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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 15:43

Les vaccins maudits par l'Amérique de Trump

Par Aude Massiot — 11 juillet 2017 libération

Depuis son élection, le président américain propage fake news et déclarations de méfiance envers les vaccins, alors que les épidémies se multiplient depuis quelques années.

Andrew Wakefield.

Prononcer ce nom suffit à hérisser les poils de beaucoup de professionnels de la santé américains.

Le Britannique, aujourd’hui installé à Austin, au Texas, est l’auteur d’une étude, publiée en 1998 dans la revue médicale Lancet, qui établissait un lien entre le vaccin rougeole-oreillons-rubéole et le développement de l’autisme.

Ces résultats ont fait le tour du monde, avant d’être contredits par une série d’études scientifiques.

Lancet a retiré la publication et présenté ses excuses. Wakefield a perdu sa licence de médecin.

Seulement, le mal était fait.

Dix-neuf ans après, sa théorie continue de circuler et de séduire aux Etats-Unis.

Elle fut même introduite dans un débat télévisé de la campagne électorale républicaine, par nul autre que Donald Trump, en septembre 2015.

«Des personnes qui travaillent pour moi, l’autre jour, m’ont raconté que leur magnifique enfant, âgé de deux ans, est allé se faire vacciner et, une semaine plus tard, a eu une fièvre terrible et a été très malade. Maintenant il est autiste.»

Plus grosse épidémie depuis 1959

Ce n’était pas la première fois que le milliardaire rapportait cette fake news.

Une fois élu, Trump a évoqué vouloir créer une Commission sur la «sécurité des vaccins et l’intégrité scientifique», au grand contentement des groupes anti-vaccins, dont la Ligue pour l’information sur les accidents de vaccination.

Le groupe californien travaille intensivement auprès des élus au Congrès pour prôner le «vrai consentement informé» pour les parents indique sa présidente Michelle Ford.

Elle se réjouit d’avoir entre 5 000 et 10 000 inscrits à sa newsletter, «les vaccins représentent un risque aussi grand que les maladies qu’ils sont censés prévenir.

Les parents devraient avoir le droit de choisir ce qu’ils veulent pour leurs enfants, en étant bien informés sur les dangers encourus.»

Pour Jinny Suh, cet argument ne tient pas.

La quarantenaire, mère de deux enfants de 4 ans et 9 mois, a créé Immunize Texas, un groupe communautaire basé à Austin qui regroupe une centaine de bénévoles, inquiets de la recrudescence des exemptions vaccinales pour des raisons philosophiques ou religieuses.

Aux Etats-Unis, dans les écoles publiques, les enfants doivent être vaccinés pour pouvoir être inscrits.

Le cocktail de vaccins requis varie en fonction des Etats, mais les exemptions pour raisons médicales, philosophiques ou religieuses sont souvent possibles.

«Les anti-vaccins défendent le droit des parents à choisir de ne pas vacciner leurs enfants mais j’ai aussi le droit d’envoyer mes enfants dans une école où ils ne risquent pas d’être contaminés, avance la militante.

Les groupes anti-vaccins restent une minorité mais sont très bruyants aux Texas et ont réussi à semer le doute dans la tête de beaucoup de parents.»

En 2013, le Texas a connu sa plus grosse épidémie de coqueluche depuis 1959 : 4 000 personnes ont été contaminées et cinq nourrissons trop jeunes pour être vaccinés sont décédés.

La rougeole, qui avait disparu aux Etats-Unis, a refait surface.

Dans onze Etats, le nombre d’enfants non vaccinés pour des raisons non médicales était, en 2016, le plus important par rapport aux cinq années précédentes.

En réaction, la Californie, où une épidémie fulgurante de rougeole a touché 131 personnes, à Disneyland en 2014, a supprimé, un an après, l’exemption pour croyance personnelle.

Le Vermont a suivi l’exemple.

En parallèle, le conservateur Dakota du Nord, a vu le pourcentage d’exemptions non-médicales passer de 0,8% à 3% de 2010 à 2016.

