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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 08:01
Diagnostic à ne pas manquer: la myocardite de Lyme, cause rare mais réversible du bloc auriculo-ventriculaire complet. Shenthar J1, Shetty SB2, Krishnamurthy D2. Journal Coeur Indian J. 2014 Nov-Dec; 66 (6): 723-6. doi: 10.1016 / j.ihj.2014.11.004. Epub 2014 16 décembre. Résumé La myocardite de Lyme est une cause connue de bloc auriculo-ventriculaire et dans la plupart des cas le bloc auriculo-ventriculaire est réversible par un traitement antibiotique approprié. Le diagnostic peut être difficile si la maladie n'est pas suspectée, ou si la manifestation cutanée initiale de l'érythème migrant est manqué. Il est important de diagnostiquer cette myocardite de Lyme comme la cause de bloc cardiaque complet et peut éviter l'implantation d'un pacemaker. Nous présentons le cas d'un homme de 43 ans qui a présenté un bloc cardiaque complet avec tachycardie ventriculaire également en raison d'une myocardite de Lyme qui a été stoppée complètement grâce à un traitement antibiotique. Copyright © 2014 Société de cardiologie de l'Inde. Publié par Elsevier B.V. Tous droits réservés.
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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 23:38
Le gouvernement promet de mobiliser les chercheurs sur la maladie de Lyme - 1 Sur la maladie de Lyme, la mobilisation générale attendra... la discussion du projet de loi de santé. L'Assemblée nationale a en effet écarté pour ce motif jeudi une proposition de loi UMP qui visait à mieux diagnostiquer, soigner et prévenir la maladie de Lyme. Les députés de la majorité ont assuré qu'ils "partageaient les objectifs", de cette proposition de loi qui se faisait fort d'améliorer la connaissance du nombre, des besoins et des modalités de prise en charge des personnes atteintes par la maladie de Lyme, et prévoyait la publication d'un rapport par le gouvernement dans un délai de deux ans, mais ils ont jugé que ce texte n'était "pas le meilleur outil" pour y faire face, renvoyant donc au prochain projet de loi Santé. Chaynesse Khirouni (PS), rappelant qu'un rapport "de grande qualité" du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a déjà été publié en 2014, a jugé qu'"il n'est plus temps de publier des rapports mais d'agir". De son côté, le gouvernement aussi s'est engagé à bouger sur cette pathologie encore sous-diagnostiquée. La secrétaire d'Etat aux personnes âgées Laurence Rossignol (photo) s'est réjouie d'un débat dans l'hémicycle qui a offert "l'occasion d'informer, de sensibiliser nos concitoyens", mais n'a pas soutenu le texte, citant "de nombreuses actions en cours et d'autres prochainement engagées par le gouvernement à la suite des recommandations du HCSP". Le gouvernement souhaite faire "réaliser des études cliniques", "épidémiologiques" et "sociologiques" notamment, a-t-elle assuré, promettant la saisine "avant l'été" des acteurs de la recherche. "Nous engageons une réflexion pour renforcer les outils de communication auprès de la population et des professionnels de santé (...) et pour évaluer les performances des tests de dépistage commercialisés", a-t-elle aussi déclaré sur ce sujet polémique. - See more at: http://www.legeneraliste.fr/actualites/article/2015/02/06/le-gouvernement-promet-de-mobiliser-les-chercheurs-sur-la-maladie-de-lyme_260991?ecmp=NL_infodujour_20150206&nlToken=15JhFdZUQcTwyxm0I3g5Z0WvWgI884UecpNoOtkkgiIaLk-mDJPpq41m2Wm9Vh3u7GtJoAEIrhJCVCACAA%3D%3D#utm_source=gene&utm_medium=newsletter&utm_term=&utm_content=20150206&utm_campaign=NL_infodujour __._,_.___
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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 21:11
Antibiotiques comme de nouveaux traitements contre le cancer? Le 28 janvier 2015 Source: Université de Manchester Résumé: Une façon d'éradiquer les cellules souches du cancer, en utilisant les effets secondaires des antibiotiques couramment utilisés, a été découverte par un chercheur de l'Université de Manchester suite à une conversation avec sa fille. "Ce est un parfait exemple de pourquoi il est si important de continuer à investir dans la recherche scientifique. Parfois il y a des réponses à certaines des questions les plus importantes juste en face de nous, mais sans engagement continu dans la recherche de ces réponses, nous n'avions jamais songé à les trouver », a déclaré le chercheur principal. Le Professeur Michael P. Lisanti, Directeur du Breakthrough Breast Cancer Unit, a dirigé la recherche. Il a été inspiré par les effets secondaires des antibiotiques sur les mitochondries des cellules souches du cancer après une conversation avec sa fille Camilla lors de son travail à l'Institut de l'Université des Sciences du cancer. Sa nouvelle publication, publiée par Oncotarget, ouvre la possibilité d'un traitement pour le cancer, qui est très efficace et réaffecte les médicaments qui ont été utilisés en toute sécurité pendant des décennies. Les mitochondries font partie des "moteurs" des cellules et sont la source d'énergie pour les cellules souches qui mutent et se divisent pour provoquer les tumeurs. Les cellules souches du cancer sont fortement associées à la croissance et la récurrence de tous les cancers et sont particulièrement difficiles à éradiquer avec un traitement normal, ce qui conduit également à développer des tumeurs résistantes à d'autres types de thérapie. Le Professeur Lisanti dit: «Je ai eu une conversation avec Camilla sur la façon de guérir le cancer et elle a demandé pourquoi nous n'utilisons pas simplement des antibiotiques comme nous le faisons pour d'autres maladies car je savais que les antibiotiques peuvent affecter les mitochondries et j'ai lancé un gros travail récemment sur la façon dont elles sont importantes pour la croissance des tumeurs, et cette conversation m'a aidé à établir un lien direct ". Le Professeur Lisanti a travaillé avec des collègues du Collège de médecine Albert Einstein, à New York et le Centre Kimmel Cancer, à Philadelphie. L'équipe a utilisé cinq types d'antibiotiques - y compris celui qui est utilisé pour traiter l'acné (doxycycline) - sur des lignées cellulaires de huit types de tumeurs différentes et a constaté que quatre d'entre eux avaient éradiqué les cellules souches du cancer pour chaque test. Cela comprenait le glioblastome, le plus agressif des tumeurs du cerveau, ainsi que le poumon, la prostate, l'ovaire, le sein, le pancréas et le cancer de la peau. Les mitochondries