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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 16:16

Plus qu’une simple tribune c’est un cri d’alarme que vient de lancer, dans Le Monde, le Pr Bruno Fallissard, pédopsychiatre et biostatisticien.

Directeur de l’unité Inserm « santé mentale et santé publique » l’auteur est bien placé pour savoir que, collectivement, nous ne voulons pas voir que les enfants peuvent souffrir de problèmes psychiatriques.

Le Pr Fallissard fournit ici d’utiles précisions de vocabulaire.  

Il ne faut pas voir dans l’expression « maladie mentale » une maladresse de style.

« Point d’euphémisme, point de  » trouble  » ou de  » syndrome « , mais des  » maladies « , car il existe en psychiatrie des maladies comme dans le reste de la médecine, écrit-il.

Et ces maladies sont parmi les plus fréquentes chez les jeunes, et parmi les plus graves. »

Quelques dizaines d’internes

Comment prendre au mieux en charge les jeunes patients atteints de maladies psychiatriques ? « Presque toujours sur la base d’un travail de groupe associant les patients, les familles, des enseignants, des travailleurs sociaux et des soignants parmi lesquels, bien sûr, des médecins que l’on dénomme pédopsychiatres (…)

Pour s’occuper de ces patients, il faut à l’évidence des -médecins, formés non seulement à l’étude du fonctionnement du cerveau, mais aussi à la psychologie, à la systémique familiale et, avant tout, à la clinique pédopsychiatrique. »

Or, et c’est l’objet de ce cri d’alarme : la pédopsychiatrie est, aujourd’hui, programmée pour disparaître. Ecoutons le lanceur d’alerte :

« La dernière attaque en date vient de la réforme en cours de la formation des internes en pédopsychiatrie. Tout est fait pour que la spécialité devienne la moins attractive possible. Il y a 640 pédopsychiatres en France, d’une moyenne d’âge légèrement supérieure à 60 ans. La discipline a perdu plus de 50 % de ses effectifs sur la période 2007-2016. Aujourd’hui, quelques dizaines d’internes seulement sont formés chaque année. Vouloir encore diminuer ce nombre, c’est assumer la fin de la discipline. »

Intelligentsia et prérogatives

Qui assumera ? Le Pr Fallissard ne craint pas de répondre, au risque de froisser dans un milieu peu habitué aux réquisitoires prononcés en public :

« Depuis le début des années 2000, la pédopsychiatrie est victime d’assauts d’une violence sans précédent. Assauts venant de certains collègues psychiatres pour adultes ou de certains neuro-pédiatres, qui voient là une possibilité d’élargir leurs prérogatives ; assauts venant de l’intelligentsia du monde universitaire et de la recherche, qui pense trop souvent que les neurosciences à elles seules apporteront une solution à tous les problèmes psychiatriques ; assauts de certains politiques, souvenons-nous d’un récent projet de loi contre la possibilité de recourir à certains soins dans l’autisme. »

Il ajoute une donnée historique oubliée en ces temps de post-vérité : les spécialités médicales ne sont pas éternelles. Qui se souvient de la disparition, il y a un demi-siècle, de la « neuropsychiatrie » malheureusement écartelée, depuis, en deux disciplines étrangères ? La pédopsychiatrie française entame-t-elle, en 2017 une disparition bientôt irréversible ? Si oui, qui en sera tenu pour responsable ?

 

 
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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 16:08

Polémique sur la psychanalyse et la pédopsychiatrie : précisions de Bruno Fallissard. Psychanalyse et autisme..

 

Evoquant le cri d’alarme lancé il y a quelques jours dans les colonnes du Monde quant à l’avenir de la pédopsychiatrie en France, nous ne pensions pas réactiver la vieille querelle centrée (pour résumer) sur la place de la psychanalyse au sein de cette discipline.

C’était une erreur.

Plusieurs critiques nous ont ainsi été faites expliquant en substance que la tribune du Pr Bruno Fallissard (1) était une forme de plaidoyer à peine masqué en faveur de l’usage des approches psychanalytique dans le champ de la pédopsychiatrie – et notamment dans la prise en charge des personnes souffrant de syndromes autistiques.

