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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 14:53

Formule sanguine : les flashbacks viraux

7. septembre 2015

Un nouveau système de test de virus peut non seulement suivre les infections actuelles et déterminer les agents pathogènes, mais aussi donner des éclaircissements sur des colonies latentes et des contacts loin dans le passé. Les microbiologistes ne sont pas encore sûrs de devoir jubiler ou rester sceptique.

L’infection par le virus d’Epstein-Barr (EBV) est si commune qu’il n’y a presque personne qui ne soit pas porteur. Cependant, le plus souvent asymptomatique, elle peut conduire à des maladies graves par immunosuppression. Diverses tumeurs telles que la maladie de Hodgkin, mais aussi des maladies auto-immunes telles que la sclérose en plaques ou la polyarthrite rhumatoïde, peuvent être associées à la première infection virale passée inaperçue.

Le virus de l’herpès est probablement l’exemple le plus connu d’une infection latente par virus et de ses effets sur la santé, même des années après l’incidence du virus. Mais on ne sait pas exactement quelles traces de nombreux autres résidents viraux sur des durées courtes ou longues laissent derrière eux dans le corps et comment il répond à leur présence. Certains virus tels que le Chikungunya ou le MERS étaient jusqu’à récemment largement inconnus, au moins dans notre région, tout comme les symptômes de l’infection.

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 12:46

« Certains vaccins rendent les virus plus dangereux »

Le Parisien observe qu’« on savait des virus capables de résister à des vaccins, comme le sont des souches de la grippe saisonnière et même de polio.

Une étude scientifique publiée lundi va plus loin, en montrant que certains vaccins pourraient doper la virulence des agents pathogènes, un phénomène craint, que l'on observe pour la première fois expérimentalement ».


Le journal explique que « ces travaux publiés dans PLOS Biology portent sur le virus de la maladie de Marek, très répandue chez les volailles.

Les vaccins incriminés, dit imparfaits, protégeraient les individus vaccinés tout en permettant au virus de survivre et d'évoluer pour devenir plus virulent.

Il infecterait ainsi les sujets qui n'ont pas eu le vaccin, les rendant encore plus malades ».


L’un des auteurs, le Pr Venugopal Nair, directeur du programme des maladies virales aviaires à l'Institut Pirbright au Royaume-Uni, souligne que « les tests effectués avec le vaccin imparfait contre le virus de la maladie de Marek chez des poulets vaccinés et non-vaccinés ont révélé que ces derniers sont morts en dix jours tandis que ceux avec le vaccin ont survécu mais en continuant à transmettre un virus plus dangereux aux autres volailles avec lesquelles ils étaient en contact ».


Le Parisien précise que « ce phénomène n'a été observé, jusqu'à présent, qu'avec des vaccins contre des agents pathogènes affectant les animaux. […]

Les vaccins humains [sont] épargnés... pour l'instant ».


Le quotidien relève ainsi qu’« il y a une inquiétude pour les futurs vaccins actuellement en développement contre Ebola, le paludisme ou, dans le futur, contre le VIH, ont estimé ces scientifiques.

Dans la mesure où il est quasiment impossible de développer une immunité naturelle totale contre ces infections, il est probable que les premiers vaccins efficaces qui seront produits seront «imparfaits» avec un risque d'intensifier la virulence de ces virus, estiment les chercheurs ».


« Cependant, ils s'accordent à dire avec d'autres scientifiques qu'un vaccin même «imparfait» sera mieux que rien et représentera malgré cela une percée très importante contre ces maladies dévastatrices », poursuit le journal.


Le Parisien livre la réaction de Peter Openshaw, professeur de médecine expérimentale à l'Imperial College London, qui a indiqué dans un communiqué :

« C'est important de ne pas interpréter cette étude comme un argument contre la vaccination des enfants contre la grippe et d'autres maladies. […]

Les vaccins actuels sont le moyen le plus sûr et le plus efficace pour protéger la santé publique contre les maladies et ne risquent pas de provoquer l'émergence de souches virales plus dangereuses ».

