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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 07:28

Les benzo, un exemple d'addiction collective...

Les benzo, un exemple d'addiction collective... Dr GA Pelouze.
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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 07:22

Doit-on rendre obligatoires tous les traitements dont le bénéfice/risque est favorable ?

https://www.facebook.com/guy.pelouze/posts/10154796233708435

Doit-on rendre obligatoires tous les traitements dont le bénéfice/risque est favorable ?

J'imagine qu'il en soit ainsi, tous les médicaments ayant un bénéfice risque favorable deviennent obligatoires.

Il n'y aurait plus aucune responsabilité médicale ni industrielle, l'État mettrait du même coup à la charge des payeurs de taxes toutes les complications après avoir mis à leur charge toutes les prescriptions.

Un monde collectiviste et orwellien. Je sais qu'ils en rêvent...

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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 07:16

Pour ses 10 ans, le centre NeuroSpin de Saclay se dote de l’instrument le plus puissant au monde de recherche humaine avec son aimant de 11,7 teslas.

Les chercheurs espèrent prouver l’existence d’un code neural, et ainsi mieux comprendre les pathologies neurologiques.

Son périple aura duré trois semaines.

Ce cylindre imposant de 5 mètres de diamètre sur 5 mètres de long a été acheminé par convoi exceptionnel, puis péniche spéciale, depuis l’usine Alstom-GE de Belfort jusqu’à NeuroSpin, au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) de Saclay (Essonne). Livré fin mai, après une décennie de conception, cet aimant géant unique au monde destiné à explorer le cerveau humain est désormais aux mains d’une équipe de plus de 170 chercheurs prête à le mettre en route. Le 6 juillet 2017,

il a été montré à la presse, lors d'un événement auquel participait Sciences et Avenir - voyez nos entretiens filmés à cette occasion avec l'ingénieur magnétisme Lionel Quettier et la directrice de l'Institut de recherche fondamentale sur les lois de l'Univers du CEA, CEA-Irfu.

Ce scanner IRM (imagerie par résonance magnétique) à 11,7 teslas (voir lexique en gris, à la fin de cet article) est la pièce maîtresse du projet franco-allemand Iseult (lire l’encadré p. 78), fruit d’une collaboration entre le CEA,

Guerbet (fabricant d’agents de contraste pour l’imagerie), l’université de Fribourg (Allemagne) et le constructeur Siemens. "Grâce à lui, nous espérons décrypter le “code neural” du cerveau, par analogie avec le code génétique", s’enthousiasme Denis Le Bihan, fondateur et directeur de NeuroSpin qui, avec ce nouvel instrument de recherche, fête dignement ses 10 ans.

"Cette machine vient combler un manque. Les neurosciences en avaient besoin », explique le scientifique.

Rappelons qu’un scanner IRM - tel qu’on en trouve dans de nombreux hôpitaux et cliniques - permet de visualiser les « tissus mous » (riches en eau) grâce à la création d’un champ magnétique puissant et homogène.

"Les scanners IRM “standards” de 1,5 à 3 teslas permettent d’observer le cerveau humain à une échelle millimétrique, c’est-à-dire de millions de neurones, poursuit Denis Le Bihan.

À l’autre bout du spectre, nous disposons aussi à NeuroSpin, pour la recherche, d’un scanner IRM 17 teslas qui permet de voir les neurones de manière individuelle chez l’animal (le diamètre intérieur disponible n’étant que de 8 centimètres).

Il nous manquait une échelle intermédiaire".

Découvrir la structure spatiale interne du cortex

Depuis les années 2000, Denis Le Bihan et les chercheurs du CEA se sont donc attelés à imaginer ce nouveau concept d’IRM.

"Il nous fallait un instrument donnant accès chez l’humain à l’échelle dite mésoscopique, c’est-à-dire des images d’une résolution d’un dixième de millimètre, soit quelques milliers de neurones", poursuit le chercheur.

Car c’est uniquement à cette échelle que l’on pourra explorer précisément la structure du cortex, cette fine couche plissée qui recouvre les deux hémisphères du cerveau, siège de nos fonctions cognitives.

"L’objectif est de découvrir la structure spatiale interne des “unités fonctionnelles” du cortex, ses briques élémentaires".

Pendant un siècle, à la suite du neurologue allemand Korbinian Brodmann, les chercheurs ont découpé ce cortex en 52 aires environ, appelées « aires de Brodmann », chacune correspondant à une fonction donnée.

Ce concept a été révisé en 2016, grâce à l’étude par IRM 3 T d’un consortium américain du Human Connectome Project, qui a montré que ces régions fonctionnelles seraient plutôt… près de 200 !

Denis Le Bihan estime qu’il pourra aller plus loin grâce au nouveau scanner. Il devrait permettre de visualiser l’agencement spatial des neurones dont - selon son hypothèse - le nombre, la forme et les connexions varient brutalement d’une aire à une autre.

Puis d’observer comment cette organisation spatiale « code » pour une fonction cérébrale élémentaire.

Cela constituerait un « code neural » du cerveau, présent chez d’autres espèces animales.

"On conçoit de ce fait le potentiel du scanner IRM 11,7 T pour comprendre, voire traiter, certaines affections neurologiques ou psychiatriques", assure le chercheur.

Un avis partagé par Jeff Duyn, spécialiste de l’imagerie aux National Institutes of Health (NIH) de Bethesda (États-Unis) :

"On observe des lésions corticales dans la sclérose en plaques (SEP), un épaississement du cortex moteur dans la sclérose latérale amyotrophique (SLA) ou un affinement dans la maladie d’Alzheimer.

Ces changements seront beaucoup plus faciles à caractériser grâce à cet instrument", assure-t-il.

Même attente chez Denis Le Bihan :

"Grâce à la haute résolution des images, nous espérons visualiser les premières plaques amyloïdes caractéristiques de la maladie d’Alzheimer. Cela permettrait un diagnostic très précoce".

Vérifier son homogénéité et sa stabilité



En attendant, l’IRM 11,7 T va devoir faire ses preuves.

Une fois l’installation réussie, l’équipe de NeuroSpin va ainsi augmenter progressivement le champ magnétique dans les mois à venir pour atteindre la puissance voulue.

Puis vérifier qu’il est bien homogène et stable, sans quoi les images risquent d’être inutilisables.

