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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 04:54

TROUBLES COGNITIFS ET PSYCHOLOGIQUES CHEZ LES PATIENTS ATTEINTS DE LA MALADIE DE LYME.

La maladie de Lyme est une maladie infectieuse transmise par une bactérie appelée Borrelia burgdorferi.

Les symptômes les plus courants sont des éruptions cutanées (érythème migrant), des douleurs articulaires et musculaires, des troubles au niveau du système nerveux central et périphérique et des problèmes oculaires, qui peuvent se produire à différents stades de la maladie.

La borréliose peut aussi être accompagnée de symptômes psychologiques.

Le but de l’étude était de quantifier l’occurence des troubles cognitifs et affectifs chez les patients atteints de la maladie. Méthode :

L’étude a testée 121 patients.

Ceux-ci avaient tous été diagnostiqués comme étant atteints de Lyme chronique : 46 d’entre eux avaient de l'arthrite de Lyme (38%) et 75 une neuroborréliose (62%).

Parmi les patients testés, il y avait 61 femmes et 60 hommes, tous âgés entre 18 et 65 ans, la moyenne d'âge étant de 46 ans.

Les patients testés ont été soumis à des tests de fonctionnement cognitifs et affectifs établis sur base de d’entretiens standards et de méthodes d’évaluations : l’Examen de Folstein sur l’état mental (MMSE), le test de l’horloge (qui permet d’apprécier notamment les atteintes visuo-spatiales et les fonctions exécutives), et l’inventaire de dépression de Beck (BDI).

Résultats :

Des troubles cognitifs sont plus souvent présent dans le groupe des patients atteints de neuroborréliose (14,7%) que chez les patients atteints de L'arthrite de Lyme (4.3%).

Les femmes atteinte de neuroborréliose avaient chez 23% des atteintes cognitives, contre 8.9% chez les hommes. Les personnes atteintes d’arthrite de Lyme avaient beaucoup moins de problèmes cognitifs (6.5% chez les femmes et aucun chez les hommes).

Les patients atteints de neuroborrélose avaient aussi plus de symptômes dépressifs (50,7%, dont 60% chez les femmes) comparé aux patients ayant de l'arthrite de Lyme (39.1%).

La sévérité de la dépression mesuré par le test BDI était légère ou modérée dans la grande majorité des cas.

Parmi les patients testés, des troubles anxieux était beaucoup plus présente (44% des cas) chez les personnes atteintes de neuroborréliose (avec un nombre plus élevé d’hommes atteints par des troubles anxieux, 48.9% contre 36.7 chez les femmes).

Les résultats obtenus montrent que, tant chez les patients atteint d’arthrite que de neuroborréliose, les troubles affectifs étaient beaucoup plus récurrents que les problèmes cognitifs.

Conclusion :

Des troubles dépressifs et anxieux assez élevés ont été observés chez les patients atteints de la maladie de Lyme, particulièrement chez les patients atteints de neuroborréliose.

Les troubles anxieux étaient plus présents chez les hommes que chez les femmes, tandis que les symptômes dépressifs étaient plus présents chez les femmes.

Une fréquence accrue de troubles cognitifs ont été observés chez les patients atteints de neuroborréliose, particulièrement chez les femmes.

Étude publiée le 1er mars 2017, par le département de maladies infectieuses de Bytom, en collaboration avec l’université médicale et le département de psychiatrie de Silsia, en Pologne.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/m/pubmed/28378969/

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 04:35

Tribunal Monsanto : la firme américaine reconnue coupable d’atteinte aux droits humains

Par Rémi Barroux

Six mois après le procès citoyen intenté au géant de l’agrochimie, les juges ont rendu, mardi, leur « avis consultatif » et demandent la reconnaissance de l’écocide dans le droit international.

Au Tribunal Monsanto, à La Haye (Pays-Bas), en octobre 2016, cinq juges internationaux écoutent les témoins venus du monde entier.

Les conclusions du Tribunal international Monsanto sont sans appel.

La compagnie américaine spécialisée dans les biotechnologies agricoles a été reconnue coupable de pratiques portant atteinte à de nombreux droits humains.

Des taux hors normes de glyphosate dans les urines de personnalités Au « Tribunal Monsanto », des militants veulent mettre l’environnement au cœur du droit international

Elle était accusée de crimes contre l’humanité et d’écocide, se voyant notamment reprocher la commercialisation de produits toxiques ayant causé la mort de milliers de personnes, comme les polychlorobiphényles (PCB), le glyphosate – utilisé dans des herbicides comme le Roundup commercialisé par la multinationale –, ou encore l’acide 2,4,5-trichlorophénoxyacétique, constituant l’« agent orange », un herbicide pulvérisé par avion par l’armée américaine durant la guerre du Vietnam.

Rendu public à La Haye, aux Pays-Bas, mardi 18 avril, après six mois de travail, cet avis « consultatif » du tribunal, sous la présidence de Françoise Tulkens, ex-juge à la Cour européenne des droits de l’homme, n’a pas valeur de condamnation au sens juridique du terme ; il n’est pas « juridiquement contraignant », ainsi que le précise le document.

« Il ne fait par conséquent mention d’aucun “plaignant”, aucun “procureur” ni aucun “prévenu” au sens juridique de ces termes. »

Alerter l’opinion et faire avancer le droit

Le Tribunal Monsanto est un procès citoyen, sans reconnaissance officielle, dont le but est d’alerter l’opinion et de faire avancer le droit.

Durant deux jours du 16 au 18 octobre 2016 à La Haye, cinq magistrats professionnels (venant d’Argentine, de Belgique, du Canada, du Mexique et du Sénégal) avaient auditionné une trentaine de témoins, d’experts, de victimes, d’avocats.

Monsanto avait refusé de « comparaître ».

Six questions étaient posées au « tribunal ».

L’avis consultatif des juges ne laisse place à aucun doute quant aux agissements de Monsanto.

Aux quatre premières questions relatives au respect du droit à un environnement sain, à l’alimentation, au droit à la santé et à la « liberté indispensable à la recherche scientifique », le tribunal estime que la multinationale contrevient aux réglementations et au respect des droits fondamentaux.

« Monsanto se livre à des pratiques qui ont de graves répercussions sur l’environnement », estiment les juges.

Des activités qui affectent, selon eux, les droits des peuples autochtones et des communautés locales. «

Commercialisation agressive des semences OGM »

Les droits à l’alimentation et à la santé sont aussi bafoués.

Le tribunal détaille en particulier « la commercialisation agressive de semences OGM » qui altère ces droits « en forçant des agriculteurs à adopter des modes de culture qui ne respectent pas les pratiques des cultures traditionnelles ».

Les cinq juges dénoncent aussi les pratiques de Monsanto qui nuisent à la liberté de la recherche scientifique, ainsi qu’à « la liberté d’expression et au droit à l’accès à l’information ».

