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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 09:00

APPORT DE LA RADIOGRAPHIE 3D EN ODONTOLOGIE ET CHIRURGIE MAXILLO-FACIALE.

Dr Bernard KURDYK Paris

Le développement technique des appareils de radiographie médicaux offre aujourd’hui la possibilité de création d’images en 3 dimensions qui sont des aides précieuses à l’établissement du diagnostic pour le praticien.

En ce qui concerne la chirurgie dentaire et la chirurgie maxillo-faciale, les scanners réalisés avec les dispositifs médicaux classiques ont montré leurs limites concernant la précision des clichés et surtout des doses d’irradiation importantes infligées aux patients.

Le développement d’une nouvelle génération de générateur de radiologie, le CBCT (Cone Beam Computed Tomography) a résolu ces problèmes majeurs qui limitaient l’utilisation des clichés en 3D pour le secteur maxillaire.

Le CBCT ou imagerie volumique 3D numérisée à base d’un faisceau radiographique conique, offre au chirurgien-dentiste ou au chirurgien maxillo-facial la possibilité d’obtenir des coupes axiales, sagittales et coronales à travers le volume désiré. Par rapport au scanner, le diagnostic dentaire est plus précis grâce aux coupes qui sont nettement plus fines et apportent donc des informations plus détaillées au niveau osseux.

Ceci permet au clinicien de visualiser les anomalies des plus petites structures dentaires comme par exemple l’espace du ligament parodontal et la lamina dura en 3D, ce qui est difficile ou souvent même impossible sur des images d’un scanner médical :

Définition des images Scanner et Cone Beam ​De plus, cet examen radiologique engendre une atténuation ou une absence d’artéfacts des parties métalliques rencontrées dans les reconstitutions corono-radiculaires.

La visibilité d’éventuelles fêlures ou fractures dentaires est ainsi grandement facilitée. ​

Enfin le coût est beaucoup moins élevé par rapport à un scanner médical traditionnel. ​

Pour le patient, le bénéfice majeur réside du fait que cette acquisition volumique du CBCT est effectuée avec une dose beaucoup plus faible.

Le tube générateur des rayons X est moins puissant mais surtout la configuration d’acquisition de volumes est partielle. Il n’est plus nécessaire d’irradier tout le complexe cranio-faciale, car il est donc possible de limiter le champ d’examen à une partie de ce complexe, par exemple une seule mâchoire, ou un volume contenant quelques dents.

C’est grâce à cette faible dose et ce grand détail que le 3D à base de Cone Beam est devenu un outil diagnostic extrêmement important qui révolutionne la pratique dentaire et maxillo-faciale.

Doses reçues par le patient lors d’un scanner partiel :

Tableau comparatif des doses délivrées par différents générateurs Cone Beam :

KODAK 9000 3D VATECH PAX UNI 3D MORITA VVP 3D PLANMECA PROMAX 3D Détecteur (Capteur) CMOS CMOS CMOS CMOS Champs (cm) 5 x 3,7 5 x 5 5 x 8 4 x 4 4 x 8 8 x 8 4 x 5 8 x 8 Dose (mSv) 20 à 69 50 20 à 96 450 à 600 ​

On vérifie bien que les doses délivrées au patient sont beaucoup plus faible que celle d’un scanner de la tête : 3500/ 20 à 600 mSv. Ainsi, il est devenu très claire, que l’utilisation du scanner médical dans la pratique dentaire doit être limitée. Dans la plupart des cas, les directives montrent que l’utilisation du CBCT est avisée là où le choix d’examen supplémentaire était le scanner cérébral. Par contre, afin de limiter d’éventuels abus, l’European Academy of Dento-Maxillo- Facial Radiology (EADMFR) et l’association SEDENTEX CT ont produit des « Principes d’Utilisation du Cone Beam » dans le but de promouvoir les recommandations portant sur la justification, l’optimisation, les règles de prescription, de formation et de contrôle de l’usage des Cone Beam :

1. Les examens CBCT ne doivent pas être effectués sans qu’une anamnèse du patient et un examen clinique n’aient été réalisés.

2. Les examens CBCT doivent être justifiés pour chaque patient, afin de démontrer que les bénéfices l’emportent sur les risques.

3. Les examens CBCT doivent potentiellement apporter des informations utiles à la prise en charge du patient.

4. Il n’est pas souhaitable que les examens CBCT soient répétés en routine, sans qu’une nouvelle évaluation bénéfice/ risque soit réalisée. 5. En adressant son patient à un autre praticien pour un examen CBCT, le dentiste référent doit fournir suffisamment d’informations cliniques (issues de l’anamnèse du patient et de l’examen clinique) afin de permettre au praticien réalisant l’examen CBCT d’appliquer la procédure de justification.

6. Les examens CBCT doivent seulement être réalisés quand la question pour la- quelle l’imagerie est requise ne peut obtenir de réponse adéquate par une radiographie dentaire conventionnelle (traditionnelle) moins irradiante.


7. Les examens CBCT doivent faire l’objet d’un compte-rendu radiologique portant sur l’ensemble des données d’imagerie.

8. Quand il est probable que l’étude des tissus mous sera requise pour l’évaluation radiologique du patient, l’examen d’imagerie approprié sera le scanner médical conventionnel ou l’IRM plutôt que le CBCT.


 9. L’équipement CBCT devrait offrir un choix varié de volumes d’exploration et l’examen doit utiliser le volume le plus petit compatible avec la situation clinique si cela permet une dose d’irradiation moindre du patient. 


10. Quand l’équipement CBCT offre un choix varié de résolutions, il convient d’utiliser une résolution compatible avec un diagnostic adéquat et une dose minimale. 


