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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 21:35

La thiamine et la benfotiamine empêchent la suppression induite par le stress de la neurogenèse de l'hippocampe chez les souris exposées à la prédation sans affecter les taux de thiamine diphosphate dans le cerveau.

Vignisse J, et al. Mol Cell Neurosci. 2017.

La thiamine est essentielle à la fonction cérébrale normale et sa carence entraîne une altération métabolique, des lésions spécifiques, des lésions oxydatives et une réduction de la neurogénèse de l'hippocampe chez les adultes (AHN).

Les précurseurs de thiamine avec une biodisponibilité accrue, en particulier la benfotiamine, exercent des effets neuroprotecteurs non seulement pour la carence en thiamine (TD), mais aussi sur des modèles de neurodégénérescence de souris.

Comme on sait que l'AHN est altérée par le stress chez les rongeurs, nous avons exposé les souris C57BL6 / J au stress des prédateurs pendant 5 nuits consécutives et étudié la prolifération (nombre de cellules Ki67 positives) et la survie (nombre de cellules positives pour BrdU) du nouveau-né Neurones immatures dans la zone subgranulaire du gyrus denté.

Chez les souris stressées, le nombre de cellules positives Ki67 et BrdU était réduit par rapport aux animaux non stressés.

Cette réduction a été empêchée lorsque les souris ont été traitées (200 mg / kg / jour dans l'eau potable pendant 20 jours) avec de la thiamine ou de la benfotiamine, qui ont récemment été trouvées pour prévenir les changements de comportement induits par le stress et la régulation positive de glycogène synthase kinase-3β (GSK-3β) Le CNS.

De plus, nous montrons que la thiamine et la benfotiamine contrecarrent la perte de poids induit par le stress et suppriment le comportement anxieux induit par le stress.

Les deux traitements ont induit une modeste augmentation du contenu cérébral de la thiamine libre tandis que le taux de thiamine diphosphate (ThDP) est resté inchangé, ce qui suggère que les effets bénéfiques observés ne sont pas liés au rôle de cette coenzyme dans le métabolisme énergétique.

Le stress du prédateur a augmenté la carbonylation des protéines de l'hippocampe, un indicateur du stress oxydatif.

Cet effet a été antagonisé à la fois par la thiamine et la benfotiamine.

En outre, en utilisant des cellules de neuroblastome de souris cultivées, nous montrons que, en particulier, la benfotiamine protège contre le stress oxydatif induit par le paraquat.

Nous supposons donc que les composés de thiamine peuvent agir en stimulant les défenses cellulaires antioxydantes, par un mécanisme qui reste à dévoiler.

Notre étude démontre, pour la première fois, que la thiamine et la benfotiamine empêchent l'inhibition induite par le stress de la neurogénèse hippocampique et des modifications physiologiques qui l'accompagnent.

Les données actuelles suggèrent que les précurseurs de thiamine à forte biodisponibilité pourraient être utiles comme traitement complémentaire dans plusieurs troubles neuropsychiatriques.

© 2017 Elsevier Inc.

La thiamine et la benfotiamine empêchent la suppression induite par le stress de la neurogenèse de l'hippocampe.
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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 20:47

La lipoprotéine de basse densité modifiée par les oxydants de la myéloperoxydase induit un dysfonctionnement endothélial.

Abdo AI, et al. Redox Biol. 2017

La lipoprotéine de basse densité (LDL) modifiée par l'acide hypochloreux (HOCl) produite par la myéloperoxydase (MPO) est présente dans les lésions athérosclérotiques, où elle est impliquée dans la propagation de l'inflammation et l'accélération du développement de la lésion par voie multiple, y compris l'induction du dysfonctionnement endothélial .

Les ions de thiocyanate (SCN (-)) sont utilisés par MPO pour produire l'acide oxydant hypothiocyanique (HOSCN), qui réagit avec les LDL d'une manière différente à HOCl.

Bien que la réactivité des LDL modifiées par HOCl ait été étudiée précédemment, le rôle de l'HOSCN dans la modification du LDL in vivo est mal défini, bien que des preuves émergentes suggèrent que ces particules ont des propriétés biologiques distinctes.

Ceci est important car le SCN plasma élevé (-) est lié à la fois à la propagation et à la prévention de l'athérosclérose.

Dans cette étude, nous démontrons que les LDL modifiées par HOSCN et HOCl inhibent la vasorelaxation médiée par l'endothélium ex vivo dans les segments de l'anneau aortique du rat.

Des expériences in vitro avec des cellules endothéliales de l'artère coronaire humaine montrent que le LDL modifié par HOSCN diminue dans la production d'oxyde nitrique (NO (•)) et induit la perte de l'activité endothéliale de l'oxyde nitrique synthase (eNOS).

Cela se produit dans une mesure similaire à celle observée avec le LDL modifié par HOCl.

Dans chaque cas, ces effets sont liés au désaccouplement de l'eNOS, plutôt qu'à l'expression modifiée, à la phosphorylation ou à la localisation cellulaire.

Ensemble, ces données fournissent de nouvelles idées sur le rôle de la modification MPO et LDL dans l'induction du dysfonctionnement endothélial, ce qui a des implications pour l'utilisation thérapeutique de SCN (-) dans le cadre de l'athérosclérose et pour les fumeurs, qui ont des niveaux plasmatiques élevés de SCN (-), et sont plus à risque de développer une maladie cardiovasculaire.

Copyright © 2017

The Authors.

