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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 09:07
Si l’alimentation peut constituer un facteur de prévention vis-à-vis des risques de cancers, certains nutriments pourraient également contribuer à rendre plus efficaces certains traitements. C’est par exemple le cas de l’acide docosahexaénoïque, ou DHA, un acide polyinsaturé de la famille des oméga-3. Un mécanisme aujourd’hui mieux compris, comme l'a expliqué le Pr. Stephan Chevalier de l'unité Inserm "Nutrition, croissance et cancer" lors du colloque de la recherche de la Ligue contre le cancer.



Certains acides gras de la famille des Oméga 3 pourraient améliorer l'efficacité des traitements anticancéreux.
Depuis plusieurs années, les liens entre le DHA et la réponse à la chimiothérapie ont été explorés à travers plusieurs études. Ce composé provient essentiellement de l’alimentation, on le retrouve en quantité importante notamment dans des poissons comme le saumon, le thon albacore, l’espadon, le hareng. La concentration de DHA dans le tissu adipeux mammaire (témoin des apports alimentaires) est directement reliée avec l’efficacité de la chimiothérapie1. Une efficacité démontrée in vitro2. Cette amélioration de l’efficacité des traitements a également été démontrée chez l’animal en cas de traitement par radiothérapie3, par anthracyclines4 et par taxanes5.

Les travaux de l’équipe dirigée par Stéphan Chevalier ont contribué à démontrer qu’un apport en DHA est susceptible d’améliorer l’efficacité de différentes chimiothérapies employées dans le traitement du cancer du sein. Selon ces études, plusieurs hypothèses pourraient expliquer cet effet : le DHA pourrait remodeler la vascularisation des tumeurs et ainsi augmenter la distribution de l’agent anticancéreux au sein de la tumeur ; il pourrait diminuer la prolifération cellulaire en régulant des récepteurs nucléaires des cellules tumorales mammaires ; il pourrait intervenir au niveau des cellules cancéreuses en bloquant certains signaux liés à son agressivité6 et à sa capacité à migrer vers d’autres organes (pour y former des métastases)7.

Une étude de phase II conduite chez des femmes atteintes de cancer du sein métastasé a permis de souligner l’intérêt d’une telle supplémentation en DHA8. Une étude conduite chez des patients atteints de cancers du poumon avec métastases a également donné des résultats encourageants9. Aujourd’hui, l’intérêt d’une supplémentation en DHA au cours de la chimiothérapie du cancer du sein métastasé fait l’objet d’une étude de grande ampleur, une étude clinique multicentrique de phase III10,11. La réponse est attendue pour l’année prochaine…

