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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 23:13

A l’occasion de la Journée Mondiale de la Thrombose découvrez les explications du Professeur Mottier sur les liens entre Cancer et Thrombose.

Video

https://www.youtube.com/watch?v=WOa2eHumvLg&sns=em

Les liens entre troubles de la coagulation et cancer.
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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 03:41

Des souris soumises à un régime riche en graisses ont vécu plus longtemps et en meilleure santé que leurs congénères, selon deux études, suscitant des espoirs pour la vie humaine.

Vive le gras, à bas le trop-plein de sucre ? C’est ce qui ressort des études menées par deux équipes de scientifiques américaines, qui ont testé différents régimes alimentaires sur des souris. Le résultat, paru mardi dans la revue Cell Metabolism, est sans appel : les rongeurs ayant consommé le plus de graisses sont en bien meilleure santé.

«Ces résultats nous ont beaucoup surpris, tant le gras a mauvaise réputation, réagit auprès de Libération le professeur Eric Verdin, directeur de l’Institut de recherche Buck sur le vieillissement, situé en Californie, et auteur principal de l’une des études. Cela va nous inciter, dans les années à venir, à reconsidérer ce qu’est un bon régime alimentaire et ce qui ne l’est pas.»

Vivre jusqu’à dix ans de plus

A terme, les chercheurs voient en ce régime cétogène, riche en gras et pauvre en sucre, «un espoir d’accroître le nombre d’années en bonne santé des humains». Les scientifiques californiens ont pu observer un accroissement de 13% de la vie des souris ayant suivi le régime riche en graisses. «Soit un gain de sept à dix ans» à l’échelle d’une vie humaine.

Sens de l’orientation dans des labyrinthes, de l’équilibre sur des barres ou encore force dans des roues d’exercice… Les essais menés par les scientifiques ont mis en évidence les bienfaits des graisses sur la mémoire, mais aussi sur les conditions physiques et les capacités motrices des souris vieillissantes. «Les effets physiologiques d’une telle alimentation sont similaires au jeûne ou à de l’exercice physique», avancent les études.

Et si consommer des graisses allongeait l'espérance de vie..
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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 03:32

Pesticides : la soeur d'une victime en cassation

200 personnes ont participé dans le Médoc à une marche blanche contre les pesticides.

Marie-Lys Bibeyran, soeur d'une victime d'un cancer rare, va se pourvoir en cassation.

SOURCE AFP

Une marche blanche organisée dimanche 8 octobre en plein Médoc, région viticole emblématique, a rassemblé près de 200 personnes s'opposant à l'usage de pesticides.

"Pesticides pulvérisés, enfants exposés, santé menacée = Assez !", clamait une banderole, derrière laquelle les marcheurs ont traversé le village de Listrac-Médoc, entouré de vignobles prestigieux.

La marche était co-organisée par neuf organisations, au premier rang desquelles Collectif Info Medoc Pesticides, fondée par Marie-Lys Bibeyran, soeur d'un ouvrier viticole décédé en 2009, à 47 ans, d'un cancer contracté dix mois plus tôt, et Alerte aux Toxiques, fondée par Valérie Murat, fille d'un vigneron décédé en 2012 d'un cancer dont le caractère professionnel avait, lui, été reconnu.

Marie-Lys Bibeyran a annoncé qu'elle allait se pourvoir en cassation contre un arrêt de la Cour d'appel de Bordeaux, qui a rejeté en septembre le lien entre l'utilisation de pesticides et le cancer de son frère.

La Cour avait estimé que la famille Bibeyran n'avait pas "rapporté la preuve d'éléments établissant la réalité d'un lien de causalité entre l'exposition aux pesticides" et le cancer, un cholangiocarcinome.

Pour que la maladie professionnelle soit reconnue

Au-delà du cas de son frère, ce pourvoi "est un devoir pour tous les travailleurs des vignes, pour qui la reconnaissance de maladie professionnelle est un droit, et ne doit pas devenir une faveur", a déclaré Marie-Lys Bibeyran à l'Agence France-Presse.

"Le dossier ne peut pas se refermer comme ça", a-t-elle affirmé, assurant qu'en dépit du revers judiciaire récent, la prise de conscience anti-pesticides s'accroît dans le vignoble et dans le public, qui en a "marre de ce déni, de cette omerta".

Dominique Techer, représentant de la Confédération paysanne, associée à la marche de Listrac, a affirmé que "les mentalités dans le monde agricole ont beaucoup évolué".

"Depuis un an et demi, deux ans, de plus en plus d'agriculteurs, même en non-bio, veulent faire des programmes sans (substances) cancerogènes, mutagènes ou toxiques".

"Il y a aussi une réelle inquiétude sur l'exposition, le sort des enfants, inquiétude palpable au sein des couples d'agriculteurs", a-t-il expliqué.

Pesticides : la soeur d'une victime en cassation.
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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 21:28

L’affaire Séralini ou l’histoire secrète d’un torpillage

La parution de l’étude controversée du biologiste français Gilles-Eric Seralini, prétendant avoir montré des effets nocifs du Roundup, a provoqué une onde de choc chez Monsanto.

Qui n’a eu de cesse de faire désavouer la publication par tous les moyens.

Par STÉPHANE HOREL, STÉPHANE FOUCART

Le cauchemar de Monsanto.

C’est ce qu’est devenu Gilles-Eric Séralini, professeur de biologie à l’université de Caen, le 19 septembre 2012.