Et - surtout - croiser les doigts pour que l’instrument ne subisse pas la même mésaventure que feu son homologue américain.

Car les États-Unis avaient eux aussi tenté l’aventure ! Siemens, associé au constructeur américain Agilent Technologies, avait livré en 2011 aux NIH une IRM 11,7 T d’un diamètre étroit, 68 centimètres.

"Le système a été opérationnel pendant quelques semaines… jusqu’à ce que l’aimant “quenche”", rapporte Jeff Duyn.

Le « quench », c’est la perte de l’état supraconducteur de l’aimant.

Il se traduit par un brusque échauffement local et le passage brutal de l’hélium liquide (qui sert au refroidissement) à l’état gazeux.

Cet incident est la hantise des concepteurs d’aimants car il les endommage.

Cela se produit en cas d’interaction trop forte entre l’aimant et des courants électriques (dits de Foucault) induits par une autre partie du scanner, les bobines de gradient.

"Cette interaction provoque un échauffement local de l’aimant, explique Cyril Poupon, chef du laboratoire de résonance magnétique nucléaire du CEA, à NeuroSpin.

Si l’ouverture du cylindre est trop petite, l’interaction devient trop forte, l’aimant s’échauffe et on risque le quench".

C’est ce qui se serait produit avec l’instrument des NIH, dont l’ouverture de 68 centimètres était « trop juste » selon Denis Le Bihan.

C’est pourquoi il avait demandé dans le cahier des charges initial une ouverture du cylindre de 90 centimètres, afin de limiter le risque.

Si tout fonctionne, il s’agira ensuite pour NeuroSpin d’obtenir l’autorisation de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) d’introduire le premier volontaire humain dans la machine.

"Comme nous sommes pionniers, cela risque d’être un peu long, admet Cyril Poupon.

Nous espérons le feu vert pour 2019".

Éviter l’échauffement des zones cérébrales

Car un autre écueil doit être évité :

l’échauffement… du cerveau produit par les ondes radiofréquences utilisées. Il est généralement admis par les instances régulatrices internationales que l’échauffement local dans la tête d’un sujet passant en IRM ne doit pas dépasser 1°C.

Or, "l’échauffement dépend du carré de la fréquence des ondes qui est directement liée au champ magnétique, rappelle Denis Le Bihan.

En passant de 3 à 11,7 T on multiplie le champ, donc la fréquence des ondes utilisées par presque quatre (de 125 à 500 MHz) et l’échauffement par 16 ! » La solution :

« Les ondes radiofréquences seront émises par 12 antennes qui répartissent l’énergie sur tout le cerveau, explique le physicien.

De ce fait, chaque portion cérébrale ne recevra qu’une fraction de l’énergie.

De plus, un dispositif de sécurité coupe le système instantanément en cas de dépassement des limites fixées".

Si toutes les autorisations sont données, les premiers protocoles de recherche devraient être lancés d’ici à cinq ans.

"Avec cet instrument, la vision du cerveau pourrait radicalement changer", assure Denis Le Bihan.

"Je m’attends à des résultats spectaculaires qui feront émerger des idées nouvelles", appuie de son côté Jeff Duyn, bon joueur.

NEUROSPIN : Infrastructure de recherche sur le cerveau, qui fait partie de l’Institut de recherche biomédicale du CEA de Saclay.

Elle exploite de grands instruments d’imagerie mis à disposition de la communauté scientifique.



IRM : L’imagerie par résonance magnétique est une technique qui visualise les tissus mous par application d’un champ magnétique.

Elle fournit des images anatomiques du cerveau, de son activité ou de la matière blanche.

TESLA (T) : Du nom du physicien américain Nikola Tesla (1857-1943), c’est l’unité de champ magnétique. Par exemple, le champ magnétique terrestre varie de 30µT à 60µT (microteslas) selon la localisation sur la Terre.

IRM 3 T : image de l’hippocampe, partie du cerveau impliquée dans la mémoire.

IRM 7 T : la même région du cerveau vue par un scanner plus puissant.



IRM 11,7 T : les structures de l’hippocampe apparaissent très détaillées.

Scanner géant et exploration du cerveau à Saclay.
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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 15:40

Le « paquet de tabac bientôt à dix euros » ne verra pas le jour avant la fin du quinquennat.

 

Toujours se méfier du politique, du novlangue consubstantiel à l’exécutif.

On se souvient encore de l’enthousiasme soulevé, chez les officiers de santé, par l’annonce du paquet de cigarettes bientôt à dix euros.

C’était le 4 juillet dernier -il y a trois jours.

Edouard Philippe II, devant des députés énamourés : « Ne rien faire est exclu. Nous porterons progressivement le prix du paquet de cigarettes à 10 euros ».

Et plus précisément :

« En matière de lutte contre le tabac, là encore, il nous faut assumer des choix courageux. Chaque année, le tabac, en France, est la cause de 80 000 décès par an.

C’est la première cause de mortalité évitable et la consommation quotidienne de tabac augmente chez les adolescents.

« Ne rien faire est exclu.

Nous porterons progressivement le prix du paquet de cigarettes à 10 euros en luttant sans merci contre les trafics qui minent cette politique de santé, autant qu’ils fragilisent ceux qui respectent la loi ».

Enthousiasme, vraiment, que d’entendre un Premier ministre donner le chiffre de 80 000 décès (il aurait dû ajouter « prématurés »), de reprendre à son compte le formule « la première cause de mortalité évitable » tout en reconnaissant l’incurie absolue reflétée par les chiffres de consommation des adolescents.

« Finalement nous avons là la démonstration que nous avons, collectivement, fait du bon boulot » nous confiait un haut responsable de la santé publique persuadé que la situation qui prévalait depuis cinq ans avec Marisol Touraine et François Hollande allait, enfin, se débloquer. C’était pécher par naïveté.

Négociations avec les buralistes

 Novlangue ? Agnès Buzyn était l’invitée de RTLce jeudi 6 juillet.

Et voici ce qu’elle a déclaré (lisant son texte) quant à la hausse du prix du tabac :

« Les négociations débutent.

Nous allons recevoir les buralistes.

Il est évident que cette mesure n’est pas faite pour pénaliser cette profession.

Bien au contraire, il faut les accompagner dans une diversification.

Nous allons travailler.

Mais ce qui est clair pour la santé publique c’est que pour que la hausse du tabac soit efficace et que les gens arrêtent de fumer il faut que cette hausse soit importante ; ça ne peut pas être des hausses de dix centimes.