11.Un programme d’assurance qualité doit être établi et mis en œuvre pour chaque installation CBCT, incluant des procédures de contrôle de l’équipement, des techniques et de la qualité des examens. 


12.Des aides au positionnement précis et à la stabilité du patient (lasers lumineux) doivent toujours être utilisés. 


13.Toute nouvelle installation d’équipement CBCT doit subir un examen critique et des tests de contrôle détaillés avant usage afin d’assurer une radioprotection optimale du personnel, du public et du patient. 


14. Les équipements CBCT doivent subir des tests de routine réguliers afin de s’assurer que la radioprotection du personnel et des patients ne s’est pas détériorée. 


15. Pour la radioprotection du personnel utilisant le matériel CBCT, les recommandations détaillées dans la section 6 du docu- ment radioprotection 136 de la commission européenne, doivent être suivies. 


16. Les utilisateurs d’un équipement CBCT doivent avoir reçu une formation théorique et pratique adéquate pour la pratique radiologique et une compétence suffisante en radioprotection. 17. Une formation continue est nécessaire après qualification, particulièrement quand un nouveau matériel ou de nouvelles techniques sont adoptés.


18. Les chirurgiens-dentistes responsables d’un équipement CBCT qui n’ont pas reçu préalablement de formation adéquate doivent subir une période additionnelle de formation théorique et pratique validée par une institution académique (université ou équivalent). Quand une qualification nationale de spécialité en radiologie dento-maxillo-faciale existe, la conception et la délivrance de program- mes de formation en CBCT doivent impliquer un radiologue spécialisé en radiologie dento-maxillo-faciale.

19. Pour les images CBCT des dents, de leurs tissus de soutien, de la mandibule et du maxillaire jusqu’au plancher nasal (soit champs de 8cmx8cm ou inférieurs), l’évaluation clinique (commentaire radiologique) doit être réalisé par un radiologue spécialisé en radiologie dento-maxillo-faciale ou si ce n’est pas possible, par un chirurgien-dentiste correctement formé.

20. Pour des petits champs de vue non dentaires (par exemple os temporal) et pour toute image CBCT crânio-faciale (champs de vue s’étendant au-delà des dents, de leur tissu de soutien, de la mandibule, incluant l’ATM, et du maxillaire jusqu’au plancher nasal), le compte-rendu radiologique doit être réalisé par un radiologue spécialisé en radiologie dento-maxillo-faciale ou par un radiologue clinicien (radiologue médical). ​Mais encore plus important, les directives accentuent que l’imagerie CBCT pourrait présenter un intérêt dans de nombreux domaines (des cas bien sélectionnés évidemment) où l’imagerie 2D conventionnelle et les informations cliniques sont insuffisantes et une image tridimensionnelle est indispensable. Par exemple, en bonne pratique dentaire, l’utilisation d’un scanner de la tête pour le diagnostic de pathologies radiculaires comme une fracture était contre-indiqué vue la dose attribuée au patient et la limitation de l’épaisseur de la coupe (la plus fine autour de 0.5mm). Désormais, l’imagerie CBCT peut souvent offrir des informations supplémentaires pour la suspicion de petites fractures ou même fêlures radiculaires, la localisation d’un canal supplémentaire, ou le bilan pré-chirurgical des régions péri-apicales de molaires supérieures. ​Illustration d’un patient qui vient consulter pour des douleurs et une mobilité d’une seconde molaire maxillaire gauche : ​La radiographie rétro-alvéolaire classique montre un épaississement de l’espace ligamentaire de la racine antérieure et un liseré clair sous la partie postérieure de la couronne. Par contre, aucun élément n’expliquant la mobilité de la dent, il est décidé de pratiquer une radiographie Cone Beam de la zone : Perte osseuse terminale au niveau des apex de la molaire ​​La situation clinique devient plus claire, l’indication d’extraction est posée. ​Si l’intérêt des radiographies Cone Beam pour le patient et pour le praticien est bien démontré, il faut insister sur l’apport de l’usage de cet examen ai sein du cabinet dentaire. ​En cas de doute, pouvoir établir le diagnostic en direct, en présence du patient tout en ne l’irradiant pas en excès, est un gage d’efficacité. Pas de temps perdu pour attendre les examens venant du radiologue, pas non plus besoin de repousser le traitement dans l’attente des résultats. ​Il assure également un capital confiance de praticien performant et à la pointe des techniques actuelles. Technologies qui sont utilisées tout au long du traitement du patient. Enfin, pour les patients interrogatifs, il apporte aussi un puissant moyen de persuasion en leur faisant une démonstration en live à l’écran de leur cas clinique. ​Bien évidemment, l’installation de ces générateurs Cone Beam se réalise au sein du cabinet selon les normes de radioprotection en vigueur afin de respecter et protéger les personnels présents.

Radiographie dentaire en 3D
Radiographie dentaire en 3D
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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 17:37

Venins : une guérison mortelle

 

2. novembre 2016

 

Les venins servent à dissuader, neutraliser ou tuer les ennemis. Cependant, de plus en plus souvent, les chercheurs ont découvert que le venin de serpents, de scorpions ou d’araignées peuvent aussi guérir les maladies. Le Captopril et l’Exénatide, un antidiabétique, ont ouvert la voie.

Dans le monde, on compte plus de 100 000 animaux venimeux. Chaque venin contient une combinaison de toxines, jusqu’à 500. Ceux-ci se lient spécifiquement à certains récepteurs, par exemple, dans le cœur ou le système nerveux et peuvent tuer leur proie en quelques minutes. Cependant, l’action des toxines ne se résume pas à cela : à faible dose, les composants individuels des venins peuvent agir comme antidiabétique, antihypertenseur et contre le cancer.

