Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 00:31

Selon une étude, une infection bénigne pourrait, chez des patients prédisposés, provoquer l’incapacité à digérer certaines céréales.

Un virus est-il impliqué dans le développement de la maladie cœliaque?

C’est ce que suggèrent des chercheurs de l’université de Chicago dans une étude parue la semaine dernière dans la revue Science.

Cette pathologie chronique de l’intestin est provoquée par une réaction du système immunitaire contre le gluten, un ensemble de protéines que l’on retrouve dans de nombreuses céréales (le blé, le seigle ou l’orge par exemple).

On parle souvent d’«intolérance au gluten», terme devenu équivoque, car également utilisé par des personnes prétendant aller mieux lorsqu’elles ne consomment pas de gluten, sans pour autant être atteintes de cette maladie (il faudrait alors plutôt parler d’hypersensibilité au gluten non cœliaque, un trouble qui ne fait l’objet d’aucun consensus scientifique).

Plus d’un tiers de la population présente une prédisposition génétique à la maladie cœliaque, mais seul 1 % tombe effectivement malade.

«Les facteurs environnementaux doivent jouer un rôle fondamental», explique Bana Jabri, professeur d’immunologie à l’université de Chicago, qui a encadré ces nouveaux travaux pointant vers une origine virale.

Mêlant modèle d’infection in vitro, tests sur la souris et recherche d’anticorps chez des patients, les chercheurs formulent une hypothèse :

«Une infection locale par un virus d’apparence bénigne mettrait le gluten dans un contexte inflammatoire particulier, qui provoquerait cette réaction du système immunitaire», explique Romain Bouziat, premier auteur de l’étude.

Le corps se mettrait dès lors à attaquer le gluten comme s’il s’agissait d’une dangereuse menace, ce qui serait à l’origine de la destruction des «villosités» intestinales, petits brins de muqueuses qui tapissent la paroi et permettent le passage des nutriments dans le sang.

Outre les maux de ventre, diarrhées et vomissements caractéristiques, la maladie empêche d’absorber les nutriments, pouvant provoquer une malnutrition même en cas d’alimentation normale du patient.

«Ce sont des travaux très intéressants, mais la démonstration n’est pas aboutie», prévient Nathalie Vergnolle, directrice de l’Institut de recherche en santé digestive, à Toulouse.

«Ce réovirus semble effectivement modifier la réponse immunitaire chez la souris, mais sans déclencher la maladie cœliaque à proprement parler et sans que cela ne semble spécifique au gluten.» UCP Nadine Cerf-Bensussan, responsable du laboratoire d’immunité intestinale, à Paris, appuie :

«Il est important de noter que dans les modèles murins étudiés, l’infection par le virus n’induit pas les lésions intestinales caractéristiques de la maladie cœliaque, y compris dans un modèle de réponse au gluten chez des souris modifiées pour exprimer le principal facteur génétique de prédisposition de la maladie.

Les auteurs suggèrent que le virus pourrait créer des conditions locales favorisant la maladie sans être suffisant seul.»

L’hypothèse d’un facteur infectieux déclenchant la maladie «est ancienne et a été explorée de façon récurrente depuis trente ans», poursuit-elle, rappelant que cela n’a jamais mené nulle part jusqu’à aujourd’hui.

«Les auteurs montrent que le sérum des patients cœliaques contient des quantités d’anticorps contre le réovirus plus élevées que celui de sujets contrôles.

Il s’agit là d’une simple corrélation qui ne démontre pas de lien de cause à effet.

Néanmoins, cette observation encourage à approfondir un rôle possible du réovirus.»

Repost 0
Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Nutrition Infections froides
commenter cet article
10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 18:33

Les prescriptions d’antibiotiques sont en augmentation depuis l’introduction du test de diagnostic rapide du paludisme

http://www.jim.fr/e-docs/00/02/83/FA/carac_photo_1.jpe http://www.jim.fr/e-docs/00/02/83/FA/carac_photo_1.jpe

Réduire la résistance aux antimicrobiens est une préoccupation majeure des organisations sanitaires internationales. C’est le cas, non seulement des antibiotiques, mais aussi des antipaludéens dans les zones d’endémie. Dans les zones tropicales et subtropicales d’Afrique et d’Asie, les épisodes aigus fébriles sont l’une des causes les plus fréquentes de consultation et, classiquement, la plupart, sinon la totalité, de ces fièvres étaient traitées de manière empirique par des anti-paludéens. Mais ces fièvres peuvent avoir d’autres causes, notamment des infections virales ou bactériennes.

A l’initiative de l’OMS, de nombreux pays où le paludisme est endémique, ont donc adopté le test de diagnostic rapide du paludisme, pour mieux cibler les prescriptions d’antipaludéens. Certains ont toutefois rapidement émis des réserves, évoquant le risque que ces prescriptions ne se reportent sur les antibiotiques, particulièrement pour les patients dont le test de diagnostic rapide de paludisme est négatif.

Une équipe internationale a réalisé une analyse de 9 études observationnelles ou randomisées, incluant plus d’1/2 million d’enfants et d’adultes ayant consulté pour une fièvre entre 2007 et 2013, dans 6 pays (Afghanistan, Cameroun, Ghana, Nigeria, Tanzanie et Ouganda).

Toutes les études sauf une montrent que l’introduction du test de diagnostic rapide du paludisme tend à s’accompagner d’une augmentation des prescriptions d’antibiotiques. Cette augmentation est de 21 % en moyenne. Environ 7 patients sur 10 dont le test est négatif se voient prescrire un antibiotique, ce qui, selon les auteurs, représente une surprescription. Cela est vrai pour toutes les classes les plus couramment utilisées: pénicilline, triméthoprime-sulfaméthoxazole, tétracyclines, et même le métronidazole, molécule rarement appropriée pour des infections fébriles.

La solution se trouve sans doute dans une meilleure compréhension des raisons de ces prescriptions et dans l’incitation à modifier les pratiques. Il y a urgence car, avec le recul du paludisme, de plus en plus de tests reviendront négatifs, ce qui risque d’augmenter encore les prescriptions d’antibiotiques.

Dr Roseline Péluchon

RÉFÉRENCE

Hopkins H et coll.: Impact of introduction of rapid diagnostic tests for malaria on antibiotic prescribing: analysis of observational and randomised studies in public and private healthcare settings. BMJ 2017 ; 356: j1054. http://www.bmj.com/content/bmj/356/bmj.j1054.full.pdf

 

Repost 0
Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
commenter cet article
10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 06:53

Dépression : la piste de l'origine infectieuse.

De nouveaux travaux suggèrent que la dépression est peut-être due à un germe latent.

Un espoir pour les 20 millions de malades dans le monde.

Et si la dépression était le symptôme d'une infection cérébrale ?