Ces critiques ad hominem nous ont conduit à demander à l’auteur s’il souhaitait, sur ce thème, apporter des précisions.

Les voici :

« A vrai dire il faut hésiter entre la tristesse de voir qu’aujourd’hui, encore plus qu’avant semble-t-il, tout et n’importe quoi ressort inlassablement. Et puis, plus raisonnablement, il faut accepter que les choses soient comme elles sont et que tout le monde a le droit de s’exprimer.

Alors venons-en aux faits.

Je ne suis pas psychanalyste Je n’ai pas suivi d’analyse.

Personne dans ma famille n’est psychanalyste ni n’a été en analyse.

Mon activité clinique est dans le service de pédopsychiatrie de l’Hôpital Robert Debré, connu pour ses positions non, voire antipsychanalytiques. Dans mon papier j’ai essayé de peser avec précaution tous les mots que j’utilisais : 

« Pour s’occuper de ces patients, il faut à l’évidence des médecins, médecins formés non seulement à l’étude du fonctionnement du cerveau, mais aussi à la psychologie, à la systémique familiale et, avant tout, à la clinique pédopsychiatrique. »

Je ne parle jamais de psychanalyse, et je mets en avant le fait de devoir connaître le fonctionnement du cerveau (bien sûr).

Mais aussi, et on l’oublie souvent, de la systémique, tellement importante en pédopsychiatrie. Et j’aurais pu parler de la phénoménologie, tellement importante aussi.

Mais tout le monde ne voit là que des arrières pensée psychanalytiques…

Alors, du coup, effectivement il y a de quoi partir en croisade contre cette pensée anti-psychanalytique folle (?). Et c’est ce que je fais de temps en temps, parce que je pense qu’il faut le faire. 

La psychanalyse est une discipline respectable, passionnante sur un plan théorique et utile aux patients comme l’ont montré de nombreuses études randomisées. Voilà tout. »

 

1 Bruno Falissard est directeur du Centre de Recherche en Epidemiologie et Santé des Populations (Maison de Solenn, Paris) et président de l’International Association for Child and Adolescent Psychiatry and Allied Professions (Iacapap)

 

   Médecine, Polémique, psychiatrie, Psychologie

Étiquettes :

 

 

NB : il ne s'agit que de la relation psychanalyse / prise en charge de l'autisme. Voir le documentaire "Le mur" (Robert).

 

Polémique sur la psychanalyse et la pédopsychiatrie : précisions de Bruno Fallissard sur AUTISME et PSYCHANALYSE.
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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 16:00

Tabac : il faudra cent millions d’euros pour détruire les derniers paquets avec logos

C’est une information de BFM-TV (Matthieu Pechberty).

 

C’est aussi une nouvelle démonstration de l’incurie dans le champ de la politique du tabac. Interdits à la vente depuis l’instauration du paquet neutre, quinze millions d’anciens paquets de cigarettes (avec logos) ont été renvoyés par les buralistes aux services de l’Etat.

Que croyez-vous qu’il arriva ?

En août 2016, le ministère du Budget avait promis que les paquets non-vendus au 1er janvier 2017 seraient remboursés, rappelle BFM-TV.  

Une souplesse (inhabituelle) de la réglementation qui avait été confirmée dans un autre courrier du 19 décembre dernier.

Conséquence : les 26.000 buralistes français ont retourné leurs invendus.

Entre la fin janvier et la fin février, Logista (qui détient le monopole de distribution en France) a reçu 250 tonnes de tabac (paquets, tabac à rouler, cigarillos…). 

Soit l’équivalent de plus de 15 millions de paquets de cigarettes et une valeur de près de cent millions d’euros. Faute d’être écoulés les stocks furent réceptionnés – avant, dit-on, d’être mis sur un bûcher.

Produits non conformes

« Mais entre temps, Bercy a modifié les règles de remboursement, révèle BFM-TV. Dans une lettre datée du 20 janvier, les Douanes imposent que tous les paquets soient identifiés avec leur date de livraison.

Une condition impossible à remplir pour Logista qui fait l’intermédiaire entre les buralistes et l’administration. Craignant que Bercy ne règle la facture, Logista a bloqué les paiements aux buralistes depuis quelques semaines.

