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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 16:25
Immunol Lett. 2008 Dec 22;121(2):105-9. Epub 2008 Oct 18.
Bioplex analysis of plasma cytokines in Alzheimer's disease and mild cognitive impairment.
Lee KS, Chung JH, Lee KH, Shin MJ, Oh BH, Hong CH.

Source
Department of Psychiatry, Yonsei University College of Medicine, Seoul, Republic of Korea.
Erratum in
Immunol Lett. 2009 Mar 24;123(1):96.

Abstract

Inflammatory mechanisms within the central nervous system contribute to cognitive impairment via cytokine-mediated interactions between neurons and glial cells. 
Sixty-nine subjects were consecutively recruited from October 2005 to February 2007.
 Fifteen individuals were excluded from the study and we ultimately enrolled 19 not cognitively impaired subjects, 25 mild cognitive impairment patients, and 10 Alzheimer's disease patients. 
To examine the inflammatory markers of mild cognitive impairment and Alzheimer's disease, we measured the plasma concentrations of 23 cytokines using a bioplex assay. 
The results showed that the macrophage migration inhibitory factor was higher in mild cognitive impairment and in Alzheimer's disease patients compared with the not cognitively impaired group; the results also showed that monokine induced by gamma interferon was higher in Alzheimer's disease patients than in not cognitively impaired subjects, as well as those of the mild cognitive impairment group 

PMID: 18930766 
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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 23:20
Directrice d'un programme de recherches dans le domaine prometteur de la neuro-imagerie, le professeur Mary L. Phillips rappelle le « développement remarquable de ces techniques » qui permettent, depuis une vingtaine d'années, une « connaissance affinée » de certaines anomalies structurelles et fonctionnelles de la « circuiterie » neuronale, auparavant quasi inaccessible à toute investigation directe ou indirecte, et assimilable à une opaque « boîte noire » pour le praticien.

Bien sûr, rappelle l'auteur, il n'est pas question de contester la prédominance générale de la clinique ni la nécessité cruciale de « maintenir des niveaux élevés de compétences cliniques » pour garantir « l'excellence » des futurs psychiatres.

Mais, faute d'examens biologiques fournissant (comme dans d'autres spécialités médicales) des informations de nature objective et quantitative, l'apport complémentaire de la neuro-imagerie doit être considéré comme un « outil utile » pour contribuer à relever « les grands défis cliniques rencontrés en psychiatrie », en identifiant des contextes organiques reflétant vraisemblablement certains « mécanismes sous-jacents de la pathologie. »

On espère ainsi que l'essor de ces techniques novatrices (imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, tomographie par émission de positons, tomographie d'émission monophotonique...) permettra d'opérer un diagnostic différentiel entre des affections proches ou difficiles à distinguer par la seule démarche clinique (comme des troubles unipolaires ou bipolaires, en l'absence d'antécédents de manie avérés).

Les données de la neuro-imagerie pourraient permettre aussi d'étayer un pronostic dans certains troubles évolutifs selon l'accentuation ou la stabilisation des anomalies, et pour des sujets dont les parents sont affectés par une maladie psychiatrique à composante génétique, telle la maladie bipolaire, en confirmant le contexte de risque, par exemple en cas d'anomalies objectives de la substance blanche touchant des zones engagées dans la régulation des émotions.

À terme enfin, le suivi de certains traitements (comme les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine) pourrait bénéficier de la neuro-imagerie, dans la mesure où certains critères (concernant en l'occurrence l'imagerie des régions cérébrales impliquées dans la régulation des émotions) constitueraient des « éléments de prédiction précis de la réponse aux inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine dans la dépression unipolaire. »


Phillips ML : Neuroimaging in psychiatry: bringing neuroscience into clinical practice. Br J. Psychiatry 2012 ; 201 : 1-3.


