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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 08:11

Maladie de Lyme chronique : la polémique sur l’antibiothérapie hors AMM s'accentue

Aude Lecrubier 4 juillet 2017 Aurora, Etats-Unis —

Depuis plusieurs mois, la polémique enfle autour du diagnostic et des traitements de la maladie de Lyme transmise par les tiques.

Selon certains médecins aux Etats-Unis comme en Europe, la maladie est en pleine expansion et sous-diagnostiquée, notamment en raison de la diversité des agents infectieux impliqués et de tests diagnostiques peu performants.

Ces experts s’alarment du nombre grandissant de patients atteints de maladies de Lyme chroniques particulièrement invalidantes et militent pour obtenir l’autorisation de proposer d’autres traitements et en particulier des antibiothérapies plus longues que celles actuellement recommandées.

Cependant, face à ce courant de pensée alternatif mené, en France, par le Pr Luc Montagnier (Professeur émérite à l'institut Pasteur, prix Nobel de médecine, co-découvreur du VIH) et le Pr Christian Perronne (CHU de Garches) et aux Etats-Unis par l’association International Lyme and Associated Diseases Society (ILADS), d’autres voix s’élèvent qui questionnent l’existence même d’une forme chronique de maladie de Lyme et qui s’inquiètent des effets secondaires graves qui peuvent être associés à l’antibiothérapie prolongée.

Mi-juin, aux Etats-Unis, dans un article du Morbidity and Mortality Weekly Report des CDC [1], les Centers for Disease Control (CDC) ont voulu marquer les esprits en publiant 5 cas cliniques de complications sévères associées à des injections d'antibiothérapies et d’immunoglobulines en intraveineuse chez des patients considérés comme souffrant de maladie de Lyme chronique.

« Les médecins et les patients devraient savoir que les traitements de la maladie de Lyme chronique ne reposent pas sur des bases scientifiques solides et qu’ils peuvent induire des complications sévères », écrivent les auteurs, le Dr Natalie S. Marzec et coll. (médecine préventive, Université du Colorado, Aurora, Etats-Unis). Interrogé par Medscape édition française, le Pr Perronne a réagi à cette publication.

Pour lui, il s’agit « d’exemples exceptionnels de complication d’une voie veineuse centrale pour discréditer l’antibiothérapie du Lyme chronique. »

« Ces quelques cas isolés n’ont rien à voir avec la prise en charge habituelle du Lyme chronique qui ne nécessite pas, sauf exception, de traitement IV prolongé.

C’est le résultat de quelques médecins qui font un peu n’importe quoi, jusqu’à monter des cathéters centraux ou mettre en place des chambres implantables.

Autant ces pratiques peuvent se justifier pour la chimiothérapie d’un cancer ou le traitement d’un état de choc en réanimation, autant ce type de traitement n’a pas sa place pour le Lyme (sauf intolérance digestive absolue, ce qui est exceptionnel) », commente l’infectiologue.

Cas clinique 1 Le premier cas décrit par les CDC est celui d’une femme trentenaire souffrant de fatigue et de douleurs articulaires qui a été diagnostiquée avec une maladie de Lyme chronique (infection par Babesia et Bartonella).

En dépit de plusieurs cures d'antibiotiques oraux, ses symptômes se sont aggravés.

Après trois semaines de ceftriaxone et de cefotaxime en intraveineuse, la douleur articulaire n’a pas cessé et la patiente a développé de la fièvre et des démangeaisons.

Elle a été hospitalisée en soins intensifs où elle a reçu des antibiotiques à large spectre en IV.

En dépit des soins intensifs, son état s'est aggravé et elle est décédée.

Le décès de la patiente a été attribué à un choc septique du à une bactériémie induite par le cathéter veineux central.

Les traitements de la maladie de Lyme chronique ne reposent pas sur des bases scientifiques solides et ils peuvent induire des complications sévères

Dr Natalie S. Marzec

Cas clinique 2

Le deuxième cas est celui d’une adolescente souffrant depuis des années de douleurs musculaires, articulaires, dorsales, de maux de tête et de léthargie d’abord diagnostiqués comme un syndrome de fatigue chronique puis comme une maladie de Lyme chronique.

La patiente a été traitée avec des antibiotiques oraux puis en intraveineuse (rifampine, trimethoprime-sulfamethoxazole, doxycycline, cefiraxone) pendant 5 mois sans amélioration.

Les antibiotiques ont été arrêtés, mais elle a développé un choc septique.

Elle s’est révélée positive à Acinetobacter spp, et a été traitée avec succès avec des antibiotiques à large spectre en unité de soins intensifs.

Cas clinique 3

Le troisième cas est celui d’une femme dans la quarantaine testée positive à la maladie de Lyme.

Elle a reçu 4 semaines de doxycycline orale.

Et, deux ans plus tard, la fatigue, les troubles cognitifs et sa faible endurance à l’effort ont conduit à poser un diagnostic de maladie de Lyme chronique.

Après une cure prolongée d’antibiotiques par intraveineuse, des cultures réalisées au niveau du cathéter et dans le sang se sont révélées positives pour Pseudomonas aeruginosa pour laquelle.

Une douleur dorsale continue, un scanner et une biopsie osseuse ont permis de poser un diagnostic d’ostéodiscite (infection du disque intervertébral et de vertèbres), traitée avec succès.

Cas clinique 4

Les deux derniers cas portent sur deux femmes l’une dans la cinquantaine et l’autre dans la soixantaine qui ont chacune de multiples comorbidités.

La première souffrait de faiblesses, de gonflements et de picotements aux extrémités.

Elle a d’abord été diagnostiquée avec une polyneuropathie démyélinisante inflammatoire chronique mais 5 ans de traitements se sont révélés inefficaces.

On lui a alors diagnostiqué une sclérose latérale amyotrophique, une maladie de Lyme chronique, une babésiose (infection parasitaire intraérythrocytique rare), et une fièvre pourprée des montagnes rocheuses.

Après 7 mois de traitement intensif par antibiotiques, elle a développé une infection à C. difficile qui a nécessité deux ans de traitement.

La patiente est décédée des complications de la sclérose latérale amyotrophique.

Cas clinique 5

La deuxième femme, plus âgée, avait une neutropénie autoimmune, une connectivite mixte (syndrome de Sharp), et une arthrite dégénérative lorsqu’un diagnostic de neuropathie induite par une maladie de Lyme chronique a été posé.

Après un traitement intraveineux par immunoglobulines toutes les 3 semaines pendant plus de 10 ans, la patiente a développé une infection au staphylocoque doré résistant à la méticilline.

Elle a été traitée par antibiotiques en intraveineuse mais l’infection est revenue au niveau des articulations zygapophysaires lombaires.

Au final, la patiente a due être drainée pour un abcès paraspinal.