«Le mouvement d’hésitation sur les vaccins inquiète beaucoup d’entre nous, soupire William Schaffner, professeur de médecine préventives et de maladies infectieuses à l’université Vanderbilt dans le Tennessee.

Les vaccins perdent leur valeur car ils sont efficaces.

Les gens oublient la gravité des maladies qu’ils évitent.»

Le Minnesota en fait les frais.

L’Etat connaît actuellement sa plus grosse épidémie de rougeole depuis 1990.

78 personnes ont été touchées, et un tiers ont dû être hospitalisées.

«Plusieurs campagnes ont été lancées à travers le pays pour aider les pédiatres à bien informer les parents sur l’importance des vaccins et leurs effets secondaires, explique Kathryn Edwards, pédiatre à l’université de Vanderbilt et auteure d’une étude sur les exemptions non-médicales.

Les vaccins doivent être présentés comme le standard des traitements, le meilleur moyen de protéger les enfants.»



Aude Massiot

Les vaccins maudits par l'Amérique de Trump.
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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 11:59

Cancer du sein : des tests pour éviter lhormonothérapie

Un test génétique identifie les patientes qui pourraient être dispensées d’hormonothérapie après chirurgie du sein. Une médecine personnalisée dont le bénéfice est important, notamment pour les femmes qui ont des effets secondaires importants.

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 03.07.2017 Par Pascale Sant

 

Comment savoir quelles femmes atteintes de cancer du sein pourraient être dispensées d’hormonothérapie, après la chirurgie ?

Le test génétique MammaPrint, développé par la société néerlandaise Agendia, permet d’identifier ces patientes, qui ont un très faible risque ­ (« ultralow ») de rechute, selon une étude menée par l’Université de Californie à San Francisco (UCSF) et une équipe de Suède, publiée jeudi 29 juin dans JAMA Oncology.

 

Ce cas de figure concernerait environ 20 % à 25 % des cas.

 

Lorsque la tumeur est à bas risque, la chimiothérapie n’est pas recommandée, mais l’hormonothérapie est la plupart du temps prescrite, en prévention d’une rechute. En France, on compte environ 50 000 nouveaux cas de cancer du sein diagnostiqués chaque année.

L’étude randomisée, réalisée ­entre 1976 et 1990, a consisté à ­suivre près de 1 780 patientes touchées par le cancer du sein et traitées par tamoxifène (hormonothérapie) ou pas.

652 biopsies de tumeur sont été effectuées avec le test génétique MammaPrint :

58 % (377) ont été classées à faible risque,

15 % à très faible risquede récidive.

Chez ces dernières, la chance de survie à vingt ans était de 97 % avec un traitement par hormonothérapie, contre 94 % sans traitement.

Un écart faible. « Ce test, qui permet d’identifier les femmes ayant un très faible risque, va permettre aux médecins de mieux personnaliser le traitement », souligne Laure Esserman (UCSF), auteure principale de l’étude.

Notamment pour les femmes qui ont des effets secondaires importants.

« Même si une limite de l’étude est le nombre restreint de patientes, elle est intéressante car elle permet de poser la question : certaines ­patientes pourraient-elles éviter l’hormonothérapie ? », commente Fabrice André, oncologue à l’Institut Gustave-Roussy (qui tient à préciser qu’il est membre, non ­rémunéré, du conseil scientifique d’Agendia, qui commercialise MammaPrint).

Traitements lourds

Développés depuis une quinzaine d’années, les tests qui quantifient l’expression de certains gènes ­impliqués dans le cancer permettent de prédire le risque de rechute, mais aussi l’intérêt de ne pas recourir à des traitements lourds aux effets secondaires importants.

Des études avaient déjà montré qu’ils pouvaient épargner des chimiothérapies inutiles à certaines patientes.

Au moins quatre types de tests sont aujourd’hui sur le marché, dont Oncotype DX (société américaine Genomin Health), qui porte sur 21 gènes, et MammaPrint, qui examine 70 gènes.

Aujourd’hui, une idée reçue est que l’hormonothérapie est mieux tolérée que la chimiothérapie.