Date de publication : 29-07-2015

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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 20:05

La psychomicrobiotique, à la croisée du cerveau et de l’intestin

C’est un nouveau champ en plein essor : l’étude des liens entre des troubles neuropsychiatriques comme l’autisme, la dépression, la schizophrénie et des anomalies du microbiote instestinal. « La recherche en psychomicrobiotique va exploser dans les années à venir, prédit le docteur Guillaume Fond, qui a analysé la littérature scientifique sur le sujet dans un article publié en janvier dans Pathologie Biologie. On sait désormais que le cerveau et l’intestin communiquent dans les deux sens, par plusieurs voies. Il a même été établi que les bactéries intestinales dialoguent entre elles en utilisant les mêmes neurotransmetteurs (dopamine, GABA…) que les neurones ! »

L’équipe de ce jeune psychiatre de l’hôpital Henri-Mondor (Créteil) et chercheur Inserm, affiliée à la Fondation FondaMental, projette d’analyser les microbiotes de patients autistes Asperger, de patients schizophrènes et de sujets témoins. « C’est dans le domaine de l’autisme que les dysbioses sont le mieux documentées, mais des équipes ont aussi mis en évidence des anomalies qui pourraient provenirde la flore intestinale dans la schizophrénie », précise Guillaume Fond.Reste à savoir si ces recherches permettront un jour de proposer des approches thérapeutiques de type pré- ou probiotiques, transferts de microbiote fécal… « Des améliorations des symptômes schizophréniques avec un régime sans gluten ont été rapportées, mais les quelques cas publiés doivent être confirmés par les essais cliniques en cours, tempère le chercheur. Dans l’autisme, une antibiothérapie de huit semaines par vancomycine a obtenu des résultats positifs chez des enfants, mais le bénéfice ne s’est pas maintenu à l’arrêt du traitement. »

De très jeunes enfants autistes

A Genève, l’équipe du pédopsychiatre Stephan Eliez s’apprête à lancer une étude testant la transplantation de microbiote chez une trentaine de très jeunes enfants autistes. L’Institut Pasteur de Paris lance de son côté un vaste programme « Microbiote et cerveau », qui étend la collaboration de ses neuroscientifiques, microbiologistes et immunologistes à d’autres équipes. « Les neurosciences doivent devenir un cœur de réseau, en connexion avec l’immunologie, la microbiologie… L’objectif est de travailler comme les physiciens, en cherchant une loi générale applicable à différentes disciplines », s’enthousiasme Pierre-Marie Lledo, directeur du département de neurosciences de l’institut et directeur de recherche au CNRS, qui est l’un des pilotes de ce programme. Plusieurs équipes, dont la sienne, en collaboration avec celle du microbiologiste Gérard Eberl, ont montré que des souris rendues axéniques (vierges de tout germe) par différentes techniques deviennent anxieuses et dépressives.

« Le plus frappant, c’est que ces symptômes sont réversibles avec des probiotiques, qui sont dans ce cas plus efficaces qu’un antidépresseur, souligne Pierre-Marie Lledo. Des mécanismes comparables pourraient être à l’œuvre chez l’humain. Nous allons travailler avec la psychiatre Chantal Henry (hôpitaux universitaires de Créteil), afin d’étudier ces phénomènes dans la maladie bipolaire : grâce à une application smartphone, nous recueillerons un maximum d’informations chez des patients. Ils renseigneront en temps réel leurs prises alimentaires et médicamenteuses, leurs ressentis sensoriels… Elles seront couplées à des analyses de microbiotes. »

Autre axe de recherche : l’étude de récepteurs à des fragments de bactéries intestinales, mis en évidence dans certaines régions du cerveau de souris. « En activant ces récepteurs, nous avons vu apparaître de nombreux troubles, en particulier du sommeil. Ces rongeurs ne rêvaient plus et présentaient des troubles de la mémoire et de l’humeur », raconte Pierre-Marie Lledo. La piste semble d’autant plus passionnante que ces récepteurs ont leur équivalent humain : le NOD2. Or, le gène codant pour ce récepteur peut être muté dans une pathologie inflammatoire digestive chronique, la maladie de Crohn, et il a récemment été associé aux troubles bipolaires par l’équipe de Chantal Henry. Ainsi, le professeur Lledo va mener une étude avec ces cliniciens pour comprendre comment les mutations du gène NOD2 sont associées à une susceptibilité à la dépression.

