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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 15:47

Ubu roi : l’inénarrable affaire du vaccin DTP rebondit soudain devant le Conseil d’Etat.

 

Le vieux quotidien continue à suivre certains de ses dossiers.

 

Parmi eux celui, chaque jour plus épais, des vaccins.

 

Aujourd’hui Le Monde (François Béguin) nous révèle que l’Etat français pourrait être contraint de trouver (avant l’élection présidentielle) une solution pratique pour assurer la disponibilité des seuls vaccins obligatoires : ceux contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP).

 

Aussi étrange que cela puisse paraître au citoyen ces trois vaccins sont introuvables depuis 2008. Plus précisément ces vaccins sont introuvables seuls : ils existent, certes, mais toujours associés à d’autres valences : coqueluche, hépatite B et Haemophilus influenzae de type b…

On peut le dire autrement : les prescripteurs et les parents se voient contraints d’utiliser des spécialités associant les trois vaccins obligatoires à des vaccins simplement recommandés.

 

Il y a là une incohérence qui alimente la suspicion croissante contre le geste vaccinal. Cette anomalie jamais expliquée par la ministre en charge de la santé publique laisse aussi supposer que les multinationales vaccinales ont tout fait pour parvenir à cette vente forcée.

A ce titre force est de constater que les menaces de Marisol Touraine vis-à-vis des fabricants (formulées il y a un an) sont restées sans effets 1.

Patriarche médical du naturel

Tout cela n’avait pas échappé à l’Institut de la protection pour une santé naturelle (IPSN), une jeune association énergétique.

Basée rue de Clichy à Paris et dirigée par Augustin de Livois, l’IPSN « défend le droit de se soigner librement, et notamment par des solutions naturelles ». 

Il a aussi « vocation à informer les citoyens, défendre les médecins ou thérapeutes et à changer les législations dans le domaine au niveau national et européen ».

C’est aussi l’un des (puissant) relais du célèbre Pr Henri Joyeux  patriarche médical du naturel dont l’idéologie est moins lisse qu’on pourrait le penser.

Or le Pr Joyeux réclame de longue date le retour des seuls vaccins trivalents DTP.

Et son appel à Marisol Touraine a réuni plus d’un million de signatures. Il en va de même pour l’ISPN.

Et faute de réponse de la ministre de la Santé plus de deux mille personnes ont déposé une requête devant le Conseil d’Etat. Cette requête était examinée ce lundi 16 janvier.

Et que croyez vous qu’il arriva ?

Applaudissements au Palais Royal

« La discordance actuelle entre l’obligation vaccinale et l’impossibilité de la mettre en œuvre conduit à une situation d’illégalité », a fait valoir Rémi Decourt-Paolini , rapporteur public de la plus haute juridiction administrative française.

Il a  estimé que « la ministre de la santé est en capacité de prendre diverses mesures pour assurer la disposition des seuls vaccins obligatoires ».

Il a notamment expliqué que Marisol Touraine pouvait demander à l’Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus) « d’acquérir, de fabriquer ou d’importer les vaccins en cause ». 2

On entend les applaudissements sous les ors et dans la cour du Palais Royal.  

« C’est un énorme soulagement pour ceux qui veulent juste prendre le vaccin DTP », a réagi Augustin de Livois.

« La première étape est gagnée, il y a un rééquilibrage des forces », s’est pour sa part félicitée Me Jacqueline Bergel, l’avocate des requérants.

Refus de l’aluminium

Et maintenant ?  La décision du Conseil d’Etat devrait être annoncée à la fin de janvier ou au début de février.

En toute hypothèse elle ne réglera rien. Car les attaques anti-vaccinales du Pr Joyeux, de l’IPSN et des centaines de milliers de signataires ne se bornent pas à la seule question de la mise à disposition d’un vaccin trivalent DTP.

Il faut aussi que ce vaccin soit sans aluminium.

Sans aluminium, sans adjuvants, purement naturels en somme – ce que par définition, ils ne sont pas. On attend (avec le plus vif intérêt) de savoir comment tranchera le Conseil d’Etat.

 

 

« Vaccin «DTPolio» : Marisol Touraine a entendu le Pr Henri Joyeux. Reste la question de l’aluminium » Journalisme et santé publique 28 janvier 2016

Lire sur ce thème: « Vaccination DTPolio : le raisonnement vicié du Pr Henri Joyeux. Nouvelles menaces de pénurie » Journalisme et santé publique  (13 août 2015). L’ANSM nous expliquait alors qu’une solution avait été trouvée:

« Pour pallier l’indisponibilité du vaccin DTVax®, nous avons autorisé l’importation des doses d’une spécialité similaire du Canada « Vaccin diphtérique et tétanique adsorbé » début février 2015. Ce vaccin se présente sous forme de flacon unidose (contrairement au DTVax® qui se présentait sous forme de flacons multidoses). Il dispose d’une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) aux USA.

Le laboratoire Sanofi Pasteur MSD met à disposition à titre gracieux sur demande des médecins prescripteurs (comme préalablement pour le DT Vax®) le vaccin diphtérique et tétanique adsorbé « canadien » sous forme d’un « kit » contenant également Imovax Polio®, (vaccin poliomyélitique inactivé du même laboratoire).