C'est le pavé dans la marre que vient de lancer le docteur Turhan Canli, de la Stony Brook University de New York avec un article paru au début du mois dans la revue spécialisée « Biology of Mood and Anxiety Disorders ».

Se fondant sur plusieurs dizaines d'études scientifiques, le chercheur suggère que la dépression montre, par certains aspects, des signes cliniques semblables aux agressions microbiennes responsables de diverses infections, et notamment des infections intestinales :

fatigue, perte d'appétit, manque de volonté, troubles du sommeil, humeur triste...

Dans le pire des épisodes dépressifs, comme dans les infections les plus sévères, les patients peinent à prendre la plus insignifiante décision, se renferment et nourrissent des idées sombres. «

L'apparition de ces signes précurseurs peut vouloir dire que le système immunitaire s'active », avance le chercheur sans préjuger de l'impact des facteurs exogènes, à commencer par ceux qui sont relatifs à la situation personnelle du malade.

Une étude, parmi les vingt-huit citées à l'appui de son hypothèse, était passée relativement inaperçue lors de sa publication en 2012 dans le « Journal of Clinical Psychiatry », sans doute parce qu'elle contredisait la théorie chimique généralement admise.

Elle constate que la contamination par un certain parasite présent sous une forme latente chez 20 % de la population - le protozoaire Toxoplasma gondii, agent de la toxoplasmose -, est corrélée à une augmentation très significative (jusqu'à sept fois plus) du risque de tentative de suicide chez les personnes infectées.

Et, plus étonnant encore, que les propriétaires de chats, porteurs naturels du germe, sont surreprésentés au sein des dépressifs sévères.

Inefficacité des antidépresseurs

Ces résultats abondent dans le sens d'autres expériences similaires, mises en évidence par Turhan Canli : par exemple, l'influence du microbiote intestinal sur nos humeurs, le rôle que joue l'herpès dans la dépression ou encore la présence des mêmes bactéries chez les patients dépressifs et ceux qui sont victimes d'infections inflammatoires intestinales.

En septembre, des chercheurs de la Wayne State University (Michigan) mettaient également en doute la théorie communément admise, dans une étude publiée par la revue « ACS Chemical Neuroscience » où ils s'étonnaient de l'inefficacité des antidépresseurs.

« Deux tiers des patients traités par les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), comme le Prozac, censés ramener les niveaux de cette hormone à la normale, continuent de se sentir déprimés », rappelait l'auteur de l'étude, Donald Kuhn, à l'appui de ses conclusions.

Pour comprendre pourquoi, il a donné naissance en laboratoire à des souris incapables de produire de la sérotonine et observé leurs réactions. « Elles sont compulsives et agressives mais ne montrent aucun signe dépressif, même dans une situation de stress, constate-t-il. Mieux : les antidépresseurs n'ont pas plus d'effet sur elles que sur des souris normales. »

L'approche thérapeutique traditionnelle de la dépression est en grande partie fondée sur la certitude d'une relation de cause à effet : comme les antidépresseurs améliorent l'humeur en augmentant le niveau de sérotonine dans le cerveau, on en déduit que la dépression est le résultat d'un déficit de cette hormone qu'on sait indispensable à la maîtrise de soi et à la régulation de fonctions comme la température, le sommeil, l'appétit ou la douleur.

Avec d'autres neurotransmetteurs comme la dopamine, la sérotonine joue, en effet, un rôle central dans l'équilibre de la machine corporelle en évaluant le niveau d'alerte des stimuli sensoriels pour enclencher en conséquence les mécanismes de réaction chimique adéquats.

En 2010, la découverte de plusieurs types de neurones libérant de la sérotonine a fait vaciller cette certitude, suggérant que des niveaux de sécrétion élevés pouvaient aussi bien accroître le stress qu'améliorer l'humeur, selon les régions du cerveau où la sérotonine s'accumulait.

Dans une étude sur les rongeurs, l'équipe du professeur Gina Forster, de l'université du Dakota, a ainsi montré qu'un apport de sérotonine pouvait générer deux types de réactions antinomiques : une sensation d'apaisement ou un comportement réflexe comme la peur.

« Cela explique sans doute pourquoi des patients sous antidépresseurs se plaignent d'anxiété et de pensées suicidaires », pense le professeur.

La sérotonine n'est pas le seul messager impliqué dans le circuit neurologique qui gouverne nos émotions (lire ci-contre).

L'Inserm, associé à six laboratoires dans le projet européen Devanx centré sur l'étude de l'anxiété, a également révélé le rôle d'autres agents clefs comme l'acide gamma-aminobutyrique (ou Gaba).

Ce neurotransmetteur est le plus répandu dans le système nerveux central (il est présent dans près de 40 % des synapses de notre cerveau), où il contribue notamment à diminuer l'activité nerveuse des neurones sur lesquels il se fixe.

Certains chercheurs pensent qu'il servirait, entre autres, à nous calmer en contrôlant la peur ou l'anxiété qui se manifeste par une hyperactivité cérébrale.

Leur hypothèse est renforcée par le fait que les anxiolytiques de la famille des benzodiazépines (Valium, Librium...) se fixent précisément sur les mêmes récepteurs que le Gaba.

S'ils parviennent à comprendre ces mécanismes de liaison, ils espèrent pouvoir stimuler naturellement la production de neurotransmetteur.

L'application pratique de tous ces travaux ? Elle est peut-être moins éloignée qu'on ne le croit. Au Canada, les premières expérimentations de « psycho-neurothérapies » ont démarré.

La méthode doit permettre aux patients dépressifs, avec un entraînement adapté, de rééquilibrer seuls leur juste niveau de neurotransmetteurs.

Les six neuro-transmetteurs qui régulent notre cerveau sont:

L'acétylcholine

Ce messager chimique dont la quantité diminue avec l'âge favorise le stockage des informations en mémoire et intervient dans le contrôle des mouvements réflexes comme le pouls.

L'adrénaline Ce messager prépare l'organisme à faire face au stress : il augmente la pression sanguine, la force de contraction musculaire, la capacité respiratoire, dilate les pupilles et améliore la mémoire.

Un taux trop élevé trouble le sommeil et la concentration, et peut conduire à la dépression.

La dopamine

C'est le neuro-transmetteur associé aux comportements exploratoires, à la vigilance, à la recherche de plaisir et au combat.

Sa production est ralentie chez les dépressifs.

L'acide gamma-aminobutyrique (Gaba)

Le Gaba est le neuro-transmetteur le plus répandu dans le cerveau où il freine la transmission des signaux nerveux.

Il maintient le ballet chimique sous contrôle et favorise la relaxation en limitant les effets de l'anxiété.

La noradrénaline

Elle stimule la réponse du circuit de la récompense pour contrôler notamment la libération des hormones qui régulent la fertilité, la libido et l'appétit.

Un taux bas signe une désocialisation.

