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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 10:07

Les chercheurs italiens utilisent des pratiques préjudiciables en recherche dans plus de 50 % des articles (comme les américains)

Il s'agit d'une étude faite en Italie en utilisant le même questionnaire que celui qui a été utilisé aux USA.

L'article est dans PLOS ONE, en mars 2017, avec pour titre : "Questionable research practices among italian research psychologists"

Pour les italiens, il y avait 277 réponses.... et pour les US 2000 psychologues.

Les résultats donnent le vertige...il s'agit de déclarations (sous-estimations ??).

Regardez tranquillement.

Ces données ont été reproduites en Allemagne, mais aucune étude n'a été faite en France (heureusement).

Ci-dessous le tableau complet, avec quelques simplifications :

  • Ne pas rapporter toutes les données : 48 à 63 % des répondeurs
  • Décider de collecter plus de données après avoir vu les premiers résultats : 53 à 56 %
  • Ne pas décrire toutes les conditions d'une étude : 16 à 28 %
  • Arrêter de collecter toutes les données car on a  identifié ce que l'on voulait : 10 à 16 %
  • Arrondir une valeur de p pour la rendre significative : 22 %
  • Dans un article, ne décrire que les expériences qui ont marché : 40 à 46 %
  • Décider d'exclure des données après avoir examiné les conséquences de l'exclusion : 38 à 40 %
  • Rapporter une données inattendue en disant qu'elle avait été recherchée dès le début : 27 à 37 %
  • Dire que des résultats ne sont pas affectés par des données démographiques (genre) sans en être sûr : 3 %
  • Falsifier des données : 1 à 2 %

QRP Italie

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 10:05

Quand le cerveau révèle une incroyable capacité de résilience

C’est assurément un cas clinique hors norme que rapportent des neurologues argentins dans un article paru en janvier 2017 dans la revue Frontiers in Aging Neuroscience. L’histoire est celle d’une quadragénaire qui occupait un poste à responsabilité managériale dans un établissement bancaire international.

Alors âgée de 43 ans, elle se plaint un jour de septembre 2011 de violents maux de tête et de nausées. Elle perd connaissance et est immédiatement hospitalisée. L’imagerie cérébrale montre une rupture d’anévrisme responsable d’une hémorragie méningée. Cet accident vasculaire cérébral (AVC) entraîne un œdème du cerveau, responsable d’une augmentation de la pression intracrânienne. Afin de décomprimer les structures cérébrales menacées par l’hypertension intracrânienne, les neurochirurgiens découpent le crâne du côté droit et réalisent un large volet osseux (craniectomie de décompression fronto-pariéto-temporale). Ce geste chirurgical s’apparente au fait de soulever le couvercle d’une cocotte-minute pour faire diminuer la pression. En augmentant le volume de la boîte crânienne, il permet l’expansion du cerveau comprimé.

Dix jours plus tard, la patiente fait un arrêt cardio-respiratoire. Elle reprend connaissance grâce à la réanimation. Il se produit ensuite un rétrécissement des vaisseaux cérébraux (vasospasme) qui entraîne un manque d’oxygénation du cerveau pendant 10 jours, ce que les spécialistes appellent une ischémie cérébrale retardée. Celle-ci provoque des lésions cérébrales dans les régions frontales, insulaires, temporo-pariétales et occipitales de l’hémisphère droit ainsi que dans le striatum de l’hémisphère gauche.

La patiente reste 41 jours en soins intensifs. Elle en sort avec pour seules séquelles neurologiques un léger déficit moteur du côté gauche. Six mois plus tard, elle fait des crises épileptiques très rapprochées. Afin de lutter contre l’augmentation de la pression intracrânienne qui continue de comprimer dangereusement le cerveau, les chirurgiens procèdent en décembre 2012 à l’ablation définitif du volet osseux qui est remplacé par un volet en matériau synthétique et en titane. Ce n’est pas tout. En février 2013, soit un an et cinq mois après son accident vasculaire cérébral, la patiente fait un second AVC. Celui-ci endommage un peu plus encore son cerveau en créant des lésions du cortex insulaire antérieur gauche (insula) et de la substance blanche adjacente, du putamen et de l’amygdale.

La patiente présente alors des lésions étendues dans les deux hémisphères cérébraux. Celles-ci affectent le cortex droit fronto-temporo-pariétal, le territoire sylvien gauche (vascularisé par l’artère sylvienne), les régions striatales ainsi que des zones bilatérales de l’insula et de l’amygdale.   

En rouge, l’ensemble des zones lésées dans les deux hémisphères cérébraux par deux AVC. L’hémisphère droit est plus touché que l’hémisphère gauche (dominant) chez cette patiente droitière. García AM, et al. Front Aging Neurosci. 2017 Jan 10;8:335.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, le cerveau de la patiente fonctionne encore très bien malgré l’étendue et la diversité des zones lésées. Les fonctions sensorielles, motrices, cognitives, sociales et affectives sont étonnamment préservées. Ce cas clinique défie toute logique. En effet, au vu des zones atteintes à l’imagerie cérébrale, cette patiente adulte devrait être gravement handicapée.

L’état neurologique de la patiente ne présente donc pas une exceptionnelle gravité. Loin s’en faut : le seul changement notable est une perte de la sensibilité de la main droite. S’y ajoute une forme particulière de synesthésie où les visages connus sont associés à des couleurs, phénomène qui n’est que transitoire.

Un état neurologique exceptionnellement préservé

La patiente regagne son domicile. Elle accepte de participer à une batterie de tests neuropsychologiques et neurologiques dans le cadre d’une étude conduite par des neurologues et chercheurs de l’Institut de neuroscience cognitive et translationnelle de Buenos Aires. Selon le test, 5 à 8 sujets sains sont évalués parallèlement à la patiente. On leur demande d’exécuter des tâches dont la réalisation dépend normalement du bon fonctionnement des zones cérébrales lésées. La patiente accepte également de recevoir la visite d’observateurs chez elle afin de voir comme elle s’en sort dans ses activités quotidiennes.

Les multiples tests montrent que cette patiente, victime de deux AVC majeurs, ne présente quasiment aucun des déficits neurologiques auxquels on pourrait s’attendre du fait de l’étendue des lésions cérébrales observées à l’imagerie cérébrale. Ses performances en matière d’attention, de mémoire et de langage, se révèlent étonnamment semblables à celles du groupe contrôle.

Ses fonctions motrices sont intactes : elle tape normalement sur son clavier d’ordinateur, marche au moins une heure tous les matins et va à la piscine chaque semaine. A l’exception d’un déficit de sensibilité de la main droite et d’une légère de perte de l’odorat, les autres capacités sensorielles (dont l’audition, le goût, le toucher) sont complètement préservées. Elle peut ainsi parfaitement distinguer des sons provenant de l’intérieur ou de l’extérieur d’une salle de réunion, dire si le café est trop chaud ou trop sucré.