sont probablement des descendantes de bactéries qui ont intégré les cellules au début de l'évolution de la vie. C'est pourquoi certains des antibiotiques qui sont utilisés pour détruire les bactéries affectent également les mitochondries, mais pas dans une mesure qui serait dangereuse pour les personnes. Quand elles sont présentes dans les cellules souches, les mitochondries fournissent l'énergie pour leur croissance et, surtout, leur division, et c'est ce processus qui conduit au cancer. Dans les études au laboratoire, les antibiotiques n'ont aucun effet nocif sur les cellules normales, et comme ils sont déjà approuvés pour une utilisation chez l'homme, des essais de nouveaux traitements doivent être plus simples que pour de nouveaux médicaments - un gain de temps et d'argent. Le Professeur Lisanti a déclaré: «Cette recherche représente un dossier solide pour l'ouverture de nouveaux essais cliniques sur les humains pour l'utilisation des antibiotiques pour lutter contre le cancer Beaucoup de médicaments que nous avons utilisés étaient extrêmement efficace, il y avait peu ou pas de dommages aux cellules normales et ces antibiotiques ont été utilisés depuis des décennies et sont déjà approuvés par la FDA pour une utilisation chez l'homme. Toutefois, bien sûr, d'autres études sont nécessaires pour valider leur efficacité, en particulier en combinaison avec d'autres thérapies conventionnelles ". Le Dr Matthew Lam, maitre de recherche principal au Breakthrough Breast Cancer, a déclaré:. "Les conclusions que les chercheurs ont élaborées. sont encore des hypothèses tout à ce stade, et sont certainement intéressantes, les antibiotiques ne sont pas chers et facilement disponibles et si dans la durée se confirme le lien entre leur utilisation et l'éradication des cellules souches du cancer, ce travail peut être la première étape vers une nouvelle voie pour le traitement du cancer. Les précédents essais cliniques avec des antibiotiques - destinés à traiter les infections associées au cancer, mais pas les cellules cancéreuses - ont déjà montré des effets thérapeutiques positifs chez les patients cancéreux. Ces essais ont été réalisés sur des patients avancés ou réfractaires au traitement. Dans le patients atteints de cancer du poumon, l'azithromycine, l'antibiotique utilisé, a augmenté la survie des patients d'un an de 45% à 75%. Même les patients atteints de lymphome qui étaient «sans bactéries« ont bénéficié d'une cure de trois semaines de thérapie par doxycycline, et ont obtenu une rémission complète de la maladie. Ces résultats suggèrent que les effets thérapeutiques sur l'infection par les antibiotiques sont en fait indépendantes. "Comme ces médicaments sont beaucoup moins cher que les traitements actuels, ils peuvent améliorer le traitement dans le monde en développement où le nombre de décès par cancer devrait augmenter de manière significative au cours des dix prochaines années," a déclaré le Dr Federica Sotgia, un autre chef de l'étude. La recherche a été publiée dans la revue Oncotarget. Source: L'histoire ci-dessus est basée sur des travaux fournis par l'Université de Manchester. Remarque: Les documents peuvent être édités. Journal de référence: Michael P. Lisanti et al. Les antibiotiques qui ciblent les mitochondries peuvent éradiquer efficacement les cellules souches du cancer, sur plusieurs types de tumeurs: Il s'agit du Traitement du cancer comme une maladie infectieuse. Oncotarget, Janvier 2015
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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 16:09
L’infection à Helicobacter pylori est associée à une plus grande sévérité motrice chez les patients parkinsoniens Helicobacter pylori infection is associated with worse severity of Parkinson's disease. Tan AH, Mahadeva S, Marras C et al. Parkinsonism Relat Disord. 2014 Dec 18. pii: S1353-8020(14)00483-0. Une équipe malaisienne et canadienne a montré au sein d’une cohorte de patients parkinsoniens que l’infection à Helicobacter pylori est associée à une plus grande sévérité motrice, à l’aide d’une évaluation en aveugle. Certaines études ont suggéré que l’infection bactérienne chronique par Helicobacter pylori (HP) pourrait d’une part aggraver le processus neurodégénératif dans la maladie de Parkinson (MP) et que d’autre part son traitement pourrait modifier le cours évolutif de la MP. Les auteurs ont ici cherché à étudier, dans une cohorte prospective, l'impact de l'infection à HP dans la MP sur la sévérité motrice, les symptômes gastro-intestinaux, et la qualité de la vie. Cent-deux patients parkinsoniens consécutifs ont ainsi tous subi un test respiratoire à l'urée (visant à rechercher les patients porteurs d’HP) et des évaluations cliniques en aveugle des résultats au test respiratoire : évaluation motrice via l’UPDRS III (en ON), des mesures objectives et quantitatives de la bradykinésie (marche chronométrée), un questionnaire de dyspepsie et une échelle de qualité de vie (PDQ-39). Près d’un tiers des patients parkinsoniens étaient identifiés avec une infection à HP (Hp+). Comparativement aux patients HP négatifs, les patients HP+ étaient significativement plus âgés (68,4 vs 63,8 ans) et présentaient des scores de motricité UPDRS III plus sévères (34,0 ± 13,0 vs 27,3 ± 10,0, p = 0,04) de même que des scores de bradykinésie (évaluée sur la marche) plus sévères. En analyse multivariée, l’infection à HP a démontré des effets significatifs sur les scores d’UPDRS partie III et de la marche chronométrée. L'association entre le statut HP et ces résultats moteurs variait avec l'âge. Concernant les symptômes gastro-intestinaux et la qualité de vie, les résultats ne différaient pas entre les deux groupes. Ainsi, cette étude transversale montre une association entre l’infection à HP et une plus grande sévérité de l’état moteur pour les patients parkinsoniens. Ces résultats suggèrent l’importance d’un dépistage de cette infection qui, si elle était éradiquée, pourrait aider les patients parkinsoniens en améliorant leur mobilité. Cependant, ni le lien causal entre l’infection à HP et la sévérité motrice n’est établi, ni les mécanismes physiopathologiques expliquant ces résultats (difficultés d’absorption des médications anti-parkinsoniennes, rôle potentiel d’une infection chronique sur un processus neurodégénératif…). Date de publication : 22-01-2015 Par Mr Olivier Colin (CHU Poitiers)
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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 16:10