Souvent, ils se lient à des molécules-clés dans les cellules humaines et modifient les processus physiologiques perturbés par la maladie.

Les patients souffrant de douleurs résistantes ou d’autres symptômes neurologiques ont besoin, par exemple, des médicaments qui empêchent l’excitation de neurones. Ceci peut être obtenu avec un composé neurotoxique de serpent ou du venin d’araignée. Une faible variation dans la composition chimique ou une dose différente transforme la toxine en un produit pharmaceutique. Ce processus d’étude des organismes vivants dans le but d’obtenir des informations sur l’usage pharmaceutique ou réaliser des modifications chimiques ultérieures est appelé bioprospection.

Du venin contre l’hypertension

Environ une demi-douzaine de médicaments ont été développés à partir de venin de serpent et ont obtenu leur autorisation de mise sur le marché. L’un des premiers fut le Captopril.

Cet inhibiteur de l’ECA bloque l’enzyme de conversion de l’angiotensine dans le système rénine-angiotensine. Il abaisse la pression artérielle, aide en cas d’insuffisance cardiaque et réduit les risques d’infarctus et d’AVC.

Le peptide BPP5a («Bradykinin potentating peptide») contenu dans le venin du Bothrops jararaca (Bothrops jararaca), un serpent du Brésil, a servi de modèle pour son élaboration.

Le BPP5a en tant que tel n’était pas adapté pour être un médicament, car il est rapidement dégradé. Cependant, grâce à l’utilisation de certaines modifications, les scientifiques ont pu prolonger cet effet. Les recherches ont permis la mise au point d’antihypertenseurs dans les années 1970. Depuis son introduction en 1981, le Captopril a probablement sauvé la vie de plus de personnes qu’il n’y a eu de décès dû au venin de Bothrops jararaca et autres vipères au cours des derniers siècles. Ce succès comme antihypertenseur a ouvert la voie à d’autres recherches en bioprospection.

Un composé contre le diabète dans la salive du monstre

Le monstre de Gila (Heloderma suspectum) vit dans les régions arides du sud-ouest de l’Amérique du Nord. Bien qu’il semble très pataud, il peut mordre rapidement.

Son venin n’est pas, comme pour les serpents, injecté par des dents creuses, mais il pénètre grâce à la mastication.

Le cocktail empoisonné administré contient entre autres un polypeptide appelé Exendin-4.

La molécule a été découverte au début des années 1990 par l’endocrinologue new-yorkais John Eng. Il a également développé une version synthétique de la substance, l’Exénatide, et l’a vendue à la société Amylin.

 

 

Les monstres de Gila, venimeux, peuvent mesurer jusqu’à 50 cm de long, Source: Biodiversity Heritage Library, flickr.de

L’Exénatide est le premier médicament de la classe des mimétiques de l’incrétine.

Les substances de cette classe imitent l’incrétine endogène, le glucagon-like peptide-1 (GLP-1) contenu dans l’intestin.

Le GLP-1 est libéré dans l’intestin après la prise de nourriture.

Il se lie au récepteur GLP-1 et stimule la libération d’insuline par les cellules bêta.

En outre, le GLP-1 abaisse le taux de glucagon, retarde la vidange gastrique et inhibe la faim et de la soif.

Pour une utilisation en tant que médicament, l’incrétine endogène ne convient pas, car il est dégradé en quelques minutes par l’enzyme dipeptidyl peptidase-4 (DPP-4).

En comparaison, l’hormone synthétique appelée Exénatide est active pendant des heures.

Un autre avantage est qu’à la différence des injections d’insuline, son action ne joue pas sur le glucose directement.

Il ne libère l’insuline que lorsque la glycémie est élevée, de sorte qu’une hypoglycémie involontaire peut être empêchée.

L’Exendin-4, quant à elle, n’agit pas uniquement sur le pancréas, mais stimule aussi la croissance des neurones et empêche la disparition des neurones matures.

Par conséquent, les scientifiques du National Institute on Aging, aux États-Unis, ont commencé en 2012 un essai clinique pour étudier l’effet de l’Exendin-4 sur les personnes qui souffrent de maladie d’Alzheimer à un stade précoce ou de déficience cognitive légère.

Le succès de l’Exénatide a suscité chez les fabricants de médicaments une véritable concurrence.

En Allemagne, par exemple, en 2009, le Liraglutide de Novo Nordisk a été approuvé.

Au cours de sa première année d’exploitation, le médicament a rapporté à l’entreprise plus d’un milliard de dollars. Deux ans plus tard, une nouvelle formulation du médicament antidiabétique Exénatide a été approuvée sous le nom Bydureon.

Dans cette formulation, l’Exénatide est encapsulé dans des microsphères qui sont composées d’un polymère biodégradable.

Le médicament ne doit être injecté qu’une fois par semaine par voie sous-cutanée.

Cependant, une règle s’applique également à ces médicaments : il n’y a aucun effet sans effets secondaires.

En 2013, la FDA a annoncé que les mimétiques des incrétines peuvent augmenter le risque de pancréatite et conduire à l’évolution des cellules pré-cancéreuses.

Venin de scorpion en phase I

En plus du traitement de l’hypertension artérielle et du diabète, les venins peuvent également être utilisés dans le traitement du cancer.

La substance appelée BLZ-100, par exemple, se compose d’un optide et du colorant fluorescent vert indocyanine.

Le terme « optide » signifie peptide optimisé.

Dans le cas de BLZ-100, l’ingrédient actif optimisé est la chlorotoxine.

Ce petit peptide est composé de 36 acides aminés et a été découvert dans le venin d’un des scorpions les plus venimeux au monde, le Scorpion Jaune de Palestine (Leirus quinquestriatus).