Elle ne présente pas de troubles émotionnels et interagit normalement avec les autres. Selon les situations, elle peut manifester de la joie, de la peur, de la frustration, de l’enthousiasme. Elle est capable de percevoir ce que les autres pensent et ressentir leurs émotions. Son comportement envers le personnel soignant, les aidants et ses enfants, est adapté. Elle manifeste cependant une tendance à parler très ouvertement de ses lésions cérébrales et de ce qu’elle éprouve, parfois même à des personnes qu’elle rencontre pour la première fois, ce qui semble témoigner d’un léger déficit d’inhibition. 

Le langage est également totalement préservé. La patiente n’éprouve aucune difficulté sur le plan lexical ou grammatical. L’élocution des mots est normale de même que l’intonation des phrases. Encore plus surprenant, sa mémoire est intacte. Elle sait toujours comment utiliser le téléphone, lacer ses chaussures, nommer les objets de son environnement, notamment tout ce qui se trouve dans son sac à main et qu’elle a su méthodiquement ranger à l’intérieur. Elle se souvient d’événements ayant eu lieu plusieurs semaines, mois ou années auparavant. Elle se rappelle de scènes de son enfance mais aussi de ce qui s’est passé immédiatement avant et après les AVC. Elle a ainsi retenu le nom des médecins et leur spécialité. Elle se souvient de détails contenus dans plusieurs douzaines de livres qu’elle a lus. Durant les longs entretiens avec les neurologues et neuropsychologues, la patiente est concentrée. Elle est capable de résumer le propos même lorsqu’un échange vient interrompre le fil de la conversation. Elle peut même élaborer des projets d’avenir.

Tout se passe bien pour elle au quotidien, ce que confirment les proches aux chercheurs venus lui rendre visite à domicile. Ceux-ci constatent que leur patiente peut préparer boissons et sandwichs, porter des plateaux et des verres, tout en prenant part à la conversation. Tout ceci leur paraît à peine croyable sachant que cette personne a fait deux AVC majeurs qui ont gravement endommagé son cerveau.

De fait, ce cas clinique défie toutes les classifications anatomo-fonctionnelles selon lesquelles on observe un déficit lorsqu’une zone étroitement impliquée dans une fonction cérébrale subit des dommages importants. Au vu de l’étendue et de la distribution des lésions associées aux AVC, on s’attendrait à des déficits neurologiques bien plus importants sur le plan cognitif, soulignent les auteurs. « Vu sous cet angle, ce cas constitue une anomalie dans la mesure où il défie la plupart des prévisions et des théories en matière de neurocognition », déclarent les Drs Adolfo García, Agustín Ibáñez et leurs collègues.

D’autres cas cliniques déroutants

Ce n’est pas la première fois que des cas cliniques mettent à mal la relation entre anatomie du cerveau et fonctionnement cérébral. J’avais, dans un précédent billet intitulé « La femme à la tête presque vide », relaté le cas d’une patiente américaine. Celle-ci présentait un état mental normal et parvenait à fonctionner correctement au quotidien malgré une hydrocéphalie chronique très importante depuis la naissance. Le cerveau de cette sexagénaire était confiné dans une mince bande périphérique. Le tissu cérébral était refoulé par les ventricules cérébraux (cavités cérébrales remplies de liquide céphalo-rachidien) qui s’étaient progressivement dilatés.

De même, des neurologues et neurochirurgiens de l’hôpital de la Timone à Marseille ont rapporté en 2007 un autre cas d’hydrocéphalie, tout aussi incroyable. Leur patient avait une tête contenant plus de liquide que de matière grise. L’énorme dilatation des ventricules cérébraux avait réduit le cerveau à la portion congrue. Celui-ci, complètement aplati, se résumait à une couche de quelques centimètres d’épaisseur. Malgré tout, cet homme avait un quotient intellectuel (QI) de 75, légèrement inférieur à la moyenne. Marié et père de deux enfants, il occupait un poste dans la fonction publique.

Autre cas spectaculaire, décrit en 1993 : celui d’un patient de 58 ans né quasiment sans cervelet mais avec un profil neurologique complètement normal. Plus récemment, en 2015, des neurologues chinois ont rapporté le cas d’une femme de 24 ans née avec une absence totale de cervelet, structure impliquée dans la coordination des mouvements. Cette jeune femme, mariée et mère d’une petite fille, n’avait pourtant qu’un retard mental modéré. Elle était autonome sur le plan moteur même si sa démarche était quelque peu instable. Elle présentait une légère incoordination dans les mouvements et des difficultés à parler. Ces symptômes sont sans aucune commune mesure avec les graves déficits neurologiques habituellement observés en cas d’absence totale de cervelet (agénésie cérébelleuse primaire complète). La plupart des nouveau-nés ou enfants nés sans cervelet ont en effet un retard mental sévère, souffrent d’épilepsie et d’hydrocéphalie. Par ailleurs, le diagnostic d’agénésie cérébelleuse primaire complète est généralement fait à l’autopsie, ce qui souligne l’extrême gravité de cette anomalie.

Mais revenons au cas de la patiente argentine victime de deux AVC. Son cas ne trouve pas d’explication satisfaisante au regard des mécanismes et théories qui prévalent aujourd’hui en matière de neurocognition.

Patiente ayant subi deux AVC. Important dommages cérébraux à l’imagerie cérébrale. García AM, et al. Front Aging Neurosci. 2017 Jan 10;8:335.

Il est en effet difficile d’expliquer que la préservation des fonctions cognitives puisse être due à la plasticité cérébrale, en l’occurrence la formation de nouveaux neurones (neurogenèse) et la réorganisation de nouvelles connexions neuronales (plasticité synaptique). Les lésions cérébrales sont apparues chez une quadragénaire, à un âge où il est peu probable que des mécanismes compensatoires puissent efficacement permettre une récupération neurologique complète. A supposer que de tels circuits neuronaux atypiques aient existé dès la naissance chez cette patiente, il est peu probable qu’ils aient été opérationnels dans la mesure où les lésions étaient étendues et bilatérales. De même, on peut douter qu’un recâblage neuronal ait pu survenir dans plusieurs régions du cerveau à l’âge adulte et ait pu permettre, dans un laps de temps aussi court après le second AVC, la restauration de fonctions cognitives via des mécanismes compensatoires ou alternatifs.