lundi 30 janvier 2012
David Bême

Sources :
1 - Improving outcome of chemotherapy of metastatic breast cancer by docosahexaenoic acid: a phase II trial. Bougnoux P et al - Br J Cancer. 2009 Dec 15;101(12):1978-85. Epub 2009 Nov 17 - (étude accessible en ligne)
2 - Enhancement of doxorubicin cytotoxicity by polyunsaturated fatty acids in the human breast tumor cell line MDA-MB-231: relationship to lipid peroxidation - Germain E et al - Int J Cancer. 1998 Feb 9;75(4):578-83. (étude accessible en ligne)
3 - Enhanced radiosensitivity of rat autochthonous mammary tumors by dietary docosahexaenoic acid. - Colas S et al.- Int J Cancer. 2004 Apr 10;109(3):449-54. (étude accessible en ligne)
4 - Sensitization by dietary docosahexaenoic acid of rat mammary carcinoma to anthracycline: a role for tumor vascularization.- Colas S et al - Clin Cancer Res. 2006 Oct 1;12(19):5879-86. (étude accessible en ligne)
5 - Omega-3 fatty acids induce apoptosis in human breast cancer cells and mouse mammary tissue through syndecan-1 inhibition of the MEK-Erk pathway. Sun H et al - Carcinogenesis. 2011 Oct;32(10):1518-24. Epub 2011 Jul 18. (abstract accessible en ligne)
6 - P2X(7) receptor activation enhances SK3 channels- and cystein cathepsin-dependent cancer cells invasiveness - Jelassi B et al - Oncogene. 2011 May 5;30(18):2108-22. doi: 10.1038/onc.2010.593. Epub 2011 Jan 17. (abstract accessible en ligne)
7 - Identification of SK3 channel as a new mediator of breast cancer cell migration. - Potier M -Mol Cancer Ther. 2006 Nov;5(11):2946-53. (étude accessible en ligne)
8 - Improving outcome of chemotherapy of metastatic breast cancer by docosahexaenoic acid: a phase II trial. Bougnoux P et al - Br J Cancer. 2009 Dec 15;101(12):1978-85. Epub 2009 Nov 17. (étude accessible en ligne)
9 - Supplementation with fish oil increases first-line chemotherapy efficacy in patients with advanced nonsmall cell lung cancer. Murphy RA et al - Cancer. 2011 Aug 15;117(16):3774-80. doi: 10.1002/cncr.25933. Epub 2011 Feb 15. (abstract accessible en ligne)
10 – Etude DHALYA - Programme hospitalier de recherche Clinique Cancer 2011
11 – Lipides et sensibilisation du cancer du sein aux agents anticancéreux – Stéphan Chevalier - Colloque de la recherche de la Ligue contre le cancer 2012 – 26 janvier 2012
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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 11:19
Point de vue Ni rituel psychanalytique ni réductionnisme génétique ! | 22.02.12 | Les débats homériques en cours sur les causes de l'autisme laissent perplexe toute personne un tant soit peu
informée sur la réalité de cette maladie. Des conflits idéologiques, forts éloignés de la réalité médicale et biologique, semblent fleurir particulièrement dans l'autisme. Il convient de rappeler
quelques faits qui ne sont pas contestables. 1. L'autisme est une maladie précoce qui prend naissance le plus souvent pendant la grossesse. On trouve plus de neurones dans certaines régions
cérébrales des enfants autistes. La prolifération cellulaire ayant lieu exclusivement in utero chez l'homme, cette preuve ne peut être contestée. L'autisme est une maladie du développement cérébral
avec la formation très tôt de réseaux neuronaux aberrants qui rendent difficile la communication des enfants autistes dès leur plus jeune âge. 2. L'autisme a parfois une origine génétique, mais
l'environnement joue un rôle crucial. On a pu identifier des mutations génétiques dont l'expression chez l'animal cause des malformations et un "comportement autistique". Ces mutations, qui ont un
impact sur la formation de connexions entre cellules nerveuses, entraînent dans le cerveau de l'embryon un cercle vicieux avec des effets délétères sur les régions atteintes. 3. Des études
épidémiologiques montrent une bonne dizaine de facteurs de type environnementaux ayant un rapport avec l'autisme. Ainsi, une étude danoise des corrélations entre autisme et complications à la
naissance montre plus de soixante facteurs périnataux liés à l'autisme, y compris une présentation anormale du bébé lors de la naissance, des complications de type ombilicale/placentaire, une
détresse foetale, une lésion ou un trauma néonatal, une naissance multiple, une hémorragie maternelle, une naissance en été, un faible poids à la naissance, une petite taille pour l'âge
gestationnel, une malformation congénitale, des difficultés de nutrition, une anémie néonatale, une incompatibilité ABO (les trois groupes sanguins) ou de type rhésus. La probabilité d'avoir un
enfant autiste augmente de façon significative quand deux facteurs sont réunis. Des toxiques tels que les métaux lourds et les pesticides ont aussi une incidence sur l'expression de la maladie. En
résumé, l'autisme est une maladie développementale multifactorielle. 4. Une malformation cérébrale est un phénomène "biologique" qui ne nage pas dans l'éther et ne se guérit pas avec des mots.
Parler de la responsabilité de la mère et de vouloir guérir les rapports avec son enfant fait fi de cette réalité biologique. Par exemple, l'ocytocine - une hormone libérée pendant la naissance et
l'allaitement joue un rôle certain dans l'attachement mère-enfant. Imaginons que cette hormone marche moins bien chez une mère et son enfant ; va-t-on l'accuser d'en être responsable et va-t-on
