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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 10:57

« Plus personne ne nie qu’il y a un problème de diagnostic »

Muriel Vayssier-Taussat, bactériologiste à l’Inra

P.É.

Directrice de recherches à l’Inra (Institut national de la recherche agronomique), la bactériologiste Muriel Vayssier-Taussat travaille sur les agents pathogènes transmis par les tiques. Elle confirme la fiabilité défaillante des tests actuels de détection de la maladie de Lyme en France.

Quelque 33 200 nouveaux cas de malades de Lyme par an. D’où vient cette estimation ?

MURIEL VAYSSIER-TAUSSAT. Elle repose sur le réseau des médecins sentinelles et correspond à des personnes diagnostiquées selon les critères de la conférence de consensus de 2006 (NDLR : un groupe d’experts). La maladie de Lyme se diagnostique d’abord de façon clinique après une morsure de tique, avec l’apparition d’un érythème migrant (une tache rouge plus ou moins importante). Mais celui-ci peut ne pas apparaître, ou être inaperçu. Du coup, si elle n’est pas traitée à ce stade, d’autres symptômes plus graves (articulaires, neurologiques…) peuvent se développer. Le diagnostic se fait alors par sérologie (NDLR : prise de sang), via un premier type de tests (Elisa), suivi, si le résultat est positif, d’un second (Western-Blot). Les personnes positives aux deux, et avec des symptômes évocateurs, sont recensées comme malades de Lyme. Or beaucoup de patients négatifs à ces tests sont malades après une piqûre de tique.

Puisque fondé notamment sur ces tests, ce chiffre correspond-il à la réalité ?

Il y a sans doute plus de malades, mais combien ? On l’ignore. Il y a d’abord ce problème du diagnostic sérologique : la vingtaine de tests commercialisés en France sont plus ou moins fiables — plus personne ne le nie. Il y a ensuite le fait que les tiques transmettent, en plus des Borrelia , beaucoup d’autres bactéries, qui partagent la particularité de voyager incognito dans l’organisme, et qu’il faudrait rechercher. Notre projet, inscrit dans le plan Lyme, vise précisément à détecter ces pathogènes et à permettre une vision globale qui aboutira, je l’espère, à l’élaboration de nouveaux tests.

Le plan Lyme prévoit l’évaluation des tests existants — ce que le Haut Conseil de la santé publique a recommandé dès 2014. Pourquoi si tard ?

Il y a eu un blocage de la part de certains médecins et de scientifiques arc-boutés sur leurs positions. Beaucoup ne réfléchissent qu’au regard de ce que leurs pairs leur ont enseigné, selon des dogmes difficiles à ébranler. Mais les lignes bougent. Le ministère de la Santé a fini par entendre les associations. Il faut que celles-ci maintiennent la pression.

 
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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 16:55

Parlez-vous virus ? Des chercheurs ont identifié un système de “communication” entre un virus et ses congénères.

Cette découverte ouvre des perspectives nouvelles pour contrecarrer les attaques virales.

“Les virus détectent les signaux chimiques laissés par leurs ancêtres afin de pouvoir décider de tuer ou simplement d’infecter leurs hôtes”, dévoile Nature.

C’est la première fois qu’un système de communication virale est identifié.

Le code secret des phages – ces virus qui attaquent les bactéries – a été mis au jour par une équipe dirigée par le généticien des microbes Rotem Sorek, de l’Institut Weizmann, en Israël.

Ses résultats ont été publiés dans Nature le 18 janvier.

Initialement, les scientifiques cherchaient à démontrer qu’une bactérie que l’on trouve habituellement dans le sol, Bacillus subtilis, était en mesure d’alerter d’autres bactéries sur la présence de phages.

“Ils savaient que cette bactérie communiquait avec ses camarades en sécrétant et en détectant tout un éventail de produits chimiques”, détaille l’article de Nature, destiné au grand public.

Deux types d’infection À leur grande surprise, les chercheurs se sont aperçus que l’envahisseur viral de Bacillus subtilis produisait une substance chimique – qu’ils ont baptisée arbitrium – dont le taux influence le type d’infection à faire subir à son hôte.

“Certains phages peuvent infecter les cellules de deux façons différentes, détaille la revue scientifique.

Habituellement, ils détournent les cellules hôtes de leur fonction et les utilisent pour se multiplier jusqu’à ce qu’elles éclatent et meurent.

Parfois, cependant, les phages insèrent leur propre matériel génétique dans le génome de l’hôte, puis restent en sommeil jusqu’à ce qu’un élément déclencheur les amène à se réveiller et à se multiplier.”

Pour Peter Fineran, microbiologiste à l’université d’Otago en Nouvelle-Zélande, l’un des relecteurs de l’étude, cité par Nature, l’idée qu’une substance chimique produite par les phages puisse influencer la nature de l’infection a du sens : Si le phage se trouve à court d’hôtes, il peut s’efforcer de limiter les dégâts qu’il cause, et attendre tranquillement que son hôte reprenne sa croissance.”

Les chercheurs se demandent si les virus qui infectent des organismes plus complexes comme les êtres humains peuvent également communiquer entre eux.