Parmi les 814 patients ayant une arthrite inflammatoire débutante inclus dans la cohorte ESPOIR, la plupart ont bénéficié d’une recherche d’anticorps dirigés contre Borrelia burgdorferi (99,5 %).

 

La sérologie était positive dans 7,6 % des cas et douteuse dans 2,6 % des cas, la valeur la plus élevée ayant été constatée en région d’endémie de maladie de Lyme.

 

Après 2 ans de suivi, il n’y a eu cependant aucun cas d’arthrite de Lyme diagnostiqué. La positivité de la sérologie de Lyme au cours d’une arthrite débutante n’est donc pas rare.

 

En revanche, sa précision diagnostique semble très faible dans ce contexte.

 

Les auteurs plaident donc contre le recours systématique à cette sérologie, d’interprétation délicate en cas d’arthrite récente.


Dr patricia Thelliez Publié le 20/01/2015 

Référence

Guellec D et coll.: Intérêt de la réalisation systématique de la sérologie de Lyme dans les arthrites débutantes : données de la cohorte ESPOIR. 27e Congrès français de rhumatologie (Paris): 7-9 décembre 2014.

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 08:44
Prévalence de l'infection par Propionibacterium acnei avec présence de l'ADN de Bartonella henselae chez les patientes atteintes de cancer du sein inflammatoire (CIB) Résumé Introduction: Le Cancer du sein inflammatoire (CIB) est une variante très agressive de cancer du sein à un mauvais pronostic .. associée à la tumeur mammaire de la souris Virus (MMTV) et d'autres agents infectieux ont été considérés comme possibles agents étiologiques de GRV. Il existe un rapport particulier avec la description de l'incidence plus forte chez les femmes vivant dans les zones rurales en Afrique du Nord. Le rôle étiologique des bactéries dans la maladie n'a jamais été exploré, en dépit de la preuve que les infections chroniques avec certaines bactéries peuvent faciliter le développement des tumeurs. Nous avons rétrospectivement évalué des échantillons de tissus provenant de patients présentant une récidive IBC afin d'identifier des agents bactériens qui pourraient jouer un rôle dans le développement et la progression de la maladie. Méthodes: L'ADN a été isolé à partir des échantillons inclus en paraffine fixés au formol de 24 cancers du sein inflammatoires (CIB) de patientes dont les échantillons ont été soumis à l'analyse génomique en utilisant le séquençage génomique (Fondation One ™). Un supplément de 3 patientes non-IBC (ganglions lymphatiques, des lésions métastatiques pulmonaires) ont été inclus dans l'étude. Les Banques d'ADN non sélectionnés pour ces échantillons ont été regroupées et séquencées sur un séquenceur HiSeq-2000. En comparant les données de séquence à une référence de 5569 séquences génomiques bactériennes et virales l'on a identifié la présence de Propionibacterium acnei, Ralstonia pickettii et Methylobacterium. Par conséquent, nous avons enrichi les banques d'ADN par la présence de ces espèces ainsi que des gènes ARNr bactériens en utilisant la capture hybride d'oligonucléotide synthétisés comme appâts et séquencé les bibliothèques enrichies. Résultats: Vingt-trois patients IBC et trois non-IBC atteintes de cancer du sein ont été incluses dans l'étude. Les spécimens de tissus inclus, 14 de la paroi thoracique peau; 6 du sein, deux ganglions lymphatiques; Une de foie, et de poumon, 1 de liquide pleural, une de cerveau. Dans 16 des 23 IBC (70%) des échantillons nous avons détecté des bactéries et leur ADN. en particulier Propionibacterium acnei ont été détectés dans 12 cas. Bartonella henselae a été détectée dans une des 23 spécimens IBC. En outre, les espèces supplémentaires détectées comprennent Ralstonia pickettii (3 cas) et Pseudomonas aeruginosa (2). Aucune bactéries n'a été détectée dans des échantillons de patientes non-IBC atteintes de cancer du sein. Conclusions: Dans cette étude, nous avons identifié Propionibacterium acnei et Bartonella henselae dans des échantillons provenant de patientes IBC. Les bactéries anaérobies Gram positif P. acnei est ubiquitaire retrouvée dans les follicules sébacés de la peau humaine. Des rapports récents ont montré que P. acnei est présent dans un grand nombre d'échantillons de tissus cancéreux de la prostate. Il a été suggéré que P. acnes peut être un facteur qui contribue à l'initiation ou la progression du cancer de la prostate. Bartonella est une bactérie à Gram négatif généralement associée à la maladie des griffes du chat, à la fièvre urbaine, angiomatose bacillaire et à l'endocardite. Certains rapports ont montré certaines similitudes entre la maladie des griffes du chat et le cancer du sein inflammatoire. Nos résultats suggèrent que P. acnesi ou des infections de Bartonella henselae pourraient contribuer à ces caractéristiques cliniques et pathologiques de GRV, associées à la propagation rapide des cellules tumorales du sein par le système lymphatique. Information de citation: Cancer Res 2013; 73 (Suppl 24): Résumé nr P6-12-07. © 2013 American Association for Cancer Research. doi: 10,1158 / 0008-5472.SABCS13-P6-12-07 Cancer Res 15 Décembre, 2013 73; P6-12-07
