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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 17:44

Le fonio, la céréale sans gluten qui détrônera le quinoa (?)


Après la folie du quinoa et la frénésie du chou-kale, quel superaliment les supplantera dans les années à venir ?


Le fonio, une céréale d’Afrique de l’Ouest est peut-être la candidate idéale.


Riche en protéines et sans gluten, cette graminée qui jouit d'un regain d'intérêt en Afrique, redynamise l'économie locale et part à la conquête l'Occident. Zoom sur cette nouvelle graine-mère.


L'heure est au bien-être.


Préserver sa santé devient plus que jamais un impératif, et cela passe aussi par les aliments.


Régime détox ou paléo, consommation d'alicaments comme les baies de goji ou les graines de chia, autant de comportements qui modifient le rapport à la nourriture, parfois jusqu'à se perdre.


Manger revient à se soigner et manger sainement devient une obsession.


C'est ce que l’on appelle l’orthorexie ou quand le plaisir devient une chimère.


Sans tomber dans ces travers, certains ajustements alimentaires sont requis pour éviter intolérances et allergies comme celles provoquées par le gluten.


Une protéine contenue dans les céréales comme le blé ou le seigle déclenchant la maladie cœliaque que intolérants au gluten ou non tentent d'éliminer de leur alimentation.


La folie du sans gluten a fait surgir de nouveaux aliments peu connus des Occidentaux.


Parmi eux, le teff et le fonio.


Deux céréales africaines sans gluten prêtes à conquérir les addicts d’une cuisine saine et les curieux désireux de découvrir un nouvel aliment.
Le fonio, le germe du monde


Cultivé depuis plus de 5000 ans en Afrique de l’Ouest (Mali, Guinée, Burkina Faso, etc.), le fonio (digitaria exilis), est une céréale qui se présente sous la forme de très petites graines.


Elles ne mesurent pas plus de 1,3 mm et 0,8 de diamètre.


Sans gluten et aussi riche en protéines que le blé (il comporte toutefois légèrement plus de glucides), le fonio renferme des propriétés nutritionnelles très intéressantes, en plus d'être rassasiant.


D'où ce regain d'intérêt que porte cette partie de l'Afrique pour cette graine sacrée qui représente le germe du l'univers dans la cosmogonie Dogon.


Autrefois considéré comme l’aliment des pauvres car base de l’alimentation des populations rurales, le fonio est désormais un produit de luxe - 1200 francs CFA (1,83 euros) le kilo, soit trois plus cher que le riz - que convoite la bourgeoisie urbaine d'Afrique de l'Ouest.


En Europe et en Amérique du Nord, le marché du fonio est encore confidentiel.


Des personnalités comme Pierre Thiam, un chef sénégalais installé à New-York a l'ambition de faire connaître ces petites graines aux Américains et d'en favoriser l'exportation.


En France, la marque équitable Racine exporte et conditionne le fonio qu'elle commercialise décortiqué et précuit.


Une bonne chose selon Jean-François Cruz (*), chercheur au Cirad (Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement) qui préconise de commercialiser le fonio blanc précuit pour confronter les nouveaux consommateurs avec un produit plus neutre que le fonio complet par exemple. « C'est une contre-publicité, c'est contre-productif de vendre du fonio complet ou semi-complet », assène Jean-François Cruz, même s'il admet que c'est son propre avis.


Le risque de rancissement étant accentué par la présence du germe. Il déplore que certains surfent sur une tendance sans vraiment connaître le produit.


Le fonio, une graine salvatrice ?


Pour l'heure, dans ces pays d'Afrique de l'Ouest, ce sont les aspects économiques, culturels et sociaux découlant de la culture du fonio qui priment.


« Il est intéressant de la mettre en valeur, de revaloriser localement cette graine », poursuit Jean-François Cruz.


Cet aliment ancestral que redécouvrent les populations africaines permet de diversifier l'alimentation, de faire une rotation entre le riz, le sorgho et le millet par exemple, mais surtout de redynamiser l'économie locale.