Or, la toxicité rapportée par les patientes traitées par hormonothérapie est fréquente : bouffées de chaleur, prise de poids, douleurs articulaires, troubles de l’attention… « Cette toxicité nous paraît aujourd’hui sous-évaluée », note Fabrice André.

La France autorise depuis dix-huit mois le remboursement hors nomenclature de 1 850 euros pour ces tests, qui coûtent environ 3 000 euros, explique Jean-Yves Pierga, oncologue à l’institut Curie.

Certains hôpitaux prennent la différence à leur charge.« Cette étude est originale, car elle pose la question d’éviter les ­effets secondaires de l’hormonothérapie, généralement considérée comme mieux tolérée que la chimiothérapie. »


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/sciences/article/2017/07/03/cancer-du-sein-des-tests-pour-eviter-l-hormonotherapie_5154960_1650684.html#M1f6JzUvYgquHFGQ.99

Cancer  du sein  : un test génétique pour éviter l’hormonothérapie.
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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 11:57

Sel et microbiote

 

Le sel est un nutriment actuellement très étudié dans le domaine de la SEP. Plusieurs recherches chez l'animal ont en effet suggéré qu'il existait un lien entre des taux élevés en sel et les maladies auto-immunes. Chez l'homme, l'hypothèse a été relancée par une étude observationnelle publiée en 2015 montrant qu'une alimentation riche en sel pourrait augmenter l'inflammation, les poussées, les lésions en T2, et constituer un facteur de risque de développement de la SEP [20]. En 2016, une étude de cohorte prospective exploratoire montrait, quant à elle, qu'il n'y avait pas de lien entre une forte consommation de sel et le délai entre les poussées chez les patients pédiatriques atteints de SEP [21].

Le sel pourrait agir sur le statut inflammatoire en augmentant le nombre de cellules Th17, qui sont impliquées dans le processus pathologique des maladies auto-immunes [22]. Il agirait également sur la composition du microbiote, lui-même producteur de neurotransmetteurs et de cytokines. Le microbiote gastro-intestinal est de plus en plus considéré comme un facteur influant la santé neurologique.

 

Dans une étude menée chez l'animal et présentée à l'AAN 2017, les chercheurs ont montré qu'une alimentation très salée non seulement augmentait le nombre de cellules pathogènes Th17, mais réduisait également la présence de Lactobacillus murinus dans le microbiote. [23] Par ailleurs, la réintroduction de cette bactérie dans l'alimentation des animaux diminuait les paramètres de neuroinflammation au niveau du petit intestin, de la rate et de la moelle épinière, suggérant que le microbiote pourrait être une cible thérapeutique.

En 2016, Jangi et al. avaient montré que le microbiote des patients atteints de SEP était différent de celui des individus sains [24]. Selon une étude présentée en poster à AAN [25], la composition bactérienne du microbiote diffèrerait également selon l'activité de la maladie. Les patients avec une SEP rémittente active présentaient un microbiote plus enrichi en Firmicutes-Clostridium IVBacteroidetes et Barnesiella comparativement à ceux avec une SEP stable ou des sujets contrôles. La taille de l'étude est trop petite (10 patients, 2 contrôles) pour conclure, mais les auteurs entrevoient la possibilité d'identifier des marqueurs de la flore intestinale pour prédire l'activité de la maladie et intervenir avant les poussées.

 

Faut-il limiter le sel chez les patients SEP ?

« Les seuls essais ayant trouvé un lien [entre sel et SEP] ont été menés chez l'animal. Les études chez l'homme sont malheureusement trop contradictoires » pour recommander une restriction en sel, selon le Pr Bruno Brochet (CHU de Bordeaux).