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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 08:24
Activité antimicrobienne du plasma riche en plaquettes (PRP) et autres préparations de plasma contre les pathogènes parodontaux. Auteurs Yang LC1, Hu SW, Yan M, Yang JJ, Tsou SH, Lin YY. Journal Periodontol. 27 octobre 2014: 1-17. [Epub ahead of print] Résumé Contexte: En plus de libérer un groupe de facteurs de croissance lors de l'activation, les plaquettes ont également de nombreuses caractéristiques qui indiquent leur rôle dans la défense anti-infectieuse. Nous évaluons les activités antimicrobiennes de plasma riche en plaquettes (PRP) et de préparations de plasma connexes contre les bactéries associées aux maladies parodontales. Méthodes: Quatre fractions plasmatiques distincts ont été extraites selon la formulation couramment utilisée en dentisterie et ont été testées pour leurs propriétés antibactériennes contre trois bactéries parodontales: Porphyromonas gingivalis, actinomycetemcomitans Aggregatibacter et Fusobacterium nucleatum. La concentration inhibitrice minimale de chaque préparation de plasma a été déterminée in vitro et avec dosages de bactéricidie pour détecter leur capacité à inhiber la croissance bactérienne. L'étude de L'Interférence d'adhérence bactérienne et la sensibilité de l'adhérence bactérienne à ces préparations de plasma ont également été effectuées. Résultats: Toutes les préparations de plasma peuvent inhiber la croissance bactérienne avec un PRP montrant l'activité la plus forte . L'Inhibition de la croissance bactérienne par PRP s'est produite dans les premières 24 heures après l'application de la règle de dosage temps-lyse. Le PRP interfère avec l'adhérence de P. gingivalis et A. actinomycetemcomitans et a amélioré l'exfoliation de P. gingivalis attaché mais n'avait pas influencé l'adhérence des bactéries F. nucleatum. Conclusions: Le PRP a exprimé des propriétés antibactériennes, qui peuvent être attribués à des plaquettes possédant des molécules antimicrobiennes supplémentaires. L'application de PRP sur les sites de chirurgie parodontale est recommandée en raison de son potentiel de régénération et de ses effets antibactériens. PMID 25345340 [PubMed - tel que fourni par l'éditeur] Antimicrobial Activity of Platelet-Rich Plasma and Other Plasma Preparations Against Periodontal Pathogens. Authors Yang LC1, Hu SW, Yan M, Yang JJ, Tsou SH, Lin YY. Author information Journal J Periodontol. 2014 Oct 27:1-17. [Epub ahead of print] Affiliation Abstract Background: Other than releasing a pool of growth factors upon activation, platelets also have many features that indicate their role in the anti-infective host defense. We evaluate the antimicrobial activities of platelet-rich plasma (PRP) and related plasma preparations against periodontal disease associated bacteria. Methods: Four distinct plasma fractions were extracted in the formulation commonly used in dentistry and were tested their antibacterial properties against three periodontal bacteria: Porphyromonas gingivalis, Aggregatibacter actinomycetemcomitans and Fusobacterium nucleatum. The minimum inhibitory concentration of each plasma preparation was determined and in vitro time-kill assays were used to detect their abilities to inhibit bacterial growth. Bacterial adhesion interference and the susceptibility of bacterial adherence by these plasma preparations were also conducted. Results: All plasma preparations can inhibit bacterial growth with PRP showing the superior activity. Bacterial growth inhibition by PRP occurred in the first 24 hours after application in the time-kill assay. PRP interfered with P. gingivalis and A. actinomycetemcomitans attachment and enhanced exfoliation of attached P. gingivalis but had no influences on F. nucleatum bacterial adherence. Conclusions: PRP expressed antibacterial properties, which may be attributed to platelets possessing additional antimicrobial molecules. The application of PRP on periodontal surgical sites is advisable due to its regenerative potential and its antibacterial effects. PMID 25345340 [PubMed - as supplied by publisher] Atypon: Full text Previous Citation 102 of 7588
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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 18:00

N° 2291

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ASSEMBLÉE NATIONALE

CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958

QUATORZIÈME LÉGISLATURE

Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 14 octobre 2014.