Ce kit est indiqué pour les patients présentant une contre-indication à la valence coquelucheuse et ce afin de satisfaire aux obligations vaccinales. Ces deux vaccins doivent être administrés simultanément en deux sites d’injection différents. Ce vaccin importé est disponible depuis mai 2015. »

 

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 15:45

Parfum d’apocalypse : une bactérie résistante à vingt-six antibiotiques a tué aux Etats-Unis

Agée de 70 ans, la femme est morte en septembre dans le Nevada, mais les CDC américains ne révèlent son dossier qu’aujourd’hui :  « Notes from the Field: Pan-Resistant New Delhi Metallo-Beta-Lactamase-Producing Klebsiella pneumoniae — Washoe County, Nevada, 2016 ». L’affaire est reprise par la BBC : « Bug resistant to all antibiotics kills woman ».

 

Et cette femme morte du Nevada fait froid dans le dos : elle était devenue résistante à tous les antibiotiques disponibles aux Etats-Unis – soit vingt-six principes actifs 1.

Cette malade avait effectué un voyage en Inde au cours duquel une fracture à la jambe s’était compliquée d’une infection. Hospitalisée aux Etats-Unis le 18 août elle y est décédée début septembre. Différents prélèvements biologique furent adressés aux CDC pour analyses approfondies.

Post-antibiotiques

Il est acquis que cette femme était infectée par une souche de  Klebsiella pneumoniae  avec présence de la redoutable New Delhi metallo-beta-lactamase (NDM). « Il est encore assez inhabituel pour une infection bactérienne d’être résistant à un si grand nombre d’antibiotiques, a expliqué à la BBC Dr David Brown Antibiotic Research UK  Heureusement, c’est un cas extrême, mais il pourrait bientôt devenir trop commun. Cela s’est produit ici en raison d’une histoire personnelle avec de multiples hospitalisations en Inde . Pour autant la facilité des voyages mondiaux fait que le nombre de ce type de cas va augmenter. »

Reste le cas de la fosfomycine, indisponible sous une forme injectable aux Etats-Unis. Pour la Pr Laura Piddock (Antibiotic Action, University of Birmingham) dans de telles circonstances, quand les médecins sont confrontés à l’incapacité de traiter une infection potentiellement mortelle, ils ont besoin de la souplesse nécessaire pour utiliser des antibiotiques autorisés dans d’autres pays et dont on a démontré qu’ils sont encore, eux, actifs contre la bactérie qui infecte le malade.

Certes. Et quand plus rien d’efficace n’existera, que fera-t-on ? Que fait-on pendant l’annonce de l’apocalypse ?  Comment vivra-t-on aux temps du post-antibiotiques ?

1 Extrait, éclairant, de la note des CDC : « Antimicrobial susceptibility testing in the United States indicated that the isolate was resistant to 26 antibiotics, including all aminoglycosides and polymyxins tested, and intermediately resistant to tigecycline (a tetracycline derivative developed in response to emerging antibiotic resistance). Because of a high minimum inhibitory concentration (MIC) to colistin, the isolate was tested at CDC for the mcr-1 gene, which confers plasma-mediated resistance to colistin; the results were negative. The isolate had a relatively low fosfomycin MIC of 16 μg/mL by ETEST.* However, fosfomycin is approved in the United States only as an oral treatment of uncomplicated cystitis; an intravenous formulation is available in other countries. »

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 15:41

La grippe : réflexions d'un médecin généraliste.

Une fois de plus le sujet de la vaccination se trouve instrumentalisé.

 

Suite à l'encombrement des services d'urgence, et aux décès survenus dans une EHPAD de Lyon, nous avons assisté à un festival d'interventions assez tristes : M. Valls indique que l'encombrement des services d'urgence serait en autres lié aux vacances prises par les médecins de ville ; et un certain nombre de réactions accréditent l'idée que l'épidémie serait liée à la faible vaccination des soignants.

 

Les échos qui nous parviennent des urgences décrivent en fait un assez faible impact lié à la grippe, mais un encombrement chronique aggravé par l'ensemble des pathologies hivernales chez des patients âgés polypathologiques (cf l article de Christian Lehmann) ; encombrement lié au manque de lits d'aval en particulier, et certainement plus lié au plan d'économie hospitalier 2015/2017 (3 milliards d'euros, 16000 lits supprimés ?) , qu'aux vacances ou à la grippe....

 

J 'ai été amené à travailler sur la grippe pour l'URPS Bretagne, effectuant une veille scientifique durant toute l'épidémie H1N1 2009.

 

Je n'ai jamais publié certaines notions qui me semblaient récupérables et déformables par les groupes anti vaccins , la politique de vaccination me semblant conforme aux données que j'ai pu explorer (vaccination des groupes à risque).

 

L' éventuel changement envisagé de politique vaccinale m'amène donc a rassembler certains éléments qui interrogent.

 

On trouve trâce de ces interrogations dans l article publié par Dominique Dupagne.

 

LA COCHRANE COLLAB. et  "l'effectiveness" 

 

La Cochrane est souvent citée comme référence dans l 'étude d'efficacité du vaccin grippal.

 

Ses conclusions sont assez peu encourangeantes concernant son efficacité ; a tel point que le HCSP a été saisi par le DGS en 2014 pour réévaluer les études Cochrane.

 

Un point important de sémantique : en littérature anglosaxonne, il y a trois termes qui définissent l'efficacité d une thérapeutique : 

 

- efficacity , qui est l efficacité constatée lors de l'étude d'un produit

- effectiveness , qui est l'efficacité "dans la vraie vie"

- efficiency, qui est l'efficience, intégrant des données médico économique.