L’approche officielle reste prédominante Cette défiance vis-à-vis de l’antibiothérapie prolongée dans la maladie de Lyme est partagée par la plupart des sociétés savantes officielles en Europe comme en Amérique (British Infection Association, Infectious Diseases Society of America /IDSA,

Association of Medical Microbiology and Infectious Disease Canada /AMMI …)

Dans un article récent intitulé « La maladie de Lyme : entre psychose et fausses informations » [2], l’Association française pour l’information scientifique (Afis) cite notamment la position de la Société de pathologie infectieuse de langue française (SPLIF) :

« Au cours des phases dites primaire ou secondaire de la maladie, des traitements « courts » de deux à trois semaines ont clairement montré leur capacité à guérir la grande majorité des patients ».

En revanche, « les études thérapeutiques sont unanimes : aucune d’elles n’a montré un intérêt à prolonger les traitements antibiotiques » et « les risques d’effets secondaires augmentent avec l’exposition ».

Dans le même sens, selon l’Afis, le Haut conseil de la santé publique (HCSP)indique qu’il faut éviter « une dérive qui ferait abandonner des recherches diagnostiques appropriées et adaptées » et donc passer à côté d’autres diagnostiques.

Mais le terrain renvoie aussi d’autres sons de cloche.

Lors d’une conférence de presse organisée lors du dernier congrès de The International Lyme and Associated Disease Society (ILADS) à Paris, le Dr Philippe Raymond, médecin généraliste à Valence, a expliqué le calvaire de nombreux patients souffrant de symptômes neurologiques ou rhumatologiques atypiques, en errance thérapeutique pendant des années.

Selon son expérience, chez ces patients, une antibiothérapie orale prolongée permettait « d’améliorer franchement les symptômes dans près d’un cas sur deux ». PNDS 2017 : vers un statu quo ou vers une modification des recommandations ?

En France, la maladie de Lyme fait l’objet d’un plan national depuis décembre 2016 qui prévoit notamment la mise en place d’un nouveau protocole de soins et de traitement (PNDS) qui devrait être présenté fin 2017.

Après plusieurs réunions, partisans et opposants aux changements de recommandations devront aboutir à un texte commun.

Que peut-on en attendre ?

Lors du dernier congrès de l’ILADS, le Pr Perronne a donné son avis et exprimé ses attentes.

« On manque de données scientifiques solides pour faire un consensus gravé dans le marbre dès cette année. Il faudra plus de recherches et de financements.

Pour l’instant, nous souhaitons une phase de transition où nous nous mettrons d’accord sur des stratégies de traitement acceptables en sachant qu’elles ne sont pas encore toutes fondées scientifiquement», a-t-il expliqué.

S’il semble trop tôt pour clore les débats autour de la maladie de Lyme, certaines réponses pourraient être apportées dans les années à venir.

Aux Etats-Unis, alors que le congrès a récemment voté la mise en place d’un groupe de travail sur la maladie de Lyme, on attend de nouvelles études.

En parallèle, en France, le plan Lyme devrait permettre de mieux recenser les pathogènes transmis par les tiques, de pousser les recherches sur les tests diagnostiques et de lancer une cohorte de suivi prospective des patients suspects de maladie de Lyme.

Nous souhaitons une phase de transition où nous nous mettrons d’accord sur des stratégies de traitement acceptables

Pr Christian Perronne.

Maladie de Lyme chronique : la polémique sur l’antibiothérapie hors AMM s'accentue.
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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 05:42

Des chercheurs ont découvert que le facteur FGF19 augmente la masse musculaire chez des souris.

Il apparaît comme une solution thérapeutique chez l'Homme contre ce type de perte lors du vieillissement dans des maladies chroniques (obésité, cancer, insuffisance rénale) ou des situations d’immobilisation.

Le facteur de croissance des fibroblastes 19 (FGF19), une entérokine (une hormone sécrétée par l’intestin) connue pour agir sur le métabolisme des acides biliaires dans le foie, est aussi capable de cibler d’autres tissus et d’exercer un rôle de régulateur du glucose et de l’homéostasie des lipides.

En étudiant l’intérêt thérapeutique potentiel du FGF19 dans les maladies métaboliques telles que le diabète de type 2 et l’obésité, les chercheurs du laboratoire Carmen « recherche en cardiovasculaire, métabolisme, diabétologie et nutrition » (Inserm, Inra, université Claude Bernard Lyon 1, Insa Lyon) dirigé par Hubert Vidal, en collaboration avec l’équipe du Dr. Jérome Ruzzin du Département de biologie de l’université de Bergen (Norvège) ont montré que des souris traitées avec du FGF19 durant sept jours prennent moins de poids et de tissus adipeux alors qu’elles mangent davantage que des souris non traitées.

Dans ces conditions, les chercheurs ont montré que la masse des muscles squelettiques et la force musculaire des animaux traités sont augmentées, identifiant ainsi pour la première fois une nouvelle fonction du FGF19. FGF19 favorise l’augmentation de la masse musculaire

À une échelle moléculaire, les chercheurs ont identifié la voie de signalisation qui entraîne les effets hypertrophiques du FGF19 dans le muscle et démontrent que cet effet est la conséquence d’une augmentation de la taille des fibres, indépendamment du type de fibre musculaire.

Les chercheurs ont ensuite démontré le potentiel thérapeutique du FGF19 en utilisant différents modèles murins présentant une diminution de la masse musculaire, incluant des animaux traités avec un glucocorticoïde, un modèle de souris génétiquement obèse et des souris âgées.

Dans chacun de ces modèles, ils ont mis en évidence la capacité d’un traitement par le FGF19 à préserver ou augmenter la masse et la force musculaire.

« Ceci montre pour la première fois l’intérêt du FGF19 pour lutter contre la fonte musculaire, mais potentiellement aussi en agronomie pour augmenter la masse musculaire des animaux d’élevage », concluent Hubert Vidal et ses collaborateurs qui envisagent la mise en place d’études cliniques pour valider ces observations chez l’Homme.

Ces résultats ont été publiés le 26 juin 2017 dans Nature Medicine.

Un nouvel espoir dans la lutte contre la fonte musculaire

Article de Cordis Nouvelles paru le 18 novembre 2006

Des chercheurs du Laboratoire européen de biologie moléculaire (LEBM) ont établi que le blocage d'une certaine molécule pouvait prévenir la fonte des muscles et améliorer leur régénération, entretenant l'espoir de nouvelles thérapies dans la lutte contre le dépérissement musculaire.

Les résultats de leurs travaux, financés en partie dans le cadre du réseau d'excellence MYORES, relevant lui-même du sixième programme-cadre de l'Union européenne, ont été publiés dans le Journal of Clinical Investigation.

La fonte musculaire se produit lorsque les processus maintenant l'équilibre entre la production de protéines et leur rétention sont désorganisés.

Ce dérèglement peut être la conséquence d'anomalies génétiques, d'une défaillance cardiaque, d'une blessure rachidienne, d'un cancer, de l'immobilité ou même d'un âge avancé.