Le Pr Pierre Clavelou (CHU de Clermont-Fd) confirme : « Dans la SEP, les travaux sont contradictoires, avec une suggestion forte dans des modèles animaux, mais aucune étude épidémiologique positive d'une relation régime riche en sel et risque de SEP ou de formes plus sévères de SEP, même chez les enfants. » Mais d'une façon générale, « il vaut mieux éviter la prise de sel en pathologie neurovasculaire, car c'est un facteur aggravant de l'hypertension artérielle. »

 

Régimes et compléments alimentaires

Un régime « anti-SEP » souvent cité sur les réseaux sociaux est celui du Dr Terry Wahls. Combinant une diète alimentaire de type paléolithique et des exercices physiques et de méditation, il aurait un effet bénéfique sur les symptômes et la progression de la maladie. Il a fait l'objet une étude pilote non contrôlée de petite taille [26]. « Les effets du régime paléolithique sont pour l'instant anecdotiques, et ne permettent pas de confirmer une efficacité, » a clarifié le Dr Barbara Geisser. « Il en va de même des compléments à base de plantes, de probiotiques, les régimes végétariensou sans gluten. On manque également de données sur l'intérêt des huiles de poissons dans la SEP. »

Les acides gras polyinsaturés (AGPI), oméga 3 et 6, de par leurs propriété anti-inflammatoires, sont consommées sous forme de compléments alimentaires par de nombreux patients SEP. Une enquête transversale menée en Belgique sur près de 1400 patients atteints de SEP avait suggéré une association inverse entre la progression et la sévérité de la maladie, et la consommation régulière de poissons, alcool et café [27]. Cependant, une méta-analyse italienne portant sur 6 essais randomisés n'a pu conclure à un effet bénéfique des AGPI sur la progression de la maladie [2]. En 2013, une analyse de la Nurse Health Study, portant sur plus 90 000 femmes, n'a pas trouvé d'association entre la consommation d'alcool et de caféine, et le risque de SEP [28]. À noter que deux études cas-témoins publiées en 2016suggéraient que le café, à raison de plus de 6 tasses par jour, pourrait diminuer le risque de développer une SEP. Des données qui ouvrent donc la porte à de nouvelle études, mais qui ne permettent pas de recommander, pour l'instant, un changement de consommation.

 « Les patients ne devraient pas se concentrer sur un complément particulier ou une approche diététique, mais adopter des habitudes alimentaires et une hygiène de vie saines »Pr B. Giesser

Il est important de « discuter avec les patients pour vérifier s'ils prennent des compléments qui pourraient exacerber le statut inflammatoire ou interagir avec le traitement », a insisté le Pr Giesser. « Les patients souffrant de SEP ne devraient pas se concentrer sur un complément particulier ou une approche diététique, mais adopter des habitudes alimentaires et une hygiène de vie saines », a-t-elle conclu.

Hygiène de vie : tabac et activité physique

Le Pr Barbara Giesser a également rappelé que les données de la littérature sont très solides pour permettent de recommander de :

  • ne pas fumer : le tabac aggrave le pronostic de la SEP et en accélère la progression. Le sevrage pourrait en partie renverser les effets délétères du tabac [29,30].
  • faire de l'exercice : « Il y a 30 ans, nous disions à nos patients de rester chez eux et d'éviter tout exercice. Désormais, toute la communauté médicale s'accorde pour promouvoir l'activité physique chez les patients SEP », a indiqué le Dr Giesser. Il est aujourd'hui démontré que l'exercice améliore non seulement les comorbidités de la SEP, mais également les poussées chez les patients pédiatriques [31], la cognition, les symptômes (fatigue, humeur, qualité de vie) et le statut neuro inflammatoire (en diminuant notamment les cytokines) [32,33,34,35]. Aucune association avec l'apparition de la maladie n'a cependant été démontrée [36].

Des directives canadiennes sur l'exercice physique et la SEP suggèrent de pratiquer au moins 30 minutes d'activité aérobie d'intensité modérée deux fois par semaine, et 2 séances hebdomadaires d'exercices de renforcement des grands groupes musculaires.