 

Il me semble qu'une grande partie des confusions à propos de la Cochrane prend son origine dans le fait que nous traduisons les deux termes "efficacity" et "effectiveness" par un seul en français : l 'efficacité.

 

Nous sommes toujours très vigilants concernant les biais lors de l'étude de l'efficacité d'un produit, et nous interrogeons plus rarement sur la transposition des résultats dans la vraie vie ; la cour des comptes a relevé avec raison la faiblesse des études post AMM (suivi après la mise sur le marché).

Dans l 'étude Cochrane, les résultats d'efficacité du vaccin grippe ne sont pas remis en cause, mais dans la vraie vie, les syndromes grippaux hivernaux sont liés à de multiples virus (environ 200) , provoquant les ILI "influenza like illness". Ce qui explique la faiblesse des résultats obtenus par le vaccin grippe dans la prévention globale de l'ensemble de ces ILI. 

 

Ceci ne retire toutefois en rien son "efficacity" au vaccin grippe sur des virus grippaux, a partir du moment ou le vaccin cible le bon virus.

 

En lisant la version anglaise et la traduction française de la revue Cochrane, on s'aperçoit que le terme effectiveness a été traduit par le mot efficience, qui en français correspond à l'inclusion de critères d'évaluation économiques ; il manque donc un mot pour traduire effectiveness.

 

Cette notion me semble très importante, elle explique par exemple les accidents survenus avec le VIOXX (40000 morts aux usa ?) : lors des études avant commercialisation, les patients ayant des facteurs de risque cardio vasculaires avaient été exclus. Une fois commercialisé, les patients avec facteurs de risque cardio vasculaires ont été massivement exposés à un sur risque cardiaque.

 

Le terme efficacité regroupe donc "efficacity" et "effectiveness", quand on nomme les choses, on peut les concevoir, et comprendre pourquoi les résultats de la Cochrane divergent à ce point des résultats d'efficacité vaccinale, et pourquoi certains voient une efficacité du vaccin de 60% voire plus, quand d'autres parlent d'une efficacité non mesurable : ils ne parlent pas de la même chose.

 

QUELQUES ENSEIGNEMENTS DE LA PANDEMIE 2009 H1N1

 Cette pandémie est intéressante, car le virus n'a quasiment pas circulé pendant 52 ans, et plusieurs études nous permettent d'appréhender certains phénomènes qui concernent le H1N1.

 

Première surprise : le taux de personnes infecté a été beaucoup plus important que ce que laissait supposer la seule appréciation clinique : un enfant sur trois a été touché par le virus selon  cette étude sérologique. Près de 80% des personnes infectées n'ont pas été malades. On retrouve celà dans dans une autre étude : 

Ici une étude montrant une séroconversion asymptomatique chez 41 personnes dans un groupe étudié de 380 personnes.

En france , cette étude considère que 57% de la population a été touchée et a développé une immunité.

 

Cette notion de portage sain est primordiale, variable selon les années, les virus en cause , mais également d'autres facteurs à un niveau individuel. Il me semble que ce portage sain est rarement inférieur à 50% , et que donc le risque d'être malade de la grippe avec les virus habituels est au plus de un sur deux, mais différent à un niveau individuel selon d autres facteurs.

 

Ces facteurs sont multiples et pour certains très mal connus , on peut citer :

 

- Les comorbidités et l'âge 

- La pression d'infection : être dans un environnement ou beaucoup d individus excrètent le vaccin fait courrir le risque d'être exposé à une dose contaminante plus forte, le log de particules au mètre cube d air est bien identifié comme facteur de risque ; à ce sujet on peut noter que la ventilation joue un rôle important dans la prévention des épidémies . Plus connues, les mesures barrières sont ici primordiales , et l'isolement des individus excrétants semble fondamentale. 

- les mutations virales : lors de l 'épidémie de 2009, une mutation a été identifiée sur certains H1N1 qui semble en lien avec un taux de complications plus élévées.

- l'immunité de l 'hôte : le grand âge diminue l'agilité immunitaire (y compris chez les patients vaccinés) , mais cette agilité peut sans doute varier pour d'autres raisons : spécificités génétiques de l'hôte, exposition antérieure à d'autres virus pouvant moduler positivement ou négativement l'adaptation, et co infections concomitantes ( cet item a été étudié en pathologie vétérinaire, l association mycoplasme / pasteurella induit par exemple une suceptibilité au virus de la grippe porcin). Notons ici une piste expliquant peut être au moins partiellement la morbidité observée chez des patients non âgés lors de l épidémie H1N1 ; cette piste explique  au moins en partie les cas sévère lors de l ’épidémie H1N1.

 

Cette notion de portage sain est importante : au cours d'un épisode de ce type la personne infectée acquiert une immunité naturelle hétérosubtypique, différente de celle conférée par le vaccin. Cette immunité est dans certains cas très longue et performante, permettant une cross protection contre des virus différents. C'est actuellement une voie de recherche prometteuse pour un vaccin "universel" , permettant d'acquérir une immunité portant sur des portions non sujettes aux mutations annuelles.