Cette évidence transparaît de la nouvelle livraison des « Monsanto papers » — ces documents internes de la multinationale de l’agrochimie rendus publics dans le cadre d’une action collective menée à son encontre aux Etats-Unis.

Ils montrent que des cadres de la firme ont manœuvré en coulisse, pendant plusieurs semaines, pour obtenir la rétractation de l’étude controversée du biologiste français.

Et qu’ils sont parvenus à leurs fins.

« Monsanto papers », désinformation organisée autour du glyphosate

On s’en souvient : ce jour-là, M. Séralini publie, dans la revue Food and Chemical Toxicology, une étude au retentissement planétaire.

Des rats nourris avec un maïs transgénique et/ou au au Roundup (l’herbicide de Monsanto à base de glyphosate) avaient développé des tumeurs énormes, aussitôt exhibées en « une » des journaux.

La couverture médiatique, considérable, est un désastre pour l’image de Monsanto et de ses produits, même si l’étude est jugée non concluante par tous les cénacles scientifiques — y compris le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) des Nations unies.

Puis, en novembre 2013, survient un événement inédit dans l’histoire de l’édition scientifique : l’étude est rétractée par la revue, c’est-à-dire désavouée a posteriori, sans aucune des raisons habituellement avancées pour justifier une telle mesure.

« Monsanto papers », désinformation organisée autour du glyphosate .

« Le Monde » montre comment la puissante firme américaine a fait paraître des articles coécrits par ses employés et signés par des scientifiques pour contrer les informations dénonçant la toxicité du glyphosate.

Par STÉPHANE FOUCART, STÉPHANE HOREL

Mémos stratégiques, courriels, contrats confidentiels…

Les « Monsanto papers » continuent de livrer petits et grands secrets.

Après un premier volet publié en juin dernier,

Le Monde s’est à nouveau plongé dans ces dizaines de milliers de pages de documents internes que le géant de l’agrochimie a été contraint de rendre publics à la suite de procédures judiciaires engagées aux Etats-Unis.

« Monsanto papers » : la guerre du géant des pesticides contre la science































Monsanto est poursuivi dans ce pays par un nombre croissant de plaignants – aujourd’hui 3 500 –, victimes ou proches de victimes décédées d’un lymphome non hodgkinien, un cancer du sang rare, et qu’ils attribuent à une exposition au glyphosate.

Ce désherbant, mis sur le marché en 1974, notamment sous le nom de Roundup, s’est imposé comme un best-seller mondial en étant l’auxiliaire essentiel des semences génétiquement modifiées pour le tolérer.

Monsanto lui doit sa fortune.

Mais à quel prix ?

Mondanto : L’affaire Séralini ou l’histoire secrète d’un torpillage.

Un article révélateur de Séralini sur le Gyphosphate...

On a tenté de réduire la crédibilité du chercheur Séralini à néant : tactique habituelle du lobbby...

Sa réponse me semble intéresante à discuter, d'autant plus que médiapart n'est pas neutre dans ce cas, et qu'il reçoit une réponse qui permet,de,relancer l'affaire a nouveau frais (même si je ne crois pas que le principal accusateur réponde de façon argumentée a cette accusation...

«Les OGM sont des éponges à herbicides»

Par Florian Erard

Gilles-Eric Séralini:

«Les études des grandes firmes sont totalement malhonnêtes.»

Le professeur Gilles-Eric Séralini juge les études toxicologiques sur les organismes génétiquement modifiés ou les pesticides peu sérieuses.

Critiques du monde scientifique, attaques de la presse, tentatives de corruption...

Il en aurait fallu plus pour déstabiliser Gilles-Eric Séralini qui revendique son attachement à une science transparente et indépendante.

Chercheur, professeur en biologie moléculaire aux universités de Caen, il est également président du Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN).

Son étude, «Toxicité à long terme d’un herbicide Roundup et d’un maïs tolérant au Roundup génétiquement modifié», a reçu un écho planétaire.

En effet, le Centre international de recherche contre le cancer (CIRC), citant ses travaux, a classé, en mars 2015, l’herbicide phare de la multinationale Monsanto au rang d’«agent probablement cancérogène», soit la deuxième marche du podium en termes de nocivité.

En 2015 toujours, deux associations scientifiques allemandes lui décernent le prix du lanceur d’alerte.

Il reçoit également, pour son dernier livre Plaisirs cuisinés ou poisons cachés, le prix Chapitre nature. Il est, avec le chef cuisinier Jérôme Douzelet, coauteur de cet ouvrage qui aborde la question des aliments transgéniques.

Cette année, le prix de Théo Colborn, qui récompense les scientifiques défendant la santé environnementale, lui a été décerné.

De passage à Genève à l’occasion de l’exposition de Greenpeace «AlimenTerre», qui sensibilise aux conséquences de l’utilisation des pesticides pour la nature, le professeur Séralini répond à nos questions.

Tout d’abord, quelles sont vos principales découvertes à l’issue de votre étude?

Gilles-Eric Séralini:

Nous avons établi que des rats, nourris avec du maïs transgénique, développaient des tumeurs cinq fois plus vite que le groupe contrôle1 recevant une nourriture parfaitement saine.

Ils présentaient aussi des dérèglements génétiques impliquant des maladies chroniques et des troubles de la respiration cellulaire.

Par ailleurs, nous avons découvert que les herbicides comme le Roundup comprenaient des produits, non déclarés, mille fois plus toxiques que le seul glyphosate, substance déclarée active par Monsanto.