La note par bureau de tabac représente en moyenne 3000 euros, mais les plus gros débitants ont renvoyé pour quelques dizaines de milliers d’euros de marchandise. »

Aujourd’hui les obstacles viennent d’être levés.

« Nous venons d’apprendre que la Direction de la Douane vient de donner instruction à Logista pour que ces remboursements puissent être effectués, vient de faire savoir le site des buralistes.

Il faut dire que les modalités de remboursement des produits non-conformes correspondent à une tâche vraiment atypique tant pour l’administration que pour la Comptabilité publique.

Et les derniers problèmes administratifs et comptables – jamais prévus par le ministère de la Santé quand il a institué le paquet neutre – viennent seulement d’être levés. »

Cent millions d’euros.  Cent millions d’euros carbonisés.

 

 

 

Tabac : il ne faudra "que" cent millions d’euros pour détruire les derniers paquets avec logos..
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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 15:39

Des médecines parallèles à la médecine intégrative

 

 

Auparavant, on nommait « parallèles », ces médecines qui soignaient leurs patients avec des traitements non reconnus par la faculté ou n’ayant pas fait l’objet d’essais cliniques validés par la science.

Selon les postulats de la géométrie euclidienne, les parallèles n’ont aucune chance de se rencontrer. 

Ni ces médecines, ni la médecine académique ne tentèrent donc jamais le moindre rapprochement, sémantiquement impossible.

Deux mondes hermétiques.

Puis, ces médecines ont été nommées « alternatives ».

C’était moins rédhibitoire, cela laissait au patient des choix alternatifs.

Liberté d’alterner d’une médecine à l’autre en fonction des situations cliniques rencontrées.

Les patients consultaient l’académie pour leurs certitudes morbides et côtoyaient les alternatives pour leurs doutes.

Ils prenaient garde à ménager la susceptibilité de chacun des praticiens, afin de n’être abandonné, ni de celui qui auscultait le cœur ni de celui qui l’écoutait.

Par la suite, on a utilisé le terme de médecines « complémentaires ».

Signifiant clairement au patient qu’il pouvait utiliser les différentes pratiques à sa guise, sans avoir à les dissimuler à aucun des praticiens.

La seule condition étant de respecter une hiérarchie tacite entre le fondamental et le complémentaire.

L’Université condescendait à ces pratiques dans l’intérêt du patient, à défaut de savoir ou de vouloir les appréhender dans l’intérêt de la science.

Mais toutes ces révisions terminologiques, n’ont pas comblé le fossé.

Nul ne sait pourquoi la médecine basée sur les preuves est aussi souvent en échec, même lorsqu’elle applique des protocoles confirmés par la preuve.

On ne sait pas davantage pourquoi les pratiques intuitives et empathiques sont aussi souvent efficaces, indépendamment de toute preuve.

Et cela dans tous types de pathologie, des plus banales aux plus redoutables.

L’ampleur de la variabilité individuelle dans notre espèce dépasse tout ce que les sciences biomédicales peuvent découvrir par l’expérimentation.

Des thérapeutiques probabilistes basées sur des études populationnelles ne seront bénéfiques qu’à 20% ou 30% des patients, alors que diverses méthodes d’autosuggestion seront tout aussi bénéfiques aux mêmes pourcentages.

Nombreux sont ceux qui reconnaissent désormais cette réalité et pensent qu’il ne faut priver les patients d’aucune opportunité, même si la rationalité  n’est pas au rendez-vous.

C’est pourquoi, le nouveau terme est celui de médecine « intégrative », avec l’idée sous-jacente d’un patient global auquel il faut accorder la globalité du raisonnable et de l’intuitif.

Une médecine qui tapote la main du patient et une qui fait la ponction veineuse.

Une médecine qui pleure et une médecine qui saigne.

L’intégration sera complète, et ne nécessitera plus de nouveaux termes, lorsque chacun acceptera les impératifs nécessairement obtus des articles scientifiques et lorsque les universitaires en écriront moins pour laisser plus de temps au tapotage de main.

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 15:35

Drogue et psychiatrie : prescrire la kétamine comme un antidépresseur majeur ?