16/08/12
Dr Alain Cohen
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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 15:42
Une étude publiée dans la revue Pratiques et organisation des soins s'est penchée sur le profil des plus gros prescripteurs d'antibiotiques en Alsace entre juillet 2008 et avril 2010. Au total, sur cette période, plus de 2,8 millions de prescriptions d’antibiotiques ont été enregistrées dans la région, dont 87,1 % émanaient de médecins généralistes. L’étude menée par la Direction régionale du service médical d'Alsace-Moselle a choisi de se concentrer sur ces praticiens en particulier.
Les enquêteurs ont constaté que la moitié des généralistes étaient responsables de 86,7 % des prescriptions d'antibiotiques. Ils ont identifié quatre profils distincts de prescripteurs.
Le groupe de généralistes qui prescrivent le plus d'antibiotiques est composé de professionnels installés depuis plus longtemps que les autres, ayant un nombre de consultations et de visites plus élevé que la moyenne, ce qui entraîne logiquement un niveau de prescription global plus important.
Le deuxième groupe, un peu moins ancien, prescrit également plus d'antibiotiques mais opte plus rarement pour les pénicillines, qui représentent pourtant la classe de médicaments la plus utilisée, notamment en première intention.
Les deux groupes de généralistes qui prescrivent le moins (et notamment moins de quinolones et de macrolides) sont constitués de médecins installés depuis moins longtemps en moyenne, ayant un nombre de consultations et de visites moins important, et ayant dans leur patientèle plus d'enfants, de patients en affection de longue durée (ALD) et de patients bénéficiaires de la couverture maladie universelle (CMU).
Bien que les auteurs de l’étude n’aient pas eu à leur disposition les données permettant d’identifier les pathologies traitées par antibiotiques et ainsi d’évaluer la pertinence des prescriptions, ils établissent plusieurs hypothèses.
La première est que les médecins plus jeunes, qui « paraissent prescrire de façon plus adaptée », ont une « formation initiale plus récente et peut-être une sensibilisation plus importante aux plans gouvernementaux et aux campagnes de la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés ».
Devant faire face à moins de consultations et de visites, ces praticiens consacrent plus de temps à chaque patient, ce qui « pourrait permettre de mieux orienter les diagnostics, mais surtout fournir davantage d'explications aux patients, de mieux les sensibiliser sur le mésusage des antibiotiques ».
L’étude relève des comportements atypiques : ainsi, paradoxalement, les plus gros prescripteurs d'antibiotiques sont aussi ceux qui commandent le plus de tests de diagnostic rapide de l'angine, alors même que ces tests sont censés inciter à diminuer les prescriptions d'antibiotiques inutiles.
L’étude conclut que « l'ancienneté du médecin est un des facteurs qui interfère dans les habitudes de prescription, tant d'un point des vue quantitatif que qualitatif ». Elle souhaite que la caractérisation des comportements et usages professionnels puisse aider à « déterminer des stratégies d'action personnalisées » par l’Assurance Maladie.


Amandine Ceccaldi 16/08/2012
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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 15:36
Les glucocorticoïdes sont largement utilisés en rhumatologie. Pourtant, ils sont associés à de nombreux effets secondaires nécessitant un savant calcul bénéfices/risques de la part du prescripteur. Il est d’usage de dire que les effets secondaires sont doses et durée dépendants, cependant, malgré 60 ans d’utilisation, certains points restent obscurs. En particulier, l’utilisation des corticoïdes dans la polyarthrite rhumatoïde (PR) qui value un prix Nobel à Kendall, Rechstein et Hench date de 1950, à une époque où les exigences thérapeutiques en termes d’efficacité et de sécurité étaient différentes. Depuis, même s’il y a eu de nombreuses études, et s’il reste peu de doutes quant au danger de fortes doses, la sécurité d’une corticothérapie faible dose reste mal connue et les probabilités de survenue d’effets secondaires différent selon les patients. La pertinence de l’utilisation des corticoïdes reste source de vastes débats dans la littérature médicale et leur prescription est variable géographiquement et d’un médecin à l’autre.
Le manque d'informations claires s'étend du diabète à la cataracte en passant par le glaucome, le gain de poids, l'hypertension artérielle, les maladies cardiovasculaires, l'insuffisance surrénale. Les données de sécurité pour d'autres préparations, telles que les injections intra-articulaires de glucocorticoïdes, sont encore plus éparses. Il existent en effet peu de revues de la littérature ou de méta-analyses concernant la sécurité des glucocorticoïdes et, lorsqu'elles existent, il y a souvent un biais du à l'hétérogénéité des populations étudiées, des définitions et des méthodes utilisées.
Les récentes « guidelines » proposent au praticien d’évoquer puis de discuter avec le malade des éventuels effets secondaires avant de débuter une corticothérapie. La tâche s’avère particulièrement ardue.
.
En effet, après avoir estimé la probabilité d'un effet secondaire, le patient doit comprendre ce que cela signifie pour lui. Comment se sentira-t-il s’il est répondeur ? » Pourra-t-il vivre avec la peau fine ? Combien de poids va t-il prendre, combien de temps va-t-il utiliser ce traitement et que se passera-t-il en cas de progression des dommages structuraux ? »
Même si nous connaissons la proportion des malades qui ont une amélioration de 70 % des symptômes, il peut être difficile pour le malade de savoir ce que représente « une amélioration de 70 % ». Le malade risque de refuser un traitement parce que sa perception des conséquences diffère de la réalité.
Médecins et patients peuvent arriver à des conclusions différentes au sujet du traitement après avoir examiné les mêmes probabilités et la nature des avantages et des inconvénients. Et cela peut avoir un impact sur la relation médecin malade.
Une recherche soigneusement effectuée pourrait faire la lumière sur ces nombreuses incertitudes vieilles de 60 ans et permettre une meilleure prise de décision thérapeutique conjointe avec le malade.