PROPOSITION DE LOI

relative à la maladie de Lyme,

(Renvoyée à la commission des affaires sociales, à défaut de constitution d’une commission spéciale
dans les délais prévus par les articles 30 et 31 du Règlement.)

présentée par Mesdames et Messieurs

Marcel BONNOT, François VANNSON, Damien ABAD, Élie ABOUD, Laurence ARRIBAGÉ, Sylvain BERRIOS, Étienne BLANC, Valérie BOYER, Gérard CHERPION, Jean-Louis CHRIST, Dino CINIERI, Philippe COCHET, Édouard COURTIAL, Jean-Michel COUVE, Marie-Christine DALLOZ, Marc-Philippe DAUBRESSE, Rémi DELATTE, François de MAZIÈRES, Stéphane DEMILLY, Camille de ROCCA SERRA, Jean-Pierre DECOOL, Bernard DEFLESSELLES, Lucien DEGAUCHY, Nicolas DHUICQ, Dominique DORD, Marianne DUBOIS, Virginie DUBY-MULLER, Yannick FAVENNEC, Yves FOULON, Annie GENEVARD, Philippe GOSSELIN, Arlette GROSSKOST, Michel HEINRICH, Michel HERBILLON, Patrick HETZEL, Francis HILLMEYER, Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, Valérie LACROUTE, Jacques LAMBLIN, Thierry LAZARO, Marc LE FUR, Bruno LE MAIRE, Dominique LE MÈNER, Frédéric LEFEBVRE, Pierre LEQUILLER, Véronique LOUWAGIE, Lionnel LUCA, Alain MARLEIX, Franck MARLIN, Patrice MARTIN-LALANDE, Alain MARTY, Damien MESLOT, Bernard PERRUT, Jean-Frédéric POISSON, Bérengère POLETTI, Didier QUENTIN, Frédéric REISS, Jean-Luc REITZER, Sophie ROHFRITSCH, Paul SALEN, François SAUVADET, Claudine SCHMID, Jean-Marie SERMIER, Fernand SIRÉ, Thierry SOLÈRE, Éric STRAUMANN, Claude STURNI, Alain SUGUENOT, Michèle TABAROT, Lionel TARDY, Guy TEISSIER, Dominique TIAN, Philippe VITEL, Michel VOISIN,

députés.

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

La borréliose de Lyme, couramment désignée sous le nom de « maladie de Lyme », est une maladie complexe. Elle tient son nom de la ville de Lyme, aux États-Unis, où elle a été décrite pour la première fois en 1975.

La borréliose de Lyme est une maladie infectieuse à transmission vectorielle. L’agent pathogène est en effet transmis à l’homme par le biais d’un « vecteur » contaminé, en l’occurrence la tique : on parle donc de « zoonose » (maladie transmise à l’homme par l’animal).

La bactérie responsable de la borréliose de Lyme est une bactérie du complexe Borrelia burgdorferi, qui est transmise à l’homme par morsure d’une tique infectée de l’espèce « Ixodes ricinus ». Les tiques s’infectent en se nourrissant du sang de certains animaux, eux-mêmes contaminés (les « réservoirs »).

Le centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC en anglais) estime à 12 % le nombre de tiques contaminées par cette bactérie en Europe. Les taux observés sont particulièrement élevés en Autriche, en République tchèque, dans le sud de l’Allemagne, en Suisse, en Slovaquie et en Slovénie, où plus de 20 % de tiques adultes seraient contaminées.

Elle peut évoluer sur plusieurs années ou décennies, en passant par trois stades. Non soignée et sans guérison spontanée au premier stade, après une éventuelle phase dormante, cette maladie peut à terme directement ou indirectement affecter la plupart des organes humains, de manière aiguë et/ou chronique avec des effets différents selon les organes et les patients, et finalement conduire à des handicaps physiques et mentaux. Des séquelles et rechutes sont possibles. Les critères diagnostiques, les dépistages, les traitements, comme l'aspect chronique de cette maladie font actuellement l'objet d'une controverse dans le monde médical, entre experts mondiaux.

Elle est classée parmi les « borrélioses » parce qu'induite par des bactéries du genre Borrelia et parmi les « maladies à tiques » car transmise principalement (semble-t-il) suite à une morsure de tique.

Pour des raisons encore mal comprises, elle est en plein développement, notamment en Europe, dans l'est et l'ouest des États-Unis. Présente dans 65 pays, elle est devenue la plus fréquente de toutes les maladies vectorielles transmises à l'homme dans l'hémisphère nord. Selon certaines études, elle a en 2009 dépassé le VIH en incidence elle se situe comme la 7e maladie la plus déclarée aux États-Unis où, autrefois cantonnée au nord-est, elle continue à gagner du terrain partout. En 2010, 9 États du nord ont déclaré 66 % des cas, les 34 % restants étant déclarés dans le reste du pays où l'augmentation du nombre de cas a été de 10 % en deux ans (2008-2010).

Cette zoonose affecte l'homme et de nombreux animaux sauvages et domestiques proches de l'homme (dont par exemple le chien, le chat, le cheval). Selon l'espèce et la souche de borrélie en cause, les symptômes peuvent être très différents et se caractérisent par une dominante nerveuse, arthritique ou dermatologique.

Vu la grande diversité des symptômes, la maladie de Lyme peut conduire à de nombreux diagnostics erronés, comme : sclérose en plaques, lupus, polyarthrite rhumatoïde, fibromyalgie, thyroïdien, fatigue chronique, dépression, maladie d'Alzheimer, maladie de Parkinson, autisme et bien d'autres, la différence étant souvent que les symptômes cèdent ici à l'antibiothérapie. De plus, il est arrivé que les tests classiques, faits à plusieurs reprises ou dans des laboratoires différents, d’une région à l’autre en France pour le même patient, ne détectent pas la contamination à la bactérie chez certains patients.

Un des problèmes les plus douloureux de cette maladie, du fait de sa complexité et de son caractère multiforme, est le déni dont elle fait l'objet spécialement dans son stade chronique, laissant un nombre impressionnant de malades non soignés en France (5 000 cas officiellement recensés en 2012 contre près de 1 million de patients traités en Allemagne.