Et quels seraient les risques pour l’humain?

Nos travaux évoquent des perturbations hormonales, rénales, des problèmes de fertilité et des dangers pour les femmes enceintes.

En clair, l’humanité tout entière est concernée.

En effet, 80% des organismes génétiquement modifiés (OGM) sont créés pour absorber de grosses quantités de désherbant.

Le soja ou le maïs sont des éponges, des bombes de Roundup!

Et en fin de compte, nous retrouvons ces aliments dans nos assiettes.

Comment avez-vous abouti à des résultats si alarmants?

Nous avons simplement poussé les études plus loin, ce qui n’avait jamais été fait.

Les rats, par exemple, ont été observés durant deux ans et non trois mois, comme le font les grandes firmes.

Par ailleurs, nous avons effectué des prises de sang sur nos rongeurs et étudié 100 000 paramètres, du jamais vu.

Quant au Roundup, l’étude est basée sur des doses réelles, à savoir celles que l’on retrouve dans l’eau du robinet.

Même à ces faibles quantités, une nocivité grave a pu être établie.

Vous jugez les études des grandes firmes moins sérieuses?

Elles sont totalement malhonnêtes.

Par exemple, tester le glyphosate seul est une véritable fraude.

Monsanto l’utilise comme faux-semblant. Ceci permet à la multinationale de déclarer non nocif le Roundup.

Or, dans ce produit commercialisé, nous avons détecté des poisons mille fois plus toxiques que le glyphosate lui-même.

Ces corrosifs sont obtenus à partir de fonds de cuves de pétrole brûlés, leur but étant de renforcer l’effet désherbant.

D’un point de vue environnemental et de santé publique, il faut s’en inquiéter puisque ces composants s’accumulent et ne se dégradent pas.

Ils sont donc dans nos sols, dans nos végétaux et dans nos organismes en quantité croissante.

Ils ont un effet de perturbation hormonale jusqu’à mille fois plus élevé que le glyphosate seul.

On vous reproche d’avoir étudié les effets des OGM sur des rats qui développent naturellement des cancers...

Oui, j’ai en effet essuyé cette critique, mais cette attaque est ridicule!

Aujourd’hui, à travers le monde, on compte plus de 100 000 autorisations délivrées pour des expériences avec ces rats.

Si j’ai tort, doit-on annuler tous les tests réalisés avec cette espèce?

En réalité, il est faux de dire que ces rats développent des tumeurs plus facilement.

Cela fait partie des fraudes mises au point par les grandes firmes...

En quoi consiste la «fraude» dans ce cas précis?

L’industrie des OGM prend pour groupe contrôle une base de données répertoriant les paramètres de rats enregistrés... depuis 1975, tous continents confondus: nous savons très bien que la nourriture était intoxiquée,

il y a quarante ans déjà, et que des produits dont on ne connaissait pas les effets nocifs étaient utilisés sans retenue.

Ces données historiques révèlent donc un fort taux de tumeurs chez ces rongeurs, ce qui permet aux firmes de masquer les résultats.

Elles parviennent ainsi à montrer que les rats nourris aux OGM ne développent pas plus de tumeurs que le groupe contrôle.

Ce stratagème est doublé d’une durée des expériences limitée à trois mois.

Bien évidemment, cela n’offre aucune possibilité de découvrir les effets à long terme des produits OGM.

Comme déjà dit, avec nos expériences menées sur deux ans, nous avons vu apparaître des tumeurs cinq fois plus vite chez les rats nourris aux OGM que chez ceux du groupe contrôle.

Pareil pour ceux qui buvaient du Roundup à dose infime.

Nous avons donc mené l’étude la plus sérieuse jamais réalisée.

Par ailleurs, vous avez des contradicteurs importants, telles que des agences garantes de la santé publique au sein des Etats.

Vous avez raison, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) dit que le Roundup n’est pas cancérogène.

Cependant, le travail de ces agences n’a rien de plus sérieux que celui des grandes firmes.

En effet, l’EFSA a uniquement statué sur le glyphosate, sans considérer les composants précités.

Pis, ces organes comptent souvent, parmi leurs membres, des lobbyistes qui défendent les intérêts de l’industrie, au détriment de la santé publique.

D’après moi, 60% à 80% des gens qui se disent experts sont des lobbyistes cachés.

Ce qui donne lieu à des études édulcorées.

Certaines agences sanitaires mènent des projets de recherches cofinancés par des firmes, d’autres vont même jusqu’à se contenter des études réalisées par les firmes elles-mêmes.

Avez-vous déjà vu ces lobbyistes à l’œuvre?

Plus d’une fois!

J’ai été approché par des agences.

On m’a proposé un salaire de 2000 dollars de l’heure pour effectuer des expertises favorables à l’industrie.

Par ailleurs, le bureau éditorial de la revue Food and Chemical Toxicology, qui avait publié mon étude sur le maïs transgénique et les rats, a été «infiltré» par un ancien de Monsanto.

Son arrivée a engendré la demande de retrait de ma publication au motif, notamment, que le rapport entre les rongeurs testés et ceux du groupe de contrôle (cent quatre-vingts rats testés pour vingt rats contrôles, ndlr) ne permettait pas d’adopter mes conclusions.

Autre fait intéressant, la page Wikipédia qui me concerne est sans cesse modifiée, j’assiste à une véritable guerre sur internet.



Vous avez également essuyé des attaques par voie de presse...

C’est exact.