Sur les deux dernières questions qui lui étaient posées, le tribunal est moins affirmatif. S’agissant de la complicité de crimes de guerre, il dit ne « pas être en mesure de formuler une conclusion définitive ».

Mais, reconnaissant la destruction de l’environnement ainsi que les dommages causés à la population vietnamienne, les juges avancent que l’hypothèse selon laquelle Monsanto « a donné les moyens de faire la guerre au Vietnam », « connaissait l’utilisation qui devait être faite du produit » et « disposait des informations relatives à ses effets préjudiciables sur la santé et l’environnement » ne peut être écartée.

Autant dire que la charge de ce tribunal est lourde. Il conclut d’ailleurs qu’une procédure par voie civile aurait dû être engagée et que, si le crime d’écocide venait à être inclus dans le statut de Rome de la Cour pénale internationale, « au titre d’une cinquième catégorie de crimes internationaux », les juges auraient pu se prononcer sur ces actes de destruction perpétrés au Vietnam.

Reconnaissance du crime d’écocide

C’est d’ailleurs l’ultime conclusion et réponse à la dernière question posée : le crime d’écocide doit être reconnu dans le droit pénal international. Il aurait alors permis de caractériser les activités de Monsanto, argumentent les juges.

Pour rappel, cette notion avait été évoquée, dès 1972, lors de la conférence des Nations unies sur l’environnement, à Stockholm, dans son discours d’ouverture, par le premier ministre suédois en évoquant la guerre du Vietnam.

Depuis, le droit de l’environnement a progressé lentement dans les législations nationales.

La nature s’est même vu accorder des droits comme en 2008 en Equateur lorsque le gouvernement a donné un statut juridique aux montagnes, aux rivières et aux terres.

Le Tribunal international Monsanto veut aller plus loin. Il estime « que le temps est venu de proposer la création d’un nouveau concept juridique pour le crime d’écocide et de l’intégrer dans une future version amendée du statut de Rome établissant la Cour pénale internationale ».

Et les magistrats rappelent qu’en 2016 « la procureure de la Cour pénale internationale a annoncé qu’un point d’honneur particulier sera mis sur la poursuite en justice des auteurs de crimes (…) ayant pour objectif ou pour conséquence, entre autres, la destruction de l’environnement (…) ».

« Juges et parties » La firme Monsanto qui avait déjà, en octobre 2016, exprimé son opinion et ses réserves sur la tenue de ce tribunal citoyen, l’estimant juge et partie, ne reconnaît pas de valeur à ses conclusions.

« Cet événement a été orchestré par un groupe restreint d’opposants à Monsanto et aux technologies agricoles qui se sont érigés en organisateurs, juges et parties.

Ce tribunal a nié l’existence des preuves scientifiques et des décisions de justice sur plusieurs sujets pour conclure à un verdict prédéterminé, confie Brian Carroll, porte-parole de Monsanto en Europe.

Nous continuerons à travailler avec les organisations et instances réglementaires légitimes dans les différentes régions dans lesquelles nous sommes présents et réaffirmons notre engagement à trouver des solutions aux enjeux de la faim dans le monde, de la sécurité alimentaire, et au rôle des agriculteurs pour nourrir durablement une population mondiale en constante croissance. »

Si l’entreprise avait décliné l’invitation de la juge Françoise Tulkens de se rendre à La Haye en octobre 2016, l’avis du tribunal n’en a pour autant pas moins de valeur, estime la présidente.

« C’est un jugement en droit, il n’y a pas eu de procès avec la confrontation de deux parties, mais nous avons établi nos conclusions sur la base de nombreux rapports et sur des témoignages qui n’ont pas été contredits, de faits qui n’ont pas été contestés.

J’espère que cet avis fera évoluer la justice internationale », a expliqué Mme Tulkens au Monde.

« Redéfinir la hiérarchie des normes »

Selon elle, le document, d’une soixantaine de pages, devrait permettre d’asseoir le nouveau crime d’écocide et d’aider les Etats à mieux faire respecter les droits fondamentaux que sont l’alimentation, la santé, l’information, etc.

« Les Etats signent des textes, en veux-tu-en-voilà, et ils ne sont pas appliqués ; nous aiderons peut-être à mieux faire comprendre leur portée », ajoute Françoise Tulkens.

Autre but avancé par Arnaud Apoteker, du comité d’organisation du Tribunal international Monsanto :

« Cet avis doit inciter les victimes à utiliser les points juridiques pour poursuivre Monsanto devant les tribunaux nationaux. »

Parmi les changements importants que pourrait induire cet avis consultatif, qui devrait être transmis prochainement aux Nations unies, à la Cour pénale internationale, au Comité des droits de l’homme… et à la firme Monsanto, on trouve l’introduction de la responsabilité d’une entreprise dans un crime contre l’environnement.

Jusqu’alors, seules les responsabilités individuelles des personnes physiques pouvaient être incriminées dans le statut de la Cour pénale internationale.

« Le droit des entreprises, des règles du commerce mondial, sont en train de primer sur les droits de l’homme et ceux de la nature. Il est temps de redéfinir la hiérarchie des normes », estime ainsi la juriste Valérie Cabanes, spécialisée dans le droit international humanitaire et les droits humains et auteur de

Un nouveau droit pour la Terre (Editions du Seuil, 2016).

Tribunal Monsanto : la firme américaine reconnue coupable d’atteinte aux droits humains.
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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 23:31

Sensibilité au gluten : la preuve que ce n’est pas « dans la tête »

La sensibilité au gluten, qui toucherait 5 à 10% de la population correspond bien à une réalité biologique :

l'activation généralisée du système immunitaire.

Un nombre croissant de personnes passent au sans gluten :

30% des Américains auraient réduit leur consommation, et plus de 25% des personnes souffrant de côlon irritable auraient essayé ce régime.

Cependant, les chercheurs s'accordent pour penser que la majorité des personnes qui suivent un régime sans gluten pourraient probablement en consommer sans inconvénient.

En revanche, pour les malades céliaques et les personnes souffrant d'allergie au blé, le sans gluten est indispensable.

Une partie de la population souffre aussi de sensibilité au gluten, qui se manifeste par une variété de symptômes gastro-intestinaux et extra-intestinaux après ingestion de blé et de céréales contenant du gluten (voir plus loin).

Une nouvelle étude permet de mieux comprendre ce phénomène.

Les résultats de l'étude, qui a été menée par des chercheurs de Columbia University Medical Center sont publiés dans la revue Gut.

La sensibilité au gluten n'est "pas imaginaire"

« Notre étude montre que les symptômes rapportés par les personnes atteintes par ce trouble ne relèvent pas de l’imagination, comme certains l'ont suggéré », explique le Dr Peter H. Green, co-auteur de l’étude et professeur de médecine à Columbia et directeur du Centre pour la maladie cœliaque.