Publié par Elsevier B.V.

PMID 28818791 [PubMed - tel que fourni par l'éditeur]

La lipoprotéine de basse densité modifiée par les oxydants de la myéloperoxydase induit un dysfonctionnement endothélial.
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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 17:50

La transplantation fécale peut vous soigner, ne faites pas la grimace!

Tim Spector —

Et si, au lieu d’avaler des antibiotiques, on recevait une transfusion de microbes intestinaux par le biais d’une gélule remplie de matières fécales?

Une voie d'avenir

La plupart d’entre nous ont déjà souffert de diarrhée –souvent lors d’un voyage– et passé 48 heures au lit ou sur le siège des toilettes.

Des études ont montré que dans les cas sévères, ces infections peuvent parfois transformer votre flore intestinale, ou microbiote, de façon permanente.

Au lieu d’attendre que les symptômes disparaissent, nous avons de plus en plus tendance à recourir à des antibiotiques à large spectre qui tuent ces microbes mais qui peuvent également entraîner des dommages collatéraux et affaiblir notre résistance lors de futures infections.

Concernant ces désordres, une voie nouvelle s’ouvre.

Dans quelques années, nous pourrons avaler un comprimé pour guérir et remettre notre intestin en bon état de marche grâce à des selles congelées mises en réserve lorsque nous étions en bonne santé.

J’ai visité à Boston (Etats-Unis) les laboratoires de la plus grande banque de selles du monde, Openbiome, une organisation à but non lucratif.

Chaque semaine, ils envoient en moyenne plus de 50 échantillons de selles congelées à 430 centres américains spécialisés dans le traitement d’une infection, potentiellement mortelle, causée par une bactérie, Clostridium difficile.

Cette maladie est également connue sous le nom d’infection à C. diff ou ICD (CDI, en anglais).

Causée par l’usage d’antibiotiques, elle touche 100.000 Américains et en tue 14 000 par an.

Elle est également un problème en France.

La ICD est habituellement provoquée par une infection initiale modérée suivie d’une rechute chez un malade sur quatre.

Tout cela à cause d’un traitement aux antibiotiques qui détruit la flore microbienne et permet à la ICD de proliférer.

Opportunité fécale

Le traitement traditionnel de la ICD passe par l’utilisation d’antibiotiques puissants.

Cependant, l’étude de trois essais randomisés concernant le traitement de plus de 500 patients assorti d’un commentaire publié dans le British Medical Journal aboutit à cette conclusion: du moment qu’elles proviennent d’un donneur sain et qu’elles soient à l’état liquide ou qu’on les ait congelées, ces selles introduites avec leur flore microbienne dans le colon d’un malade ont donné plus de 85% de résultats positifs contre 20 à 25% seulement avec l’usage d’antibiotiques.

Une seule étude a été interrompue. On l’a jugée contraire à l’éthique car elle avait continué à s’appuyer sur l’utilisation des antibiotiques.

Jusqu’ici, dans plus de 6.500 transplantations fécales supervisées aux États-Unis, peu d’effets nocifs relevés, y compris chez des malades gravement atteints, à l’immunité affaiblie ou d’un âge avancé.

Les transplantations de selles existent en Chine depuis le IVe siècle, il y a plus de 1.700 ans.

Mais la plupart des médecins n’en avaient jamais entendu parler jusqu’à un essai clinique rendu public en 2013.

La transplantation de selles avec leur flore microbienne, appelée officiellement transplantation de microbiote fécal (TMF, ou FMT en anglais), relève d’un procédé tout à fait simple.

À Openbiome, on choisit un donneur sain parmi des volontaires qu’on a soumis à une série de questionnaires rigoureux et à des essais cliniques (ce qui élimine 97 % de candidats espérant se faire facilement de l’argent).

Si bien que la douzaine ou quelque de «super-donneurs» sont très demandés.

Leurs selles sont diluées et conservées par cryogénisation, ce qui assure leur congélation de façon sécurisée.

Elles sont ensuite emballées sous trois formes distinctes: un mélange concentré qu’on injectera dans l’estomac à l’aide d’un tube par la voie nasale; une quantité plus importante à introduire dans le rectum lors d’une coloscopie ou d’un lavement; enfin, un nouveau produit, à savoir trente capsules résistantes à l’acide.

Surnommées «crapsules», elles sont apparemment tout aussi efficaces et simplifient les procédures médicales.

Des pays très en retard

La transplantation fécale microbienne dans le cas d’infections à C. diff est désormais approuvée, avec prudence, par des équipes médicales spécialisées.

En Grande-Bretagne, par le biais de l’Institut national pour l’excellence clinique, même si les organismes nationaux de régulation ont eu du mal pour savoir comment la classer.

La flore microbienne dans nos selles est-elle un tissu, un outil médical ou un médicament?

Comme nos intestins contiennent dix fois plus de cellules microbiennes et 150 fois plus de gènes que l’ensemble de notre corps, on peut aussi se poser la question de savoir si ce vivant est vraiment notre.

Aux États-Unis et en Grande-Bretagne, cette flore microbienne n’est pas cataloguée comme un tissu (idem pour les transfusions sanguines) mais comme un médicament, assorti d’une série d’exemptions, afin qu’elle puisse être utilisée.

Où en est-on actuellement?

Des pays ont beaucoup de retard sur les États-Unis.

Le Royaume-Uni compte seulement sept centres spécialisés (dont un de statut privé) et, bizarrement, les règlements actuels interdisent l’importation d’échantillons congelés en provenance des USA.