“Certains, comme le VIH ou l’herpès, ont également deux modes d’infection : active ou latente”, souligne dans Nature Martha Clokie, microbiologiste spécialisée dans l’étude des phages à l’université de Leicester, au Royaume-Uni.

Elle ajoute, enthousiaste : Si on avait une molécule capable de plonger les virus dans une latence totale, on aurait un excellent médicament.”

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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 08:40

Commercial test kits for detection of Lyme borreliosis: a meta-analysis of test accuracy.

Cook MJ, et al. Int J Gen Med. 2016.

The clinical diagnosis of Lyme borreliosis can be supported by various test methodologies; test kits are available from many manufacturers.

Literature searches were carried out to identify studies that reported characteristics of the test kits.

Of 50 searched studies, 18 were included where the tests were commercially available and samples were proven to be positive using serology testing, evidence of an erythema migrans rash, and/or culture.

Additional requirements were a test specificity of ≥85% and publication in the last 20 years.

The weighted mean sensitivity for all tests and for all samples was 59.5%. Individual study means varied from 30.6% to 86.2%.

Sensitivity for each test technology varied from 62.4% for Western blot kits, and 62.3% for enzyme-linked immunosorbent assay tests, to 53.9% for synthetic C6 peptide ELISA tests and 53.7% when the two-tier methodology was used.

Test sensitivity increased as dissemination of the pathogen affected different organs; however, the absence of data on the time from infection to serological testing and the lack of standard definitions for "early" and "late" disease prevented analysis of test sensitivity versus time of infection.

The lack of standardization of the definitions of disease stage and the possibility of retrospective selection bias prevented clear evaluation of test sensitivity by "stage".

The sensitivity for samples classified as acute disease was 35.4%, with a corresponding sensitivity of 64.5% for samples from patients defined as convalescent.

Regression analysis demonstrated an improvement of 4% in test sensitivity over the 20-year study period.

The studies did not provide data to indicate the sensitivity of tests used in a clinical setting since the effect of recent use of antibiotics or steroids or other factors affecting antibody response was not factored in.

The tests were developed for only specific Borrelia species; sensitivities for other species could not be calculated.

PMID 27920571 [PubMed - in process] PMCID PMC5125990

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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 17:02

La situation en France est la même, excepté la chasse aux médecins non alignés qui semble ne pas exister au Québec.

Points essentiels : - 20% des tiques infectées.

Pas de statistiques pour tous les cas avérés

- En 2015 :le Québec a recensé 159 cas alors qu’aux USA, on en recensait 300000 nouveaux. - Diagnostics et tests officiels pas fiables. Traitements inadéquats

. - Ecouter la partie sur les tests à partier de la minute 23 ; dénonciation de l’Elisa et du protocole de détection.

- Témoignages de malades sur l’errance diagnostique et les diagnostics erronés ( SEP, fibromyalgie…) ;

nombreuses prises de position de médecins.

- Les labos privés ont leur propre protocoles et modifientt les seuils ( sans être apparemment inquiétés)

- Minute 37 : Supériorité de la médecine vétérinaire en matière de test :

diagnostic fiable presque immédiat à 40 euros pour un chien, 1000 dollars pour un humain au bout de 3 semaines.

https://www.youtube.com/watch?v=Aq3Kzq6d2UA

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 11:13

Les cabinets des généralistes sont remplis de malades de Lyme.


"Les généralistes ont beaucoup de Lyme dans leurs cabinets. Mais ils ne les voient pas comme tel", regrette le Pr Christian Perronne, chef de service en infectiologie qui vient de publier La vérité sur la maladie de Lyme.

 

Il dénonce une censure organisée autour de cette maladie, déplore que les médecins soient poursuivis, et réclame que des programmes de recherche puissent être financés.


Egora.fr : La maladie de Lyme est un sujet sensible chez les médecins. Comment l'expliquez-vous ?


Pr Christian Perronne : Il y a eu une telle censure sur cette maladie, on a nié cette maladie pendant 40 ans, on dit que c'était une maladie imaginaire… La maladie de Lyme était très peu enseignée pendant les études.

On a expliqué que c'était facile à diagnostiquer, avec un érythème migrant, des signes cliniques clairs, une sérologie parfaite et que ça guérissait en 15 jours d'antibiotiques. Ce n'était même pas la peine d'en parler.

Les médecins généralistes en France connaissaient à peine le nom de la maladie il y a quelques années. Ils pensaient qu'ils n'en verraient jamais, que ça n'existait qu'aux Etats-Unis, alors que c'était décrit en Europe depuis plus d'un siècle.


Le drame de ces malades, pour la forme chronique, c'est que les signes sont subjectifs. C'est "j'ai mal", "je suis fatigué", "je n'arrive pas à me concentrer"…

Le médecin dit que c'est le stress, le surmenage, que c'est psy. Et les signes objectifs, qui peuvent toucher la peau, les os, le coeur, les muscles, les articulations ou les nerfs, ne sont pas spécifiques du Lyme. Il va toujours y avoir un autre diagnostic.