Le projet prévoit aussi le développement d’outils de recherche, tel un système de microscopie en fluorescence pour observer in situ, chez des rongeurs, des réseaux de plus de 1 000 neurones à travers une fenêtre de verre. « On visualise ainsi comment les cellules nerveuses dialoguent entre elles, lors d’un exercice d’apprentissage, par exemple, et surtout comment le système immunitaire participe aux réorganisations structurelles et fonctionnelles dans notre cerveau », conclut Pierre-Marie Lledo.

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17 juillet 2015 5 17 /07 /juillet /2015 11:12

Des bactéries résistantes chez un voyageur sur deux

Ces bactéries que ramènent les personnes parties sous les tropiques ont la particularité de résister aux traitements antibiotiques, compliquant les possibilités de traitement en cas de besoin.

La moitié des voyageurs partis sous les tropiques reviennent avec, tapies au sein de leur tube digestif, une ou plusieurs entérobactéries multirésistantes. Telle est la conclusion d'une étude de chercheurs français publiée dans Clinical Infectious Diseases.

De précédents travaux avaient déjà montré que de nombreux voyageurs étaient contaminés par de telles bactéries, le plus souvent via l'eau ou l'alimentation, mais ils faisaient plutôt état d'un voyageur sur cinq concerné. «Nous avons utilisé un protocole plus sensible, donc nous pensions en trouver davantage. Mais pas à ce point-là!», s'étonne Étienne Ruppé, chercheur Inserm au laboratoire de bactériologie de l'hôpital Bichat (Paris) et premier signataire de l'étude. Au point, s'amuse-t-il, de se retrouver à cours de matériel consommable (boîtes de Petri pour cultiver les bactéries, antibiotiques pour les tester…), le budget initial ayant tablé sur un voyageur sur quatre contaminé!

Les chercheurs ont recruté des candidats au voyage tropical dans six centres de vaccination internationaux à Paris, leur demandant de fournir un prélèvement de selles avant le départ et au retour. Quand des entérobactéries résistantes étaient retrouvées au retour, un nouvel échantillon était prélevé 1, 2, 3, 6 et 12 mois plus tard, jusqu'à ce que les microbes ne soient plus détectés.

Respecter les recommandations usuelles

Parmi 574 participants non porteurs de bactéries multirésistantes avant le départ, 50,9 % sont revenus avec, en moyenne, 1,8 de ces invités surprises. Les plus touchés étaient ceux revenant d'Asie (72,4 %), devant ceux ayant séjourné en Afrique subsaharienne (47,7 %) et en Amérique latine (31,1 %). Voyager hors d'un hôtel club, avoir subi une diarrhée ou avoir pris un antibiotique pendant le séjour semble associé à un plus forte probabilité d'être contaminé.

«Notre flore intestinale abrite naturellement plus d'un milliard de bactéries, et si notre tube digestif est sain, il élimine en quelques semaines la plupart des étrangères», précise Étienne Ruppé. De fait, trois mois après leur retour, seuls 4,7 % des participants étaient encore porteurs de bactéries pirates.

Mais si ces clandestines ne sont pas plus virulentes et ne provoquent pas plus de diarrhée que nos hôtes naturels, elles ont la particularité de résister aux traitements antibiotiques, compliquant les possibilités de traitement en cas de besoin. «Cela peut poser problème lorsque les gens souffrent d'une infection ou doivent subir une opération chirurgicale», explique le chercheur.

Le meilleur moyen de se protéger est de respecter les recommandations usuelles (eau en bouteille, aliments bien cuits, lavage des mains…), et «il faut absolument éviter la prise d'antibiotiques en voyage», plaide le chercheur, ceux-ci n'étant la plupart du temps pas utiles contre une simple diarrhée mais risquant de favoriser les résistances. Surtout, il faut avertir son médecin du voyage passé si une infection apparaît ou qu'une opération doit être subie dans les trois mois. «Actuellement, les recommandations stipulent que si une personne admise à l'hôpital a été, dans l'année précédente, hospitalisée à l'étranger, il faut l'isoler et la soumettre à un dépistage. Il faudrait être aussi drastique avec toute personne hospitalisée moins de trois mois après un voyage», précise le chercheur.