Il existe une demande croissante de FMT de la part des cliniciens et du public pour traiter d’autres maladies courantes liées à l’altération des bactéries intestinales.

Des essais cliniques sont d’ores et déjà en cours visant la maladie de Crohn, les colites, le syndrome du colon irritable et même l’autisme.

La TMF serait aussi utile dans le cas d’allergies sévères ou d’autres maladies immunes et elle pourrait même jouer un rôle positif dans les chimiothérapies.

Des microbes contre l’obésité

La probable question numéro un est de savoir si la TMF peut être utilisée pour combattre l’obésité.

Le seul traitement à long terme à avoir fait ses preuves contre les formes sévères d’obésité et le diabète, c’est la chirurgie bariatrique, où des morceaux d’intestin sont enlevés puis reconnectés.

Or, il est de plus en plus clair qu’un changement bactérien peut entraîner, en clinique, des effets bénéfiques et rapides.

On sait maintenant que chez les cobayes de laboratoire, la TMF peut traiter et prévenir l’obésité mais des essais sur des humains ont déçu.

Même si la TMF augmente la sensibilité à l’insuline, le poids ne change pas tellement.

Nous manquons, jusqu’à présent, de preuves solides des essais cliniques menés sur toutes les maladies courantes et on s’accorde à dire qu’elles seront beaucoup plus difficiles à traiter que l’affection à C. diff.

Dans de grands centres comme Openbiome, le risque d’infection est réduit au minimum grâce à des examens de laboratoire et une conservation des échantillons pendant trois mois, ainsi que par un examen complémentaire des donneurs juste avant le prélèvement.

Cependant, d’autres risques potentiels sont à considérer.

Selon divers rapports, des malades qui avaient reçu de la TMF pour contrer des infections sévères ont guéri mais se sont mis à grossir de façon conséquente.

Cela vient peut-être de leurs donneurs en surcharge pondérale.

À l’heure actuelle, on ne prend donc plus de donneurs en surpoids.

De même, nos sentiments et nos angoisses peuvent avoir comme origine une série de substances neurochimiques produites par nos microbes, y compris la dopamine et la sérotonine.

Les expériences menées sur les souris ont montré que l’anxiété peut être transmise par les microbes.

À l’avenir, des contrôles de santé mentale pourraient devenir obligatoires pour les donneurs.

Un public encore sceptique

Reste une crainte, à savoir que la transplantation de selles apparaisse comme un moyen universel de guérir toutes les maladies.

Nous ignorons encore le bon dosage, le bon timing et notre capacité à rendre l’environnement de nos intestins plus stable et équilibré. Il nous faudrait aussi associer donneurs et récipiendaires en vue d’autres transplantations.

Car notre flore intestinale est, dans une certaine mesure, dépendante de nos propres gènes et la communauté microbienne est unique pour chaque individu.

À l’avenir, nous utiliserons probablement des donneurs bien plus sûrs : nous-mêmes.

Nous allons mettre en réserve, quand nous sommes en bonne santé, nos propres échantillons de selles pour nous en servir plus tard.

Actuellement, les selles conservées ne sont utilisées qu’au bénéfice de patients à haut risque en attente d’une transplantation de la moelle osseuse. Bizarrement pourtant, même s’il est légal aux États-Unis de stocker ses propres échantillons, vous ne pouvez pas vous les faire réimplanter sans un certificat médical compliqué qui vous exempte d’essai clinique.

Il s’agit là d’un domaine qui change rapidement. Ce n’est plus une blague pour les milliers de patients à qui on a sauvé la vie et nous avons un besoin urgent de davantage d’études, d’experts et de règlements raisonnables et souples. Le public se montre de plus en plus sceptique quand on lui présente des traitements médicamenteux.

Et il est urgent qu’il puisse bénéficier de conseils autorisés, d’une expérimentation microbienne fiable et d’une totale sécurité dans le choix de traitements qui lui seront proposés.

Sur Internet des des procédures pour des transplantations à faire soi-même (Do It Yourself, ou DIY) prolifèrent.

Ces méthodes «DIY» sont détaillées, et affichées comme des alternatives à la médecine traditionnelle.

Mais sans assurances sur la sûreté et l’efficacité, cela risque de rendre les choses encore plus obscures.

En attendant, peut-être que nous devrions tous mettre au freezer quelques-unes de nos selles pendant que nous sommes en forme, et les garder pour des jours plus difficiles.

Tim SpectorTim Spector

Professeur de génétique épidémiologique au King's College à Londres.

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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 14:35

Oeufs contaminés : des traces de fipronil décelées dès septembre 2016

Par latribune.fr | 18/08/2017,

Les autorités belges ont découvert un échantillon d'oeufs contenant des traces de fipronil remontant à... septembre 2016, a annoncé jeudi le patron de l'Agence de sécurité alimentaire belge devant le Parlement.

L'agence a pu analyser ces derniers jours des "échantillons historiques" d'un fabricant belge de produits d'oeufs, a expliqué son administrateur délégué Herman Diricks.

Sur les 14 échantillons que l'entreprise avait conservés pour le mois de septembre 2016, un échantillon présentait "de légères traces de fipronil", a-t-il ajouté.

Le taux constaté est inférieur à 0,005 mg par kilo d'oeuf, qui correspond selon la réglementation européenne à une présence résiduelle de la substance, précise un document de l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire.