 

On voit ici que lors de la pandémie H1N1 2009, les personnes nées avant 1957 bénéficiaient dans une proportion non négligeable d'une protection acquise 52 ans auparavant ; ceci explique la sous représentation de cette population dans le nombre de cas d'infections ; inversement le nombre de complication étaient plus élevées (co morbidités). Ceci est visible également dans cette étude sérologiques avant/après la première vague pandémique 2009.

 

La non acquisition de cette immunité hétérosubtypique à la suite de la vaccination peut t elle poser problême ?

 

Lors de l'épidémie H1N1 2009, au Canada s’est posé la question de la vaccination saisonnière, devant le constat d'un effet inattendu et négatif de cette vaccination.

 

Les études a postériori confirment cet effet : la vaccination saisonnière a augmenté le risque de déclarer une infection H1N1 par un facteur 1,4 à 2,5 sans impact toutefois sur le nombre d'hospitalisations. Cette étude pose des questions mais n'apporte pas de réponse sur le mécanisme en cause (modulation de l'immunité hétérosubtypique?). 

Autre étude confirmant cette problématique ici.

 

 

Autre fait intéressant concernant l'immunité hétérosubtypique : dans le modèle animal de la grippe humaine, l infection préalable par le H1N1 confère une protection contre le très mortel H5N1. Importante étude, car tous les furets exposés au H5N1 meurent ; alors que tous ceux qui ont préalablement été infectés par le H1N1 survivent.

 

Et cet article , toujours dans le modèle expérimental, démontre qu'une infection préalable par le virus H3N2 confère une protection hétérosubtypique contre le virus H5N1, protection qui est altérée par la vaccination H3N2 :  Vaccination against Seasonal Influenza A/H3N2 Virus Reduces the Induction of Heterosubtypic Immunity against Influenza A/H5N1 Virus Infection in Ferrets

 

QUELQUES ELEMENTS SUR LA GRIPPE 2014/2015 

 

Cette saison grippale est intéressante car le vaccin a été reconnu comme étant moins efficace car ciblant un virus H3N2 qui a muté.

 

Un excès global de mortalité de 18000 a été avancé, mais  ces chiffres peuvent aussi donner lieu à discussion.

 

Le nombre de morts/cas graves en EHPAD a peu varié , même en cas d 'inefficacité relative du vaccin (saison 2014/2015) : cette très interessante étude de l ’INVS dans les pays de la Loire nous remonte plusieurs informations :

 

Capture d’écran 2017-01-17 à 11.17.24.png

 

 

 

 

 On y découvre que dans une population EHPAD vaccinée à 82%, le nombre de malades a été multiplié par 4,9 , mais que le nombre de cas graves et de décès n'a pas varié versus les années ou le vaccin est plus efficace.

 

Ceci pose certaines questions et impose certains constats :

 

- en EHPAD, une couverture vaccinale maximale ne protège pas tous les ans (et donc l'application de mesures barrières adéquates reste primordiale et à optimiser).

- l'efficacité du vaccin sur le nombre global de malades semble peu impacter le nombre de cas graves, même quand le vaccin est efficace : il est probable que la seule utilisation du vaccin sans se poser de questions sur les mesures barrières ne permettra pas de progresser.

 

Ceci doit aussi inviter à la prudence en ce qui concerne les décès survenus à l EHPAD de Lyon (dont six sur treize étaient vaccinés semble t il, avec un vaccin plus efficace qu'en 2014 ).

 

 

POUR CONCLURE :

- Les études Cochrane accordent peu d'efficacité (effectivness) au vaccin grippe quelque soit le groupe considéré, car la grippe saisonnière est noyée dans un flot de virus pathogènes en particulier pour les personnes ayant des co morbidités.

 

- Les études a postériori (INVS/BEH) en réanimation nous montrent la dangerosité des virus grippaux , et doivent inciter à la vaccination des personnes à risque, même si la protection est relative.

 

- le travail de compréhension et d'analyse de l'épisode grippal 2014/2015 concernant la vaccination saisonnière hivernale itérative pourrait apporter des éléments intéressants concernant un éventuel effet délétère de cette vaccination sur la cross protection que confère l'immunité hétérosubtypique.

 

- le risque d'épidémie H5N1 ou d'un virus hautement pathogène doit faire sérieusement réfléchir à l 'opportunité de vacciner des groupes non à risque, dont les professionnels de santéil semble souhaitable de prendre en compte le risque possible en cas de grande pandémie mortelle ; un certain nombre de signaux scientifiques doivent alerter sur l 'absence d'acquisition d'immunité hétérosubtypique du fait de la vaccination , et du risque d'indisponibilité des personnels médicaux dans ce cadre.

 

 - de même , et dans l'attente de vaccins plus polyvalents (ciblant des sites non sujets à mutations annuelles) , il faut s'interroger sur la pertinence de la vaccination grippe dans les populations non à risque.

 

- Il nous manque de nombreuses données sur cette vaccination en terme d'effet préventif de groupe ; en particulier je n'ai pas trouvé d 'étude sur l excrétion virale des sujets vaccinés / non vaccinés / immunisés en cas de contage. Une immunisation antérieure, quelle que soit son origine, diminue probablement la durée et le niveau d'excrétion virale, mais dans quelle proportion ? ( une vaccination ne met pas forcément à l’abri d’être vecteur/réplicateur ).