  1. Ault A.Patients With MS Want More Info on Wellness. Medscape News, 14 juin 2016
  2. Anderson P. Jury Still Out on Dietary Interventions in MS . Medscape News, 27 décembre 2012
  3. Fitzgerald K. A survey of current dietary habits within a large population of people with multiple sclerosis (S44.002). Congrès AAN, 27 avril 2017
  4. Hughes S. Can Diet Affect Multiple Sclerosis? Medscape News, 25 septembre 2014
  5. Giesser B. Guts and Glory: The Importance of Diet and Exercise in Managing Persons with Multiple Sclerosis. Congrès AAN, 25 avril 2017
  6. Marrie RA, Elliott L, Marriott J et all. Effect of comorbidity on mortality in multiple sclerosis. Neurology. 2015 Jul 21; 85(3): 240–247. doi:  10.1212/WNL.0000000000001718 PMCID: PMC4516290
  7. Marrie RA, Patten SB, Tremlett H. Sex differences in comorbidity at diagnosis of multiple sclerosis: A population-based study. Neurology. 2016 Mar 9. pii: 10.1212/WNL.0000000000002481. PMID: 26962066 PMCID: PMC4826338
  8. Langer-Gould A, Brara SM, Beaber BE, Koebnick C. Childhood obesity and risk of pediatric multiple sclerosis and clinically isolated syndrome. Neurology. 2013 Feb 5;80(6):548-52. doi: 10.1212/WNL.0b013e31828154f3. PMID: 23365063
  9. Gandey A. Obese Teens at Increased Risk for Multiple SclerosisMedscape News, 12 novembre 2009
  10. Fitzgerald K. Effects of intermittent calorie restriction on weight, fat mass, lean mass, visceral adipose tissue: Results from a pilot controlled-feeding study in multiple sclerosis patients (P3.390).  Congrès AAN, 25 avril 2017
  11. Bargoin V.SEP : le déficit en vitamine D pourrait être un facteur causal , Actualités Medscape, 23 septembre 2015
  12. Mowry EM, Krupp LB, Milazzo M. Vitamin D status is associated with relapse rate in pediatric-onset multiple sclerosis. Ann Neurol. 2010 May;67(5):618-24. doi: 10.1002/ana.21972. PMID: 20437559
  13. Mowry EM, Waubant E, McCulloch CE et al. Vitamin D status predicts new brain magnetic resonance imaging activity in multiple sclerosis. Ann Neurol. 2012 Aug;72(2):234-40. doi: 10.1002/ana.23591. PMID: 22926855
  14. Thouvenot E, Orsini M, Daures JP, Camu W. Vitamin D is associated with degree of disability in patients with fully ambulatory relapsing-remitting multiple sclerosis. Eur J Neurol. 2015 Mar;22(3):564-9. doi: 10.1111/ene.12617.
  15. Anderson P. High Vitamin D Levels Linked to Lower MS Disease ActivityMedscape News, 15 octobre 2015
  16. Smolders J, Damoiseaux J, Menheere P, Hupperts R. Vitamin D as an immune modulator in multiple sclerosis, a review. J Neuroimmunol. 2008 Feb;194(1-2):7-17. doi: 10.1016/j.jneuroim.2007.11.014. PMID: 18177949
  17. Shirazi HA, Rasouli J, Ciric B, et al. 1,25-Dihydroxyvitamin D3 enhances neural stem cell proliferation and oligodendrocyte differentiation. Exp Mol Pathol. 2015 Apr;98(2):240-5. doi: 10.1016/j.yexmp.2015.02.004. PMID: 25681066)
  18. Hupperts R. S4.005  High dose cholecalciferol (vitamin D3) oil as add-on therapy in subjects with relapsing-remitting multiple sclerosis (RRMS) receiving subcutaneous interferon ß-1a (scIFNß-1a). Congrès AAN, 27 avril 2017
  19. Camu W. CHOLINE : S4.004  Cholecalciferol supplementation in Relapsing Multiple Sclerosis patients treated with subcutaneous interferon beta-1a: a Randomized Controlled Trial. Congrès AAN, 27 avril 2017
  20. Farez MF, Fiol MP, Gaitán MI et al Sodium intake is associated with increased disease activity in multiple sclerosis. J Neurol Neurosurg Psychiatry. 2015 Jan;86(1):26-31. doi: 10.1136/jnnp-2014-307928. PMID: 25168393)