Une détection pour de grandes quantités ingérées seulement

Aucune présence de cet insecticide interdit dans la chaîne alimentaire n'a en revanche été détectée dans les échantillons d'oeufs datant de la période d'octobre à décembre 2016 conservés par le fabricant d'ovoproduits, qui se fournissait auprès d'élevages de plusieurs pays.

Mais cette substance "modérément toxique" quand elle est consommée en grandes quantités, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), semble présente plus fréquemment à partir de janvier de cette année.

"De janvier à mai 2017, nous avons pu retrouver des traces de fipronil dans 10 de 35 échantillons.

Tous ces taux se situent en-dessous du seuil" prévu par la réglementation européenne, a expliqué M. Diricks.

Les autorités belges se veulent rassurantes.

Une crise sanitaire a éclaté début août autour de la contamination de dizaines de millions d'oeufs, qui provient de la désinfection d'élevages de poules pondeuses en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et en France par un produit contenant du fipronil, un antiparasitaire strictement interdit dans la chaîne alimentaire.

Elle touche désormais 18 pays d'Europe, mais aussi Hong Kong et le Liban.



Plusieurs entreprises belges ou néerlandaises sont dans le collimateur de la justice pour avoir commercialisé ou appliqué ce produit présenté comme "naturel", le DEGA-16, dans les élevages.

Le ministre belge de l'Agriculture, Denis Ducarme, a pour sa part assuré la Belgique avait réussi à circonscrire le problème.

A l'exception de 21 exploitations encore bloquées, "toute la filière de production d'oeufs en Belgique est désormais testée et garantie sans fipronil", a affirmé le ministre.

"Nous sortons progressivement de la crise du fipronil", a-t-il ajouté.

Des dizaines de millions d'oeufs provenant des poulaillers contaminés ont déjà été détruits en Belgique et aux Pays-Bas, où quelque 150 élevages ont été bloqués.

L'industrie alimentaire craignant une pénurie, les prix des oeufs fixés chaque mercredi à la criée en Belgique ont augmenté de 2,5% cette semaine, après une hausse de 6% la semaine dernière.

Oeufs contaminés : des traces de fipronil décelées dès septembre 2016.
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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 12:54

Diabète : l'envol des prix de l'insuline inquiète aux Etats-Unis

Par Jean-Yves Paillé

Les Etats-Unis représentent 40% du marché mondial de l'insuline estimé à 22,35 milliards de dollars dans le monde en 2013.

Les Etats-Unis représentent 40% du marché mondial de l'insuline estimé à 22,35 milliards de dollars dans le monde en 2013.

Le bond des prix de l'insuline a multiplié par trois le coût d'un traitement pour un patient diabétique.

Si les professionnels de santé s'inquiètent et jugent ces prix excessifs, les industries pharmaceutiques mettent en avant le coût de l'innovation.

Responsables politiques et mutuelles veulent faire pression sur les prix.



Le jeudi 7 avril, c'est la journée mondiale de la santé. Avec pour thème le diabète, une maladie chronique pour laquelle l'OMS a lancé un message d'alerte: aujourd'hui 422 millions d'habitants dans le monde sont touchés par cette maladie chronique, soit quatre fois qu'il y a 35 ans.



Les Etats-Unis, par exemple, comptent 29 millions de personnes souffrant d'une forme de diabète, selon les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

Si le pays représente moins de 10% des personnes touchées par cette maladie chronique, il écrase les autres régions en termes de parts de marché pour les laboratoires pharmaceutiques.

Les Etats-Unis représentent 40% du marché mondial de l'insuline estimé à 22,35 milliards de dollars dans le monde en 2013 (10,62 milliards d'euros), selon le cabinet Grand View Research.

Et en 2020, le marché américain devrait représentait 20 milliards de dollars pour cette hormone qui diminue le taux de glucose dans le sang.

En onze ans, le prix de l'insuline a grimpé de 197%

Ces chiffres s'expliquent par l'envol des prix de l'insuline entre 2002 et 2013. Selon une étude parue mercredi 6 avril dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), le millilitre d'insuline a grimpé de 197%, passant de 4,34 dollars à 12,92 dollars.

Faisant tripler le coût annuel d'un traitement pour chaque patient (de 231 à 736 dollars).

"L'augmentation spectaculaire du coût de l'insuline aux États-Unis peut empêcher certaines personnes d'accéder à une thérapie vitale", s'inquiète le Dr William Herman, professeur d'épidémiologie à la faculté de santé publique de l'Université du Michigan, et coauteur de l'étude.

Car, comme le rappelle l'OMS, l'insuline est le principal traitement de cette maladie chronique, et il est vital il pour certains malades, notamment ceux atteints de diabète de type 1.

"Ce plus que triplement du coût de l'insuline depuis dix ans est alarmant, c'est aussi un fardeau pour les assurances maladies", insiste le Docteur William Herman, professeur d'épidémiologie à la faculté de santé publique de l'Université du Michigan, coauteur de l'étude.

Les prix "hors de contrôle" des nouvelles insulines

Cette évolution des prix s'explique par l'arrivée d'insulines analogues, de nouvelle génération, qui coûtent plus cher que les insulines classiques, mais apportent également plus de bénéfices aux patients, reconnaît William Herman. Il estime néanmoins que leur prix est devenu "hors de contrôle".

Cité par Reuters, le 4 avril, le cancérologue du Memorial Sloan Kettering Cancer Center, Peter Bach, abonde, regrettant que les "sociétés (pharmaceutiques) aient le contrôle total sur les prix aux Etats-Unis".