 

- le travail sur les mesures barrières en milieu de prolifération hivernal semble devoir être fortement renforcé (EHPAD mais aussi écoles qui constituent l 'hiver de véritables "réacteurs" à partir desquels les épidémies diffusent) ; Il est probablement nécessaire dans les EHPAD d'assurer dès l'arrivée des premiers cas de grippe signalés par les réseaux d'alerte, une détection proactive des cas sporadiques (surveillance de la température) et un isolement ne permettant pas de se rendre aux réunions de groupe ; les mesures  barrière actuelles semblent assez limitées, laissant des patients excréteurs se mélanger aux groupes non atteints.

La qualité de l'air joue aussi probablement un rôle important dans la pression d'infection, et aucune préconisation n'existe à ce sujet, que ce soit dans les EHPAD ou les écoles ( pourtant ce sujet est probablement crucial).

 

Au final et après ce tour d'horizon de données assez méconnues sur la grippe, l'élément qui a mis fin à ma longue procrastination sur le sujet est l'éventuelle mise en place d'une obligation vaccinale pour les soignants ; il me semble en effet important de prendre en considération le risque d'exposition des personnels soignants à une pandémie hautement pathogène : plusieurs éléments scientifiques laissent entrevoir un risque de diminution de l'immunité hétérosubtypique et de la capacité de réaction de personnels indispensables dans ce contexte ; les éléments disponibles en faveur de cette vaccination sont bien résumés dans le document d'expertise du HCSP et sont suffisamment ténus pour que se pose la question du bénéfice/risque.

Il existe d'autres voies d'action immédiates dont l'efficacité est clairement indiscutable et qui n'ont pas été optimisées (mesures barrières , évictions en particulier).

 

Dr Y Le Flohic 

 

Merci aux chercheurs de l ANSES et de l 'AFSSAPS , qui adorent discuter de bactériologie en consultation et m'ont beaucoup appris.

 

Merci aux Médifactchekers pour leur aide précieuse.

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 10:42

La consommation de compléments alimentaires augmente de près de 5% par an.

Les produits santé, pour le sommeil ou le stress, l'emportent sur les compléments beauté ou minceur.

La promesse des compléments alimentaires plaît de plus en plus aux Français.

Ils sont désormais 16% à consommer ces produits, qui ressemblent à des médicaments mais n'en sont pas. Leurs ventes ont progressé de 4,8% en 2016 pour atteindre 1,6 milliard d'euros.

Et, cet engouement devrait se poursuivre avec une progression des ventes de 5% par an en 2017 et 2018, prévoit le cabinet d'études Xerfi.

Les produits pour la beauté ou la minceur, très recherchés, marquent un peu le pas.

C'est le segment santé, dominé par les compléments contre le stress ou pour favoriser le sommeil, qui affiche la plus forte croissance. Il a droit à une attention marquée des industriels.

Ceux-ci concentrent leur innovation sur les compléments ciblant le sommeil et le confort digestif, articulaire ou sportif. Ils s'intéressent aussi aux niches, qui devraient gagner en popularité, à l'image de la gamme «grossesse» de Premama, ou des compléments Beardilizer, de Phytobiol, qui proposent d'accélérer la pousse de la barbe.

Les industriels n'hésitent pas à recourir au numérique pour séduire les consommateurs. Arkopharma et Nutergia misent sur des plates-formes de coaching en ligne ou de réalisation de profils nutritionnels.

D'autres distributeurs utilisent les réseaux sociaux. Sanofi, qui commercialise le complément pour le sommeil Novanuit, propose ainsi à ses utilisateurs de partager leurs expériences sur sa page Facebook Teamdenuit.

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 08:12

Une étude sur 16.000 Américains montre que la consommation de piments est associée à une réduction de la mortalité, notamment par crise cardiaque et AVC.

 

Les amateurs de plats épicés pourraient ainsi réduire de 13 % leur risque de décès.

 

Depuis Hippocrate, le rôle de l’alimentation dans la santé ne fait plus de doute.

 

Mais quels aliments faudrait-il choisir en priorité pour espérer vivre plus longtemps ?

 

Voici qu’une nouvelle étude suggère de manger épicé : la consommation régulière de piments serait associée à une réduction du risque de mortalité, en particulier par crise cardiaque et AVC.

 

Les épices sont utilisées de longue date pour donner de la couleur aux plats, relever leur goût et favoriser leur conservation. Elles possèdent aussi des propriétés médicinales (anti infectieuses) qui étaient déjà exploitées par les médecins du Moyen-Âge.

 

Les épices possèdent des propriétés antimicrobiennes, beaucoup sont anti-oxydantes et anti-inflammatoires et certaines auraient des propriétés anti-cancer.

 

Elles pourraient donc participer à la prévention de nombreuses maladies.

Les piments ont pour particularité d’augmenter le catabolisme des lipides dans différents organes.

Ils pourraient donc aider à prévenir l’obésité, l’hypertension, le diabète de type 2 et l’athérosclérose.

Ici, des chercheurs de l’université du Vermont ont voulu tester l’association entre la consommation de piments rouges et la mortalité.

Pour cela, ils ont utilisé les données d’une cohorte : la NHANES III (National Health and Nutritional Examination Survey).

Les participants étaient 16.179 adultes américains. Ils ont été suivis en moyenne pendant 18,9 ans. Les résultats paraissent dans la revue Plos One.

Les piments pourraient aider à réduire le risque cardiovasculaire.