La culture du fonio a favorisé « l’émergence de petites entreprises de transformation » comme le Koba Club Kedougou où les femmes, appelées transformatrices, dessablent (étape la plus fastidieuse et importante), décortiquent, sèchent, précuisent et conditionnent le fonio.


Si le fonio peut se semer à la volée dans des zones arides et sur des sols pauvres, sableux ou caillouteux, sa récolte ainsi que les nombreuses étapes post-récoltes pour obtenir des graines saines pour la consommation sont fastidieuses.


Le battage avec des bâtons ou par foulage, le décorticage ainsi que le blanchiment représente un travail long et harassant avec en première ligne, les femmes, les plus concernées.


Pour simplifier le travail de ces transformatrices, le Cirad, qui a pour mission de développer la recherche agronomique en valorisant les ressources locales, a permis la mise en place de machines comme le décortiqueur.


Les tests pour la mécanisation du dessablage sont en cours.


Des améliorations technologiques qui ont pour but d'améliorer la qualité du fonio, d'intensifier son rendement et ainsi garantir une sécurité alimentaire et de sauvegarder sa culture encore fragile.


« C’est une céréale qui risque de disparaître », renchérit Jean-François Cruz.


Dans certains pays la culture du maïs s’est substituée à celle du fonio.


D'où le rôle important de la mécanisation du processus post-récolte.


Mais les récents conflits au Mali et le virus Ebola ralentissent quelque peu la mission, comme l'explique le chercheur.


L'agriculture a un rôle important dans le développement des sociétés et de leur économie, le Pérou l'a bien démontré avec la culture du quinoa.


Mais les conséquences d'une mono-culture et d'une exportation à outrance ont montré ses limites, même si l'économie locale s'est nettement améliorée : en trente ans, le prix du quinoa s'est envolé, et les terrains se sont appauvris à cause de la culture exclusive de cette pseudo-céréale.


Un paradoxe que les cultivateurs, transformatrices et exportateurs de fonio devront prendre en considération si une explosion des exportations se fait sentir, et ainsi éviter le « syndrome du quinoa ».


Par Catherine Lasserre - 6 oct. 2014




(*) Le fonio, une céréale africaine, Jean-François Cruz, avec la collaboration de Famoï Béavogui et Djibril Dramé, Edition 2011, 160 pages.

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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 17:24

La supplémentation calcique rapporte gros mais… ne prévient pas le risque de fractures

Nouvelle Zélande, Suède ― Selon deux nouvelles méta-analyses publiées dans le British Medical Journal, après 50 ans, la supplémentation calcique ou une alimentation riche en calcium ne permettent pas de minimiser le risque de fractures ostéoporotiques [1,2].

« Il y a 25 ans dans ce journal (le BMJ), Kanis et Passmore affirmaient que, selon les données de la littérature disponibles, la supplémentation calcique ne prévenait pas le risque de fractures ; un point de vue contesté, alors, par des opposants déterminés », rappelle le Pr Karl Michaëlsson (Université d’Uppsala, Suède) dans un éditorial accompagnant les deux articles [3,4].

D’après les deux nouveaux articles publiés dans le BMJ, « les conclusions de Kanis et Passmore valent toujours. En outre, il semble y avoir peu à gagner à adopter une alimentation riche en calcium », souligne le Pr Michaëlsson.

Une méta-analyse de 59 essais randomisés

Le premier papier de Vicky Tai et coll (Université d’Auckland, Nouvelle Zélande) est une méta-analyse de 59 essais contrôlés randomisés évaluant l’impact, après 50 ans, d’une alimentation riche en calcium ou de la supplémentation calcique sur la densité minérale osseuse (DMO). Les auteurs constatent une faible augmentation de la densité minérale osseuse « qui ne devrait pas se traduire par une diminution du risque fracturaire. »

Il est important de noter que cette faible amélioration n’est pas supérieure lorsque le calcium est associé à la vitamine D (quelle que soit la dose), même parmi les participants avec des faibles taux de 25(OH)D, qui reçoivent une forte dose de calcium ou qui ont des apports alimentaires calciques <800 mg/j », ajoute le Pr Michaëlsson.