Un journaliste de Marianne, contre lequel j’ai porté plainte pour diffamation (le professeur Séralini a obtenu gain de cause en novembre 2015, le journal et l’auteur de l’article ayant été condamnés, ndlr), a publié un article exprimant de sérieux doutes quant à mon étude sur les OGM.

Il avait évoqué des résultats écrits d’avance et une méthodologie servant à les conforter, le tout en concluant que mon travail constituait une fraude.

Derrière tout cela, j’ai détecté la main d’un lobbyiste proche de Monsanto, connu pour avoir plaidé en faveur de la non-cancérogénicité du tabac dans les procès contre Philipp Morris.

Que préconisez-vous pour remédier à la malhonnêteté scientifique que vous dénoncez?

Je réclame davantage de transparence.

Les protocoles, la taille des échantillons, les résultats des prises de sang, les études ayant servi aux autorisations: tout baigne dans l’opacité la plus totale pour l’instant.

Pourquoi toutes les analyses des industriels ne sont-elles pas publiées?

Par ailleurs, je revendique des études réalisées à long terme, en mobilisant les produits aux doses réelles, à savoir celles qu’on trouve dans nos assiettes, dans l’eau du robinet, dans la nature.

Ce n’est qu’à ces conditions que nous pouvons espérer obtenir un changement.

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Mondanto : L’affaire Séralini ou l’histoire secrète d’un torpillage.
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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 20:54

Lorsqu'il a infecté un organisme, le virus de l'herpès peut y rester toute sa vie, bien installé dans le noyau des neurones.

Une équipe de recherche américaine vient de décrypter la stratégie développée par ce parasite pour atteindre rapidement le cerveau.

Le virus herpès simplex, ou HSV, est un virus contagieux qui touche de nombreuses personnes.

En France, un tiers des adultes serait atteint, soit près de 17 millions de personnes.

Ce virus provoque habituellement de légers symptômes comme des vésicules sur la bouche, le visage et les organes génitaux.

Chez les personnes immunodéprimées, il peut également être responsable d'infections graves, voire mortelles, telles que des encéphalites.

Lorsqu'un individu est infecté par le virus, il l'est généralement toute sa vie. En effet, le virus peut facilement échapper au système immunitaire et persister de façon dormante dans les neurones.

Comment arrive-t-il dans le cerveau ?

Des chercheurs américains de la Northwestern University Feinberg School à Chicago ont décrypté sa stratégie.

Leurs travaux ont été publiés dans la revue Cell Host and Microbes.

Il existe deux types de virus herpès simplex : le HSV-1 principalement responsable des herpès oraux faciaux, et le HSV-2 qui provoque majoritairement de l'herpès génital.

Pour comprendre, il faut en revenir aux caractéristiques du virus de l’herpès.

Il appartient à la famille des herpesviridés qui contiennent de l’ADN double brins. Lors de l'infection d'une cellule,

l'ADN viral entre dans le noyau et utilise la machinerie cellulaire présente.

La cellule piratée se met alors à produire de nombreuses particules virales (jusqu’à 10.000), qui sont ensuite expulsées et peuvent aller infecter d’autres cellules.

Le HSV s'accroche aux microtubules

Pour que le cycle de multiplication virale ait lieu, le virus doit trouver le moyen de s’introduire dans le noyau des cellules.

Et quoi de mieux que d’utiliser une porte d’entrée déjà mise en place par les cellules ?

C’est en tout cas la tactique pour le moins ingénieuse qu’a mis au point le HSV.

Le squelette de nos cellules, ou cytosquelette, est composé de fibres appelées microtubules. Ils permettent d’acheminer divers éléments tels que des vésicules, des protéines et des organites à l’intérieur ou à l’extérieur du noyau.

Ces microtubules sont particulièrement abondants dans les neurones.

Le transport des composants cellulaires dans les microtubules est réalisé par des moteurs moléculaires appelés les dynéines.

Ce sont des complexes protéiques qui s’associent aux microtubules et permettent le déplacement des vésicules.

La vidéo ci-dessous schématise le fonctionnement de ces dynéines.

Modélisation du fonctionnement des dynéines.

Ces moteurs cellulaires se déplacent le long des microtubules (en gris) et entraînent le transport des organites à l'intérieur de la cellule.

Les auteurs de cette étude ont démontré que le virus de l’herpès pouvait s’associer aux dynéines, par le biais de la protéine virale appelée VP1/2.

Une fois attachées à ce moteur moléculaire, les particules virales sont directement projetées dans le noyau.

Le virus détourne donc le fonctionnement de la cellule à son avantage : en s’attachant au moteur cellulaire, il peut rapidement infecter les cellules et parvenir jusqu’au cerveau.

Selon Gregory Smith, directeur de ces travaux « cette astuce est la première du genre à être mise en évidence ».

Ce mécanisme viral pourrait être utilisé et copié en médecine régénérative.

En effet, les chercheurs envisageraient de se servir du virus de l’herpès comme outil pour insérer des gènes dans les cellules nerveuses.

Bien que des études soient encore nécessaires, cette technologie serait susceptible de faire avancer la recherche de traitements contre les maladies neurodégénératives telles qu’Alzheimer ou Parkinson.

Comment le virus de l'herpès s'en prend au cerveau.
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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 20:38

La découverte en 1959 du "sommeil paradoxal", sorte de troisième état du cerveau, avait ouvert la porte sur un domaine entièrement nouveau puisque auparavant, seuls deux états étaient censés exister, le sommeil et l'éveil.