La sérotonine

Ce messager est utilisé par le cerveau pour fabriquer la mélatonine nécessaire au réglage de l'horloge biologique.

Il influence aussi l'activité de certains types de neurones.

Chez les dépressifs, son manque est associé à des comportements impulsifs, agressifs, voire suicidaires.

Par Paul Molga Les Échos

Repost 0
Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
commenter cet article
10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 06:46

Quand Lyme est « dans la tête »

9 FÉVRIER 2017 MICHELEBAUDRY lyme-pain-2

Il est bien plus facile, pour éviter de chercher la cause du mal et pour maintenir cette éternelle vache à lait qu’est le malade chronique dans un enfer sans nom – mais tellement rentable – de rejeter les souffrances et toute plainte subjective d’un revers de la main, et de clore l’épais dossier d’un coup de tampon rageur du nom de “dépression”, “hystérie”, “trouble anxieux”, “personnalité psychotique”… quand ce n’est pas “neurotonique +++”.

Il est vrai que le DSM-5 n’est pas avare en qualificatifs…

Il est bien plus facile de botter en touche, et cataloguer les malades en cases bien rangées – et bien prévisibles – que d’accepter de remettre en cause et en perspective des années de vieilles croyances (et non de science) jamais remises au goût du jour.

Et pourtant… même les vieux manuels poussiéreux de médecine ne sont pas sans ignorer les affres de la neuro-syphilis, troubles psychiatriques graves de la phase chronique d’une maladie pourtant cousine de notre borréliose de Lyme.

De tout temps, les asiles et autres hospices ont toujours regorgé de malades dont la démence ou les troubles psychiatriques variés avaient pour origine une cause infectieuse, ou parasitaire, ou virale.

Si dans des temps reculés – enfin pas tant que ça!- on se contentait de les calmer à coups d’électrochocs ou de tortures diverses à base de douches glacées, de confinement et de camisole; les sévices actuels – bien plus “politiquement corrects” – font les beaux jours des laboratoires et des médecins psychiatres.

Et rien n’avance.

Abrutir les malades de psychotropes, faire d’eux des zombies afin qu’ils se taisent et ne pensent même plus à se plaindre, projeter sur eux des fantasmes refoulés afin d’expliquer leurs troubles par je ne sais quel trauma de la petite enfance (!), s’écouter parler en rond lors de séances de thérapies stériles et infantilisantes; réduire le patient à l’état d’objet, de “cas”, et oublier l’humain… ces imbéciles espèrent vraiment guérir les gens de cette façon?

Non bien sûr, car le malade (dépressif, suicidaire, anxieux, névrosé, psychotique, bipolaire – ah! la fameuse case fourre-tout! – ou simplement borderline ou victime d’un burnout) est bien plus rentable ainsi: pour les psychiatres, les psychothérapeutes, les infirmiers psy, les psychanalystes, les laboratoires fabricants de psychotropes et autres benzodiazépines destructeurs de neurones, toutes les professions qui gravitent dans et autour des hôpitaux psychiatriques et autres CMP.

Ça en fait du beau monde, à vivre sur le dos de dépressifs qui n’en sont pas!

J’ai moi-même connu – avant d’être lymée, c’est pas dommage! – des épisodes de troubles anxieux, un burnout, des phases de dépression réactionnelles suite à des drames (et j’en ai accumulé!) ; j’ai été suivie par des psychiatres, un psychanalyste pendant 2 ans, un thérapeute, travaillé sur mes angoisses et phobies qui n’en étaient pas; j’ai bouffé des anti-dépresseurs, des anxiolytiques, des somnifères, dont certaines molécules sont à présent retirées du marché (!).

Mais ça c’était avant. Et cette fois-ci je voudrais surtout parler de ma maman. Classée dans la case “dépression grave chronique” depuis plus de 20 ans, sa sérologie de Lyme vient de revenir positive en décembre dernier, mettant enfin – et par un gros coup de bol vu la fiabilité des tests! – un “vieux Lyme” chronique dont nous n’avons même pas le point de départ.

Mais une chose est sûre, un rhumatologue rouennais avait soupçonné cette maladie dès le début des années 90, lorsqu’elle a fait une sciatique paralysante.

Le test avait dû être négatif à l’époque…

Ses problèmes de santé, depuis l’enfance même (en commençant par la tuberculose à l’âge de 9 ans) font exploser le score du test Horowitz: ablation de la vésicule biliaire à 21 ans (septicémie), 3 cancers, problèmes de dos – scoliose, arthrose, ostéoporose – , algodystrophie suite à pose de prothèse de genou, hernie hiatale, adénome de l’hypophyse, adénome au pancréas, faux vertiges de Ménière, troubles cognitifs avec atrophie cérébrale (due aux benzodiazépines), maladie parodontale, arthrite, anorexie, BPCO, angiomes vertébraux que la rhumato avait pris pour un cancer des os!… Etc!

Et surtout la fameuse case “dépression” dans laquelle elle est tombée lentement mais sûrement suite au décès de mon père en 1988 – d’un Alzheimer qui apparemment n’en était pas un – enchaîné sur 7 ans de vie commune avec un manipulateur narcissique pur jus.

S’en sont suivis des insomnies résistantes à tout somnifère, dont un records de 11 jours sans dormir l’ayant menée à sa première tentative de suicide en 1994.

Puis se sont enchaînés les séjours réguliers en hôpital psychiatrique puis en maison de repos, parfois sur la région et parfois plus loin, ainsi qu’un micmac administratif l’ayant conduit à ne pas rester en maison de repos sur Montauban mais être transférée “sur ordre” dans un hôpital psychiatrique sur Marseille.

Avec barreaux aux fenêtres et nul droit de sortir. Maman n’était pourtant ni violente, ni criminelle…

Elle qui n’était déjà pas grosse est ressortie de là encore amaigrie, pendulaire sur ses jambes, faible et le teint gris-vert.

Son foie a sûrement dû apprécier la plaisanterie et le traitement chimique lourd… et son cerveau encore plus!

Au fur et à mesure des années, des aléas de la vie, des mauvais choix relationnels, du stress et des soucis, des deuils (un oncle suicidé, mon grand-père se laissant mourir et qu’elle a pris en charge jusqu’à la fin), des problèmes d’argent, de se laisser bouffer par les autres (un autre oncle alcoolique qu’elle a pris comme voisin et qu’elle ne pouvait plus gérer)… et je passe sur les soucis que lui causaient ses enfants – moi y compris – entre un fils marginal porté disparu, un autre fils schizophrène, une fille… passons, sans commentaire!

Et moi, bien qu’en couple à l’époque et vivotant financièrement…

Tout ceci a contribué à d’autres rechutes, d’autres tentatives de suicide, des changements de psychiatres, de traitement, puis doucement cette chronicité faite d’absence de suivi et de thérapie ainsi que d’ordonnances longues comme le bras renouvelées à l’infini par un médecin traitant totalement à côté de la plaque.

