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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 12:40

Sommes-nous trop nombreux sur Terre?

Gilles Pison — 25.07.2017 -

La population mondiale devrait continuer à croître et pourrait atteindre près de 10 milliards en 2050. En 2017, la population mondiale a franchi le seuil de 7 milliards et demi. Elle ne comptait qu’un milliard d’habitants en 1800 et a donc été multipliée par sept et demi depuis (voir la figure ci-contre).

Elle devrait continuer à croître et pourrait atteindre près de 10 milliards en 2050.

Pourquoi la croissance devrait-elle se poursuivre?

La stabilisation est-elle envisageable à terme?

La décroissance tout de suite ne serait-elle pas préférable?

Gilles Pison (à partir de données des Nations unies), CC BY-NC-ND Si la population mondiale continue d’augmenter, c’est en raison de l’excédent des naissances sur les décès –les premières sont près de trois fois plus nombreuses que les seconds.

Cet excédent apparaît il y a deux siècles en Europe et en Amérique du Nord lorsque la mortalité commence à baisser dans ces régions, marquant les débuts de ce que les scientifiques appellent la transition démographique. Il s’étend ensuite au reste de la planète, lorsque les avancées de l’hygiène et de la médecine et les progrès socio-économiques atteignent les autres continents.

Une population africaine en pleine croissance La croissance démographique a atteint un taux maximum de plus de 2 % par an il y a cinquante ans et a diminué de moitié depuis, pour atteindre 1,1 % en 2017 (voir la figure ci-contre). Gilles Pison (à partir de données des Nations unies), CC BY-NC-ND Elle devrait continuer de baisser dans les prochaines décennies en raison de la diminution de la fécondité: 2,5 enfants en moyenne par femme aujourd’hui dans le monde, contre le double (cinq enfants) en 1950.

Parmi les régions du monde dans lesquelles la fécondité est encore élevée (supérieure à trois enfants), on trouve en 2017 presque toute l’Afrique intertropicale et les régions allant de l’Afghanistan jusqu’au nord de l’Inde en passant par le Pakistan (voir la carte ci-dessous).

C’est là que se situera l’essentiel de la croissance démographique mondiale à venir. L’un des grands changements à venir est le formidable accroissement de la population de l’Afrique qui, Afrique du Nord comprise, pourrait quadrupler d’ici un siècle, passant d’un milliard d’habitants en 2010 à probablement 2,5 milliards en 2050 et plus de 4 en 2100, ceci malgré l’épidémie de sida.

Alors qu’un homme sur six vit aujourd’hui en Afrique, ce sera probablement plus d’un sur trois dans un siècle.

L’accroissement devrait être particulièrement important en Afrique au sud du Sahara où la population pourrait passer d’un peu plus de 800 millions d’habitants en 2010 à 4 milliards en 2100. Carte de la fécondité dans le monde en 2017. Ined, Author provided À quoi s’attendre dans les décennies à venir Ces chiffres sont des projections et l’avenir n’est évidemment pas écrit. Il reste que les projections démographiques sont relativement sûres lorsqu’il s’agit d’annoncer l’effectif de la population à court terme ; c’est-à-dire pour un démographe, les dix, vingt ou trente prochaines années.

La majorité des hommes et des femmes qui vivront en 2050 sont déjà nés, on connaît leur nombre et on peut estimer sans trop d’erreurs la part des humains d’aujourd’hui qui ne seront plus en vie.

Concernant les nouveau-nés qui viendront s’ajouter, leur nombre peut également être estimé, car les femmes qui mettront au monde des enfants dans les 20 prochaines années sont déjà nées, on connaît leur effectif et on peut faire également une hypothèse sur leur nombre d’enfants, là aussi sans trop d’erreurs. Il est illusoire de penser pouvoir agir sur le nombre des hommes à court terme. La diminution de la population n’est pas une option.

Car comment l’obtenir?

Par une hausse de la mortalité?

Personne ne le souhaite.

Par une émigration massive vers la planète Mars?

Irréaliste.

Par une baisse drastique de la fécondité et son maintien à un niveau très inférieur au seuil de remplacement (2,1 enfants) pendant longtemps.

C’est déjà ce qui se passe dans une grande partie du monde, les hommes ayant fait le choix d’avoir peu d’enfants tout en leur assurant une vie longue et de qualité. Mais il n’en résulte pas immédiatement une diminution de population en raison de l’inertie démographique: même si la fécondité mondiale n’était que de 1,6 enfant par femme comme en Europe ou en Chine, la population continuerait d’augmenter pendant encore quelques décennies.

Cette dernière comprend en effet encore beaucoup d’adultes en âge d’avoir des enfants, nés lorsque la fécondité était encore forte, ce qui entraîne un nombre élevé de naissances.

Les personnes âgées ou très âgées sont en revanche peu nombreuses et le nombre de décès est faible.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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