Michel Jouvet "était toujours à l'affût des nouvelles recherches, même s'il était très fatigué depuis un an", a déclaré à l'AFP son fils, Philippe Jouvet. Interne en neurologie à Lyon dans les années 50, il séjourne aux États-Unis pour se former et débute ses recherches sur le sommeil. Il étudie l'activité cérébrale d'animaux durant l'éveil et le sommeil, en leur plaçant des électrodes.

La classification du sommeil



"Je me suis rapidement rendu compte qu'il y avait, à côté des phases de sommeil dit lent (déjà décrit), des périodes d'activité rapide qui ressemblaient à l'éveil alors que l'animal ne semblait pas éveillé", racontait-il au Point en 2014.

Cet état s'accompagne toutefois d'une absence de tonus musculaire:

"C'était donc différent de l'éveil, malgré la présence de mouvements oculaires.

C'est pourquoi j'ai parlé de sommeil paradoxal.

Et on s'est très vite aperçu que cela correspondait au moment des rêves".

En 1961, il établit la classification du sommeil en différents stades: sommeil lent ("télencéphalique", caractérisé par des ondes lentes sur les tracés d'électroencéphalographie) et sommeil paradoxal ("rhombencéphalique"), durant lequel sont enregistrés des mouvements oculaires rapides (d'où son nom en anglais de REM-sleep,

REM pour "rapid eye movements").

Médaille d'or du CNRS, Michel Jouvet, qui aurait eu 92 ans le 16 novembre et a longtemps dirigé un laboratoire de l'Inserm à Lyon, avait publié plusieurs livres sur le sommeil et les rêves.



Retrouvez le portrait que lui avait consacré Sciences et Avenir en 2013 :

Michel Jouvet : le portrait publié par Sciences et Avenir by LascarO.Lascar on Scribd

Mort de Michel Jouvet, le pape du rêve et du sommeil.
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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 19:04

Arnaud Lefebvre 4 octobre 2017

En Chine, à Xi’an, dans la province du Shaanxi, un robot dentiste a effectué une première chirurgie d’implants de manière autonome en fixant deux nouvelles dents à une femme, ont rapporté plusieurs médias.

Même si des membres du personnel médical étaient présents lors de l’opération, le robot dentiste n’a eu recours à aucune intervention humaine.

Le personnel n’a eu aucun rôle actif pendant le placement des implants.

La procédure a duré une heure et les implants ont été installés avec une marge d’erreur de 0,2-0,3 mm, soit la norme requise pour ce genre d’opération, ont expliqué les experts.

Cette technologie a été conçue afin de remédier à la pénurie de dentistes qualifiés en Chine et surmonter les fréquentes erreurs chirurgicales.







Impression 3D

Le robot dentiste a été développé pendant 4 ans par l’hôpital stomatologique affilié à la Quatrième université militaire de médecine et par l’institut robotique de l’Université Beihang à Pékin.

Cette machine combine l’expertise des dentistes et les avantages de la technologie, a expliqué le Dr Zhao Yimin, principal spécialiste en réadaptation orale du continent.







Les dents artificielles ont été créées par impression 3D.

Avant l’opération, le personnel avait installé un équipement d’orientation pour la patiente. Ils ont ensuite programmé le robot pour qu’il puisse se déplacer de manière correcte et ont déterminé l’angle, les mouvements et la profondeur nécessaires pour s’adapter aux nouvelles dents à l’intérieur de la cavité buccale de la patiente.

Le robot a ainsi pu effectuer les ajustements adéquats en fonction des mouvements du patient.

Video

https://youtu.be/DcKFLYPBLl8





Envoyé de mon iPhone

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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 18:55

Une étude publiée par la revue médicales Annals onf Rheumatic Diseases a révélé que spondyloarthrites, une maladie articulaire inflammatoire est directement liée à la présence de la bactérie Ruminococcus gnavus dans la flore intestinale.

Cette maladie articulaire se caractérise par l’inflammation chronique des articulations du bassin et de la colonne vertébrale.

Chef du service de rhumatologie à l’hôpital Ambroise Paré et professeur de rhumatologie s’étant spécialisé dans les rhumatismes inflammatoires et en particulier des SpA (spondyloarthrites), le Dr Maxime Breban précise qu’ « Un grand nombre de données anciennes suggèrent qu’il pourrait y avoir un lien entre l’intestin et ces maladies. Il y a par exemple 20 fois plus de maladies inflammatoires de l’intestin chez les patients atteints de SpA que dans la population générale.

»



Les patients de SpA atteints d’un déséquilibre intestinal



Les résultats ont été clairs : la dysbiose intestinale (déséquilibres des bactéries) est plus observée chez les malades atteints de SpA ou de PR contrairement aux témoins sains.

Les scientifiques ont surtout constaté la forte présence des bactéries Ruminococcus gnavus chez les patients ayant de la SpA.

L’étude conclue en affirmant : »Nous nous sommes rendus compte que l’activité de la SpA était corrélée avec la proportion de R. gnavus retrouvée dans les selles.

L’hypothèse est donc qu’une dysbiose qui favoriserait la présence de cette bactérie pourrait engendrer des maladies inflammatoires articulaires. »

La spondyloarthrites causée par une bactérie intestinale.
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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 17:26

Le prix Nobel de médecin 2017 vient d'être décerné à trois chercheurs qui ont mis en lumière les mécanismes fondamentaux de l'horloge interne des animaux.