Malgré le sérieux impact que la faiblesse résultant d'une perte de la masse et de la force musculaires a sur la qualité de vie des patients, la mise au point de traitements efficaces susceptibles d'y remédier se révèle extrêmement difficile.

Lors de ces recherches toutes récentes, les scientifiques ont étudié le rôle de la molécule « signal » NF-kB dans la fonte musculaire.

Si l'on sait depuis un certain temps que la NF-kB joue un rôle clé dans les processus d'inflammation, on n'a découvert que récemment qu'elle était impliquée dans d'autres maladies dégénératives telles que la sclérose en plaques.

Les scientifiques ont retiré génétiquement la molécule NF-kB des muscles des pattes de souris en bloquant une protéine appelée IKK2, qui active la NF-kB. Ils ont ensuite simulé une blessure rachidienne sur la souris en bloquant la communication entre la moelle épinière et le muscle inférieur de la patte, intervention entraînant normalement une fonte musculaire.

« Nous avons fait des observations fort étonnantes », a déclaré le professeur Nadia Rosenthal, responsable de l'unité de biologie de la souris au LEBM.

« Les souris ne présentaient quasiment aucune fonte musculaire suite à la blessure ; leurs fibres musculaires ont conservé une taille, une puissance et une répartition quasiment identiques à celles d'un muscle sain.

Mais ce n'est pas tout : le blocage de l'IKK2 a également contribué à la guérison du muscle.

Sans le signal NF-kB, la régénération musculaire a était bien meilleure et beaucoup plus rapide ».

Foteini Mourkioti et Nadia Rosenthal deux des auteurs de l'étude

Selon les chercheurs, la NF-kB abolit - en réponse à une blessure ou à une inflammation - la production de protéines et stimule leur rétention, entraînant la perte de masse musculaire.

Le blocage de la NF-kB dans les muscles des pattes des souris a donc permis de prévenir la fonte musculaire et d'améliorer la guérison.

Autre molécule suscitant l'intérêt des chercheurs: un facteur de croissance appelé IGF-1.

Dans des études antérieures, le professeur Rosenthal et son équipe avaient établi que l'IGF-1 favorisait grandement la réparation des muscles squelettiques et cardiaques.

Ayant ajouté un codage génétique pour l'IGF-1 au tissu musculaire déjà privé de la NF-kB, les chercheurs ont établi que la protection contre la fonte musculaire s'en trouvait encore améliorée.

« Le fait que la diminution de la NF-kB contribue à conserver notre masse musculaire est un précieux point de départ dans la conception de nouvelles thérapies de lutte contre les myopathies », a expliqué le Dr Foteini Mourkioti, de l'unité de biologie de la souris au LEBM. «

L'ajout de l'IGF-1 a un effet similaire au blocage de la NF-kB ; il doit cependant agir, en partie au moins, indépendamment de la NF-kB, vu que nous avons observé une claire amélioration en utilisant concomitamment les deux traitements ».

Dans un article corollaire, Michael Karin, de l'université de Californie, met en avant les implications de ces nouvelles recherches, relevant que les dystrophies et la fonte musculaires ne sont généralement pas, jusqu'à présent, appréhendées comme des maladies inflammatoires.

« Ces données... suggèrent fortement que les dystrophies et atrophies musculaires devraient elles aussi être considérées comme des maladies inflammatoires et accroissent la perspective de nouvelles thérapies ciblant l'IKK2 ou d'autres étapes dans la voie d'activation de la NF-kB », écrit-il.

Un certain nombre d'inhibiteurs de l'IKK2 et d'autres molécules bloquant l'activation de la NF-kB ayant récemment été mis en évidence, le Dr Karin prône un accroissement des recherches portant sur la capacité de l'inhibition de la NF-kB à prévenir la dégénérescence musculaire, chez la souris dans un premier temps, puis chez l'homme.

« Vu la prévalence des maladies entraînant une dégénérescence musculaire et l'épreuve qu'elles constituent pour les patients en termes de qualité de vie ainsi que leur impact économique majeur, de tels essais sont non seulement justifiés, mais aussi infiniment nécessaires », conclut-il.

Une hormone intestinale pour lutter contre la la perte musculaire. Sarcopénie.
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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 22:39

Les patients atteints de sclérose en plaques peuvent bénéficier d'une thérapie en vente libre : l'acide Alpha Lipoïque

30 juin 2017

Les options de traitement sont actuellement limitées pour les personnes atteintes de sclérose en plaques progressive secondaire.

Cependant, une étude pilote de l'OHSU suggère que l'acide lipoïque -antioxydant en vente libre- est prometteur pour améliorer la vie des patients.

La recherche a été publiée le 28 juin dans la revue Neuroimmunology & Neuroinflammation.

L'étude randomisée en double aveugle comprenait 51 participants qui ont terminé l'essai sur deux ans.

Vingt-sept personnes ont reçu une dose quotidienne d'acide lipoïque de 1 200 grammes par jour, les 24 autres participants ayant reçu un placebo.

Les chercheurs utilisent les résultats de l'essai pilote pour concevoir l'essai clinique multi-site élargi pour commencer plus tard cette année à Portland et d'autres sites qui doivent encore être finalisés.

"Ce sont des doses élevées", a déclaré l'auteur principal Rebecca Spain, M.D., M.S.P.H., professeur adjoint de neurologie à l'OHSU School of Medicine.

"Et si cela semble être sûr, nous ne saurons pas si cela améliore réellement la vie des personnes atteintes de la maladie mentale jusqu'à ce que nous puissions reproduire les résultats dans l'étude pilote à travers un essai clinique beaucoup plus grand.

Heureusement, nous pourrons répondre à cette question avec la participation de bénévoles ".

La SEP est une maladie chronique qui affecte environ 2,3 millions de personnes dans le monde.

Dans la SEP, la gaine qui recouvre les fibres nerveuses dans le cerveau et la moelle épinière est endommagée, ralentissant ou bloquant les signaux électriques du cerveau atteignant les yeux, les muscles et d'autres parties du corps.

La principale constatation de l'étude pilote a consisté à mesurer le degré auquel l'acide lipoïque a arrêté le taux d'atrophie cérébrale entière, mesuré par imagerie par résonance magnétique.

L'étude a révélé une amélioration de 68 pour cent par rapport au placebo dans le ralentissement du taux d'atrophie cérébrale complète chez les patients atteints de SEP secondaire secondaire.

Par souci de comparaison, un essai clinique impliquant l'Ocrevus pharmaceutique approuvé récemment par la FDA a montré une amélioration de 18% par rapport à un placebo dans le ralentissement du taux d'atrophie cérébrale complète chez les patients présentant des formes primaires progressives de la maladie.

En outre, l'étude pilote a suggéré des temps de marche améliorés et moins de chutes parmi les participants à l'étude qui ont pris une dose quotidienne d'acide lipoïque par rapport à ceux qui ont reçu le placebo.

Les chercheurs sont désireux de tester ces résultats dans le plus grand essai clinique.