De longues années d’errance, de résignation à base de “vous aurez toujours des médicaments, c’est comme ça”.

Tout cela sans aller réellement mieux, évidemment.

Et puis en 2008, après une autre TS à base de cachetons et de whisky, un neurologue l’a sevrée des benzodiazépines, après avoir constaté les gros dégâts cérébraux… qui ont continué à évoluer par périodes depuis, puisqu’une autre psychiatre a bousillé tout le travail accompli en lui represcrivant des benzo!

Et du Tégrétol, comme à moi! Sans qu’on soit le moins du monde bipolaires mais parce que c’est une foutue mode, ici, de prescrire cette merde à tout le monde (j’ai pour ma part arrêté totalement lorsque j’ai contracté Lyme: mes enzymes du foie sont redevenus normaux en un mois).

Et devant son historique médical pourtant lourd et ses divers symptômes qui ne rentrent pas totalement dans les cases (attention car lorsque l’on a fait des cancers les médecins pensent automatiquement “cancer” à chaque nouveau symptôme.

Pareil avec “dépression”: lorsque l’on nous attribue une case, on n’a pas le droit de chier de travers et de faire une autre maladie, c’est comme ça.), devant des analyses pas géniales et une CRP à 3 chiffres constantes… personne n’a essayé de comprendre, ni de voir plus loin.

Il m’a fallu avoir Lyme, apprendre sur cette maladie, lire Horowitz et d’autres, pour me dire que la longue liste des problèmes de maman… c’était forcément Lyme.

Et les métaux lourds, sans doute, puisque ses problèmes cognitifs ont flambé en janvier 2016 suite à plusieurs dents arrachées par un dentiste boucher prescripteur de râteliers hors de prix.

Et la sérologie, enfin faite à l’occasion d’un bilan en décembre dernier, annonce la positivité en IgG, avec 5 bandes au WB prouvant la chronicité de la chose!

Fin des mystères, tout s’explique – ou en tout cas une grosse partie.

N’en déplaisent aux psychiatre et psychothérapeute, qui s’accrochent par principe et par ignorance à cette bonne vieille “dépression” si pratique, alors que les faits sont là: maman va beaucoup mieux depuis qu’une grande partie de ses psychotropes lui ont été enlevés.

Même qu’elle dort bien dites donc! Rangez vos arguments foireux de “faux positif” et de “syndrome de Münchhausen par procuration”, de grâce!

Alors oui, la thérapie a bien été utile suite au deuil de Michel, elle était même nécessaire pour nous deux, mais l’abrutissement chimique… comment dire?

Et les dégâts causés?

J’ose espérer que tout n’est pas irréparable… Je suis furieuse.

Non, tout n’est pas dans la tête, ou plutôt pas de la façon dont ils l’entendent.

Si c’est “dans la tête” c’est observable au microscope – hélas, à l’autopsie.

Mieux vaut tard que jamais pour ce diagnostic de Lyme, certes… mais quid de ces années perdues?

Des séquelles sur le corps, et l’esprit? Des années de maltraitance médicale où le patient finit par se résigner à ne pas aller mieux?

Quid de ces trous au cerveau, des troubles cognitifs, de l’Alzheimer en devenir qu’ils ont si habilement contribué à créer, années après années?

Et les dégâts collatéraux, sur les proches?

Tout n’est peut-être pas Lyme mais tout n’est pas “dépression”, en aucun cas. Pour nous, malades de Lyme, les exemples de ces erreurs de diagnostic sont légion, à commencer par l’histoire désolante et édifiante du jeune Yannick:

http://tempsreel.nouvelobs.com/sant… ( voir aussi l’émission “Mille et une vies” https://www.youtube.com/watch?v=yKX… ) .

Trop de malades en souffrance, laissés pour compte et traités de “fous”, en viennent à se suicider:

http://www.associationlymesansfrontieres.com/… ,

http://www.imatin.net/article/socie… , et encore dernièrement avec la perte tragique de notre ami Nicolas Hugon, dont les vidéos restent un témoignage poignant et sans fard:

https://www.youtube.com/watch?v=wWG… ,

https://www.youtube.com/channel/UCW… )

Quelques psychiatres commencent à ouvrir les yeux… et leur esprit, et à alarmer leurs confrères:

http://www.associationlymesansfrontieres.com/…

D’autres retournent leur veste lorsqu’ils se trouvent eux-mêmes – ou leurs proches – confrontés à leur tour à la maladie de Lyme.

Les preuves scientifiques existent. Il est largement temps que les choses changent, que le déni cesse, ainsi que les souffrances de tous ces gens si loin d’être “fous”…

© Elusive Reclusive (09/02/2017)

Pour approfondir le sujet: Dépression et cause infectieuse: http://chronimed.over-blog.com/arti…

http://www.lesechos.fr/15/12/2014/L… http://www.sciencesetavenir.fr/sant…

Maladie de Lyme et retentissements psychologiques:

http://www.igenex.com/psychological… Traduction d’un article canadien (plus en ligne) sur les manifestations psychiatriques de la maladie de Lyme:

http://www.forumlyme.com/phpBB3/vie…

D’autres documents médicaux sont téléchargeables dans cette partie du forum:

http://www.forumlyme.com/phpBB3/vie… Brochure pour les psychiatres:

http://www.ilads.org/lyme/lyme-broc… Lyme et Alzheimer:

http://www.dhnet.be/actu/sante/la-t… http://www.allodocteurs.fr/maladies…

Pour en savoir plus :

RADIO 1 et 2

http://www.rfi.fr/contenu/20100514-1-piqures-tiques-maladie-lyme/

http://www.rfi.fr/contenu/20100514-2-piqures-tiques-maladie-lyme/

Lyme Sans Frontières a organisé un colloque le 21 juin 2015, à Strasbourg au Palais des Congrès en présence du Pr Montagnier Lien vers le site :

http://www.associationlymesansfrontieres.com/colloque-autour-du-pr-luc-montagnier-21-juin-2015-au-palais-des-congres-de-strasbourg/

Journée médicale d’étude, du 14 novembre 2015, organisée par l’Association France Lyme, au Centre Seforex 97 rue Jean Jaurès, 92300 LEVALLOIS PERRET avec la participation du Professeur Christian Perronne (chef de service du département de médecine aigue spécialisée de l’hôpital Raymond Poincaré- Garches) et d’autres médecins ayant l’expérience de la maladie de Lyme.

https://www.helloasso.com/associations/association-france-lyme/evenements/journee-medicale-d-etude-14-novembre-2015

Commentaires du rapport du HCSP (Haut Conseil de Santé Publique) et Lettre au ministère de la santé de février 2015

http://www.associationlymesansfrontieres.com/lettre-ouverte-a-la-ministre-marisol-touraine/

Lettre ouverte aux médecins français du 28 février 2015, à l’initiative de l’association France-Lyme

http://francelyme.fr/WordPress3/Documents/2015/02/lettre-ouverte-aux-m%C3%A9decins-fran%C3%A7ais-1.pdf

LIVRE récent :

Soigner Lyme et les maladies chroniques inexpliquées Broché – 12 juin 2014 du Dr Richard Horowitz Brochure destinée aux psychiatres :

Ce que les Psychiatres Doivent Savoir sur La Maladie de Lyme, rédigée par l’ ILADS (International Lyme and Associated Disease Society)

Repost 0
Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
commenter cet article
10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 06:14

Les antibiotiques : une nouvelle piste thérapeutique pour soigner la dépression ?