Par Soline Roy - le 16/07/2015

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 06:30

Nouveaux regards sur la schizophrénie


Les dernières recherches évoquent l’inflammation cérébrale comme déclencheur possible de la maladie, et soulignent l’importance d’un repérage précoce.


Pourra-t-on un jour prévenir la schizophrénie ? « Il y a vingt ans, c’était inenvisageable.


Aujourd’hui, c’est un objectif atteignable, assure le professeur Marie-Odile Krebs, chef de service à l’hôpital Sainte-Anne (Paris), qui préside l’Institut de psychiatrie, incluant vingt et une équipes françaises.


Nous pouvons maintenant proposer des prises en charge précoces, avant même le premier épisode psychotique, ce qui réduit sensiblement le risque de basculer dans une schizophrénie.


LE MONDE SCIENCE ET TECHNO
Le 22 juin 2015 à 18h01


Schizophrénie : les prémices décelées par l'imagerie


Une intense activité est repérable dans une zone du cerveau au début de la maladie.


Comment savoir si l'adolescent qui perd sa capacité de concentration, sa sociabilité et la cohérence dans ses pensées est déjà en train de développer une maladie mentale sévère comme la schizophrénie?


Actuellement, cette pathologie n'est traitée qu'après un premier épisode de délire, alors que les symptômes précurseurs sont souvent apparus des années plus tôt.


Un dépistage plus précis de la petite minorité des 15-25 ans vraiment à risque permettrait d'anticiper la prise en charge de la maladie voire tenter de l'enrayer.


Un premier pas vient d'être franchi par des chercheurs de l'Université Columbia à New York.


L'équipe, dirigée par Scott Small, a étudié, par imagerie cérébrale, l'évolution de la maladie dans l'hippocampe, une région du cerveau cruciale pour la mémoire et l'attention et qui est parmi les premières touchées par la schizophrénie.


Dans un article de la revue Neuron, les scientifiques new-yorkais révèlent qu'ils ont décelé chez dix patients, victimes d'un premier épisode psychotique, une intense activité dans une zone précise de l'hippocampe, puis son atrophie au cours de la progression de la maladie.


«Dans ce très beau travail les chercheurs ont non seulement dévoilé une partie du scénario de l'évolution vers la maladie mais offert une nouvelle approche pour la prévenir», relève Marie-Odile Krebs, professeur de psychiatrie à l'université Paris Descartes, chef de service à Sainte-Anne/Inserm.


En effet, pour cerner le mécanisme en jeu, l'équipe de Scott Small a pu reproduire ces modifications de l'hippocampe chez la souris en lui injectant de la kétamine, un stupéfiant qui induit des symptômes proches de la schizophrénie. Ils ont montré que l'atrophie de l'hippocampe est directement liée à la présence excessive d'un neurotransmetteur appelé glutamate, et que l'injection préalable d'un médicament limitant son apparition permet de préserver l'hippocampe. Ils en déduisent que la réduction par des médicaments déjà existants ou en développement des quantités de glutamate présentes chez les personnes reconnues à risque par imagerie cérébrale pourrait prévenir l'aggravation de la maladie.


Mais comment repérer les adolescents qui pourraient bénéficier d'un tel traitement?


«C'est tout l'enjeu, précise Marie-Odile Krebs, car seule une petite minorité de jeunes sont dans ce cas.»


Et même après un premier épisode psychotique, l'évolution de la maladie vers sa forme sévère ne concernera qu'un tiers des patients.


«Dès les premiers symptômes d'une souffrance psychique, le jeune devrait pouvoir consulter avec ses parents une équipe de soignants spécialisés», poursuit cette spécialiste.