 « Tous les pays qui ont vu une baisse importante de leur tabagisme sont passé par des hausses notables de leur prix du tabac.

L’Angleterre par exemple. Les Anglais fumaient autant que nous ; 30% de prévalence du tabagisme en 2005. Ils sont maintenant à moins de 20%, nous sommes encore à 29%.

Et ils sont passés par un prix à 11 euros. Il y aura une hausse du prix en 2018. Dix euros quand ?

Tout cela est en négociation. Dix euros quand ? J’espère y arriver en trois ans.

Tout cela sera négocié. »

Toujours rien sur la cigarette électronique

 « Les hausses doivent être importantes pour qu’elles aient un impact de santé publique, dira encore la ministre.  

La France fait partie des plus mauvais élèves au monde pour ce qui est de la prévalence du tabagisme des jeunes et des femmes.

Donc nous avons besoin de mesures spécifiques [par rapport aux pays frontaliers]. »

Ce n’est certes pas le novlangue de George Orwell 1 mais c’est tout aussi désespérant.

Ainsi donc voilà une ministre qui sait tout du dossier, qui avait (timidement mais publiquement), réclamé des hausses drastiques de prix quand elle était en charge de la lutte contre les cancers.

Et nous la retrouvons déjà dans une position identique à celle de Marisol Touraine, corsetée entre Bercy, Matignon, l’Elysée et le lobby des buralistes-Big Tobacco.

Et venir à RTL pour confier des espérances menacées par les futurs arbitrages du chef de son gouvernement – sans parler de l’Elysée.

Cinq ans …. Cinq longues années pour espérer parvenir à augmenter (au mieux) de trois euros le prix du paquet de cigarettes, seule mesure efficace pour réduire le nombre de morts prématurées causées par le tabagisme.

Où est le drastique ? Sans oublier que, comme depuis cinq ans, rien n’est dit quant à une possible ouverture politique sur le levier anti-tabac que constitue la cigarette électronique.

Et ce à la différence, notable, du remarquable exemple britannique. Quel est le pouvoir de cette ministre ? Il suffira, pour cela, d’observer l’évolution du prix du tabac durant ce quinquennat.

 

1 Remarquable : « Avoir raison avec Orwell », par Brice Couturier, sur France Culture

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 18:25
  

L'autisme est sous-diagnostiqué chez les filles et chez les femmes. Énoncée sur le ton du constat, cette affirmation – étayée par une solide littérature scientifique – n'est pas de nature à bouleverser les foules. Mais les questions qui viennent immédiatement après, si. Qui sont ces personnes ignorantes de leur condition autistique ?

Et combien de temps encore vont-elles rester démunies face à des difficultés dont elles n'ont pas trouvé l'origine ?

On ne le sait pas assez, mais 70 % des autistes ont une intelligence dans la norme, voire supérieure. Or cet autisme dit « de haut niveau » se manifeste différemment chez les femmes... et de façon beaucoup moins typique que l'autisme version Dustin Hoffman dans le film Rain Man.

Comme l'explique Fabienne Cazalis, neuroscientifique à l'EHESS, les filles et les femmes autistes ont la particularité d'être invisibles, de se fondre dans le décor, bien plus que leurs homologues masculins.

L'analyse que nous livre cette chercheuse est précieuse, pour deux raisons. D'abord, Fabienne Cazalis a tenté de rassembler, dans cet article, le maximum d'indices pour permettre à des femmes de se reconnaître dans le fonctionnement intellectuel et sensoriel particulier à l'autisme.

Ou pour mettre leur entourage sur la piste. Ensuite, elle a associé à ses travaux une étudiante en master 2 de psychologie, Adeline Lacroix, elle-même diagnostiquée récemment autiste. Car qui, mieux qu'une chercheuse vivant cette condition de l'intérieur, peut orienter les recherches dans la bonne direction ?

http://theconversation.com/ces-femmes-autistes-qui-signorent-75998?utm_medium=email&utm_campaign=Des%20nouvelles%20de%20The%20Conversation%20pour%206%20juillet%202017%20-%2077816163utm_content=Des%20nouvelles%20de%20The%20Conversation%20pour%206%20juillet%202017%20-%2077816163+CID_de0a8d6ed3f8244c3cef3464c0688b2e&utm_source=campaign_monitor_fr&utm_term=Ces%20femmes%20autistes%20qui%20signorent

Autisme : où sont les femmes ?
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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 17:04

Le prix à payer par le Pr Michel Aubier pour un remplacement et des liens d’intérêts

 

On peut sans mal imaginer que le Pr Michel Aubier pourrait regretter d’avoir remplacé Martin Hirsch devant la commission d’enquête sénatoriale sur le coût économique et financier de la pollution de l’air. Un remplacement demandé par le directeur général de l’AP-HP. C’était le 16 avril 2015. Nous sommes le 5 juillet 2017 et le spécialiste de pneumologie-allergologie, unanimement reconnu pour ses compétences (chef de service à l’hôpital Bichat de Paris, professeur à l’université Paris-Diderot et chercheur à l’Inserm), vient d’être condamné à six mois de prison (avec sursis) et 50 000 euros d’amende. La justice lui reproche de ne pas avoir déclaré aux sénateurs qu’il était rémunéré, parallèlement à ses activités hospitalo-universitaires, par le géant français Total.

Vérité (toute la)

Pour quelques gazettes c’est là une « première » doublée d’un « jugement historique et symboliquement fort » (Libération). De fait il s’agit d’une condamnation pour « faux témoignage » devant la représentation nationale. Celui qui est présenté comme un mandarin à la retraite encourait, pour ce délit, une peine de cinq ans de prison et de 75 000 euros d’amende.

En avril 2015, avant de s’exprimer devant les sénateurs, le Pr Aubier avait prêté serment en promettant de dire « toute la vérité». Puis il avait déclaré n’avoir « aucun lien d’intérêt avec les acteurs économiques». « Sauf que, comme nous l’avons révélé un an plus tard, en mars 2016, il était en fait employé par le pétrolier Total depuis 1997 comme médecin-conseil des dirigeants du groupe, en plus d’être membre du conseil d’administration de la Fondation Total » rappelle Libération. Le quotidien souligne aussi que cet expert longtemps apprécié des médias (pour exposer les effets du diesel et de la pollution atmosphérique sur la santé) percevait en moyenne « autour de 100 000 euros par an de Total » (soit environ la moitié de ses revenus annuels) pour « neuf demi-journées par mois».

