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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 12:29
Des antibiotiques contre l'Autisme Pr Montagnier Le Monde

http://www.afg-web.fr/IMG/pdf/Le_Monde_2010-12-11.pdf
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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 12:20
Luc Montagnier, Nobel de médecine, veut lancer un essai fondé sur la prise prolongée d’anti-infectieux, en s’appuyant sur l’hypothèse controversée de la mémoire de l’eau. L’information a été dévoilée, jeudi 9 décembre, par Declan Butler, journaliste chevronné de l’hebdomadaire scientifique britannique Nature : le professeur Luc Montagnier projette de réaliser en France un essai clinique afin d’évaluer les effets bénéfiques possibles de la prise prolongée d’antibiotiques chez des enfants autistes. Cette expérimentation laisse perplexes des spécialistes de l’autisme. Luc Montagnier, co-lauréat du prix Nobel de médecine en 2008 pour la découverte du virus du SIDA, devrait utiliser, a côté de techniques biologiques classiques, des procédés qui évoquent la théorie très controversée de la « mémoire de l’eau ». Proposée en 1988 par le professeur Jacques Benveniste, elle supposait que l’eau garde une mémoire des substances qu’elle avait contenues, alors que des dilutions avaient fait disparaitre ces substances de la solution aqueuse. L’entourage du professeur Montagnier confirme ce projet, qui n’a pas encore été soumis à l’approbation d’un comité d’éthique. L’essai pilote rechercherait, selon Nature, la trace d’infections chez 30 enfants autistes, ainsi que chez une vingtaine d’enfants indemnes, à des fins de comparaison. Les enfants prendraient ensuite des antibiotiques pendant plusieurs mois et leur évolution serait évaluée. Afin de mener à bien ces travaux, Luc Montagnier bénéficierait d’un financement de plus de 30 000 euros de la part de l’Autism Research Institute, basé à San Diego (Californie). Cf article du Monde ci-joint en date du 11 décembre 2010 : Le Monde édition du 11 décembre 2010 en pdf Ces théories sont très controversées mais le sont encore plus celles fondées sur la prise de vitamines et l’application absurde de régimes alimentaires pour traiter l’autisme et non pour des troubles associés distincts et spécifiques. Là aussi, un circuit parallèle s’installe, souvent bien juteux, profitant du désespoir des familles touchées par le handicap.
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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 12:12
Depuis des décennies, la question de la définition et du traitement de l'autisme - déclarée grande cause nationale pour l'année 2012 - est devenue l'enjeu d'une bataille juridico-politique, avec insultes et procès, au point qu'on se demande comment des parents, des thérapeutes (pédiatres, psychiatres, psychanalystes), des députés et des chercheurs ont pu en arriver à ce point de détestation réciproque. Violemment hostile à Freud, à la psychanalyse et à ses héritiers, la cinéaste Sophie Robert, soutenue par les auteurs du Livre noir de la psychanalyse (Les Arènes, 2005), a été conspuée après avoir filmé, dans un documentaire que l'on a pu regarder sur internet pendant des semaines, des thérapeutes connus pour leur adhésion à une psychologie oedipienne de comptoir. Selon eux, les mères seraient responsables des troubles psychiques de leurs enfants, y compris l'autisme, maladie aux multiples visages. Ces représentants du discours psychanalytique se réclament de Sigmund Freud, de Donald W. Winnicott, de Jacques Lacan ou de Melanie Klein en oubliant une règle élémentaire : les concepts ne doivent jamais se transformer en jugements à l'emporte pièce ou en diagnostics foudroyants. Un concept n'aboie pas. Il n'est question dans ce film que de mères "crocodiles", "froides", "dépressives" ou incapables «d'expulser de leur corps le rejeton qu'elles n'auraient jamais désiré». Pour les avoir ridiculisés en montant des séquences à charge, Sophie Robert a été poursuivie devant les tribunaux par trois d'entre eux qui ont obtenu que les passages les concernant soient retirés du film (jugement rendu par le tribunal de Lille, le 26 janvier 2012). Elle a aussitôt interjeté appel de cette décision de justice qui ne change rien au problème de fond, puisque la vulgate de la "mère pathogène" et de la loi nécessaire "du père séparateur" est bel et bien présente dans le discours psychanalytique contemporain. Et c'est en son nom qu'une partie de la communauté psychanalytique française est entrée en guerre en 1999 contre les homosexuels désireux d'adopter des enfants tout en s'opposant, du même coup, aux nouvelles pratiques de procréation assistée, et plus récemment encore à la gestation pour autrui (GPA, "mères porteuses"). Ce discours, fondé sur la naturalisation de la famille et de la différence des sexes, a été critiqué par les féministes, les sociologues, les anthropologues, les philosophes et les historiens de la famille : notamment Elisabeth Badinter. Méconnaissant l'évolution des moeurs et les progrès de la science, voilà que ces praticiens - qui ne représentent en rien l'ensemble des cliniciens d'orientation psychanalytique - sont à leur tour interpelés par la loi en la personne d'un député UMP du Pas-de-Calais, Daniel Fasquelle, président du groupe d'études parlementaires sur l'autisme, qui s'apprête à déposer devant le Parlement une proposition de loi visant à abolir toute approche psychanalytique dans l'accompagnement des enfants autistes. Que s'est-il donc passé en France pour qu'un élu de la République en vienne à croire qu'une question scientifique puisse être résolue par des poursuites judiciaires? Après les lois mémorielles restreignant la liberté de penser des historiens, verra-t-on des juges pourfendre la doctrine freudienne devant des tribunaux? C'est en 1907 que le psychiatre suisse Eugen Bleuler invente le terme d'autisme, à partir de celui d'auto-érotisme, pour désigner un repli sur soi de nature psychotique (folie) et une absence de tout contact pouvant