Dr Juliette Lasoudris Laloux 15/08/2012

Dixon WG et coll. : Understanding the side effects of glucocorticoid therapy : shining a light on a drug everyone thinks they know. Ann Rheum Dis 2012. Publication avancé en ligne le 31 juillet 2012.
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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 15:29
L’adolescence est une étape cruciale du développement marquée par plusieurs sortes de transitions, physique, sociale, cognitive, mais c’est aussi une période de vulnérabilité accrue d’un point de vue psychopathologie. Les adolescents maltraités pendant leur enfance sont un groupe particulièrement à haut risque. Le stress subi à une époque de la vie caractérisée par une plasticité neuronale importante peut prédisposer les individus à des troubles de l’humeur, du comportement, à des conduites addictives et à d’autres problèmes, mais la recherche sur une association possible avec des altérations précoces de la substance grise et de la substance blanche est limitée.
Une équipe universitaire américaine a réalisé une étude pilote pour examiner si des adolescents en bonne santé sans antécédent psychopathologique, mais exposés à la maltraitance pendant leur enfance, présentaient des altérations au niveau des faisceaux de la substance blanche, et si de telles modifications étaient associées à une probabilité accrue de développer des troubles de l’humeur et/ou des conduites addictives. Etaient considérés comme maltraitance, l’abus émotionnel, physique, sexuel et/ou le fait d’être témoin de violence conjugale avant l’âge de 10 ans.
Les chercheurs ont utilisé l’imagerie du tenseur de diffusion (ITD), une technique d’imagerie de résonance magnétique de diffusion, pour déterminer l’intégrité des faisceaux de substance blanche qui relient les différentes aires cérébrales chez 19 adolescents maltraités et 13 contrôles appariés suivis à intervalles de 6 mois pendant une période de 5 ans. L’ITD permet d’observer des modifications microstructurelles de la connectivité cérébrale in vivo de manière non invasive en mesurant la diffusion des molécules d’eau le long des fibres nerveuses. Cette modalité d'imagerie permet d'obtenir indirectement la position, l’orientation et l’anisotropie des faisceaux de matière blanche du cerveau. L’anisotropie fractionnelle (FA) caractérise la forme du tenseur de diffusion et est sensible aux perturbations de la substance blanche. Reflétant l’intégrité membranaire et l’épaisseur de la myéline, la FA est diminuée en cas d’altération des faisceaux.
Au début de l’étude, les adolescents victimes de maltraitance pendant leur enfance avaient des valeurs de FA significativement plus faibles que les contrôles au niveau des faisceaux longitudinaux supérieurs droit et gauche, du cingulum droit en saillie vers l'hippocampe, du faisceau fronto-occipital inférieur gauche et du splénium du corps calleux. Le suivi montrait que ces perturbations de la substance blanche, étaient associées à l’apparition de problèmes dépressifs majeurs (valeurs de FA plus faibles au niveau du faisceau longitudinal supérieur et du cingulum droit en saillie vers l’hippocampe) et au développement de problèmes d’addiction à des drogues (valeurs de FA plus faibles au niveau du cingulum droit en saillie vers l’hippocampe).
Au final, des altérations des faisceaux de substance blanche sont observées chez les adolescents maltraités pendant leur enfance et ces perturbations sont associées à une vulnérabilité psychopathologique accrue, en particulier à la dépression unipolaire et à l’addiction aux drogues. Pour les auteurs, ces résultats préliminaires, qui sont à confirmer sur un échantillon plus vaste, ont des implications potentielles pour identifier les jeunes plus à risque de tels problèmes, ce qui permettrait des interventions préventives ciblées.