La kétamine n’a pas fini de faire rêver.

Cette amine psychotrope synthétisée en 1962 pour les laboratoires Parke-Davis est aujourd’hui utilisée comme anesthésique général.

Son usage fut rapidement détourné à d’autres fins que thérapeutique et on a, ici ou là, signalé son usage sur les théâtres d’opérations militaires où l’indifférence du combattant à la douleur constitue un avantage certain.

Ses propriétés stupéfiantes expliquent aussi son usage (illégal) en milieu festif 1.

Il faut aujourd’hui compter avec le texte publié par  The Lancet Psychiatry

« Ketamine treatment for depression: opportunities for clinical innovation and ethical foresight »

signé par le Dr Rupert McShane (Oxford Health NHS Foundation Trust, Warneford Hospital, Oxford). Un texte repris et développé par la BBC.

Selon lui la kétamine peut constituer un traitement remarquable chez certaines personnes souffrant de dépressions sévères et résistantes à toutes les autres approches médicamenteuses.

Ce spécialiste estime que le moment est venu d’en savoir plus et de constituer un registre pour surveiller sn usage et en tirer au plus vite les leçons pratiques.  

Dans son expérience clinique sur cent-une personnes souffrant de dépression résistante quarante-deux ont répondu à la kétamine.

Pas d’automédication

Le Dr McShane espère qu’un nombre croissant de médecins l’utiliseront pour traiter ces formes de dépression.

« Nous pensons que le traitement des patients devrait se faire dans des centres spécialisés et être officiellement suivi dans les registres nationaux ou internationaux, explique-t-il.

Cela nous aiderait à résoudre les problèmes de sécurité ou d’abus à long terme et à réduire la dose, la fréquence, let les durées de traitement. »

Les dosages de la kétamine utilisée dans son essai clinique sont beaucoup moins élevés que les quantités utilisées par les personnes qui le prennent comme drogue illégale.

Le Dr McShane met en garde contre tout type d’automédication et avertit qu’il ne s’agit en rien d’une thérapeutique miracle obtenue en une prise unique.

Prudence

Outre-Manche l’institution psychiatrique demeure prudente.

Le Pr Allan Young (Collège royal des psychiatres) a estime qu’il existe toujours des « lacunes importantes » dans la connaissance de l’utilisation de la kétamine.

« Avant que la kétamine puisse être recommandée en pratique clinique contre la dépression, une recherche approfondie est nécessaire pour comprendre comment utiliser de manière optimale, a-t-il déclaré.

Le Collège royal des psychiatres s’inquiète de la sécurité des patients et, par conséquent, recommande aux praticiens de la santé mentale de faire preuve de prudence lorsqu’ils traitent des patients avec la kétamine ».

Pour Paul Keedwell, psychiatre à l’Université de Cardiff, « La kétamine dans le traitement de la dépression est l’une des découvertes les plus excitantes en psychiatrie depuis des années. Cependant, plus de recherche est nécessaire ainsi qu’un registre qui permette aux chercheurs de partager de nouveaux résultats, positifs ou négatifs ».

Un point de vue entièrement partagé, en France, par le Dr William Lowenstein, président de SOS Addictions.

A demain

1 En France la kétamine en tant que matière première est inscrite sur la liste des stupéfiants par l’arrêté du 8 août 1997. Ce classement était justifié par l’apparition de cas d’abus en milieu médical et l’émergence d’une consommation de kétamine dans les milieux festifs (« rave-party »), confirmée par une enquête réalisée en 2000 et 2001.

Selon cette enquête, les produits impliqués, quand ils étaient identifiés, étaient le plus souvent des médicaments vétérinaires, plus fortement dosés que les médicaments à usage humain.

 

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Drogue et psychiatrie : prescrire la kétamine comme un antidépresseur majeur.
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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 15:29

En octobre 2016, après des années d’atermoiements puis de controverses, la Haute autorité de santé (HAS) tranchait : elle estimait que le service médical rendu des quatre médicaments indiqués dans le traitement symptomatique de la maladie d’Alzheimer était « insuffisant ».

 

Conclusion : inefficaces (et potentiellement dangereux) rien ne justifiait que leur prise en charge soit assurée via la solidarité nationale.