« Il existe une base biologique pour ces symptômes chez un nombre important de ces patients. »

La maladie cœliaque est une maladie auto-immune dans laquelle le système immunitaire attaque par erreur la muqueuse de l'intestin grêle lorsqu’une personne est génétiquement prédisposée ingère du gluten à partir de blé, seigle, orge, avoine.

Cela conduit à des symptômes gastro-intestinaux sévères, dont des douleurs abdominales, de la diarrhée et des ballonnements, mais aussi à une myriade d'autres symptômes extra-digestifs..

Les chercheurs se sont efforcés de déterminer pourquoi certaines personnes, qui ne souffrent pas de maladie ont pourtant des symptômes gastro-intestinaux proches, en plus de signes extra-intestinaux, tels que la fatigue, les troubles cognitifs ou de l'humeur après l'ingestion d'aliments à gluten.

Cette sensibilité au gluten ou au blé (NCWS pour « non celiac gluten or wheat sensitivity ») toucherait 6 à 10% de la population.

Activation du système immunitaire

Pour l’expliquer, les chercheurs pensent que l’exposition au gluten ou à d’autres constituants du blé déclenche une activation générale du système immunitaire, et non simplement une réponse locale comme dans la maladie cœliaque.

Dans cette nouvelle étude, les chercheurs ont examiné 80 personnes souffrant de NCWS, 40 personnes atteintes de maladie cœliaque, et 40 témoins sains.

En dépit de l'étendue des lésions intestinales associées à la maladie cœliaque, les marqueurs sanguins d'activation immunitaire innée généralisée ne sont pas élevés dans le groupe de cœliaques.

Chez les personnes sensibles au gluten on ne trouve pas de cellules T cytotoxiques intestinales observées chez les patients cœliaques, mais on trouve un marqueur d’atteinte cellulaire intestinale directement lié à des marqueurs sérologiques de l'activation immunitaire systémique aiguë.

Les résultats suggèrent que l'activation immunitaire systémique identifiée dans ce trouble est liée au fait que des antigènes (bactéries, fragments de protéines) réussissent à migrer depuis l'intestin vers la circulation, en partie à cause des dommages subis par les cellules de l’intestin et de la perméabilité intestinale.

Ceci expliquerait pourquoi, dans la sensibilité au gluten ou au blé, les symptômes ne concernent pas seulement la sphère intestinale.

Des symptômes généralisés Les personnes (hors maladie céliaque) qui réagissent à la présence de gluten ont des symptômes aussi bien intestinaux qu'extra-intestinaux.

C'est à cela qu'on peut faire la différence avec un simple côlon irritable.

Parmi les patients qui se sont présentés à un centre spécialisé dans le Maryland et pour lesquels on a pu poser le diagnostic de sensibilité au gluten, les symptômes les plus fréquents, en dehors de douleurs digestives étaient l'eczéma et/ou les rash, les maux de tête, les difficultés à se concentrer, la fatique, et la dépression. Une étude australienne sur 22 patients a trouvé que la consommation de gluten était liée à une augmentation des symptômes dépressifs.

La bonne nouvelle, c’est que ces patients atteints de NCWS qui ont suivi un régime alimentaire excluant blé et céréales à gluten pendant six mois ont pu normaliser leurs niveaux d'activation immunitaire ainsi que les marqueurs des dommages intestinaux cellulaires.

Ces changements ont été associés à une amélioration significative des symptômes intestinaux et non-intestinaux.

Par Lanutrition.fr Publié le 28/07/2016

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 23:20

Exclusif : 86 % des professionnels de santé jugent mauvais le bilan de Marisol Touraine

« Il règne au gouvernement un profond sentiment d’injustice.

Personne ne défend le bilan : Hamon ne dit rien, Macron non plus » se désolait il y a quelques jours cité par Libération le ministre des Sports, Patrick Kanner.

La santé n’échappe pas plus que les autres domaines à cette constatation attristée de la plupart des ministres, qu’ils aient ou non affiché leur choix entre Benoît Hamon et Emmanuel Macron.

Cependant, dans les interviews que nous ont accordées les cinq principaux candidats à l’élection présidentielle, on constate que le premier s’inscrit plus volontiers dans la continuité de Marisol Touraine (même s’il prend ses distances sur certains points).

Emmanuel Macron, pour sa part, bien que certains de ses conseillers dans le domaine de la santé aient auparavant pu travailler auprès du ministre de la Santé, ne fait guère d’allusion spontanée aux actions menées ces cinq dernières années.

Sondage réalisé par le Journal International de Médecine du 20 mars au 5 avril 2017 Marisol Touraine rescapée de tous les remaniements malgré une impopularité record Il faut dire que dans le secteur de la santé, peut-être plus encore que dans d’autres champs d’activité, se réclamer des mesures entreprises par le gouvernement, c’est s’exposer à l’ire d’un grand nombre d’acteurs.

Marisol Touraine a en effet battu des records d’impopularité auprès des professionnels de santé.

Le mécontentement s’affichait déjà à peine achevée la première année du quinquennat de François Hollande à l’issue de laquelle un sondage réalisé sur notre site révélait que 83 % des professionnels de santé se déclaraient insatisfaits des actions entamées.

Lenteur et atermoiements avaient rapidement remplacé l’enthousiasme des praticiens hospitaliers et conforté l’inquiétude des médecins libéraux.

Beaucoup avaient donc espéré la voir évincée lors du premier remaniement en avril 2014 : à cette époque déjà 78 % des professionnels jugeaient négatif son bilan et étaient agacé par la méthode qu'ils jugeaient faite d’autosatisfaction et de simulacre de concertation.

Mais ce fut le premier d'une longue série d'espoirs de renouveau déçus.

Cependant, Marisol Touraine n’avait alors pas encore battu auprès des praticiens les records d’impopularité d’une Roselyne Bachelot ou même d’un Philippe Douste-Blazy. 2015 fut l’année définitive de la rupture, notamment auprès des médecins libéraux qui perdirent leur combat homérique contre la loi de santé et notamment sa mesure la plus vexatoire : l’introduction du tiers payant généralisé.

Marisol Touraine refusa indéfectiblement de revenir sur ses positions, entérinant une rupture définitive avec le monde libéral, meurtri tant par la forme que par le fond de la réforme.

Mais Marisol Touraine ne se départit jamais de son ton satisfait, même quand le Conseil Constitutionnel amoindrit la portée de la généralisation du tiers payant.

La succession des enquêtes et des sondages confirmant le désamour profond des professionnels de santé, même dans les rangs des hospitaliers, soulignant également un dévoiement du dialogue et regrettant la méthode de mise en place des groupements hospitaliers de territoire, n’empêcha pas le ministre d’aller jusqu’à croire qu’elle pourrait se présenter à la primaire de la Belle alliance populaire.

Avant de renoncer.