Une étude complémentaire, publiée simultanément par Neuroimmunology & Neuroinflammation, a mesuré le taux d'absorption et de dépollution de l'acide lipoïque par des analyses de sang périodiques des participants à l'étude pilote.

Les résultats aideront à informer la conception d'essais cliniques supplémentaires.

L'acide lipoïque a été jugé sûr et bien toléré par les participants à l'étude pilote.

La crise de l'estomac a été l'effet secondaire le plus fréquent.

Plus d'informations:

L'acide lipoïque dans la SEP progressive secondaire,

Neuroimmunologie et Neuroinflammation, nn.neurology.org/content/4/5/e374.

Oregon Health & Science University

L'acide alpha-lipoïque empêche les calculs rénaux dans un modèle de souris de maladie génétique rare

06 févr. 2017

L'acide alpha-lipoïque, un complément alimentaire largement disponible pour les consommateurs, a empêché la formation de pierre dans un modèle de cystinurie à la souris, une maladie héréditaire rare qui provoque une formation récurrente de calculs rénaux douloureux et préjudiciables. ...

Les patients atteints de sclérose en plaques peuvent bénéficier d'une thérapie en vente libre : l'acide Alpha Lipoïque.
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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 16:05
Simone Veil, le VIDAL et l’industrie pharmaceutique

 

 

 

 

 

 

Simone Veil a joué un rôle majeur et peu connu en matière d’information sur le médicament.

Elle a notamment soutenu sans faiblir un de ses conseillers qui a repris en main l’information pharmacologique destinée aux professionnels de santé.

L’histoire que je vais vous raconter n’est pas publique, je la tiens de la bouche d’un ancien conseiller de Simone Veil, qui me l’a racontée il y a une dizaine d’années.

Je m’étais promis de la publier un jour et le décès de Simone Veil m’en donne l’occasion.

Tout le monde ou presque connaît le dictionnaire VIDAL, ce gros livre rouge qui trône sur le bureau de tous les médecins.

Il regroupe des notices d’information professionnelles sur les médicaments. Ces notices (appelées monographies) sont strictement conformes aux documents officiels de référence élaborés par les agences du médicament française et européenne et ne comportent donc aucun contenu publicitaire.

Il n’en a pas toujours été ainsi.

Depuis la naissance du VIDAL en 1914 jusqu’à la fin des années 70, ces monographies étaient élaborées en toute liberté par les laboratoires, qui pouvaient y vanter leurs produits sans aucune retenue. Voici par exemple que que l’on pouvait lire dans l’édition 1973 :

En 1976, Simone Veil est Ministre de Santé depuis 2 ans, le tumulte autour de sa loi sur l’avortement est à peine retombé.

Un de ses conseillers, Jean-Pierre Bader, est professeur de gastro-entérologie et pharmacologue. Il participe à des commissions internationales sur le médicament.

C’est lui qui va être à l’origine de la naissance du "nouveau VIDAL". Je retranscris ci-dessous l’histoire telle qu’il me l’a racontée :

Alors que je participe à un dîner regroupant des pharmacologues, je suis assis à côté d’un collègue américain qui représente la Food and Drug Administration (FDA) et qui parle français. Quand il apprend que je représente la France, il s’exclame :

"Waouh, vous, les français, vous avez un truc extraordinaire ! c’est le dictionnaire VIDAL ! À la FDA, quand une réunion se prolonge et que nous sommes tous un peu fatigués, je sors un VIDAL et je traduis une page ou deux à mes collaborateurs. On rigole un bon coup, ça nous détend, et on peut recommencer le travail. Vraiment, merci, votre dictionnaire des médicaments est trop marrant !"

Je ris jaune. Dès le lendemain, je parcours la dernière édition du VIDAL (1976). Il avait malheureusement raison : le contenu du dictionnaire des médicaments utilisé par tous les médecins et pharmaciens français était absolument pathétique.

Je m’en ouvre à Simone Veil et lui propose de monter une commission pour contrôler et réécrire l’information contenue dans le dictionnaire VIDAL. Elle me donne carte blanche.

Je recrute un jeune pharmacologue, Jean-Michel Alexandre, qui crée avec quelques collègues une commission chargée de reprendre une à une toutes les monographies des médicaments, et d’imposer à l’industriel et à l’éditeur du VIDAL un texte enfin conforme aux données de la science [1] et purgé de ses allégations publicitaires.

C’est un casus belli pour l’industrie pharmaceutique qui tente à plusieurs reprises de nous faire renoncer à notre projet, mais nous résistons et la Commission Alexandre avance à grands pas. Jacques Servier se déplace en personne au Ministère avec sa garde rapprochée pour m’expliquer que je signe la mort de l’industrie pharmaceutique française ! Me sentant soutenu par la Ministre, je tiens bon. C’est alors que son chef de cabinet me convoque et me tient ce discours :

“Monsieur Bader, une des missions fondamentales d’un chef de cabinet est de protéger sa Ministre. Il se trouve que votre histoire avec le VIDAL provoque des remous dans les plus hautes sphères de l’État. Vous êtes en train de mettre en danger Mme Veil, et je ne peux pas l’accepter. Il faut que vous arrêtiez.”

Je lui réponds que je comprends très bien la situation, au vu des pressions que j’avais moi-même subies, mais que je n’arrêterais que si Mme Veil me le demande elle-même.

Une réunion est organisée au Ministère. Nous sommes quatre : Simone Veil, son chef de cabinet, Jean-Michel Alexandre, et moi-même.

Le chef de cabinet explique à la Ministre à quel point la situation est tendue, du fait des pressions de l’industrie du médicament sur l’appareil politique. Je prends ensuite la parole pour lui expliquer l’importance de notre rénovation du VIDAL pour la santé publique française. Je termine en déclarant que je me conformerai à ses directives.

Suivent quelques secondes de silence qui me paraissent interminables. Elle lève les yeux pour réfléchir, puis me fixe du regard, et me dit d’une voix ferme "Monsieur Bader, vous continuez". Fin de la réunion !

J’adore cette histoire, qui honore la mémoire de Simone Veil. Elle illustre une capacité peu répandue chez les hommes (ou femmes) politiques : celle de se mettre en difficulté pour faire avancer une cause juste.

L’oeuvre de Simone Veil dépasse largement celle de la dépénalisation de l’IVG et touche parfois des domaines peu connus.

Quelques années plus tard, Jean-Pierre Bader soutiendra le financement d’un projet de revue pharmacologique indépendante : c’est grâce à une subvention ministérielle que la Revue Prescrire pourra se lancer à la même époque, avant de devenir autonome financièrement une dizaine d’années plus tard.

Jean-Michel Alexandre sera président de la commission d’AMM, avant de devenir consultant pour l’industrie et d’être mis en examen dans l’affaire du médicament MEDIATOR pour ses liens financiers étroits avec les Laboratoires SERVIER.