Et puis quand ces malades insistent trop, se plaignent et harcèlent trop leur médecin, ils sont envoyés en psychiatrie.

Les hôpitaux psychiatriques sont remplis de "lymés", j'essaie d'en sortir régulièrement.


Il y a aussi la dérive actuelle de la médecine.

La médecine factuelle, ou médecine basée sur les preuves, repose sur un trépied.

Un tiers pour les données scientifiques, un autre pour l'expérience du médecin, et un dernier tiers pour le désir du patient. On doit tenir compte des trois.

Aujourd'hui quand on parle de médecine factuelle, on ne parle que des publications dans les journaux médicaux ou des études randomisées.

On apprend au jeune médecin que si un patient se plaint de trop de choses, c'est psychosomatique.

On ne croit plus que ce qui est prouvé. Il faut une imagerie, un test biologique, un traitement publié contre placebo… C'est très bien dans certains cas, mais... des situations complexes et multifactorielles sont beaucoup trop compliquées pour être évaluées avec les techniques actuelles.

On n'a jamais la preuve de ce qu'ont ces malades.

Ils échappent aux radars des examens complémentaires. Ils sont dans un no man's land entre la microbiologie et la psychanalyse.


Vous comprenez les réticences des généralistes par rapport à la maladie de Lyme ?


Tout à fait.

Les généralistes ont beaucoup de Lyme dans leurs cabinets.

Mais ils ne les voient pas comme tel.

Ce qui leur fait peur, et je comprends, c'est qu'une consultation de Lyme peut durer une heure, surtout au début. Et ils n'ont pas le temps, ils ont un boulot de dingue.

Je ne les attaque pas du tout, au contraire, j'ai beaucoup d'admiration pour leur métier.

Ils ont été formés comme ça, je ne leur jette pas la pierre. Ils travaillent en réseau avec des spécialistes qui disent "Lyme, ça n'existe pas". Ils entendent ça tout le temps.


Ce qui nuit aussi à la cause du Lyme, c'est qu'il n'y a pas eu beaucoup de publications dans des grands journaux.

Il y a beaucoup de publications scientifiques, mais du fait de la censure qui a été organisée autour de cette maladie, elles n'ont pas pu être acceptées dans certains journaux majeurs. Ils ont toujours refusé de publier contre ce que disait la Société américaine de maladies infectieuses (IDSA).

Et tout ce qui n'a pas été publié n'existe pas.


Vous avez le sentiment que tout ça est en train de changer ?


Oui, la ministre vient de donner le feu vert pour financer un projet de recherche sur le Lyme et les co-infections, avec une partie vétérinaire.

C'est la première fois qu'un tel projet en France est accepté.

Avant, il n'y avait aucune recherche.

Ou alors de la recherche bidon avec des "experts" qui ont obéi à l'IDSA sans se poser de questions.

En Europe, y compris à Strasbourg, tous les centres de référence ont été inféodés à l’IDSA.


J'ai aussi travaillé sur la tuberculose, sur le Sida, l'hépatite C… Quand j'ai déposé des projets de recherche dans ces domaines, ce n'était pas toujours facile, mais j'ai toujours réussi à avoir des financements.

On avait aussi l'aide de l'industrie.

Comme elle n'est pas dans le Lyme, on n'a pas de fonds.

Elle n'y a pas adhéré parce qu'on n'a pas arrêté de leur dire que c'était une maladie rare qui guérissait seule. Ils doivent changer de regard sur ces maladies. Ils vont y venir.


Vous faites beaucoup référence au Sida dans le livre. Vous faites un parallèle concernant le déni de la maladie ?


Oui, même si le déni du Sida a duré très peu de temps par rapport au Lyme.

Les deux maladies ont un peu émergé au même moment.

Le Sida a connu un déni terrible. Au début ça a été très dur pour les malades.

Ce sont les mouvements des patients qui ont permis une prise de conscience politique.

Ca a débloqué des sommes énormes. Tout n'a pas été rose du jour au lendemain, mais des progrès rapides ont été faits.

Alors que le Lyme n'a pas bougé d'un poil depuis 40 ans.


Certains vont dire, encore pendant un certain temps, que je raconte n'importe quoi, mais il faut que ça bouge.

Beaucoup de généralistes soignent des malades de Lyme, mais ils ont peur parce que certains ont été suspendus par le Conseil de l’ordre.

C'est quand même grave, il faut que ça s'arrête. Il y a des lois aux Etats-Unis pour les protéger, au Canada aussi. Mais en France, on continue de les attaquer.


Les médecins hospitaliers ne vont pas se mettre au Lyme avant des années.

Il faut que les médecins, en premier lieu les généralistes, qui y croient soient formés.

Comme on l'a fait pour le Sida au début.

Les infectiologues qui avaient pignon sur rue se moquaient du Sida, en disant que c'était une lubie d'un petit nombre de médecins.

Il y avait très peu de centres dans les hôpitaux, mais très vite se sont mis en place des réseaux ville-hôpital avec les généralistes.

La plupart des généralistes voyaient très peu de malades vivants avec le VIH.