Supplémentation calcique : pas d’intérêt en population générale après 50 ans

Le second papier de Marc Bolland et coll. (Université d’Auckland, Nouvelle Zélande) s’intéresse aux apports calciques et à la prévention du risque fracturaire. Une méta-analyse des essais portant sur la supplémentation calcique, ayant parus les moins biaisés aux auteurs, montre que la supplémentation calcique ne limite pas le risque de fracture et sur aucun site.

Ils notent une seule exception : l’étude française de Chapuy et coll. chez des femmes d’en moyenne 84 ans, en EHPAD, qui ont à la fois de faibles apports calciques quotidiens (500 mg/j), des concentrations très faibles en vitamine D (20 mmol/L), et également des calcémies basses. Dans ce cas, bien précis, la supplémentation vitamino-calcique semble intéressante. Les auteurs notent toutefois que, dans cette étude, les effets indésirables cardiovasculaires n’ont pas été évalués, ce qui devrait limiter sa portée.

Concernant les apports calciques, les études identifiées par les auteurs sont essentiellement observationnelles et trop hétérogènes pour être inclues dans une méta-analyse. Toutefois, Bolland et coll. n’ont pas repéré de données qui encouragent réellement à proposer une alimentation particulièrement riche en calcium dans le but de prévenir les fractures.

Aude Lecrubier 01 octobre 2015

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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 20:24

Microbiote et réponse vaccinale

(Article + revue de littérature)

m/s n° 2, vol. 31, février 2015

Une étude menée chez des individus vaccinés contre la grippe (vaccin antigrippal inactivé trivalent, TIV) avait mis en évidence une corrélation entre le niveau d’expression des récepteurs TLR-5 dans les cellules mononucléées du sang de donneurs vaccinés et le taux sérique d’anticorps anti-hémagglutinine chez les individus vaccinés [1]. TLR-5, récepteur membranaire de la flagelline bactérienne, joue un rôle très important dans la reconnaissance des pathogènes et dans l’activation des cellules du système immunitaire inné.

Plus récemment, une seconde étude de la même équipe a permis de mieux comprendre le lien entre le TLR-5 et la réponse humorale post-vaccinale [2]. Les auteurs ont montré que le taux des IgG dirigées contre les antigènes vaccinaux est fortement diminué au début de la réponse humorale chez des souris TLR5-/-. Cet effet est concomitant d’une diminution des cellules productrices d’anticorps. Une altération de la réponse des lymphocytes B (LB) mémoire après une seconde inoculation du vaccin, et une diminution de la fréquence des LB à longue durée de vie sont également observées chez les souris TLR5-/-. Les mêmes défauts de la réponse humorale post vaccinale (diminution du taux d’IgG et des cellules B à courte et longue durée de vie) sont observés chez des souris axéniques ayant reçu des antibiotiques à large spectre.

Les résultats de cette étude soulignent le rôle prédominant de certaines colonies bactériennes intestinales dans la mise en place de la réponse humorale dirigée contre le virus vaccinal. Le lien entre l’inoculation par voie parentérale de vaccins sous-unitaires sans adjuvant, le microbiote intestinal et la mise en place de la réponse humorale périphérique n’est pas encore clair.

Une sous-population particulière de macrophages exprimant le TLR-5 semble jouer un rôle clé dans cette réponse anti-TIV ; cependant, le vaccin n’active pas directement la voie de signalisation des TLR-5. La vaccination induit probablement des modifications de la localisation de ligands de TLR au niveau de l’intestin par des mécanismes encore inconnus, ces modifications activant, indirectement, les cellules du système immunitaire inné et participant au priming dans les ganglions.

Quel que soit ce mécanisme, ces travaux suggèrent que des modifications du microbiote dans des conditions pathologiques ou de malnutrition, ou après un traitement avec des antibiotiques, peuvent nuire à la mise en place de la réponse humorale post-vaccination.