Les propriétaires du VIDAL, persuadé que cette "rénovation" ferait fuir les industriels (qui contribuent à la diffusion gratuite du VIDAL auprès des prescripteurs), le vendront à un entrepreneur visionnaire (Vincent Hollard) qui avait compris que bien au contraire, cette nouvelle crédibilité assurerait l’avenir de cette référence pharmaceutique. La société VIDAL appartient actuellement à la société japonaise M3.

Liens d’intérêt

Dr Dominique Dupagne

Je suis consultant pour les éditions du VIDAL depuis 1992, date à laquelle j’ai été embauché pour rédiger la version grand public du dictionnaire des médicaments, avant d’évoluer vers un rôle d’expert web. Je n’ai pas soumis ce texte à la société VIDAL et j’en assume donc seul l’entière responsabilité.

Notes

[1] Ces monographies révisées se distingueront pendant une dizaine d’années par la présence d’une étoile à côté du titre

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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 16:01

Dix euros le paquet de tabac ; obligation de onze vaccins : Philippe II convaincu par Agnès Buzyn

 

Après les applaudissements glacés de Versailles, les applaudissements nourris dans la chaleur de l’Assemblée nationale.

Désormais le président Macron fait peur ; Edouard Philippe boxe dans sa catégorie.

Et son ring est la réalité.

Pour ce qui nous importe, deux mesures concrètes qui vont susciter bien des réactions polémiques:

I « Ne rien faire est exclu. Nous porterons progressivement le prix du paquet de cigarettes à 10 euros » (1)

On avait fort opportunément appris, quelques heures auparavant, que dans une « feuille de route » adressée au Premier ministre Agnès Buzyn, ministre de la Santé (et de la Solidarité), explique sa politique en matière de lutte contre le tabagisme avec une mesure présentée comme drastique : augmenter « rapidement et fortement, dès 2018, le prix du tabac ».

« Mon objectif est que la génération qui naît aujourd’hui soit la première génération sans tabac », écrit-elle dans cette feuille de route mise en ligne par le site spécialisé Hospimedia (reprenant là une phrase de Marisol Touraine).

Adressé au Premier ministre, qui prononcera mardi sa déclaration de politique générale, ce document devait faire l’objet d’arbitrages.

« La lutte contre le tabagisme, qui constitue la première cause évitable de mortalité, sera intensifiée à la fois en augmentant rapidement et fortement, dès 2018, le prix du tabac, et en finançant des actions de prévention, de sevrage et de recherche appliquée », ajoute Agnès Buzyn.

Où l’on voit une ministre qui prend de l’assurance.

Le 16 juin, dans une interview au Parisien elle s’était bornée à assurer qu’elle n’était « pas contre » une hausse du paquet de cigarettes à dix euros – mais sans évoquer de calendrier.

Où l’on pressent un germe de conflit : la ministre veut une augmentation « rapide » quand le Premier la prévoit « progressive ».

Et il reste aux deux à ouvrir, enfin, les portes à la cigarette électronique.

Déjà des nuages à l’horizon : cette hypothèse est rejetée par les industriels étrangers comme par les buralistes français.

« Même s’il n’y a pas de tabou en ce qui concerne d’éventuelles augmentations des prix du tabac, celles-ci doivent se faire de manière raisonnable afin de ne pas faire exploser encore plus le marché parallèle », menace Benoît Bas, directeur des relations extérieures de Japan Tobacco International (JTI).

II « Les vaccins unanimement recommandés deviendront obligatoires pour la petite enfance ».

Mme Buzyn a donc fini de « réfléchir ».

Voilà un objectif d’ores et déjà objet de polémiques au sein même du corps médical ; un objectif compliqué par la désorganisation totale de la production industrielle et une confiance collective à retrouver.

On attend Agnès Buzyn, le gouvernement (et le Président) au tournant.

1 La déclaration exacte d’Edouard Philippe : « En matière de lutte contre le tabac, là encore, il nous faut assumer des choix courageux. Chaque année, le tabac, en France, est la cause de 80 000 décès par an. C’est la première cause de mortalité évitable et la consommation quotidienne de tabac augmente chez les adolescents.

« Ne rien faire est exclu. Nous porterons progressivement le prix du paquet de cigarettes à 10 euros en luttant sans merci contre les trafics qui minent cette politique de santé, autant qu’ils fragilisent ceux qui respectent la loi ».

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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 11:50

20 CHU magazine - N° 65 - Décembre 2012

 

La réunion de concertation pluri-disciplinaire (RCP) d’oncologie digestive qui réunit chirurgiens, oncologues, radiothérapeutes et radiologues.

Ces techniques offrent aussi une solution d’attente, notamment dans la perspective d’une transplantation d’un foie sain chez une personne atteinte d’un cancer primaire tel le carcinome hépato-cellulaire (CHC) sur foie de cirrhose.

Elles autorisent la destruction des tumeurs primitives afn de stopper la progression hépatique, étape préalable à toute greffe.

«Le pronostic des patients s’est amélioré car nous sommes désor-mais plus ouverts pour prendre en charge leur pathologie à un stade métastatique avancé» , explique le professeur Jean-Pierre Richer du service de chirurgie viscérale.

Chirurgie et méthodes dites de thermoablation peuvent ainsi se compléter.

Face à un cancer présentant de nombreux foyers de métastases hépatiques, le recours à la chirurgie seule impliquerait un acte trop lourd.

En effet, la quantité de tissu sain retiré avec la tumeur n’autoriserait plus une fonction hépatique adéquate. Le recours aux techniques mini-invasives a notamment pour

Lésions tumorales : des techniques alternatives à la chirurgie

Afn de se donner les meilleures chances pour lutter contre les cancers du foie, du pancréas, du poumon et du rein, le CHU de Poitiers met en pratique des techniques mini-invasives en complément de la chirurgie.

avantage d’éliminer une partie des foyers tumoraux tout en préservant davantage le parenchyme ; la chirurgie étant réservée aux sites les plus importants.

Bien que moins agressives que la chirurgie, la radiofréquence tout comme les micro-ondes ont pour conséquence de détruire les structures anatomiques saines (artères, vaisseaux, nerfs…) à proximité de la zone de traitement. Là, réside la principale limite de ces méthodes. Ce n’est pas le cas en revanche d’une technique en devenir comme l’électroporation.

C’est pourquoi le CHU de Poitiers s’intéresse de près à cette méthode qui consiste à soumettre la tumeur à un champ électrique important (3 000 volts) provoquant la destruction du fonctionnement de la cellule cancéreuse (apoptose).

Elle rend envisageable l’intervention dans des sites inaccessibles jusqu’alors comme autour des vaisseaux mésentériques dans le cas du cancer du pancréas.

Une fois ces vaisseaux dégagés par électroporation de la tumeur qui l’enserre, cette dernière pourra être enlevée par voie chirurgicale.

Un protocole de recherche – initié par le professeur Jean-Pierre Tasu du service de radiologie, le docteur David Tougeron du département d’oncologie médicale et les professeurs Michel Carretier, Jean-Pierre Richer et Jean-Pierre Faure ainsi que le docteur Riccardo Gauzolino du service de chirurgie viscérale du CHU de Poitiers – réunit au-jourd’hui les centres hospitaliers de Tours, Angers, Nantes et Rennes.