Par ailleurs, la proposition de résolution européenne n° 2003 a été adoptée à l’unanimité à l’été 2014 ce qui nous impose aujourd’hui de traiter cette fondamentale question dans notre ordre juridique interne.

C’est pourquoi, compte tenu de ces éléments, il vous est proposé de légiférer sur la maladie de Lyme et ses aspects chroniques.

PROPOSITION DE LOI

TITRE IER

DE L'AMÉLIORATION DE LA CONNAISSANCE
DU NOMBRE, DES BESOINS ET DES MODALITÉS
DE PRISE EN CHARGE DES PERSONNES ATTEINTES
DE LA MALADIE DE LYME ET
DE TROUBLES APPARENTÉS

Article 1er

Dans un délai de deux ans à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement présente au Parlement un rapport relatif aux modalités de prise en charge des personnes atteintes de la maladie de Lyme et infections associées ainsi que ses aspects chroniques.

Ce rapport comporte notamment :

– une estimation du nombre des personnes atteintes par la maladie de Lyme et infections associées ainsi que ses aspects chroniques ;

– un bilan de la capacité des unités de consultation et d'accueil en secteur hospitalier ainsi qu'une évaluation des besoins prévisibles en moyens et personnels qualifiés pour les dix années suivantes ;

– une cartographie des zones à risque ;

– les modalités de transmissions notamment par transfusion sanguine ou voie sexuelle ;

– les modalités de dépistage et de traitement de la maladie.

Ce rapport formule également des propositions en vue d'améliorer la prise en charge des personnes atteintes de la maladie de Lyme et ses aspects chroniques.

TITRE II

DE LA FORMATION DES INTERVENANTS

Article 2

La maladie de Lyme et ses aspects chroniques constituent, en matière de formation médicale continue, un des thèmes nationaux prioritaires mentionnés au 1° de l'article L. 367-3 du code de la santé publique.

Article 3

Un plan national pour la maladie de Lyme est mis en œuvre sur cinq ans de 2015 à 2020.

Article 4

Ce plan portera sur les volets suivants :

– la recherche et les financements ;

– la veille sanitaire ;

– le dépistage ;

– le diagnostic ;

– l’information du public et des professionnels ;

– la prévention ;

– la déclaration obligatoire des données individuelles à l’autorité sanitaire par les médecins et les responsables des services et laboratoires de biologie médicale publics et privés.

Article 5

Les charges qui pourraient résulter pour les organismes de sécurité sociale sont compensées à due concurrence par la majoration des droits visés aux articles 575 et 575 A du code général des impôts.

Les charges qui pourraient résulter pour l’État sont compensées à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle aux droits visés aux articles 575 et 575 A du code général des impôts.

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 12:18

Antibiotiques et obésité : une étude américaine souligne la nécessité d'adapter les posologies

 

Par Sophie DUMERY - Date de publication : 15 Janvier 2015 La prévalence croissante de l’obésité dans la population mondiale pourrait imposer une révision des posologies recommandées pour certains médicaments, en particulier antibiotiques : les recommandations posologiques sont en effet établies à partir d’études réalisées avec des patients à poids normal, or la vitesse d’assimilation (pharmacocinétique) peut différer, exposant les patients à des sous-dosages et donc à des risques infectieux accrus.

 

Pour le Dr CalvinTucker et ses collaborateurs du St. Vincent’s Medical Center (Jacksonville, USA), qui ont passé en revue les études destinées à analyser ce type de différences, les variations pharmacocinétiques des classes antibiotiques documentées (bêta-lactamines, fluoroquinolones, vancomycine, aminosides et linézolide) devraient imposer d’augmenter les doses, tout en se méfiant des éventuels effets indésirables.

 

Une stratégie avec dose de charge initiale plus élevée que recommandée, puis dose d’entretien abaissée paraît adéquate à ces auteurs pour limiter le risque toxique, tout en atteignant les doses efficaces suffisamment longtemps sur 24 heures.

 

Le nombre de personnes obèses (IMC supérieur ou égal à 30) croît à grande vitesse dans le monde. Or l'obésité à tous les stades induit des troubles biologiques, tels que l'abaissement du pourcentage d'eau corporelle et de masse maigre, modifie le débit cardiaque, le volume sanguin, le volume de distribution, les fonctions hépatique et rénale… Ces anomalies constituent autant d'écarts avec la pharmacocinétique du patient de 70 kg habituellement recruté lors des essais cliniques. Ceux-ci ne rendent donc pas compte de la population réellement traitée.

 

Le dogme de la "dose unique pour tous" ne pourrait donc conduire qu'à des résultats au mieux sub-optimaux chez les obèses, selon Calvin Tucker et coll., dont la revue est parue dans la revue américaine Clinical Obesity de décembre. Mais sur quels critères augmenter les doses ?

 

Cinétique des antibiotiques : des indicateurs aléatoires et/ou non validés chez l'obèse L'évaluation des antibiotiques repose essentiellement sur leur concentration minimale inhibitrice (CMI), le pic de concentration (Cmax), l'aire sous la courbe (AUC en anglais) et la durée de maintien au-dessus de la CMI. Très peu de données existent sur ces paramètres chez les personnes obèses.

 

D'où une absence notoire de recommandations dans cette catégorie de population, et le repli du prescripteur sur les posologies officielles. On se réfère généralement à l'Indice de masse corporelle (IMC), car il est corrélé à la masse grasse. Mais ce n'est pas vrai en cas d'obésité : les auteurs rappellent que chez les personnes en-dessous de leur poids idéal, la masse maigre égale, peu ou prou, le poids total.