Pulluler

On ne commente pas une décision de justice ; mais, contacté par Libération, le sénateur (LR) Jean-François Husson (qui représentait le Sénat, partie civile, à l’audience) estime que la décision du tribunal est « équilibrée et juste». « J’imagine que celles et ceux qui seront demain auditionnés devant une commission d’enquête parlementaire prêteront une attention plus importante à ce qu’ils disent et à leur comportement », ajoute-t-il. On ne commente pas un jugement du tribunal correctionnel de Paris présidé par Evelyne Sire-Marin ; mais Nadir Saïfi, vice-président de l’ONG Ecologie sans frontières (et conseiller parlementaire de la sénatrice Leïla Aïchi), se dit « extrêmement satisfait » de la décision du tribunal:

« C’est un message fort à tous les Michel Aubier et tous les Claude Allègre [ancien ministre de l’Education connu pour ses propos climatosceptiques] qui pullulent dans la communauté scientifique et qui, pour des raisons bassement matérielles, n’hésitent pas à mettre la santé des gens en dangerCe message doit être reçu par la communauté scientifique dans son ensemble comme par les industriels. Il faut que l’on arrive à lutter contre la fabrique du doute, à discréditer ces gens qui sont payés par les industriels pour semer le doute sur la réalité scientifique de certains sujets graves, retardant ainsi la prise de décision publique. »

Suggérer

Pour la présidente du tribunal, Evelyne Sire-Marin, cette condamnation est  « proportionnée à la gravité des faits : mentir devant la représentation nationale ». Le tribunal a aussi condamné Michel Aubier à verser un euro de dommages et intérêts à l’AP-HP, elle aussi partie civile. Comment s’empêcher de commenter ? « Quand on représente son hôpital, on ne ment pas, ni devant le Sénat ni où que ce soit. Il y a un caractère exemplaire dans ce jugement, au sens où il montre que dura lex, sed lex» a déclaré Martin Hirsch.

« Le directeur général de l’AP-HP, Martin Hirsch, qui ‘’n’était pas au courant’’ des liens du médecin avec Total jusqu’à ce que nous l’appelions en mars 2016 pour les besoins de notre enquête » révèle Libération. Il ajoute un élément selon lui « frappant » : « Que ce soit devant le tribunal ou devant moi, à aucun moment Michel Aubier n’a semblé exprimer la conscience de l’existence d’un vrai problème. Et ce n’est pas faute de le lui avoir suggéré. »

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 16:59

Risques de malformation : les médicaments Dépakote et Dépamide interdits aux femmes enceintes bipolaires

Ces médicaments sont utilisés en psychiatrie pour les personnes souffrant de troubles bipolaires. Ils diffèrent de la Dépakine, un autre médicament à base de valproate utilisé pour soigner l’épilepsie.

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L’Agence française du médicament (ANSM) a décidé, jeudi 6 juillet, d’interdire aux femmes enceintes les médicaments à base de valproate : le Dépakote et la Dépamide, produits par Sanofi. Utilisés en psychiatrie pour les personnes souffrant de troubles bipolaires, ils comportent un risque de malformations et troubles du développement de leur enfant.

Ces médicaments sont uniquement destinés à traiter les troubles bipolaires. Un autre médicament à base de valproate, la Dépakine, est utilisé pour soigner l’épilepsie.

Il a provoqué depuis 1967 des malformations congénitales graves chez 2 150 à 4 100 enfants dont les mères avaient pris ces traitements lorsqu’elles étaient enceintes. L’épidémiologiste Catherine Hill estime à 14 000 le nombre de victimes potentielles.

Pictogramme

La mention « Dépakote » ou « Dépamide + grossesse = interdit » et un pictogramme représentant une femme enceinte entourée par un rond rouge barré figureront sur les boîtes de ces médicaments. Ces avertissements seront accompagnés de la mention « Ne pas utiliser chez les femmes en âge de procréer et sans contraception efficace, ou enceintes ».

Chez les patientes bipolaires en âge de procréer, un test de grossesse, sur prélèvement sanguin effectué en laboratoire, sera dorénavant obligatoire avant de commencer le traitement initié par un psychiatre. Dépakote et Dépamide ne pourront de toute façon être prescrits qu’en dernier recours, en cas d’inefficacité des autres traitements ou d’intolérance de la part des patientes.

L’ANSM invite toutes les femmes bipolaires en âge de procréer traitées par valproate à « se rapprocher immédiatement de leur médecin afin d’étudier avec lui le report vers la meilleure option thérapeutique » ou pour mettre en place les précautions adéquates si ce traitement est maintenu. Celles qui seraient déjà enceintes doivent « consulter en urgence » leur médecin.

Action collective

« On y est arrivé ! Dépakote et Dépamide INTERDITS chez les femmes enceintes. Arrêtons de rendre nos enfants autistes. Merci Sanofi », s’est félicitée dans un tweet l’Apesac, association d’aide aux parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anticonvulsivant.Sanofi Aventis a réagi dans un communiqué, notant que l’ANSM avait « décidé unilatéralement » de prendre ces mesures de contre-indication, sans attendre de connaître les résultats de l’évaluation sur le valproate, en cours au niveau européen.

En mai dernier, l’Apesac a saisi le tribunal de grande instance de Paris pour tenter de faire reconnaître la responsabilité du laboratoire Sanofi. Il s’agit de la première action de groupe dans le domaine de la santé.

Sa fondatrice, Marine Martin, dénonce le manque d’informations sur les risques encourus en cas de grossesse, « connus de longue date » selon elle. En 2013, l’Agence européenne du médicament a réévalué le bénéfice risque de la Dépakine. La France a dû ratifier ces nouvelles recommandations et changer ses notices.

Un fonds d’indemnisation des victimes de la Dépakine et de ses génériques a, par ailleurs, été créé par l’Etat. Paru le 7 mai au Journal officiel, le décret qui en fixe les modalités est entré en vigueur le 1er juin.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/sante/article/2017/07/06/risques-de-malformation-les-medicaments-depakote-et-depamide-interdits-aux-femmes-enceintes-bipolaires_5156679_1651302.html#W2GgApgVpjzgPZID.99
Risques de malformation : les médicaments Dépakote et Dépamide interdits aux femmes enceintes bipolaires.
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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 11:12

« Onze vaccins avant deux ans » : quelles seront les sanctions pour les parents récalcitrants ?

