soit posé. Certes, j'ai été

diagnostiqué en dehors des recommandations considérées comme "rigoureuses" ; il

n'en demeure pas moins que ce diagnostic a été retenu à l'issue d'une expertise

médicale approfondie et contradictoire (la partie adverse était représentée par un

médecin, je précise).

 

Je suis invalide depuis bientôt 10 ans et n'ai que peu d'espoir,

au vu des connaissances scientifiques actuelles, de voir une amélioration qui me

permettrait de reprendre une vie professionnelle même partielle.

Cependant, je vous réagis surtout avec mon expertise en analyse critique, qui me

permet d'analyser l'information avec pertinence et dehors de toute considération

passionnelle. Au vu de l'opinion défendue par le Prof. Didier Raoult, je pense que sa

démarche relève avant tout d'un parti pris et est critiquable à plus d'un titre :

1) l'auteur évoque la fiabilité des tests sérologiques pour lesquels il a apporté

autrefois une contribution. Or, un récent rapport du Centre Européen de Contrôle des

Maladies (ECDC) démontre le faible niveau de preuve scientifique concernant la

valeur des tests sérologiques dans la pratique clinique (concernant la détection d'une

infection par Borrelia) ;

 

2) l'auteur suppose à tort que certains médecins "Lyme" mettent tout sur le compte

d'une seule bactérie. En réalité, nombre d'entre eux sont bien conscients de

l'implication d'autres pathogènes (bactériens et parasitaires) dans la maladie. La

littérature scientifique démontre aujourd'hui clairement que les tiques peuvent

contenir de nombreux pathogènes. Malheureusement, il est aujourd'hui impossible

de tester les patients en routine et des tests plus complexes sont souvent

nécessaires, du moins quand ils existent en médecine humaine ;

3) sans le citer explicitement, l'auteur remet en question les compétences et

l'implication du Prof. Christian Perronne étant donné sa longue expertise auprès de

nombreux patients. L'auteur trompe le lecteur en lui laissant penser qu'il aurait

influencé le Haut Conseil de Santé Publique lors de la rédaction de son rapport de

2014 (sans apporter le moindre élément de preuve ...). En réalité, le Professeur

Perronne ne s'est pas impliqué dans le groupe de travail et celui-ci était constitué de

professionnels issus de différentes disciplines scientifiques, pas forcément impliqués

dans le suivi de patients "Lyme" ;

4) l'auteur conteste la thèse du complot défendue par le Prof. Perronne dans ses

interventions. Là aussi, l'auteur trompe le lecteur en lui laissant penser qu'aucun

élément tangible ne vient étayer cette thèse. En réalité, un groupe de chercheurs

américains a mis en oeuvre, il y a une dizaine d'années, une "offensive sociopolitique"

pour discréditer les malades (chroniques) et leurs médecins, en fondant un

groupe secret dénommé "Ad Hoc International Lyme Disease Group" et via une

fondation dénommée "American Lyme Disease Foundation". Les activités de ces

chercheurs ont échappé à toute régulation étant donné la complicité des agences

fédérales américaines compétentes en matière de santé publique et de recherche

scientifique (National Institute of Health et Centers for Diseases Control).

Les chercheurs concernés ont bénéficié de subventions publiques dans le cadre de

recherches sur la maladie de Lyme et d'autres infections vectorielles. Ils ont

développé les recommandations américaines au sein de l'Infectious Diseases Society

of America (IDSA) en 2000 et 2006*. Dans le même temps, ces chercheurs ont

d'importants liens d'intérêts : consultance pour l'industrie pharmaceutique et

développement d'un vaccin contre la maladie de Lyme, expertise auprès de tribunaux

(pour le compte d'assureurs privés) dans le cadre de litiges concernant des médecins

ne respectant pas les recommandations IDSA, participation active au sein de

laboratoires fabriquant des kits de tests sérologiques, détention de brevets en lien

avec Lyme, ... L'indépendance n'était donc pas de mise dans ce domaine, quoi que

l'on puisse dire.

* sur base desquelles le consensus français a été rédigé en 2006, par la Société de

Pathologie Infectieuse de Langue Française (SPILF).

Pour en savoir plus, de nombreuses sources peuvent donner plus d'informations à ce

sujet, et, en particulier, le travail d'investigation d'une journaliste américaine (Kris

Newby). Par son long travail sur le sujet, elle a permis la divulgation de milliers de

documents confidentiels démontrant les activités impliquant les agences fédérales

citées ci-dessus pour défendre les intérêts privés de quelques chercheurs. Ces

documents ont été divulgués conformément à la législation américaine sur le droit à

l'information (FOIA - Freedom Of Information Act).