Tous, humains compris, suivent des activités biologiques périodiques et prévisibles, et une altération de ces rythmes est maintenant considérée comme pathogène.

En 2015, des chercheurs démontraient que trois mois consécutifs de perturbations des cycles jour-nuit suffisent pour induire un vieillissement cellulaire prématuré et un état prédiabétique chez un rongeur diurne.

Communiqué du CNRS paru le 12 novembre 2015



Le travail posté ou des voyages aériens longs et fréquents sont des conditions socioprofessionnelles devenues fréquentes.

Ces situations provoquent des expositions à la lumière pendant la période habituelle de repos, ainsi que des horaires de sommeil et de repas irréguliers.

De nombreuses études épidémiologiques montrent que de telles conditions de désynchronisation circadienne favorisent l’apparition de troubles métaboliques, tels que le diabète de type 2, l’obésité et les maladies cardiovasculaires.

Chez les rongeurs nocturnes, l’altération expérimentale des rythmes circadiens a été souvent associée à une adiposité augmentée, une intolérance au glucose et une diminution de la réponse immunitaire.

Cette observation est intrigante car ces mêmes symptômes sont typiquement observés lors du vieillissement biologique.

En effet, des perturbations circadiennes à long terme ou des déficiences génétiques affectant les horloges circadiennes conduisent à une espérance de vie raccourcie des rongeurs.

Ces observations suggèrent que la désynchronisation des horloges circadiennes pourrait accélérer les mécanismes de vieillissement, qui, à leur tour, participeraient à l’apparition de troubles métaboliques.

Pour tester cette hypothèse, une équipe de l’institut des Neurosciences cellulaires et intégratives a choisi d’étudier le rat roussard (Arvicanthis) en collaboration avec une équipe d’écologistes de l’institut Pluridisciplinaire Hubert Curien, spécialisée dans l’étude de la diversité et de l’évolution des longévités animales.

Ce rongeur diurne est élevé au Chronobiotron de Strasbourg, une plateforme d’expérimentation animale spécialisée dans l’étude des rythmes biologiques.

L’intérêt expérimental du rat roussard réside dans le fait que les rongeurs diurnes, actifs durant la journée comme les humains, sont de meilleurs modèles animaux que les rongeurs nocturnes habituellement utilisés pour étudier les liens entre pathologies humaines et rythmes circadiens.

Représentation schématique de l’impact du « jet-lag » (décalage horaire) chronique sur le vieillissement d’un rongeur diurne.

La désynchronisation est induite par un protocole de jet-lag chronique qui consiste en une perturbation du cycle lumière-obscurité pendant trois mois.

La désynchronisation est mesurée grâce à l’enregistrement de l’activité des animaux (représentation schématique sous forme d’actogramme, où chaque barre noire représente une période d’activité).

Il en résulte une diminution des télomères, signe de vieillissement cellulaire, et un état prédiabétique caractérisé par une intolérance au glucose (représentation schématique des différences obtenues).

Des raccourcissements précoces des télomères

Les équipes strasbourgeoises démontrent qu’un décalage horaire chronique (modification bihebdomadaire des cycles lumière obscurité) pendant trois mois consécutifs seulement, provoque à la fois un état prédiabétique (intolérance au glucose) et des changements cellulaires normalement observés au cours du vieillissement biologique.

Plus particulièrement, il s’agit d’un raccourcissement précoce de la longueur d’une séquence spécifique de l’ADN située au niveau des télomères qui protègent les extrémités non-codantes des chromosomes et qui sont perdus progressivement avec l’âge.

Autrement dit, ces résultats révèlent que la désynchronisation circadienne entraîne un vieillissement cellulaire prématuré.

Parmi les pistes mécanistiques étudiées, le raccourcissement des télomères chez les animaux désynchronisés ne semble pas attribuable à une augmentation du stress oxydatif.

En revanche, l’expression de sirtuine 1 (SIRT1), une enzyme impliquée dans de nombreux processus intracellulaires et qui possède le double rôle d’interagir avec les horloges circadiennes moléculaires et de protéger les télomères, est réduite.

Ainsi, chez les animaux jeunes soumis à la désynchronisation circadienne expérimentale, SIRT 1 est présente à un niveau intermédiaire entre les animaux jeunes et les animaux âgés, non-désynchronisés.

La diminution de l’expression de SIRT1 fournit donc une première explication plausible du raccourcissement accéléré des télomères chez les animaux désynchronisés.

Des recherches complémentaires seront nécessaires pour mieux comprendre la nature exacte des mécanismes mis en jeu, mais ces travaux publiés dans la revue FASEB Journal ouvrent maintenant la voie à une étude approfondie des acteurs cellulaires et moléculaires impliqués dans l’impact de la désynchronisation circadienne sur le vieillissement.

Ils soulignent également la nécessité de développer des traitements préventifs chez les personnels sujets à des désynchronisations chroniques des rythmes circadiens.

Chronobiologie : le travail posté est préjudiciable à la santé.
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8 octobre 2017 7 08 /10 /octobre /2017 15:39

Glyphosate : le pire scandale sanitaire du XXIe siècle















Neuf ans après "le Monde selon Monsanto",

Marie-Monique Robin publie une nouvelle enquête explosive sur le produit phare de la firme, le Roundup.

De nombreuses études scientifiques montrent que l'herbicide, à base de glyphosate, est encore plus dangereux qu'on ne le supposait…

Par Arnaud Gonzague et Caroline Michel

"Cela fait dix ans que nous crions dans le désert.