 

On attendait que Marisol Touraine se range à l’avis de la HAS.

 

Ce ne fut étrangement pas le cas.

La ministre de la Santé estimait alors urgent de ne pas dérembourser ces médicaments « tant qu’il n’existerait pas de parcours de soins garantissant une prise en charge adaptée aux malades d’Alzheimer ».

Contre l’avis de la majorité de spécialistes elle estimait que le déremboursement pouvait « entraîner une perte de chance pour les patients ».

Situations d’errance

La ministre saisissait dans le même temps un spécialiste (le Pr Michel Clanet) en lui demandant de proposer un « protocole opérationnel qui permette d’améliorer le repérage, le diagnostic et la prise en charge des malades d’Alzheimer en évitant les situations d’errance ».

Ce rapport vient d’être rendu

Ses recommandations « prennent en compte la place des médicaments, les alternatives médicamenteuses, l’accompagnement médico-social et la place des aidants ». (1)

Et Marisol Touraine de prendre quelques décisions :  à partir du 1er novembre 2017, les consultations de médecine générale visant à informer les patients et à définir un traitement face à une maladie neurodégénérative « seront revalorisées à 60 euros ».

A cette même date, les médecins généralistes pourront réaliser jusqu’à trois « visites longues » annuelles au domicile des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer – et ce « à un tarif de 70 euros ».  

Et vingt unités cognitivo-comportementales supplémentaires seront ouvertes sur le territoire national (dont la moitié en 2017).

Le déremboursement ?

Pour Marisol Touraine, « ce n’est qu’au terme de la mise en œuvre de ces mesures que la question du maintien ou non du remboursement des médicaments aujourd’hui prescrits dans le traitement symptomatique de la maladie pourra se poser ».

Aucune explication n’est donnée, il faudra s’en contenter.

A demain

1 Il s’agit de l’Aricept ® (donepezil) de la firme Eisai (commercialisé en France depuis septembre 1997) l’Exelon ® (rivastigmine) de Novartis ® (mai 1998), le Reminyl ® (galantamine) de Jansen-Cilag (octobre 2000) et l’Exiba ® (mémantine) de Lundbek (mai 2002).

2  Rapport remis à Mme Marisol Touraine, ministre des Affaires Sociales et de la Santé par le Pr Michel Clanet, président du Comité de suivi plan maladies neuro-dégénératives.

 

 

JY Nau.

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 06:47

« Je veux laisser mon empreinte dans ce monde. Et non pas simplement me trainer d’un point A à un point B jusqu’au jour de ma mort, » déclarait un patient atteint de syndrome de l’intestin irritable (SII), une maladie caractérisée par des douleur, des crampes, des ballonnements, et une alternance de diarrhée et de constipation.

Cette déclaration déchirante est celle d’une personne dont le diagnostic est d’ordre digestif.

Un diagnostic lié au tractus digestif, certes, mais également lié à des maladies psychologiques comme l’anxiété et la dépression.

En fait, parmi les 10-15 % de la population mondiale atteinte de SII, environ 50 % se plaignent de lourds symptômes psychologiques.

Les médecins ont longtemps cru que le cerveau était la cause des symptômes intestinaux du SII.

Après tout, le SII est un trouble pour lequel aucune cause non biologique n’a été identifiée à ce jour (c’est un trouble dit « fonctionnel »).

Et cependant, de nombreuses évidences suggèrent aujourd’hui que le SII n’a pas son origine dans le cerveau.

Par exemple, une étude de 2016, dans laquelle 1 900 Australiens étaient suivi pendant une longue période, a permis de découvrir que les individus avec des symptômes intestinaux de type SII sans problèmes d’humeur au début de l’étude présentaient des niveaux d’anxiété et de dépression plus élevés un an plus tard.

Et parmi tous ceux qui étaient atteints de troublesgastro-intestinaux (GI) fonctionnels à la fin de l’étude, deux tiers avaient présenté des symptômes intestinaux avant les symptômes psychologiques, ce qui invalide le fait que le cerveau ait pu provoquer d’abord les symptômes GI en premier.