Car les Etats-Unis sont considérés comme un marché où l'on peut faire fructifier ses investissements dans de nouveaux médicaments.

Et ce, contrairement à de nombreux autres pays qui comptent avec la présence de régulateurs de prix.

Le Lantus (Sanofi), troisième plus forte hausse en cinq ans



Parmi ces insulines dont le prix a bondi: le Lantus.

Entre 2010 et 2015, ce blockbuster de Sanofi a augmenté de 168%, d'après Bloomberg.

C'est la troisième plus forte hausse d'un produit contre le diabète dans le pays sur cette période, derrière le Levemir de Novo Nordisk (+169%) et l'Humulin d'Ely Lilly (+325%).

Interrogé par La Tribune, Sanofi tient à rappeler qu'en Europe "le prix a baissé régulièrement en fonction des négociations avec les autorités de santé".

Le groupe confirme que le prix de son médicament phare a augmenté régulièrement sur les quinze dernières années aux Etats-Unis, et ce "en fonction du marché et en raison du cadre réglementaire".

"Nous prenons également en compte les avis des distributeurs et les assureurs".

Le groupe dit aussi tenir compte de la "loi de l'offre et de la demande".







Et les demandes en insuline ont en effet augmenté car les médecins sont plus enclins à prescrire de l'insuline pour les personnes atteintes de diabète de type 2 maintenant, confirme Philip Clarke, professeur en économie de la santé à Melbourne.







Mais face à l'arrivée d'un produit concurrent de Novo Nordisk, le géant français a toutefois dû baisser légèrement le prix de son médicament phare en début d'année 2015. La concurrence est particulièrement forte. Aujourd'hui, plus de vingt types d'insulines sont vendues aux Etats-Unis, selon l'Association américaine contre le diabète. Sanofi mise désormais sur le Toujeo, une insuline nouvelle génération, dont le prix est similaire au Lantus à 248,5 dollars pour 1.000 unités d'insuline, nous explique Sanofi, qui justifie le prix par "l'innovation apportée et les investissements en recherche et développement".







Des prix amenés à baisser à l'avenir ?



Ces hausses de prix, qui concernent de nombreux autres médicaments d'usage courant, selon les données compilées par Reuters, pourraient ne pas durer. Les mutuelles, en train de fusionner, font pression sur le remboursement des produits aux États-Unis, expliquait Marc-André Audisio à La Tribune. Par ailleurs, Donald Trump a expliqué qu'il était prêt à négocier directement avec les industries pharmaceutiques pour négocier les prix afin de faire des milliards de dollars d'économies. Une position que les démocrates ont régulièrement mis en avant dans la campagne d'Hillary Clinton notamment.







Ainsi, faire baisser le coût de l'insuline représente un enjeu primordial pour le pays classé numéro 1 en termes de dépenses dans cette maladie chronique.



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COMMENTAIRES



Va chier a écrit le 23/03/2017 à 15:57 :



COOL



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Gragol a écrit le 08/04/2016 à 12:28 :



L insuline pour mon chat coûte moins cher que ça et heureusement... A 12€ le ml ça fait longtemps qu il boufferait les pissenlits par la racine !



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papy a écrit le 07/04/2016 à 19:06 :



Est-ce qu'un jour on va mettre fin au fait que le prix des médicaments est calculé sur la base des services supposés rendus, j'ai bien dit supposés rendus, et ce sans rapport avec le coût de fabrication. Une arnaque dont tous nos politiques se satisfont.



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Diabète : l'envol des prix de l'insuline inquiète aux Etats-Unis .
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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 12:49

Sclérose en plaques : une enquête sur les prix met sous pression sept labos, dont Sanofi

Par latribune.fr 18/08/2017

Sanofi, Novartis, Roche, Bayer et Teva font partie des sept laboratoires visés par l'enquête.

Sanofi, Novartis, Roche, Bayer et Teva font partie des sept laboratoires visés par l'enquête.

Les prix des traitements contre la sclérose en plaque ont été multiplié par cinq depuis 2004 aux États-Unis.

Deux membres de la Chambre des Représentants ont lancé une enquête pour déterminer la raison de telles hausses.

Les traitements contre la sclérose en plaque, prochain scandale en sommeil sur le prix des médicaments aux Etats-Unis?

Elijah Cummings et Peter Welch, deux démocrates membres de la la Chambre des Représentants, s'interrogent sur les pratiques de plusieurs sociétés pharmaceutiques et ont décidé de lancer une enquête.

Ces deux habitués des actions pour réduire les prix des médicaments jugés exorbitants ont envoyé des lettres à sept laboratoires pharmaceutiques (Sanofi, Novartis, Roche, Bayer, Teva,...).

Dans ces missives, ils leur demandent des explications pour comprendre l'inflation rapide des prix des traitements contre la sclérose en plaques.

En clair, les deux hommes politiques cherchent à déterminer si les sociétés pharmaceutiques ont augmenté leur prix en même temps, ou non.

Coût du traitement annuel: 78.000 dollars en moyenne

En moyenne, les prix d'une thérapie contre la sclérose en plaques, une maladie qui touche plus de deux millions de personnes dans le monde, sont passés de 16.000 à 78.000 dollars par an entre 2004 et 2016, estime la National Multiple Sclerosis Society, une organisation dédiée à la recherche contre la sclérose en plaques.