Peut-être qu'enfin nous allons être entendus ?"

Difficile d'imaginer, à les voir ainsi souriants et déterminés, les épreuves qu'ont traversées Sabine et Thomas Grataloup pour sauver leur fils, Théo.

Ce petit garçon à l'air si sage et aux grands yeux bleus est né, en 2007, avec un œsophage tronqué et une trachée malformée.

A 4 mois, Théo subissait une trachéotomie.

Opération suivie par 51 autres.

Pendant les cinq premières années de sa vie, il a eu un tube plongé dans son cou.

Aujourd'hui sauvé et scolarisé normalement, Théo ne peut pas respirer par le nez, pas prendre de douche ni se baigner et, comme ses cordes vocales ne fonctionnent pas,

il s'exprime d'une voix étranglée produite par son œsophage.

"Notre fils a été empoisonné" : une famille attaque Monsanto en justice

Les parents de Théo sont convaincus que leur fils a été empoisonné dans le ventre de sa mère quand elle a vaporisé un générique du Roundup, le désherbant phare de Monsanto, dans leur manège à chevaux (ils s'occupent d'une agence de voyages équestres à Vienne, près de Lyon).

http://m.nouvelobs.com/societe/20171003.OBS5502/glyphosate-le-pire-scandale-sanitaire-du-xxie-siecle.html?xtref=http%3A%2F%2Fm.facebook.com#http://m.facebook.com

"Notre fils a été empoisonné" :

une famille attaque Monsanto en justice



Les parents du petit Théo, né avec de graves malformations, font un recours en justice contre Monsanto.

Une première en France, qui couronne dix années de lutte plus qu’éprouvantes.

Par Arnaud Gonzague

Quand on lui parle de l’hôpital de Lausanne, les yeux bleus de Théo flamboient :

"A Lausanne, il y avait un étage entier pour faire de la voiture à pédales…

"



Alors oui, bien sûr, à l’hôpital Necker à Paris, où il pénètre en cette matinée de septembre en compagnie de son père Thomas, "les médecins sont gentils".

Mais la voiture à pédales helvète, tout de même...

A seulement 10 ans, Théo Grataloup sait comparer en connaisseur la qualité d’accueil des unités de soins pédiatriques : les deux rendez-vous qu’il a aujourd’hui avec un phoniatre et un anesthésiste sont en effet destinés à préparer sa…

52e opération chirurgicale.

La suite après cette publicité



Sabine, Thomas et Théo Grataloup.

Une famille en lutte contre Monsanto. (Hugo Ribes pour "l'Obs")

Ce petit garçon aux airs sages est né le 2 mai 2007 avec deux graves malformations : la première s’appelle "atrésie de l’œsophage".

En clair, une interruption du tuyau qui relie le pharynx (le haut de la gorge) et l’estomac.

Chez lui, le tuyau qui partait de l’estomac se rattachait aux poumons, une anomalie qu’une très complexe opération (un œsophage de bébé mesure 5 cm de longueur pour le diamètre d’une mine de crayon) a corrigée.

Trou dans la gorge

L’autre souci est une malformation de la trachée qui lui a imposé, dès l’âge de 4 mois, une trachéotomie, que Théo nomme "mon trou dans la gorge".

Cet orifice rose, large comme une empreinte digitale, est visible quand il soulève la petite collerette de tissu blanc qui lui recouvre le cou.

De sa vie, Théo, reconnu invalide à plus de 80%, ne pourra jamais respirer par le nez, devra éviter les aliments "secs" comme le riz, ne pourra prendre ni douche ni bain – si un peu d’eau pénétrait dans le trou, elle emplirait illico ses poumons.

Et, comme ses cordes vocales sont hors service, il parlera toujours avec une drôle de voix étranglée, dite "voix œsophagienne" : une espèce de rot parlé qu’aucun enfant au monde ne maîtrise aussi bien que lui.

"C’est comme ça, je suis né comme ça", lâche Théo, fataliste, en se replongeant dans le tome 1 des "Chevaliers d’Emeraude", un roman pour les collégiens dont il raffole.

Mais ses parents, Sabine et Thomas, ne sont pas aussi philosophes que lui.

Pour eux, ces malformations ont un coupable : le Roundup, l’herbicide de Monsanto.

Ils intentent d’ailleurs une action en justice contre le géant américain des pesticides pour que le préjudice du petit Théo soit reconnu, et que le Roundup cesse d’être commercialisé.

Cauchemar

Selon Sabine Grataloup, les tourments de Théo datent d’un jour de l’été 2006.

Cette grande femme de 46 ans à la voix douce, qui dirige avec son mari une agence de voyage à Vienne (Isère), raconte :

"J’ai pulvérisé du Glyper [un générique du Roundup, NDLR] pour désherber la carrière de sable pour les chevaux qui se trouve à côté notre maison.

Quand j’ai fini, j’avais mal à la tête et un arrière-goût chimique dans la bouche.

Le parfum de glyphosate ne m’a pas quittée, même après une douche."

Son regard se voile alors d’un regret :

"J’étais enceinte de trois à quatre semaines, mais je ne le savais pas…"

A ce stade de la grossesse, celui de la "morphogenèse", l'œsophage et la trachée du fœtus sont en formation.

Les Grataloup sont convaincus que Théo a été empoisonné à ce moment précis dans le ventre de sa mère.

Car à la base du Roundup, il y a un principe actif : le glyphosate.