guérir ce rapport difficile avec des mots ou plutôt avec l'hormone déficiente ? Il faudrait rappeler que même les aspects affectifs qu'affectionnent les psychanalystes ont par essence un substratum
biologique. La prétention des psychanalystes de guérir cette maladie avec des séances de psychanalyse ne tient pas, car on ne peut pas ignorer la biologie. Le manque de fondement scientifique de
cette branche et le fait qu'elle s'affranchit du minimum de preuves statistiques auxquelles sont astreints tous ceux qui veulent développer des traitements est inacceptable. De plus, non seulement
les preuves d'une quelconque amélioration sont toujours attendues, mais de plus la méthode provoque des dégâts en culpabilisant les mères et en faisant prendre du retard à l'enfant pendant que
celui-ci est privé d'une éducation qui pourrait l'aider à se développer. A l'autre extrême, le réductionnisme génétique procède d'une simplification abusive qui, tout en dédouanant les mères de
leurs responsabilités, ne tient pas compte des facteurs environnementaux. On a pu identifier des centaines de mutations associées à l'autisme, dont plusieurs sont aussi à l'origine d'autres
maladies neurologiques. Il y a donc plusieurs gènes pour une même maladie et plusieurs maladies pour un même gène montrant la difficulté du diagnostic et rendant une thérapie génique illusoire.
Cette double OPA sur une maladie et des parents dont le courage mérite plus de respect et d'admiration n'a pas lieu d'être. Cette maladie et son traitement posent un problème redoutable aux
chercheurs, qui doit être abordé avec pragmatisme et sérieux. Les parents rapportent souvent avoir vécu la prise en charge de leur enfant comme une épreuve, d'une part par la culpabilisation
maternelle qu'elle engendre, mais surtout en proposant une hiérarchie des priorités, souvent sans prendre en compte les objectifs essentiels d'autonomie et d'intégration. Les parents ont souvent à
juste titre le sentiment d'être dépossédés de leur fonction parentale, incapables qu'ils seraient de faire des choix pour leur enfant. Il faut avoir le courage de dire que cette maladie ne va pas
être guérie au sens où on l'entend avec une aspirine. Des méthodes différentes peuvent permettre d'améliorer le quotidien des parents, tant mieux, c'est déjà cela ! La guéguerre entre droite et
gauche n'a pas lieu d'être ici, marier la gauche avec la psychanalyse est aussi simpliste que prétendre que les approches comportementales sont de droite. Commençons par comprendre comment se
construisent ces réseaux aberrants, comment réduire leurs effets nocifs sur les réseaux voisins et, surtout, comment arriver à réduire tout cela le plus tôt possible, et on aura avancé. Cessons de
promettre la guérison miraculeuse à partir d'un gène ou d'une molécule qui effacera les séquelles des malformations développementales. C'est en bloquant ces activités aberrantes avec des outils
pharmacologiques que les promesses les plus sérieuses sont en cours de développement. En attendant, une approche à la carte sans menu fixe et sans hégémonie s'impose, mais elle doit être basée sur
des méthodes qui ont fait leurs preuves. Yehezkel Ben-Ari, neurobiologiste, président de l'association Vaincre l'autisme ; Nouchine Hadjikhani, neuroscientifique, membre du conseil scientifique de
Vaincre l'autisme et Eric Lemonnier, pédopsychiatre au CHU Brest
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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 11:10
Point de vue Autisme : c'est la psychiatrie qu'on attaque | 22.02.12 | 14h29 • Mis à jour le 23.02.12 | 10h19 Un rapport de la Haute Autorité de santé (HAS) qui doit être rendu public le 6 mars dénonce, dans sa conclusion, la non-pertinence de l'approche psychanalytique et de la psychothérapie institutionnelle dans le traitement de l'autisme, certes, et on risque de ne pas en rester là. C'est l'humanité même de la psychiatrie qui est condamnée. La pratique du "packing", longtemps utilisée dans le traitement des psychoses de l'adulte, repose sur l'enveloppement humide qui permet au patient souffrant d'un morcellement du corps propre de retrouver de l'intérieur son enveloppe corporelle. Est-ce bien cette pratique qui suscite les cris de haine de la part des associations de parents d'enfants autistes ? Les témoignages de ceux qui en auraient été les bénéficiaires ne seront même pas entendus. Le pédopsychiatre Pierre Delion, dont on ne dira jamais assez la gentillesse et l'esprit d'ouverture, est la victime d'une véritable persécution ; cette campagne de haine n'a cessé de gonfler jusqu'à sa convocation devant le Conseil de l'ordre. Cette douloureuse affaire ne fait qu'augmenter le niveau d'angoisse où nous jette déjà une crise sociale et morale alimentée de toutes parts : si le scientisme gagne à l'aide d'arguments et de pressions non scientifiques, alors le désert croît. Si la psychiatrie n'est plus dans l'homme, on assistera à des pratiques de contention et de répression que l'on signale déjà ici ou là. La désolation caractéristique du vécu de la psychose est aussi une expérience qui nous guette tous : en allemand, la désolation (Verwüstung) se souvient du désert (Wüste) qu'elle traverse. Aujourd'hui, si on ne pense pas en même temps la psychiatrie et la culture, on accroît la désertification. Ce qui est inédit dans cette affaire, c'est