aller jusqu'au mutisme. En 1943, le pédiatre autrichien Leo Kanner transforme l'approche en sortant l'autisme infantile précoce du domaine des psychoses. Il émigrera aux Etats-Unis et poursuivra ses travaux. Mais, en 1944, un autre pédiatre viennois, Hans Asperger, qui avait lui-même été atteint dans son enfance, décrit "l'autisme de haut niveau", caractérisé par une absence d'altération du langage et une capacité de mémorisation inhabituelle. En témoigne l'inoubliable Raymond Babbit, interprété par Dustin Hoffman dans Rain Man, le film de Barry Lewinson (1988). Aujourd'hui, et dans cette perspective, l'autisme est considéré comme une maladie organique dont l'une des causes serait une perturbation des circuits neuronaux au cours de la vie foetale. De son côté, Bruno Bettelheim, psychanalyste autrichien, déporté à Dachau puis à Buchenwald, inventa un traitement spécifique de l'autisme en devenant, en 1944, le directeur de l'Ecole orthogénique de Chicago. Comparant cet état à une situation extrême, semblable à l'enfermement concentrationnaire, et favorisé par le désir destructeur des mères, il sera accusé à tort, après sa mort, d'avoir fait de son école un goulag. A vrai dire, il ne mérite aujourd'hui ni légende dorée, ni légende noire. D'autant que l'approche psychanalytique des enfants autistes et psychotiques eut pour effet, sur cette lancée - de Margaret Mahler à Frances Tustin, puis de Françoise Dolto à Jenny Aubry ou Maud Mannoni - de les extirper d'un destin asilaire. Dans un livre magistral, L'enfant qui s'est arrêté au seuil du langage (Aubier, 2008, Le Monde du 18 avril 2008), Henri Rey-Flaud, psychanalyste et professeur émérite à l'Université de Montpellier, a fort bien décrit, à partir d'une sérieuse étude de cas, mais aussi en s'appuyant sur des récits publiés par les autistes de haut niveau - Temple Grandin, par exemple - le monde particulier des enfants autistes, un monde de souffrance, de silence et de rituels insolites. Ces enfants, - environ quatre sur mille et en majorité des garçons - s'expriment avec des gestes et des cris. Ils sont parfois violents, ils ont l'air d'accomplir des tâches incohérentes et ont donc besoin d'être pris en charge en permanence par leurs parents et par des équipes de thérapeutes et d'éducateurs qui les font vivre à leur rythme, tout en les soignant. On aurait pu rêver, comme le laisse entendre cette description, à une possible entente entre familles et thérapeutes. D'autant qu'à partir des années 1980, on identifia des autismes et non plus une entité unique : celui des enfants mutiques, celui des petits génies surdoués, celui enfin des enfants qui peuvent parler, tout en adoptant des attitudes énigmatiques. Une approche multiple, la meilleure à ce jour, semblait s'imposer : psychothérapie psychanalytique, technique éducative et, dans des cas graves d'auto-mutilation, Packing, enveloppement de l'enfant dans des linges mouillés. Il n'en fut rien puisque l'alliance s'était déjà en partie rompue du fait de l'évolution de la psychiatrie mondiale vers une classification exclusivement comportementale et biologique (le fameux Manuel Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM), d'où est désormais évacuée l'idée de subjectivité. Aussi bien cette classification fait-elle entrer l'autisme dans la catégorie d'un trouble envahissant du développement (TED) tellement élargi qu'un enfant sur cent cinquante en serait atteint. Cette progression a été dénoncée en 2006 par le biologiste Jean-Claude Ameisen dans un excellent rapport destiné à l'Inserm (que l'on trouve sur internet) qui montre qu'après avoir rangé l'autisme dans les psychoses, on intègre désormais tous les troubles infantiles graves dans un vaste ensemble biologico-génético-neurologique aux contours cliniques flous. A l'évidence, cette évolution est liée au changement des critères diagnostiques beaucoup plus qu'à une "épidémie", ce qui, dans le contexte d'un rejet idéologique du freudisme, a été catastrophique pour l'approche psychanalytique de l'autisme. Lassés d'être interrogés sur leur statut de bon ou de mauvais géniteur, les parents se sont tournés vers des techniques de conditionnement visant à démutiser l'enfant. Aussi bien celui-ci est-il "récompensé" à chaque progrès et "puni" par une sanction à chaque recul. Mais il n'est pas certain qu'une telle approche soit la panacée même si elle s'est imposée dans le monde anglophone. Car si l'on considère l'autisme comme un trouble neurologique, détaché de tout environnement, on risque d'oublier de traiter les souffrances psychiques des parents et des enfants, de dresser les familles contre Freud - lequel n'a jamais parlé d'autisme - et de laisser croire que la maladie serait également génétique, ce qui n'a pas été prouvé. En juillet 2005, la société InteraGen a d'ailleurs donné un faux espoir aux familles en prétendant lancer sur le marché un test génétique de diagnostic précoce de l'autisme, escroquerie dénoncée par les généticiens sérieux (Bertrand Jordan, Autisme. Le gène introuvable. De la science au business, Seuil, 2012). Récemment, un neurobiologiste français, François Gonon, a en outre montré que la psychiatrie biologique, fondée sur le DSM, avec ses classifications démentes, était critiquée aux Etats-Unis au moment même où elle s'impose en France ("La psychiatrie biologique : une bulle spéculative, Esprit, nov. 2011). La guerre à laquelle on assiste aujourd'hui est désolante puisque des praticiens éminents, comme Pierre Delion, professeur de pédopsychiatrie de réputation mondiale (CHU de Lille), partisan d'une approche multiple et du Packing, soutenu d'ailleurs par Martine Aubry et de nombreux parents, est devenu, comme d'autres cliniciens respectables, la principale cible d'une campagne de calomnies orchestrée par les adeptes d'un antifreudisme radical. Quant aux psychanalystes, qui reçoivent par la poste, en guise de cartes de voeux, des photographies de crocodiles, ne sont-ils pas menacés, à force de propos déplacés, de devenir les ennemis d'eux-mêmes et de leur discipline?