Je trouve étonnant que le Professeur Raoult n'ait pas investigué dans cette direction.

En tant que scientifique et "journaliste", il me semble qu'il s'agit là d'une erreur

intellectuelle flagrante.

5) étant donné la littérature scientifique actuelle, il paraît difficile de prétendre que

les recommandations de 2006 sont toujours d'actualité concernant le diagnostic et le

traitement de la maladie de Lyme. En effet, la standardisation et la valeur des tests

sérologiques est de plus en plus contestable ; dans le même temps, une partie des

tests sérologiques (ELISA) ont été étalonnés sur des donneurs de sang en bonne

santé et non sur base d'une population constituée de personnes effectivement

infectées. Enfin, des articles scientifiques sérieux apportent régulièrement de

nouveaux arguments appuyant la thèse de la persistance de l'infection dans les

tissus au-delà d'une antibiothérapie de maximum 28 jours.

Début 2016, les recommandations IDSA (2006) ont été retirées aux USA pour leur

caractère obsolète. Elles sont aujourd'hui en cours de réévaluation tandis que le

panel d'auteurs a dû être élargi pour être en mesure d'évaluer la qualité de la

littérature scientifique dans des délais raisonnables ! Prétendre que la science d'il y a

10 ans est toujours d'actualité est donc erroné, me semble-t-il.

Aujourd'hui, seules les recommandations compétitives développées par l'ILADS * en

2014 sont listées et prises en considération dans le système de soins de santé

américain. Ces recommandations ont été développées conformément aux nouveaux

standards, entre autres en matière d'évaluation de la littérature scientifique et de

formulation des recommandations. Il en ressort, pour toutes les questions traitées,

que le niveau de preuve scientifique est très faible.

* International Lyme and Associated Diseases Society, société médicale constituée de

médecins traitant des malades (Lyme + co-infections) ainsi que des associations de

patients.

En Europe, dans les sphères médicales, il est habituel de rejeter des

recommandations basées sur un niveau de preuve très faible. Pourtant, les

Etats-Unis ont ouvert la voie à une médecine plus transparente et au bénéfice du

patient, en réformant le système il y a quelques années. Dans d'autres

problématiques médicales, on peut également trouver des recommandations

conflictuelles et basées en majeure partie sur l'absence de preuves scientifiques.

Pour autant, il n'y a pas de controverse médiatique et les médecins sont libres

d'appliquer les recommandations dans le respect de leur liberté thérapeutique et du

contexte spécifique du patient ;

6) si les recommandations IDSA sont reconnues internationalement par la

communauté médicale pour leur rigueur et leur justesse sur le plan scientifique, il

n'en demeure pas moins qu'elles posent quelques questions sur le plan

méthodologique. Ainsi, l'Institut de Médecine américain a conclu que le

développement des recommandations de 2006 manquaient de transparence dans

leur ensemble. De manière générale, des publications scientifiques * montrent que

l'IDSA développe des recommandations contraignantes dans la pratique clinique

alors qu'elles ne reposent bien souvent que sur des opinions d'experts et non des

preuves scientifiques.

* Publications venant de chercheurs qui ne peuvent être "étiquetés" des comme des

activistes et ardents défenseurs d'infections chroniques.

7) si les patients attendent une juste prise en compte de leur état de santé et un

diagnostic mettant en évidence la/les causes expliquant leur invalidité, il n'en

demeure pas moins que le problème se pose également du côté des médecins et des

caisses de sécurité sociale ! Combien de praticiens et de médecins-conseils

écouteront-ils réellement les plaintes (d'origine inconnue et complexes) du patient

sans le renvoyer vers une étiquette "psy" ? C'est une question qui n'est pas non plus

abordée dans l'article, ce qui montre à nouveau un biais dans l'analyse de l'auteur ;

8) les Centres de Contrôle des Maladies aux USA (CDC) ont reconnu publiquement

que l'incidence de la maladie de Lyme devait être largement sous-estimée au vu du

nombre de cas déclarés sur base des tests sérologiques. Selon les estimations de

l'époque (2013), il devait y avoir au moins 300 000 nouveaux cas/an et non 30 000 !

Ils ont également déclaré que la maladie de Lyme était un problème de santé

publique majeur et inquiétant. Au vu du nombre de souches pathogènes des Borrelia,

des diverses co-infections et de la valeur des tests sérologiques, comment peut-on

continuer d'affirmer que le nombre de cas est limité ?