que, pour la première fois, on voit qu'un procès fait à la psychanalyse, discipline qui ne s'est jamais dérobée à la critique, débouche non pas sur une controverse scientifique argumentée mais sur une interdiction disciplinaire réclamée par des lobbies. Encore une fois, on peut contester la prétention de la psychanalyse à la scientificité, comme l'ont fait au siècle dernier les arguments de Karl Popper, ceux de Georges Politzer ou, plus près de nous, ceux de Gilles Deleuze. Il faut insister là-dessus : la psychanalyse, discipline libérale, ne s'autorisant que d'elle-même, selon les termes de Lacan, indépendante du discours universitaire mais mobilisant toutes les ressources de la science et de la culture, n'a jamais prétendu se dérober au débat scientifique. Cette pression de l'opinion intéressée et pleine de ressentiment est une insulte à la liberté de penser et une menace pour les autres disciplines de la science et de la culture. A côté des vociférations d'aujourd'hui, la première vague de l'antipsychiatrie des années 1970, qui charriait beaucoup de préjugés et d'analyses sommaires, n'avait pourtant pas la même tonalité de haine et de bêtise. Or, cette haine risque de parvenir à ses fins. Certes, elle est nourrie de la souffrance de parents d'enfants autistes qui ont le sentiment d'avoir été culpabilisés par des discours peu nuancés. Menée à son paroxysme, la haine vise à soustraire l'enfant souffrant à une pratique qui vise pourtant à le soulager. L'autiste n'est pas un malade, dit la nouvelle antipsychiatrie. La maladie mentale n'existe pas, disait la première antipsychiatrie. De telles affirmations massives résonnent comme un déni de la souffrance et plus encore de l'humanité qui est ou devrait être au coeur de la clinique, si toutefois le mot même de clinique a encore un sens pour les censeurs. Mais les arguments ont entraîné, cette fois-ci, un recours à l'appareil judiciaire et à un traitement disciplinaire là où un débat argumenté et scientifique fait défaut. Il convient donc d'informer : il existe des lieux de soin, des praticiens, qui résistent à cette dérive. Ils y résistent d'autant mieux qu'ils savent dénouer l'intrigue du scientisme et du judiciaire bâtie autour de l'autisme, mais dépassant de loin la seule question de l'autisme. Il est urgent d'avoir recours à une défense et illustration d'une psychiatrie née pendant et après la guerre qui visait à supprimer l'enfermement asilaire : soigner l'hôpital avant de soigner les malades, selon la formule du psychiatre allemand Hermann Simon, reprise par François Tosquelles. Quand l'hôpital va mieux, certains troubles disparaissent. La psychothérapie institutionnelle qu'on dénonce aujourd'hui a une histoire à faire valoir. Je me contenterai d'en rappeler quelques principes simples. L'institution doit faire du sur-mesure : ce n'est pas au patient de s'adapter au milieu. Pour cela, le concept analytique de "transfert" est précieux. Le transfert d'un patient, schizophrène ou non, sur l'institution, que Jean Oury appelle "transfert dissocié", consiste à organiser la "rencontre" entre le patient et d'autres personnes évoluant dans les mêmes lieux : soignants, personnels de service, autres patients. Le mot même de "rencontre" est la clé de cette pratique. Pour qu'il y ait rencontre, il faut qu'il y ait liberté de circuler. Mais davantage encore, il faut que les lieux et les personnes soient assez distincts : distinguer les sujets, distinguer les lieux pour qu'ils deviennent des sites de parole, distinguer les moments contre un temps homogène et vide, distinguer des groupes et des sous-groupes dans un réseau d'activités. En un mot, résister à la tyrannie de l'homogène, face lisse du "monde administré", selon la formule de Theodor W. Adorno. Une telle pratique de soin de l'esprit humain s'est nourrie de l'apport de la psychanalyse, sans exclusive. Mais surtout, hors du débat scientifique dont pourtant on nous prive, il faut dire l'ancrage de ce traitement. "L'homme est en situation dans la psychiatrie comme la psychiatrie est en situation dans l'homme." Ces mots du philosophe Henri Maldiney ont été illustrés dans des lieux aussi divers que la clinique de Ludwig Binswanger à Zurich, l'hôpital de Saint-Alban (Lozère) pendant la guerre ou, aujourd'hui encore, à la clinique de La Borde (Loir-et-Cher). Va-t-on assécher l'élément humain dans lequel ces institutions baignent ? L'obsession sécuritaire présentant le patient schizophrène comme un danger, jointe au recours à la justice, va-t-elle avoir raison de ces pratiques toujours en recherche ? Nous ne pouvons nous y résoudre. Le désert croît et pourtant rien n'est joué.
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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 11:03