Dominique Monnier
17/08/2012
Huang H et coll. : White Matter Disruptions in Adolescents Exposed to Childhood Maltreatment and Vulnerability to Psychopathology. Neuropsychopharmacology. 2012. Publié en ligne en édition avancée le 1er août. doi: 10.1038/npp.2012.133.
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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 15:44
 Le triclosan est plutôt inquiétant pour la santé humaine. 
 
 Une étude parue dans les Actes de l'Académie américaine 
 des sciences (PNAS) démontre que le triclosan s'attaque 
 aux muscles. 
 
 Le triclosan est un produit chimique très courant, utilisé 
 dans de nombreux produits d'hygiène personnelle comme 
 les savons pour les mains, déodorants, bains de bouche, 
 dentifrice, produits de literie, vêtements, tapis, jouets et 
 sacs poubelles. De plus, ce produit chimique est 
 omniprésent dans l'environnement, dans les eaux, les 
 organismes aquatiques, des algues aux poissons et aux 
 dauphins. 
 
 Chez l'Homme, on en retrouve aussi dans l'urine, le sang 
 et le lait maternel. 
 
 « Le triclosan est un produit chimique antibactérien, présent dans de nombreux produits et omniprésent 
 dans l'environnement », dit l'auteur principal des travaux, Isaac Pessah. 
 
 Seulement, des études menées sur des rats sont plutôt préoccupantes, car elles démontrent que le 
 triclosan s'attaque aux muscles et réduit la force, le rythme cardiaque et empêche les muscles de se 
 contracter. 
 
 « Les effets du triclosan sur la fonction cardiaque sont dramatiques. Alors que le triclosan n'est pas 
 réglementé comme un médicament, ce composé agit comme un puissant dépresseur cardiaque », ajoute 
 Nipavan Chiamvimonvat, professeur de médecine cardiovasculaire à l'UC Davis. 
 Des résultats inquiétants qui seront approfondis. 
 
 
 BUM 15/08/2012 16h16 
 
 
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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 09:31
Study reports 79% of diagnosis and/or treatment would have been different after the clinicians reviewed SPECT images . Can you name a medical profession that prescribes medication or treatment without looking at the organ it treats? Psychiatry is the unfortunate answer, but we’re changing that. Recently a new study titled “Specific Ways Brain SPECT Imaging Enhances Clinical Psychiatric Practice” was published in the Journal of Psychoactive Drugs, an authoritative peer-reviewed periodical containing timely information of a multidisciplinary nature for clinicians and other professionals in the drug abuse field. The study revealed how brain SPECT (single photon emission computed tomography) imaging can help clinicians more accurately diagnose and treat a wide variety of mental conditions by looking at the organ responsible for the decision-making, behaviors and overall cognitive functioning. Co-authored by Dr. Amen, Kristen Willeumier, Ph.D. and Joseph Anniballi, M.D., the study asked seven board certified psychiatrists to evaluate 109 patients’ files—without the SPECT images—and give their professional diagnosis and recommended treatment. After they saw the SPECT scans, 79% of the diagnosis and/or treatment would have been different. Additionally 22% of the patients showed unexpected brain injury, toxicity and 60% showed new targets for medication or supplements. The SPECT images help the clinician understand where the brain is not functioning properly so they can give a more accurate diagnosis and treatment offering. In our study, the use of SPECT neuroimaging modified the diagnostic thinking and led clinicians to make different, specific treatment recommendations in a high percentage of cases. Brain SPECT imaging is a form of neuroimaging that reveals the underlying physiology of emotional, behavioral and cognitive disorders such as anxiety, depression, ADD, memory loss, Alzheimer’s, addiction, autism, seizures, strokes, toxic exposure, and post-traumatic stress disorder. Posted on August 14, 2012 by AmenClinics
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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 10:30
La conférence internationale de lutte contre le SIDA : clôture le vendredi 27 juillet à Washington. Quels enseignements tirer de AIDS 2012? Sciences et Avenir a interrogé Eric Fleutelot, directeur général adjoint international de Sidaction.