Aujourd’hui, les sondages lui confirment que le rejet des professionnels de santé aurait rendu encore plus difficile une telle candidature : interrogés sur le JIM les professionnels de santé sont en effet 86 % à juger mauvais le bilan de Marisol Touraine. Ils sont même 61 % à le qualifier de « très mauvais ».

La proportion de praticiens qui se félicitent des actions menées par le ministre de la Santé est très restreinte : 4 % (et 1 % des répondeurs considérant le bilan comme « très bon »).

On retient également que 8 % des professionnels déclarent l’action « passable » (signalant la difficulté de départager entre les très nombreuses mesures adoptées) et que 2 % estiment complexe de se prononcer.

Déception du monde hospitalier

Ces résultats confirment l’ampleur de la colère et de la déception des professionnels à l’issue de ce quinquennat et suggèrent l’importance de la tâche du successeur de Marisol Touraine, quel que soit son bord politique, pour restaurer la confiance des professions de santé.

L’ensemble des acteurs se retrouve dans le même désenchantement. Si la déception du monde libéral a été largement exprimée par l’ensemble des syndicats, chez les médecins comme chez les infirmiers, à l’hôpital également le désappointement est vif.

Les dernières semaines de Marisol Touraine sont d’ailleurs marquées par plusieurs conflits l’opposant au monde hospitalier et universitaire, qu’il s’agisse des inquiétudes de la Fédération hospitalière de France (FHF) au sujet de l’avenir de l’hospitalisation de jour ou de la grève actuelle des internes.

La FHF a d’ailleurs pu auparavant adresser au ministère des reproches similaires à ceux répétés par les praticiens libéraux, regrettant un permanent double discours.

Ainsi, a-t-elle souvent décrié la multiplication des fermetures de lits qui contredisait les déclarations officielles du ministre.

Les praticiens hospitaliers ont également été souvent échaudés par la lenteur de l’adoption des décisions qu’il s’agisse de la réhabilitation du pouvoir médical à l’hôpital, de leur statut ou encore de l’allègement de la tarification à l’activité.

Enfin, la réforme des Groupements hospitaliers de territoire (GHT), si elle était globalement soutenue, a pêché par une mise en place à marche forcée.

Dépassements d’honoraires : un engagement certain

Le bilan de Marisol Touraine est également mitigé en ce qui concerne les grands objectifs dressés par la feuille de route de François Hollande, mais la tâche était, il est vrai, ardue.

Face aux déserts médicaux, elle aura mis en place de nouveaux dispositifs comme les praticiens territoriaux de médecine générale.

Elle aura également accéléré le déploiement des maisons de santé pluriprofessionnelles, passées de 150 à 1000 pendant le quinquennat, et dont l’augmentation est défendue aujourd’hui par tous les candidats sans exception.

Elle a également favorisé la mise en place d’une prime de 50 000 euros pour les jeunes praticiens s’installant dans les zones sous dotées.

En la matière, en l’absence de méthodes miracles, elle aura su accompagner des mesures utiles.

Concernant le redressement des comptes de la Sécurité sociale, qu’elle présente régulièrement comme son grand triomphe, les chiffres sont eux aussi en sa faveur, le déficit étant effectivement passé de 13,3 milliards d’euros à 400 millions en 2017.

Néanmoins, le succès est en demi-teinte quand on sait que la dette reste de 156,4 milliards d’euros.

Par ailleurs, le ministre a surtout su accentuer une tendance déjà à l’œuvre dans les dernières années du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Dépassements d’honoraires : efforts contre productifs

Plus certain est son échec face aux dépassements d’honoraires dont la limitation figurait parmi les priorités de François Hollande.

Les deux principales mesures soutenues ou adoptées en la matière ont contribué à l’effet inverse à celui escompté.

Ainsi, comme le rappelle cette semaine le cabinet de conseil en ressources humaines et protection sociale Mercer, le Contrat d’accès aux soins (CAS), devenu l’Option de pratique tarifaire maîtrisée (OPTAM) depuis le début de l’année a principalement créé un effet d’aubaine pour les médecins qui pratiquaient de faibles dépassements d’honoraires.

Ainsi, entre 2014 et 2016, seuls 3,6 % des médecins (non signataires du CAS) ont diminué leurs honoraires de plus de 5 %, tandis que 73,4 % ne connaissaient pas d’évolution de leurs tarifs et 22,9 % les ont fait progresser de 5% et plus.

Parallèlement, la réforme du contrat responsable et la loi sur l’obligation pour les entreprises d’offrir une mutuelle à leurs salariés paraissent favoriser l’augmentation du reste à charge et la souscription de sur-complémentaires.

Santé publique : des priorités marquées et des impasses majeures Alors qu'elle savait imposer ses décisions face aux médecins libéraux, en matière de santé publique,

Marisol Touraine a souvent botté en touche.

Ainsi, beaucoup ont regretté son manque d’autoritarisme sur le tabac qui l’a empêché d’imposer ses vues sur l’augmentation du prix, tandis que l’adoption du paquet neutre, souvent vantée par ses soins, pourrait n’avoir qu’une efficacité limitée.

De même, Marisol Touraine quittera l’Avenue de Ségur sans probablement avoir tranché sur l’épineuse question des obligations vaccinales.

Madame Touraine n’aura pas non plus été en première ligne dans les débats éthiques : l’élaboration d’une nouvelle loi sur l’accompagnement des personnes en fin de vie, notamment, aura finalement été confiée aux parlementaires Jean Leonetti et Alain Claeys.

Néanmoins, Marisol Touraine se sera montré active sur de nombreux fronts et sera parvenue à débloquer certaines situations.

Elle a ainsi mis l’accent sur l’amélioration de l’accès à l’IVG et à la contraception par plusieurs mesures.

Après avoir levé différents obstacles, elle aura fini par permettre le lancement de l’expérimentation de salle d’injection à moindre risque.

De même, elle a fait publier un décret sur le don du sang des homosexuels qui a mis fin à l’interdiction à vie décidée au début des années 80.

Elle a encore participé à l’adoption de l’autorisation temporaire d’utilisation du baclofène.

Son souci de la santé mentale a été tardif mais réel avec l’installation récente d’un Conseil national de la santé mentale.

Enfin, face au vieillissement de la population, elle a œuvré pour améliorer l’adaptation de l’habitat ou faire augmenter le nombre de places en établissement accueillant des personnes âgées dépendantes (EHPAD), avec 25 000 places supplémentaires créées et l’ouverture d’un portail permettant de comparer le prix des établissements.

Ces différentes mesures cependant pourraient être insuffisantes pour combler le fossé avec les professionnels de santé, libéraux notamment.

Aurélie Haroche © http://www.jim.fr

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 11:00

Le ministère de la Santé se doit de faire la vérité scientifique sur le tabac « chauffé »

 

L’arrivée (imminente) sur le marché français d’une nouvelle méthode de consommation du tabac (dit « chauffé ») n’est pas seulement un événement commercial.