Faudrait-il en déduire qu'avant une vaccination il faudrait s'assurer d'un bon état du microbiote ? C'est ce que suggère fortement une petite revue de littérature. Néanmoins, les études montrent qu'un apport de probiotiques et/ou de prébiotiques améliore la réponse vaccinale tout en diminuant l'inflammation. Compte tenu des effets positifs de l'apport de probiotiques chez les personnes âgées, c'est encore plus utile pour elles, ainsi que chez les enfants +++. Bon à savoir !

1. Nakaya HI, Wrammert J, Lee EK,et al. Systems biology of vaccination for seasonal influenza in humans. Nat Immunol 2011 ; 12 : 786-95.

2. Oh JZ, Ravindran R, Chassaing B,et al.TLR5-mediated sensing of gut microbiota is necessary for antibody responses to seasonal influenza vaccination. Immunity 2014 ; 41 : 478-92.

Philos Trans R Soc Lond B Biol Sci. 2015 Jun 19;370(1671). Probiotics, antibiotics and the immune responses to vaccines. Praharaj I, John SM, Bandyopadhyay R, Kang G.

Probiotic Lactobacillus rhamnosus GG enhanced Th1 cellular immunity but did not affect antibody responses in a human gut microbiota transplanted neonatal gnotobiotic pig model. Wen K, Tin C, Wang H, Yang X, Li G, Giri-Rachman E, Kocher J, Bui T, Clark-Deener S, Yuan L.

World J Pediatr. 2015 Apr 6. Effects of Bifidobacterium supplementation on intestinal microbiota composition and the immune response in healthy infants. Wu BB, Yang Y, Xu X, Wang WP.

Geriatr Gerontol Int. 2015 Jan 22. Enhanced vaccination effect against influenza by prebiotics in elderly patients receiving enteral nutrition. Akatsu H, Nagafuchi S, Kurihara R, Okuda K, Kanesaka T, Ogawa N, Kanematsu T, Takasugi S, Yamaji T, Takami M, Yamamoto T, Ohara H, Maruyama M.

Gut microbiota: a natural adjuvant for vaccination. Pabst O, Hornef M. Immunity. 2014 Sep 18;41(3):349-51.

Benef Microbes. 2014 Sep;5(3):235-46. Understanding gut microbiota in elderly's health will enable intervention through probiotics. Pérez Martínez G, Bäuerl C, Collado MC.

Hum Vaccin Immunother.2014;10(11):3104. Gut microbiota influence immunity to vaccination. [No authors listed]

Proc Nutr Soc. 2014 May;73(2):309-17.Ageing, immunity and influenza: a role for probiotics? Yaqoob P.

Ann Parasitol.2012;58(3):157-60. Natural microbiota in viral and helminth infections. Addendum to: Personalized vaccination. II. The role of natural microbiota in a vaccine-induced immunity. Grzybowski MM, Długońska H.

A specific prebiotic oligosaccharide mixture stimulates delayed-type hypersensitivity in a murine influenza vaccination model.Vos AP, Haarman M, Buco A, Govers M, Knol J, Garssen J, Stahl B, Boehm G, M'Rabet L. Int Immunopharmacol. 2006 Aug;6(8):1277-86.

Feeding a diet containing a fructooligosaccharide mix can enhance Salmonella vaccine efficacy in mice. Benyacoub J, Rochat F, Saudan KY, Rochat I, Antille N, Cherbut C, von der

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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 18:56

Quand un parasite manipule notre cerveau


toxoplasmose modifie la quantité de dopamine dans le cerveau... et peut-être aussi notre personnalité
Par Nicolas Revoy




Une fois infecté par le parasite de la toxoplasmose, le rat est plus enclin à cotoyer le chat, son prédateur naturel. Un comportement qui pourrait être induit par une augmentation de la sécrétion de dopamine causée par le parasite. Crédits : AlexK100


Une étude menée chez des rats vient de démontrer que le parasite de la toxoplasmose augmente la sécrétion de dopamine dans le cerveau.


Ce qui pourrait expliquer les modifications de comportements déjà observées chez les rats infectés... ainsi que chez l'être humain.