Une relation inverse entre consommation de piment et mortalité

La mortalité des participants qui consommaient des piments rouges était de 21,6 % contre 33,6 % pour ceux qui n’en consommaient pas, soit une réduction du risque absolu de 12 %.

Après avoir ajusté les résultats en fonction du mode de vie des participants, de leurs caractéristiques médicales, la réduction du risque de mortalité était de 13 %.

Ces conclusions confirment d’autres résultats obtenus en 2015 dans une étude chinoise qui avait impliqué plus de 199.000 hommes et 288.000 femmes âgés de plus de 30 ans.

Cette recherche avait montré que la consommation régulière d’aliments épicés était inversement associée à la mortalité, indépendamment des autres facteurs de risque de décès.

Comme l'étude américaine portait sur une population différente, les résultats peuvent probablement être généralisés : les piments seraient bien protecteurs.

Parmi les molécules présentes dans les piments, la capsaïcine, un composé irritant pour les humains, pourrait être responsable du lien entre piment et santé.

Elle jouerait un rôle dans les mécanismes moléculaires et cellulaires qui préviennent l’obésité et qui contrôlent la circulation sanguine au niveau des artères coronaires.

Elle aurait aussi des propriétés antimicrobiennes. Une étude de 2014 a également montré que la capsaïcine limitait les tumeurs intestinales.

Le piment serait bénéfique contre le cancer colorectal Article de Marie-Céline Jacquier publié le 10/08/2014

La capsaïcine, une molécule présente dans les piments, inhiberait la formation de tumeurs colorectales.

Cela serait possible grâce à l’activation de TRPV1, une protéine présente sur les cellules de l’épithélium intestinal.

L’épithélium intestinal a pour caractéristique de se renouveler rapidement.

Mais si les voies qui contrôlent cette régénération sont déréglées, des tumeurs peuvent se développer.

C’est pourquoi la recherche s’intéresse aux molécules capables d’empêcher ces pertes de contrôle à l’origine des proliférations cellulaires qui causent le cancer colorectal.

Dans un article paru dans le Journal of Clinical Investigation, des chercheurs de l’université de Californie apportent de nouvelles informations dans ce domaine.

Ils ont étudié une protéine présente sur les cellules de l’épithélium intestinal, un canal à ions Ca appelé TRPV1.

Ce dernier avait été découvert sur des neurones sensoriels où il semble jouer un rôle dans la détection de la douleur générée par la chaleur, l’acidité et les produits épicés qui sont tous, pour Eyal Raz, professeur de médecine et auteur de l’étude « des stimuli potentiellement néfastes pour la cellule.

Ainsi, TRPV1 a été rapidement décrit comme un récepteur de la douleur moléculaire ».

Mais à quoi sert TRPV1 lorsqu’il se trouve sur les cellules de l’épithélium intestinal ?

Son action serait liée à celle de l’EGF (epidermal growth factor), un récepteur important dans la prolifération intestinale.

Ici, les chercheurs ont utilisé un modèle de souris qui formaient beaucoup de néoplasies intestinales.

Leur déficience en TRPV1 augmentait la formation d’adénomes, ce qui permet au principal auteur de l’article Petrus de Jong, d’affirmer que « la molécule TRPV1 épithéliale fonctionne normalement comme suppresseur de tumeur dans les intestins ».

Pour les chercheurs, TRPV1 contrôlerait le signal de récepteurs de facteurs de croissance, comme le récepteur de l’EGF.

Des souris qui forment beaucoup de tumeurs intestinales survivent plus longtemps avec de la capsaïcine (en rouge) que sans (en bleu).

En revanche, si elles n'expriment pas TRPV1 (en noir), elles survivent encore moins bien.

La capsaïcine active le récepteur TRPV1

Ces travaux suggèrent également que la capsaïcine, une molécule présente dans les piments, irritante chez les animaux, pourrait supprimer les tumeurs intestinales.

Celle-ci provoque une sensation de brûlure lorsqu’elle est en contact avec les tissus.

Du point de vue biochimique, c’est en fait un agoniste de TRPV1 : elle se lierait au récepteur et l’activerait comme s’il s’agissait de son ligand habituel.

Les chercheurs ont donc administré par voie orale, 3 mg/kg de capsaïcine aux souris qui développaient beaucoup de tumeurs gastro-intestinales.

Résultat : la prise de capsaïcine a inhibé l’activation du récepteur de l’EGF et supprimé la prolifération des cellules épithéliales.

Le traitement a aussi permis aux souris de vivre plus longtemps, avec un gain d’environ 30 % dans la durée de vie.

Le traitement fut encore plus efficace lorsqu’il était combiné avec du celecoxib, un médicament anti-inflammatoire non stéroïdien, inhibiteur de COX-2, utilisé dans le traitement de la douleur et des symptômes d’arthrose.

Par conséquent, la capsaïcine supprimerait les tumeurs intestinales en stimulant le récepteur TRPV1.

Pour Eyal Raz, « nos données suggèrent que les personnes à haut risque de développement de tumeurs intestinales récurrentes pourraient bénéficier de l’activation chronique de TRPV1 ».

Les chercheurs proposent donc d’administrer des agonistes de TRPV1 (comme la capsaïcine) avec un inhibiteur de COX-2 pour prévenir la formation de carcinomes intestinaux.