Selon le consensus médical actuel, les symptômes psychologiques de SII pourraient tout au plus jouer un rôle dans la gravité perçue des symptômes GI et dans la dégradation de la qualité de vie du patient.

Le stress ou d’autres facteurs psychologiques ne provoquent pas les symptômes intestinaux du SII, mais les accompagnent la plupart du temps.

Pourtant, à ce jour, les chercheurs n’ont pas mis en évidence d’autres facteurs qui pourraient causer à la fois les symptômes psychologiques et les intestinaux.

Une vision plus complexe de cette maladie émerge petit à petit de l’observation du microbiote intestinal des individus affectés.

De nombreuses études ont en effet découvert récemment des altérations du microbiote intestinal normal chez les individus atteints de SII, bien que la nature exacte des changements varie en fonction des études.

Mais en général, les patients diagnostiqués de SII semblent posséder une communauté de microbes intestinaux moins diversifiée et plus instable que celle des individus sains.

En clair, il n’a pas été démontré que le microbiote intestinal était responsable du SII, des symptômes intestinaux, ou cérébraux.

Cependant, les scientifiques sont convaincus que le réseau de communication bidirectionnelle entre le tractus GI et le cerveau (dénommé axe intestin-cerveau) est impliqué dans le SII d’une manière ou d’une autre.

Et il a déjà été prouvé que l’axe intestin-cerveau est influencé par le microbiote intestinal.

Par exemple, à l’aide d’études chez la souris, les scientifiques ont découvert que les maladies liées au stress (chronique ou aigu) peuvent changer l’environnement de l’intestin, en modifiant la composition du microbiote intestinal, et ce microbiote altéré pourrait à son tour être responsable des comportements assimilables à l’anxiété et à la dépression chez les souris.

Cette implication du microbiote intestinal dans les symptômes cérébraux liés au SII a été mise en lumière par une étude de 2012 qui a révélé que certains types de microbiote, comparables à une signature étaient en corrélation non seulement avec la vitesse à laquelle les matières se déplacent le long du colon, mais aussi avec les niveaux de dépression signalés.

Actuellement, l’opinion la plus répandue, parmi les scientifiques, sur le microbiote intestinal dans le SII est que : soit il provoque les symptômes psychologiques, soit il contribue à leur persistance.

Mais il faudra attendre de nouvelles études chez l’Homme pour démêler l’origine complexe de ce trouble.

Étant donné que les symptômes et les communautés bactériennes dans le SII semblent un objectif insaisissable, cela pourrait prendre des années avant que les médecins puissent vraiment comprendre en quoi consiste le SII.

Et pourtant, les liens entre le SII et le microbiote intestinal pourraient, en définitive, constituer une bonne nouvelle. Ils offrent la possibilité de moduler le microbiote intestinal de sorte à traiter les symptômes cérébraux ou intestinaux associés à ce trouble.

S’il est confirmé que ces symptômes si gênants dépendent des altérations du microbiote intestinal, cibler l’intestin avec des traitements comme les probiotiques pourrait faire toute la différence pour les personnes atteintes de SII.

La recherche sur les probiotiques a une longueur d’avance : il existe suffisamment d’éléments étayant l’idée que cibler la communauté microbienne intestinale avec des microorganismes vivants peut réduire la douleur et la sévérité globale des symptômes des individus atteints de SII.

Cependant, les études sur l’utilisation des probiotiques comme traitement de l’anxiété et de la dépression dans le SII restent rares.

Un objectif important pour les années à venir sera donc de découvrir si les probiotiques sont des stratégies utiles pour traiter un trouble qui n’est pas que « dans notre tête ».

Kristina Campbell Kristina Campbell L’écrivain scientifique Kristina Campbell (M. Sc), résidant en Colombie-Britannique, au Canada, s'est spécialisée dans la communication sur le microbiote intestinal, la santé digestive et la nutrition. Auteur du best-seller Well-Fed Microbiome Cookbook, ses articles en tant que freelance sont parus dans des journaux du monde entier. Kristina s'est jointe à l'équipe d'édition de Gut Microbiota for Health en 2014. Retrouvez Kristina sur : Google • Twitter

Intestin irritable et anxio-dépression. Un trouble qui n’est pas que « dans notre tête ».
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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 06:39

Tout a commencé par un doigt qui bougeait tout seul. Il s’est dit que ce n’était pas grave.

