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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 20:08

Perturbateurs endocriniens: ce qui est autorisé en France

le 01/06/2017

Si l'Europe ne parvient toujours pas à adopter une position commune sur les perturbateurs endocriniens, la France a adopté depuis quelques années plusieurs mesures de prévention avec notamment la mise en place d'une stratégie nationale.

Une nouvelle fois, l'Europe ne s'est pas mise d'accord sur la question des perturbateurs endocriniens.

Pour la cinquième fois en un an, les Etats membres se sont réunis à Bruxelles le 30 mai pour considérer la définition officielle proposée par la Commission européenne mais celle-ci devra à nouveau revoir sa copie.

L'enjeu est important car c'est à partir d'une définition commune que seront élaborées des réglementations et une politique de prévention contre ces substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle qui peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien (reproduction, croissance, développement).

Pesticides, emballages, cosmétiques, conditionnements alimentaires… les perturbateurs endocriniens étant présents dans différents milieux, l’exposition peut intervenir par différentes voies: ingestion, inhalation, ou contact cutané.

Les critères les définissant doivent être acceptés en majorité mais c'est là que réside la difficulté car les pays ne se positionnent pas tous pour le même niveau d'exigence.

C'est notamment la France qui fait preuve d'une grande fermeté, demandant à ce que ces critères d’identification soient moins restrictifs.

En attendant qu'un vote soit enfin prononcé à la Commission, le pays a déjà mis en œuvre des mesures pour limiter l'exposition à ces molécules sur le territoire.

Des mesures contre le bisphénol A

En 2009, la Direction générale de la Santé a saisi l'Anses* afin qu'elle identifie des situations d’exposition potentiellement à risque pour la santé, notamment des populations les plus vulnérables.(nourrissons, jeunes enfants et femmes enceintes ou allaitantes).

Deux rapports publiés en 2011 sur l'un des perturbateurs endocriniens les plus connus, le bisphénol A, se prononçaient pour sa substitution pour les matériaux au contact des denrées alimentaires.

Un avis suivi par le Parlement qui a voté en 2012 une loi visant à "la suspension de la fabrication, de l'importation, de l'exportation et de la mise sur le marché de tout conditionnement à vocation alimentaire contenant du bisphénol A".

Ainsi, depuis le 1er janvier 2015, le bisphénol A est interdit dans les biberons et autres contenants alimentaires. Parallèlement, une "stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens" a été élaborée et adoptée par le Gouvernement en 2014.

Celle-ci s'articule autour de quatre axes principaux: soutenir la recherche sur les PE et leurs effets pour mettre en œuvre des solutions alternatives, lancer l’analyse d’au moins 8 substances chimiques par an pour évaluer leur caractère potentiellement perturbateur endocrinien, soutenir le renforcement de la réglementation européenne et renforcer l’information des citoyens, consommateurs et professionnels exposés aux PE sur les risques qu’ils encourent.

Plusieurs substances examinées chaque année

C'est dans le cadre de cette stratégie nationale que trois décisions ont été annoncées par le ministère de l'Ecologie. Désormais, l'utilisation du bisphénol A sera interdite pour les tickets de caisse et reçus de cartes bancaires, des contrôles sur les phtalates présents dans les jouets, en particulier les jouets importés ont été adoptés et l'Anses est chargée d'expertiser au minimum cinq substances par an tandis que l'ANSM** doit en expertiser trois par an dans les produits cosmétiques ou les produits de santé.

Depuis 2014, l'Agence sanitaire a notamment statué sur le 2,6-di-tert-butyl-p-cresol (BHT) utilisé dans de nombreuses applications industrielles, ainsi que dans les cosmétiques et le tributyl O-acetylcitrate (ATBC) utilisé en tant que substitut à des phtalates.

Ainsi, "la France est, avec le Danemark, l'un des pays les plus engagés pour la régulation relative aux perturbateurs endocriniens.", conclut l'Inserm à ce sujet. Une étude actuellement menée sur 18 000 enfants sur 20 ans, l'étude "Elfe", pourrait aussi permettre d'en savoir plus sur ce domaine.

Plusieurs thématiques ciblées de recherches sont abordées, notamment l'exposition aux polluants.

Des premiers résultats basés sur des échantillons relevés sur les femmes enceintes ont montré une présence moindre de plomb ou de mercure dans l'organisme mais plus élevée de pesticides, de bisphénol A et de phtalates.

Une autre étude toujours en cours, la cohorte PELAGIE*** suit, depuis 2002, 3 500 couples mères-enfants.

Cette dernière vise à étudier l'impact de contaminants environnementaux sur le développement intra-utérin, puis sur celui de l'enfant.

Comme l'explique l'Inserm, "elle a d'ores et déjà montré plusieurs corrélations, comme l'exposition à certains polluants organiques (dichlorodiphényltrichloroéthane et polychlorobiphényles) sur le délai de conception d'un enfant, ou l'exposition à un herbicide du maïs et le retard de croissance intra-utérin".

*'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail **Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé ***pour Perturbateurs endocriniens : étude longitudinale sur les anomalies de la grossesse, l’infertilité et l’enfance)

Perturbateurs endocriniens: ce qui est autorisé en France

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Nutrition
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