Des chercheurs de l'Université de Leeds (Grande-Bretagne) viennent de découvrir que la toxoplasmose augmente la libération de dopamine dans le cerveau des rats infectés. Le phénomène était déjà suspecté, mais il n'avait pas encore pu être démontré. Le résultat a été publié le 21 septembre 2011 dans la revue Plos One.
Pour y parvenir, les chercheurs ont analysé le fonctionnement des cellules neuronales de rats, infectés par le parasite de la toxoplasmose. Ils ont ainsi pu constater que le cerveau de ces derniers sécrétait beaucoup plus de dopamine que le cerveau de rats non infectés. Plus encore, la quantité de dopamine ainsi sécrétée était directement corrélée au nombre de cellules neuronales infectées.


Pour la première fois, le lien entre Toxoplasma gondii et la dopamine est démontré


Jusqu'à présent, les chercheurs supposaient que le Toxoplasma gondii, le parasite responsable de la toxoplasmose, influait sur la quantité de dopamine libérée dans le cerveau des rats infectés. En effet, ils avaient déjà remarqué que le génome de Toxoplasma gondii code pour une enzyme appelée Tyrosine hydroxylase, qui est directement impliquée dans la fabrication de la dopamine.
Or, ce résultat est important car il est aujourd'hui avéré que Toxoplasma gondii modifie le comportement des rats... et peut-être aussi des humains. Chez les rats, les chercheurs ont en effet remarqué que les rats infectés ne craignaient plus les chats, lesquels sont pourtant leurs principaux prédateurs. Plus encore, ils sont même ni plus ni moins attirés par ces derniers ! Un phénomène d'autant plus intéressant que le parasite Toxoplasma gondii a absolument besoin d'entrer dans l'organisme du chat s'il veut compléter son cycle de reproduction (le chat est dit l'"hôte final" du parasite).


Un parasite manipulateur


Le parasite Toxoplasma gondii manipule-t-il le comportement des rats afin qu'ils se jettent dans la gueule du chat ? Au vu des résultats obtenus par les chercheurs britanniques, c''est probable. Et dans cette étonnante opération de manipulation, la dopamine jouerait un rôle essentiel. En effet, on sait que cette dernière joue un rôle-clé dans la recherche de situations plaisantes et dans la peur du danger. En modifiant sa quantité dans le cerveau, le parasite de la toxoplasmose augmenterait ainsi les chances de voir son hôte être dévoré par un chat, ce qui lui permettrait alors de pouvoir rejoindre son lieu de reproduction.
Et pour les êtres humains, dont on sait que 20% au moins de la population occidentale est touchée par une infection silencieuse de Toxoplasma gondii ? Si rien n'est encore certain, il semble que le parasite de la toxoplasmose soit capable, là aussi, de modifier la personnalité et les comportements de certaines personnes infectées. Une étude publiée le 11 janvier 2007 dans la revue Schizophrénia Bulletin (une publication de l'Université d'Oxford) montre que les individus de sexe masculin infectés par le parasite sont plus enclins à la méfiance et à la jalousie. De plus, ils manifestent une plus grande propension à transgresser les règles. Quant aux femmes infectées, l'effet serait tout autre : il conduirait ces dernières à une plus grande ouverture et convivialité vis à vis d'autrui, ainsi qu'à un plus grand respect des règles.
Au delà de ces possibles conséquences sur la personnalité des individus infectés, certains chercheurs pensent aussi que le parasite Toxoplasma gondii est également impliqué dans le déclenchement de la schizophrénie. En effet, une des hypothèses concernant cette maladie est que sa survenue serait causée par un dérèglement de la quantité de dopamine libérée dans le cerveau.

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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 11:13

Le virus de la leucémie bovine, présent dans le lait et la viande pourrait être en partie en cause dans le développement d’un cancer du sein, selon une nouvelle étude scientifique.

Le cancer du sein peut avoir une origine génétique et héréditaire, être lié à une surexposition aux hormones ou encore à l’hygiène de vie de chacun. Mais selon une étude parue le 2 septembre dans la revue Plos One, un virus bovin présent dans le lait et la viande pourrait aussi être en cause.