BLZ-100 inhibe spécifiquement certains canaux chlorure déclenchés au cours de l’excitation nerveuse, qui apparaissent au fur et à mesure de l’évolution dans des cellules cancéreuses telles que le gliome, le mélanome, le neuroblastome ou le médulloblastome.

Ils sont nécessaires pour contrôler, entre autres, l’excitabilité et le maintien de l’homéostasie et l’équilibre acide-base.

En outre, ils sont importants pour la réponse immunitaire ainsi que la prolifération, la différenciation, la migration et l’invasion des cellules cancéreuses.

Les cellules cancéreuses contenant BLZ 100 sont visibles pour le médecin en raison du colorant fluorescent. La tumeur peut ainsi être plus facilement détectée et enlevée.

Depuis l’année dernière, BLZ-100 est testé sur des enfants et des jeunes adultes atteints de tumeurs cérébrales et de la peau dans un essai de phase I.

Anémone, araignées et mille-pattes avec du potentiel

En plus des serpents ou des scorpions, les anémones de mer aussi peuvent fournir des médicaments. L’ingrédient actif Dalazatide, précédemment appelé ShK-186, imite un peptide isolé à partir du venin de l’Anémone Soleil des Caraïbes (Helianthus Stichodactyla).

 

Le venin de l’Anémone Soleil contient un composé intéressant pour la sclérose en plaques, Source: James St. John, flickr.de

Le Dalazatide ne réprime pas totalement le système immunitaire, il bloque uniquement les lymphocytes T effecteurs à mémoire, un sous-ensemble de lymphocytes T, à l’origine de nombreuses maladies auto-immunes.

La substance a été testée dans une étude de phase I sur 24 patients atteints de psoriasis B.

Et ce n’est pas tout : une protéine qui se trouve dans le venin de la tarentule pourrait être utilisée dans le traitement de la dystrophie musculaire, la douleur pourrait être partiellement atténuée par du venin de mille-pattes et les troubles de l’érection pourraient être traités par une toxine de l’araignée errante du Brésil (Phoneutria de nigriventer) [Paywall] [Paywall].

Last but not least, le venin d’abeille aurait même un meilleur effet sur les pattes d’oie que le Botox, si vous en croyez les biologistes sud-coréens magazine Elle.

Livre publié :

Venomous: How Earth’s Deadliest Creatures Mastered Biochemistry
Wilcox, C; Scientific American / Farrar, Straus and Giroux, ISBN 10: 0374283370, ISBN 13: 9780374283377 ; 2016

 

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 15:19

Israël : deux chercheurs offrent l'espoir de guérir du sida

Injecter une protéine qui provoque le suicide de la cellule infectée par le VIH : c'est le traitement révolutionnaire que testent deux professeurs.

Publié le
Deux biologistes de l’université hébraïque de Jérusalem, les professeurs Abraham Loyter et Assaf Friedler, pourraient révolutionner le traitement du sida.
Deux biologistes de l’université hébraïque de Jérusalem, les professeurs Abraham Loyter et Assaf Friedler, pourraient révolutionner le traitement du sida. © ARCHIVO STAFF NTX
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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 07:26

Encore  un resultat spectaculaire du  protocole Chronimed chez une enfant  autiste  :

 un extrait  en PJ du concert de Tina, une enfant de  10 ans, autiste qui ne parlait pas  18 mois plus tôt  (avant  le traitement  antibio), et qui a commencé les cours de chant  en octobre  2015 seulement !

Concert de 1h30 ( 14  chansons)  donné  le 7 mai 2016, devant  250  personnes.

Son DVD/CD  sur compte facebook:

(Son histoire racontée  par son père  à l'entracte )

https://www.facebook.com/Tina-DMS-1614335365554037/

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 19:24

La caspofungine antifongique augmente l'activité de la fluoroquinolone contre les biofilms de Staphylococcus aureus en inhibant la N-acétylglucosamine transférase.


• Wafi Siala, Soňa Kucharíková, Annabel Braem, Jef Vleugels, Paul M Tulkens, Marie-Paule Mingeot-Leclercq, Patrick Van Dijck & Françoise Van Bambeke


• Nature Communications 7, Numéro d'article: 13286 (2016)

Résumé


Les biofilms jouent un rôle majeur dans la pathogénicité de Staphylococcus aureus, mais ils ne répondent pas très bien aux antibiotiques.

Ici, nous montrons que la caspofungine est un antifongique qui améliore l'activité des fluoroquinolones (moxifloxacine, delafloxacine) contre les biofilms de S. aureus cultivés in vitro (plaques à 96 puits ou cathéters) et in vivo (modèle murin de cathéters implantés).

Le degré de synergie entre différents isolats cliniques est inversement proportionnel au niveau d'expression de l'opéron ica, dont les produits synthétisent des polymères de poly-N-acétyl-glucosamine, constituant majeur de la matrice du biofilm.

In vitro, la caspofungine inhibe l'activité d'IcaA, qui partage l'homologie avec la β-1-3-glucane synthase (cible pharmacologique de la caspofungine dans les champignons).

Cette inhibition déstructure la matrice, réduit la concentration et la polymérisation des exopolysaccharides dans les biofilms et augmente la pénétration des fluoroquinolones à l'intérieur des biofilms.

Notre étude identifie une cible bactérienne pour la caspofungine et indique que les inhibiteurs d'IcaA pourraient potentiellement être utiles dans le traitement des infections liées au biofilm.

Texte intégral :
http://www.nature.com/articles/ncomms13286

 

 

 

http://www.rtbf.be/…/detail_sante-une-nouvelle-arme-contre-…

https://www.uclouvain.be/778240.html

 

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 12:31

La greffe d'ovaires, une fontaine de jouvence ?