Sciences et Avenir: la conférence AIDS 2012 s’est déroulée sur fond de déclarations et d’articles de presse évoquant la possibilité, dans quelques années, de guérir du SIDA. Est-ce fondé ?

Eric Fleutelot, directeur général adjoint international de Sidaction: La recherche scientifique estime aujourd’hui qu’une approche combinant d'une part des traitements empêchant le virus de se reproduire et d'autre part des traitements renforçant le système immunitaire pourrait permettre, à terme, au moins un contrôle par l’organisme de l’infection. Ajoutez à cela les innovations en matière de recherche génétique (d’où l’intérêt pour le « patient de Berlin ») et les avancées vaccinales, et l’on entrevoit une possible éradication du virus. Ou bien une guérison fonctionnelle, un peu à l’image de ce que l’on parvient à faire pour les malades de l’hépatite C : 50% d’entre eux environ peuvent être guéris après quelques mois d’un traitement très lourd. Voilà pourquoi l’optimisme est si présent durant cette 19ème conférence. Mais attention : aucun scientifique raisonnable n’osera prédire quand et à quel prix nous parviendrons à connaitre une génération totalement épargnée par l’infection à VIH.

L'autorisation par l'Agence américaine du médicament du Truvada semble ouvrir des perspectives, mais ce médicament existe depuis 2004. Quelle est la nouveauté ?

Le Truvada est une combinaison de deux molécules, le Tenofovir et l’Emtricitabine, utilisées depuis plusieurs années dans le cadre d’une combinaison thérapeutique avec un autre traitement. La FDA a autorisé ce mois-ci son utilisation non pas pour soigner, mais pour prévenir la transmission du VIH. Cela s’adresse à des personnes séronégatives, mais dont on sait que leur exposition au virus (dans le cadre d’une relation sexuelle non protégée par un préservatif) leur fait courir un risque.

Il ne s’agit pas de remplacer l’utilisation correcte du préservatif par des médicaments, d’autant qu’on ignore pour l’instant comment se fera la prescription, mais plutôt d’enrichir l’arsenal de la prévention. Pour un couple sérodifférent, où l’un est positif et l’autre négatif, hétérosexuel ou homosexuel, et si la personne infectée n’est pas traitée (par exemple parce qu’elle n’est pas éligible pour un traitement), l’utilisation du Truvada peut prévenir l’acquisition du VIH par le partenaire séronégatif.

Par ailleurs, dans des pays où l’assistance à la procréation pour les personnes séropositives n’est pas disponible, c’est aussi un bon moyen de programmer, au sein du couple lorsque la femme est négative et l’homme positif, une grossesse en diminuant le risque de transmettre le VIH. Mais dans ce cas, traiter l’homme avec une trithérapie pourrait aussi lui permettre de contrôler la reproduction du virus dans son organisme. Pour des jeunes femmes d’Afrique du Sud, qui sont dix fois plus susceptibles d’être infectées avant 25 ans que les hommes, ce peut être une solution également. De même pour des personnes qui se prostituent, etc. Bref, ce n’est pas un outil pour tout le monde, mais c’est un progrès indéniable.

L’histoire du "patient de Berlin" est-elle une exception sans lendemain ?

C’est définitivement un cas isolé, absolument pas reproductible mais son caractère exceptionnel est une source de réflexion pour des approches de « guérison ». On ne fera jamais systématiquement de greffes de moelle osseuse aux personnes séropositives (rappelons que la mortalité des personnes bénéficiaires d’une telle greffe est bien plus élevée que la mortalité des personnes vivant avec le VIH sous traitement antirétrovitral). Toutefois, le mécanisme d’éradication du virus observée sur ce patient pourrait être reproduite d’une autre manière. On ignore aujourd’hui comment. Il est impossible de dire si cela débouchera sur quelque chose d’effectif ou pas, ni bien sûr quand.