Une autre hypothèse est évoquée par les auteurs, celle d’un cas extrême de « réserve cognitive », cette capacité qu’ont certains individus à mieux résister aux dommages cérébraux que d’autres pour un même degré de détérioration neuronale. Les personnes dont la réserve est élevée mettent plus de temps à présenter les signes cliniques d’une maladie neurologique que ceux dont la réserve est faible. Selon l’hypothèse de la réserve cognitive, certaines personnes résisteraient mieux aux changements cérébraux car leur fonctionnement cognitif reposerait sur des processus et réseaux neuronaux plus efficaces et flexibles. Ceci résulterait de capacités en partie innées mesurées notamment par le quotient intellectuel ainsi que de toute une série de caractéristiques de vie des individus, telles que le niveau d’études, la nature de la profession exercée, la qualité des liens sociaux, la variété des activités de loisirs et la pratique de l’exercice physique. Et les auteurs de souligner que la patiente n’a jamais fumé ni bu d’alcool. Elle a une alimentation équilibrée, un haut niveau d’études, était bilingue en espagnol et en anglais. Depuis l’enfance, elle s’adonne à des jeux de logique et de réflexion. Membre de diverses associations, elle pratique plusieurs sports et développe ses capacités artistiques. Tout cela ne saurait cependant suffire à expliquer que l’absence de facteurs de risque ait pu la protéger à ce point des conséquences cérébrales de deux AVC. Sauf à imaginer que la combinaison de ces caractéristiques de vie ait pu contribuer à une extraordinaire résilience, ce qui reste entièrement à prouver.  

Les auteurs évoquent une dernière possibilité, que l’arrêt cardiaque et/ou le second AVC aient pu paradoxalement contribuer à réduire les déficits neurologiques provoqués par le premier AVC. Il s’agit là d’une hypothèse indémontrable, même si des données chez l’animal et chez l’homme permettent théoriquement de l’envisager. En 1971, une étude publiée dans Science a en effet montré chez des singes macaques que la récupération fonctionnelle pouvait être meilleure en cas de répétition de lésions en divers endroits du cortex préfrontal qu’en cas de lésion unique. Chez l’homme, il a été montré qu’un symptôme déclenché par un accident vasculaire cérébral peut disparaître après un second AVC affectant des régions de l’hémisphère controlatéral.

Au total, il reste que le cas de la patiente argentine est totalement atypique et largement inexpliqué. A moins qu’une surprenante étude, publiée en ligne le 14 avril 2017 sur le site de prépublication bioRxiv, ne vienne apporter un début d’explication.

Des chercheurs en neurosciences de l’université de l’Iowa rapportent en effet des résultats totalement sidérants obtenus chez cinq patients souffrant d’épilepsie rebelle et dont le lobe temporal avait été chirurgicalement déconnecté du reste du cerveau. Ces scientifiques ont observé que cette région pourtant complètement isolée d’autres zones cérébrales pouvait communiquer avec le reste du cerveau, ce qui semble a priori totalement impossible. Selon eux, une connectivité fonctionnelle a été enregistrée par l’IRM fonctionnelle en resting state (activité cérébrale du sujet au repos) chez chacun des cinq patients. Les auteurs estiment possible que des régions isolées entre elles en termes de câblage neuronal puissent interagir par l’intermédiaire de changements du flux sanguin cérébral qui les relie les unes aux autres.

On le voit, qu’il s’agisse de cas cliniques proprement déroutants ou de données expérimentales absolument déconcertantes, le cerveau humain conserve une fascinante part d’inconnu.   

Marc Gozlan

, par Marc Gozlan

 

Pour en savoir plus :

García AM, Sedeño L, Herrera Murcia E, Couto B, Ibáñez A. A Lesion-Proof Brain? Multidimensional Sensorimotorfsouf, Cognitive, and Socio-Affective Preservation Despite Extensive Damage in a Stroke Patient. Front Aging Neurosci. 2017 Jan 10;8:335. doi: 10.3389/fnagi.2016.00335

Alvin MD, Miller PE. Compensated hydrocephalus. Lancet. 2016 Jun 11;387(10036):2422. doi: 10.1016/S0140-6736(16)00089-1

Yu F, Jiang QJ, Sun XY, Zhang RW. A new case of complete primary cerebellar agenesis: clinical and imaging findings in a living patient. Brain. 2015 Jun;138(Pt 6):e353. doi: 10.1093/brain/awu239

Feuillet L, Dufour H, Pelletier J. Brain of a white-collar worker. Lancet. 2007 Jul 21;370(9583):262. doi : 10.1016/S0140-6736(07)61127-1

Sener RN, Jinkins JR. Subtotal agenesis of the cerebellum in an adult. MRI demonstration. Neuroradiology. 1993;35(4):286-7.

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 06:13

La méthylation de l'ADN est modifiée en réponse aux traumatismes et au stress chronique

Dr Natalie Matosin

En Preclinique et en clinique des modifications de la méthylation de l'ADN surviennent en réponse au traumatisme et au stress chronique

Natalie Matosin PhD1, Cristiana Cruceanu PhD1, Elisabeth B Binder MD PhD1,2 * 1 Département de recherche translationnelle en psychiatrie, Institut Max-Planck de psychiatrie, Munich, Allemagne; 2 Ministère de la psychiatrie et des sciences du comportement, École de médecine de l'Université Emory, Atlanta, États-Unis

L'exposition au stress chronique, ou au stress persistant sévère grave, est l'un des facteurs de risque les plus forts pour le développement de psychopathologies telles que le syndrome de stress post-traumatique (PTSD) et la dépression.

Le stress chronique est lié à plusieurs conséquences biologiques durables, en particulier sur le système endocrinien stressé, mais affectant également les phénotypes intermédiaires tels que la structure et la fonction du cerveau, la fonction immunitaire et le comportement.

Bien que la prédisposition génétique confère une proportion du risque, les mécanismes moléculaires les plus pertinents déterminant ceux qui sont susceptibles ou résilients aux effets du stress et du traumatisme peuvent être épigénétiques.

L'épigénétique se réfère aux mécanismes qui régulent l'information génomique en modifiant dynamiquement les modèles de transcription et de traduction des gènes.

Les preuves provenant des études de rongeurs en préclinique et de populations en clinique confirment fortement que des modifications épigénétiques peuvent se produire en réponse au stress traumatique et chronique.

Ici, nous discutons de cette littérature examinant les changements épigénétiques induits par le stress dans les modèles précliniques et les cohortes cliniques de stress et de traumatismes au début de la vie ou à l'âge adulte.

Nous soulignons qu'une relation complexe existe entre le moment où interviennent des facteurs de stress environnementaux et les prédispositions génétiques a probablement une médiation de la réponse au stress chronique au fil du temps, et qu'une meilleure compréhension des changements épigénétiques est nécessaire grâce à d'autres recherches dans les cellules du cerveau longitudinal et post-mortem.