 

L’affaire ne fait que commencer. En élargissant (massivement) le spectre des obligations vaccinales, et en choisissant de contraindre plutôt que de convaincre le gouvernement relance de manière spectaculaire la somme des questions soulevées par un sujet à haute densité polémique. La mesure sera en vigueur dès 2018. Et Agnès Buzyn, ministre de la Santé vient de se livrer à un premier exercice pédagogique devant la presse. Rien de bien nouveau sous le soleil politique si ce n’est la volonté de convaincre la population, via les journalistes, du bien-fondé de cette décision ; une décision inscrite dans les conclusions (controversées) de la « concertation citoyenne sur la vaccination » engagée sous le précédent quinquennat.

Que nous dit Agnès Buzyn ? Que c’est « à partir de 2018 » que « les enfants de moins de deux ans devront être vaccinés contre onze maladies ». le régime obligatoire sera intégré dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), qui sera discuté par le Parlement dès la rentrée. Pourquoi ? « Une nécessité de santé publique ». Fondée sur un constat : « le France a des taux de couverture vaccinale meilleurs que les autres pays pour les vaccins obligatoires, mais ils sont en revanche très insuffisants pour la plupart des vaccins recommandés ».

Millions de vie sauvées

Conclusion : obligation de faire vacciner tous les enfants « contre l’Haemophilus influenzae B (bactérie provoquant notamment des pneumopathies et des méningites), la coqueluche, l’hépatite B, la rougeole, les oreillons, la rubéole, le méningocoque C (bactérie provoquant des méningites), le pneumocoque (bactérie provoquant notamment des pneumopathies et des méningites) ».  Et, comme auparavant obligation de vaccination contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite.

« La vaccination a permis de sauver des millions de vies, en enrayant la transmission de certaines maladies infectieuses et en participant à leur éradication » rappelle Mme Buzyn qui donne quelques chiffres en attestant.  Ainsi la couverture vaccinale contre l’hépatite B : 40% chez l’adolescent, 60% chez l’adulte. Alors que la France s’était engagée devant l’OMS à obtenir l’éradication de cette maladie on estime que plus de 2 000 cas d’hépatite B  sont survenus en France entre 2006 et 2013 chez des personnes non vaccinés. « Outre les atteintes aigües parfois mortelles (14 hépatites fulminantes en 2016-2013 parmi les 408 survenues chez des sujets non vaccinés), ces infections peuvent exposer à des formes chroniques sévères (cirrhose, cancer du foie) » rappelle la ministre. Qui l’entendra ?

« En ce qui concerne la rougeole, la couverture vaccinale à 2 ans est de 78% alors que, tant qu’elle n’atteindra pas le niveau de 95 %, le risque de vagues épidémiques périodiques persistera. Entre 2008 et 2016, plus de 24 000 cas de rougeole ont été déclarés en France, ajoute-t-elle. Près de 1 500 cas ont présenté une pneumopathie grave, 34 une complication neurologique et 10 sont décédés. » Qui le sait ? Qui veut le savoir ?

Dix injections sur deux ans

Mme Buzyn rappelle aussi quelques éléments à l’attention des citoyens parents : en pratique, l’extension à onze vaccins obligatoires représentera dix injections pour les enfants, injections « étalées sur deux ans ». Tous les vaccins obligatoires seront pris en charge à 100 % : 65 % de leur prix est remboursé par l’Assurance maladie, 35 % par les assurances complémentaires qui offrent un « contrat responsable ». Les patients n’auront pas de coût à leur charge. Par ailleurs, il existe différents circuits adaptés, notamment les centres de vaccination, qui proposent des prises en charge totalement gratuites.

Reste un point sur lequel la ministre de la Santé devra s’exprimer : quelles seront les sanctions auxquelles s’exposeront les parents qui refuseront cette obligation ? Au terme de leur travail les responsables de cette concertation concluaient à la nécessité sanitaire d’imposer onze vaccinations dans la petite enfance. Mais ils ajoutaient à leur recommandation une préconisation : laisser la possibilité, pour les parents, « d’invoquer une clause d’exemption ».

« Les parents ne souhaitant pas faire vacciner leur enfant pourront invoquer une clause d’exemption pour un ou plusieurs de ces vaccins (à ne pas confondre avec la clause de contre-indication médicale exceptionnelle), motivée par leurs convictions. Après entretien avec le professionnel de santé exposant les conséquences d’une telle décision, les parents s’engageront par écrit selon une procédure formalisée à assumer les responsabilités civiles de leur refus incluant un risque de non-admission de l’enfant en collectivité. Le refus sera porté sur le carnet de vaccination.

« A tout moment, les parents pourront revenir sur cette décision. Cette option devra faire l’objet d’une évaluation régulière qui pourrait conduire à la remise en cause de la clause d’exemption, en cas de couverture vaccinale insuffisante ou de résurgence d’infection évitable. Cette option a vraisemblablement pour avantage une meilleure acceptabilité par une partie de la population. »

Failles dans le dispositif

Or, comme nous venons de l’exposer, il semble acquis que cette clause d’exemption ne sera finalement pas retenue par l’exécutif. « Il apparaît en effet qu’elle aurait compliqué à l’extrême le travail des médecins pédiatres et généralistes, nous indique-t-on de bonne source. De fait elle constituerait une faille dans le dispositif comme dans le message sanitaire que nous voulons porter. »

Cette clause d’exemption avait été introduite par les acteurs de la « concertation citoyenne sur la vaccination » dans le but d’affirmer la responsabilité des parents. Le Code de la santé publique dispose ainsi que le refus de soumettre les enfants sur lesquels on exerce l’autorité parentale aux obligations de vaccination ou la volonté d’en entraver l’exécution sont punis de six mois de prison et de 3 750 € d’amende. De ce fait la société via la droit, exerce un contrôle sur la mission des parents.