Le CHU de Poitiers, promoteur de cette recherche, sera le premier établissement en France à proposer d’évaluer de façon scientifique cette méthode.

Dans le traitement des tumeurs cancéreuses solides, l’exé-rèse chirurgicale demeure l’acte à privilégier.

Si l’association radio-thérapie et chimiothérapie peut stériliser, mais rarement, certaines tumeurs, seule la chirurgie permet de retirer complètement la lésion tumorale.

Dans de nombreux cas (pathologie rendant la chirurgie trop risquée, tumeur trop répandue ou inaccessible), ce geste peut être contre-indiqué ou insuffisant.

Afin de compléter l’acte chirurgical, le CHU a acquis une expertise dans les méthodes de destruction des tumeurs par la chaleur : la radiofréquence (RF), et plus récemment les micro-ondes (la cryoablation, traitement par le froid principalement indiqué dans le traitement des tumeurs rénales, n’étant pas pratiquée au CHU).

Ces techniques sont guidées par l’imagerie et nécessitent l’implantation d’électrodes soit par voie chirurgicale (ouverture de l’abdomen dans le cas des métastases hépatiques des tumeurs digestives par exemple), soit par voie percutanée sous contrôle radiologique (sans ouverture).

Elles ont modifié la prise en charge des malades en apportant un outil complémentaire devenu rapidement indispensable dans la prise en charge du malade et de sa pathologie.

ChuMag65

Lutte conter le cancer et élecroporation en France. CHU Poitiers.
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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 11:23

SE Agnès Buzyn : « Je n'ai pas envie d'être une ministre normative »



Ni « ministre des annonces », ni « ministre normative », Agnès Buzyn
veut co-construire les solutions avec la profession, apaiser durablement
le climat avec les médecins libéraux et « éviter l'obligation de tiers
payant généralisé ».

Fixant les priorités de sa stratégie nationale de santé (prévention,
santé mentale, articulation avec le social, lutte contre les déserts
médicaux), elle compte sur les professionnels pour « s’emparer des
sujets de santé publique ».

« Bouleversée » par le fiasco « inadmissible » des ECNi, la ministre de
la Santé envisage des sanctions. Elle ouvre enfin la réforme de la
tarification hospitalière « au parcours » avec des mesures pour
favoriser des expérimentations dès le PLFSS 2018.

Sous les précédents quinquennats, la France a connu deux réformes
majeures en santé (la loi HPST et la loi de santé de Marisol Touraine).
Faut-il s’attendre à une nouvelle grande loi « Buzyn » ?

AGNÈS BUZYN : Je ne serai pas une ministre des annonces, et n’ai pas
envie d’être une ministre normative. Je veux être une ministre de
l’action, ce qui ne nécessite pas forcément une loi, encore moins une
loi à mon nom ! Les professionnels sont fatigués des textes législatifs.
Ma méthode est d’abord de définir des objectifs partagés avec les
professionnels, de co-construire les solutions et de m’inscrire dans le
temps long.

Emmanuel Macron a lui-même parlé de « révolution de la prévention ».
Comment comptez-vous l’inscrire au cœur de votre nouvelle stratégie de
santé ?

La pérennité de notre système de santé repose sur la prévention : nous
devons impérativement en prendre acte pour répondre aux besoins médicaux
du XXIe siècle. La majorité des maladies chroniques, en France et dans
le monde, est liée à un défaut de prévention, comportementale ou
environnementale.

La nouvelle stratégie nationale de santé (SNS) va intégrer cette
révolution de la prévention que le Président de la République appelle de
ses vœux. Mais nous devons prendre le temps de la discuter avec les
partenaires, tout en conservant un calendrier ambitieux : la stratégie
nationale de santé sera finalisée d’ici à la fin de l’année, ce qui
laissera le temps aux agences régionales de santé de produire leurs
projets régionaux de santé jusqu’à fin avril 2018 [au lieu du 1er
janvier 2018, NDLR].

Quelles seront les priorités ?

Dans cette SNS, plusieurs axes me tiennent à cœur. Le premier sera
l’articulation très forte entre la santé et le social. Santé et
précarité sont intimement liées : les médecins savent à quel point les
maladies chroniques liées à des facteurs de risques comportementaux,
parfois au travail, entraînent un déclassement des personnes qui
favorise les maladies. Nous allons donc agir sur les déterminants de
santé en amont pour éviter ce glissement dans la précarité.

Autre priorité : la santé mentale. Les besoins ne sont pas tous couverts
aujourd’hui, les parcours de soins sont trop chaotiques, la médecine de
ville, confrontée très souvent aux maladies psychiques, se sent parfois
démunie face à la difficulté à trouver des filières de prise en charge.
Il faut mieux structurer cette prise en charge, notamment chez les
enfants, où doit primer le dépistage précoce des troubles « dys », des
troubles anxieux, des dépressions. La pédopsychiatrie est pour moi un
grand défi.

L’incitation financière des médecins pourrait-elle être un levier, par
exemple des consultations plus longues valorisées en ville ?

La première étape est de définir tous ensemble – médecins, usagers,
professionnels, associations de malades, acteurs publics – des objectifs
à atteindre et des indicateurs de résultats. Dans un second temps, on
identifiera les leviers d’action, qui pourront être aussi financiers.

Par exemple, nous devons nous fixer des objectifs précis d’amélioration
des déterminants de santé de la population visant à réduire les
inégalités. Ensuite on verra s’il faut des consultations spécialisées et
à quel tarif. Je n’ai aucun avis préconçu sur les moyens et récuse tout
dogmatisme. En outre, il est important que les territoires s’engagent
dans cette stratégie nationale de santé avec des actions adaptées aux
besoins spécifiques des populations.

Édouard Philippe a annoncé mardi que l'ensemble des vaccins recommandés
pour la petite enfance deviendraient obligatoires dès l'an prochain.
Comment allez-vous procéder ?

Le Premier ministre l’a dit clairement dans son discours de politique
générale : les vaccins de la petite enfance seront rendus obligatoires
l’année prochaine. Cela concerne les 8 vaccins actuellement recommandés
en plus des 3 qui sont déjà obligatoires. Cette décision se fonde sur
l’état des lieux de la couverture vaccinale en France, qui n’est pas
satisfaisante au regard des exigences de l’Organisation mondiale de la
santé. Pour le méningocoque C, elle n’est même pas à 70 % alors qu’elle
devrait atteindre 95 %. Voir un adolescent mourir de méningite de nos
jours alors qu’un vaccin existe est intolérable ! Je compte accompagner
cette décision d’un effort particulier d’explication auprès des familles
et des professionnels de santé en qui ils ont confiance pour vaincre les
doutes et faciliter l’atteinte de notre objectif. Parallèlement, une
discussion est ouverte avec mes homologues européens, dont certains sont
confrontés à une défiance similaire de leur population, portée par une
mise en avant des effets secondaires des vaccins, parfois réels, parfois
sur-évalués, souvent fantasmatiques.