Il s’agit du virus de la leucémie bovine (bovine leukemia virus ou BLV en anglais), un virus qui peut affecter les bœufs, dans 5% des cas selon le ministère de l’Agriculture des Etats-Unis.
En sachant qu’une consommation excessive de viande rouge a été corrélée dans plusieurs études à l’apparition d’un cancer du sein, les chercheurs ont décidé d’analyser des échantillons mammaires de 239 femmes atteintes de cancer du sein. Résultat : le virus bovin a été retrouvé dans 59% des cas, contre 29% des cas chez les femmes non atteintes de cancer du sein.

Selon les auteurs, et s’il ne s’agit pour l’heure que d’une relation de corrélation, ces résultats sont significatifs. Ils seraient alors à prendre en compte autant que les autres facteurs de risque, à l’exception du risque génétique, qui est supérieur.

Un lien qui pourrait mettre l’accent sur la prévention

"L’association entre l’infection au virus BLV et le cancer du sein était surprenante, mais il est important de préciser que nos résultats ne prouvent pas que ce virus entraîne le cancer", a expliqué le Dr Gertrude Buehring, co-auteure de l’étude, dans un communiqué. "Cependant, c’est la première grande étape. Nous devons encore confirmer que l’infection au virus s’est produite avant et non après le développement du cancer, et de quelle façon."
"Si l’on prouve que le BLV peut être une cause de cancer du sein, cela pourrait changer la façon dont nous abordons le contrôle du cancer du sein", ajoute la chercheuse. "Cela pourrait mettre davantage l’accent sur la prévention du cancer du sein plutôt que sur les efforts menés pour tenter de le guérir ou de le maitriser alors qu’il est déjà présent."

Lorsqu’un bœuf ou une vache est infectée par le virus de leucémie bovine, celui-ci peut être retrouvé dans la viande mais aussi dans le lait. Mieux vaudrait donc privilégier les laits pasteurisés et les viandes cuites à point pour être sûr que le virus ne soit plus en état de nuire.

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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 16:40

Myofasciites provoquées par l’aluminium du vaccin hépatite B : le Conseil d’Etat reconnait la causalité

Dr Isabelle Catala

Paris, France -- Deux femmes, qui ont présenté des myofasciites à macrophages dans les suites d’une vaccination obligatoire par le vaccin contre l’hépatite B, doivent être indemnisées par l’état. La décision a été prise par le Conseil d’Etat fin juillet 2015 en raison d’un lien de causalité entre un vaccin à adjuvant aluminique et la pathologie diagnostiquée à la suite de la vaccination.

Un parcours du combattant

La première des deux, manipulatrice en électro radiographie, avait présenté en 1994 à la suite d’une vaccination contre l’hépatite B une asthénie et des myalgies qui ont été mises en 2003 après biopsie sur le compte d’une myofasciite à macrophages.

La seconde, auxiliaire en puériculture, a présenté des premiers signes cliniques dès 1996, à la suite elle aussi d’une vaccination contre l’hépatite B, et le diagnostic a été posé en 1998.

Les deux soignantes avaient saisi le Ministre de la santé en 2007, puis le tribunal administratif de Versailles en 2010 qui leur avait donné tort. L’appel avait été rejeté par la cour administrative d’appel en 2013.

C’est la raison pour laquelle le Conseil d’Etat a été saisi.

Une erreur de droit

Le Conseil d’Etat précise la cour a commis une erreur de droit « en écartant … l'existence d'un lien de causalité direct et certain, en l'état actuel des connaissances scientifiques, entre les lésions de myofasciite à macrophages apparues à l'emplacement des injections vaccinales et les signes cliniques tels que ceux dont Mme A...est atteinte. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens du pourvoi, son arrêt doit être annulé ».

Le montant des indemnisations reste pour l’instant très limité – 3 500 euros pour chacune – mais c’est la 7ème et 8ème fois que le Conseil d’Etat rend une décision en ce sens et désormais les patients atteints de myofasciite peuvent fonder leurs plaintes sur une jurisprudence fournie. Il est aussi possible qu’ils saisissent à nouveau le tribunal administratif pour une indemnisation plus importante calculée après estimation du préjudice.