Interrogé sur le sujet, Roche a déclaré qu'il faut inverser la tendance des fortes augmentations dans ce domaine thérapeutique, rapporte Reuters, tout en assurant proposer sa molécule.

Sclérose en plaques : une enquête sur les prix met sous pression sept labos, dont Sanofi .
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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 07:53

Suppression d'un type de phénotype d'une tumeur cancerereuse médiée par l'acide alpha-lipoïque dans les cellules cancéreuses du poumon humain par régulation négative de la β-caténine et du

Oct-4.

Phiboonchaiyanan PP, et al. Cell Oncol (Dordr). 2017.

OBJECTIF: Les cellules souches cancéreuses (CSC) qui possèdent la capacité d'auto-renouvellement et de multi-puissance ont montré qu'elles conduirent la progression de la tumeur et de la métastase.

La majorité des études récentes ont porté sur les molécules potentielles ciblant les CSC afin de développer de nouvelles stratégies pour un traitement ou une protection efficaces contre le cancer.

Ici, nous montrons comment l'acide alpha-lipoïque (LA), un anti-oxydant mitochondrial endogène, affecte les phénotypes de type CSC de cellules H23, H292 et H460 dérivées de cancer du poumon non à petites cellules humaines.

MÉTHODES:

Les phénotypes semblables à CSC ont été vérifiés par une croissance indépendante de l'ancrage, une formation tridimensionnelle (3D) sphéroïde et l'expression de marqueurs CSC.

Des populations enrichies de CSC ont été utilisées pour confirmer les effets de l'ALA.

L'ubiquitination et la dégradation des protéines ont été évaluées à l'aide de l'immunoprécipitation.

RÉSULTATS:

Nous avons constaté que le traitement avec ALA réduisait le phénotype du CSC, comme l'indique une diminution de l'expression de marqueurs CSC connus (CD133, CD44, ALDH1A1, Oct-4 et Nanog) dans les cellules H460.

En outre, nous avons constaté que ALA a réduit les capacités liées au CSC de la croissance indépendante de l'ancrage et de la formation de sphéroïdes 3D et des facteurs supprimés liés à la transition épithéliale-mésenchymateuse, comme l'E-cadhérine, Vimentin, Slug et Escargot.

Sur le plan mécanique, nous avons constaté que ALA supprime les CSC par l'épuisement des protéines de la souche cellulaire β-catenine et lOct-4 via la diminution du taux d'Akt actif (phosphorylé).

Cela a entraîné l'induction de la dégradation protéasomique de la β-caténine β-caténine dépendante de GSK3β et une diminution de la forme stabilisée (phosphorylée) du 4 oct.

Les effets de ALA sur les phénotypes de type CSC ont été confirmés dans des cellules dérivées de cancer du poumon H460, H292 et H23 enrichies en SCC.

CONCLUSION:

Nos données révèlent un nouveau rôle réglementaire et un mécanisme sous-jacent de ALA dans la régulation négative d'un phénotype de type CSC dans des cellules dérivées de cancer du poumon non à petites cellules.

PMID 28677037 [PubMed]

Article intégral :

https://link.springer.com/article/10.1007%2Fs13402-017-0339-3

Suppression d'un type de phénotype d'une tumeur cancerereuse médiée par l'acide alpha-lipoïque dans les cellules cancéreuses du poumon humain par régulation négative de la β-caténine et du  Oct-4.
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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 21:55

Laurent Chevallier - Gaufres et autres produits contaminés au fipronil : l'incohérence !

Comment le ministère de l'Agriculture peut-il affirmer que les produits contenant du fipronil ne présentent pas de risque pour la santé ?

PAR LAURENT CHEVALLIER

Il est pour le moins surprenant que le ministère de l'Agriculture, dans son communiqué du 17 août, puisse affirmer que les produits contenant du fipronil « à une concentration supérieure à la limite réglementaire (…) ne présentent pas de risque pour la santé ».

Dès lors, à quoi bon définir des limites réglementaires ?

Qu'en pensent celles et ceux qui les ont élaborées ?

Et, surtout, pourquoi le ministère de la Santé est-il si étrangement discret sur le sujet ?

Toxicité différée

Sur le plan médical, il faut bien faire la différence entre une toxicité aiguë pour laquelle il ne semble pas, à ce jour, y avoir de cas répertoriés par la consommation d'œufs contaminés par le fipronil (vertiges, maux de tête, convulsions… tels que décrits pour des expositions professionnelles graves et involontaires) et une toxicité différée.

Depuis combien de temps les populations européennes sont-elles exposées à cette substance ?

En effet, une fois absorbé, ce produit se concentre essentiellement dans le tissu graisseux (le gras du corps) et, de ce fait, s'élimine non seulement mal mais aussi lentement.

L'Anses indique clairement dans son rapport du 11 août que, « concernant une évaluation quantitative des risques chroniques, celle-ci n'a pas pu être réalisée ».

Néanmoins, elle estime – et ce n'est qu'une estimation – que, tant que les limites réglementaires de contamination ne sont pas dépassées, cela « permet de prévenir les risques ».

Or elles sont d'ores et déjà dépassées dans certains produits alimentaires. Comment, dans ce contexte, parler de risque « très faible » pour la santé alors que, justement, l'absence de données fiables et complètes est patente, ne semblant pas permettre une évaluation suffisante et exhaustive ?

D'ailleurs, que signifie « très faible » ? Est-ce une approche épidémiologique, une atteinte organique limitée ?