Mais quelques-uns, très motivés parce qu'ils étaient sensibilisés, ont fait un travail superbe. Ils ont fait bouger les choses, il y a eu une reconnaissance gouvernementale et il y a eu des moyens pour la recherche.


Vous expliquez que la crainte de la maladie de Lyme s'explique par une crainte de prescrire trop d'antibiotiques ?


C'est la principale cause de résistance de beaucoup de médecins. Ce qui m'énerve c'est qu'ils sont tombés dans une sorte de lutte contre les antibiotiques, à mon avis excessive et maladroite.

Ils ont fait fuir l'industrie pharmaceutique qui ne développe plus les milliers de molécules anti-infectieuses qu'ils ont dans leurs placards.

Et surtout, ce qui est idiot, c'est qu'il y a des molécules anti-infectieuses qui sont des anti-parasitaires qui ont une action sur les Borrelia et les maladies associées. Il y a même des anti-lépreux qui marchent.

Mais on n'a plus le droit de les utiliser si on n'a pas une certitude diagnostique, donc dans le Lyme, on est mal parti.

On a plein de bâtons dans les roues pour développer des stratégies qui n'auraient pas d'influence sur la résistance aux antibiotiques.

Si je parle de ça à mes collègues, ils vont me dire "Des anti-parasitaires dans le Lyme ? C'est du charlatanisme." Non, c'est publié. Mais ils ne connaissent pas la littérature.


Que conseiller à un généraliste sur le sujet ?


Je lui conseillerais de se former. Quelques groupes de généralistes assurent des formations.

Ce n'est pas d'un niveau scientifique très élevé pour l'instant. Ils ont leur expérience, ils ont l'expérience de choses publiées, mais tout dans cette expérience n'est pas publié. C'est un peu ce qu'on leur reproche.


Il faut surtout que les autorités acceptent que des formations soient faites par des médecins qui croient au Lyme chronique et qui en ont l’expérience.

Pour l'instant c'est compliqué.


Il faut aussi un engagement formel des autorités pour arrêter les persécutions de médecins. A ce moment-là, on pourra commencer à travailler en réseau, faire des formations…

Il faudrait mettre très rapidement autour de la table les quelques laboratoires de biologie vétérinaire qui font des diagnostics superbes et qu'on puisse organiser le transfert de cette technologie sur des laboratoires de microbiologie humaine.

Les animaux sont mieux dotés en termes de tests que les humains. C'est quand même un scandale.


Un nouveau protocole de soins en juillet Marisol Touraine a annoncé un nouveau protocole de diagnostic et de soins, qui sera présenté en juillet.

C'est une demande importante des acteurs de la maladie de Lyme, qui dénoncent aujourd'hui un protocole imposant des tests de diagnostics qu'ils jugent peu fiables.

Un groupe de travail, auquel participeront des représentants de malades, doit être constitué. Il se réunira pour la première fois en mars.

"C’est une avancée positive car ce programme va remplacer la Conférence de consensus de la SPILF de 2006, maintenant considérée comme obsolète par le ministère", a réagi le Pr Perronne.

"J’espère que les futurs participants dont beaucoup ne croiront toujours pas au Lyme chronique mettront de la bonne volonté pour avancer.

Il y aura dans le groupe des représentants de malades, ce qui est crucial."

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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 17:20


Kits de tests commerciaux pour la détection de la borreliose de Lyme: une méta-analyse de la précision des tests.


Cuire MJ1, Puri BK2.
 

Int J Gen Med. 2016 Nov 18; 9: 427-440. ECollection 2016.



Le diagnostic clinique de la borréliose de Lyme peut être soutenu par diverses méthodologies d'essai; Kits de test sont disponibles auprès de nombreux fabricants.

Des recherches documentaires ont été effectuées pour identifier les études qui ont rapporté les caractéristiques des trousses de test.

Parmi les 50 études recherchées, 18 ont été incluses lorsque les tests étaient disponibles dans le commerce et que les échantillons se sont révélés positifs en utilisant des tests sérologiques, des signes d'érythème migrant et / ou une culture.

Les exigences supplémentaires étaient une spécificité d'essai de ≥ 85% et la publication au cours des 20 dernières années.

La sensibilité moyenne pondérée pour tous les tests et pour tous les échantillons était de 59,5%. Les moyennes de l'étude individuelle variaient de 30,6% à 86,2%.

La sensibilité pour chaque technologie d'essai variait de 62,4% pour les kits de transfert Western et de 62,3% pour les tests d'immunosorbant à liaison enzymatique, à 53,9% pour les tests ELISA synthétiques de peptide C6 et à 53,7% pour la méthode à deux niveaux.

La sensibilité aux tests a augmenté à mesure que la dissémination du pathogène a affecté différents organes; Cependant, l'absence de données sur le temps entre l'infection et les tests sérologiques et l'absence de définition standard pour les maladies «précoces» et «tardives» ont empêché l'analyse de la sensibilité au test en fonction du temps d'infection.

L'absence de standardisation des définitions du stade de la maladie et la possibilité d'un biais de sélection rétrospectif ont empêché une évaluation claire de la sensibilité du test par «stade».