Science & santé |   Repéré par Peggy Sastre

Remplacer les ovaires de souris ménopausées par ceux de petites jeunes revigore leur cœur, leur système immunitaire et leur métabolisme –et leur offre quasiment une moitié de vie supplémentaire. 

Et si les ovaires détenaient le secret de la jeunesse éternelle? Chez les souris, en tout cas, remplacer les gonades d'une femelle âgée par ceux d'une jeunette semblent inverser les effets du vieillissement sur le système immunitaire et le métabolisme, ce qui fait vivre les animaux plus longtemps. Telle est la conclusion à laquelle est arrivée l'équipe de Jeffrey Mason, de l'université de l'Utah, qui vient de présenter ses derniers résultats au congrès annuel de la Société américaine de médecine de la reproduction.

En vieillissant, humains comme souris voient leur métabolisme se ralentir et leur système immunitaire s’essouffler. Du côté immunitaire, le nombre de cellules prêtes à combattre n'importe quel intrus (les lymphocytes T naïfs) diminue et l'organisme résiste dès lors moins bien aux infections –l'une des raisons pour laquelle la grippe est plus dangereuse chez les plus de 65 ans, et le vaccin dès lors gratuit. Avec un métabolisme plus lent, le glucose alimentaire reste plus longtemps dans le sang, une hausse de la glycémie nocive pour les organes.

Deux phénomènes qu'une greffe d'ovairessemble contrebalancer. Dans leur dernière étude, dévoilée le 19 octobre, Jeffrey Mason et ses collègues ont retiré leurs ovaires à dix souris âgées de 12 mois et ayant passé l’œstropause –l'équivalent murin de la ménopause. Ensuite, ils ont remplacé ces organes par ceux de souris de 60 jours –soit une petite vingtaine d'années en termes humains.

Mystérieux effet anti-âge

Quatre mois plus tard, les scientifiques allaient tester le système immunitaire des rongeurs. Le nombre de cellules immunitaires naïves avait augmenté de 67% chez les femelles aux ovaires remis à neuf. Chez les souris qui n'avaient pas subi de greffe, sur la même période, il avait chuté de 80%. Et du côté du métabolisme, le sang des souris greffées éliminait le glucose très vite pour leur âge.

Des résultats cohérents avec ceux d'études antérieures de cette même équipe, montrant notamment que les souris greffées des ovaires vivent 40% plus longtemps que leurs congénères, avec un cœur en bien meilleure santé.

Pourquoi des ovaires jeunes ralentissent ainsi le vieillissement? C'est encore un mystère. Au départ, les scientifiques pensaient à une action hormonale. Pour en avoir le cœur net, Mason et ses collègues ont donc réitéré leur expérience en greffant des organes préalablement vidés de leurs ovocytes, là où les hormones sont stockées. L'effet anti-âge est resté. Savoir quelles cellules ovariennes sont responsables du rajeunissement est le prochain défi qu'ils espèrent relever.

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 15:38

 Alzheimer's treatment within reach after successful drug trial

Tablet that ‘switches off’ production of toxic amyloid proteins could be first treatment licensed in a decade if it is also shown to slow mental decline
MRI scan of brain, close-up.
The drug could be the first treatment for Alzheimer’s to be licensed in more than a decade.

An Alzheimer’s drug has been shown to successfully target the most visible sign of the disease in the brain, raising hopes that an effective treatment could be finally within reach.

A small trial of the drug was primarily aimed at assessing safety, but the findings suggest it effectively “switched off” the production of toxic amyloid proteins that lead to the sticky plaques seen in the brains of Alzheimer’s patients.
Analysis A decade of deadlock over Alzheimer's treatment may be drawing to a close
The next phase of trials for a new Alzheimer’s drug will answer the real question: are brain plaques the root cause of the disease, or just a symptom?
Read more

If the tablet, produced by pharmaceutical giant Merck, is also shown to slow the pace of mental decline – a crucial question that a major clinical trial should answer when it reports next year – it could be the first treatment for Alzheimer’s to be licensed in more than a decade.

Prof John Hardy, a neuroscientist at UCL who first proposed that amyloid proteins play a central role in Alzheimer’s disease, welcomed the results. “People are excited,” he said. “This is a very nice drug and I’m sure Merck are feeling very pleased with themselves.”

Matt Kennedy, who led the trial at Merck, said: “Today there are very limited therapeutic options available for people with Alzheimer’s disease, and those that exist provide only short-term improvement to the cognitive and functional symptoms. They do not directly target the underlying disease processes. There is an urgent need for [these].”

The new therapy is designed to do this by halting the steady production of amyloid-beta proteins, which are known to clump together in sticky plaques in the brains of Alzheimer’s patients. A leading theory of Alzheimer’s is that the accumulating proteins kill off healthy neurons, eventually leading to memory loss, cognitive decline and changes to personality.

Kennedy said it was too early to predict when a drug might reach the market if the next step is successful. “We are eagerly awaiting the results of the phase three clinical trials,” he said. “It is premature to speculate on availability.”

In the trial, published in the journal Science Translational Medicine on Wednesday, 32 patients with early stage Alzheimer’s disease were given the drug, called verubecestat, daily for seven days. Healthy volunteers were also given the drug for up to two weeks.

This was not long enough to show visible changes to the accumulation of plaques in the brain, by MRI scans for instance. However, samples taken from the fluid surrounding the brain showed the drug had reduced the levels of two compounds that are known to be the building blocks for abnormal amyloid proteins.

Hardy said that the changes to the biomarkers convince him that the drug is successfully targeting the buildup of plaques in the brain. The real remaining uncertainty, he said, was whether this would convert into cognitive benefits for patients.