Article intégral :

https://drnataliematosin.files.wordpress.com/2017/05/chronic-stress_resubmission_300417.pdf

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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 16:11

Rechutes du cancer: le "dépistage ADN" permet de les détecter un an plus tôt

Par Victor Garcia, publié le 28/04/2017

L'analyse des fragments ADN grâce à une prise de sang confirme qu'elle permet de détecter les cancers récurrents un an avant les dépistages par rayons X.

De simples analyses de sang suffiront aussi à dépister les tumeurs à un stade précoce.

Plus les cancers et ses rechutes sont détectés tôt, plus il est facile de les soigner.

Raison pour laquelle les médecins fondent de grands espoirs sur les travaux de dépistages par prise de sang ou biopsie liquide.

Cette technique, popularisée par une chercheuse française, permet de détecter les risques de rechutes de cancer jusqu'à un an avant les dépistages traditionnels, par scanner.

Une récente étude, publiée dans Nature, semble confirmer l'efficacité de ce "test sanguin révolutionnaire".

La prise de sang, nouvelle arme anti-cancer

Pour leurs travaux, les chercheurs en génétique ont suivi 100 patients atteints de cancer du poumon.

Ils ont prélevé leur sang toutes les six à huit semaines en commençant dès le diagnostic du cancer et en poursuivant après les opérations chirurgicales, jusqu'à la chimiothérapie.

Le but: détecter des traces de fragments d'ADN bien particuliers, "l'ADN tumoral circulant" (ADNtc), que les tumeurs laissent échapper dans le sang. 92% de précision

Leur conclusion est sans appel: l'augmentation du nombre de ces fragments dans le sang indique une rechute dans les mois, voire l'année qui suit.

Cette détection précoce, alors même que les patients ne montrent aucun symptôme physique, est impossible avec les tests actuels basés sur des scanners par rayon X. Elle pourrait faire gagner un temps précieux aux médecins et aux patients et sauver de nombreuses vies.

Le généticien Charlie Swanton, principal auteur de l'étude, explique au Guardiancomment cette technique leur a permis de dépister les rechutes de cancer avec une incroyable précision.

Chez les patients en rémission, "48h après l'opération, l'ADN [tumoral circulant] était quasiment indétectable", détaille-t-il.

En revanche, les malades qui montraient une augmentation de l'ADN tumoral ont rechuté plus tard, ce qui indiquait que le cancer était resté dans les poumons, ou avait migré vers un autre organe.

L'étude détaille comment l'analyse détaillée des tests de 24 patients a permis d'affirmer avec 92% de précision quels patients allaient rechuter "dans les 350 jours à venir".

"Même si cette méthode ne permet de détecter plus tôt qu'un petit nombre des cancers, ils pourront être soignés, alors qu'aujourd'hui on les diagnostique souvent trop tard, quand ils sont déjà en phase létale, cela permettra de sauver un grand nombre vies, se félicite Nitzan Rosenfeld, une scientifique de l'institut de recherche du Cancer britannique, interrogé par le Guardian.

Si elle n'a pas participé à l'étude publiée dans Nature, elle prédit néanmoins que "dans un futur proche, la plupart -si ce n'est tous- les malades du cancer passeront pas ce test-ADN". Savoir si une chimiothérapie est efficace ou non

Et il y a mieux.

Selon les chercheurs britanniques, l'analyse des fragments d'ADN tumoral permet aussi de savoir si une chimiothérapie fonctionne ou si le cancer a développé des résistances, comme c'est souvent le cas pour les cancers de niveau deux et trois.

"On administre toutes ces chimiothérapies toxiques alors qu'on sait qu'elles seront efficaces seulement pour un patient sur 20, indique le professeur Charlie Swanton.

Avec cette méthode, nous pourrons savoir si la chimiothérapie fonctionne sur tel patient ou non, et dans ce dernier cas y mettre un terme.

De la même manière qu'on peut savoir si un cancer revient alors qu'on ne le détecte pas grâce au scanner, et donc lui augmenter son traitement.

Cela va avoir une application pratique très concrète dans le traitement du cancer du poumon."

Pour l'instant, la complexité de la méthode fait grimper les prix: environ 1500 euros par patient.

Mais Charlie Swanton espère qu'elle pourra être bientôt simplifiée.

"Nous n'en sommes pas si loin, ce sera probablement possible d'ici 2 à 3 ans", prédit-il.

Rechutes du cancer: le "dépistage ADN" permet de les détecter un an plus tôt.
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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 15:40

Le Burkina dit stop au coton OGM de Monsanto.. et fait une super récolte

Dans certains cas, la marche arrière s'avère être le meilleur des choix.

La preuve avec ces agriculteurs burkinabé qui renouent enfin avec le succès !

Pour booster leur activité, les producteurs de coton burkinabé ont eu une idée : en finir avec les semences OGM de Monsanto.

Est-ce que ça a marché ?

Oh que oui !

Non seulement la récolte est bonne mais, en plus, le produit est d’excellente qualité… et se vend bien plus cher !

Gros plan sur un retour en arrière heureux et salvateur.

Le mariage entre Monsanto et le Burkina Faso remonte à 2009.

À l’époque, ce pays (qui compte parmi les plus pauvres de notre planète) avait mis tous ses espoirs dans un coton OGM aux promesses extraordinaires : moins de travail, davantage de rendements, plus de profits.

En gros, Monsanto allait changer la vie du pays…

Seulement voilà, les producteurs ont très vite déchanté : le coton issu de ces semences n’était pas de bonne qualité et se revendait très mal.

D’où le divorce récent entre la firme américaine et le Burkina.

Pour assister à la première récolte de coton sans OGM, les journalistes de France 2 se sont rendus sur place.

Résultat ?

Enthousiasmant !

Quoi qu’il en soit, les agriculteurs burkinabé n’ont pas du tout l’air de regrette leur choix d’un retour aux semences traditionnelles.

Inspireront-ils d’autres cultivateurs dans d’autres pays ?

Par Axel Leclercq - 27 octobre 2016

Monsanto : des profits qui dégringolent !

Une révolution ?

Le plongeon est spectaculaire.

Et s'il s'explique en partie par des raisons conjoncturelles, il est surtout l'illustration que notre monde change enfin !

Monsanto étant probablement l’une des multinationales les plus haïes de la planète, voici une nouvelle qui devrait en réjouir quelques-uns : le géant des biotechnologies agricoles vient d’annoncer une chute record de ses profits (25%) !

Une information spectaculaire et inattendue qui sous-entend une autre nouvelle bien plus importante encore : les agriculteurs, comme les consommateurs, semblent enfin se détourner de tout ce qui touche aux OGM, aux pesticides et aux herbicides !

Détails et explications. La firme vient d’annoncer que ses profits avaient plongé de 25% au deuxième trimestre de 2015. Une dégringolade spectaculaire causée principalement par le tassement de la demande en OGM mais aussi par le désamour du grand public vis-à-vis du célèbre Roundup, produit phare de Monsanto.