Les infections invasives à Steptococcus pyogènes ou streptocoque A (SGA), qui semblaient avoir perdu de leur importance avec les progrès en matière d'hygiène et d'antisepsie, connaissent une nouvelle augmentation en France. Entre 2002 et 2004, une augmentation de l'incidence des septicémies à SGA a été constatée, passant de 1,6 à 2,7 cas p.100 000 habitants. Des recommandations ont été émises par le Conseil supérieur d'hygiène publique de France en 2005 sur la conduite à tenir lors de la survenue d'un ou plusieurs cas d'infections invasives à SGA en milieu communautaire et les actions menées depuis au niveau national mettent l'accent sur la nécessité de signaler les infections hospitalières au CCLIN et à la DDASS. Le CCLIN Ouest a réalisé une étude descriptive des infections puerpérales à SGA à partir des fiches de signalement des infections nosocomiales reçues entre 2001 et 2010. Ont été incluses toutes les infections invasives ou non survenues au décours d'un accouchement par voie basse ou césarienne, ce qui correspondait à 62 fiches de signalement, provenant de 35 établissements de l'inter-région, dont 42 concernaient des cas isolés et 20 des cas groupés. Le nombre de signalements a très nettement augmenté à partir de 2006 (de 3 en 2005 à 14 en 2009 avec une décroissance à 7 en 2010). Ces signalements concernaient 93 patientes ayant présenté au moins une infection. Sur 108 infections signalées, 93 étaient invasives (62 endométrites, 24 septicémies dont 10 associées à une endométrite, 1 associée à une péritonite post césarienne, 3 syndromes de choc toxique septicémiques dont un décès). Le délai moyen de survenue de l'infection était de 4 jours post-partum. Le caractère nosocomial des infections était certain dans 29 % des signalements (N=18) et probable dans 50 % (N=31). Les infections ont été acquises dans l'établissement dans 54 % (N=33) des signalements et importé dans 8 % (N=4). Une investigation a été réalisée dans 67 % des cas (N=41). Le typage des souches a été effectué seulement dans 31 % (N=19) des cas et les résultats transmis au CCLIN 9 fois. L'incidence globale allait de 0,16 à 1,08 pour 100 000 naissances. Les actions menées au niveau national ont sensibilisé les établissements à la prévention des infections puerpérales à SGA et les ont incités à signaler davantage ce type d'infection au CCLIN. Des points sont à améliorer comme la conservation des souches, et leur transmission au CNR pour typage. Aupée M et coll. Infections puerpérales à Streptococcus pyogenes. État des lieux à partir des signalements externes des infections nosocomiales dans l'interrégion Ouest. 2001-2010. 31ème Réunion Interdisciplinaire de Chimiothérapie Anti-Infectieuse, Paris, 1er-2 décembre 2011. Dr Muriel Macé (24/02/2012)
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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 11:01
Les hypothèses se suivent pour tenter d'expliquer l'augmentation des maladies allergiques. Les modifications du mode de vie sont sur la sellette : environnement trop « propre » mais aussi changement des habitudes alimentaires. L'utilisation d'additifs, de colorants ou de conservateurs, est depuis longtemps soupçonnée d'avoir un rôle dans l'augmentation des maladies allergiques sans que cela ait jamais été confirmé. Des données récentes suggèrent pourtant que la structure chimique de ces additifs pourrait moduler l'interaction entre l'immunité Th1 et Th2 avec comme conséquence une prédominance de la réponse Th2 et donc la survenue d'allergies. Les additifs alimentaires ne se comporteraient pas comme des allergènes en eux-mêmes mais favoriseraient la réponse allergique aux allergènes communs. Des études in vitro sur des cellules mononuclées ont montré que les anti-oxydants tels que les vitamines C et E, mais aussi les conservateurs alimentaires, peuvent exercer des effets suppresseurs sur la cascade de l'activation immunitaire Th1. Ces effets pourraient être dus à l'interaction des composés anti-oxydants avec les cascades pro-inflammatoires mettant en jeu des signaux de transduction importants tels que le facteur de transcription nucléaire ?B. Ces résultats, obtenus in vitro, montrent que ces composés ont une action anti-inflammatoire qui pourrait faire basculer la balance immunitaire Th1-Th2 vers une immunité de type Th2 et donc la production de cytokines (IL-4, 5, 6 et 13) à l'origine de la production d'IgE par les cellules B. Les anti-oxydants sont présents dans les fruits et les légumes, le vin, le thé, le café et le chocolat. Ils sont considérés comme ayant une action préventive face à certaines pathologies cardiovasculaires et, d'une manière générale, comme capables d'améliorer la santé. On les trouve également dans les aliments en tant qu'additifs, comme conservateurs ou colorants (curcuma, bétalaïne), ou comme suppléments vitaminiques. Les études épidémiologiques ne montrent cependant pas d'association entre les anti-oxydants dans le régime alimentaire et l'allergie. C'est la consommation en excès de ces anti-oxydants qui pourrait peut-être favoriser la survenue de l'allergie. Zakun D et coll. : Potential Role of Antioxidant Food Supplements, Preservatives and Colorants in the Pathogenesis of Allergy and Asthma. Int Archives Allergy Immunol., 2012 ; 157 : 113-124. 24/02/12 (JIM) Dr Geneviève Démonet
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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 10:58