 

Mais lorsqu'on franchit la barre de ce poids idéal, la masse grasse croît plus vite que le poids total. Faute d'exploration spécifique (telle l'impédancemétrie), quantifier la masse grasse en cas d'obésité reste donc difficile pour le clinicien, et le calcul posologique incertain.

 

Un métabolisme hépatique "chaotique" et inexploré La phase I de métabolisation hépatique des médicaments implique les enzymes du cytochrome P450. La clairance de cette première phase est assurée à 50 % par le CYP3A4. Or elle s'abaisse chez la personne obèse, comme l'ont constaté Brill MJ et coll., alors que la clairance des CYP2E1, CYP2C9, CYP2D6 et CYP2C19 augmente.

 

Considérées comme insignifiantes, ces variations entre patients obèses et non obèses ne sont en fait nullement validées comme telles. Même interrogation lors de la phase II de conjugaison qui s'accélère chez l'obèse pour certains médicaments, avec la même absence de données valides sur l'extrême diversité des prescriptions dans cette population. Etudes disponibles sur l'efficacité des antibiotiques : doubler la dose de céfazoline, augmenter les doses des autres bêta-lactamines Les auteurs ont ensuite passé en revue les études d'efficacité disponibles avec différentes classes d'antibiotiques prescrits à des patients obèses.

 

Pour les bêta-lactamines, malgré le peu de données disponibles, les auteurs soulignent que leur concentration
sérique est plus basse chez les patients obèses aux doses conventionnelles, ce qui ne permet pas d'atteindre 40 à 60 % de temps au-dessus de la CMI, sous-dosage particulièrement fâcheux contre des germes à CMI hautes. L'évaluation effectuée en post-opératoire par Vanessa Ho et coll. (Surgical Infections, 2012) montre par exemple qu'il faudrait doubler la dose de céfazoline des patients obèses placés sous antibiothérapie préventive (pour éviter la survenue d'infections post-opératoires).

 

Des Cmax faibles en cas d'obésité sont retrouvées dans d'autres publications évaluant les posologies standards de bêta-lactamines. Tucker et coll. en déduisent qu'il faut augmenter les doses de cette classe chez les patients à IMC ? 30. Pour cela, il faut au moins choisir la borne supérieure des recommandations posologiques, ou la dose la plus élevée compatible avec le minimum d'effets indésirables.

 

Augmenter les concentrations en fluoroquinolones pour optimiser la pénétration tissulaire Les auteurs, en s'appuyant sur les travaux d'Allard S et coll., notent des baisses significatives des concentrations tissulaires (CMax et AUC) lors d'une administration intra-veineuse de ciprofloxacine chez des obèses. De même, Allard S et coll. ont constaté que les concentrations tissulaires étaient significativement inférieures à posologie conventionnelle. Du fait de la distribution adipeuse partielle de la ciprofloxacine, prendre le Poids total comme critère posologique induit des Cmax et des aires sous la courbe plus élevées chez les patients obèses, avec des concentrations squelettique et sous-cutanée inchangées.

 

Pour Tucker et coll. il est donc évident qu'il faut augmenter les doses pour assurer la bonne pénétration tissulaire, même si les preuves sont mieux établies pour la ciprofloxacine (800 mg toutes les 12 heures) que pour la lévofloxacine. Toutefois, eu égard à la meilleure stabilité cinétique de cette dernière, on peut considérer que la concentration monte proportionnellement à l'augmentation des doses. Autres antibiotiques, autres adaptations posologiques nécessaires

 

Chez l'obèse, les études montrent que la demi-vie de la vancomycine est réduite et sa clairance accélérée, en lien direct avec le Poids total et le volume de distribution. Pourtant cet antibiotique s'accumule lors de fortes posologies. Selon une étude récente de David Reynolds et coll. effectuée auprès de 138 patients obèses traités par cet antibiotique à différentes doses, la stratégie d'une dose de charge à 20-25 mg/kg suivie d'un entretien à 10 mg/kg semble apporter de bonnes concentrations basses thérapeutiques, sans excès de néphrotoxicité. On peut donc s'en tenir au Poids total pour établir la dose nécessaire, à condition que la fonction rénale soit normale.

 

L'espacement des prises dépendra de la clairance de la créatinine. L'efficacité du linézolide ne semble pas affectée par la baisse de concentration observée chez l'obèse, selon une petite étude de Stein GE et coll.. Peu lipophile, il pénètre bien tous les compartiments tissulaires (concentration 4 fois plus élevée qu'en sérique). Le rabot du pic sérique n'est donc pas un mauvais signe d'efficacité tissulaire en soi, il faut plutôt considérer l'expansion du volume de distribution comme le problème dominant dans ce cas.

 

Ce sont des études pédiatriques chez les enfants obèses qui incitent à augmenter la posologie des adultes obèses, les variations pharmacocinétiques étant similaires : selon les auteurs, une posologie de 600 mg IV toutes les 8 heures devrait être considérée (actuellement, la posologie maximale recommandée est de 600 mg deux fois par jour). L'accélération de la clairance des aminosides semble avérée avec l'augmentation de la corpulence (Poids total). Une éventuelle augmentation des doses expose donc à des concentrations toxiques.

 

A l'inverse, prendre le poids idéal comme référence induit des sous-prescriptions. Malgré le peu de preuves existantes, c'est le Poids maigre et le Poids ajusté qui sont finalement retenus comme critères posologiques par Tucker et coll. L'usage pédiatrique et chez les patients mucoviscidosiques obèses montrent une augmentation du volume de distribution et de la clairance des aminosides.

