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25 août 2017 5 25 /08 /août /2017 06:19

Gérard Bapt, médecin, est ancien député de la Haute-Garonne et ancien membre commission des Affaires sociales de l’Assemblée.

Avez-vous eu vent, en tant que médecin, de problèmes autour du Lévothyrox ?

Oui. J’ai eu énormément de retours et même dans mon entourage proche.

Les témoignages d’effets indésirables dus à ce médicament n’arrêtent pas.

Il y a d’ailleurs une dame qui m’a dit « Ce matin je ne l’ai pas pris ! »

Un ami m’a également signalé que son épouse qui prend du Lévothyrox ne va pas bien.

Comment être certain qu’il s’agit d’un réel effet secondaire ?

Il y a effectivement peut-être une part psychologique.

Plus un grand nombre de personnes est au courant du changement de composition du Lévothyrox, plus l’augmentation du nombre de cas d’effets indésirables est possible.

Mais il y a des éléments qui se répètent : malaises, vertiges, troubles digestifs, chute de cheveux, prises de poids, etc. Il y a un réel problème.

Comment, selon vous, cette affaire a-t-elle été gérée ?

Il y a là aussi un problème.

L’Agence du médicament (ANSM) déclare avoir informé les médecins mais il y a eu clairement un déficit d’information auprès des patients.

C’est quand même un des trois médicaments les plus consommés en France.

Il y a trois millions de patients traités.

À mon avis, l’ANSM aurait dû faire une annonce plus large.

Vous avez soutenu Irène Frachon dans le dossier du Médiator.

Est-ce comparable ?

Non. C’est différent. Il n’y a pas, a priori, de risque mortel pour les patients.

Mais ce sont quand même des effets indésirables assez significatifs.

Quel rôle a joué, ici, le laboratoire pharmaceutique ?

On entend dire que le laboratoire Merck Serono a cherché une meilleure stabilité de son médicament en changeant l’excipient, c’est-à-dire le produit autre que le principe actif qui compose le médicament.

L’ancien excipient contenait du lactose et avait soi-disant des problèmes.

Mais un autre problème que soulève cette affaire c’est le monopole qu’a le laboratoire Merck Serono sur le Lévothyrox.

Il n’y a pas de médicaments concurrents en cachets ni de médicaments génériques.

C’est très rare ce genre de monopole.

Ça s’explique par le fait que ce médicament rapporte très peu d’argent : un traitement pour un mois va de 1 € à 3,5 €.

Aucun laboratoire ne va lancer une ligne de production.

Quel conseil donner aux patients souffrant d’effets indésirables ?

Il faut qu’ils demandent un changement de prescription et opter pour un médicament en gouttes mais qui est plus difficile à doser.

Pour le Dr Gérard Bapt, médecin, qui est ancien député de la Haute-Garonne et ancien membre commission des Affaires sociales de l’Assemblée, Levothyrox est un problème réel.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Métabolisme
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