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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 11:14

Intégrité de la recherche : faut-il s'inquiéter ? Oui, d'après une note anglaise provenant de Houses of Parliament

Houses parliamentCette note de janvier 2017 (numéro 544) a été publiée par The Parliamentary Office of Science and Technology, Westminster, London, et son titre est simple "Integrity in Research". Elle est courte (4 pages sans compter la page de références), et bien documentée. Elle reprend de nombreuses notions développées sur ce blog, mais a le mérite d'alerter nos communautés scientifiques : quand les politiques s'en mêlent, ça sent le roussi ! Je vous ai traduit l'overview :

  • Nous devons nous inquiéter sur la façon de maintenir l'intégrité dans la recherche, en raison des craintes que la culture «publier ou périr» puisse conduire à des pratiques de recherche médiocres ou discutables.
  • Si l'intégrité de la recherche est compromise, elle peut mettre la santé publique en danger, gaspiller des ressources, miner la confiance du public dans la science et nuire à la réputation de la science. Des cas de mauvaise conduite délibérée sont très rares.
  • Divers mécanismes existent pour promouvoir les bonnes pratiques dans la recherche, en particulier : des lignes directrices institutionnelles ; un concordat sectoriel ; des organismes de réglementation de certaines disciplines ; l'évaluation par les pairs ; et une variété d'actions juridiques.
  • Il existe des opinions divergentes sur la question de savoir si ces mécanismes sont suffisants ou si une autre forme de surveillance, comme la réglementation, pourrait être préférable.

Le concordat est un texte (2012) de toutes les universités du Royaume-Uni. Les conséquences des méconduites sont : diminution de la confiance du public ; mauvaise allocation des ressources ; mauvaise réputation des institutions ; et des risques pour la santé.

Pour améliorer l'intégrité, il y a diverses stratégies :

  • ouverture et transparence : open access ; accès aux données sources ; checklists des revues ; publier tous les essais cliniques ;
  • surveillance, formation et partage des bonnes pratiques ;
  • reconsidérer les incitations pour les chercheurs : compléter le REF (Research Excellence Framework) .. allez voir ce document des anglais ; inciter à corriger la littérature ; revoir les financements, en évitant le court terme ; reproduire les recherches publiées ; diminuer la publication de résultats positifs, en incitant à publier les résultats négatifs ;
  • faut-il un organisme de régulation anglais comme aux USA et au Danemark ? Pas de réponse !

Merci à Florence Egloff

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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 09:07

Carl Sagan et Hubert Reeves ont raison : nous sommes bien des poussières d'étoiles

La distribution des principaux éléments constitutifs de la vie sur Terre a été étudiée pour plus de 150 000 étoiles dans la Voie lactée.

Le corps humain se compose à 97% de six éléments regroupés sous l'acronyme CHNOPS, pour carbone, hydrogène, azote, oxygène, phosphore et soufre.

Ces éléments sont formés au cœur des étoiles si bien que de nombreux ouvrages de vulgarisation ont repris l'expression de l'astronome Carl Sagan qui nous qualifiait de "poussières d'étoiles".

Une vaste étude portant sur des étoiles de la Voie Lactée corrobore une nouvelle fois cette maxime.

Des proportions différentes Les astronomes du Sloan Digital Sky Survey (SDSS), un programme de relevé des objets célestes lancé en 2000, ont utilisé le spectrographe APOGEE du télescope de 2,5 mètres installé au Nouveau-Mexique pour mesurer la distribution des CHNOPS sur près de 165 000 étoiles réparties au sein de la Voie Lactée.

"C'est la première fois que nous pouvons étudier la distribution de ces éléments à travers notre galaxie pour un si grand nombre d'étoiles", souligne Sten Hasselquist de l'université du Nouveau-Mexique.

Fonctionnant dans le proche infrarouge, APOGEE perce les nuages de gaz et de poussières qui parasitent les observations pour obtenir un spectre "propre".

Sciences et Avenir Sciences et Avenir15 janvier 2017

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 13:31

Au bout du rouleau : l’histoire, édifiante, du généraliste de Brest qui va dévisser sa plaque

 

C’est une histoire que l’on pouvait lire le 14 janvier dans Le Télégramme : « La colère d’un médecin breton » (Catherine Le Guen). Qu’un quotidien de la presse quotidienne régionale puisse publier un tel témoignage en dit long sur la dégradation de la situation générale. Pour des raisons, indirectes, de confidentialité Le Télégramme a changé son nom. Ce sera le « Dr Paul. »:

« Installé à Brest depuis 1981, le Dr Paul, médecin généraliste, va bientôt partir à la retraite, sans avoir pu trouver un successeur. Avant, il veut témoigner des difficultés de la profession et tenter de faire bouger les choses, lui qui a vécu le choc de perdre son associé suite à un épuisement professionnel.

« ‘’Je suis en colère et je veux créer un électrochoc chez les médecins – il y en a beaucoup qui ne vont pas bien – mais aussi au niveau des politiques et de la population en témoignant sur la situation actuelle de la profession. Il faut casser le tabou et parler du suicide des médecins’’, témoigne-t-il ».

Son cabinet médical est situé dans un quartier agréable de Brest. Solitaire : il ne pouvait plus assurer le salaire de la secrétaire qui a dû être licenciée. Et le jeune médecin de 35 ans venu collaborer quelques mois après le décès de son associé est lui aussi reparti.