Faux certificats médicaux

Ce sont là des dispositions d’une particulière sévérité, rappelées par le Conseil constitutionnel en mars 2015. « De telles sanctions n’ont jamais été appliquées, observe  Patrick Zylberman, professeur émérite d’histoire de la santé (EHESP) et membre du comité d’orientation du débat sur la vaccination. Le seront-elles dans l’avenir ? On peut en douter tant elles paraissent disproportionnées. On peut, on doit, maintenant prévoir des sanctions ; mais il faut alors que leur force soit adaptée. A l’évidence, elle ne l’est pas aujourd’hui. »

Sur ce point il est essentiel que la ministre de la Santé fasse au plus vite la lumière. De même que sur ce qu’elle entend mettre en place pour prévenir une autre possibilité de contourner le régime des obligations vaccinales : la rédaction de faux certificats médicaux (dits « de complaisance ») – comme l’a récemment démontré le cas d’un tétanos pédiatrique.

Choisir la contrainte n’interdit pas de continuer à vouloir persuader. Mais ce choix impose aussi de mettre en lumière les peines encourues par ceux qui (pour de bonnes ou de très mauvaises raisons) font le choix de ne pas respecter la loi. Dura lex, sed lex

« Onze vaccins avant deux ans » : quelles seront les sanctions pour les parents récalcitrants ?
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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 08:11

Maladie de Lyme chronique : la polémique sur l’antibiothérapie hors AMM s'accentue

Aude Lecrubier 4 juillet 2017 Aurora, Etats-Unis —

Depuis plusieurs mois, la polémique enfle autour du diagnostic et des traitements de la maladie de Lyme transmise par les tiques.

Selon certains médecins aux Etats-Unis comme en Europe, la maladie est en pleine expansion et sous-diagnostiquée, notamment en raison de la diversité des agents infectieux impliqués et de tests diagnostiques peu performants.

Ces experts s’alarment du nombre grandissant de patients atteints de maladies de Lyme chroniques particulièrement invalidantes et militent pour obtenir l’autorisation de proposer d’autres traitements et en particulier des antibiothérapies plus longues que celles actuellement recommandées.

Cependant, face à ce courant de pensée alternatif mené, en France, par le Pr Luc Montagnier (Professeur émérite à l'institut Pasteur, prix Nobel de médecine, co-découvreur du VIH) et le Pr Christian Perronne (CHU de Garches) et aux Etats-Unis par l’association International Lyme and Associated Diseases Society (ILADS), d’autres voix s’élèvent qui questionnent l’existence même d’une forme chronique de maladie de Lyme et qui s’inquiètent des effets secondaires graves qui peuvent être associés à l’antibiothérapie prolongée.

Mi-juin, aux Etats-Unis, dans un article du Morbidity and Mortality Weekly Report des CDC [1], les Centers for Disease Control (CDC) ont voulu marquer les esprits en publiant 5 cas cliniques de complications sévères associées à des injections d'antibiothérapies et d’immunoglobulines en intraveineuse chez des patients considérés comme souffrant de maladie de Lyme chronique.

« Les médecins et les patients devraient savoir que les traitements de la maladie de Lyme chronique ne reposent pas sur des bases scientifiques solides et qu’ils peuvent induire des complications sévères », écrivent les auteurs, le Dr Natalie S. Marzec et coll. (médecine préventive, Université du Colorado, Aurora, Etats-Unis). Interrogé par Medscape édition française, le Pr Perronne a réagi à cette publication.

Pour lui, il s’agit « d’exemples exceptionnels de complication d’une voie veineuse centrale pour discréditer l’antibiothérapie du Lyme chronique. »

« Ces quelques cas isolés n’ont rien à voir avec la prise en charge habituelle du Lyme chronique qui ne nécessite pas, sauf exception, de traitement IV prolongé.

C’est le résultat de quelques médecins qui font un peu n’importe quoi, jusqu’à monter des cathéters centraux ou mettre en place des chambres implantables.

Autant ces pratiques peuvent se justifier pour la chimiothérapie d’un cancer ou le traitement d’un état de choc en réanimation, autant ce type de traitement n’a pas sa place pour le Lyme (sauf intolérance digestive absolue, ce qui est exceptionnel) », commente l’infectiologue.

Cas clinique 1 Le premier cas décrit par les CDC est celui d’une femme trentenaire souffrant de fatigue et de douleurs articulaires qui a été diagnostiquée avec une maladie de Lyme chronique (infection par Babesia et Bartonella).

En dépit de plusieurs cures d'antibiotiques oraux, ses symptômes se sont aggravés.

Après trois semaines de ceftriaxone et de cefotaxime en intraveineuse, la douleur articulaire n’a pas cessé et la patiente a développé de la fièvre et des démangeaisons.

Elle a été hospitalisée en soins intensifs où elle a reçu des antibiotiques à large spectre en IV.

En dépit des soins intensifs, son état s'est aggravé et elle est décédée.

Le décès de la patiente a été attribué à un choc septique du à une bactériémie induite par le cathéter veineux central.

Les traitements de la maladie de Lyme chronique ne reposent pas sur des bases scientifiques solides et ils peuvent induire des complications sévères

Dr Natalie S. Marzec

Cas clinique 2

Le deuxième cas est celui d’une adolescente souffrant depuis des années de douleurs musculaires, articulaires, dorsales, de maux de tête et de léthargie d’abord diagnostiqués comme un syndrome de fatigue chronique puis comme une maladie de Lyme chronique.

La patiente a été traitée avec des antibiotiques oraux puis en intraveineuse (rifampine, trimethoprime-sulfamethoxazole, doxycycline, cefiraxone) pendant 5 mois sans amélioration.

Les antibiotiques ont été arrêtés, mais elle a développé un choc septique.

Elle s’est révélée positive à Acinetobacter spp, et a été traitée avec succès avec des antibiotiques à large spectre en unité de soins intensifs.

Cas clinique 3

Le troisième cas est celui d’une femme dans la quarantaine testée positive à la maladie de Lyme.

Elle a reçu 4 semaines de doxycycline orale.

Et, deux ans plus tard, la fatigue, les troubles cognitifs et sa faible endurance à l’effort ont conduit à poser un diagnostic de maladie de Lyme chronique.

Après une cure prolongée d’antibiotiques par intraveineuse, des cultures réalisées au niveau du cathéter et dans le sang se sont révélées positives pour Pseudomonas aeruginosa pour laquelle.

Une douleur dorsale continue, un scanner et une biopsie osseuse ont permis de poser un diagnostic d’ostéodiscite (infection du disque intervertébral et de vertèbres), traitée avec succès.