Mais comment combattre cette défiance à l’égard des vaccins ?

Nous devons faire œuvre de pédagogie et être clairs, transparents et
honnêtes sur les effets secondaires des vaccins. Mais il faut les mettre
en balance avec les risques encourus à n’être pas vacciné. Que
risque-t-on à ne pas s’immuniser dans une population sous-vaccinée
contre la rougeole ? Une encéphalite pour 1 500 enfants atteints de
rougeole, et un mort pour 3 000 enfants.

Je ne supporte plus qu’on dénigre la politique vaccinale sous prétexte
de conflits d’intérêts ou de cadeaux aux laboratoires. C’est un argument
fallacieux. L’ensemble des sociétés savantes, l’Académie de médecine, ou
encore les responsables publics qui prennent la parole en faveur des
vaccins s’intéressent avant tout à la santé des personnes. Enfin, la
vaccination est un enjeu de solidarité : il s’agit de protéger les plus
fragiles, les nouveau-nés pas encore vaccinés, les patients sous
chimiothérapie, les personnes âgées…

Où en est la réflexion autour de la vaccination des professionnels de
santé ?

J’en ai discuté avec les Ordres. Je suis troublée par le faible taux de
vaccination des professionnels de santé ; je trouve que ce n’est pas
déontologique. On a le devoir de faire de la médecine de qualité ; comme
on se lave les mains avant de toucher un malade, on a le devoir de le
protéger des germes qu’on porte en soi. Je souhaite que les
professionnels de santé se sentent concernés par ce sujet.

Plus largement, je compte sur les professionnels de santé pour s’emparer
des sujets de santé publique, car ils sont les mieux placés pour porter
les messages auprès de leur patientèle. Un médecin qui informe son
patient d’un facteur de risque, de la nécessité de changer son
comportement ou de se faire vacciner contre la grippe sera mille fois
mieux entendu que n’importe quelle campagne de santé publique.

Après un quinquennat où les tensions ont été très vives, vous avez reçu
tous les syndicats de praticiens libéraux. Quelles sont vos priorités ?

D’abord, nous parlons la même langue avec les médecins libéraux ! Même
si je n’ai pas fait de médecine en ville, je suis avant tout médecin et
nous parlons de la même pratique. J’ai senti une relation de confiance
s’instaurer avec les médecins libéraux. Il y a un climat d’apaisement
que je veux perpétuer car il est indispensable qu’on puisse
co-construire le système de santé de demain avec ceux qui vont y participer.

Ma ligne est claire : davantage de prévention, la prise en compte des
territoires, la réduction des déserts médicaux, la santé mentale,
l’enfant… Comment va-t-on y arriver ? Quels objectifs chiffrés se
donne-t-on ? Comment toucher les secteurs les plus défavorisés ? Je fais
confiance aux acteurs de terrain pour m’aider à trouver des solutions.
Voilà les enjeux.

Tout de même, comment allez-vous procéder avec la réforme sensible du
tiers payant qu’Emmanuel Macron a promis d’évaluer ? La prochaine étape
de généralisation en novembre sera-t-elle maintenue ?

Le Président de la République a dit que nous devions définir les
conditions d’un tiers payant généralisable. Un rapport de
l’assurance-maladie est prévu en septembre sur le tiers payant mais dès
maintenant je lance une mission IGAS sur sa faisabilité technique.
J’attends ses conclusions pour la fin de l’été.

Soyons clairs : mon objectif serait d’éviter l’obligation de tiers
payant généralisé. J’ai horreur des obligations. Aujourd’hui, je
comprends que les professionnels de santé ne sont pas foncièrement
hostiles au tiers payant mais considèrent qu’il est techniquement
compliqué à mettre en œuvre. Or, je veux un système gagnant/gagnant.

Les patients sont très en attente du tiers payant généralisé mais je ne
souhaite pas mettre en œuvre une telle réforme contre l’adhésion des
professionnels qui seraient chargés de l’appliquer, c’est pourquoi nous
allons regarder de façon pragmatique ce qui est faisable et ce qui ne
l’est pas. Si le système fonctionne bien, il n’y aura aucune raison de
le rendre obligatoire ! Faudra-t-il alors des aménagements à la loi ?
Nous prendrons les décisions qui s’imposent en septembre ou en octobre.

Votre feuille de route prévoit d’inciter les médecins à modérer leurs
dépassements d’honoraires. Comment allez-vous procéder ?

Il faudra commencer par évaluer les dispositions conventionnelles
existantes d’incitation à la modération tarifaire et leur effet sur les
restes à charge et l’accès aux soins. En fonction des résultats de cette
évaluation, nous verrons s’il faut faire évoluer le dispositif.

À l’hôpital, votre priorité est-elle d’accélérer la recomposition
territoriale avec les GHT ou de lancer la réforme du financement de la T2A ?

D’abord, je veux saluer l’effort produit par les hôpitaux pour organiser
ces 135 GHT. Cela a été énormément d’énergie déployée dans les
territoires. Les projets médicaux sont en train d’être rédigés : on
entre dans la période particulièrement intéressante de médicalisation
des prises en charge qui va profiter directement aux patients. L’enjeu
est de rester proches des malades tout en offrant une prise en graduée,
avec différents niveaux de recours. La prochaine étape sera de
travailler cette territorialité avec les professionnels libéraux qui
voudront s’engager dans ces parcours. Il n’y aura pas besoin de nouvelle
loi particulière.

Ensuite, c’est vrai, la tarification hospitalière va évoluer car c’est
un levier indispensable pour encourager une meilleure médecine qui ne
soit pas seulement fondée sur l’activité mais sur la qualité et la
pertinence des prises en charge et des parcours. J’aurai besoin
d’incitations en ce sens. Mais c’est compliqué de tarifer au parcours,
cela nécessite des décloisonnements. Nous allons donc favoriser des
expérimentations, très clairement, dès le prochain PLFSS [projet de loi
de financement de la Sécurité sociale, NDLR]. Les territoires doivent
nous faire remonter des projets d’expérimentation, nous essaierons de
les favoriser, que ce soit par pathologie ou par région.

L’ONDAM 2018 sera-t-il en hausse de 2,3 % ? La médecine de ville et
l’hôpital seront-ils logés à la même enseigne ou donnerez-vous la
priorité à l’ambulatoire ?

Le Président de la République s’est engagé sur un taux de 2,3 % en
moyenne sur le quinquennat. Rien n’est arbitré aujourd’hui pour 2018.
Deux grands principes vont me guider dans la construction de cet ONDAM :
donner une vision pluriannuelle des dépenses de santé aux professionnels
et valoriser la bonne médecine, quel que soit le secteur. Cessons les
oppositions public/privé, hôpital/ville pour se mettre du côté du
malade. Pour lui, le plus important est le financement des bons parcours
de soins.