Publié le vendredi 7 avril 2017 par France Inter

Un tiers des patients ne répond pas aux antidépresseurs classiques.

Des études pointent aujourd'hui la piste inflammatoire…

Un documentaire d'Arte fait le point.

Des études indiquent une nouvelle piste pour soigner les dépressions.

Un documentaire diffusé sur Arte fait le point.

Des études indiquent une nouvelle piste pour soigner les

On l'appelait jadis mélancolie, spleen...

La dépression est aujourd'hui l'une des premières causes de mortalité dans le monde.

Selon les dernières estimations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le nombre de dépressifs dans le monde aaugmenté de plus de 18% de 2005 à 2015.

Allons même plus loin avec quelques chiffres marquants : 350 millions de personnes souffrent de dépression dans le monde

Une personne sur cinq traverse au cours de sa vie au moins un épisode dépressif Selon une estimation de l’OMS, les troubles psychiques tels que la dépression d’ici 2020, les troubles les plus répandus après les maladies vasculaires

Les femmes sont deux fois plus touchées que les hommes Le suicide est, dans plus de la moitié des cas, la conséquence d’une dépression.

Il fait aujourd'hui plus de 9000 victimes par an en France - soit plus que la circulation routière, les drogues, la criminalité réunis

Cette semaine, Ali Rebeihi consacrait cette semaine une émission sur ce sujet, avec notamment les docteurs Antoine Pélissolo et Pascal-Henri Keller.

Une émission de Grand bien vous fasse réalisée en partenariat avec Arte - qui diffuse ce samedi un documentaire passionnant sur le sujet (documentaire qui est disponible dès aujourd'hui sur le site internet de la chaîne).

Portrait robot d’un dépressif Qu'est-ce que la dépression ?

"Toutes les déprimes ne sont pas des dépressions" souligne le docteur Antoine Pélissolo.

Il ne faut pas confondre l'une, passagère, avec l'autre, qui peut durer plusieurs mois voire plusieurs années.

Il dresse la liste rapide (et non exhaustive, forcément) de quelques symptômes qui, s'ils arrivent de façon concomitante, indique une dépression :

Tristesse très forte et durable

Perte du plaisir à faire les choses (manger, jouer, parler avec ses amis)

Perte du sommeil

Perte de l’appétit Tendance à ressasser les choses

Epuisement, fatigue.

Incapacité à faire les choses

Comment soigner la dépression ?

En 2003 est paru Des Bienfaits de la dépression, un ouvrage intéressant car il montre que la dépression n'est pas une pathologie à combattre mais, avant tout, un symptôme à interroger.

L'auteur, Pierre Fédida, y fait la différence entre dépressivité (qui accompagne l’existence de tous les humains) et l’état de dépression, particulièrement douloureux, qui nécessite une intervention relationnelle - voire des médicaments qui peuvent être une étape nécessaire pour certains patients.

Mais, comme une auditrice de l'émission, Marie, le souligne :

La prise de médicaments est considérée aujourd'hui comme la solution la plus simple et pas forcément la plus pertinente à long terme.

Un tiers des malades souffrants de dépression ne réagissent pas aux antidépresseurs.

Un tiers des malades souffrants de dépression ne réagissent pas aux antidépresseurs.

Une alternative aux antidépresseurs ?

Dans ce documentaire diffusé sur Arte, on apprend que des études de grande ampleur (jusqu'à 90 000 personnes) ont été conduites et qu'elles montrent que les patients auxquels on administre un antidépresseur commettent au minimum autant de suicides que ceux prenant un placebo.

Pourtant, ils prenaient un médicament sensé traiter la dépression.

On apprend aussi qu'un tiers des patients ne répond pas aux antidépresseurs classiques :

Notre hypothèse, c’est qu’il pourrait s’agir de patients dont l’organisme présente un niveau d’inflammation élevé.

Les troubles psychiques pourraient être d’origine biologique, beaucoup plus qu’on ne le pensait jusqu’ici.

L'hypothèse de ces chercheurs est une des pistes de recherche importante depuis maintenant plusieurs années, au niveau international.

Dans certaines dépressions, on a des taux d'inflammation anormaux...

Lorsque l'organisme est infecté par des blessures ou attaqué par des bactéries ou des virus, le système immunitaire déclenche une réaction inflammatoire.

Il fabrique des anticorps pour combattre l'agression mais aussi une substance qui va provoquer une inflammation puis la faire régresser dès que l'agent pathogène aura été supprimé.

Mais, dans certains cas, l’inflammation persiste.

Pour les chercheurs, ce phénomène pourrait favoriser une dépression.

Si l'inflammation est facteur de dépression, la lutte contre l'inflammation avec des antibiotiques pourrait représenter une nouvelle piste thérapeutique…

Le docteur Pascal-Henri Keller rappelle cependant, avec prudence :

"Il est très important d’attendre les études qui vont confirmer cet étude.

Pour l’instant, c’est au conditionnel.

Il n’y a aucune certitude sur les déterminants biologiques de la dépression".

Aller plus loin : Le documentaire de Dorothee Kaden et Carsten Schollmann diffusé sur Arte le 8 avril à 22h20, et disponible depuis le 1er avril sur le site internet de la chaîne.

Pourquoi nos vies ne sont-elles pas si faciles à vivre ?

La chronique philosophique et légère de Thibaut de Saint-Maurice

Mots-clés : Société santé bactérie intestin dépression

Repost 0
Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
commenter cet article
9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 12:35

https://m.youtube.com/watch?v=PhdaYKoq9_c

Repost 0
Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
commenter cet article
8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 18:53

Par le pouvoir du sang des dragons

Le sang des plus grands lézards de la planète contient des substances qui pourraient aider à combattre les bactéries pathogènes qui résistent aux antibiotiques.

La mythologie abonde d’histoires sur les dragons et les propriétés magiques de leurs entrailles.

D’après les récits, le plus précieux et le plus recherché est leur sang, censé guérir les troubles respiratoires et digestifs.