En guise de conclusion, et pour citer l'auteur : "Il faudra bien un jour mettre un frein à

l'annonce d'un scandale sanitaire par jour ! Il faudra vérifier les sources (...)".

Peut-être devrait commencer par appliquer lui-même ce qu'il préconise avant

d'émettre une opinion dont je doute qu'elle puisse profiter aux nombreux malades et

à la santé publique. La Ministre de la Santé française a élaboré récemment un plan

d'action pour répondre aux besoins criants des patients et des praticiens confrontés à

cette problématique. Il s'agit là d'une opportunité pour que la science puisse enfin

trancher ces questions litigieuses. Autrement, nous resterons toujours dans la

pénombre et les malades chroniques resterons en dehors du système de soins, avec

toutes les conséquences individuelles et collectives que cela implique !

Enfin, je rappellerai que le public a droit à une information de qualité, complète, et

indépendante, comme le mentionne la Charte d’éthique professionnelle des

journalistes (2011). A ce titre, "le journalisme consiste à rechercher, vérifier, situer

dans son contexte, hiérarchiser, mettre en forme, commenter et publier une

information de qualité ; il ne peut se confondre avec la communication" et "la

responsabilité du journaliste ne peut être confondue avec celle de l’éditeur, ni

dispenser ce dernier de ses propres obligations". Par ailleurs le journaliste "tient

l’esprit critique, la véracité, l’exactitude, l’intégrité, l’équité, l’impartialité, pour les

piliers de l’action journalistique ; tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire,

l’altération des documents, la déformation des faits, le détournement d’images, le

mensonge, la manipulation, la censure et l’autocensure, la non vérification des faits,

pour les plus graves dérives professionnelles".

J'espère que LePoint prendra ses dispositions pour que ce genre d'article ne soit plus

publié dans votre média. Les arguments avancés dans le présent mail se rapportent

à des faits documentés qui ont été, pour la plupart, publiés sur ma page d'analyse

critique consacrée à cette problématique. Pour plus d'informations, consulter

www.facebook.com/acLyme.

Je vous remercie pour l'attention que vous y accorderez.

Bien cordialement,

Alain Loriaux

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 13:15

Role du microbiome dans les maladies du système nerveux central.

 

Yan Wang, Lloyd H. Kasper

 

Department of Microbiology and Immunology, Geisel School of Medicine, Dartmouth College, Hanover, NH, USA

Department of Medicine, Geisel School of Medicine, Dartmouth College, Hanover, NH, USA

 

 

Les mammifères vivent dans une association co-évolutionnaire avec une pléthore de micro-organismes qui résident dans une grande  variété de micro-environnements tissulaires.

Le microbiome représente le génome collectif de ces microorganismes coexistants, qui est façonné par des facteurs hôtes tels que la génétique et les nutriments, mais à son tour est capable d’influencer la biologie de l'hôte dans la santé et la maladie.

 

Le microbiome spécifique d’une niche, est à l’évidence le microbiome intestinal, avec la capacité d'effectuer des migrations depuis les sites locaux vers des sites distaux dans l'hôte.

Le microbiome de l'intestin a joué un rôle crucial dans l'axe intestinal-digestif bidirectionnel qui intègre l'intestin et le système nerveux central (SNC)


Donc le concept de microbiome-intestin-cerveau est un axe émergeant.

 

Les études révèlent comment diverses formes de troubles neuro-immuns et neuropsychiatriques sont corrélées ou modulées par les variations de microbiome, les produits dérivés du microbiote et les antibiotiques exogènes ou les probiotiques.

 

Le microbiome soulève l'homéostasie immunitaire périphérique et prédispose la susceptibilité de l'hôte au SNC atteint de façon auto-immune.


Comme dans la sclérose en plaques.

Les mécanismes neuronaux, endocriniens et métaboliques sont également essentiels.


Les médiateurs de la signalisation du microbiome-SNC, qui sont plus impliqués dans les troubles neuropsychiatriques
tels que l'autisme, la dépression, l'anxiété, le stress.

 

La recherche sur le rôle du microbiome dans les troubles du SNC s'intensifie et nos connaissances académiques sur le commensalisme hôte-microbiome dans la régulation centrale et dans la pratique, tient la promesse concevable de développer de nouvelles voies pronostiques et thérapeutiques pour les troubles du SNC.

 

Texte complet : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4062078/
? 2014 Elsevier Inc. Tous droits réservés.