Découverte en 1930, la protéine C-réactive (CRP), protéine de la phase aiguë de l'inflammation, reste d'actualité : son dosage plasmatique, marqueur sanguin très informatif, reflète les capacités de l'hôte à répondre à une agression, notamment dans le cadre d'un processus infectieux. La signification de valeurs « extrêmes », cependant et si l'on en croit C. Le Gall et coll, de l'hôpital d'instruction des armées de Brest, est peu étudiée. Une raison incontestable pour y consacrer une étude spécifique... Etude rétrospective, donc, de patients ayant présenté une CRP supérieure à 500 mg/L. Réalisée entre le 1er janvier 2002 et le 31 décembre 2008, l'étude a permis de colliger 91 prélèvements réalisés chez 68 patients (38 femmes et 30 hommes), d'un âge moyen de 65 ± 15 ans (extrêmes : 32 à 95 ans). La CRP moyenne de l'ensemble de ces prélèvements était de 574 ± 71 mg/L (extrêmes de 501 à 915 mg/L). Un peu plus de la moitié des prélèvements provenaient du service de réanimation, un quart des urgences, six de médecine interne, 6 de chirurgie, 5 de pneumologie et 5 de gastro-entérologie. Soixante-quatre patients (94 % de la population étudiée) étaient septiques : sepsis simples pour 9 d'entre eux (14 %), sepsis sévères avec au moins une défaillance d'organe pour 30 (46 patients) et choc septique pour 26 (40 %) ; 78 foyers infectieux ont pu être identifiés, avec une prédominance des étiologies respiratoires (62 %), suivies des étiologies digestives (17 %). La proportion d'infections nosocomiales, retrouvées chez 20 patients, représentait 40 % des épisodes septiques. Une valeur de CRP supérieure à 500 mg/L semblait traduire une gravité clinique et évolutive particulière ; une baisse rapide et significative à J4 constituait le témoin d'une guérison en cours. Pour les auteurs, une CRP extrême reflétait finalement une susceptibilité individuelle de l'hôte à induire une réponse inflammatoire accrue, disproportionnée, voire inadaptée au stimulus princeps. Ce qu'on pourra finalement certainement retenir de cette étude, c'est qu'à l'hôpital une cinétique de croissance de 25 % ou plus par rapport à la veille est fortement évocatrice d'une infection nosocomiale ; et aussi qu'elle traduit un fort risque d'aggravation du tableau clinique dans les heures qui suivent la mesure, et finalement un risque élevé de mortalité sur le plan pronostique. La CRP, si longtemps après sa découverte, permet toujours d'apprécier la réaction de défense de l'organisme, d'adapter précisément un traitement et d'émettre un pronostic. Le Gall C et coll. Significations d'une protéine C-réactive supérieure à 500 mg/l : à propos de 91 prélèvements dans un centre hospitalier brestois. Pathologie Biologie 2011 ; 59 : 319-320. 24/02/12 (JIM) Dr Jack Breuil
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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 10:54
Dès les années 1960 et 1970, des recherches ont été consacrées aux liens entre l'efficacité des neuroleptiques et la dopamine (notamment son action pré-synaptique sur les neurones dopaminergiques et l'implication des récepteurs pour ce neuromédiateur). On estime actuellement que si des facteurs génétiques jouent « un rôle étiologique majeur» dans le déterminisme de la schizophrénie (avec d'autres déclencheurs liés à l'environnement ou/et au développement du sujet), une « hyperactivité dopaminergique pré-synaptique dans le striatum» reste un élément essentiel du contexte biochimique des psychoses. La sévérité et la chronicité de la schizophrénie incitent à identifier les sujets à risque, dans l'espoir que les traitements d'ordre psychosocial et médicamenteux infléchissent l'évolution des troubles. Des critères pour repérer les sujets à risque et des programmes d'intervention précoce ont donc été développés, et un débat s'est instauré sur l'opportunité d'inclure un éventuel « syndrome de vulnérabilité psychotique» (psychosis risk syndrome, attenuated psychotic symptoms) dans le futur DSM-5. Ce débat porte notamment, explique l'éditorialiste de The American Journal of Psychiatry, sur la nécessité de prescrire ou non des neuroleptiques, malgré le risque d'effets latéraux (en particulier d'ordre métabolique), chez des sujets qui n'auraient pas développé la maladie dans toute son ampleur. Doit-on alors s'autoriser à violer le principe d'airain de la médecine, primum non nocere (d'abord, ne pas nuire), en induisant des effets indésirables chez les intéressés, malgré l'absence de certitude formelle sur le caractère d'une évolution psychotique ? Il serait donc utile de disposer d'un marqueur permettant de décider quels sujets traiter, à savoir les plus susceptibles d'éprouver cliniquement des symptômes psychotiques. Examinant l'évolution de 30 sujets « à très haut risque de schizophrénie » et documentée par l'imagerie TEP (tomographie par émission de positrons) avec recours à une dopamine marquée [18F]Dopa, une récent étude prospective montre justement que « l'activité dopaminergique élevée dans l'aire associative du striatum» pourrait constituer un tel marqueur pouvant orienter la décision thérapeutique, car elle prouve qu'une suractivité dopaminergique constitue « un facteur crucial conduisant à une pleine manifestation de la psychose.» Mais une question demeure encore énigmatique : pourquoi des sujets « schizotypiques » (à haut risque de psychose) ne deviennent pas toujours psychotiques, même en présence de niveaux d'activité dopaminergique aussi élevés que ceux évoluant cliniquement vers la psychose ? Henn FA : Dopamine : a marker of psychosis and final common driver of schizophrenia psychosis. Am J Psychiatry, 2011; 168: 1239-1240. JIM Dr Alain Cohen
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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 09:36