L'intérêt de la prévention


Une visite en centre médico-psychologique ou médico-psychopédagogique (selon l'âge, liste consultable sur le site de la Fondation Pierre Deniker) peut déjà permettre de rompre l'isolement des adolescents les plus menacés et de prévenir leur exposition à des facteurs aggravants, voire déclenchants, de la maladie comme le stress ou le cannabis.


Elle peut aussi offrir une aide adaptée par le biais de méthodes de gestion du stress ou de thérapies cognitives comportementales.


«Mais ces formes débutantes de la maladie sont difficiles à évaluer, estime le Pr Krebs.


Elles doivent faire l'objet d'une approche pluridisciplinaire spécialisée, telle que celle que nous tentons de promouvoir au sein de notre Groupe de Recherche en Psychiatrie (GDR 3557)».


Cette évaluation, faisant appel à l'imagerie, la biologie, la génétique ainsi qu'à un bilan neuropsychologique, familial ou pédagogique, permet d'adapter au mieux la prise en charge.


Demain, peut-être que des régimes alimentaires neuroprotecteurs, recourant par exemple aux lipides oméga 3, seront aussi proposés.


«Les mesures de prévention pour les jeunes à risque sont beaucoup plus simples que les traitements lourds de la psychiatrie, ajoute Marie-Odile Krebs.


Cette étude va dans ce sens, avec peut-être un nouveau moyen d'enrayer l'évolution vers la schizophrénie.»


Par Pierre Kaldy - le 27/06/2013 lefigaro.fr

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 17:37

Les médecins qui traitent les patients en dehors du protocole établi en 2006 encourent de graves sanctions.

Une situation que dénoncent les associations de patients.

Écouter l’émission :

http://www.frequencemedicale.com/index.php?op=H18&id=546&see=ok&spec=16

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 16:11

Première publication sur la modification du microbiote intestinal chez des patients porteurs de sclérose systémique (Slérodermie).


Par: KAREN BLUM

Les patients atteints de sclérose systémique ont un microbiote colique distinct, par rapport aux individus sains, ce qui pourrait contribuer à leur dysfonctionnement immunitaire et à leurs symptômes, selon une nouvelle étude.


Comme dans le cas des états inflammatoires chroniques telles que la maladie intestinale inflammatoire, la sclérose systémique (SSc) des patients avaient diminution des bactéries intestinales commensales telles que Bacteroides et Faecalibacterium, et une augmentation de genres pathogènes tels que Enterobacteriales et Fusobacterium, dans le caecum et le sigmoïde, par rapport aux témoins sains.

Dr Elizabeth Volkmann
En outre, les patients sclérodermiques avaient une augmentation au niveau du sigmoïde et du caecum des Bifidobacterium, ce qui est généralement trouvé en quantité inférieure lors d’une maladie intestinale inflammatoire.

Une altérations des taxons supplémentaires a également été observée.

Ces différences n’avaient jamais été décrits dans la sclérodermie, selon l'auteur principal de l'étude Dr Elizabeth Volkmann, un rhumatologue et professeur de clinique à l'Université de Californie, de Los Angeles.


Ce "Dysfonctionnement du tractus gastro-intestinal affecte 90% des patients atteints de sclérose systémique ou de sclérose en plaques qui est une cause majeure de morbidité et de mortalité chez ces patients," a déclaré le Dr Volkmann dans une interview.

"Les symptômes tels que la constipation et l’incontinence fécale sont parmi les problèmes physiques les plus perturbateurs pour ces patients atteints de sclérodermie, et nous n’avions pas vraiment identifié la cause jusqu’à ce jour."


Le Dr Volkmann et ses collègues ont étudié 17 patients atteints de SSc:

Quatre-vingt-huit pour cent étaient des femmes, l'âge médian était de 52 ans, et la durée médiane de la maladie était de près de 7 ans.

Ils ont comparé ces patients à l'âge et au sexe des témoins sains appariés.

Les patients atteints de sclérodermie avaient un score total moyen de 0,7 sur l'UCLA sclérodermie clinique Consortium de première instance tractus gastro-intestinal (UCLA SCTC GIT) 2.0 (questionnaire), indiquant une sévérité modérée des symptômes.


Au départ, les patients ont subi une coloscopie.