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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 06:36

La menace des champignons

Aux Etats-Unis Ils tuent plus que le paludisme et leurs cycles de vie sont très complexes.

Il est temps de s’intéresser à ces organismes rassemblés sous le règne des mycètes.

Certains sont savoureux, d’autres carrément nocifs. C’est sans doute la perception que la plupart d’entre nous ont des champignons.

Rares sont ceux qui les voient comme des tueurs. Nous avons peut-être tort…

Les champignons [tous ceux du règne des fungi] sont en marche. De nouvelles variétés apparaissent et contaminent tout, des cultures aux amphibiens.

La facilité des déplacements internationaux, notamment, contribue à la dispersion de spores résistantes dans de nouveaux environnements. Les perturbations que nous induisons nous-mêmes dans les milieux naturels permettent par ailleurs aux champignons d’évoluer.

Certains chercheurs se demandent aujourd’hui si nous sommes sur le point de récolter les spores que nous avons semées. Se pourrait-il que nous ayons libéré un monstre ?

Pas de pandémie imminente Au début de cette année, Neil Gow, mycologue médical à l’Université d’Aberdeen, au Royaume-Uni, a coorganisé une conférence à la Royal Society de Londres. L’objectif était d’évaluer la menace fongique croissante dans des domaines allant du bien-être animal à la sécurité alimentaire, en passant par la stabilité des écosystèmes.

Neil Gow ne souhaite pas exagérer la gravité du problème, mais il ne veut pas non plus en minimiser l’importance. “Je ne crois pas qu’une pandémie fongique soit imminente : à notre connaissance, l’humanité n’en a jamais vécu”, a-t-il dit.

Cela ne veut pas dire pour autant que les champignons ne tuent pas. “Il y a plus de gens qui meurent d’infections fongiques invasives que du paludisme, une maladie dont nous entendons pourtant parler bien plus souvent.”

A l’heure actuelle, une douzaine d’espèces de champignons causent la mort d’environ 1,5 million de personnes par an. Les maladies fongiques sont responsables d’une part significative des décès liés au sida, par exemple.

Et pourtant, cette menace est souvent ignorée. “Les infections fongiques et bactériennes peuvent se manifester par des symptômes similaires, d’où des erreurs de diagnostic, indique Neil Gow. “Dans bien des cas, les patients souffrant d’infections fongiques sont d’abord traités pour des infections bactériennes.”

L’hégémonie des bactéries

Les champignons (mycètes ou encore fungi) forment un règne à part entière, distinct de celui des plantes et des animaux, et beaucoup moins étudié. Ce groupe [...] Tim Vernimmen

Ils sont aussi au service des humains S’il existe quelques champignons qui peuvent nous tuer, un certain nombre d’entre eux nous rendent des services inestimables.

Les champignons jouent un rôle crucial dans la survie des écosystèmes : ils se nourrissent de matières organiques et recyclent les nutriments pour permettre leur absorption par les plantes. Les levures transforment le sucre en alcool et permettent de faire lever le pain.

Certains mycètes produisent des antibiotiques – le plus connu étant la pénicilline. Ils sont parfois aussi utilisés dans la fabrication d’autres médicaments, et même d’antifongiques.

Ils synthétisent également des composés complexes ayant une valeur commerciale, notamment des ingrédients de parfums. Nous pouvons en outre avoir recours aux champignons pour nettoyer les déversements d’hydrocarbures, décomposer les pesticides et les herbicides et détruire les neurotoxines contenues dans certaines armes chimiques.

Le polypore du bouleau fait même un très beau chapeau.

SOURCE NEW SCIENTIST Londres www.newscientist.com

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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 13:10

Elles sont les championnes des bactéries...

VIDÉO. Découverte. À Marseille, deux chercheuses de l'Urmite, le laboratoire du professeur Didier Raoult, révolutionnent la culture des microbes.

Publié le Le Point
Têtes chercheuses. La Nigérienne Maryam Tidjani Alou (à gauche) et la Sénégalaise Sokhna Ndongo au laboratoire de bactériologie-virologie de Didier Raoult, par ailleurs éditorialiste au « Point », à l’hôpital de la Timone, à Marseille, le 26 octobre.
Têtes chercheuses. La Nigérienne Maryam Tidjani Alou (à gauche) et la Sénégalaise Sokhna Ndongo au laboratoire de bactériologie-virologie de Didier Raoult, par ailleurs éditorialiste au « Point », à l’hôpital de la Timone, à Marseille, le 26 octobre. © Lilian Auffret / Sipa Press
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