MinION & GridION : Oxford Nanopore en dit plus à l’AGBT

 

 

 

L’AGBT qui a eu lieu du 15 au 18 février, à Marco Island, a fait la part belle à la technologie d’Oxford Nanopore, ainsi qu’il avait été prévu

 

La société dont il est question a profité du rassemblement pour lever le voile sur 2 produits : le MinION et le GridION, il est à noter que le MinION, mini-système de séquençage de la taille d’une grosse clé USB  a une dénomination commerciale tout particulièrement adaptée au marché français.

La technologie d‘Oxford Nanopore permet le séquençage et l’analyse à haut-débit de reads de taille ultra longue (plusieurs kb) en temps réel pour pas très cher : la promesse d’un séquençage de 3ème génération démocratisé. 

Clive G. Brown (directeur de la technologie chez Oxford Nanopore) a présenté ses deux nouveaux «jouets» :

- Le MinION (dont le prix serait inférieur à 900 $) est un consommable et séquenceur (les deux à la fois) jetable qui devrait permettre de générer 1 Gb de données

  • Le GridION (que vous pouvez empiler à foison) permet quant à lui de générer, par module,  plusieurs dizaines de Gb / jour (on pencherait pour un minimum de 25 Gb) sachant que selon nos informations un module aurait un coût voisin de 30 k$
  • Oxford Nanopore insiste sur le fait qu’à la Gb générée ils seront concurrentiels en terme de coût des consommables. 
  • En outre, le volume de données générées s’adapte à la problématique de l’utilisateur puisqu’en effet tant que l’appareil séquence -d’où leur slogan « Run Until« - il génère des données (le débit journalier associé à une technologie prend tout son sens ici). 
  • La cartouche -consommable de séquençage- associée à la technologie GridION possède actuellement 2000 pores individuelles -en 2013, il est prévu de passer à un consommable en comportant 8000- avec cette évolution il sera donc possible avec 20 modules GridION (environ l’investissement équivalent à un HiSeq2000) de séquencer un génome humain en 15 minutes
  • Une autre façon de voir les chose est la suivante, dans sa version « actuelle » à 2000 pores disponibles : pour un prix équivalent à celui d’une configuration de type Ion Proton, 5 modules GridION seront capables de séquencer un génome humain à 30 X (cela leur prendrait une demie journée)

D’autres éléments ont filtré lors de l’AGBT. En effet, il semblerait que la technologie d’Oxford Nanopore subisse un taux d’erreurs sur séquences brutes encore assez élevé de 4 % (comparé aux plus de 10 % pour la technologie de Pacific Bioscience). 

Clive G. Brown aurait laissé entendre que ce taux d’erreurs serait uniforme et le fruit d’une majorité d’erreurs systématiques (ce qui est plutôt bon signe, en vue d’une rapide amélioration du système). Au niveau du système de détection, une puce GridION comporte 2K capteurs (un par pore)

Chaque capteur permet de distinguer 64 signaux différents, ceci a permis d’analyser le passage de triplets de base afin de pouvoir discriminer 4x4x4 profils différents (j’avoue que j’attendais plus : quid de la prise en compte d’un signal différentiel en cas de présence d’une 5-méthylcytosine ?).

Au niveau préparation des échantillons, un séquenceur de 3ème génération ne nécessite pas de phase d’amplification. 

Hormis une phase préalable de légère fragmentation de l’échantillon rien ne semble envisagé. 

Pour palier leur problème de fiabilité, on imagine aisément qu’à l’instar de Pacific Bioscience, une circularisation de l’ADN de l’échantillon permettra d’engendrer en séquençage un nombre suffisant de répétitions venant atténuer ce point négatif.

Un élément important -mais pas surprenant- réside dans la politique commerciale affichée : une distribution directe des machines ainsi qu’une adaptation tarifaire (en usant de forfaits) offrant la possibilité d’acheter la machine à prix réduit avec un report sur le coût des consommables devrait permettre à Oxford Nanopore de conquérir quelques marchés n’en doutons pas !

 

by C.AUDEBERT on FÉVRIER 19, 2012 ·

 


Mots-clés : AGBT GridION MinION Oxford Nanopore séquençage 3ème génération

 

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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 17:25

L’exposition chronique au stress peut entraîner un vieillissement accéléré, notamment cérébral. Une forte tension au travail, la triade faible autonomie, fortes exigences, peu de soutien, pourraient ainsi être associés à un risque accru de démence de tout type.

Une enquête téléphonique a été menée auprès de jumeaux suédois âgés de 65 ans et plus en 1998 afin de dépister des signes de déficit cognitif puis de cas échéant de proposer une évaluation clinique. Sur les 10 106 participants, 257 présentaient une démence (167 maladie d’Alzheimer [MA], 46 démence vasculaire [DV]). La tension au travail a été évaluée sur le rapport exigences (emploi du temps, charge) -contrôle (recours au jugement personnel) et sur une matrice d’exposition psychosociale appliquée afin de « scorer » les exigences, le contrôle et le support social de chaque emploi. L’âge, le sexe et le niveau d’études ont été pris en compte comme co-variables.