Mais après quelque temps, le tremblement n’avait toujours pas cessé.

C’est alors que Michael J Fox, l’acteur principal de la trilogie Retour vers le futur a décidé de se rendre chez le médecin, qui, malheureusement, lui a diagnostiqué la maladie de Parkinson en 1991.

À l’époque, l’acteur américain n’avait que trente ans.

Comme lui, selon l’Association européenne de la maladie de Parkinson (European Parkinson’s Disease Association – EPDA), 6,3 millions de personnes sont atteintes de cette maladie de par le monde.

Les premiers symptômes de la maladie se manifestent généralement à partir de 60 ans, mais près de 10 % des patients sont diagnostiqués avant l’âge de 50, comme ce fut le cas pour l’acteur.

La maladie de Parkinson (MP) est une maladie neurodégénérative progressive qui entraine la disparition graduelle des cellules responsables de la production de dopamine, une substance chimique qui sert de neurotransmetteur, essentielle à la coordination des mouvements.

Ceci explique que les personnes atteintes de cette affection neurologique finissent par avoir des difficultés à marcher, parler ou même prendre soin d’elles-mêmes.

À ce jour, les scientifiques n’en connaissent toujours pas les causes précises ni le remède.

Cependant, une nouvelle étude menée par l’ Université d’Helsinki et l’Hôpital universitaire central d’Helsinki (Helsinki University Central Hospital – HUCH) pourrait apporter quelques éclaircissements à ce sujet.

Ces experts finlandais, dirigés par le neurologue Filip Scheperjans du département de neurologie de l’Hôpital universitaire d’Helsinki, ont été les premiers à montrer qu’il existait des différences entre le microbiote intestinal des patients atteints de la MP et celui des personnes en bonne santé et que ces différences pourraient être liées à la gravité des symptômes et au phénotype clinique de la maladie.

Cette nouvelle étude s’encadre dans une suite de recherches précédentes qui suggéraient que la MP pouvait avoir une origine gastro-intestinale.

Au cours d’une étude menée sur un groupe témoin de 72 sujets et 72 patients atteints de la maladie de Parkinson, Scheperjans et son équipe ont constaté que ces derniers comptaient beaucoup moins de bactéries de la famille Prevotellaceae dans leur intestin que leurs homologues en bonne santé.

Les chercheurs ont aussi détecté une corrélation directe entre la quantité de microbes du genre Enterobactericeae dans l’intestin des patients et le degré de gravité de leurs problèmes de mobilité et d’équilibre.

Plus la quantité d’Enterobacteriaceae était élevée, et plus les symptômes étaient graves.

Dans un article paru dans www.gutmicrobiotaforhealth.com, le Docteur Scheperjans expliquait que « l’abondance d’Enterobacteriaceae était liée à la gravité de l’instabilité posturale et des difficultés à la marche. Il existerait donc une connexion entre le microbiote intestinal et les symptômes moteurs de nos patients.

Notre étude est la première à démontrer les altérations de la composition du microbiote intestinal dans les maladies neurodégénératives.

» Actuellement, les chercheurs réexaminent ces mêmes patients afin de déterminer si ces différences sont permanentes et si les bactéries intestinales sont associées à la progression de la maladie, et de ce fait à leur diagnostic.

« Nous devrons en outre déterminer si les altérations de l’écosystème bactérien existaient déjà avant l’apparition des symptômes moteurs.

Nous tenterons évidemment d’établir les bases de cette connexion entre le microbiote intestinal et la maladie de Parkinson, le type de mécanisme qui les lie », ajoutait Sheperjans.

Cette nouvelle étude, financée par la fondation créée par Michael J. Fox (Michael J Fox Foundation for Parkinson’s Research) et la Fondation finlandaise pour le Parkinson, parue dans Movement Disorders, la revue clinique de la Société internationale de Parkinson et des mouvements anormaux (International Parkinson and Movement Disorder Society), vient étoffer la liste d’études récentes qui ont établi un rapport entre les microbes intestinaux et des maladies telles qu’obésité, dépression, schizophrénie et lupus.