Comment allez-vous attaquer la réforme du « reste à charge zéro » pour
les lunettes et les prothèses d’ici à 2022 ?

Nous allons démarrer les discussions avec l’ensemble des partenaires en
septembre. Ce sujet est techniquement complexe, il nécessite donc
beaucoup de travail, y compris sur les filières optique et dentaire.
Nous allons définir le panier de soins et le type de prestations dont le
reste à charge sera de « zéro ». On peut imaginer travailler par étapes
successives d’ici à 2022 en commençant par la prise en charge d’un
secteur ou d’une seule pathologie. Une chose est certaine : laissons le
temps à la concertation.

Les étudiants en médecine souffrent et sont très tôt obsédés par les
ECN, ce qui est source de stress supplémentaire. Vous avez annoncé une
mission sur le second cycle. Qui la pilotera ?

Nous souhaitons en effet qu’une personne indépendante établisse un état
des lieux sur l’acquisition des compétences afin de nous éclairer sur
l’action à mettre en œuvre. La ministre de l’Enseignement supérieur et
moi-même avons bien conscience de la dégradation de la qualité de vie
des étudiants au travail avec des risques psychosociaux réels. Sans
doute faut-il adapter certains enseignements à la médecine de demain.
Tout n’est peut-être pas parfait dans ce cursus.

La réforme du troisième cycle sera-t-elle bien en place à la rentrée ?

Oui, je le confirme. Comme toute réforme, on peut imaginer qu’elle soit
perfectible avec le temps. Elle pourra donc être amendée. Il y aura un
comité de suivi. Personne ne doit pâtir d’une réforme, ni les étudiants
entrants ni ceux déjà inclus dans le cursus !

 

Coline Garré, Anne Bayle-Iniguez, Cyrille Dupuis
05.07.2017 LE QUOTIDIENDUMEDECIN.FR

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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 05:21

Claude Bourguignon: "Nous ne faisons plus de culture en Europe, nous gérons de la pathologie végétale..."

En moins de 4 min, Claude Bourguignon (ingénieur agronome) nous explique les désastres provoqués par l'agriculture intensive.

Video:

https://www.facebook.com/blog.vivons.mieux/videos/1958259587785879/

Claude Bourguignon: "Nous ne faisons plus de culture en Europe, nous gérons de la pathologie végétale..."
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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 05:14

Des champignons présents sur le papier peint produisent des toxines qui se retrouvent dans l'air, au risque d'affecter la santé des individus dans la pièce, révèle une étude.

Les cafetières sont aussi incriminées.

Dans un même bâtiment, de nombreux individus pris pendant plusieurs jours de nausées, maux de tête, vertiges, tremblements, sans cause identifiée : c'est ce que l'on appelle le "syndrome du bâtiment malsain".

Il n'existe pas de définition universelle de ce syndrome méconnu, mais il désigne la plupart du temps des "épidémies" qui surviennent dans des bâtiments neufs, mal ventilés ou encore contenant des contaminants chimiques, précise l'agence Santé Publique France.

Et s'il survenait à cause de toxines produites par des champignons sur les murs, plus particulièrement sur la tapisserie ?

C'est ce que suggère une étude réalisée par des chercheurs de l'Université de Toulouse et publiée dans la revue Applied and Environmental Microbiology.

Papier peint et cafetières favorisent les moisissures dans la pièce

Les chercheurs ont simulé les conditions d'une pièce ventilée, en contrôlant la vitesse et la direction de l'air, avec papiers peints contaminés.

Trois espèces de champignons, fréquemment retrouvées dans les bâtiments et produisant des mycotoxines (moisissures), ont été étudiées :

Penicillium brevicompactum,

Aspergillus versicolor et

Stachybotrys chartarum.

Les scientifiques ont remarqué que la plupart des moisissures restent sur le mur, mais une partie se retrouve dans l'air sur des microparticules de poussière ou des tous petits fragments de papier peint, pouvant facilement être inhalés par les personnes présentes dans la pièce.

"Les mycotoxines peuvent être transférées d’un matériel moisi à l’air, en fonction des conditions d'aération et de ventilation, explique dans un communiqué Jean-Denis Bailly, l’un des principaux auteurs de l’étude.

Ainsi, les moisissures peuvent être inhalées et doivent être considérées comme des paramètres de qualité de l'air intérieur, en particulier dans les foyers où elles sont visibles."

Pour l'instant, il n'existe "pratiquement aucune donnée sur la toxicité des mycotoxines par inhalation, la plupart des recherches portant sur la contamination alimentaire", déplore le scientifique.

Ce qui ne permet pas de déterminer quels sont les effets de ces toxines sur la santé. Autre problème pour Jean-Denis Bailly : les nouvelles normes en termes d'isolation thermique des habitations, qui peuvent aggraver la situation.

"Ces maisons sont fortement isolées de l'extérieur pour économiser l'énergie", sans compter que divers appareils libérant de la vapeur, tels que les cafetières à capsules ou dosettes, "pourraient conduire à des conditions favorables à la croissance fongique."

Un conseil : après avoir bu votre café, n'oubliez pas de bien aérer la pièce.

Le syndrome du bâtiment malsain lié à des champignons. Rôle du papier peint et des cafetières.
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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 21:30

La croissance de certains cancers du poumon, dits à cellules épidermoïdes, dépend du glucose, montre une étude.

Les dernières actualités de la recherche contre le cancer sont présentées pour Sciences et Avenir et en exclusivité par le Pr David Khayat, chef de service de cancérologie à la Pitié-Salpêtrière.

Les cancers du poumon à cellules épidermoïdes, une forme de cancer non à petites cellules, dépendent du glucose, tandis que les tumeurs de cancers bronchiques non à petites cellules (CBNPC) en sont largement indépendantes.

Ces résultats se basent sur une analyse d’échantillons de tumeurs chez des patients atteints d’un cancer du poumon, de tumeurs humaines primaires xénogreffées sur des souris et sur les données du Cancer Genome Atlas.

L’étude a été publiée dans la revue Nature Communications.

Les chercheurs ont découvert une expression nettement élevée de GLUT1, un transporteur du glucose, dans le cancer du poumon à cellules épidermoïdes.

Un constat qui suggère que le transporteur GLUT1 et la dépendance tumorale au glucose pourraient être un axe de développement de nouveaux traitements pour combattre la maladie.

Ces résultats pourraient également avoir des effets en matière de prévention du cancer et de régimes alimentaires chez les malades.

D’ailleurs, les auteurs se pencheront prochainement sur cette question.

"Une consommation excessive de sucre peut provoquer des complications comme un diabète", rappelle Jung-Whan Kim, professeur adjoint en sciences biologiques à l'Université du Texas à Dallas, et auteur principal de l'étude. Son équipe souhaite à présent savoir comment d’un point de vue scientifique, la progression du cancer peut être ralentie grâce à un changement de régime alimentaire.

Le cancer du poumon est dopé par le sucre.
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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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