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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 12:08
Dans un rapport sur la prise en charge de l'autisme, la Haute autorité de Santé devrait recommander d'écarter les approches psychanalytiques. Les parents d'enfants autistes dénoncent une prise en charge insuffisante "Libération" le révélait lundi 13 février : les approches psychanalytiques devraient être écartées des recommandations du rapport de la Haute autorité de Santé sur la prise en charge de l’autisme qui doit être rendu public le 6 mars. Pour les parents d’autistes dans leur quasi unanimité, c’est le résultat d’un long combat, d’une action de lobbying suivie et efficace et le sentiment d’être enfin entendus sur les traitements de leurs enfants. Une date. Voila des années qu’ils dénoncent une prise en charge de leurs enfants jugée inadaptée, scandaleuse, et surtout insuffisante. Proposition de loi contre la psychanalyse Un député UMP Daniel Fasquelle a même déposé une proposition de loi visant à interdire l’accompagnement psychanalytique des personnes autistes au profit de méthodes éducatives et comportementales. Il entend demander aux universités de ne plus évoquer la psychanalyse dans l’enseignement sur l’autisme. Excessive et probablement inefficace- on n’impose pas une vérité par une loi - la démarche est révélatrice de l’échec de la psychanalyse à imposer sa vision du traitement de l’autisme. Les psychanalystes , quant à eux dénoncent , une "croisade", menée contre eux mais il est sans doute trop tard. Ils semblent bel et bien avoir perdu la bataille de l’autisme. Un trouble neurologique, pas un désordre affectif Longtemps l’autisme a été considéré comme un trouble affectif que les psychanalystes entendaient soigner. L’enfant autiste était considéré comme victime de mères pathogènes. Il avait choisi le "retrait" d’un monde trop dur, se retranchait dans une "forteresse vide" comme disait le titre d’un ouvrage du psychanalyste Bruno Bettelheim. C’était dans les années 70. Or en 40 ans, la révolution des neurosciences a totalement changé la donne. Des dizaines de gènes sont en cause dans l’autisme considéré désormais comme un trouble organique. Chaque jour de nouvelles découvertes font émerger les racines biologiques de la maladie. Malgré cela, par conviction ou tradition, La France est l’un des derniers pays à recourir à l’approche freudienne pour soigner l’autisme. La psychanalyse en France a réellement fait progresser la psychiatrie qu’elle continue d’influencer. Sauf que l’approche psychanalytique ne se révèle pas pertinente pour tous les troubles. Beaucoup de soignants continuent de traiter l’autisme comme s’il s’agissait d’un désordre affectif, d’un choix de l’enfant. Comme si les découvertes n’avaient pas radicalement changé les perspectives. Résultat : avec une belle unanimité, les parents dénoncent la manière dont ils sont traités eux et leurs enfants dans nombre de services psychiatriques où on les envoie. Ils se sentent mis en cause, exclus des choix thérapeutiques pour leurs enfants. Pire : dans de nombreux cas, le diagnostic n’a tout simplement pas été formulé, pour ne pas "figer la situation", disent les psys. Certains se sont entendus dire que leur enfant avait une "psychose". Point final. "Les parents de leucémiques auraient droit au diagnostic et pas nous ?" protestent les parents. Pas de thérapies alternatives Les thérapies alternatives qui priment ailleurs dans le monde, surtout en Amérique du Nord ou dans les pays nordiques, sont peu développées en France. Il s’agit de méthodes éducatives basées sur l’entraînement et la répétition. Elles s’appellent ABA, TEACCH, PECS. Elles ne visent pas à guérir l’enfant autiste mais à l’adapter à son environnement. Les psychanalystes l’assimilent à du dressage, certains même aux méthodes barbares du film de Stanley Kubrick, "Orange mécanique". Un parent qui tombe dans des circuits psychiatriques influencés par les théories freudiennes ne se les voit pas proposer. D’où la colère de ceux qui les découvrent par Internet, ou par le bouche à oreille. Car beaucoup de ces parents qui les ont expérimentées les jugent beaucoup plus efficaces pour leurs enfants. " Avec ces méthodes Ils apprennent à parler, être propres, s’habiller" témoignent certains. Ce ne sont bien sûr pas des méthodes miracles, mais pour certains elles fonctionnent. Cette impossibilité de choisir a beaucoup poussé les associations les plus radicales à accentuer leur lobbying anti psy. La bataille du packing Le packing est une vieille technique utilisée en psychiatrie qui consiste à envelopper une personne en grave crise psychotique (automutilation par exemple) dans des linges froids (10 à 15 degrés) avec ensuite un réchauffement avec des draps et des couvertures. Elles sont utilisées dans certains établissements avec certains enfants autistes. Des associations d’autiste, surtout la plus radicale Vaincre l’autisme sont parties en guerre contre le packing, Ils ont porté plainte contre deux médecins, le professeur Pierre Delion, Chef du Service Psychiatrie Enfant et Adolescent du CHRU de Lille, et le professeur David Cohen, chef du Service Psychiatrie Enfant et Adolescent de l’Hôpital de la Pitié Salpétrière à Paris engagés dans une recherche sur le packing validée par le ministère de la Santé. Les deux praticiens ont été ou sont convoqués (la prochaine fois le 16 février) devant leurs Conseils départementaux de l’Ordre des médecins. S’ils sont la cible de cette association, c’est que la psychanalyse a théorisé le packing, sans convaincre: il aiderait le patient à retrouver une "image corporelle", "un sentiment d’entourance", "l’établissement d’une relation avec les soignants qui accompagnent attentivement l’enfant pendant les séances." Les familles d’autistes considèrent qu’il s’agit d’un traitement "inhumain et dégradant", que sa validité n’a pas été démontrée, que les parents ne sont pas consultés. L’enjeu devient politique En attendant le débat divise aussi les politiques. Martine Aubry qui avait parlé dans une lettre à une association de la "terrible pratique du packing", a finalement soutenu le professeur Delion (qui officie à Lille dans sa ville) , et annoncé à propos du packing qu’elle "laissait ce débat aux scientifiques et aux professionnels." Côté UMP , alors que Daniel Fasquelle est parti bille en tête contre la psychanalyse, sa collègue députée de Paris, la pédiatre Edwige Antier lui a fait parvenir une lettre ouverte où elle se désolidarise de sa position : Laisser croire que les pratiques psychanalytiques sont utilisées au détriment des accompagnements comportementalistes des patients est un procès extrêmement dangereux faits aux pédopsychiatres des CHU(…) . Je trouve très aggravant d’alimenter, par une proposition de loi, le procès d’intention fait à de grands médecins qui vouent leur vie à la recherche et au soulagement de ces souffrances." La cristallisation du débat sur l’autisme entre "pro" et "anti-psychanalyse" risque de faire oublier la grande misère de la prise en charge des autistes. De passer sous silence que nombre de parents démunis, faute de places en France, vont en Belgique où de l’autre côté de la frontière, les établissements se sont multipliés. Que les établissements pour autistes sont souvent portés à bout de bras par des associations elles-mêmes créées par des parents. En matière de handicap, la France a encore beaucoup à faire. Par Jacqueline de Linares Le Nouvel Observateur