Scheperjans et son équipe espèrent que les résultats obtenus puissent servir à créer un test de diagnostic pour la maladie de Parkinson et, éventuellement, à ouvrir la voie au développement de meilleures stratégies de traitement, voire de prévention, en se concentrant sur le microbiote.

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 09:54

Un score de probabilité du diagnostic de la borreliose de Lyme - est sans rapport avec la réponse au traitement antibiotique.


Briciu VT1,2, Flonta M2, Leucuţa D3, Cârstina D1, Ţăţulescu DF1,2, Lupşe M1,2.
 

Infect Dis (Lond). 2017 mai; 49 (5): 373-379. Doi: 10.1080 / 23744235.2016.1272134. Epub 2017 3 janvier.


OBJECTIFS:

(1) Décrire les données épidémiologiques et cliniques des patients présentant une suspicion de Lyse borreliosis (LB);

(2) pour évaluer un score publié antérieur qui classe les patients sur la probabilité d'avoir une LB, suivi des résultats cliniques des patients après une antibiothérapie.


MÉTHODES:

Critères d'inclusion:

Des patients présentant des manifestations cliniques compatibles avec la sérologie LB et Borrelia (B.) burgdorferi positive, hospitalisés dans un hôpital roumain entre janvier 2011 et octobre 2012.


CRITÈRE D'EXCLUSION:

Erythema migrans (EM) ou suspicion de neuroborreliose de Lyme (LNB) avec ponction lombaire effectuée pour le diagnostic.

Un questionnaire a été complété pour chaque patient concernant les maladies associées, les morsures de tiques ou l'histoire de l'EM et les signes / symptômes cliniques à l'admission, la fin du traitement et 3 mois plus tard.

Les essais à deux niveaux (TTT) ont utilisé un ELISA suivi d'un kit Western Blot.

Les patients ont été classés en groupes, en utilisant le score de probabilité LB et ont été évalués dans une équipe multidisciplinaire.

L'antibiothérapie a suivi les recommandations.


RÉSULTATS:

Soixante-quatre patients ont été inclus, présentant diverses comorbidités associées.

Cinquante-sept patients présentaient un TTT positif, dont sept étaient des tests ELISA ou Western Blot positifs.

Aucune différence de résultat n'a été trouvée entre les groupes de patients classés comme LB très probable, probable et peu probable.

Au lieu de cela, un meilleur résultat post-traitement a été décrit chez les patients ayant un TTT positif.


CONCLUSION:

Les patients étudiés pour la suspicion de LB présentent diverses manifestations cliniques et des comorbidités qui compliquent le diagnostic différentiel.

Le score de probabilité de diagnostic LB utilisé chez nos patients n'a pas été en corrélation avec la réponse au traitement antibiotique, ce qui suggère que le score de probabilité ne présente aucun bénéfice dans le diagnostic.


MOTS CLÉS:

Borreliose de Lyme; diagnostic différentiel; Score de probabilité

PMID: 28049383
10.1080 / 23744235.2016.1272134

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 09:19

Myélite étendue symptomatique d'une neuroborreliose.


Brás A1, Marques N2, Santiago B1, Matos A1, Moreira F1.
 

Port Acta Med. 2016 sept; 29 (9): 564-566. Doi: 10.20344 / amp.7400. Epub 2016 30 sept.


Les manifestations neurologiques de la maladie de Lyme sont rapportées chez 3% à 12% des patients, la forme de présentation la plus fréquente étant la méningoradiculite.

D'autres symptômes impliquant le système nerveux central, comme la myélite ou l'encéphalite, sont rares (<5%).

Nous rapportons un cas d'un homme de 66 ans, avec une myélite transversale étendue subaiguë, secondaire à une infection par Borrelia burgdorferi.

Le patient a subi une thérapie antibiotique pour une neuroborreliose avec un bon résultat clinique.

La rareté des symptômes cliniques et la présentation de l'imagerie, basée sur une maladie infectieuse traitable, met en évidence l'importance de l'inclusion de la neuroborreliose dans le diagnostic différentiel de la myélite transversale longitudinale étendue.

 

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