C’est aussi et surtout une occasion inespérée pour faire la lumière dans un domaine où elle manque cruellement.

Une occasion inespérée, aussi, pour les autorités sanitaires françaises de réaliser ce qu’elles n’ont pas fait pour la cigarette électronique.

Qu’en est-il, précisément, de la réduction des risques avec cette méthode dite « à nocivité réduite » ?

Pour l’heure la puissance publique laisse le géant Philip Morris International (PMI) vanter les vertus de son procédé déjà commercialisé dans une vingtaine de pays à travers le monde.

« En brûlant des matières organiques à 800 ou 900 °C, on crée de la fumée avec plus de 6000 composants, dont certains peuvent avoir des effets nocifs sur la santé des fumeurs, rappelle Ruth Dempsey, directrice des affaires scientifiques de PMI.

En chauffant le tabac à moins de 300 °C, nous limitons significativement, voire évitons l’apparition de ces composants ».

« Nos études tendent à prouver que passer intégralement à IQOS présenterait un risque plus réduit pour la santé que de continuer à fumer des cigarettes traditionnelles » assure Tommaso Di Giovanni, directeur de la communication pour les produits sans fumée de PMI.

Contre-pouvoir

Et le géant du tabac de faire savoir qu’il a d’ores et déjà déposé une demande auprès de la puissante FDA américaine pour faire enregistrer son dispositif dans la catégorie « produits du tabac à risque modifié ».

Ce n’est là qu’un début.

Les concurrents de PMI commencent, eux aussi, à commercialiser des dispositifs concurrents avec des allégations néo-sanitaires similaires.

C’est là, à l’évidence, une attaque frontale contre le marché de la cigarette électronique ; une e-cigarette qui réalise, elle, une rupture radicale avec le monde du tabac.

Le « tabac chauffé » s’inscrit ainsi dans une nouvelle dynamique commerciale et publicitaire qui se nourrit du concept de la réduction des risques.

Et ce face à un pathogène légal responsable de plus de 80 000 morts prématurées chaque année en France.

A ce stade une question, politique, s’impose.

La « puissance publique » (le ministère de la Santé, les autorités sanitaires) laissera-t-elle jouer la loi du marché et de la publicité ?

Se saisira-t-elle au contraire de ce moment historique pour éclairer les soignants et les fumeurs quant à la vérité sur le « tabac fumé » ?

Pour ne pas laisser dans le désert les spécialistes des addictions et de la réduction des risques. Pour établir, scientifiquement, la vérité sur les avantages et les inconvénients de cette nouvelle méthode de consommation.

Pour être un contre-pouvoir efficace face aux géants-fabricants. Pour, assez simplement, jouer le rôle qui doit être le sien.

 

 

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 10:23

Quand un antibiotique vous envoie en psychiatrie

© Wikimedia Commons

Une femme de 61 ans souffrant d’un ulcère de l’estomac se voit prescrire par son médecin généraliste des antibiotiques. La routine. A ceci près que ce traitement va conduire cette patiente à être hospitalisée d’urgence en psychiatrie.

Cinq jours auparavant, Mme H. a débuté un traitement comportant trois antibiotiques pour un ulcère gastroduodénal. Cette lésion de la paroi interne de l’estomac, ou de la première partie de l’intestin appelée duodénum, résulte d’une inflammation chronique due à la bactérie Helicobacter pylori.

Le traitement de Mme H. comporte de l’amoxicilline pendant cinq jours, ainsi que deux autres antibiotiques, la clarithromycine et le métronidazole, débutés à partir du sixième jour et administrés pendant cinq jours. De l’oméprazole, médicament visant à diminuer la sécrétion acide de l’estomac, est également prescrit.

Cinq jours après le début de l’antibiothérapie, la patiente devient agressive, irritable, insomniaque. Elle éprouve le besoin de parler avec un débit rapide et continu (logorrhée). Ces symptômes psychiatriques conduisent la patiente à interrompre le traitement antibiotique. Mme H. est alors adressée par ses proches aux urgences avant d’être hospitalisée dans un service de psychiatrie.

Episode maniaque

La patiente est agitée et refuse les soins. Elle a des idées délirantes avec une thématique de persécution. Elle présente ce que les psychiatres appellent un épisode maniaque (mania, en anglais médical), un état caractérisé par une exaltation de l’humeur. Il s’agit d’une urgence psychiatrique qui se traite en milieu hospitalier, en l’occurrence dans le pôle psychiatrie de l’hôpital Albert-Chenevier de Créteil (Val-de-Marne).

Les médecins ne détectent aucune trace de drogue ou d’autre substance addictive. L’IRM cérébrale, réalisée afin d’éliminer une cause neurologique, est normale. Un traitement par un psychotrope stabilisateur de l’humeur (divalproate de sodium) est débuté au deuxième jour de l’hospitalisation. L’équipe hospitalière maintient l’arrêt des antibiotiques. Les idées délirantes disparaissent en quatre jours. Mme H. retrouve une humeur normale très rapidement et ne souffre plus d’insomnie. À la sortie d’hospitalisation, elle conserve son traitement. Il sera maintenu pendant deux ans en prévention des rechutes et arrêté progressivement au vu de l’absence de récidive, indiquent le Dr Thibault Legendre et ses collègues dans un article publié dans le numéro d’avril 2017 de la revue L’Encéphale.  

Au cours des deux ans qui ont suivi cet épisode maniaque, la patiente n’a pas présenté d’autre trouble de l’humeur. Étant donné la situation clinique de la patiente, il a été proposé d’arrêter le traitement par divalproate de sodium et de poursuivre le suivi psychiatrique.

Mme H. a donc présenté des symptômes psychiatriques suite à la prescription d’antibiotiques. Il s’agit là d’un effet secondaire rare. Les deux premiers cas ont été décrits dans la littérature médicale en 1995. Depuis cette publication, une douzaine de cas similaires ont été rapportés, notamment en lien avec la clarithromycine et le traitement de l’infection à H. pylori. En 2002, une étude américaine a décrit 21 cas de syndrome maniaque induit par antibiotiques (6 impliquant la clarithromycine, 13 l’isoniazide, et 1 l’érythromycine et l’amoxicilline), ainsi que 82 cas rapportés à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : 27,6 % par clarithromycine, 14,4 % par ciprofloxacine et 12 % par ofloxacine. Le terme « antibiomania » (contraction d’antibiotics et mania) est alors créé pour désigner cette réaction rare aux antibiotiques.

Antibiomania, un risque non négligeable

La clarithromycine, un antibiotique de la famille des macrolides, est le plus souvent incriminé. En 2011, une étude italienne a rapporté 38 cas de patients, âgés en moyenne de 51 ans, chez lesquels la clarithromycine a entraîné des symptômes psychiatriques :

syndrome délirant (31,5 %),

hallucinations (8 %), syndrome maniaque (26 %),

épisode psychotique bref (29 %).