A cette substance chimique, la journaliste Marie-Monique Robin (qui a révélé au grand public l'histoire tragique de la famille Grataloup) consacre un accablant documentaire,

"Le Roundup face à ses juges", diffusé sur Arte le 17 octobre prochain à 20h55, et un livre (1).

Elle y rappelle entre autres que le glyphosate est pointé du doigt par des scientifiques pour ses effets tératogènes, c'est-à-dire qui provoque des malformations du fœtus.

C’est du reste ce qu’a immédiatement suggéré le chirurgien qui a opéré le garçon à la naissance.

Thomas se souvient :



"Il nous a demandé si nous avions été en contact avec des pesticides chimiques.

Nous avons répondu par la négative : pour nous, le Glyper n’était pas un pesticide, mais un produit biodégradable."

Et les parents d’incriminer l’anodine publicité du Round Up montrant un chien enterrer un os et le récupérer, intact et bon à croquer après que l’herbicide a été pulvérisé – publicité reconnue comme "mensongère" par le tribunal correctionnel de Lyon en 2007 (verdict confirmé en 2013).

Ce n’est qu’à l’été 2008, quelques mois après la naissance de Théo, au moment où Sabine s’apprête à réutiliser le bidon de Glyper, qu’elle a le déclic :

"Je comprenais soudain le cauchemar qu’on vivait."

Cauchemar : le mot n’est pas trop fort.

A peine né, Théo avait viré au bleu et avait dû être opéré d’urgence.

Une sonde gastrique lui est posée, qui le nourrira pendant presque six ans.

Pour qu'il puisse respirer, à 4 mois, on lui perfore la gorge pour y planter une canule – un tube en plastique, qu’il conservera pendant cinq ans.

Mais une canule ne garantit pas la "survie" (un terme qui revient souvent dans la bouche des Grataloup).

Car elle a le défaut de se boucher régulièrement à cause des mucosités que la gorge produit et qu’il faut aspirer. Thomas se souvient :

"Pendant cinq ans, nous avons dû nous lever toutes les nuits tous les trois quarts d’heure pour aspirer les mucosités – l’aspirateur faisait un bruit fou ! – et changer la bonbonne gastrique.

C’était une torture pour Théo et pour nous…"

Plus tard, il faudra changer, quatre à cinq fois par jour, le filtre de la canule en un éclair, pour que l'enfant ne s’asphyxie pas.

Formés aux soins d’urgence, les parents vivent plusieurs années dans une tension permanente : ils savent que le moindre pépin de canule fera perdre connaissance à Théo et qu’il peut mourir asphyxié en une poignée de secondes.

Réoxygéné d'extrême justesse

Sabine et Thomas narrent ainsi un souvenir particulièrement éprouvant, où Théo, bleu foncé, a été réoxygéné d’extrême justesse sous les yeux ronds de sa grande sœur Alicja, alors toute fillette, incapable de comprendre ce qui se passait.

La vigilance des parents Grataloup est d’autant plus vive que le petit garçon ne peut, jusqu’à l’âge de 4 ans, alerter personne, car son larynx ne produit pas le moindre son.

Thomas raconte :



"Quand il pleurait, il était comme un bébé que vous voyez pleurer à la télé après avoir coupé le son."







Mais pas question pour la famille qu’il soit traité différemment des autres : le petit apprend d’abord la langue des signes, puis maîtrise la voix œsophagienne. Il rejoint la maternelle du quartier comme tous les enfants de son âge.

Sabine distribue alors à tous les adultes le "mode d’emploi de Théo", pour intervenir en cas de problèmes, mais comme elle est la seule vraiment compétente pour le faire, elle transformera le couloir de l’école en bureau…

Pendant ce temps, Thomas fait tourner leur agence de voyage comme il le peut.

Ecolos illuminés

Surtout, les Grataloup se demandent comment faire opérer leur fils du larynx et le débarrasser ainsi de cette maudite canule, mais personne, parmi les professionnels n’a de réponse.

Sabine explique :

"On a avalé des études en anglais incompréhensibles sur la chirurgie laryngée infantile, pour savoir quoi faire.

Et on a trouvé l’un des deux spécialistes mondiaux à Lausanne."



Théo désormais hors de danger – même si, au fur et à mesure qu’il grandit, nul ne sait si les "bricolages" des chirurgiens sur sa trachée et son œsophage n’occasionneront pas de problèmes –, les Grataloup se tournent vers la justice.

"On n’est pas des écolos illuminés",

martèle Sabine :

"J’ai travaillé longtemps dans l’industrie chimique et je n’en ai pas honte.

Si l’on attaque Monsanto, c’est parce que cette situation de déni est inacceptable."

Elle confesse avoir été "naïve" au début :

"On a écrit au siège de Monsanto pour l’informer de nos problèmes.

Nous étions persuadés qu’ils ignoraient la dangerosité de leur glyphosate !"

N’ayant reçu aucune réponse de la multinationale, et uniquement des lettres stéréotypées de la part de l’Elysée (époque Sarkozy), de Matignon (époque Fillon) et de la Santé (époque Bachelot), dûment alertés, elle se décide à passer à l’action judiciaire.

"Il faut que notre exemple serve à d’autres !"

Théo aimerait pratiquer le canoë-kayak. Ses parents ne savent pas comment lui dire qu’avec les risques de noyade qu’il encourt, il n’en fera pas. Jamais.

Arnaud Gonzague

Glyphosate : le pire scandale sanitaire du XXIe siècle Neuf ans après "le Monde selon Monsanto",
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