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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 11:59
L’autisme est un trouble du développement qui apparaît avant l’âge de trois ans et qui perdure tout au long de la vie chez la très grande majorité des patients. Trois critères définissent la maladie : troubles des interactions sociales, troubles de la communication verbale, gestes répétitifs et stéréotypés. Fréquemment, les personnes atteintes d’autisme présentent également des troubles du sommeil. Épidémiologie Plus d’un enfant sur 150 dans le monde souffre d’une forme d’autisme. Pour une raison encore indéterminée, les garçons sont atteints dans une proportion 4 fois supérieure à celle des filles. Le risque d’avoir un enfant autiste est également 45 fois plus élevé pour les familles qui ont déjà donné naissance à un enfant touché par la maladie. Jusque dans les années 70, l’autisme était considéré, à tort, comme un trouble psychique dû à un dysfonctionnement relationnel entre la mère et l’enfant. Aujourd’hui, même si les causes de la maladie n’ont pas encore été élucidées avec certitude, des recherches ont mis en évidence l’implication de facteurs génétiques dans le développement des symptômes. En conséquence, pour 25% des personnes atteintes, la cause de l’autisme peut être en partie identifiée. Les troubles du spectre autistique Les « troubles du spectre autistique » (TSA) est une formule qui désigne l’ensemble des symptômes caractérisant les troubles du comportement liés à l’autisme. En plus de l’autisme dit « classique », qui se traduit par une absence de communication verbale, un trouble des interactions sociales, ainsi que des gestes répétitifs et stéréotypés, les TSA incluent également les syndromes d’Asperger et de Rett. Dans le cas du syndrome d’Asperger, le développement du langage n’est pas affecté, et la personne atteinte n’accuse pas de retard mental. À l’inverse, il arrive même que le quotient intellectuel soit plus élevé que pour la moyenne de la population. En ce qui concerne le syndrome de Rett, il touche exclusivement les filles et entraîne un retard mental et une infirmité motrice sévères. Traitement et prise en charge Pour le moment, il n’existe aucun traitement capable de guérir les troubles autistiques. La prise en charge est uniquement symptomatique et passe par des thérapies éducatives personnalisées. Ces dernières obtiennent un maximum d’efficacité lorsqu’elles sont appliquées à un stade précoce du développement de la maladie. A l'Institut Pasteur À l’Institut Pasteur, l’unité de recherche Génétique humaine et fonctions cognitives, dirigée par Thomas Bourgeron, a été la première à confirmer la piste génétique de l’autisme : en 2003, elle a identifié des mutations localisées dans les gènes NLGN3 et NLGN4. Ces derniers participent au fonctionnement des synapses, structures indispensables pour la communication entre les cellules nerveuses. Par la suite, elle a mis en évidence plusieurs autres gènes impliqués dans l’autisme, comme SHANK2, SHANK3, et NRXN1, qui jouent également un rôle dans la transmission de l’information neuronale. En 2008, l’équipe de Thomas Bourgeron a mis au point dans son laboratoire l’un des premiers modèles de souris porteur de mutations associées à l’autisme. Elle a également identifié des mutations dans le gène ASMT, lequel participe à la régulation du rythme veille/sommeil. Cette découverte a permis de mieux prendre en charge les lourds troubles du sommeil dont sont fréquemment atteintes les personnes qui souffrent d’autisme. _________ Aout 2011
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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 11:56
L’Autisme a été labellisée « Grande Cause Nationale 2012 » par la France. De son coté, Valérie Létard, sénatrice du Nord, a remis le 12 janvier dernier à Roselyne Bachelot, Ministre des Solidarités et de la Cohésion Sociale, son rapport sur l’évaluation du Plan Autisme 2008-2010. Une évidence s'impose si le manque de structures vers l’âge adulte et le manque d’établissements adaptés pour les autistes adultes vieillissants est problématique, la scolarisation des enfants autistes l’est tout autant… Aujourd’hui, l’autisme touche 1 personne sur 150 à travers le monde. Malheureusement, l’Europe n’est pas épargnée. Rien qu’en France, on dénombre 430 000 personnes atteintes de ce trouble dont 108 000 enfants soit prés de 25%. Source de nombreux préjugés, l’autisme demeure une « terra incognita » pour nombre d’européens qu’ils soient soignants ou simples citoyens. L’autisme est défini par l’Organisation Mondiale de la Santé comme un trouble envahissant du développement. On le rencontre dans l’ensemble des pays européens. Il s’agit d’une maladie d’origine neurobiologique qui affecte, avec plus ou moins d’intensité, la qualité des interactions sociales, la communication verbale et non verbale ainsi que la concentration du sujet. L’autisme est présent dans toutes les classes sociales sachant que l’autisme infantile est quatre fois plus présent chez les garçons que chez les filles. Outre l’intégration des personnes autistes dans le monde professionnel, facilité au niveau de l’Union européenne par le programme Progress, la problématique commune à tous les pays européens demeure le diagnostic précoce de la maladie et la mise en place de prises en charge adaptées aux besoins des autistes. Sur ce terrain, la France, empreinte d’une forte culture psychiatrique, accuse un certain retard pour ne pas dire un retard certain…par rapport à des pays comme l’Italie, la Suède, la Belgique, l’Espagne ou encore le Royaume-Uni. En soutenant, en 2005, la déclaration des Nations-Unies rappelant le droit des personnes atteintes d’autisme à accéder à une prise en charge adaptée, à une éducation appropriée, à une assistance qui respecte leur dignité, à une absence de discrimination, à l'intégration sociale, à la protection de leurs droits fondamentaux, à une information honnête concernant les traitements dans leur diversité, et à un accès à ces traitements, la Commission européenne a souhaité réaffirmer son engagement en faveur de l’autisme après la condamnation, pour manquements à ses obligations éducatives, de la France par le Conseil de l’Europe. En Europe, force est de constater que le regard sur l’autisme est très différent d’un pays à un autre. Contrairement à la France, des pays, comme la Belgique ou la Suède, ont su dépasser les logiques d’exclusion pour explorer celles de l’intégration scolaire ou professionnelle. La France ne peut que mieux faire… ! Selon le Comité Consultatif Nationale d’Ethique pour les Sciences de la Vie et de la Santé "Les personnes, enfants et adultes, atteintes de syndromes autistiques et leurs proches sont aujourd’hui encore victimes en France d’une errance diagnostique, conduisant à un diagnostic souvent tardif, de grandes difficultés d’accès à un accompagnement éducatif précoce et adapté, d’un manque de place dans des structures d’accueil adaptées, de l’impossibilité pour les familles de choisir les modalités de prise en charge des enfants, de la carence de soutien aux familles, et de la carence d’accompagnement, de soins, et d’insertion sociale des personnes adultes et âgées atteintes de ce handicap" (Avis n° 102). Alors qu’en Italie, la plupart des enfants