 

À l’arrêt de la clarithromycine, les symptômes psychiatriques se sont amendés généralement en trois jours même si 58 % d’entre eux ont nécessité la prise de neuroleptiques ou de benzodiazépines au cours de la phase aiguë. Cette même étude a rapporté que 14 patients sur les 38 (36,8 %) avaient déjà présenté un trouble psychiatrique.

« Il est difficile de conclure si la présence d’antécédents psychiatriques constitue un facteur de risque d’antibiomania, même si on peut le suggérer », déclarent les médecins français.

Selon eux, l’existence  d’un épisode psychiatrique antérieur permet de justifier la mise en route d’un traitement thymorégulateur après à un épisode d’antibiomania.

Concernant Mme H., les auteurs indiquent ne pas savoir lequel des trois antibiotiques prescrits est à l’origine de l’antibiomania.

« Parmi les cas non publiés d’antibiomania et rapportés à la Food and Drug Administration [agence sanitaire américaine], la clarithromycine est impliquée dans 62,3 % des cas, le métronidazole dans 3,3 % et l’amoxicilline dans 1,6 % », précisent les auteurs.

La France, gros consommateur d’antibiotiques

Un récent rapport de l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) indique qu’il a été vendu en France 786 tonnes d’antibiotiques destinés à la santé humaine en 2015.

Plus de 90 % des antibiotiques sont consommés en médecine de ville et 7 % en établissements de santé.

La France se situe en 2015 au quatrième rang en Europe pour la consommation d’antibiotiques en ville.

Globalement, la consommation d’antibiotiques a diminué de 11,4 % entre 2000 et 2015 mais est en hausse de 5,4 % depuis 2010.

Elle reste très élevée à raison de 29,9 doses pour 1 000 habitants et par jour.

En Europe, la consommation d’antibiotiques en ville est en moyenne de 22 doses pour 1 000 habitants et par jour.

La France se situe donc parmi les pays les plus consommateurs d’antibiotiques en Europe, même si elle n’occupe plus le premier rang. En 2014, elle se plaçait au troisième rang, derrière la Grèce et la Roumanie.

Ces éléments, conjugués à l’émergence de la résistance aux antibiotiques, font dire aux auteurs que l’antibiomania est « un risque non négligeable liée à la fréquence des prescriptions d’antibiotiques » et qu’ « il est donc nécessaire que ce phénomène soit pris en compte comme un diagnostic différentiel possible de manie ». Autrement dit, d’évoquer dans certains cas la possibilité qu’un syndrome maniaque soit imputable à un traitement antibiotique.

« L’antibiomania est peu connue, alors qu’il nous semble nécessaire d’être vigilant et informé de cet effet secondaire » afin d’arrêter l’antibiotique dès l’apparition d’un syndrome maniaque ne relevant pas d’une autre cause, soulignent les auteurs. Après « Les antibiotiques, c’est pas automatique ! », le prochain slogan sera-t-il ? : «  Urgence psychiatrique, c’est peut-être les antibiotiques. »

 

Syndrome maniaque

 

Lors d’un épisode maniaque, le patient est joyeux, excité. Ceci s’accompagne le plus souvent d’idées de grandeur (mégalomanie), de difficultés à fixer son attention sur un sujet précis, d’une réduction du temps de sommeil et d’une agitation psychomotrice. Les pensées, les mouvements, tout est accéléré : jeux de mots, désinhibition, coq à l’âne, troubles de l’attention.

Il est parfois nécessaire de réaliser une hospitalisation sous contrainte et de mettre le patient en chambre d’isolement. Au plan médico-légal, il convient de protéger les intérêts financiers du patient (s’il a fait des dépenses inconsidérées) en demandant une sauvegarde de justice (mesure juridique de protection des biens). Il importe également de réduire l’agitation, de protéger le patient de lui-même (possibilité d’achats pathologiques, de conduites sexuelles à risque, d’actes de violence), mais également de prévenir la rechute.

 

Antibiomania : les hypothèses

Le mécanisme pouvant expliquer ce phénomène d’antibiomania est encore incertain et nécessite un approfondissement de la recherche afin d’explorer plusieurs hypothèses, indiquent les auteurs dans leur article publié dans L’Encéphale.

Un premier mécanisme impliquerait une forte concentration sanguine de l’antibiotique. Celle-ci serait due à une prescription de l’antibiotique à une posologie élevée ou chez certains patients à un métabolisme particulier du médicament. L’augmentation de la concentration plasmatique de l’antibiotique faciliterait sa diffusion à travers la barrière hémato-céphalique qui contrôle le passage de diverses substances entre le sang et le cerveau. Les antibiotiques de la famille des macrolides pourraient exercer une action sur certains récepteurs cérébraux, dits GABAergiques, ce qui expliquerait la symptomatologie maniaque.

La seconde hypothèse repose sur le fait que les macrolides pourraient avoir un effet épileptogène, l’activité épileptique déclenchée par l’antibiotique pouvant mimer des symptômes psychiatriques. Il est recommandé de réaliser un électroencéphalogramme en cas de doute.

Enfin, plusieurs études récentes décrivent des liens entre la flore bactérienne intestinale (aujourd’hui appelée microbiote intestinal) et certaines pathologies psychiatriques. La prise d’antibiotiques pourrait provoquer des changements du microbiote intestinal dont on sait qu’il intervient dans la synthèse de certains neurotransmetteurs, molécules qui, elles, agissent au niveau cérébral. Et les auteurs de préciser que « certaines bactéries comme le Lactobacillus et le Bifidobacterium sécrètent de l’acide gamma-aminobutyrique (GABA), certaines comme l’Escherichia de la noradrénaline et d’autres comme le Streptococcus de la sérotonine ». Cela pourrait expliquer que les antibiotiques, susceptibles de perturber le microbiote intestinal, puissent aussi avoir un effet sur le système nerveux central et donc être parfois impliqués dans le déclenchement de troubles neuropsychiatriques.

Pour en savoir plus :

Legendre T, Boudebesse C, Henry C, Etain B. Antibiomania : penser au syndrome maniaque secondaire à une antibiothérapie. L’Encéphale, Volume 43, Issue 2, April 2017, Pages 183-186.

Ly D, DeLisi LE. Can antibiotics cause a psychosis?: Case report and review of the literature. Schizophr Res. 2017 Feb 6. pii: S0920-9964(17)30054-3. doi: 10.1016/j.schres.2017.01.041

Klain V. Timmerman L. 455 – Antibiomania, acute manic psychosis following the use of antibiotics. European Psychiatry 2013. Volume 28, Supplement 1, 2013, Page 1. doi: 10.1016/S0924-9338(13)75784-5

Shah M, Subhani M, Rizvon K, Mustacchia P. Transient Psychotic Episode Induced by Helicobacter pylori Triple Therapy Treatment. Case Rep Gastroenterol. 2012 May;6(2):381-6. doi: 10.1159/000339713

Ortíz-Domínguez A, Berlanga C, Gutiérrez-Mora D. A case of clarithromycin-induced manic episode (antibiomania). Int J Neuropsychopharmacol. 2004 Mar;7(1):99-100. doi: 10.1017/S1461145703003882

 

 

Marc Gozlan

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 08:00

Surcroissance bactérienne et inflammation de l'intestin grêle après l'ingestion de carboxyméthylcellulose chez des souris génétiquement sensibles.