Propos recueillis par Arnaud Devillard
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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 08:48
Le diabète de type 2 a été associé à un risque accru de nombre de cancers, et la survie après le diagnostic de cancer s’est avérée moindre chez les diabétiques que chez les non-diabétiques. Les comorbibités, nombreuses et sévères chez les diabétiques, l’espérance de vie réduite, l’impact spécifique des traitements du diabète étant cependant autant de facteurs susceptibles d’influer sur le risque de décès, des auteurs britanniques et canadien ont évalué la survie après cancer des patients atteints de DT2 en comparaison de ceux indemnes de diabète, et en relation au traitement médicamenteux suivi pour contrôler l’hyperglycémie.
Pour ce faire, CJ. Currie et coll. ont mené une étude de cohorte rétrospective, qui s’est fondée sur les données intéressant 112 408 patients, diabétiques ou non, enrôlés dans près de 350 centres de soins primaires du Royaume-Uni, ayant eu un premier cancer après le 1er janvier 1990.
Dans cette population d’étude, suivie jusqu’au 31 décembre 2009, les diabétiques de type 2 étaient au nombre de 8 392 (7,5 %). Ils étaient plus âgés que les non-diabétiques (71,7 ± 9,5 ans en moyenne, vs 67,5 ± 13 ans ; p < 0,001), étaient plus souvent des hommes (58,9 % vs 47,2 % ; p < 0,001), et avaient, à l’inclusion, un indice de comorbidités de Charlson accru. La durée moyenne du DT2 était de 7,7 ± 7 ans et l’hémoglobine glyquée (HbA1c) moyenne des diabétiques était de 7,4 ± 1,5 %. Parmi ces diabétiques de type 2, 17 % étaient traités par metformine seule, 18,1 % par un sulfamide hypoglycémiant seul, 7,8 % par insuline seule ; 13,4 % recevaient un traitement par metformine + sulfamide hypoglycémiant, 3,5 % par metformine + insuline.
Différentes localisations de cancer ont été examinées (cancer de la vessie, du sein, colo-rectal, du foie, du poumon, de l’ovaire et de l’endomètre, du pancréas, de la prostate), et l’analyse a pris en compte nombre de facteurs potentiels de confusion (dont l’âge, le sexe, le statut tabagique, la pauvreté, l’indice de comorbidité, le taux d’HbA1c, l’année du diagnostic du cancer, le nombre de consultations en centre de soins).
La survie moyenne après le diagnostic du cancer, était globalement de 9,3 ans (9,2-9,4 ans). Après ajustements, le ratio de risque de décès était, chez les diabétiques en comparaison des non-diabétiques, tous cancers confondus, de 1,09 (intervalle de confiance à 95 % de 1,06 à 1,13).
Un risque de décès variant selon la localisation du cancer…

La survie était en moyenne moindre chez les diabétiques que chez les non-diabétiques pour presque toutes les localisations tumorales soumises à examen, semblable dans les deux groupes pour le cancer du foie, plus élevée pour le cancer du poumon. Elle variait selon le site de la tumeur, étant, chez les diabétiques, en moyenne de 10,4 ans (9,5-11,3 ans) en cas de cancer du sein, vs 14,3 ans (14,1-14,4 ans) en l’absence de diabète, mais respectivement de 2,2 ans (1,8-2,6 ans) vs 1,8 an (1,7-1,9 an) en cas de cancer du poumon.
Chez les diabétiques, la mortalité était accrue, en comparaison des non-diabétiques, pour trois localisations de cancer : cancers du sein (1,32 ; 1,17-1,49), de la prostate (1,19 ; 1,08-1,31) et de la vessie (1,16 ; 1,02-1,32), mais était moindre en cas de cancer du poumon (0,84 ; 0,77-0,92).
… et selon le traitement anti-hyperglycémiant