Les chercheurs ont obtenu des biopsies du caecum et du sigmoïde (muqueuses par échantillons de lavage pour l'analyse) ; ils ont utilisé le séquençage 16S de déterminer la flore microbienne et une base de données pour déterminer les unités Greengenes taxonomiques opérationnelles, en plus d'autres tests.

Les patients ont également achevé la UCLA sclérodermie clinique Consortium de première instance tractus gastro-intestinal (UCLA SCTC GIT) 2.0 pour évaluer la sévérité des symptômes gastro-intestinal au moment de la coloscopie, elle a dit lors du Congrès européen de rhumatologie que
"Nous avons trouvé des différences significatives et profondes dans la composition microbienne" entre les patients et les contrôles de sclérodermie, le Dr Volkmann dit. "Même avec notre petite taille de l'échantillon, il y avait encore des différences statistiquement significatives, y compris [chez les patients SSc] une diminution, des bactéries normales saines et une augmentation des bactéries pathogènes plus que dans d'autres états pathologiques provoquent une inflammation."


Les comparaisons entre les patients atteints de sclérodermie et des contrôles sains ont démontré de nombreuses différences dans les communautés microbiennes tant dans le caecum et le sigmoïde, y compris une abondance beaucoup plus élevé de l'espèce Erwinia et Trabulsiella chez les patients avec des symptômes les plus graves.


"Cela suggère non seulement qu’il y a des différences dans la composition du microbiote entre patients atteints de sclérodermie et des témoins sains, mais ces différences peuvent contribuer à des symptômes cliniques plus ou moins sévère", a déclaré le Dr Volkmann.


Les patients atteints de sclérodermie avaient un score total moyen de 0,7 sur le GIT 2.0, indiquant modérée sévérité des symptômes.

Ils ont également eu la sévérité modérée sur la distension, la constipation, le bien-être émotionnel, et les domaines de fonctionnement sociaux sur le GIT 2.0, et la sévérité des symptômes doux sur la diarrhée et des domaines de salissures fécaux.


Le remplacement par des bactéries saines grâce à des suppléments probiotiques peut être un traitement potentiel, dit-elle.

Cependant, certains patients atteints de sclérodermie avaient une augmentation des Lactobacillus et Bifidobacterium, qui sont normalement diminués chez les patients présentant une inflammation, dit-elle.

La thérapie probiotique doit être utilisée pour cibler uniquement les espèces qui sont diminuées, et de nombreux probiotiques commerciaux sont riches en Lactobacillus et Bifidobacterium.


Une hypothèse potentielle pour certains patients atteints de sclérodermie qui avaient des niveaux plus élevés de Lactobacillus et Bifidobacterium peut-être parce que la plupart utilisaient un probiotique, dit-elle.

Cependant, ils ont demandé aux patients de cesser d'utiliser un probiotique 3 semaines avant leur coloscopie.


Son groupe poursuit des études dans cette population pour évaluer les changements sur le microbiome au cours d'une année.


Dr Volkmann n'a signalé aucune informations financières pertinentes.

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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 17:13

Les processus d'écologisation entre santé et environnement. Le cas de la maladie de Lyme

Sciences sociales & comportementales, psychologie : Sociologie & sciences sociales

http://hdl.handle.net/2268/159666

Massart, Clémence

Université de Liège - ULg Doct. sc. (sc. & gest. env. - Bologne)] 7-oct-2013

doctorat en sciences et gestion de l'environnement (Belgique) ; doctorat en sociologie (France)