Pour expliquer sa contre-performance, Monsanto évoque une conjoncture défavorable à l’agriculture.

Et on ne peut pas lui donner entièrement tort (la hausse du dollar et l’instabilité du marché lui ont par exemple été clairement défavorables).

Mais d’autres raisons, plus profondes celles-là, ne peuvent être occultées :

* La demande en alimentation biologique ne cesse de croître et rien n’annonce un essoufflement de cette tendance. *

La société prend conscience de des ravages des pesticides et des herbicides sur notre santé et sur notre environnement.

* De plus en plus d’agriculteurs se tournent vers des semences non génétiquement modifiées. *

L’image de marque de Monsanto est au plus bas. Signe concret de cette profonde mutation qui ressemble de plus en plus à une prise de conscience : les ventes de l’herbicide Roundup ont fondu de 34% au quatrième trimestre 2015 !

Et, a priori, elles ne sont pas près de rebondir : en France, ce produit sera définitivement banni des jardineries dès 2019.

Du coup, la firme redimensionne déjà sa voilure : selon Reuters, 2 600 postes vont être supprimés dans le monde, soit 16% des effectifs totaux.

Alors, certes, la fin de Monsanto n’est certainement pas pour demain : même en chutant de 25%, les profits de la multinationale se comptent toujours en milliards de dollars.

Mais la tendance, elle, semble irréversible : nous sommes de moins en moins nombreux à vouloir avaler des produits génétiquement modifiés et/ou aspergés de produits chimiques type pesticides et herbicides.

Et ça, c’est une très grande nouvelle !

Nos politiques ne veulent pas interdire les produits suspects qu’on retrouve dans notre alimentation ?

Peu importe !

Dans le monde d’aujourd’hui, ceux qui font la loi, c’est nous, les citoyens/consommateurs : arrêtons d’acheter et les firmes arrêteront de produire !

Par Axel Leclercq - 11 avril 2016

Le Burkina dit stop au coton OGM de Monsanto.. et fait une super récolte. Chute record des profits de Monsanto.
Le Burkina dit stop au coton OGM de Monsanto.. et fait une super récolte. Chute record des profits de Monsanto.
Le Burkina dit stop au coton OGM de Monsanto.. et fait une super récolte. Chute record des profits de Monsanto.
Le Burkina dit stop au coton OGM de Monsanto.. et fait une super récolte. Chute record des profits de Monsanto.
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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Nutrition
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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 09:25

La recherche a montré que la musique soulageait la douleur;

Dans une étude particulière menée avec des patients post-opératoires, la moitié du groupe a écouté une heure de musique après la chirurgie, tandis que l'autre moitié a reçu des soins standard sans musique.

Les résultats étaient fascinants: le groupe qui a écouté la musique auto-administrée seulement ⅓ de la morphine par rapport à l'autre groupe.

Les résultats ont été reproduits dans de nombreuses études, encourageant les chercheurs et les musiciens à continuer à explorer la relation entre le son et le bien-être.

J'ai appris cela lors de ma conversation avec Marko Ahtisaari, le PDG et cofondateur de The Sync Project - une entreprise collaborative de scientifiques, de musiciens, de technologues et de patients, travaillant vers le développement de la musique fonctionnelle.

Cela comprend des sons qui répondent à chaque corps individuel dans le but de permettre un certain état d'être et de servir de médicament de précision.

Marko estime que les modalités non médicales, telles que la musique, les jeux vidéo ou l'éclairage, seront intégralement ou partiellement remplies de traitement médicamenteux dans un délai de dix ans.

Le pouvoir des données et de l'IA jouera un rôle dans ce domaine, permettant à nos appareils de connaître nos besoins et de la physiologie individuelle, et d'administrer un «traitement» approprié pour atteindre certains résultats.

Le groupe a lancé Unwind.ai en mars, une expérience pour aider à la détente avec de la musique générative, en combinant des données sur votre fréquence cardiaque, l'apprentissage automatique et la musculature humaine.

Marko a parlé de ce projet et de l'avenir de la collaboration machine-humain dans l'industrie créative dans son podcast

Rédigé par Azeem Azhar Azeem Azhar Technique exponentielle

La musique et son effet antalgique. Réduction de l'usage de la morphine d'1/3.
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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Les ondes
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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 09:11

Le syndrome de fatigue chronique s'accompagne d'une dysbiose intestinale

Des marqueurs bactériens liés au sous-groupe et à la gravité

Dr Véronique Nguyen | 27.04.2017

Les personnes souffrant du syndrome de fatigue chronique ont une dysbiose intestinale et des perturbations des voies métaboliques bactériennes qui pourraient influencer la gravité de leur maladie, selon une étude cas-témoin.

De nouvelles pistes pour améliorer le diagnostic et développer des traitements.

Le syndrome de fatigue chronique (SFC), encore appelé encéphalomyélite myalgique (EM), reste une maladie mal comprise, difficile à diagnostiquer et sans traitement homologué.

« Notre étude suggère que l'analyse du microbiome fécal pourrait nous permettre de sous-grouper les patients atteints de SFC/EM.

Ce sous-typage pourrait offrir des indices pour mieux comprendre les différentes façons dont la maladie se manifeste », précise Brent Williams, chercheur au Centre d'Infection et Immunité à l'Université Columbia de New York.

« A l'instar du syndrome de l'intestin irritable (SII), le SFC/EM pourrait inclure une défaillance dans la communication bidirectionnelle entre cerveau et intestin qui s'établit grâce aux bactéries, à leurs métabolites, et aux molécules de l'hôte qu'elles influencent.

En identifiant les bactéries spécifiquement impliquées, nous faisons un pas en avant vers un diagnostic plus précis et des thérapies ciblées », estime le Dr Ian Lipkin qui a dirigé l'étude publiée dans la revue « Microbiome ».

Un diagnostic uniquement clinique

Entre 1 et 2,5 millions de personnes souffrent du syndrome de fatigue chronique aux États-Unis, une maladie invalidante qui n'est donc pas si rare.

Le diagnostic est uniquement clinique, reposant sur plusieurs symptômes :

une fatigue profonde depuis 6 mois ;

des malaises après l'exercice avec un sommeil non récupérateur ;

enfin, un déficit cognitif ou une hypotension orthostatique.

Pour certains patients, la maladie est précédée d'une fièvre, avec maux de gorge et ganglions lymphatiques.

Et 35 a 90 % des patients se plaignent en outre d'un syndrome de l'intestin irritable.

Si les causes restent inconnues, cette maladie associée à une inflammation systémique est probablement d'origine multifactorielle.

Certaines études mettent en avant l'hypothèse d'une cause infectieuse, bactérienne ou virale.