Cas clinique 4

Les deux derniers cas portent sur deux femmes l’une dans la cinquantaine et l’autre dans la soixantaine qui ont chacune de multiples comorbidités.

La première souffrait de faiblesses, de gonflements et de picotements aux extrémités.

Elle a d’abord été diagnostiquée avec une polyneuropathie démyélinisante inflammatoire chronique mais 5 ans de traitements se sont révélés inefficaces.

On lui a alors diagnostiqué une sclérose latérale amyotrophique, une maladie de Lyme chronique, une babésiose (infection parasitaire intraérythrocytique rare), et une fièvre pourprée des montagnes rocheuses.

Après 7 mois de traitement intensif par antibiotiques, elle a développé une infection à C. difficile qui a nécessité deux ans de traitement.

La patiente est décédée des complications de la sclérose latérale amyotrophique.

Cas clinique 5

La deuxième femme, plus âgée, avait une neutropénie autoimmune, une connectivite mixte (syndrome de Sharp), et une arthrite dégénérative lorsqu’un diagnostic de neuropathie induite par une maladie de Lyme chronique a été posé.

Après un traitement intraveineux par immunoglobulines toutes les 3 semaines pendant plus de 10 ans, la patiente a développé une infection au staphylocoque doré résistant à la méticilline.

Elle a été traitée par antibiotiques en intraveineuse mais l’infection est revenue au niveau des articulations zygapophysaires lombaires.

Au final, la patiente a due être drainée pour un abcès paraspinal.

L’approche officielle reste prédominante Cette défiance vis-à-vis de l’antibiothérapie prolongée dans la maladie de Lyme est partagée par la plupart des sociétés savantes officielles en Europe comme en Amérique (British Infection Association, Infectious Diseases Society of America /IDSA,

Association of Medical Microbiology and Infectious Disease Canada /AMMI …)

Dans un article récent intitulé « La maladie de Lyme : entre psychose et fausses informations » [2], l’Association française pour l’information scientifique (Afis) cite notamment la position de la Société de pathologie infectieuse de langue française (SPLIF) :

« Au cours des phases dites primaire ou secondaire de la maladie, des traitements « courts » de deux à trois semaines ont clairement montré leur capacité à guérir la grande majorité des patients ».

En revanche, « les études thérapeutiques sont unanimes : aucune d’elles n’a montré un intérêt à prolonger les traitements antibiotiques » et « les risques d’effets secondaires augmentent avec l’exposition ».

Dans le même sens, selon l’Afis, le Haut conseil de la santé publique (HCSP)indique qu’il faut éviter « une dérive qui ferait abandonner des recherches diagnostiques appropriées et adaptées » et donc passer à côté d’autres diagnostiques.

Mais le terrain renvoie aussi d’autres sons de cloche.

Lors d’une conférence de presse organisée lors du dernier congrès de The International Lyme and Associated Disease Society (ILADS) à Paris, le Dr Philippe Raymond, médecin généraliste à Valence, a expliqué le calvaire de nombreux patients souffrant de symptômes neurologiques ou rhumatologiques atypiques, en errance thérapeutique pendant des années.

Selon son expérience, chez ces patients, une antibiothérapie orale prolongée permettait « d’améliorer franchement les symptômes dans près d’un cas sur deux ». PNDS 2017 : vers un statu quo ou vers une modification des recommandations ?

En France, la maladie de Lyme fait l’objet d’un plan national depuis décembre 2016 qui prévoit notamment la mise en place d’un nouveau protocole de soins et de traitement (PNDS) qui devrait être présenté fin 2017.

Après plusieurs réunions, partisans et opposants aux changements de recommandations devront aboutir à un texte commun.

Que peut-on en attendre ?

Lors du dernier congrès de l’ILADS, le Pr Perronne a donné son avis et exprimé ses attentes.

« On manque de données scientifiques solides pour faire un consensus gravé dans le marbre dès cette année. Il faudra plus de recherches et de financements.

Pour l’instant, nous souhaitons une phase de transition où nous nous mettrons d’accord sur des stratégies de traitement acceptables en sachant qu’elles ne sont pas encore toutes fondées scientifiquement», a-t-il expliqué.

S’il semble trop tôt pour clore les débats autour de la maladie de Lyme, certaines réponses pourraient être apportées dans les années à venir.

Aux Etats-Unis, alors que le congrès a récemment voté la mise en place d’un groupe de travail sur la maladie de Lyme, on attend de nouvelles études.

En parallèle, en France, le plan Lyme devrait permettre de mieux recenser les pathogènes transmis par les tiques, de pousser les recherches sur les tests diagnostiques et de lancer une cohorte de suivi prospective des patients suspects de maladie de Lyme.

Nous souhaitons une phase de transition où nous nous mettrons d’accord sur des stratégies de traitement acceptables

Pr Christian Perronne.

Maladie de Lyme chronique : la polémique sur l’antibiothérapie hors AMM s'accentue.
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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 05:42

Des chercheurs ont découvert que le facteur FGF19 augmente la masse musculaire chez des souris.

Il apparaît comme une solution thérapeutique chez l'Homme contre ce type de perte lors du vieillissement dans des maladies chroniques (obésité, cancer, insuffisance rénale) ou des situations d’immobilisation.

Le facteur de croissance des fibroblastes 19 (FGF19), une entérokine (une hormone sécrétée par l’intestin) connue pour agir sur le métabolisme des acides biliaires dans le foie, est aussi capable de cibler d’autres tissus et d’exercer un rôle de régulateur du glucose et de l’homéostasie des lipides.

En étudiant l’intérêt thérapeutique potentiel du FGF19 dans les maladies métaboliques telles que le diabète de type 2 et l’obésité, les chercheurs du laboratoire Carmen « recherche en cardiovasculaire, métabolisme, diabétologie et nutrition » (Inserm, Inra, université Claude Bernard Lyon 1, Insa Lyon) dirigé par Hubert Vidal, en collaboration avec l’équipe du Dr. Jérome Ruzzin du Département de biologie de l’université de Bergen (Norvège) ont montré que des souris traitées avec du FGF19 durant sept jours prennent moins de poids et de tissus adipeux alors qu’elles mangent davantage que des souris non traitées.