La thèse vise à comprendre comment une diversité de définitions d’une maladie émergente et complexe, la Borréliose de Lyme, se construisent aujourd’hui dans un grand nombre de lieux. Ces définitions sont parfois concurrentes, parfois étrangères l’une à l’autre ; parfois médiatisées, parfois confinées dans des espaces discrets. Pour comprendre cette diversité, je mobilise le concept de pratique développé par Stengers (2006). J’ai accédé aux processus de connaissance mis en œuvre par les praticiens à travers les deux versants qui définissent une pratique : les obligations, qui renvoient à leur manière spécifique d’interroger l’objet ou l’être dont ils cherchent à apprendre quelque chose ; les exigences qui opèrent des exclusions et tracent des frontières entre pratiques. Cette grille d’analyse s’applique à des groupes de taille variable, professionnels ou non, mandatés ou pas par le politique, de même qu’aux vivants non-humains.
La première partie situe la maladie de Lyme dans le champ des maladies et définit sa spécificité en regard des « maladies environnementales » qui ont pour cause les pollutions industrielles. En tant que maladie infectieuse ayant pour vecteur une tique et pour réservoir la faune sauvage, la maladie de Lyme présente davantage les traits d’une « maladie écologique » qui renouvelle l’attribution des responsabilités, les modes de gestion, la nature des entités incriminées ainsi que l’identité des praticiens impliqués. À partir de ce constat, j’ai fait l’hypothèse d’une « écologisation des problèmes sanitaires » : les problématiques environnementales s’immiscent dans d’autres secteurs. J’ai interrogé cette écologisation thématique à la lumière de « l’écologisation des pratiques » que Stengers définit comme un mode de relation entre pratiques qui remplace les exclusions par des coordinations pour produire des savoirs nouveaux, dynamiques et irréductibles à chaque pratique.
La deuxième partie expose les pratiques de quatre groupes de praticiens : les malades chroniques qui échangent sur Internet, les infectiologues, les ticologues et les écologues généticiens des populations. L’analyse révèle l’existence de deux espaces de discussions marqués par des relations distinctes : dans le premier, médical, diagnostic et curatif, les définitions de la maladie s’opposent tandis qu’elles se chevauchent dans le second, environnemental, épidémiologique et préventif. Ces deux espaces entretiennent peu de relations entre eux.
La troisième partie s’intéresse aux interactions entre praticiens. À travers un groupe de travail, un lieu, un concept et des techniques diagnostiques, j’interroge la rencontre effective entre pratiques environnementales et médicales. L’essentiel des collaborations entre acteurs environnementaux et médicaux portent sur la prévention de la maladie. Les savoirs écologiques, comme ceux des malades, ont pourtant un potentiel pour une autre élaboration du diagnostic de ces maladies. Cette analyse montre que des frictions apparaissent lorsque des praticiens interrogent un même vivant sur des modes différents. À l’inverse, une sympathie se manifeste entre praticiens dès lors qu’ils interrogent sur le même mode des vivants différents.
Plus qu’une écologisation du sanitaire, la thèse met en évidence un processus de « sanitarisation de l’écologie ». En effet, ce sont les praticiens rattachés à l’écologie qui s’immiscent dans la thématique des « maladies infectieuses émergentes ». Les savoirs qu’ils produisent tendent à dépeindre un ensemble de maladies variables dans le corps et le milieu, qui rappelle la définition par les malades, sans que ces groupes de praticiens disposent à ce jour d’espace de rencontre.

http://hdl.handle.net/2268/159666

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 06:37

Connaître l'historique de toutes les infections virales d'une personne, même le carnet de santé ne s'y est pas essayé.


Au contraire le sang garde, à travers les anticorps, la mémoire de toutes les infections passées.


Pour exploiter cette bibliothèque naturelle, les chercheurs de l'Institut médical américain Howard Hughes (HHMI) ont proposé une technique appelée VirScan, dont les résultats des tests ont été publiés jeudi dans la revue Science.


«Ce test permettra aux utilisateurs d'avoir le suivi de toutes leurs infections virales en ne donnant qu'une goutte de sang», explique au journal Sciencele Pr Stephen Elledge, biologiste responsable de l'étude.


Ce test, qui devrait coûter environ 22 euros, permet d'isoler et d'identifier certains anticorps pour détecter la présence actuelle ou antérieure d'un virus.


Pour cela, les chercheurs ont assemblé une bibliothèque d'environ 94.000 protéines, chacune codant pour une portion de l'ADN de 206 espèces différentes de virus. Lorsque ces protéines, qui agissent comme des marqueurs, sont ajoutées à une goutte de sang, les anticorps les identifient - comme avec les virus - et s'y attachent.


L'ensemble anticorps/protéines est, par la suite, extrait et reconnu en laboratoire pour dresser un portrait des infections virales passées du patient.