Or une étude vient de confirmer la puissance de ce remède de fiction. Barney Bishop et Monique van Hoek, de l’université George Mason, en Virginie, rapportent dans The Journal of Proteome Research que le sang du dragon de Komodo est truffé d’éléments qui pourraient servir d’antibiotiques.

Le dragon de Komodo, le plus grand lézard de la planète, vit dans certaines régions d’Indonésie. Il attaque de gros animaux, comme les buffles d’eau et les daims, en les mordant à la gorge.

Si la proie ne tombe pas immédiatement, le dragon continue rarement le combat : il n’insiste pas et laisse le mélange de venin et de bactéries pathogènes que contient sa salive finir le travail.

Il traque sa proie jusqu’à ce qu’elle succombe et peut alors festoyer sans avoir eu à lutter.

Chose curieuse, le dragon de Komodo semble résister aux morsures infligées par les autres dragons. Insensibles aux morsures

La plupart des animaux, pas seulement les dragons de Komodo, sont porteurs de protéines simples appelées “peptides antimicrobiens” (AMP) qui leur servent à combattre les infections.

Or si les AMP du dragon de Komodo lui permettent d’ignorer les morsures de ses congénères, c’est qu’ils doivent être particulièrement efficaces.

Ce qui en ferait une source de composants chimiques prometteuse pour fabriquer de nouveaux antibiotiques.

Il faut cultiver nos bactéries

Barney Bishop, en collaboration avec le St Augustine Alligator Farm Zoological Park [le plus vieux zoo de Floride, fondé en 1893], a obtenu du sang frais de dragon de Komodo.

Il en a étudié les peptides en cherchant ceux ayant une masse, des dimensions, des charges électriques et des caractéristiques chimiques moléculaires similaires à celles des peptides antimicrobiens connus.

Il a ensuite procédé à une analyse au spectromètre de masse [un équipement permettant d’analyser des composés organiques en déterminant leur masse moléculaire] et, grâce à la combinaison de logiciels du commerce et d’un programme maison, il a repéré lesquels, parmi ceux récemment découverts, comportaient un potentiel médical.

48 nouveaux peptides antimicrobiens

L’équipe a recensé 48 AMP potentiels qui n’avaient jamais été identifiés auparavant.

Les premiers tests se sont montrés tout aussi prometteurs.

Monique van Hoek a exposé deux espèces de bactérie pathogène, Pseudomonas aeruginosa [qui sévit surtout en milieu hospitalier] et Staphylococcus aureus [staphylocoque doré, responsable notamment d’intoxications alimentaires], à huit des peptides les plus prometteurs.

Sept d’entre eux ont considérablement entravé la croissance des deux espèces de bactérie, le huitième n’a été efficace que contre P. aeruginosa.

Ces résultats sont remarquables.

Les bactéries résistantes aux antibiotiques posent un problème croissant dans les hôpitaux.

Elles tueraient 700 000 personnes par an dans le monde, et P. aeruginosa et S. aureus sont à l’origine de la plupart des types de bactérie les plus menaçants.

Elles figurent dans la liste des “agents pathogènes prioritaires” publiée pour la première fois par l’Organisation mondiale de la santé le 27 février.

Les résultats de Barney Bishop permettent de supposer que le sang de dragon pourrait être aussi utile contre les maladies que le veut le mythe.

Des antibiotiques nouveaux découverts dans le sang des lézards.
Repost 0
Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
commenter cet article
8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 09:49

Une nouvelle étude explore comment la diaphonie entre le microbiota intestinal et les cellules immunitaires individuelles se produit

Le microbiote qui réside dans le tractus gastro-intestinal fournit des avantages essentiels à la santé de son hôte, en particulier par la régulation de l'homéostasie immunitaire.

En outre, il est devenu devenu pertinent récemment que les altérations des communautés microbiennes intestinales peuvent être impliquées dans la dysrégulation immunitaire qui entraîne des troubles auto-immuns tels que le diabète de type 1 et la sclérose en plaques.

Mais on sait peu de choses au sujet des effets immunomodulateurs des microbes intestinaux humains spécifiques.

Une étude récente menée par le Professeur Dennis Kasper du Département de Microbiologie et d'Immunobiologie de la Harvard Medical School (Boston, États-Unis) a trouvé des effets immunomodulateurs spécialisés et complémentaires pour les microbes intestinaux qui ne sont pas liés à leur phylogénie.

Les chercheurs ont effectué une analyse systémique de l'influence microbienne sur une large gamme de cellules immunitaires et des gènes exprimés dans l'intestin, ce qui permet une compréhension précise de l'interaction entre les microbes intestinaux individuels et l'hôte.

En bref, 53 espèces bactériennes individuelles sélectionnées parmi le Projet microbiome humain pour représenter les cinq phylas majeurs ont été recueillies et inoculées dans des tripes de souris stériles, un type de microbien à la fois (souris monocolonisées).

Deux semaines plus tard, les effets de chaque microbe sur la composition et l'activation de 21 types de cellules immunitaires et sur les transcriptomes des tissus intestinaux ont été observés et les résultats ont été comparés à ceux des souris dont les tripes étaient totalement exemptes de germe.

Les effets microbiens sur chaque type de cellules immunitaires, les gènes exprimés dans l'intestin et les gènes qui régissent l'activité des cytokines ont varié de tout effet à une influence puissante.

Certains effets ont été contraires, tandis que d'autres se compensent.

Selon une annonce de Harvard sur la recherche, «ces effets d'opposition suggèrent un mécanisme de vérification et équilibrage évolutif pour s'assurer qu'aucune bactérie ne peut surcharger les autres dans ses effets sur le système immunitaire.

De même, certaines bactéries ont régulé certains gènes, tandis que d'autres les ont dérégé, ce qui indique que les microbes peuvent avoir des effets équilibrés sur l'expression du gène intestinal ".

Les bactéries appartenant à la même classe présentaient plusieurs effets immunitaires spécialisés, complémentaires et redondants qui étaient indépendants de la phylogénie microbienne.

Cette redondance fonctionnelle, précédemment rapportée dans une revue, est censée assurer la préservation des fonctions immunitaires clés parmi les bactéries.

Parmi les activités immunomodulatrices qui n'ont pas été signalées précédemment, mentionnons l'augmentation des cellules T à l'origine de l'interleukine (IL) 10 et la diminution parallèle des cellules lymphoïdes innées produites par IL22 dans le côlon par Veillonella, la réduction du nombre de cellules dendritiques plasmacytoïdes par Lactobacillus rhamnosus,

Et la forte suppression des antimicrobiens naturellement sécrétés et la régulation positive des gènes impliqués dans le métabolisme de l'acide arachidonique et l'inflammation par Fusobacterium varium.

Les cellules dendritiques plasmacytoïdes, qui affectent la fonction des cellules T régulatrices et la sécrétion des interférons, étaient les cellules immunitaires les plus susceptibles d'être affectées.

