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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 07:37

Sels d'aluminium, huile de palme, aspartame, phtalates, bisphénol, glyphosate...

La plupart des consommateurs ont désormais un réflexe de défiance lorsqu'ils repèrent l'une de ces substances dans leur déodorant, gâteau ou soda préférés.

Parce que « le client est roi », la grande distribution a donc décidé de faire la chasse aux produits chimiques dans ses rayons, et elle compte bien le faire savoir.

Le réseau U, qui regroupe 1 550 magasins en France, annoncera ce jeudi matin avoir supprimé dans plus de 6 000 de ses produits maison près de 90 substances controversées.

Le géant de la distribution en a dressé la liste : bifenthrine, BHT, clopyralid, fenamidone... Derrière ces noms se cachent des insecticides, des pesticides, des colorants, des conservateurs...

Cette démarche, Système U l'a engagée il y a cinq ans quand il a compris que les consommateurs avaient « perdu confiance dans la qualité des produits alimentaires ».

« Notre but n'est pas de jeter l'opprobre sur telle ou telle substance, explique Thierry Desouches, le porte-parole de l'enseigne.

Mais le fait est que certains produits posent question à nos clients.

Alors quand on peut leur proposer des solutions alternatives, on le fait.

»



Fini l'aspartame dans le soda et l'huile de palme dans la pâte à tartiner


Fini donc l'aspartame dans le soda de la marque distributeur : Système U l'a remplacé par d'autres édulcorants comme la stévia.

Pas d'huile de palme dans la pâte à tartiner maison mais de l'huile végétale plus écologique.

Quant au phénoxyéthanol utilisé pour ses propriétés d'agent de conservation mais allergène reconnu, aucun produit cosmétique de la marque n'en contient.

Système U n'est pas la seule enseigne à miser sur le sans-paraben, sans-bisphénol, etc.

Dès 1999, Carrefour a supprimé les OGM de tous les produits de sa marque.

En 2005, l'enseigne a éliminé 58 des additifs les plus contestés.

Gamme sans gluten, poulet et porc sans traitement antibiotique, brocolis et tomates sans herbicides...

Année après année, elle s'est adaptée aux demandes des consommateurs.

« Quand il y a polémique autour d'un produit, c'est qu'il y a suffisamment de données scientifiques montrant que cette substance pose question, souligne le chimiste toxicologue André Cicolella, président du réseau

Environnement Santé.

Que la grande distribution prenne les devants sans attendre un changement de réglementation me semble une bonne chose. »

« Travailler à la substitution des substances controversées dans nos produits est devenu une préoccupation majeure, assure Emilie Tafournel, directrice qualité à la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) qui regroupe cinquante enseignes de la grande distribution.

Comme les consommateurs nous demandent en priorité des produits locaux et naturels, la place consacrée dans nos rayons aux produits bio, sans OGM ou sans paraben, ne cesse d'augmenter. »

-

« Ce n'est plus un truc de bobo »

Le docteur Patrice Halimi est secrétaire général de l'Association santé environnement France (Asef) qui rassemble 2 500 médecins.

Que pensez-vous de l'initiative de Système U de supprimer 90 substances controversées de 6 000 de ses produits ?

Patrice Halimi. C'est la démonstration que les consommateurs ont gagné. Il y a dix ans, aucun supermarché n'avait de rayon bio.

Aujourd'hui, ils en ont tous. Et ce n'est plus un truc de bobos. Les clients sont de mieux en mieux informés et exigent des produits plus sains.

Comment réagissent les industriels ?

Ceux qui ne s'adaptent pas risquent la mort de leur produit. Prenez les biberons au bisphénol A (BPA).

Au début, on nous disait que c'était impossible de s'en passer. Mais sous la pression des consommateurs, on voit aujourd'hui des produits garantis sans BPA partout.

Avant même que la réglementation ne l'interdise, ce sont les mamans qui ont tué le bisphénol A. Et si demain les clients se mettent à acheter moins de Nutella à cause de l'huile de palme, la marque sera bien obligée d'y renoncer à plus ou moins long terme.

C'est donc juste une question d'offre et de demande ?

Mettre en avant des produits plus sains dans ses rayons devient un argument commercial majeur.

C'est pourquoi nous avons conclu un partenariat avec Leroy Merlin pour supprimer certains produits chimiques de leurs articles.

En contrepartie, nous acceptons qu'ils apposent notre logo sur l'étiquette.

Nous faisons la même chose avec la valise premier âge proposée aux mamans à la maternité.

Pour qu'elles ne se retrouvent pas avec des couches-culottes, des lingettes ou des petits pots contenant des perturbateurs endocriniens, nous avons conçu un sac contenant seulement des produits bio.

Au début, nous ne fournissions que les maternités des Bouches-du-Rhône. Aujourd'hui, nous croulons sous les demandes de cliniques à Lyon, à Paris...

Le Parisien Frédéric Mouchon | 26 Janv. 2017.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED
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