Une moyenne de 10 infections


Pendant l'expérience, les chercheurs ont testé le VirScan sur 569 personnes provenant de plusieurs pays: États-Unis, Afrique du Sud, Thaïlande et Pérou. L'équipe a découvert une moyenne de 10 infections virales différentes par individu, dont les plus représentées sont le virus de l'herpès (87% des personnes testées présentent des traces de la forme virale la plus courante), les rhinovirus (72% pour la forme la plus courante) et les adénovirus (67% pour la forme la plus courante).


La présence d'anticorps dans le sang ne signifie pas obligatoirement que le virus est toujours présent: certains comme les virus de l'herpès génital restent en veille dans l'organisme à vie (avec différents niveaux de symptômes), mais d'autres comme les rhinovirus peuvent êtres éliminés avec le temps.


L'étude a aussi révélé que les personnes ne vivant pas aux États-Unis et celles atteintes du sida présentaient en moyenne plus de traces d'infections passées.


Au moins deux d'entre elles ont affiché pas moins de 84 virus différents.


La méthode pourrait être utilisée non seulement pour un meilleur suivi des patients, afin de comprendre les liens entre virus et maladies chroniques, mais aussi pour mieux adapter les campagnes de vaccination.


Néanmoins, l'équipe de recherche reconnaît dans sa publication que la technique n'est pas parfaite et que certaines traces peuvent échapper à la détection.


Les raisons peuvent être que les virus sont trop petits ou qu'ils contiennent des fragments d'ADN qui ne font pas partie de la bibliothèque des protéines.


Le Pr Stephen Elledge rappelle néanmoins que l'intérêt majeur de cette technique est de balayer un spectre large de virus pour «aider au diagnostic de maladies, comme l'hépatite C, que la plupart des gens ont sans le savoir».

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 11:41

Les liens entre toxoplasmose et schizophrénie se resserrent

Une équipe de l’Inserm (unité 955 Inserm/Université Paris Est Créteil Val de Marne, Institut Mondor de recherche biomédicale, Créteil, 94) publie les résultats de 2 nouvelles études qui confirment l’idée évoquée ces dernières années selon laquelle, la schizophrénieet les troubles bipolaires seraient imputables, au moins en partie, à la toxoplasmose.


La première montre que la toxoplasmose est plus fréquente chez les personnes atteintes de schizophrénie, troubles bipolaires ou encore troubles obsessionnels compulsifs.

Leur analyse, qui a porté sur une cinquantaine d’études montre, en effet, que si la toxoplasmose concerne près de 43% de la population française, elle peut être détectée chez 60 à 90% des patients atteints de schizophrénie ou de troubles bipolaires.

"Les analyses génétiques ont montré que les gènes de susceptibilité associés à ces maladies sont impliqués dans le système immunitaire et non dans des fonctions cérébrales : tout porte donc à croire que des facteurs infectieux ou inflammatoires sont impliqués dans l’étiologie de ces maladies psychiatriques.

Des chercheurs estiment même que 13 à 30% des cas de schizophrénie pourraient être imputables à la toxoplasmose", explique Guillaume Fond, coauteur de ces travaux.


La seconde étude indique que, chez les patients infectés, l’utilisation de médicaments psychotropes présentant un effet anti-toxoplasmique réduit davantage la fréquence des épisodes dépressifs que les psychotropes sans effet sur le parasite.

Cette activité "s’explique par l’induction d’une anomalie du flagelle du parasite, qui l’immobilise et entraine sa mort.

Dans la schizophrénie, les phénothiazines et l’haloperidol ont par exemple cet effet, tout comme le valproate, indiqué dans les troubles bipolaires", précise Guillaume Fond.

Les chercheurs estiment que ces données sont suffisamment parlantes pour systématiser le dépistage de la toxoplasmose chez les patients présentant un trouble psychiatrique.

"Des études longitudinales permettront alors de démontrer définitivement si utiliser un traitement avec activité anti-toxoplasmique améliore le pronostic de ces patients", conclut Guillaume Fond.

Source : Inserm. 3 juin 2015

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
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