Un lien de causalité avec l’adjuvant aluminique

Le Conseil d’Etat insiste sur le lien entre myofasciite à macrophage et adjuvant aluminique : « considérant que, dans le dernier état des connaissances scientifiques, l'existence d'un lien de causalité entre une vaccination contenant un adjuvant aluminique et certains symptômes (fatigue chronique, douleurs articulaires et musculaires et troubles cognitifs) n'est pas exclue . Il existe une probabilité suffisante pour que ce lien puisse, sous certaines conditions, être établi ».

C’est le cas par exemple « lorsque la personne vaccinée, présentant des lésions musculaires de myofasciite à macrophages à l'emplacement des injections, est atteinte de symptômes, (fatigue chronique, douleurs articulaires et musculaires et troubles cognitifs) soit postérieurement à la vaccination, soit, si certains de ces symptômes préexistaient, qu'ils se sont aggravés à un rythme et avec une ampleur qui n'étaient pas prévisibles au vu de l'état de santé antérieur à la vaccination ».

Pour les deux patientes « il ne ressort pas des expertises versées au dossier que les symptômes pourraient résulter d'une autre cause que la vaccination ».

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24 septembre 2015 4 24 /09 /septembre /2015 07:08

Même si les recommandations internationales prônent le recours à des antibiotiques à large spectre en cas de neutropénie fébrile chez les patients atteints de cancer, et si plusieurs biomarqueurs ont été proposés pour évaluer le risque infectieux de ces malades, le manque d’un indicateur fiable permettant de différencier les causes infectieuses et non infectieuses au début de l’épisode fébrile est toujours criant. L

L’avancée de la science aidant, une équipe allemande s’est axée sur cette recherche en s’appuyant sur une analyse protéomique, métabolomique et également de certains marqueurs conventionnels, chez 20 patients ayant une neutropénie fébrile sans infection prouvée et chez 28 malades ayant une neutropénie d’origine infectieuse, parmi lesquels 17 avaient une bactériémie.

Au terme de cette enquête, ils ont ainsi pu isoler 15 "candidats" (3 peptides, 6 protéines et 6 phosphatidylcholines) susceptibles d’être des marqueurs utiles pour établir l’origine de la fièvre, infectieuse ou non, lors d’une neutropénie fébrile. A noter que lors de cette sélection, les "candidats" ayant un pouvoir de discrimination au tout début de l’épisode fébrile étaient exclusivement des métabolites lipidiques et des petits peptides, alors que de 2 à 4 jours plus tard, il s’agissait de protéines de signalisation, les marqueurs potentiels étant donc fortement liés à l’évolution du processus infectieux. En tout cas, 7 de ces nominés permettaient de différencier une neutropénie sans infection d’une neutropénie en rapport avec une infection, avec une sensibilité et une spécificité supérieures à celles de biomarqueurs plus classiques, comme la procalcitonine, la protéine C réactive ou l’interleukine 6.

M.E. Richter et coll. ont aussi recherché des marqueurs de défervescence. Dans une analyse post hoc, ils ont suivi l’évolution de 4 lysophosphatidylcholines, de la thréonine et du tryptophane, ce qui a permis d’identifier les malades ayant ou non une résolution de leur neutropénie fébrile. Là encore, ces "candidats" fournissaient des indications plus précises que les marqueurs conventionnels.

Cette étude exploratoire demande bien sûr confirmation par un travail prospectif de plus grande ampleur, mais on sait désormais qu’il existe une vingtaine de biomarqueurs susceptibles d’orienter et d’améliorer la prise en charge précoce et le suivi des malades cancéreux ayant une neutropénie fébrile.

Dr Patricia Thelliez

Référence

Richter M.E. et coll. Biomarker candidates for the detection of an infectious etiology of febrile neutropenia. Infection. 2015; Publication avancée en ligne le 15 aout (DOI: 10.1007/s15010-015-0830-6).