Dans l'ensemble, cette étude montre que le microbiota intestinal humain réalise une abondance d'activités immunomodulatrices.

Ces résultats fournissent un modèle pour identifier les facteurs influents importants de la santé et des maladies et peuvent aider les scientifiques à développer des molécules ou des souches bactériennes qui peuvent être utilisées comme traitements immunitaires ciblés de précision.

D'autres recherches, compte tenu des effets additifs de plusieurs espèces bactériennes commensales à la fois, donneront une image plus claire.

Référence: Geva-Zatorsky N, Sefik E, Kua L, et al. Extraction du microbiota de l'intestin humain pour les organismes immunomodulateurs.

Cell 2017; Doi: 10.1016 / j.cell.2017.01.022.

27 MAR 2017 | Andreu Prados Santé immunitaire, recherche et pratique Tagged: Gut microbiota Système immunitaire Inflammation

Repost 0
Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
commenter cet article
8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 09:25

Guérir des maladies mentales en soignant l'intestin ?

Interview avec le docteur Guillaume Fond

Notre intestin responsable de maladies mentales ?

Autisme, trouble bipolaire, schizophrénie, dépression…

Depuis 15 ans, des études s’accumulent pour montrer que des perturbations de la flore intestinale sont un facteur de déclenchement.

Le docteur Guillaume Fond, psychiatre à l’hôpital Henri-Mondor et chercheur en psychiatrie à l’INSERM, a fait le bilan.

Il parle désormais de psychomicrobiotique, un domaine de recherche en plein essor.

Pour ARTE Future, il est revenu sur cette lente prise de conscience qui promet une révolution dans notre façon d'appréhender les maladies mentales.

Comment est née la psychomicrobiotique ?

Guillaume Fond :

Suite au décryptage du génome humain, on a eu de grands espoirs pour expliquer toutes les maladies par la génétique.

Mais, pourquoi, avec une même prédisposition génétique, les maladies ne se déclenchent que chez certaines personnes ?

On se rend compte que c’est vraiment une interaction entre les gènes et l’environnement ; l’influence du microbiote est l’une des grandes hypothèses pour expliquer ces inégalités.

La psychomicrobiotique, c’est l’étude des interactions entre le cerveau et le microbiote intestinal et c’est vraiment bidirectionnel.

Par exemple, quand le cerveau dysfonctionne, il peut provoquer des diarrhées ou de la constipation.

Quand a-t-on commencé à prendre conscience de l’influence de ce microbiote ?

G.F. : C’est une montée en puissance depuis les années 2000.

Il y a d’abord eu une étude importante sur des souris nées par césariennes en conditions stériles.

En l’absence de colonisation bactérienne, elles développaient des troubles anxieux très sévères.

Mais lorsqu’on leur administrait des probiotiques - des « bonnes bactéries » - pour coloniser leurs tubes digestifs, ces troubles disparaissaient.

Par contre, si l’on tardait trop à administrer les bactéries, les troubles anxieux étaient irréversibles.

Il y a donc une fenêtre temporelle où la colonisation du tube digestif est capitale pour le développement cérébral, et notamment du système du stress.

Et chez l’être humain ?

G.F. : En 1910 déjà, un médecin indiquait qu’il traitait des mélancolies avec des extraits de yaourt.

Mais ce n’est qu’à partir de 2009 que l’on a commencé à faire des études et observer les premiers résultats sur l’humain.

Une publication témoignait que les êtres humains pouvaient se répartir en trois groupes selon leur microbiote : on a alors parlé d’entéroype selon les espèces majoritaires dans l’intestin – Bacteroides, Prevotella ou Ruminococcus.

Mais ce résultat reste encore controversé.

En ce moment, nous travaillons sur une comparaison entre des gens nés par césariennes et par voie naturelle chez les schizophrènes.

Pour l’instant, nos résultats préliminaires sont complétement contre-intuitif : les personnes nées par césariennes sont plus minces.

La flore vaginale de la mère joue un grand rôle dans la composition du microbiote, or chez ces personnes ce sont d’autres bactéries qui colonisent l’intestin.

On sait que le microbiote se constitue principalement dans les trois premières années de la vie à partir de la naissance et dépend de l’allaitement.

Est-ce justement cette fenêtre temporelle de la colonisation qui explique qu’on ne devienne pas autiste à 30 ans ?

G.F. :

Exactement, c’est une différence nette entre l’autisme et la schizophrénie : l’autisme est diagnostiqué avant l’âge de trois ans.

On fait l’hypothèse d’un traumatisme immunologique ou infectieux qui impacterait le développement cérébral selon le terrain génétique de la personne.

On retrouve en effet des gènes de vulnérabilité chez les personnes schizophrènes ou autistes.

Comme les anomalies sont retrouvées dans la fratrie d'enfants autistes, cela suggère aussi des facteurs environnementaux communs.

On recherche donc tout ce qui est alimentaire : produits industriels, colorants.

Par ailleurs, il y a plus de dix ans, des chercheurs ont montré que l’on pouvait faire disparaître les troubles autistiques grâce aux antibiotiques.

Le résultat est assez extraordinaire, mais utiliser un antibiotique, c’est décapiter la flore intestinale.

C’est trop dangereux, il y a des résistances, des effets secondaires et ça coute cher.

Comment a-t-on fait le lien entre les anomalies du microbiote et la santé mentale ?

G.F. :

Il y a plusieurs voies qui connectent le tube digestif au cerveau : la synthèse de vitamines et de nutriments en général et celle du système sanguin avec la perméabilité du système intestinal…

On a beaucoup d’argument pour dire que les pathologies mentales sont liées à des anomalies de la perméabilité intestinale.

Une des fonctions du « bon » microbiote est justement de protéger la muqueuse intestinale.

Donc dès que le microbiote commence à être perturbé, des molécules du tube digestif passeraient dans le sang et feraient dysfonctionner le cerveau et le reste des organes, y compris le cœur et le foie…

Par exemple, on traite certaines dépressions résistantes par des stimulations vagales, on met des pacemakers dans la cage thoracique pour aller stimuler le nerf vague.

On pourrait faire l’hypothèse qu’un microbiote dysfonctionnel entraînerait un défaut de stimulation du nerf vague.

Plutôt que d’aller stimuler le nerf vague, il faudrait remettre du microbiote fonctionnel.

C’est la question des greffes fécales.

Mais pour les maladies psychiatriques, on n’y est pas encore.

Ça va demander beaucoup d’efforts et d’investigation…

Que faut-il attendre de ce nouveau pan de la médecine ?

G.F. :

Pour l’instant les gens sont sceptiques et considèrent que c’est une mode.

Un peu comme l’ulcère gastroduodénal. Jusque dans les années 80, on pensait que c’était à cause du stress et que seule la psychothérapie pouvait le soigner.

Puis en 1982, deux chercheurs ont publié des résultats en disant que c’était dû à une bactérie.