Les conséquences pour la santé à moyen et long terme sont-elles véritablement prises en compte ?

En tout état de cause, les recommandations officielles concernant le stockage du fipronil pour les industriels sont parfaitement claires : « stocker le fipronil et ses spécialités dans leurs emballages d'origine, dans des locaux bien ventilés ne contenant pas de denrées alimentaires ».

Or, là, il est présent dans les aliments.

Plus de cohérence

Dans toutes les espèces testées exposées au fipronil (selon, bien sûr, le degré d'exposition et de concentration, base des évaluations), on provoque une toxicité du système nerveux, expérimentalement chez l'animal (l'homme ne pouvant servir de cobaye !).

On peut observer aussi des atteintes du foie et de la thyroïde chez certaines espèces.

Du coup, n'est-on pas en droit d'attendre plus de cohérence ?

Soit on légitime le danger en retirant des lots contaminés, mais alors, pourquoi écrire « bien que ne présentant pas de risque pour la santé » ?

Soit, si, effectivement, il n'y a pas de risque du tout pour la santé, pourquoi faire retirer les lots ?

Peut-être le ministère de l'Agriculture dispose-t-il d'autres éléments ?

En l'état, sur le plan médical, des mesures pourraient a minima être édictées par le ministère de la Santé pour protéger en priorité les femmes enceintes, les jeunes enfants et toutes les personnes médicalement vulnérables.

Publié le 18/08/17 lepoint.fr

Gaufres et autres produits contaminés au fipronil : l'incohérence.
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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 09:43

Le plus grand gestionnaire desintérêts pharmaceutiques des USA limitera bientôt le nombre et la puissance des médicaments opioïdes prescrits aux premiers utilisateurs, dans le cadre d'un vaste effort visant à freiner une épidémie affectant des millions d'Américains.

Ce nouveau programme de "Express Scripts" tire les leçons des critiques de l'American Medical Association, la plus grande association de médecins et d'étudiants en médecine aux États-Unis, qui croit que les plans de traitement devraient être laissés aux mains des médecins et de leurs patients.

Environ 12,5 millions d'Américains utilisent mal les opioïdes prescrits en 2015, selon le Département américain de la santé.

Plus de 33 000 décès cette année ont été attribués à des surdoses opioïdes.

"Express Scripts" a lancé un programme pilote d'une année en 2016 visant à réduire la dépendance des patients à l'égard des opioïdes et le risque de dépendance, a déclaré Snezana Mahon, vice-présidente du développement de produits cliniques basée au Missouri.

M. Mahon a déclaré que l'analyse de 106 000 patients dans le programme pilote a montré une réduction de 38% des hospitalisations et une réduction de 40% des visites de salles d'urgence comparativement à un groupe témoin.

Le programme devrait prendre effet à l'échelle nationale le 1er septembre pour les membres de "Scripts express" dont l'employeur ou l'assureur se sont inscrits pour y participer.

Dans le cadre du programme, et pour les nouveaux utilisateurs d'opioïdes les prescriptions sont limitées à sept jours, même si le médecin prévoit une demande plus longue.

M. Mahon a déclaré que la prescription moyenne était de 22 jours.

Le programme nécessite également des médicaments à action courte pour les premières ordonnances d'opioïdes, même si de nombreux médecins prescrivent des opioïdes à action prolongée.

La posologie est également limitée et la société surveillera et tentera de prévenir les modèles de «pillage» potentiels, où un patient passe d'un médecin à un autre médecin pour collecter des ordonnances.

Le programme ne s'applique pas aux patients en soins palliatifs, ni aux patients cancéreux.

Un concurrent, "CVS Caremark", presente un programme similaire.

"Souvent, les médecins prescrivent ces médicaments aveuglément", a déclaré M. Mahon.

"Ils ne savent pas qu'un patient peut aller voir plusieurs prescripteurs".

Elle a dit que certains médecins "qui sont réellement appréciés disent:" Merci, je ne savais pas que cela se passait ainsi ".

Mais le docteur Patrice Harris, un psychiatre d'Atlanta qui préside le Groupe de travail sur les opioïdes de l'Association médicale américaine, a déclaré que les médecins travaillent déjà à lutter contre l'épidémie d'opioïdes.

Harris a déclaré que les médecins ont réduit ces prescriptions de 17% au cours des deux dernières années et dirigent les patients vers d'autres formes de traitement de la douleur, y compris la thérapie physique et la thérapie cognitivo-comportementale.

«Nous voulons être pro-actifs pour nous assurer que les solutions de rechange sont disponibles, par rapport à une sorte d'approche brute et unique sur le nombre de prescriptions», a déclaré Harris.

"La position prise par l'AMA a toujours été que la décision concernant une alternative à ce traitement spécifique est mieux si elle est laissée au médecin et à son patient".

" Express Scripts" a déclaré que si un médecin veut qu'un patient ait plus d'un traitement de sept jours, il peut le demander.

Harris a déclaré que ces étapes supplémentaires créent un fardeau administratif pour le médecin ", mais plus important encore, ils retardent les soins pour le patient".

Harris a déclaré que l'AMA n'a pas contacté Express Scripts pour susciter des inquiétudes au sujet du programme ou pris des mesures pour l'arrêter.

La Food and Drug Administration des États-Unis exige déjà des avertissements sur l'étiquette concernant l'utilisation abusive de tous les médicaments d'ordonnance, mais "Express Scripts" prendra l'étape supplémentaire consistant à envoyer une lettre à de nouveaux patients opioïdes en prévenant les dangers de l'utilisation abusive et de la toxicomanie.