autistes sont accueillis dans des classes ordinaires, le chiffre est inférieur à 20% pour la France avec une double restriction liée à la présence obligatoire d’une auxiliaire de vie scolaire et d’un emploi du temps allégé… De fait, de nombreux parents n’ont pas d’autre choix pour leurs enfants que de rejoindre la Belgique culturellement plus ouverte à la diversité et surtout mieux "outillé" pour dépister l’autisme et scolariser les enfants. De son coté la Suéde, après avoir interdit les institutions spécialisées en 1995, a mis en place des classes adaptées au sein de ses établissements scolaires. Ce mode de scolarisation existe aussi au Royaume-Uni même si le choix laissé aux parents est plus large. Ils peuvent, en effet, choisir entre écoles spécialisées, classes spécialisées ou classes ordinaires avec soutien spécifique. En Espagne, le choix des parents, en matière de scolarisation, varie selon le type d’autisme diagnostiqué. L’alternative est soit une scolarisation classique, le cas échéant renforcée par un soutien personnalisé, soit une scolarisation dans un centre spécialisé pour les enfants autistes. En France, il n’est pas risqué d’affirmer que l’indigence des moyens développés par les pouvoirs publics n’est pas à la hauteur des enjeux. Même si le Plan Autisme 2008 -2010 lancé par le gouvernement Français met l’accent sur la diversification des modalités de prise en charge des enfants autistes, une question récurrente reste toujours sans réponse pour leurs familles. Pourquoi des méthodes éducatives dites "comportementalistes" validées avec succès, depuis plusieurs années, dans de nombreux pays européens (Suède, Royaume-Uni, Norvège…) mais aussi extra-européens (Etats-Unis, Canada…) sont elles toujours jugées "expérimentales" en France ? Xavier Grosclaude - Fenêtre sur l'Europe 4 Messages de forum 24 janvier 12:06, par lambda et si on s’attaquait à la cause exponentielle de l’autisme en s’informant sur le rôle des vaccins ? http://www.votre-sante.net/publications/autisme.html 24 janvier 14:44, par Pharmafox Les "preuves" d’un lien entre vaccination et autisme sont tombées à l’eau lorsqu’on a découvert que le Dr. Wakefield, le chantre de cette théorie, avait tout inventé pour mieux se faire connaître. Un article parmi tant d’autres : http://www.passeportsante.net/fr/Ac... 25 janvier 00:05, par rastapopulo Disons que la présence de mercure dans le timerosal a comme même poussé à son abandon (mais pas en Afrique...) ! 25 janvier 00:10, par rastapopulo Le thimerosal (mercure) est responsable de l’autisme aux usa mais autorisé dans le vaccin H1N1, cherchez l’erreur ! "Vous ne pourriez même pas construire une étude qui démontrerait que le Thimerosal est sécuritaire," affirme Haley, qui dirige le département de chimie à l’Université du Kentucky. "C’est simplement trop toxique. Si vous injectez du Thimerosal dans un animal, son cerveau devient malade. Si vous en appliquer sur du tissu vivant, les cellules meurent. Si vous le mettez sur une assiette de Pétri, la culture meurt. Partant de cela, il serait surprenant qu’on puisse l’injecter dans un enfant en bas âge sans causer de dommages." mardi 24 janvier - par Fenêtre sur l’Europe
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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 11:50
Association Française pour l’Information Scientifique Communiqué du 22 janvier 2012 L’AFIS a pris connaissance d’une proposition de loi relative à la prise en charge de l’autisme déposée le 20 janvier 2012 par le député du Pas-de-Calais, Daniel Fasquelle. Cette proposition vise à « réaffecter l’ensemble des moyens existants sur les traitements opérants », en même temps qu’elle prône l’« [abandon] des pratiques psychanalytiques, sous toutes leurs formes ». La connaissance des causes de l’autisme a beaucoup progressé ces dernières années (identification de composantes génétiques, etc.) rendant caduque l’explication psychanalytique incriminant le comportement et l’attitude des parents. De même, à travers le monde, les méthodes de prise en charge et de traitement ont été initiées et, surtout, évaluées. Celles qui ont fait leurs preuves ont été retenues et les thérapies d’inspiration psychanalytique ne font pas partie de l’arsenal thérapeutique mis en œuvre dans la plupart des pays et ne figurent dans aucune recommandation nationale ou internationale en matière d’autisme. La France fait figure d’exception : les thérapies d’inspiration psychanalytique y sont toujours largement dominantes, avec des conceptions dépassées, des discours et des explications d’un autre âge, culpabilisant les familles et, tout particulièrement, les mères. C’est ainsi que perdurent des pratiques inadéquates, quand elles ne sont pas, tout simplement, scandaleuses (comme le packing, où les enfants autistes sont enveloppés de draps humides et froids (10°C), méthode dont on n’a jamais prouvé la moindre efficacité, malgré plus de trente ans d’utilisation). Si le rôle des autorités publiques n’est pas de dire le vrai et le faux en matière scientifique ou médicale, celles-ci sont dans leur droit et, pensons-nous, honorent leur devoir en faisant en sorte qu’en matière de santé publique, les seules pratiques reconnues et mises en œuvre dans le système de soins soient celles validées et reconnues par la communauté scientifique et médicale. La proposition de loi pose une question légitime : au nom de quoi, en France, les enfants autistes et leurs familles ne pourraient-ils pas bénéficier des pratiques efficaces, validées et mises en œuvre avec succès dans la plupart des pays du monde ? L’autisme est un trouble qui touche environ 1 enfant sur 150. La situation des familles concernées est dramatique en France, car elles n’ont que très difficilement accès aux soins efficaces et doivent souvent s’expatrier à l’étranger pour offrir aux enfants touchés la chance de bénéficier des traitements adaptés. Le législateur est dans son devoir en demandant que les moyens financiers soient réaffectés vers les pratiques efficaces et validées. Nul doute que la proposition de loi soulèvera des polémiques et que certains la présenteront comme une ingérence dans un débat scientifique. Ce qui ne devrait pas être le cas. Le débat scientifique sur l’apport des théories psychanalytiques à la prise en charge et au traitement de l’autisme est largement clos. Des pratiques non validées s’inspirant de ces théories peuvent relever de choix individuels et privés mais n’ont pas leur place dans le système de santé publique. À l’heure actuelle, il s’agit bien de patients et de leurs familles qui sont privés des soins adaptés, au nom d’un positionnement idéologique et au mépris des connaissances acquises sur l’autisme et sa prise en charge. Le premier ministre a accordé le label « grande cause nationale » à l’autisme. Souhaitons que ce soit l’année où la France rattrape son retard et se tourne enfin vers des approches dont l’efficacité est démontrée. Paris, le 22 janvier 2012
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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 11:43