“What we have to be worried about is that the plaques have set off other pathologies - that it is too late,” he said.

The drug works by blocking a brain enzyme called BACE1, which fuels the production of two small molecules that link together to form amyloids. Mutations in genes related to BACE1 have been found in people who appear to be protected against Alzheimer’s disease.

There have been previous attempts to develop drugs that inhibit BACE1, but these have mostly failed due to unacceptable side-effects, such as liver toxicity and eye problems.

The Merck drug appears to have very few side-effects and it will be the first of its kind to make it into a large efficacy trial. The company is running two phase three trials, in 1,500 patients with mild to moderate Alzheimer’s and in another 2,000 patients in the earliest stage of the disease. The results of the first of these are due to be reported in July 2017.

There are 850,000 people with dementia in Britain, and this figure is expected to reach one million by 2025. Alzheimer’s is the most common form of the condition.

Rosa Sancho, head of research at Alzheimer’s Research UK, welcomed the findings, adding that the Merck drug is one of several that are heading into the final stages of clinical testing. “There is a wave of potential new treatments currently being tested for dementia, with the results of these studies hotly anticipated over the course of the coming months and years,” she said.

Competing drugs include one developed by the biotech firm Biogen, which reported promising results in August and which also targets the plaques. The Biogen drug aims to sweep the proteins away once they appear rather than halting the production of proteins in the first place, however.

“With us, it’s a question of switching off the tap. With them it’s mopping up the water,” said Ian McConnell, a spokesman for Merck.

Hardy suggested that Merck’s drug is likely to be far cheaper and easier to produce than the Biogen therapy, which involves injecting patients with antibodies.

Hannah Devlin Science correspondent
@hannahdev

Wednesday 2 November 2016

 

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 09:46

Cancer colorectal: la piste de la vitamine C à haute dose

À des concentrations équivalentes à 300 oranges par jour, des chercheurs américains ont obtenu des résultats encourageants chez des souris.

Et si la vitamine C pouvait être utile contre des cancers colorectaux particulièrement agressifs? C'est en tout cas ce qu'espère le Pr Lewis Cantley, chercheur à l'université Weill Cornell de New York.

Il a publié le 5 novembre, dans la revue internationale Science, les travaux menés par son équipe avec pas moins de quatre autres centres américains prestigieux, dont la faculté de Harvard ou le Cold Spring Harbor Laboratory de Long Island.

Dans un communiqué de l'université Weill Cornell, le chercheur s'enthousiasme: «Notre espoir est qu'après ce travail la communauté scientifique jette un regard neuf sur cette molécule naturelle, sans danger et bon marché.»

Mutations KRAS ou BRAF

Ce n'est cependant pas la première fois que l'on évoque l'utilisation de la vitamine C contre le cancer, avec des résultats jusque-là peu convaincants. Ceux qui sont présentés cette fois sont encore très préliminaires et, s'ils retiennent l'attention, c'est avant tout parce qu'ils concernent des cancers colorectaux particulièrement agressifs, porteurs des mutations KRAS ou BRAF. Des mutations fréquentes, environ 40 % des cancers colorectaux pour la première et 8 à 12 % pour la seconde.

Surtout, ces mutations ont la particularité de rendre le cancer résistant aux traitements ciblés que sont les anti-EGFR (Cétuximab, panitumumab), comme l'a prouvé le Pr Laurent Puig et son équipe de l'hôpital européen Georges-Pompidou (Paris) en 2006. À tel point que l'on vérifie désormais qu'un malade ne porte pas de mutation KRAS avant de lui prescrire ces traitements.

Transporteur de glucose

«Les protéines RAS jouent un rôle essentiel d'activation dans la transmission des signaux de l'extérieur de la cellule vers l'intérieur», explique au Figaro le Pr Puig, biologiste et professeur d'oncologie. «Quand il y a des mutations, l'activation devient indépendante du signal et cela induit une prolifération des cellules tumorales, comme si l'on appuyait en permanence sur un accélérateur.»

Or la présence de mutations KRAS ou BRAF s'accompagne d'une suractivation d'un transporteur de glucose dans la cellule cancéreuse, qui a des besoins monstrueux en énergie pour pouvoir se multiplier.

Noyer le moteur!

Mais cet avantage que tire le cancer de ces mutations peut aussi l'affaiblir: KRAS et BRAF ont aussi pour effet de faciliter l'entrée de la vitamine C dans la cellule cancéreuse. Dès lors, pourquoi ne pas en profiter pour inonder de vitamine C le milieu extra-cellulaire? «On tue les cellules cancéreuses en détournant leur système de protection», note le Pr Puig. Comme si on noyait le moteur!

«Nos découvertes fournissent le mécanisme rationnel pour explorer l'utilisation de la vitamine C dans le traitement de cancers colorectaux porteurs de mutations KRAF ou BRAF», explique le Pr Cantley. «C'est vrai que c'est la première fois que l'on relie une altération génétique avec une efficacité potentielle de la vitamine C, reconnaît le Pr Puig, mais ces travaux n'ont encore été menés que chez l'animal et sur quatre lignées tumorales seulement», tempère-t-il.

Des concentrations très élevées

Et, bien sûr, ces résultats ne signifient absolument pas qu'il faut prendre de la vitamine C pour éviter le cancer! Ne serait-ce que pour des raisons de doses. Les doses utilisées pour ralentir la croissance des tumeurs chez les souris sont équivalentes chez l'homme à celles apportées par… 300 oranges par jour. Ce qui impose une administration intraveineuse. À ces concentrations très élevées, les chercheurs américains ne visent d'ailleurs pas à bénéficier de l'effet anti-oxydant de la vitamine C, réputé bon pour la santé, mais au contraire à la rendre toxique pour la cellule cancéreuse.