Swidsinski A, et al. Inflamm Bowel Dis. 2009.

CONTEXTE:

Les détergents et les émulsifiants ajoutés à la nourriture peuvent détruire la barrière du mucus, qui isole normalement les bactéries de la paroi intestinale et entraîne une inflammation intestinale chronique chez les personnes sensibles.

Nous avons étudié l'influence de 2% de carboxyméthylcellulose (CMC) sur la biostructure du microbiota intestinal dans des souris déficientes en gène de l'IL-10.

MÉTHODES:

Des souris déficientes en gènes de l'IL-10 de vingt à 27 semaines ont reçu soit 2% de solution CMC (n = 7), soit l'eau (n = 6) par voie orale pendant 3 semaines.

Les bactéries intestinales ont été étudiées en utilisant une hybridation fluorescente in situ dans des sections fixées à la paraffine de l'intestin.

RÉSULTATS:

Les souris déficientes en gène de l'IL-10 traitées par CMC ont démontré une prolifération bactérienne massive, la distension des espaces entre les villosités, les bactéries remplissant ces espaces, l'adhérence des bactéries à la muqueuse et la migration des bactéries vers le bas des cryptes de Lieberkuehn.

Les leucocytes ont migré dans la lumière intestinale dans 4 des 7 souris CMC. Les changements étaient semblables à ceux observés dans la maladie de Crohn chez l'homme et étaient absents chez les animaux témoins.

CONCLUSIONS:

CMC induit une prolifération bactérienne et une inflammation intestinale chez les animaux sensibles.

En raison de son ubiquité dans les produits et de son utilisation illimitée dans les aliments du monde industriel, CMC est un suspect idéal pour expliquer la montée en puissance des MII au 20ème siècle.

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 07:55

L'accident vasculaire cérébral (AVC) est la première cause de mortalité chez les femmes et la troisième chez les hommes.

Néanmoins, ce taux a diminué de 13 % entre 2008 et 2013, année au cours de laquelle plus de 31 000 décès liés à ce problème ont été comptabilisés, selon les chiffres publiés ce mardi matin dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH).

L'équipe de Camille Lecoffre, de Santé publique France, y note que cette baisse qui se poursuit ne concernait pas les femmes de 45 à 64 ans et les personnes de 85 ans et plus.

De plus, d'importantes disparités régionales des taux de mortalité ont été observées en 2013.

Les quatre régions ultramarines, les Hauts-de-France et la Bretagne présentaient les niveaux les plus élevés et l'Île-de-France le plus bas.

Dans l'autre étude publiée par les mêmes chercheurs, on apprend que les AVC ont entrainé l'hospitalisation de plus de 110 000 patients, en France, en 2014.

Ce type d'accident a un coût financier élevé : en 2013, près de 3,5 milliards d'euros ont été remboursés par l'Assurance maladie, tous régimes confondus, au titre de sa prise en charge médicale.

Les coûts indirects sont également importants pour la société, notamment lorsque l'AVC survient chez des personnes encore en activité professionnelle (un quart des patients hospitalisés en 2008 avaient moins de 65 ans).

Enfin, 30 à 50 % des victimes de moins de 45 ans victimes ne peuvent pas reprendre une activité professionnelle et 10 % restent dépendants.

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 07:16

La fin de vie de ces sites pose de nombreuses questions, techniques et surtout financières, car la procédure est inédite.

Avec Fessenheim, le grand flou du démantèlement des centrales nucléaires

La France va sauter dans l'inconnu, mais pas tout de suite.

Le conseil d'administration d'EDF s'est prononcé pour la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, mais sous conditions.

Il faudra attendre de long mois pour que la décision soit totalement définitive.

Quoi qu'il en soit, quand cette fermeture débutera, c'est un chantier titanesque, difficile à appréhender, qui sera lancé: celui du démantèlement du parc nucléaire français.

Car c'est bien beau de déclarer la mort du site, mais encore faut-il joindre l'acte à la parole.

Dans le nucléaire, l'adage "plus facile à dire qu'à faire" prend tout son sens. En fait, le démantèlement de la centrale de Fessenheim serait une première.

Non pas que l'on n'a jamais démonté une centrale nucléaire dans le monde. Mais les exemples sont très rares.

Et, à vrai dire, en France, il n'y en a pas.

Il y a des projets en cours, certes, mais pour des centrales à la technologie bien différente.

C'est aussi pour cela que le sujet fait débat, à la fois d'un point de vue technique, mais aussi et surtout du côté financier.

Une procédure très complexe Technique, car si EDF a bien une feuille de route, un cahier des charges, c'est tout de même une première en France.

Actuellement, neuf vieux réacteurs sont en train d'être démantelés.

Mais ils ont un fonctionnement totalement différent.

De plus, les choses ne se passent pas si bien que cela.

Pour l'une des technologies (graphite-gaz), le démantèlement a été repoussé... à la fin du siècle.

Il faut dire que ces réacteurs ont été construits dans les années 50, sans même se poser la question du démantèlement, ou même du sort des déchets.

Par contre, Fessenheim et les 56 autres réacteurs en activité actuellement sont tous issus d'une même technologie (à eau pressurisée).

Dans la théorie, "pour démanteler ce type de centrale, il y a plusieurs étapes à respecter", explique au HuffPost Thierry Charles, directeur adjoint de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN):

D'abord, il faut arrêter la centrale, évidemment.

Ensuite, on évacue le combustible, radioactif, dans des piscines de stockage. Il faut enfin l'envoyer dans une usine de retraitement, puis le stocker.

Une fois la centrale vidée, il va falloir découper et enlever le matériel radioactif.

"La cuve est l'élément le plus radioactif, le plus compliqué, qui demande l'utilisation de robots télécommandés", précise Thierry Charles, qui est en charge de la sûreté nucléaire à l'IRSN.

Enfin, il faut également évacuer les "circuits associés", c'est-à-dire les centaines de tonnes de matériel qui ont été partiellement exposées à des radiations.

Ce qui peut être fait par des hommes protégés par des combinaisons.

Ca, c'est la théorie.

Car dans les faits, on n'a jamais démantelé complètement une centrale nucléaire de ce type.

"En France, les travaux de découpe de la cuve du réacteur de Chooz, en cours de démantèlement, vont commencer", rappelle Thierry Charles.

Même si la technologie est similaire au parc nucléaire actuel, ce réacteur est bien plus petit.