La sensibilité pour les échantillons classés comme maladie aiguë était de 35,4%, avec une sensibilité correspondante de 64,5% pour les échantillons de patients définis comme convalescents.

L'analyse de régression a démontré une amélioration de 4% de la sensibilité au test sur la période d'étude de 20 ans. Les études n'ont pas fourni de données pour indiquer la sensibilité des tests utilisés dans un contexte clinique depuis l'effet de l'utilisation récente d'antibiotiques ou de stéroïdes ou d'autres facteurs affectant la réponse des anticorps n'a pas été pris en compte.

Les tests ont été développés pour seulement Borrelia espèces spécifiques;

Les sensibilités pour d'autres espèces n'ont pas pu être calculées.

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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 15:05

Compte rendu du premier comité de pilotage du plan national de lutte contre la maladie de Lyme et les maladies transmissibles par les tiques, le 19 janvier 2017

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Le premier comité de pilotage du plan national de lutte contre la maladie de Lyme et les maladies transmissibles par les tiques s’est tenu le 19 janvier 2017 au ministère des Affaires sociales et de la Santé, présidé par le Directeur général de la Santé et en présence des agences sanitaires concernées, de la Haute autorité de santé (HAS), de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), de la FFMVT et des associations.


La FFMVT était représentée par :


* son Président le Dr Raouf Ghozzi, Chef de service médecine interne, hôpital de Lannemezan,


* le Pr Perronne, Président du conseil scientifique, Vice-Président de la FFMVT, Chef de service maladies infectieuses, CH Raymond-Poincarré de Garches,


* Hugues Gascan, directeur de recherche CNRS, membre du conseil scientifique,


* Dr Christine Pommier, psychiatre au CH de Dijon, membre du conseil scientifique,


Des représentants des associations adhérentes : France Lyme, Lympact, et le Relais de Lyme ainsi que deux autres associations, Lyme Sans Frontières et le Droit de guérir, étaient également présents.

Bien que dubitatifs suite au constat de la mise en ligne fin décembre par le Ministère d’une version du plan Lyme sans que la FFMVT ni les associations n’en soient informées, nous avons rapidement retrouvé au cours de ce COPIL le climat constructif et l’esprit d’échange et d’ouverture de la précédente réunion.
Les différentes actions du plan ont été présentées, ainsi que leur calendrier respectif. Les modalités de financement seront à l’ordre du jour du prochain comité de pilotage.

Une évaluation des tests diagnostiques disponibles a été présentée par l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé). La FFMVT a rappelé le problème d’étalonnage des sérologies qui entraîne un manque de fiabilité des tests utilisés actuellement. Il ressort par ailleurs que les tests de diagnostic rapide (auto-tests) sont médiocres et donc à déconseiller.

Le protocole national de diagnostic et de soins (PNDS) est en cours d’élaboration et sera publié en juillet par la Haute Autorité de Santé (HAS).
La FFMVT salue le calendrier qui lui a été présenté sur les différentes réunions du groupe de travail chargé de la mise en œuvre du PNDS ; elle salue également le fait que des représentants des associations de soutien aux malades y soient intégrés.
La FFMVT a souligné la nécessité de la présence d’un membre du conseil scientifique de la FFMVT à chaque réunion du comité de pilotage.

Il est acté que les recommandations de 2006 concernant la prise en charge du stade secondaire, et plus globalement des MVT (maladies vectorielles à tiques) et/ou du SPPT (sémiologie persistante polymorphe après piqûre de tique), doivent être réactualisées. Cela passera par une revue de la littérature et un dialogue entre les différentes écoles de pensées impliquées dans la prise en charge des MVT. Il s’agit d’arriver à un consensus large autour de cet état des connaissances actualisé.

Les centres existants qui prennent déjà en charge des patients atteints de MVT (Garches et Lannemezan) devraient être valorisés.
La souffrance des patients qui subissent rejet ou déni est entendue par les autorités de santé. Une formation destinée à l’ensemble des médecins devrait permettre d’améliorer la prise en charge des malades. Les connaissances des médecins doivent être réactualisées, notamment le fait que la maladie de Lyme et les MVT ne sont pas des maladies rares !

La FFMVT et les associations ont demandé à nouveau qu’il soit mis fin aux poursuites à l’encontre des médecins qui suivent les recommandations de l’ILADS pour la prise en charge du stade secondaire, et plus globalement des MVT et/ou du SPPT, notamment dans un contexte où les recommandations de 2006 devraient être reconnues comme obsolètes.

La proposition de la FFMVT sur un appel d’offre thématisé ANR a été entendue.