Des subtilités métaboliques qui expliquent qu'il faille attendre des essais concluants chez l'homme avant d'ajouter la vitamine C à l'arsenal anticancer.

Par  damien Mascret

Publié le 12/11/2015

Lefigaro.fr

 

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 18:26

Complications neurologiques de la maladie cardiaque (troubles cérébraux).

Finsterer J, et al. Minerva Med. 2016.


CONTEXTE:

Les maladies cardiaques sont une cause fréquente de troubles cérébraux.

Cet examen vise à résumer et à discuter les données disponibles sur les troubles cérébraux lors des maladies du cœur.

Méthodes:

Nous avons effectué une recherche documentaire dans les bases de données classiques.

RÉSULTATS:

Les complications cérébrales sont fréquentes lors de la maladie cardiaque qui incluent l'AVC embolique, la syncope et les saignements intracérébraux.

 

Les complications plus rares sont l'infarctus avec suffusion hémorragique, l'abcès cérébral, la méningite, la métastase, la démence, ou la formation d'anévrisme.

 

La cause cardiaque la plus fréquente et la plus connue des complications neurologiques est l'embolie d’origine cardiaque.

 

Les embolies cardiaques peuvent être de différentes natures et viennent de l'oreillette gauche, du ventricule gauche ou des valves mitrale ou aortique.

 

De même, des arythmies telles que la fibrillation auriculaire ou le flutter auriculaire peuvent donner naissance à une formation de thrombus.

 

L'insuffisance cardiaque, l'infarctus du myocarde, l'anévrisme myocardique, l'endocardite / la myocardite et les troubles de coagulation sont d'autres causes d'embolie cérébrale.

 

Une autre cause cardiaque de complications neurologiques est une faiblesse du volume d’éjection due à une dysfonction systolique, des arythmies ou une sténose valvulaire.

 

Les arythmies ne sont pas seulement associées à une formation de thrombus intra-cardiaque, mais peuvent aussi conduire à un déficit du volume d’éjection faible et consécutivement à un infarctus, un vertige, un évanouissement ou une syncope.

 

Les anomalies valvulaires peuvent être une autre source de maladies neurologiques.

CONCLUSIONS:

 

Le cardiologue doit connaître les complications neurologiques de la maladie cardiaque et le neurologue doit connaître les causes cardiaques des anomalies cérébrales.

 

Les troubles cardio-cérébraux nécessitent une approche diagnostique et thérapeutique bidisciplinaire.

 

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 16:38

Venins : une guérison mortelle

2. novembre 2016
 
 

Les venins servent à dissuader, neutraliser ou tuer les ennemis. Cependant, de plus en plus souvent, les chercheurs ont découvert que le venin de serpents, de scorpions ou d’araignées peuvent aussi guérir les maladies, ce qui peut être très lucratif. Le Captopril et l’Exénatide, un antidiabétique, ont ouvert la voie.

Dans le monde, on compte plus de 100 000 animaux venimeux. Chaque venin contient une combinaison de toxines, jusqu’à 500. Ceux-ci se lient spécifiquement à certains récepteurs, par exemple, dans le cœur ou le système nerveux et peuvent tuer leur proie en quelques minutes. Cependant, l’action des toxines ne se résume pas à cela : à faible dose, les composants individuels des venins peuvent agir comme antidiabétique, antihypertenseur et contre le cancer.

Souvent, ils se lient à des molécules-clés dans les cellules humaines et modifient les processus physiologiques perturbés par la maladie. Les patients souffrant de douleurs résistantes ou d’autres symptômes neurologiques ont besoin, par exemple, des médicaments qui empêchent l’excitation de neurones. Ceci peut être obtenu avec un composé neurotoxique de serpent ou du venin d’araignée. Une faible variation dans la composition chimique ou une dose différente transforme la toxine en un produit pharmaceutique. Ce processus d’étude des organismes vivants dans le but d’obtenir des informations sur l’usage pharmaceutique ou réaliser des modifications chimiques ultérieures est appelé bioprospection.

Du venin contre l’hypertension

Environ une demi-douzaine de médicaments ont été développés à partir de venin de serpent et ont obtenu leur autorisation de mise sur le marché. L’un des premiers fut le Captopril. Cet inhibiteur de l’ECA bloque l’enzyme de conversion de l’angiotensine dans le système rénine-angiotensine. Il abaisse la pression artérielle, aide en cas d’insuffisance cardiaque et réduit les risques d’infarctus et d’AVC. Le peptide BPP5a («Bradykinin potentating peptide») contenu dans le venin du Bothrops jararaca (Bothrops jararaca), un serpent du Brésil, a servi de modèle pour son élaboration. Le BPP5a en tant que tel n’était pas adapté pour être un médicament, car il est rapidement dégradé. Cependant, grâce à l’utilisation de certaines modifications, les scientifiques ont pu prolonger cet effet. Les recherches ont permis la mise au point d’antihypertenseurs dans les années 1970. Depuis son introduction en 1981, le Captopril a probablement sauvé la vie de plus de personnes qu’il n’y a eu de décès dû au venin de Bothrops jararaca et autres vipères au cours des derniers siècles. Ce succès comme antihypertenseur a ouvert la voie à d’autres recherches en bioprospection.

Un composé contre le diabète dans la salive du monstre

Le monstre de Gila (Heloderma suspectum) vit dans les régions arides du sud-ouest de l’Amérique du Nord. Bien qu’il semble très pataud, il peut mordre rapidement. Son venin n’est pas, comme pour les serpents, injecté par des dents creuses, mais il pénètre grâce à la mastication. Le cocktail empoisonné administré contient entre autres un polypeptide appelé Exendin-4. La molécule a été découverte au début des années 1990 par l’endocrinologue new-yorkais John Eng. Il a également développé une version synthétique de la substance, l’Exénatide, et l’a vendue à la société Amylin.