Mais le directeur adjoint de l'IRSN se veut optimiste. "Le démantèlement, c'est faisable, dans une durée totale que l'on peut estimer à environ une vingtaine d'années.

C'est simplement complexe", estime-t-il.

Et de citer également le site allemand de Greifswald, où "le démantèlement avance bien".

Pour autant, les travaux ont commencé il y a 26 ans, en 1991.

Un coût incalculable?

Il y a aussi la question de la sécurité des travailleurs.

Si une fuite dans une centrale en démantèlement sera bien moins grave que si le réacteur est en activité, le risque est toujours présent.

"Il y a aussi des risques classiques de démantèlement, des accidents ou des incendies, qui seraient plus fréquents", note Thierry Charles.

Mais mettons que la technique suive et que nous arrivions à démanteler ces réacteurs sans trop de problèmes.

Reste la question du coût de l'opération. Et là, il y a un problème bien français: EDF est régulièrement accusé de sous-estimer les milliards nécessaires pour le démantèlement.

En février, un rapport parlementaire affirmait que la société avait sous-évalué le coût du démantèlement, ainsi que sa complexité, rapporte Le Monde.

En 2016, EDF estimait que 60 milliards d'euros seront suffisants, voire 75 milliards si l'on prend en compte la gestion complète des déchets.

"Une sous-évaluation vraisemblable",

dénonce le rapport, qui rappelle que l'Allemagne et les Etats-Unis estiment qu'un tel chantier coûtera deux fois plus cher.

Un an plus tôt, c'est l'Union Européenne qui accusait EDF de ne pas avoir mis assez de côté pour gérer le démantèlement du parc nucléaire.

La France était alors pointée du doigt comme le vilain petit canard européen.

Des économies à venir encore incertaines A chaque fois, la société s'est défendue. Affirmant avoir placé de l'argent pour le faire fructifier en attendant de l'utiliser pour démanteler des centrales et avoir réalisé des audits indépendants sur l'évaluation du problème.

Reste que le coût de la fin du nucléaire est encore très mal perçu, et ce partout dans le monde.

Un rapport de l'OCDE de 2016 rappelle que "l'un des problèmes du démantèlement est de savoir si les coûts estimés sont réalistes".

Car jusqu'à maintenant, "seul un nombre limité de réacteurs ont été démantelés et la plupart des cas doivent être considérés comme des premiers de leur espèce".

L'organisation précise tout de même que les travaux en cours de par le monde devraient aider à mieux estimer le coût de la fermeture d'une centrale nucléaire dans les années à venir.

Et cela pourrait d'ailleurs être une bonne nouvelle pour EDF et ses concurrents. Une fois que l'on aura réussi, par exemple, à démanteler Fessenheim, les autres centrales du parc atomique, très semblables, pourraient être plus simples et moins coûteuses à fermer.

Du côté des experts, "les pessimistes évoquent 10% de diminution, les plus optimistes 40 à 50%", rappelle Gérard Laurent, expert de l'Agence internationale de l'énergie atomique, interrogé par France Culture.

Avant de rappeler qu'EDF s'est justement basé sur ces prévisions optimistes.

La fermeture de Fessenheim serait une première et on ne sait pas vraiment comment faire.
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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 05:52

Un programme développé par DeepMind, une entreprise propriété de Google qui se spécialise dans l'intelligence artificielle, doit aider les médecins à améliorer leur diagnostic et les soins.

Pour bien fonctionner, une intelligence artificielle a besoin d'énormément d'informations, d'un caractère plus ou moins sensible.

Les données de plus d'1,6 million de patients anglais vont ainsi être analysées par un programme d'intelligence artificielle développé par Google, d'après les informations du site spécialisé New Scientist.

Cet accord d'exploitation aurait été signé entre DeepMind, une entreprise propriété de Google, et le Royal Free NHS Trust (qui dépend du service de santé public), qui gère trois hôpitaux à Londres.

Il prévoit l'accès aux données médicales des patients de ces établissements, ainsi que de ceux qui les ont fréquentés ces cinq dernières années.

Jusqu'ici, DeepMind était surtout connu pour AlphaGo, une intelligence artificielle qui a battu les champions européens et mondiaux de Go au début de l'année.

En février, DeepMind avait annoncé le développement d'une application dédiée au traitement des maladies du foie, en partenariat avec le NHS.

Néanmoins, le New Scientist affirme que l'accord prévoit un champ d'action bien plus large.

Les données récoltées ne concernent pas que ce problème spécifique mais aussi d'autres patients.

DeepMind préparerait une plateforme permettant d'analyser ces données: des dossiers médicaux, des parcours de soins, des résultats d'examens, etc.

Baptisée Patient Rescue, elle est censée aider le personnel médical dans ses décisions et diagnostics, et de prévenir les risques de maladie.

L'accord prévoit quelques limites à cette exploitation.

Google n'est pas autorisé à utiliser les données récoltées pour ses autres activités.

Elles doivent être stockées par une entreprise tierce située en Grande Bretagne, et non pas dans les locaux de DeepMind.

Toutes les données doivent par ailleurs être effacées à la fin de l'accord, en septembre 2017.

L'utilisation d'intelligences artificielles dans le cadre médical n'est pas une nouveauté. Watson, un programme développé par IBM, est par exemple utilisé par une dizaine d'établissements américains pour aider au traitement de patients atteints de cancer.

Il revendique des diagnostics en quelques minutes, là où un médecin peut passer des semaines à analyser des séquences ADN.

Les efforts de DeepMind dans la santé ont officiellement été dévoilés au mois de février, au moment de la signature de l'accord avec la NHS. Sur son site officiel, l'entreprise anglaise affirme vouloir «soutenir les médecins en leur apportant une expertise technique qui les aidera à soigner le mieux possible leurs patients.»

Ce genre d'initiatives provoque néanmoins les critiques des défenseurs de la vie privée, qui s'inquiètent de l'exploitation par des entreprises de données souvent très sensibles.

La Royal Free NHS Trust a précisé dans un communiqué que les données utilisées par DeepMind ne permettaient pas d'identifier les patients, et que leur transfert se faisait de manière chiffrée, c'est-à-dire sécurisée.

Néanmoins, l'accord dévoilé par le New Scientist fait bien mention de données identifiables, comme des noms, des numéros de sécurité sociale ou des photos.

L'institution n'a pas précisé la manière dont ses patients pouvaient réclamer le retrait de ces informations.

En France, la ministre de la Santé Marisol Touraine a annoncé fin avril le lancement d'une consultation en ligne sur le thème de l'ouverture et l'exploitation des données de santé.

La Loi Santé, adoptée par le parlement fin 2015, prévoit la création d'un système national des données de santé, qui seront préalablement anonymisées.

Certaines seront disponible en «open data», c'est-à-dire accessibles à tous.

Intelligence artificielle et diagnostic médical: elle est déjà là avec Google.
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