Plusieurs théories existent quant à la nature de l'autisme. Elles varient des troubles psychopathologiques, dus à la relation mère-enfant, et plus généralement en passant par la responsabilité parentale dans l'auto-enfermement de l'enfant dans son monde intérieur et l'arrêt de son développement neuro-psychique, jusqu'à la piste génétique, l'expliquant par la mutation d'une série de gènes entraînant l'altération du fonctionnement du cerveau, et notamment la diminution de quantité de synapses, la connexion perturbée entre les cerveaux gauche et droit, l'hypertrophie de l'amygdale... Les approches de traitement varient tout autant: les uns considèrent les enfants autistes comme des malades intraitables et demandent leur enfermement dans des institutions spécialisées, d'autres au contraire rejettent l'étiquette de «maladie» et fondent la thérapie sur le développement de l'enfant autiste (et notamment la reconstitution des synapses) par l'interaction intensive avec le monde extérieur1. Cette dernière méthode démontre son efficacité grâce à un effort considérable et l'apport humain des personnes qui participent à cette interaction. Qu'est-ce que l'hypnose peut apporter aux traitements existants de l'autisme infantile tardif? L'expérience montre, sans renier, ni contester d'autres hypothèses, que l'autisme infantile tardif se trouve néanmoins partiellement en rapport avec l'histoire familiale de l'enfant, qui peut remonter à plusieurs générations. Il est cependant à noter que l'autisme n'est pas dû aux mauvais traitements infligés à l'enfant de la part des parents ou à leur manque d'amour. On peut rencontrer un enfant autiste dans une famille aimante et a priori équilibrée, en tout cas au niveau des parents. Mais c'est la perception de l'enfant de ses rapports avec ses parents et le monde extérieur et son ressenti qui diffèrent. Ainsi une situation perçue par l'enfant comme abandonnique peut être un point de départ d'une régression dans son développement à un stade antérieur où l'enfant s'est senti plus heureux ou sécurisé. L'enfant autiste arrête son développement à ce stade (autisme infantile tardif), se coupe du monde extérieur, régresse sensiblement au niveau d'usage de la parole et de maîtrise de son corps, détourne systématiquement son regard, a des troubles obsessionnels, des «stéréotypes». Le type de structure psychique de l'enfant le prédispose ou non à ce type de réaction. Dans la mesure où on considère la cause de l'autisme infantile tardif étant due en partie, à la perception subjective de l'enfant des événements de sa vie, son traitement relève du domaine de la psychothérapie dont l'hypnose fait partie. Or, il est difficile de discuter avec un enfant qui fuit le regard, ne parle pas et a l'air d'ignorer autrui. Curieusement, dans ces conditions, l'hypnose intégrative se montre efficace et particulièrement adaptée. La fixation du regard, l'obéissance du sujet, les suggestions types de «dormir» ou de «relaxer son corps» ne sont pas nécessaires pour faire rentrer l'enfant autiste tardif en état d'hypnose. Il s'avère que malgré l'absence d'interaction visible et l'isolement de l'autiste dans son univers, il n'est pas hermétique à la parole, ni à la gestuelle. Il réagit à la voix hypnotique et aux suggestions non-verbales en rentrant en état d'hypnose léger puis profond, et via des fables intégratives, le contenu de la séance d'hypnose transparaît ensuite dans son comportement. Il sort progressivement de sa «bulle», regarde de plus en plus dans les yeux, interagit davantage avec le monde extérieur. L'hypnose est compatible avec la thérapie par interaction intensive, l'hypnose en accélère les résultats. L'application de l'hypnose pour l'autisme inné reste à vérifier. 1Methode des 3I de l'Association «Autisme Espoire Vers l'Ecole» Anna IOURENKOVA Hypnothérapeute diplômée, Psycho-Pédagogue
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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 11:38
L’Institut psychanalytique de l’Enfant a pris connaissance ces derniers mois d’une étrange campagne qui vise à exclure la psychanalyse de la prise en charge des enfants et adolescents autistes. Cette campagne culmine maintenant avec une proposition de loi qui a fait réagir tous les représentants professionnels1 et les plus grandes associations familiales (UNAPEI). Ladite campagne procède d’un intense travail de lobbying qui allègue des intentions louables : améliorer les conditions d’une catégorie de la population. En fait, il s’agit pour ses promoteurs d’obtenir des pouvoirs publics des subventions massives au bénéfice de méthodes de conditionnement, de façon à offrir des solutions ready-made aux familles qui cherchent avec inquiétude des solutions là où il y a une réelle pénurie d’accueil institutionnel. L’Institut psychanalytique de l’Enfant réunit des psychanalystes, des intervenants d’institutions spécialisées – psychiatres, psychologues, infirmiers, orthophonistes, psychomotriciens -, des professionnels du champ de l’enfance – enseignants, éducateurs, juristes, médecins... - qui agissent depuis de nombreuses années auprès des enfants en souffrance, en s’orientant de la psychanalyse, de Freud, de Lacan et des avancées les plus actuelles de la recherche clinique. C’est à ce titre que l’Institut psychanalytique de l’Enfant, par sa Commission d’initiative, souhaite prendre position Il s’agit ici de témoigner des principes qui gouvernent notre action. 1 – Rappelons qu’en France, à partir des années 60-70, ce sont les psychiatres d’enfant et les psychologues formés à la psychanalyse qui commencent à se préoccuper du sort des enfants autistes jusqu’alors placés en hôpital psychiatrique ou en institution fermée, où la dimension déficitaire était prépondérante. Ils prennent appui sur les psychanalystes anglo-saxons Frances Tustin, Margaret Malher, Donald Meltzer, et sur l’institution de Maud Mannoni « l’École expérimentale de Bonneuil », avec les travaux de Rosine et Robert Lefort, élèves de J. Lacan. L’ensemble de ces travaux donne aux praticiens – psychiatres, psychologues, infirmiers, éducateurs, orthophonistes, psychomotriciens - l’idée d’un traitement possible et d’apprentissages qui tiennent compte du symptôme du sujet, au delà de la coercition. Les hôpitaux de jour, dans le mouvement de sectorisation de la psychiatrie, se créent dans cette perspective. Il s’agit d’offrir un accueil qui ne soit pas basé sur le déficit et qui tienne compte de la particularité de chaque sujet. La situation familiale fait partie de cette particularité, car les constellations familiales sont loin d’être toutes identiques. Les parents sont reçus, écoutés. Les enfants, les adolescents, sont reçus dans des petits groupes, sollicités pour des « ateliers » où peuvent se décliner leurs intérêts. Dans les moments de repas, de jeux, d’étude, ils expérimentent de nouveaux rapports avec les objets et avec les demandes, avec ce qui structure le monde de tous les enfants, mais dont les enfants autistes se défendent. 