Dans ces conditions, les chercheurs ont montré que la masse des muscles squelettiques et la force musculaire des animaux traités sont augmentées, identifiant ainsi pour la première fois une nouvelle fonction du FGF19. FGF19 favorise l’augmentation de la masse musculaire

À une échelle moléculaire, les chercheurs ont identifié la voie de signalisation qui entraîne les effets hypertrophiques du FGF19 dans le muscle et démontrent que cet effet est la conséquence d’une augmentation de la taille des fibres, indépendamment du type de fibre musculaire.

Les chercheurs ont ensuite démontré le potentiel thérapeutique du FGF19 en utilisant différents modèles murins présentant une diminution de la masse musculaire, incluant des animaux traités avec un glucocorticoïde, un modèle de souris génétiquement obèse et des souris âgées.

Dans chacun de ces modèles, ils ont mis en évidence la capacité d’un traitement par le FGF19 à préserver ou augmenter la masse et la force musculaire.

« Ceci montre pour la première fois l’intérêt du FGF19 pour lutter contre la fonte musculaire, mais potentiellement aussi en agronomie pour augmenter la masse musculaire des animaux d’élevage », concluent Hubert Vidal et ses collaborateurs qui envisagent la mise en place d’études cliniques pour valider ces observations chez l’Homme.

Ces résultats ont été publiés le 26 juin 2017 dans Nature Medicine.

Un nouvel espoir dans la lutte contre la fonte musculaire

Article de Cordis Nouvelles paru le 18 novembre 2006

Des chercheurs du Laboratoire européen de biologie moléculaire (LEBM) ont établi que le blocage d'une certaine molécule pouvait prévenir la fonte des muscles et améliorer leur régénération, entretenant l'espoir de nouvelles thérapies dans la lutte contre le dépérissement musculaire.

Les résultats de leurs travaux, financés en partie dans le cadre du réseau d'excellence MYORES, relevant lui-même du sixième programme-cadre de l'Union européenne, ont été publiés dans le Journal of Clinical Investigation.

La fonte musculaire se produit lorsque les processus maintenant l'équilibre entre la production de protéines et leur rétention sont désorganisés.

Ce dérèglement peut être la conséquence d'anomalies génétiques, d'une défaillance cardiaque, d'une blessure rachidienne, d'un cancer, de l'immobilité ou même d'un âge avancé.

Malgré le sérieux impact que la faiblesse résultant d'une perte de la masse et de la force musculaires a sur la qualité de vie des patients, la mise au point de traitements efficaces susceptibles d'y remédier se révèle extrêmement difficile.

Lors de ces recherches toutes récentes, les scientifiques ont étudié le rôle de la molécule « signal » NF-kB dans la fonte musculaire.

Si l'on sait depuis un certain temps que la NF-kB joue un rôle clé dans les processus d'inflammation, on n'a découvert que récemment qu'elle était impliquée dans d'autres maladies dégénératives telles que la sclérose en plaques.

Les scientifiques ont retiré génétiquement la molécule NF-kB des muscles des pattes de souris en bloquant une protéine appelée IKK2, qui active la NF-kB. Ils ont ensuite simulé une blessure rachidienne sur la souris en bloquant la communication entre la moelle épinière et le muscle inférieur de la patte, intervention entraînant normalement une fonte musculaire.

« Nous avons fait des observations fort étonnantes », a déclaré le professeur Nadia Rosenthal, responsable de l'unité de biologie de la souris au LEBM.

« Les souris ne présentaient quasiment aucune fonte musculaire suite à la blessure ; leurs fibres musculaires ont conservé une taille, une puissance et une répartition quasiment identiques à celles d'un muscle sain.

Mais ce n'est pas tout : le blocage de l'IKK2 a également contribué à la guérison du muscle.

Sans le signal NF-kB, la régénération musculaire a était bien meilleure et beaucoup plus rapide ».

Foteini Mourkioti et Nadia Rosenthal deux des auteurs de l'étude

Selon les chercheurs, la NF-kB abolit - en réponse à une blessure ou à une inflammation - la production de protéines et stimule leur rétention, entraînant la perte de masse musculaire.

Le blocage de la NF-kB dans les muscles des pattes des souris a donc permis de prévenir la fonte musculaire et d'améliorer la guérison.

Autre molécule suscitant l'intérêt des chercheurs: un facteur de croissance appelé IGF-1.

Dans des études antérieures, le professeur Rosenthal et son équipe avaient établi que l'IGF-1 favorisait grandement la réparation des muscles squelettiques et cardiaques.

Ayant ajouté un codage génétique pour l'IGF-1 au tissu musculaire déjà privé de la NF-kB, les chercheurs ont établi que la protection contre la fonte musculaire s'en trouvait encore améliorée.

« Le fait que la diminution de la NF-kB contribue à conserver notre masse musculaire est un précieux point de départ dans la conception de nouvelles thérapies de lutte contre les myopathies », a expliqué le Dr Foteini Mourkioti, de l'unité de biologie de la souris au LEBM. «

L'ajout de l'IGF-1 a un effet similaire au blocage de la NF-kB ; il doit cependant agir, en partie au moins, indépendamment de la NF-kB, vu que nous avons observé une claire amélioration en utilisant concomitamment les deux traitements ».

Dans un article corollaire, Michael Karin, de l'université de Californie, met en avant les implications de ces nouvelles recherches, relevant que les dystrophies et la fonte musculaires ne sont généralement pas, jusqu'à présent, appréhendées comme des maladies inflammatoires.

« Ces données... suggèrent fortement que les dystrophies et atrophies musculaires devraient elles aussi être considérées comme des maladies inflammatoires et accroissent la perspective de nouvelles thérapies ciblant l'IKK2 ou d'autres étapes dans la voie d'activation de la NF-kB », écrit-il.

Un certain nombre d'inhibiteurs de l'IKK2 et d'autres molécules bloquant l'activation de la NF-kB ayant récemment été mis en évidence, le Dr Karin prône un accroissement des recherches portant sur la capacité de l'inhibition de la NF-kB à prévenir la dégénérescence musculaire, chez la souris dans un premier temps, puis chez l'homme.

« Vu la prévalence des maladies entraînant une dégénérescence musculaire et l'épreuve qu'elles constituent pour les patients en termes de qualité de vie ainsi que leur impact économique majeur, de tels essais sont non seulement justifiés, mais aussi infiniment nécessaires », conclut-il.

Une hormone intestinale pour lutter contre la la perte musculaire. Sarcopénie.
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