 

Deux éléments pour une stratégie antibiotique optimisée chez le patient obèse L'analyse de cette littérature (et d'autres études) par les auteurs leur fait conclure à la stratégie d'optimisation suivante : - Prescription initiale des antibiotiques à doses élevées pour atteindre une CMI correcte, suivie d'une réduction à dose conventionnelle paraît de bon aloi d'une manière générale. Cela permet d'être efficace sans risquer la toxicité, en tenant compte du degré de lipophillie des molécules. - Choisir cette posologie élevée même en cas d'atteinte sévère associée à l'obésité : la sévérité de l'infection, le contexte inflammatoire, l'hypoalbuminémie, etc. modifient substantiellement la pharmacocinétique, la pharmacodynamie, aggravant les variations déjà présentes chez les obèses.

 

Il peut donc s'avérer crucial, vital d'instaurer d'emblée une posologie élevée chez un patient obèse et infecté sévèrement, voire dans un état critique. Tucker et coll. conseillent de ne pas hésiter à augmenter les doses, même en cas de défaillances d'organes, en se fiant aux variations du volume de distribution et à la clairance rénale, quitte à diminuer ensuite la posologie.


En conclusion, les données montrent que pour tous les antibiotiques étudiés dans un contexte d'obésité, la pharmacocinétique est altérée, mais à quel point ? Malgré cette absence de quantification précise, les études compilées par les auteurs montrent qu'une adaptation posologique des antibiotiques en cas d'obésité est utile à envisager, tester, mettre en oeuvre sous surveillance étroite (monitoring cinétique si possible...) pour obtenir l'efficacité recherchée.

 

 

 

En savoir plus : Revue objet de cet article : Antibiotic dosing in obesity: the search for optimum dosing strategies, C. E. Tucker, A. M. Lockwood, N. H. Nguyen, Clinical Obesity, 2014 ; 4(6) : 287-95 Parmi les études analysées par les auteurs, celles citées dans cet article (résumés en anglais) : Impact of Obesity on Drug Metabolism and Elimination in Adults and Children, Brill MJ et coll., Clinical Pharmakinetics, septembre 2012 Cefazolin Dosing for Surgical Prophylaxis in Morbidly Obese Patients, Vanessa Ho et coll., Surgical Infections, mars 2012 Intravenous ciprofloxacin disposition in obesity, Allard S et coll., Clinical pharmacology and therapeutics, octobre 1993 Performance of a vancomycin dosage regimen developed for obese patients, Reynolds DC et coll., American Journal of Health-System Society, juin 2012 Pharmacokinetics and pharmacodynamics of linezolid in obese patients with cellulitis, Stein GE et coll., The Annals of pharmacotherapy, mars 2005 Sources : Clinical Obesity
Read more at http://www.vidal.fr/actualites/14788/antibiotiques_et_obesite_une_etude_americaine_souligne_la_necessite_d_adapter_les_posologies/#4RqATYsZIsETLBZC.99

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 09:41

Syndrome pied-main-bouche : vous avez dit eczéma coxsackium ?


Le syndrome pied-main-bouche est une manifestation cutanée, habituellement bénigne, de l’infection à entérovirus du groupe A.

Se traduisant classiquement par une éruption vésiculeuse des paumes et des plantes et un énanthème buccal, il touche avec prédilection les jeunes enfants à la faveur de petites épidémies.

Mais voici que depuis quelques années des formes moins stéréotypées de ce syndrome sont observées, comme l’illustrent trois cas cliniques rapportés au cours de ce congrès.

Les trois petits patients, âgés de 7 mois, 2 ans et 2 ans et demi présentaient tous une éruption vésiculeuse plus étendue que classiquement sur la face d’extension des membres et le dos des pieds et des mains, mais aussi sur le siège et le visage dans un cas, et diffuse chez l’enfant de deux ans. Il n’y avait pas d’énanthème, seul un des nourrissons avait des vésicules ombiliquées au niveau de la lèvre supérieure. Tous étaient fébriles à 38°/39°. Le prélèvement d’une vésicule a révélé chez tous l’implication d’un entérovirus que la biologie moléculaire a pu identifier comme étant un Coxsackie virus A6. L’évolution a été favorable dans tous les cas.

C’est au demeurant à l’émergence du sérotype Coxsackie virus A6 que les auteurs attribuent ce nouveau visage du syndrome pied-main-bouche qui est rebaptisé par certains du terme d’eczéma coxsackium par analogie à l’eczéma herpeticum ou syndrome de Kaposi-Juliusberg.

Un Coxsackie virus A6 a été également retrouvé à l’origine d’une éruption papulovésiculeuse, secondairement érosive et croûteuse, péribuccale et palmoplantaire, associée à un énanthème buccal, apparue après un épisode de rhinopharyngite dans un contexte fébrile, chez un patient de 34 ans, sans antécédent particulier. De plus le malade présentait des douleurs testiculaires avec dysurie qui l’avaient  amené à consulter en urgence et avaient été rapportées à une orchite.

Ainsi, comme chez l’enfant, le Coxsackie virus A6 peut être responsable chez l’adulte de syndromes pied-main-bouche de présentation atypiques avec éruption diffuse touchant souvent creux poplités et plis du coude (justifiant là encore le terme d’eczéma herpeticum) et pouvant s’accompagner d’une symptomatologie à type de diarrhées et de myalgies.

C’est toutefois la première fois qu’une orchite est rapportée au cours d’une infection à  Coxsackie virus A6.

Dr Marie-Line Barbet Publié le 14/01/2015  JIM

Références

De Satins CA et coll. : Présentations atypiques de syndromes pied-main-bouche à type d’eczéma coxsakium : rôle du Coxsackie virus A6.
Munch MCM et coll. : Syndrome pied-main-bouche et orchite à Coxsackie virus A6.
Journées Dermatologiques de Paris. 9-13 décembre 2014

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