Santé publique France a présenté les différentes méthodes de surveillance visant à mieux estimer l’incidence de la maladie de Lyme en s’appuyant notamment sur le réseau Sentinelles. Alors que l’on sait que la maladie est en pleine expansion, le nombre de cas enregistrés reste étonnamment stable, ce qui est peut être dû aux critères très restrictifs utilisés ou à des lacunes dans la formation des médecins, comme l’a souligné la FFMVT. Il ressort en revanche des études régionales menées en Alsace et en Franche-Comté que plus d’un tiers des piqûres ne se produisent pas en milieu forestier mais dans des environnements tels que jardins (public/privé), prairies et zones agricoles.
Santé Publique France a indiqué que la plaquette de prévention grand public est en cours de finalisation, après prise en compte des remarques des associations. Elles devraient recevoir prochainement la version corrigée, avant sa diffusion en mars. Un document spécifique sera élaboré en lien avec les professionnels exposés aux tiques. Les associations ont rappelé leur demande d’une campagne d’information complétée par un spot télévisuel, qui n’est malheureusement pas envisagé dans l’immédiat.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a présenté les premiers résultats de l’étude sur l’efficacité des substances et produits répulsifs anti-tiques : 12 substances ont été inventoriées. 5 d’entre elles sont approuvées au niveau européen, mais seulement 2 disposent d’une AMM en France. Les autres sont en cours d’évaluation. Ces résultats devront impérativement être complétés pour disposer d’une gamme de répulsifs qui répond aux différents usages.

Le Centre national d’expertise des vecteurs (CNEV) a présenté le dispositif de surveillance des tiques, qui comprend un projet de développement d’une application mobile de signalement citoyen des piqûres de tiques.
Muriel Vayssier-Taussat a rappelé que les trois quarts des micro-organismes présents dans les tiques ne sont pas connus actuellement. Les travaux en cours devraient permettre de déboucher sur de nouveaux tests de dépistage.
Enfin, la FFMVT a demandé un document présentant dans ses grandes lignes le budget affecté à chaque grande étape du plan. Le Ministère a semblé favorable à lui transmettre un tel document.

Ce premier COPIL marque une étape décisive. Pour autant la route est longue et il convient de rester vigilant !

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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 08:48

« Les virus se parlent avant d'attaquer »

Soline Roy indique en effet que « des chercheurs ont découvert que certains [virus] émettaient des signaux encourageant leurs semblables à «épargner» momentanément leur hôte pour éviter la destruction complète de leur habitat.

Si l’on savait que les bactéries échangent des signaux, c’est la première fois qu’un tel système de communication est mis en évidence chez des virus ».

La journaliste explique que « publiés dans Nature, les travaux portent sur les bactériophages, des virus particuliers qui s’attaquent aux bactéries.

Les phages utilisent les bactéries comme des «usines à reproduction»: lorsqu’un phage infecte une bactérie, il s’y multiplie, jusqu’à ce que cette dernière meure en rejetant les multiples phages fabriqués en son sein qui iront à leur tour infecter d’autres bactéries.

C’est la phase dite «lytique» ». « Mais certains phages peuvent aussi entrer en phase «lysogénique» : ils intègrent leur génome dans la bactérie et s’y «endorment» au lieu de se multiplier », relève Soline Roy.

La journaliste précise que les chercheurs de l’Institut Weizmann (Israël)« souhaitaient savoir si la bactérie Bacillus subtilis pouvait alerter les autres bactéries d’une invasion de phages. Ils ont donc infecté des cultures de B. subtilis avec 4 types de phages… et ont trouvé une molécule sécrétée non par la bactérie, mais par l’un de ses envahisseurs, et capable d’encourager ses semblables à la lysogénie ! ». Soline Roy souligne que « le système est d’une élégance redoutable.

Lors d’une infection, un gène (aimX) est chargé d’empêcher le virus d’entrer en phase «dormante».

Mais en parallèle, le phage émet une molécule qui va s’accumuler dans les bactéries voisines ». «

Les auteurs l’ont nommée «arbitrium», car elle va permettre aux autres phages de choisir entre multiplication effrénée, ou sommeil en l’attente de jours meilleurs…

Au bout de plusieurs cycles d’infection, l’arbitrium s’accumule au sein des bactéries non encore infectées.

Lorsqu’elles sont à leur tour envahies par des phages, l’arbitrium empêche l’activation du gène aimX.

La mise en sommeil redevient possible », continue la journaliste. Gregory Resch, microbiologiste à l’université de Lausanne, observe ainsi que « la logique biologique d’un tel système semble évidente.

Il est nécessaire pour le phage de ne pas tuer l’ensemble de ses hôtes, ce qui l’empêcherait de continuer à se multiplier et conduirait à sa disparition ».

Antoine Danchin, biologiste, spécialiste de génétique microbienne et membre de l’Académie des sciences, remarque quant à lui que « d’un point de vue écologique, c’est très intéressant. Jusqu’ici, on voyait les virus comme des agents “égoïstes”. […]

Cela montre que même au niveau viral, la compétition brutale n’est pas toujours la meilleure solution ! ».

De son côté, Michael Hochberg, directeur de recherche CNRS à l’université de Montpellier et spécialiste de biologie évolutive, souligne que « les auteurs ont fait un premier pas et leur résultat est excitant.

Mais il faut encore savoir si le même mécanisme existe dans la nature dans des conditions moins contrôlées qu’en laboratoire, et si cela permet aux phages de mieux se propager ».