Chez les diabétiques traités par metformine en monothérapie, c’est une réduction de la mortalité après cancer qui est observée globalement (0,84 ; 0,77-0,92) comparativement aux non-diabétiques. À l’opposé, chez les diabétiques sous sulfamides hypoglycémiants seuls ou insuline seule, la mortalité était augmentée par rapport aux non-diabétiques (ratios de risque respectivement de 1,13 ; 1,05-1,21 et 1,13 ; 1,01-1,27), sans impact significatif noté pour l’ajout de metformine au traitement par sulfamides ou à l’insulinothérapie.
En comparaison de ceux traités par la seule metformine, c’est aussi un accroissement de la mortalité qui est observé chez les diabétiques sous monothérapie par sulfamides (1,48 ; 1,29-1,71) ou par insuline (1,33 ; 1,18-1,58), sans impact significatif de la combinaison metformine + sulfamides ou metformine + insuline. Selon les sites spécifiques de cancer, c’est une réduction de la mortalité après cancer du foie (0,47 ; 0,24-0,91), ainsi qu’après cancers de l’ovaire/de l’endomètre (0,48 ; 0,28-0,81) qui est notée chez les diabétiques traités par metformine seule.
Cette étude associe au diabète de type 2 un accroissement de près de 10 % de la mortalité globale après cancer incident, en comparaison des non-diabétiques (la part revenant au diabète et celle revenant au cancer restant à déterminer). Elle met l’accent sur la mortalité plus basse observée chez les diabétiques de type 2 traités par metformine seule, en comparaison de ceux recevant d’autres traitements visant à contrôler le l’hyperglycémie, mais aussi en comparaison des non-diabétiques.


Dr Julie Perrot 11/08/2012

Currie CJ et coll. : Mortality after incident cancer in people with and without type 2 diabetes. Diabetes Care 2012
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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 11:55

Les symptômes principaux de la fibromyalgie (FMS) regroupent : 

douleurs chroniques, 

dysfonctionnement cognitif, 

troubles du sommeil, 

fatigue.


Les malades ont souvent un handicap, une mauvaise qualité de vie et sont de grands consommateurs de soins médicaux.


Les causes de la maladie sont inconnues et le traitement reste symptomatique.


Alors que les sociétés savantes américaines et allemande recommandent l’utilisation de traitements pharmacologiques et non pharmacologiques, l’EULAR (European League Against Rheumatism) recommande fortement les thérapeutiques médicamenteuses et très peu les thérapies non pharmacologiques .


Toutes ces recommandations manquent cependant cruellement d’études comparatives sur lesquelles s’appuyer.
 
Les auteurs de ce travail suisse ont réalisé une méta-analyse à partir des bases de données MEDLINE, PsycINFO, Scopus, the Cochrane Controlled Trials Registry et the Cochrane Library, et colligés tous les essais thérapeutiques randomisés menés chez des malades fibromyalgiques jusqu’au 31 décembre 2011.

 

Au total, 102 essais (14 982 malades) ont été répertoriés. 

Dans la totalité de ces essais, 8 traitements  étaient utilisés : 

antidépresseurs tricycliques (ATC), 

inhibiteurs sélectifs du recaptage de la noradrénaline (IRSN), 

inhibiteurs de recaptage de la sérotonine (ISRS), 

acide gamma-amino-butyrique (prégabaline, 

GABA), 

aérobic, 

balnéothérapie, 

thérapie cognitivo-comportementale (TCC), 

multithérapie. 

 

Les critères d’évaluation principaux étaient la douleur et la qualité de vie. 

 

Les critères secondaires : le sommeil et la fatigue.

 

La plupart des essais étaient de petites tailles (médiane 69 malades ; 14 à 1 196) et l’hétérogénéité inter études était importante (τ2 : 0,10 (intervalle de confiance à 95 % de 0,06 à 0,17). 

 

En réduisant l’analyse aux essais menés sur plus de 100 malades par groupe, l’hétérogénéité disparaissait.

 

Des traitements pharmacologiques se sont avérés supérieurs aux placebos sur la douleur et la qualité de vie mais de manière non significative (ISRS et ATC), ou significative mais cliniquement discutable (IRSN et GABA).

 

Parmi les interventions non pharmacologiques, la multithérapie, l’aérobic et la TCC avaient une efficacité légèrement meilleure, mais de façon non significative, comparativement au placebo.

 

En conclusion, les preuves d’efficacité des divers traitements proposés actuellement dans la fibromyalgie restent plus que limitées.

 

 

Dr Juliette Lasoudris Laloux Publié le 09/08/2012

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