2 – Cette longue expérience de diagnostic, d’accompagnement des familles, de mise en place de parcours spécialement tissés pour chacun, a fait l’objet de nombreuses publications et de recueil de travaux. Elle n’aurait pas pu se soutenir sans la référence quotidienne à la psychanalyse, à son corpus textuel, à son enseignement vivant. Comment situer aujourd’hui la place de la psychanalyse dans le traitement de l’enfant autiste ? Nous proposons 5 axes de réponse : - La formation analytique, c’est-à-dire l’expérience d’une psychanalyse personnelle, donne aux intervenants un outil puissant pour situer leur action auprès des sujets autistes à la bonne distance, en se tenant à distance d’idéaux de normalisation ou de normalité incompatibles avec l’accompagnement professionnel de sujets en souffrance. - Ce respect de la position du sujet est la boussole qui oriente en effet cette action. Il ne s’agit en aucun cas de laisser l’enfant, l’adolescent, être le jouet par exemple de ses stéréotypies, répétitions, écholalies, mais, en les considérant comme un premier traitement élaboré par l’enfant pour se défendre, d’y introduire, dans une présence discrète, des éléments nouveaux qui vont complexifier « le monde de l’autisme ». - L’enjeu est d’abord que puisse se localiser pour l’enfant l’angoisse ou la perplexité que déclenche en lui l’interpellation d’un autre et la mise en jeu des fonctions du corps dans leur lien avec cette demande – se nourrir et se laisser nourrir, perdre les objets urinaires et anaux, regarder et être regardé, entendre et se faire entendre. Les psychanalystes ont depuis longtemps noté la dimension de rituels d’interposition que constituent de nombreux traits symptomatiques invalidants. La création ou la découverte par l’enfant d’un «objet autistique», quelle qu’en soit la forme, est souvent une ressource féconde pour créer des liens et des espaces nouveaux, plus libres des contraintes « autistiques ». - Les psychanalystes ne contestent en aucune façon l’inscription des enfants autistes dans des dispositifs d’apprentissage. Ils mettent au contraire en valeur que le sujet autiste est déjà bien souvent « au travail ». Les autistes dits « de haut niveau » témoignent en ce domaine d’un investissement massif de la pensée, du langage, et du domaine cognitif, où ils trouvent des ressources inédites. Plus généralement, pour tous les enfants, les praticiens cherchent à privilégier les approches pédagogiques et éducatives qui savent s’adapter pour faire une place aux singularités sociales et cognitives des enfants autistes. Enseignants et éducateurs témoignent, au sein de l’Institut psychanalytique de l’Enfant, de ce qu’ils ont élaboré avec l’enfant ou l’adolescent. - En revanche les psychanalystes s’élèvent avec la plus grande force contre des méthodes dites « d’apprentissage intensif», qui sont en réalité des méthodes de conditionnement comportemental, qui utilisent massivement le lobbying, voire l’intimidation, pour promouvoir des « prises en charge » totalitaires et totalisantes, qui s’auto-proclament seul traitement valable de l’autisme. Loin de cette réduction, il faut différencier les différentes approches de l’apprentissage. Les psychanalystes et les intervenants, regroupés au sein de l’Institut psychanalytique de l’Enfant, représentant toutes les catégories professionnelles présentes dans le champ de l’enfance, se déclarent tout spécialement attachés, pour les enfants et adolescents autistes, aux systèmes de soin et d’éducation existant en France, tant qu’ils permettent de répartir les responsabilités respectives et différenciées entre les professionnels du soin, de l’éducation, et les parents. 3 – Les classifications actuelles des troubles mentaux- spécialement le DSM – jettent une grande confusion dans le débat, faisant apparaître au même niveau diagnostic des symptômes de l’enfance tels que le bégaiement ou l’énurésie, des « troubles » référés à une normalité sociale (tels que les « troubles oppositionnels avec provocation » ou les « troubles des conduites »), et l’autisme (« trouble autistique »). L’autisme, et ses diverses formes, se trouve ainsi isolé comme le seul véritable tableau clinique de la catégorie « Troubles envahissants du développement ». Les débats en cours sur la continuité du « spectre des autismes », sur l’opportunité de maintenir dans la même série des TED les dits « Asperger », montrent combien cette catégorie est instable. A l’intérieur de ce « spectre », il faut examiner dans le détail les phénomènes d’envahissement du corps et situer les manifestations étranges et inquiétantes dont il est la proie. Les psychanalystes et les nombreux praticiens d’orientation lacanienne accompagnent ainsi de nombreux enfants et adolescents dans cette élaboration qui leur permet de garder ou de trouver une place dans le lien social et familial. Les parents peuvent alors s’autoriser à parler de certains traits de leur enfant, d’en saisir la valeur, malgré leur caractère étrange. Ce travail est nécessairement long, car il suppose de prendre en cause une différence de l’enfant qui vient à l’encontre des attentes et des désirs qui entourent sa présence au monde. Le psychanalyste, en place de recueillir cette souffrance, doit être attentif à la souffrance des parents et les soutenir dans leur épreuve. 4 – Des hypothèses étiologiques multiples – génétique, vaccinale, neurocognitive, etc.- présentées comme des vérités scientifiques à la suite souvent d’un unique article paru dans une revue, dont on apprendra quelques mois ou années plus tard le caractère biaisé, circulent dans les divers médias et affolent les familles. Ces hypothèses causales viennent répondre strictement à la réduction de l’autisme à un trouble du développement, présenté comme une maladie génétique voire épidémique. Elles se confortent de la loi de 2005 sur le handicap, qui ne vise pourtant aucunement à porter une sentence du type « C’est un handicap, donc cela n’est pas une maladie», mais à permettre une orientation adaptée pour l’enfant et une aide pour la famille. Beaucoup sur ce point reste à faire, et les associations de parents sont une force indispensable et incontournable pour faire avancer des projets adaptés, en particulier pour les très jeunes enfants et pour les grands adolescents et les jeunes adultes. En ce sens, l’annonce de l’autisme comme grande cause nationale ne pouvait que réjouir tous ceux qui sont mobilisés dans les soins apportés aux enfants et adolescents autistes. 5 – Les psychanalystes suivent tous les débats scientifiques autour des causes de l’autisme infantile. Quelles que soient ces causes, elles ne peuvent réduire le sujet à une mécanique. Ils prennent en compte les souffrances qu’ils rencontrent et ils promeuvent les institutions et les pratiques qui garantissent que l’enfant et sa famille seront respectés dans le moment subjectif qui est le leur. Ils facilitent, chaque fois que cela est possible, l’insertion de l’enfant dans des liens sociaux qui ne le mettent pas à mal. Ils ne sont pas détenteurs d’une vérité « psychologique » sur l’autisme, ils ne sont pas promoteurs d’une « méthode éducative » particulière. Ils sont porteurs d’un message clair pour le sujet autiste, pour ses parents, et pour tous ceux qui, en institution ou en accueil singulier, prennent le parti et le pari de les accompagner – et les psychanalystes sont de ceux-là : il est possible de construire un autre monde que le monde de défense et de protection où est enfermé l’enfant autiste. Il est possible de construire une nouvelle alliance du sujet et de son corps. L’effort de tous vise à démontrer cliniquement cette possibilité. La Commission d’initiative de l’Institut psychanalytique de l’Enfant Mme Judith Miller (Paris) - Dr Jean-Robert Rabanel (Clermont-Ferrand) Dr Daniel Roy (Bordeaux) - Dr Alexandre Stevens (Bruxelles)
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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 11:32
Petite note sur l'autisme chez Lacan - Jean-Pierre Rouillon- membre de l'ECF Si l’autisme reste pour celui qui fait la rencontre d’êtres parlants qui en sont affectés, une énigme, le terme même