Les patients atteints de démence étaient plus âgés et plus souvent des femmes (sauf en cas de DV). Le niveau d’études était supérieur chez les sujets contrôles, qui exerçaient moins souvent des professions manuelles et présentaient moins d’antécédents cardiovasculaire ou d’AVC. Une plus grande tension au travail s’associait à un plus grand risque de DV, surtout en cas de cumul avec un faible soutien. Seules les femmes étaient soumises à un plus grand risque de démence en cas de moindre contrôle, et les travailleurs manuels à une probabilité accrue de MA en cas de faible soutien.

Le stress professionnel pourrait jouer un rôle dans le développement des démences, surtout de type vasculaire et le manque de soutien, au sens d’interactions génératrices d’aide avec les collègues de travail et les supérieurs hiérarchiques,  serait ici le principal mécanisme. Le double aspect des relations sociales, protectrices en cas de travail impliquant une complexité des liens aux personnes, et au contraire facteur de risque de démence en cas de rapports insuffisants, souligne l’importance de cet élément, notamment dans une perspective de prévention. Seul le niveau d’exigences au travail n’est pas apparu constituer un facteur de risque de démence, l’entraînement mental pouvant ici contre balancer l’effet du stress. Néanmoins la combinaison d’une exigence élevée et d’un faible niveau de contrôle, source d’une forte tension professionnelle, s’est avérée associée aux démences vasculaires. Les limites de l’étude sont, l’absence de certitude étiologique, le faible effectif des DV, la méconnaissance des facteurs de stress non professionnels.

Modifier l’environnement au travail, le lien social, donner un sens à l’activité, pourraient contribuer à promouvoir la santé cognitive.



Dr Anne Bourdieu Publié le 23/02/2012


Andel R et coll. : Work-related stress may increase the risk of vascular dementia. J Am Geriatr Soc., 2012 ; 60 : 60-67,

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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 17:23

Les infections à Clostridium difficile (CD) ont pris une place préoccupante au cours de ces dernières années  en raison de l'augmentation de l'incidence et  de la sévérité des colites, qu’elles soient acquises à l'hôpital ou en ville. Dans certains hôpitaux, cette bactérie a dépassé les infections à staphylocoques dorés comme première cause de mortalité au cours d’infection nosocomiale.

Une revue fait le point sur la prise en charge actuelle de cette complication, issue des recommandations des sociétés savantes américaines (laSociety for Healthcare Epidemiology of Americaet l’Infectious Diseases Society of America).

Les facteurs de risque (tableau 1) sont nombreux et connus.  Les auteurs soulignent toutefois, que chez les malades sous antibiothérapie en soins intensifs,  la plupart des diarrhées (80 % environ) ne sont  pas d’origine infectieuse. La traduction clinique de la colite à CD va de la diarrhée banale à la colite fulminante mettant en jeu le pronostic vital. Les selles liquides ont une odeur assez caractéristique de « grange à chevaux ». Trente pour cent des malades sont fébriles et 50 % ont une hyperleucocytose. Une leucocytose supérieure à 20 000/mm3suggère un risque de progression vers un mégacôlon toxique, survenant chez 3 à 5 % des patients avec un taux de mortalité de 35 à 57 %. Une autre particularité de cette infection est la fréquence des récidives, intéressant 30 % des malades et s’observant quel que soit  le  traitement institué lors du premier épisode. 

Le diagnostic biologique fait appel à plusieurs techniques dont les sensibilités et spécificités ne sont pas clairement documentées. Il importe de pratiquer cette recherche uniquement en présence de symptômes évocateurs de colite à CD car 40 à 60 % des patients colonisés à l’hôpital sont porteurs asymptomatiques.

Le traitement, outre les mesures de réhydratation et l’arrêt si possible du traitement antibiotique à l’origine de la colite, est basé sur le métronidazole oral 500 mg deux fois par jour en cas d’atteinte légère à modérée et la vancomycine orale 125 mg,  4 fois par jour, dans les cas sévère ou récurrents.  De nombreux  traitements associés ont été proposés, dont la bactériothérapie fécale,  mais l’évaluation de ces thérapeutiques est restée relativement sommaire. Au stade de mégacôlon toxique, la colectomie doit être envisagée.

Les stratégies de prévention reposent sur un bon usage des antibiotiques et la prévention de la transmission manuportée. En cas d’épidémie, le port de gants, un lavage des mains à l’eau et  au savon et la désinfection des surfaces à l’eau de Javel sont recommandées. Pour finir, rappelons qu’en France, le signalement  des formes nosocomiales sévères ou survenant  dans un contexte épidémique  est requis.



Dr Béatrice Jourdain Publié le 23/02/2012


Bobo L et coll. : Clostridium diffi cile in the ICU. The Struggle Continues. Chest 2011; 140 (6) : 1643 – 1653.

Tableau 1-facteurs de risque associés avec une colite à Clostridium difficile

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