Soline Roy ajoute que « les Israéliens précisent avoir trouvé des systèmes de communication similaires dans plus de 100 autres types de phages », tandis qu’Olivier Schwartz, responsable de l’unité Virus et immunité à l’Institut Pasteur (Paris), remarque que « ces chercheurs ont découvert un nouveau langage, et on peut tout à fait imaginer que d’autres virus utilisent un mode de communication similaire.

Certains virus, comme l’herpès ou le VIH, sont eux aussi confrontés à cette problématique : se multiplier ou entrer en phase latente. Sont-ils comme les phages informés de l’état d’infection des cellules voisines ? ».

. « Et si c’était le cas, pourrait-on imaginer détourner ce langage viral pour développer un «somnifère à virus» qui les empêcherait de nuire ? », s’interroge la journaliste. Olivier Schwartz répond qu’« on est très en amont de cela,.

Mais cela reste très intéressant de déterminer si ce phénomène identifié pour des virus de bactéries existe aussi pour les virus qui infectent les humains » .

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 10:50

La transplantation fécale pose plusieurs problèmes :

-          Il faut « détruire » la flore du patient et donc donner de fortes doses d’antibiotiques, sinon

           il ne s’agit plus d’une transplantation

-          Il faut un donneur sain

-          On ne sait pas réellement les conséquences à moyen et long terme d’une telle

           transplantation « d’organe ».

De fait, en France, elle est réservée EXCLUSIVEMENT aux infections intestinales à clostridia difficile en 2è et plutôt 3è intention en cas de résistance aux antibiotiques. Dans ces conditions, la transplantation est possible, car le patient a déjà une flore détruite par le clostridia et les antibiotiques donnés pour le traiter.

C’est donc loin d’être une technique simple et utilisable « par les parents ». De fait, les gens qui bidouillent à mon avis ne font pas de transplantation, qu’elle qu’en soit la forme, revient finalalement à prendre des probiotiques.

Dr Eric Menat Toulouse.

 

 

La transplantation fécale au secours de l’autisme

Et si la solution pour aider les autistes venait du deuxième cerveau, l'intestin ?

Une équipe de chercheurs de l’université de l’état d’Arizona vient de tester une nouvelle approche pour traiter les personnes atteintes de troubles du spectre autistique en améliorant leur microbiote intestinal via des transplantations fécales.

Les résultats de cet essai clinique de phase 1 sont décrits dans la revue Microbiome.


En totalité, 18 personnes âgées de 7 à 16 ans et diagnostiquées pour des troubles du spectre autistique ont été incluses dans l’étude.

Ils ont suivi pendant 10 semaines un traitement spécial à base d’antibiotiques, un nettoyage de l’intestin et des transplantations fécales quotidiennes pendant 8 semaines.

Ainsi, des effets bénéfiques sur le long terme ont pu être constatés. Des progrès de l’ordre de 20-25 % au niveau du comportement ont été remarqués en particulier sur le plan social et sur les habitudes liées au sommeil. Une amélioration de 80 % des symptômes gastro-intestinaux a aussi été notée.


« Nous avons vu une importante amélioration au niveau de la diversité bactérienne et une augmentation de la concentration de certaines bactéries, notamment Provotella, qui est connu pour être rare chez les enfants autistes », précise le Dr Dae-Wook Kang, un des auteurs.

 

Des recherches antérieures avaient effectivement découvert des liens entre les symptômes de l’autisme et la composition de la flore bactérienne.


Si « les résultats sont vraiment convaincants », selon le Pr James Adams, un autre des auteurs, il ne s’agit que des premiers tests (essai clinique de phase 1).

 

Roxane Curtet
| 23.01.2017

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 10:41

Les infections fongiques ne sont pas assez souvent recherchées, le diagnostic correspondant est donc souvent tardif.

Mais la situation peut être particulièrement dangereuse si les agents pathogènes ne répondent pas aux traitements.

C’est ce que montrent les études des décès aux États-Unis.

Lorsqu’on parle d’agents pathogènes dangereux, on pense généralement aux virus ou aux bactéries.

Mais les États-Unis sont actuellement touchés par un agent pathogène très différent, le champignon Candida auris.

S’il atteint la circulation sanguine, l’infection peut être mortelle.

L’autorité sanitaire américaine CDC (Centers for Disease Control and Prevention) aurait détecté treize cas d’infection entre mai 2013 et Octobre 2016.

Au moins quatre des patients sont morts depuis, mais il est encore difficile de savoir si le champignon était la cause de la mort.

Le champignon se propage principalement dans les hôpitaux, probablement via des surfaces contaminées.

Actuellement, il semble que les personnes à risque soient principalement des personnes qui ont été récemment opérées, souffrant de diabète, qui ont été traitées avec des agents antifongiques ou des antibiotiques ou avaient eu un cathéter veineux central.

Le directeur du CDC Tom Frieden a appelé à se préparer à ce « nouveau défi » qui se profile « en agissant dès maintenant afin de mieux comprendre la propagation du champignon dans le but de le freiner et l’arrêter ».

Il y a en fait des médicaments qui combattent efficacement les mycoses.

Le médicament de choix pour ces mycoses sont les antifongiques, des médicaments qui, selon le mode d’action, soit inhibent la croissance fongique, soit tuent le champignon.