On pensait qu’aucune bactérie ne pouvait résister à l’acidité de l’estomac.

Ils ont mis en évidence Helicobacter pylori, une bactérie responsable de 90% des ulcères.

Depuis on sait les soigner.

De manière semblable, pourquoi avons-nous tant tardé à nous intéresser au microbiote ?

Parce qu’on n’avait pas les techniques pour l’étudier.

On commence à les avoir, mais ça reste compliqué car il y a différents types de microbiote selon l’endroit du tube digestif. Je suis pourtant persuadé qu’on va trouver des choses.

Il ne faut pas s’imaginer que tout est microbiote ; l’idée serait de dire que toutes les maladies mentales peuvent avoir une origine dans le microbiote, mais elles peuvent aussi avoir une origine ailleurs.

Il ne faut pas s’imaginer que toutes les maladies se soigneront à partir de l’alimentation et des transplantations fécales, mais il est indispensable de regarder ce qu’il se passe dans notre tube digestif.

C’est le potentiel énorme d’une terra incognita.

En savoir plus

Le Dr Guillaume travaille notamment pour les Centres Experts.

En recueillant un maximum de données de patients souffrant de pathologies psychologiques, il prévoit de comparer leurs microbiotes.

Pour davantage de précisions sur le lien entre l'autisme et le microbiote, retrouvez l'interview vidéo du prix Nobel de médecine Luc Montagnier dans le dossier ARTE Future L'énigme de l'autisme.

Il y propose notamment le traitement de l'autisme par les antibiotiques.

Repost 0
Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Nutrition Infections froides Concept
commenter cet article
8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 09:17

Notre ventre, abri du système nerveux entérique, contient 200 millions de neurones, qui, selon des recherches récentes, joueraient un rôle sur l'ensemble de notre corps, en interaction avec le cerveau.

Mais nos intestins abritent une autre richesse souvent sous-estimée : le microbiote intestinal, soit environ 100.000 milliards de bactéries.

Ces dernières auraient un impact sur notre santé et pourraient devenir vecteur de soins. Il pèse entre 1,5 et 2kg.

Le microbiote intestinal – auparavant appelé flore intestinale - regroupe 100.000 milliards de bactéries, au cœur de notre organisme.

Concrètement, cela correspond de dix à cent fois plus de bactéries que l'ensemble des cellules que contient notre organisme. Des centaines d'espèces de bactéries, influençant notre quotidien.

Joël Doré, directeur de recherches à l'INRA explique : « On distingue différents grands groupes de bactéries avec des fonctions différentes.

Leurs rôles s'exercent au niveau des interfaces avec l'aliment, les bactéries de l'environnement ou les cellules humaines, notamment en terme de contribution à la dégradation des composés alimentaires.

Certaines bactéries vont par exemple dégrader les fibres ou participer à la fermentation, contribuant ainsi aux sources d'énergie pour l'hôte.

D'autres jouent un rôle de protection contre les bactéries pathogènes, d'autres encore stimulent le renouvellement de la paroi intestinale et du mucus ou nos systèmes de défenses naturelles.

Elles ont donc un effet bénéfique sur la flore, l'intestin et l'organisme tout entier. »

Grâce à l'étude des selles, on peut désormais déterminer la composition de l'intestin.

Chez l'être humain, le microbiote se classe en trois entéro-types différents, qui se dessinent dans les premières années de la vie.

« Le rôle de la mère dans la constitution du microbiote intestinal est important.

On retrouve des souches d'origine maternelle chez le nouveau-né, qui proviennent du microbiote intestinal et vaginal de la mère.

Même si c'est simplifié, c'est un bagage, avec des éléments déterminants de ce que sera le microbiote de l'adulte », détaille Joël Doré.

Il se stabilise vers trois ans et se régénère rapidement, même en cas de stress majeur, comme un traitement antibiotique par exemple.

« Ensuite, si le microbiote est stable pendant la plus grande partie de la vie, on a l'impression qu'il y a une dérive chez la personne âgée ou très âgée.

Avec néanmoins un impact des dérives des pratiques alimentaires. »

Une source de diagnostic ?

Une étude du microbiote intestinal des individus permet par ailleurs de relever certaines anomalies ou maladies.

Dans le cas, notamment, de certaines maladies immunes, métaboliques ou auto-immunes,

« On a suspecté un lien avec le microbiote », rapporte Joël Doré.

« Depuis les années 1990, à l'INRA, on étudie les maladies inflammatoires de l'intestin.

Dans le cas de la maladie de Crohn, on a constaté une déviance du microbiote, avec des bactéries absentes ou sous-représentées.

Dans le cas de plusieurs maladies immunes, on a noté un lien entre la détérioration de la composition du microbiote et l'installation des maladies chroniques. »

Dans le même ordre d'idée, des liens ont été mis en évidence entre les bactéries intestinales et le système nerveux central. Notamment sur la régulation du taux de sérotonine, elle-même, jouant sur notre humeur.

« On a constaté, par exemple, chez les souris, que le niveau d'anxiété pouvait être impacté par le microbiote. », explique Joël Doré.

En les privant de certaines bactéries, ces souris avaient de gros troubles de la production de sérotonine, et étaient plus anxieuses que leurs congénères. A l'inverse, l'injection de microbiote améliorait la situation.

Ainsi, « les conséquences vont donc au-delà du système digestif », note Joël Doré. « Il y a presque dix ans, les équipes de Jeff Gordon avaient mis en évidence un lien avec l'obésité.

Mais des études s'intéressent également aux conséquences du microbiote sur des maladies inflammatoires, le diabète ou encore les allergies.

Donc des pathologies pas forcément centrées sur l'intestin.

On explore aujourd'hui des maladies psychiatriques. » De nouvelles pistes de traitement ?

Ces découvertes ouvrent donc de nouvelles pistes thérapeutiques, où les bactéries pourraient venir en complément des traitements actuels.

Une des pistes les plus simples réside dans l'apport de bactéries vivantes, via les probiotiques, par exemple.

Cependant, tous les produits laitiers enrichis en probiotiques n'ont pas fait – pour le moment en tout cas – leurs preuves, et ne peuvent être considérés comme des médicaments.

Dans le cas de pathologies plus lourdes, avec un microbiote fortement déséquilibré, des chercheurs australiens ont testé le transfert d'extraits fécaux de personnes saines dans l'intestin de patients malades.

Cela s'applique notamment dans le cas de la lutte contre le Clostridium difficile.

En inoculant le microbiote d'un donneur, on procède ainsi à une transplantation de microbiote.

Une piste explorée également en Europe, et qui pourrait s'étendre à d'autres pathologies. Oriane Raffin

http://future.arte.tv/fr/le-microbiote-intestinal-cest-quoi?language=fr

Repost 0
Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides Concept
commenter cet article