Le Dr Ian Lipkin et son équipe ont étudié 50 patients souffrant du SFC (dont 29 sans SII) et 50 témoins sans maladie. Ils ont séquencé le microbiote fécal, prédit les voies métabolites bactériennes, dosé le profil sanguin des marqueurs immunitaires, et ils ont réalisé une analyse topologique des données.

Les résultats montrent que, quelle que soit la présence ou non syndrome de l'intestin irritable (SII), le SFC est associé à une dysbiose.

Certaines espèces bactériennes sont diminuées (Faecalibacterium, Roseburia, Dorea, Coprococcus) et d'autres augmentées (Clostridium, Coprobacillus) dans le SFC, et leur abondance relative pourrait prédire le diagnostic.

Une augmentation des Alistipes inclassés et une diminution des Faecalibacterium représentent les principaux biomarqueurs du SFC avec SII, tandis que les biomarqueurs clé du SFC sans SII sont constitués par une augmentation des Bacteroides inclassés et une diminution des Bacteroides vulgatus.

Biosynthèse des acides gras

Le SFC s'accompagne d'une diminution des voies métaboliques associées à la biosynthèse des acides gras et d'une augmentation des voies de dégradation de l'atrazine (un composant des pesticides).

Les voies de vitamine B6 sont également augmentées. Certaines espèces bactériennes et leurs voies métaboliques associées sont corrélées au degré de gravité du SFC (vitalité, fatigue mentale, douleur).

En revanche, aucune différence des marqueurs inflammatoires n'est constatée entre les patients et les témoins, contrairement à de précédentes études, ce qui tient probablement au fait que les patients étaient malades depuis longtemps dans l'étude actuelle.

« Ces nouvelles observations pourraient mener à un diagnostic plus précis et offrir des pistes pour développer des stratégies thérapeutiques spécifiques dans les sous-groupes de SFC/ME », notent les chercheurs.

Microbiome, 27 avril 2017, Nagyl-Szakal et coll. Source : Le Quotidien du médecin n°9576

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 12:26

Les négociations internationales sur le changement climatique ont longtemps ressemblé à un exemple classique de la théorie des jeux.

Vous connaissez sans doute cette théorie, devenue célèbre grâce à l’exemple du dilemme du prisonnier formulé par John Nash.

Le célèbre mathématicien avait montré comment, dans certaines situations, les décisions rationnelles prises par les acteurs en présence dans la poursuite de leurs intérêts conduisent inévitablement à la pire des situations possibles.

Pire encore, une fois dans cette situation, il est quasiment impossible d’en sortir.

Comment cette théorie s'applique-t-elle au sujet qui nous occupe aujourd’hui ?

Au niveau mondial, si tous les acteurs (dans ce cas précis, les États) décidaient de lutter efficacement contre le changement climatique et de partager le fardeau de la révolution énergétique, le monde avait une chance réelle de limiter le réchauffement climatique.

Malheureusement, il était plus logique pour chaque acteur de laisser les autres fournir les efforts nécessaires - prendre les décisions politiques difficiles, investir dans les énergies moins carbonées – et de profiter des fruits de l’action collective des autres sans en assumer soi-même la charge.

En clair, un rapide calcul de ses intérêts conduisait à préférer la stratégie du « passager clandestin » à la voie difficile et incertaine de la coopération.

Comme tous les acteurs avaient le même raisonnement, la diplomatie internationale sur le climat se trouvait dans une impasse.

Cependant, l'Accord de Paris est venu ébranler cet équilibre désastreux.

Presque tous les pays du monde ont fini par reconnaître qu’il existait entre eux une solidarité de fait et cette brutale et inattendue prise de conscience a mis un terme à la dynamique fatale qui commandait alors aux négociations internationales sur le climat.

Le changement a été particulièrement visible pour les pays qui émettaient le plus de carbone et avaient toujours été de farouches opposants aux traités internationaux sur le sujet.

Avec la signature de l’Accord de Paris, plus rien ne semblait entraver la route de la révolution énergétique.

Malheureusement, il n'a pas fallu attendre longtemps avant que certains événements politiques ne viennent semer le trouble et assombrir les perspectives futures.

Alors que le nouveau président des Etats-Unis, Donald Trump, avait promis durant sa campagne électorale de se retirer de l’Accord de Paris ou que la question de la révolution énergétique est singulièrement absente des débats entre candidats à l’élection présidentielle en France, doit-on craindre l’éternel retour de la défiance et de l’attentisme ?

La transition énergétique connaît-elle un brusque coup d’arrêt ?

Étant donné les difficultés passées, je peux comprendre ces craintes.

Néanmoins la situation a radicalement évolué depuis les premières tentatives infructueuses de lutte contre le changement climatique.

La révolution énergétique est déjà en marche et elle accélère le pas chaque année.

Certes, elle peut se trouver ralentie dans certaines régions du monde du fait des incertitudes politiques, mais nous ne sommes plus dans la situation où des acteurs isolés, quelle que soit leur importance, aient le pouvoir de l'arrêter définitivement.

Quelles sont donc les évolutions récentes qui ont changé la donne ?

1. Les énergies renouvelables sont désormais aussi compétitives que les sources d'énergie conventionnelles.

En 2008, les tarifs de rachat d’électricité à partir d'énergie solaire étaient de 700 euros par mégawattheure (MWh).

En août 2016, les tarifs de rachat pour cette même électricité ont atteint 30 euros par MWh au Chili, soit le coût le plus faible jamais enregistré pour cette source d’énergie.

En France, les résultats de l'appel d'offres mis en place dans le secteur de l'électricité photovoltaïque annoncés en mars 2017 ont défini un prix d'électricité moyen d'environ 62,50 euros par MWh, soit moins de la moitié du coût de l'électricité produite par de nouveaux projets nucléaires.

2. Les nations émergentes et en développement sont des moteurs de la révolution énergétique.

En 2015, pour la première fois, les pays en développement ont attiré la majorité des investissements dans les énergies renouvelables.

La Chine représente à elle seule près d'un tiers du total de ces investissements au niveau mondial.

La Chine est déjà le premier producteur d'énergie solaire en termes de capacité et l'administration nationale de l'énergie du pays a annoncé que la Chine prévoyait d'injecter 335 milliards d'euros dans la production d'énergie renouvelable d'ici 2020.

Le gouvernement indien a annoncé en décembre 2016, que la capacité installée d'énergies renouvelables de l'Inde représenterait 43 % de la capacité installée totale en 2027, alors qu'elle n'était que de 14 % en 2016.

L’intérêt d’investir dans les énergies renouvelables va au-delà de la diminution des coûts de ces technologies.