d’autisme est un paradigme de la façon dont la question du mental est traitée dans nos sociétés modernes. C’est en effet, à partir de la question de l’autisme, que la notion de maladie mentale,
pour ce qui concerne les enfants, est devenue obsolète, qu’elle a laissé progressivement la place à la dimension du handicap. Le handicap qui trouve sa cause hypothétique dans les profondeurs du
corps, entre neurones et gènes, vient nommer un déficit, un dysfonctionnement qu’il s’agit de compenser par la voie d’apprentissages permettant à l’autiste d’accéder à l’autonomie, ce qui est un
comble pour celui qu’on définit comme en retrait de tout lien social. Dès son plus jeune âge, il s’agit de donner un diagnostic à ses troubles, il s’agit de le stimuler, de le soumettre à des
apprentissages afin qu’il sorte de son monde, afin qu’il puisse vivre dans le nôtre en se sentant utile. On devine qu’il s’agit là d’une tâche infinie qui laisse peu de repos aux différents
protagonistes de cette aventure qui se décline en livres, reportages et témoignages. C’est l’autre versant que nous dévoile l’autisme. Il ne s’agit plus d’une question de spécialistes, il ne s’agit
plus non plus d’une question dont se saisit la société pour s’interroger sur l’humaine condition, il s’agit d’un fait de société qui trouve sa pleine expansion dans les médias, sur les sites
internet. On y trouve une somme d’informations, d’affirmations, de conseils, de manuels dont la série ne converge pas toujours vers le sérieux, mais le plus souvent vers la revendication et
l’invective. C’est le signe d’une souffrance qui touche au plus profond de leur être, les personnes qui sont concernées d’une façon ou d’une autre par cette expérience qui renvoie aux confins de
l’intime. Ainsi l’autiste, dans une société qui a fait de la communication sa valeur la plus fondamentale, est le signe, le symptôme de l’impasse où vient s’inscrire une des faces de l’impossible à
supporter. Le psychanalyste, averti par Freud de l’irréductible du malaise de la civilisation, pourrait se contenter d’interpréter ce signe en le renvoyant à chaque fois à la constellation
particulière qui a prévalu à son émergence, donnant ainsi sens à ce qui a fait trou dans l’histoire. C’est d’ailleurs, ce qu’il n’a pas manqué de faire en inscrivant la causalité dans le registre
de l’événementiel et de l’histoire familiale. Les élèves de Freud, dans leur volonté de nouer la psychanalyse à la psychologie, dans leur souhait d’effacer la dimension de scandale que présente
l’invention de la psychanalyse, se sont d’abord livrés à une lecture développementale de l’autisme, trouvant alors son origine dans la relation, ou plutôt l’absence de relation de l’enfant à la
mère. Cette lecture qui épousait de façon trop parfaite l’air du temps, ainsi qu’en témoignent les articles de Kanner, faisait certes sens, mais ne permettait en rien de mettre en œuvre un
traitement psychanalytique de l’autisme, de fait de s’égarer dans les chemins illusoires de la régression et de la réparation. Cette déviation de la voie psychanalytique devait d’ailleurs se payer
au prix fort, par la mise en cause de la psychanalyse comme méthode inadaptée au traitement de l’autisme. C’est justement cette déviation de la psychanalyse que Lacan a critiquée dès le début de
son enseignement non seulement de façon théorique, mais en nous donnant des indications précises sur le traitement analytique des enfants. Un certain nombre de ces indications concernent la
question de l’autisme, et l’on doit prendre en compte le fait que dès le Séminaire I1, Lacan consacre deux leçons de son Séminaire à des cas d’autisme, le cas Dick et le cas du petit Robert. Dans
ces deux leçons, Lacan nous donne une description précise du monde dans lequel vit l’autiste, un monde où tout le symbolique est réel et où l’imaginaire ne trouve pas forme dans la relation
spéculaire. Pourtant là où l’on ne voit qu’agitation et destruction au niveau des comportements, qu’égarement et détresse, Lacan prend acte de la présence d’un sujet qui se défend contre le réel
sans loi auquel il est soumis. Il se guide non pas sur ce qui fait défaut à ce sujet embrouillé, sur ce qui lui manque alors qu’il est aux prises avec le réel, mais sur ce qui le relie à la
communauté humaine. Ce qui le relie, c’est un mot « Le Loup », mot où la loi vient se présentifier sur son versant insensé. L’autiste a ainsi affaire au surmoi, non celui de l’Œdipe qui ordonne le
désir à la loi, mais un surmoi féroce qui le livre à la jouissance de l’Autre. Ce signifiant insensé qui le soumet à tous les égarements est pourtant aussi bien celui qui va le soutenir dans son
opération d’élaboration du monde dans lequel il a été jeté dès lors que l’analyste, Rosine Lefort, consent à l’incarner dans sa rencontre avec le sujet. Elle peut l’incarner en nommant les unes
après les autres, les diverses tentatives de ce sujet pour faire trou dans le réel. C’est ce qui lui permet de se livrer à cette scène du baptême où son corps peut enfin prendre forme d’extraire
l’objet qu’il était face à la gueule béante de l’Autre. Nous trouvons ainsi dès ce premier séminaire ce qui oriente le psychanalyste dans sa rencontre avec l’autiste : l’autiste a affaire au
signifiant, il est comme tout sujet, effet du signifiant, et l’analyste ne doit pas reculer devant le fait de lui dire quelque chose. Lacan précisera ensuite la nature du signifiant en jeu dans
l’autisme2, puis ce en quoi consiste le dire dont il s’agit. Le signifiant, dans l’autisme, ne se présente pas sur son versant d’articulation, sur son versant de sens. Il se présente comme unique,
comme tout seul, aussi bien sur le versant du commandement que sur le versant d’une satisfaction liée à ce qui résonne de sa substance sonore. Quant au dire, il ne doit pas se situer dans les
rivages du sens, mais ouvrir par la voie du redoublement à l’émergence d’une écriture singulière où ce qui s’entend peut trouver à se satisfaire dans une adresse à l’autre. C’est dans cette adresse
à l’autre que vient se dessiner le lieu d’une perte délivrant le sujet du sacrifice de son être. C’est cette voie qui permet au sujet autiste de construire un espace où s’appareiller dans son
rapport au réel. Ce n’est pas le langage qui structure le monde de l’autiste, mais sa langue particulière, dès lors qu’elle lui donne matière à trouver une satisfaction dans un dialogue avec
l’autre, satisfaction qui vient faire limite à l’exigence infinie de la jouissance. Le psychanalyste ne doit pas reculer devant l’autisme. C’est en effet, à partir de ce qu’il a pu extraire de sa
propre analyse, qu’il peut offrir au sujet autiste qui y consent, la chance d’un dialogue au cours duquel peut se tisser dans une adresse inédite, une voie enfin singulière au-delà de la
pulvérulence des entendus. 1- Jacques Lacan : Séminaire I : Les écrits techniques de Freud, Seuil, 1975. Chapitres VII et VIII. 2- Jacques Lacan : Séminaire XI, Les quatre concepts fondamentaux de
la psychanalyse, Seuil , 1973, chapitre XVIII. Bibliographie Jacques Lacan, « Allocution sur les psychoses de l’enfant » in Autres écrits, Seuil, 2001. Jacques Lacan : « Conférence à Genève sur le
symptôme » in Le bloc-notes de Psychanalyse, n°5, 1985. Rosine et Robert Lefort, Naissance de l’Autre, Seuil, Paris, 1980
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