Copyright © http://www.jim.fr

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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 06:11

Rhttp://mobile.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/cash-investigation/cash-investigation-du-lundi-14-septembre-2015_1074089.html

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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 06:07

Le Daraprim est en passe de devenir un symbole aux Etats-Unis car le cas n’est pas isolé et l’inflation du prix des génériques inquiète les politiques américains.

Inventé il y a plus de soixante ans, le Daraprim est en passe de devenir un symbole aux Etats-Unis. Indiqué dans le traitement de la toxoplasmose, une maladie infectieuse due à un parasite, ce médicament a vu son prix bondir de 13,50 à 750 dollars (de 12,1 à 673 euros) du jour au lendemain. Son fabricant, Turing, n’est pas un laboratoire comme les autres : il s’agit d’une start-up créée par un ancien gérant de hedge fund, Martin Shkreli, en vue d’optimiser la valeur de molécules anciennes, mais souvent en situation de monopole.

  • En cinq ans, le prix du Daraprim a été multiplié par 75
  • Interviewé par le New York Times, Martin Shkreli explique que cette hausse spectaculaire est justifiée par le petit nombre de patients soignés par le Daraprim, et la nécessité de réunir des fonds pour financer les recherche de nouveaux traitements, avec moins d’effets secondaires. En attendant, il devrait empocher grâce à cette vieille molécule des dizaines voire des centaines de millions de dollars. Le Daraprim est le traitement de référence pour la toxoplasmose, une maladie particulièrement dangereuse pour les personnes porteuses du VIH ou souffrant d’un cancer. Il n’existe pas de traitement alternatif à l’efficacité prouvée.

Il y a quelques années, le comprimé ne coûtait pourtant pas plus de 1 dollar. Son prix a augmenté une première fois en 2010, lorsque son inventeur, le britannique GSK, l’a cédé à CorePharma. Résultat : le chiffre d’affaires est passé en un an de 667 000 à 6,3 millions de dollars, pour 12 700 prescriptions. En 2014, après une nouvelle hausse de prix, les ventes ont atteint 9,9 millions de dollars, malgré une diminution du nombre de prescriptions (8 800).

Par Chloé Hecketsweiler 22 septembre 2015

lemonde.fr

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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 16:48

Voici une nouvelle bonne raison d'adopter le régime méditerranéen. Non seulement il protège du déclin cognitif et du syndrome métabolique mais il réduirait le risque de cancer du sein.

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Les femmes qui adoptent un régime méditerranéen enrichi en huile d'olive ont un risque plus faible de cancer du sein, selon une étude de l'Université de Navarre à Pampelune (Espagne) publiée dans la revue JAMA Internal Medicine.

Le Dr Miguel Martínez-González et son équipe ont suivi pendant 5 ans plus de 4200 femmes d'une moyenne d'âge de 67 ans, qui suivaient, soit un régime alimentaire faible en gras soit un régime méditerranéen complété avec de l'huile d'olive. A l'issue des 5 ans, les chercheurs ont constaté que les femmes qui avaient adopté le régime méditerranéen avaient 68% de risques en moins d'avoir un cancer du sein.

Pour affiner cette étude, le groupe "régime méditerranéen" a été divisé en deux sous-groupes. Dans le premier, les femmes recevaient chaque semaine un litre d'huile d'olive, à utiliser dans la cuisine quotidienne. Dans le second, elles recevaient 15 g de noix, 7,5 g de noisettes et 7,5 g d'amandes. Les chercheurs ont alors constaté qu'en matière de prévention du cancer du sein, l'huile d'olive conservait un avantage sur les noix.

Il y a un an, une autre étude avait montré que le régime méditerranéen, complété en huile d'olive extra-vierge (qui possède des propriétés anti-inflammatoires) ou en noix, avait des effets positifs sur la redistribution des graisses et la réduction du syndrome métabolique. Plus récemment, une autre étude soulignait les bienfaits de ce mode d'alimentation pour protéger des risques de déclin cognitif.

Le 15 septembre 2015 - par Catherine Cordonnier

"Le régime méditerranéen devient intéressant également pour la prévention contre le cancer. Il peut vraiment être considéré comme un modèle en matière d'alimentation santé", a affirmé Dr Miguel Martínez-González.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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