Pour les pays émergents et en développement, investir dans les technologies renouvelables est également synonyme de plus grande indépendance énergétique, puisqu’ils pourront ainsi remplacer les importations énergétiques coûteuses par une production d’électricité locale, générée notamment par l'énergie éolienne et solaire.

Sans compter que la diminution des coûts de l’énergie permettra à ces pays d’améliorer leur compétitivité.

Cette évolution devrait modifier les rapports de force d'un point de vue géopolitique et accélérer l'émergence des pays en développement, principalement en Afrique. (Pour plus d'informations sur ce thème, vous pouvez lire mon article publié sur LinkedIn « Généraliser l’accès à l’énergie en Afrique »).

3. De nouveaux acteurs émergent et participent activement à la révolution énergétique.

Nous sommes habitués au modèle traditionnel où la politique énergétique est d’abord une politique définie par les Etats.

Ce n’est pas étonnant dans la mesure où la souveraineté nationale dépend étroitement de l’approvisionnement énergétique.

Toutefois, les autorités locales se saisissent de plus en plus d'un problème auquel l’opinion publique – et les électeurs – est devenue très sensible.

De nouvelles coalitions de villes ont récemment vu le jour (C 40, Covenant of Mayors), qui s’engagent activement en faveur de la révolution énergétique.

Le groupement de grandes-villes C 40 a, par exemple, établi un programme ambitieux visant à limiter la hausse de la température mondiale à 1,5 degré.

Les villes-membres déclinent ensuite ce programme à leur niveau et définissent des objectifs individuels.

La ville de Washington a ainsi annoncé vouloir réduire de 80 % ses émissions d'ici 2050.

Pour y parvenir, elle a établi un programme qui repose sur l'amélioration de l'efficacité énergétique des bâtiments, la hausse des investissements dans les énergies renouvelables et le développement de formes de mobilité plus durables.

Les régions et États fédérés peuvent aussi soutenir la révolution énergétique, indépendamment des initiatives prises à l'échelle nationale.

Par exemple, plus de la majorité des États des Etats-Unis ont défini des normes exigeant que les utilities disposent d'une certaine part de renouvelables dans leur portefeuille de production.

Ces normes peuvent être très élevées : dans les États de Californie et de New-York, au moins 50 % de la production des utilities devra provenir des énergies renouvelables d'ici 2030.

4. L'évolution radicale des mentalités en matière de changement climatique s'est répandue dans toute la société.

Ceci n'est pas seulement visible dans les attentes de la société civile ou les actions entreprises par les ONG et les gouvernements.

Les entreprises sont de plus en plus conscientes des risques liés au changement climatique et veulent prendre leur part dans la révolution énergétique.

Prenons l'exemple d'importants établissements financiers comme JPMorgan, Bank of America, Citigroup, Morgan Stanley, Wells Fargo & Co., Société Générale ou Crédit Agricole, qui ont promis d'arrêter ou de limiter leur soutien accordé aux projets de production de charbon.

Ou encore celui des entreprises membres de la coalition mondiale d'entreprises et d'investisseurs « We mean business », qui se sont engagées publiquement à agir en faveur du climat.

Cela va de la mise en place d’un prix du carbone en interne au choix de carburants alternatifs ou l'amélioration de l'efficacité énergétique en passant par l'achat de 100 % de l’énergie consommée auprès de sources renouvelables.

Je conclurai ainsi que plus personne n'a le pouvoir d'arrêter la révolution énergétique.

Parce que les énergies renouvelables sont devenues compétitives et que de ce fait, les nations émergentes et en développement continueront à soutenir leur développement.

Parce que la politique énergétique n'est plus seulement entre les mains des États : la sensibilisation du public a poussé les autorités locales, la société civile et les entreprises à s'impliquer davantage dans la transition vers une économie à faible émission de carbone.

Nous ne sommes plus dans la situation initiale que je comparais à celle du dilemme du prisonnier : dans ce nouveau champ de forces, on trouve désormais une multitude de nouveaux acteurs, avec des intérêts et priorités différents, et convaincus, pour la grande majorité d'entre eux, que la révolution énergétique est inévitable, sert mieux leurs intérêts et représente un mouvement fondamentalement positif.

Nous avons quitté l'équilibre paralysant et entrons dans un nouveau monde.

Rédigé par Isabelle Kocher

Qui peut arrêter la lutte contre le réchauffement climatique qui accompagne une révolution Energetique ?
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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 12:14

Catherine, la paysanne « rebelle » qui vend ses semences illégales

Une véritable « guerre des graines » semble s’être enclenchée en réaction à l’accaparement du patrimoine agricole par des groupes industriels, avec l’aval des autorités.

Cette résistance s’observe à travers les cas symboliques d’individus issus de l’agriculture paysanne, de l’agroforesterie ou encore de la permaculture.

Rencontre avec Catherine, responsable du groupe Semailles, qui persiste à vendre ses fameuses « graines interdites » !

Les semences constituent certainement la richesse la plus essentielle de la culture paysanne.

Pendant des millénaires, les agriculteurs ont sélectionné le plus naturellement du monde les meilleures espèces de végétaux.

Celles qui étaient les mieux adaptées à leur terroir, les plus résistantes tant aux intempéries qu’aux parasites, et les plus productives.

Au fil des siècles, ce savoir s’est transmis gratuitement d’une génération à l’autre, mais aussi d’un paysan à l’autre.

Une sorte d’«open source phytogénétique» avant l’heure, en quelque sorte.

Le marché de l’industrialisation

C’était sans compter sur l’industrialisation galopante du secteur et un lobbying forcené.

À la fin des années 1990, les institutions internationales sont venues s’accaparer l’enjeu crucial de l’agriculture moderne, avec deux attitudes assez contradictoires.

Tout d’abord, en 1998, l’Union Européenne entérine la directive 98/44/CE, censée légiférer en matière de protection juridique des inventions biotechnologiques.

Comme tout mauvais médicament, cette directive induit implicitement un puissant effet secondaire : tout procédé de sélection de plantes pouvait alors être breveté, même si ce procédé est « naturel ».

La Grande chambre de recours de l’Office Européen des Brevets a d’ailleurs rappelé, pas plus tard qu’en mars 2015, que la directive n’interdit en rien la « brevetabilité des traits natifs préexistants », et a donc confirmé que des plantes issues de procédés « essentiellement biologiques » peuvent aussi être brevetées.

Une nouvelle qui fera la joie des multinationales de la semence comme Monsanto, Bayer et Syngenta (récemment racheté par le chinois ChemChina pour 43 milliards de dollars, soit la plus grosse acquisition en date d’une entreprise étrangère par une entreprise chinoise).

Ensuite, avec un autre traité, le Tirpaa (Traité International sur les Ressources Phytogénétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture).

Signé sous l’égide de l’Onu en 2001, il est entré en vigueur en 2004.