"CVS Caremark" dispose déjà d'une limite de 10 jours sur les opioïdes et limite le dosage, a indiqué la compagnie.

Les patients doivent commencer par des médicaments à action courte et les médecins doivent régulièrement évaluer les patients utilisant des ordonnances opioïdes.

" CVS Caremark" a également un processus de suivi pour identifier les achats de pilules et d'autres formes d'abus ou de fraude, et travaille avec ses pharmacies de détail pour examiner «la prescription des tendances et des comportements irréguliers et avec les médecins pour assurer une thérapie appropriée pour les patients souffrant de douleur chronique», dit la porte-parole Christine Cramer dans un courriel.

"Express Scripts" fournit également des analyses de données dans le cadre du nouveau programme de surveillance des médicaments d'ordonnance du Missouri.

Le gouverneur républicain Eric Greitens a annoncé des détails le mois dernier au siège social de Express Scripts dans la banlieue de St. Louis.

Le Missouri était le dernier état sans programme de suivi des médicaments sur ordonnance.

Des mesures pour lutter contre l'épidémie d'abus d'opïodes.
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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 06:44

Aux États-Unis, la consommation des opiacés a explosé au début des années 2000 avec l’assouplissement très marqué des règles de prescription médicale.

La France, pour sa part, vient de prendre des mesures de contrôle de la vente des dérivés morphiniques.

L’opium recèle mille trésors.

Ou mille poisons, c’est selon.

Ce latex, récolté par incision des boutons de pavot somnifère avant qu’ils n’atteignent leur maturité, contient de nombreuses molécules.

Ils ont des propriétés narcotiques (elles endorment), antalgiques (antidouleur) et antitussives (contre la toux) bien connues. À commencer par la célèbre morphine.

Il est possible, par des réactions chimiques, d’obtenir d’autres molécules opiacées, aussi appelées opioïdes, à partir de ces composés naturels.

L’acétylation de la morphine donne par exemple l’héroïne.

Cette dernière pénètre plus facilement dans le cerveau où elle se retransforme d’un coup en morphine, provoquant un afflux brutal de molécules.

C’est ce qui déclenche chez l’utilisateur ce «flash» orgasmique tant recherché.



L’industrie pharmaceutique produit quant à elle des dérivés morphiniques à partir de la thébaïne ou de la codéine (deux autres molécules issues du pavot): respectivement l’oxycodone (commercialisé sous les noms de Percocet ou OxyContin) et l’hydrocodone (le célèbre Vicodin qui rend accro le Dr House dans la série éponyme, ou le Norco).

Ces opiacés sont de puissants antidouleur «de palier 3», le niveau le plus élevé défini par l’Organisation mondiale de la santé.

Aux États-Unis, leur consommation a explosé au début des années 2000 avec l’assouplissement très marqué des règles de prescription (et un lobbying intense de l’industrie pharmaceutique).

«En France, ces molécules sont considérées comme des stupéfiants, au même titre que la morphine, car elles présentent un fort potentiel addictif , rappelle le Pr Bruno Mégarbane, chef du service de réanimation médicale et toxicologique à l’hôpital Lariboisière.

Elles ne sont prescrites que sur ordonnance sécurisée, pour une durée maximale de 28 jours et pour traiter des douleurs particulièrement intenses.»

La codéine, de palier 2, n’est elle plus en vente libre depuis cet été.

Quant au tramadol, l’opioïde de palier 2 qui a remplacé le di-antalvic, sa prescription et sa consommation sont très surveillées.

Risque de toxicomanie

Toutes ces molécules agissent sur les récepteurs opiacés présents dans le cerveau.

Outre leur action antalgique, elles perturbent les centres du plaisir, ce qui attise le besoin de récompense immédiate.

Qui est satisfait par la prise d’opiacés.

Un cercle vicieux qui ne s’arrête pas là puisque l’effet des médicaments s’estompe avec le temps (le corps s’adapte), ce qui pousse les patients à augmenter les doses.

Jusqu’à atteindre l’overdose. «Les récepteurs opioïdes jouent un rôle sur les voies de la vigilance et de la respiration, détaille Bruno Mégarbane.

Il y a un risque de perte de connaissance, puis d’arrêt respiratoire en cas de surdosage.»

Un médicament, la naloxone, permet désormais de soigner l’overdose.

Cette molécule se fixe en effet sur les mêmes récepteurs que les opioïdes, mais sans les activer.

Elle entre ainsi en compétition avec la drogue (ou le médicament) permettant de sauver le patient.

Rien à voir avec la méthadone ou la buprenorphine (plus connue sous le nom commercial de Subutex), deux opioïdes de substitution à l’héroïne.

Cela aurait pu sauver le chanteur Prince, décédé l’année dernière après une overdose de fentanyl, un opioïde entièrement synthétique, cent fois plus puissant que la morphine, principalement utilisé comme anesthésiant ou en réanimation en France, mais dont l’usage comme antalgique se démocratise aux États-Unis.

Et dont commencent à s’emparer les trafiquants.

«Nous recevons des jeunes qui font des overdoses de dérivés de fentanyl produits dans des labos clandestins», témoigne Bruno Mégarbane.

Médicaments dérivés de l'opium et risque de toxicomanie. Ampleur d'une épidémie venue des USA.
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