Cependant, beaucoup de champignons C. auris ne répondent pas au traitement.

Dans un premier rapport de la CDC, il est indiqué que 71 pour cent des échantillons de patients américains ont montré une résistance aux médicaments.

Jusqu’à 1,5 million de décès

Mais ce n’est pas le seul problème avec Candida auris.

La détection du champignon est aussi difficile.

Les spores fongiques peuvent effectivement être détectées dans les oreilles ou dans l’urine, mais seulement à l’aide d’un équipement spécial.

Les nombreux laboratoires qui travaillent avec des méthodes standard ne peuvent pas détecter le champignon.

La première infection détectée par les scientifiques eut lieu il y a vingt ans en Corée du Sud. Depuis lors, plusieurs pays dans le monde ont rapporté des cas de maladie.

Des rapports ont entre autres été réalisés au Japon, en Inde, en Afrique du Sud, au Venezuela, en Israël, en Colombie et au Royaume-Uni.

Mais il y a d’autres champignons qui posent régulièrement problème.

La plupart des deux milliards de maladies fongiques dans le monde est plus ennuyeuse que dangereuse.

Mais il y a aussi des infections moins inoffensives, comme l’ont rapporté les chercheurs travaillant avec Gordon Brow de l’Université d’Aberdeen en Ecosse en 2012 dans la revue Science Translational Medicine.

Selon leurs estimations, chaque année de 500 000 à 1,5 million de personnes meurent d’infections fongiques.

Les espèces les plus dangereuses sont les Cryptococcus, les Candida, les Aspergillus et les Pneumocystis. Elles sont responsables d’environ 90 pour cent des décès.

Les champignons les plus dangereux

Selon l’étude, chaque année plus d’un million de personnes sont touchées par une cryptococcose, qui peut provoquer une méningite, et qui est fatale dans 20 à 70 pour cent des cas en fonction de la région.

La pneumonie à Pneumocystis tue 20 à 80 pour cent des 400 000 touchés chaque année.

Plus de 400 000 personnes souffrent d’une candidose, une infection causée par l’un des divers champignons Candida, 46 à 75 pour cent d’entre elles ne survivent pas.

L’aspergillose touche plus de 200 000 personnes par an. Si le champignon arrive dans le sang, il peut affecter le cœur, le tractus gastro-intestinal ou le système nerveux. 30 à 95 pour cent des personnes touchées vont mourir de l’infection.

On ne peut donc pas dire que C. auris est plus dangereux que d’autres champignons, car jusqu’à présent environ 60 pour cent des patients infectés sont morts.

La propagation du VIH et du SIDA, l’utilisation croissante des médicaments qui suppriment le système immunitaire, les traitements antibiotiques ou les interventions médicales permettent à différents champignons de contourner les défenses immunitaires humaines.

Cependant, malgré le nombre élevé de décès, la plupart des pays ne disposent pas d’un système de surveillance des maladies fongiques.

De plus, il n’y a pas suffisamment de recherche sur les nouveaux médicaments.

Alors qu’il existe près de vingt classes différentes d’antibiotiques disponibles contre les bactéries, il n’existe que quatre classes d’antifongiques.

En outre, il n’y a pas qu’avec Candida auris que les chercheurs rencontrent des résistances contre les agents thérapeutiques.

Beaucoup d’autres types de champignons sont de plus en plus résistants.

La résistance des Candida aux échinocandines et celle des Aspergillus aux azoles sont particulièrement inquiétantes selon un rapport sur la résistance de 2015 de la Paul Ehrlich Society et du Centre national de référence sur les infections fongiques invasives.

De l’irrigation et des charlatans

Ces champignons sont un véritable défi pour la médecine.

Mais il y a aussi des champignons qui sont injustement redoutés.

On entend encore régulièrement des affirmations selon lesquelles des champignons dans l’intestin sont la cause de nombreuses maladies comme la dépression ou les migraines.

Et que manger du sucre «nourrirait» le champignon Candida présent dans l’intestin. Certains pensent donc qu’un régime anti-fongique et l’irrigation du côlon pourraient aider dans cette situation.

En fait, Candida vit en coexistence pacifique dans l’intestin d’environ une personne sur deux en Europe centrale.

La détection d’un champignon ne signifie pas nécessairement la nécessité de traiter l’infection. Une alimentation équilibrée est toujours utile, mais il n’y a aucune preuve en ce qui concerne l’efficacité des régimes spéciaux ou de l’irrigation.

ATTENTION :

L’ancien médecin et homme d’affaires Tullio Simoncini considère le champignon Candida comme responsable de tumeurs et recommande aux patients atteints de cancer de prendre du bicarbonate de soude.

Cette thèse n’est pas uniquement une ineptie scientifique.

La recommandation de Simoncini peut aussi être très dangereuse pour les patients.

Il a été poursuivi suite à un décès après une thérapie au bicarbonate.

Il a perdu son autorisation d’exercer et a été condamné selon les médias pour fraude et homicide involontaire.

Néanmoins, d’autres décès associés à cette thérapie sont encore attendus.

 

Par Nicole Simon

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