En théorie, son objectif louable est de donner accès à des millions d’échantillons de semences rassemblées aux quatre coins de la Terre et, toujours en théorie, garantir un partage équitable des bénéfices issus de leur exploitation.

Il en découle également un droit des agriculteurs de conserver, d’utiliser, d’échanger et de vendre leurs propres semences.

Cependant, le catalogue européen des espèces et variétés de plantes cultivées est très drastique en matière de semences autorisées à la vente.

Comment faire pour survivre dans cette schizophrénie législative quand on est un petit producteur de semences naturelles ?

Le combat de Catherine Productrice belge de semences biologique, Catherine Andrianne gère sa société semencière de main de maître.

Son commerce de graines biologiques, Semailles, ne désemplit pas.

L’incessant va-et-vient de ses clients témoigne du succès que rencontrent ses semences paysannes dans un contexte où l’opposition aux logiques capitalistes gagne du terrain.

L’émission télévisée belge « Alors, on change ! » a dressé son portrait à l’occasion d’un numéro consacré à la désobéissance civile.

Pour cause, Catherine commercialise des semences non inscrites dans le catalogue européen des espèces et variétés.

Une activité qui, si elle permet de sauvegarder notre patrimoine et de lutter contre la perte de biodiversité, est totalement illégale.

Pourtant, Catherine n’en démord pas !

Depuis la diffusion de son portrait en 2014, elle a encore ajouté une soixantaine de variétés de semences « interdites » supplémentaires à son inventaire.

Avec l’achat de ces nouvelles graines, le nombre de semences qu’elle propose atteint aujourd’hui plus de 600 espèces différentes.

Une réforme du commerce des semences en stand-by

Cette situation à peine croyable est due à une législation européenne en matière de commercialisation des semences particulièrement complexe et, aujourd’hui, profitable aux industriels.

À l’heure actuelle, la réforme de la législation sur le commerce des semences, qui devait éclaircir la situation, est au point mort.

Mise en application, elle simplifierait l’enregistrement de variétés rares dans le catalogue européen et autoriserait probablement les micro-entreprises (de moins de dix employés et dont le chiffre d’affaire est inférieur à 2 millions) à commercialiser elles aussi des variétés de semences aujourd’hui non enregistrées.

Paradoxalement, cette même réforme doit faciliter la commercialisation de semences brevetées dont la conservation et la reproduction seront interdites, entrainant inexorablement une perte de biodiversité (on parle « d’érosion génétique »).

De leur côté, les députés européens se sont récemment estimés « surpris par la décision de l’Office européen des brevets autorisant les brevets sur de tels produits », appelant la Commission Européenne à clarifier d’urgence les règles existantes et à protéger l’accès des sélectionneurs de semences au matériel biologique.

Vous avez dit schizophrénie ?

Si la situation n’était pas suffisamment complexe, dans ce brouillard législatif, l’ombre du TTIP plane sur le secteur semencier.

En effet, certains craignent qu’un rejet de la réforme ramènerait à des directives bien moins adaptées aux droits des agriculteurs en adaptant une nouvelle proposition au fameux TTIP, le Traité de libre-échange transatlantique (Europe / USA).

Si Catherine est optimiste, sa situation légale et celle de Semailles reste floue.

En attendant qu’un cadre législatif soit clairement défini, aucun contrôle spécifique à la commercialisation des semences paysannes n’est effectué.

En effet, l’un des enjeux de la réforme du commerce des semences est de déterminer qui de l’AFSCA (Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire) ou de la DGRNE (Direction Générale des Ressources Naturelles et de l’Environnement) se chargera de ces inspections.

Un scénario complexe voire surréaliste à l’image de nos administrations.

Dans l’expectative, Catherine poursuit donc le commerce de ses semences paysannes en toute illégalité, mais aussi en toute sérénité.

Et ce, pour le plus grand plaisir de clients toujours plus nombreux en Belgique autant que depuis la France.

Source : rtbf.be / ‪www.semaille.com / ‬

Le 19 avril 2017

Catherine Andrianne lors d’une journée portes ouvertes de son jardin :

Catherine, la paysanne « rebelle » qui vend ses semences illégales.
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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 12:03

Fatigue persistante, douleurs articulaires, faiblesse musculaire, maux de tête, troubles de la vision et de la mémoire...

Comment expliquer le syndrome de fatigue chronique ?

Selon des chercheurs en microbiologie de l'université Cornell (Etats-Unis), cette maladie pourrait être liée à un déséquilibre du microbiote intestinal, c'est-à-dire des bactéries qui vivent dans nos intestins. Leur étude est publiée dans le journal Microbiome.

UN EXCÈS DE BACTÉRIES PRO-INFLAMMATOIRES

Les biologistes ont eu l'idée de chercher du côté des intestins car les malades se plaignaient souvent de douleurs et de dérèglements gastro-intestinaux. Ils ont alors examiné l'ADN des bactéries intestinales de 48 patients souffrant de ce syndrome et l'ont comparé à celui de 39 sujets sains.

Leurs résultats montrent que les bactéries des patients souffrant de fatigue chronique sont moins diversifiées que celles des sujets sains.

Autre observation : les bactéries les plus fréquentes chez les malades sont des espèces dites pro-inflammatoires, au détriment des espèces anti-inflammatoires.

Ce déséquilibre existe pour d'autres maladies, comme la maladie de Crohn par exemple.

"Nos travaux montrent que le microbiote intestinal des patients atteints de fatigue chronique n'est pas normalement équilibré, et peut conduire à des symptômes gastro-intestinaux et inflammatoires chez les victimes de cette maladie" explique le professeur Maureen Hanson, co-auteure de l'étude, dans un communiqué du site MedicalXpress.

UTILISER CE DÉSÉQUILIBRE COMME MÉTHODE DIAGNOSTIQUE

Cette découverte représente aussi un espoir pour réduire l'errance diagnostique et la stigmatisation dont sont souvent victimes les personnes souffrant de ce syndrome, associé à tort à des causes psychologiques.

"Prochainement, nous pourrions considérer cette technique comme un complément à d'autres méthodes diagnostiques non invasives" révèle ainsi le docteur Ludovic Giloteaux, co-auteur de l'étude.

Pour le moment, les scientifiques ne savent pas si le déséquilibre bactérien est une cause ou une conséquence du syndrome de fatigue chronique, mais espèrent pouvoir jouer sur le microbiote pour améliorer l'efficacité des thérapies.

"Si nous avons une meilleure idée de ce qu'il se passe entre ce microbiote et les patients, des cliniciens pourraient envisager de modifier les régimes, d'utiliser des prébiotiques ou des probiotiques pour aider à traiter cette maladie" conclut le docteur Giloteaux.

Syndrome de fatigue chronique et bactéries intestinales.
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