« Avant l’été, il aura dévissé sa plaque et le cabinet médical, pourtant récent et aux normes pour l’accessibilité des personnes handicapées, devra trouver une autre destination. D’autres confrères brestois ont déjà mis la clef sous la porte sans suite.

« ‘’Les jeunes médecins ne veulent plus s’installer, ils préfèrent faire des remplacements. Même à Brest, une ville universitaire ! Mais on ne parle jamais des raisons’’, ajoute le médecin qui a écrit des dizaines de courriers aux autorités de santé, sans réponse. ‘’Seul le directeur de la CPAM du Finistère m’a reçu et écouté pendant une heure’’ ».

La foi et le Vatican

Le temps, finalement, est passé trop vite. En début de carrière, le Dr Paul passait entre dix et quinze minutes avec chaque patient. « Quand il a fallu passer cinq minutes avec le patient et dix minutes avec les papiers à remplir, j’ai décidé de prendre vingt minutes par patient ».

« En 2013, j’étais moi-même au bord du burn-out et j’avais affiché dans la salle d’attente un texte où je parlais des cinquante médecins qui se suicident chaque année en France, de la pression administrative, mais aussi de celle des patients, de leurs demandes urgentes non justifiées et de l’agressivité réservée souvent à la secrétaire ». Un texte qui se terminait par ‘’Un médecin, si on veut être bien soigné, ça se respecte, mais si on lui met trop la pression, il peut aussi craquer’’. »

Pour le médecin brestois la désertification médicale n’est pas liée au « climat » ou à l’«isolement des villages ». « Les jeunes ont peur de tout ce qu’on nous impose, des contraintes administratives, du tiers payant qu’on a pourtant combattu et qui va accentuer la pression, dit-il. Et surtout ils nous voient fatigués ! ». La fatigue, voilà l’ennemie. Installé avec l’arrivée de la gauche au pouvoir le Dr Paul va partir avec la prochaine élection présidentielle. Trente-six ans de fatigues.

Demain, dans Ouest-France, les confidences d’un curé au bout du rouleau ? Un prêtre expliquant qu’au terme de son sacerdoce il a, du fait du Vatican, perdu la foi ?

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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 11:23

L'effet des poils du visage et du genre sur la dispersion des bactéries sur un sujet porteur de masque chirurgical.

Auteurs H. A. McLure, M. Mannam, C. A. Talboys, B. S. Azadian, S. M. Yentis H. A. McLure, Magill Département d'Anesthésiques

Les masques chirurgicaux empêchent la dispersion des bactéries des voies aériennes supérieures aux surfaces immédiatement en face et en dessous du visage pendant la conversation.

Cependant, le masquage entraîné aussi une augmentation de la dermabrasion et de la contamination bactérienne des surfaces immédiatement au-dessous du visage.

Les poils du visage et le rasage récent peuvent altérer la quantité de particules déversées par dermabrasion lorsque le masque est agité.

Nous avons étudié l'effet du masquage chez 10 sujets barbus et 10 sujets mâles rasés, et 10 sujets féminins. En agitant le masque, les mâles barbus (p = 0,03) et les femelles (p = 0,03), mais pas chez les mâles rasés, ont augmenté de façon significative le degré d'excrétion bactérienne sur les plaques de gélose 15 cm sous les lèvres.

Au repos, sans masque, les sujets barbus ont perdu beaucoup plus de bactéries que les mâles rasés (p = 0,01) ou les femelles (p = 0,001).

Pour réduire les risques de contamination du champ stérile lorsque les masques sont portés, les femelles et les mâles barbus doivent éviter de bouger le masque.

Les mâles barbus peuvent également envisager de retirer leurs barbes.

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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 11:11

The Water in Your Glass Might Be Older Than the Sun The water you drink is older than the planet you’re standing on.

Earth is old.

The sun is old.

But do you know what may be even older than both?

Water.

It’s a mystery how the world became awash in it.

But one prevailing theory says that water originated on our planet from ice specks floating in a cosmic cloud before our sun was set ablaze, more than 4.6 billion years ago.

As much as half of all the water on Earth may have come from that interstellar gas according to astrophysicists’ calculations.

That means the same liquid we drink and that fills the oceans may be millions of years older than the solar system itself.

The thinking goes that some of the ancient ice survived the solar system’s chaotic creation and came to Earth.

To demonstrate that, researchers analyzed water molecules in oceans for indicators of their ancient past.

The clue comes in the form of something known as “heavy water.” Water, as you know, is made up of two hydrogen atoms and one oxygen atom.

But some water molecules contain hydrogen’s chunky twin, deuterium. (It contains a neutron in its nucleus, whereas regular hydrogen does not.)

Deuterium-rich water is found on other planets and moons, even here on Earth, but researchers are not sure where it came from.

One idea is that much of the heavy water formed in the interstellar cloud and then traveled across the solar system.

Using a computer model, the scientists showed in a 2014 paper that the billions-of-years-old ice molecules could have survived the sun’s violent radiation blasts, and gone on to bathe a forming Earth and its cousins.

They concluded that remnants of that ancient ice remain scattered across the solar system: on the moon, in comets, at Mercury’s poles, in the remains of Mars’ melts, on Jupiter’s moon Europa — and even in your water bottle. Now that’s something to raise your glass to.

Plants will remember if you mess with them enough and yes, you are at the center of the universe.

Mars Shows Signs of Having Flowing Water, Possible Niches for Life, NASA Says SEP 28, 2015 More In Science

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