Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 16:11

Rechutes du cancer: le "dépistage ADN" permet de les détecter un an plus tôt

Par Victor Garcia, publié le 28/04/2017

L'analyse des fragments ADN grâce à une prise de sang confirme qu'elle permet de détecter les cancers récurrents un an avant les dépistages par rayons X.

De simples analyses de sang suffiront aussi à dépister les tumeurs à un stade précoce.

Plus les cancers et ses rechutes sont détectés tôt, plus il est facile de les soigner.

Raison pour laquelle les médecins fondent de grands espoirs sur les travaux de dépistages par prise de sang ou biopsie liquide.

Cette technique, popularisée par une chercheuse française, permet de détecter les risques de rechutes de cancer jusqu'à un an avant les dépistages traditionnels, par scanner.

Une récente étude, publiée dans Nature, semble confirmer l'efficacité de ce "test sanguin révolutionnaire".

La prise de sang, nouvelle arme anti-cancer

Pour leurs travaux, les chercheurs en génétique ont suivi 100 patients atteints de cancer du poumon.

Ils ont prélevé leur sang toutes les six à huit semaines en commençant dès le diagnostic du cancer et en poursuivant après les opérations chirurgicales, jusqu'à la chimiothérapie.

Le but: détecter des traces de fragments d'ADN bien particuliers, "l'ADN tumoral circulant" (ADNtc), que les tumeurs laissent échapper dans le sang. 92% de précision

Leur conclusion est sans appel: l'augmentation du nombre de ces fragments dans le sang indique une rechute dans les mois, voire l'année qui suit.

Cette détection précoce, alors même que les patients ne montrent aucun symptôme physique, est impossible avec les tests actuels basés sur des scanners par rayon X. Elle pourrait faire gagner un temps précieux aux médecins et aux patients et sauver de nombreuses vies.

Le généticien Charlie Swanton, principal auteur de l'étude, explique au Guardiancomment cette technique leur a permis de dépister les rechutes de cancer avec une incroyable précision.

Chez les patients en rémission, "48h après l'opération, l'ADN [tumoral circulant] était quasiment indétectable", détaille-t-il.

En revanche, les malades qui montraient une augmentation de l'ADN tumoral ont rechuté plus tard, ce qui indiquait que le cancer était resté dans les poumons, ou avait migré vers un autre organe.

L'étude détaille comment l'analyse détaillée des tests de 24 patients a permis d'affirmer avec 92% de précision quels patients allaient rechuter "dans les 350 jours à venir".

"Même si cette méthode ne permet de détecter plus tôt qu'un petit nombre des cancers, ils pourront être soignés, alors qu'aujourd'hui on les diagnostique souvent trop tard, quand ils sont déjà en phase létale, cela permettra de sauver un grand nombre vies, se félicite Nitzan Rosenfeld, une scientifique de l'institut de recherche du Cancer britannique, interrogé par le Guardian.

Si elle n'a pas participé à l'étude publiée dans Nature, elle prédit néanmoins que "dans un futur proche, la plupart -si ce n'est tous- les malades du cancer passeront pas ce test-ADN". Savoir si une chimiothérapie est efficace ou non

Et il y a mieux.

Selon les chercheurs britanniques, l'analyse des fragments d'ADN tumoral permet aussi de savoir si une chimiothérapie fonctionne ou si le cancer a développé des résistances, comme c'est souvent le cas pour les cancers de niveau deux et trois.

"On administre toutes ces chimiothérapies toxiques alors qu'on sait qu'elles seront efficaces seulement pour un patient sur 20, indique le professeur Charlie Swanton.

Avec cette méthode, nous pourrons savoir si la chimiothérapie fonctionne sur tel patient ou non, et dans ce dernier cas y mettre un terme.

De la même manière qu'on peut savoir si un cancer revient alors qu'on ne le détecte pas grâce au scanner, et donc lui augmenter son traitement.

Cela va avoir une application pratique très concrète dans le traitement du cancer du poumon."

Pour l'instant, la complexité de la méthode fait grimper les prix: environ 1500 euros par patient.

Mais Charlie Swanton espère qu'elle pourra être bientôt simplifiée.

"Nous n'en sommes pas si loin, ce sera probablement possible d'ici 2 à 3 ans", prédit-il.

Rechutes du cancer: le "dépistage ADN" permet de les détecter un an plus tôt.

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
commenter cet article

commentaires