L’Exénatide est le premier médicament de la classe des mimétiques de l’incrétine. Les substances de cette classe imitent l’incrétine endogène, le glucagon-like peptide-1 (GLP-1) contenu dans l’intestin. Le GLP-1 est libéré dans l’intestin après la prise de nourriture. Il se lie au récepteur GLP-1 et stimule la libération d’insuline par les cellules bêta. En outre, le GLP-1 abaisse le taux de glucagon, retarde la vidange gastrique et inhibe la faim et de la soif.

Pour une utilisation en tant que médicament, l’incrétine endogène ne convient pas, car il est dégradé en quelques minutes par l’enzyme dipeptidyl peptidase-4 (DPP-4). En comparaison, l’hormone synthétique appelée Exénatide est active pendant des heures. Un autre avantage est qu’à la différence des injections d’insuline, son action ne joue pas sur le glucose directement. Il ne libère l’insuline que lorsque la glycémie est élevée, de sorte qu’une hypoglycémie involontaire peut être empêchée. L’Exendin-4, quant à elle, n’agit pas uniquement sur le pancréas, mais stimule aussi la croissance des neurones et empêche la disparition des neurones matures.

Par conséquent, les scientifiques du National Institute on Aging, aux États-Unis, ont commencé en 2012 un essai clinique pour étudier l’effet de l’Exendin-4 sur les personnes qui souffrent de maladie d’Alzheimer à un stade précoce ou de déficience cognitive légère.

Le succès de l’Exénatide a suscité chez les fabricants de médicaments une véritable concurrence. En Allemagne, par exemple, en 2009, le Liraglutide de Novo Nordisk a été approuvé. Au cours de sa première année d’exploitation, le médicament a rapporté à l’entreprise plus d’un milliard de dollars. Deux ans plus tard, une nouvelle formulation du médicament antidiabétique Exénatide a été approuvée sous le nom Bydureon.

Dans cette formulation, l’Exénatide est encapsulé dans des microsphères qui sont composées d’un polymère biodégradable. Le médicament ne doit être injecté qu’une fois par semaine par voie sous-cutanée. Cependant, une règle s’applique également à ces médicaments : il n’y a aucun effet sans effets secondaires. En 2013, la FDA a annoncé que les mimétiques des incrétines peuvent augmenter le risque de pancréatite et conduire à l’évolution des cellules pré-cancéreuses.

Venin de scorpion en phase I

En plus du traitement de l’hypertension artérielle et du diabète, les venins peuvent également être utilisés dans le traitement du cancer. La substance appelée BLZ-100, par exemple, se compose d’un optide et du colorant fluorescent vert indocyanine. Le terme « optide » signifie peptide optimisé. Dans le cas de BLZ-100, l’ingrédient actif optimisé est la chlorotoxine. Ce petit peptide est composé de 36 acides aminés et a été découvert dans le venin d’un des scorpions les plus venimeux au monde, le Scorpion Jaune de Palestine (Leirus quinquestriatus).

BLZ-100 inhibe spécifiquement certains canaux chlorure déclenchés au cours de l’excitation nerveuse, qui apparaissent au fur et à mesure de l’évolution dans des cellules cancéreuses telles que le gliome, le mélanome, le neuroblastome ou le médulloblastome. Ils sont nécessaires pour contrôler, entre autres, l’excitabilité et le maintien de l’homéostasie et l’équilibre acide-base. En outre, ils sont importants pour la réponse immunitaire ainsi que la prolifération, la différenciation, la migration et l’invasion des cellules cancéreuses. Les cellules cancéreuses contenant BLZ 100 sont visibles pour le médecin en raison du colorant fluorescent. La tumeur peut ainsi être plus facilement détectée et enlevée. Depuis l’année dernière, BLZ-100 est testé sur des enfants et des jeunes adultes atteints de tumeurs cérébrales et de la peau dans un essai de phase I.

Anémone, araignées et mille-pattes avec du potentiel

En plus des serpents ou des scorpions, les anémones de mer aussi peuvent fournir des médicaments. L’ingrédient actif Dalazatide, précédemment appelé ShK-186, imite un peptide isolé à partir du venin de l’Anémone Soleil des Caraïbes (Helianthus Stichodactyla).

Le venin de l’Anémone Soleil contient un composé intéressant pour la sclérose en plaques, Source: James St. John, flickr.de

Le Dalazatide ne réprime pas totalement le système immunitaire, il bloque uniquement les lymphocytes T effecteurs à mémoire, un sous-ensemble de lymphocytes T, à l’origine de nombreuses maladies auto-immunes. La substance a été testée dans une étude de phase I sur 24 patients atteints de psoriasis B.

Et ce n’est pas tout : une protéine qui se trouve dans le venin de la tarentule pourrait être utilisée dans le traitement de la dystrophie musculaire, la douleur pourrait être partiellement atténuée par du venin de mille-pattes et les troubles de l’érection pourraient être traités par une toxine de l’araignée errante du Brésil (Phoneutria de nigriventer) [Paywall] [Paywall]. Last but not least, le venin d’abeille aurait même un meilleur effet sur les pattes d’oie que le Botox, si vous croyez les biologistes sud-coréens et le magazine Elle.

Livre publié :

Venomous: How Earth’s Deadliest Creatures Mastered Biochemistry
Wilcox, C; Scientific American / Farrar, Straus and Giroux, ISBN 10: 0374283370, ISBN 13: 9780374283377 ; 2016

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