  21. 21 Bardia Nourbakhsh B, Graves J, Casper CT, et al. Dietary Salt Intake and Time to Relapse in Paediatric Multiple Sclerosis J Neurol Neurosurg Psychiatry. 2016;87(12):1350-1353. 
  22. Kleinewietfeld M1, Manzel A, Titze J et al. Sodium chloride drives autoimmune disease by the induction of pathogenic TH17 cells. Nature. 2013 Apr 25;496(7446):518-22. doi: 10.1038/nature11868. PMCID: PMC3746493
  23. 23. Linker  R. P3.391  Salt-sensitive alterations in gut microbiota impact Th17 cells and neuroinflammation   Congrès AAN 2017
  24. Jangi S, Gandhi R, Cox LM et al. Alterations of the human gut microbiome in multiple sclerosis. Nat Commun. 2016 Jun 28;7:12015. doi: 10.1038/ncomms12015.
  25. Nedelcu S. P3.398  Alteration of Microbiome in Relapsing Multiple Sclerosis Congrès AAN 2017
  26. Bisht B, Darling W, Grossmann R et al. A Multimodal Intervention for Patients with Secondary Progressive Multiple Sclerosis: Feasibility and Effect on Fatigue J Altern Complement Med. 2014 May 1; 20(5): 347–355. doi:  10.1089/acm.2013.0188 PMCID: PMC4011484
  27. D'hooghe MB1, Haentjens P, Nagels G, De Keyser J. Alcohol, coffee, fish, smoking and disease progression in multiple sclerosis. Eur J Neurol. 2012 Apr;19(4):616-24. doi: 10.1111/j.1468-1331.2011.03596.x.
  28. Massa J, O'Reilly EJ, Munger KL, Ascherio A. Caffeine and alcohol intakes have no association with risk of multiple sclerosis. Mult Scler. 2013 Jan;19(1):53-8. doi: 10.1177/1352458512448108.
  29. Correale J, Farez MF Smoking worsens multiple sclerosis prognosis: two different pathways are involved. J Neuroimmunol. 2015 Apr 15;281:23-34. doi: 10.1016/j.jneuroim.2015.03.006.
  30. Healy BC, Ali EN, Guttmann CR, Chitnis T et al. Smoking and disease progression in multiple sclerosis. Arch Neurol. 2009 Jul;66(7):858-64. doi: 10.1001/archneurol.2009.122.
  31. Pauline A.  Exercise Linked to Less Disease Activity in Kids With MS Medscape News, 13 août 2015
  32. Ault A. Treadmill Walking Improves Cognition in MS Medscape News, 8 juin 2016
  33. Sandroff BM, Dlugonski D, Pilutti LA et al. Physical activity is associated with cognitive processing speed in persons with multiple sclerosis.Mult Scler Relat Disord. 2014 Jan;3(1):123-8. doi: 10.1016/j.msard.2013.04.003.
  34. Briken S, Gold SM, Patra S, Vettorazzi E et al. Effects of exercise on fitness and cognition in progressive MS: a randomized, controlled pilot trial. Mult Scler. 2014 Mar;20(3):382-90. doi: 10.1177/1352458513507358.
  35. Motl RW, Sandroff BM, DeLuca J. Exercise Training and Cognitive Rehabilitation: A Symbiotic Approach for Rehabilitating Walking and Cognitive Functions in Multiple Sclerosis? Neurorehabil Neural Repair. 2016 Jul;30(6):499-511. doi: 10.1177/1545968315606993.
  36. Brauser D. Exercise Not Protective Against MS Development in Women Medscape News, 4 octobre 2016
Sclérose en plaques et alimentation: données récentes du congrès AAN. (suite)
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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 11:54

Sclérose en plaques et alimentation: données récentes du congrès AAN

Véronique Duqueroy

24 mai 2017

 

Peut-on recommander un régime alimentaire particulier aux patients atteints de SEP? Lors du dernier congrès de l’American Association of Neurology, plusieurs sessions étaient consacrées à la nutrition et la SEP. Le point sur les données actuelles.

Absence de recommandations

Il n'y a pas, en France, de recommandations officielles sur l'alimentation et la sclérose en plaques (SEP). Pourtant, en consultation, la question se pose. En 2012, des chercheurs américains rapportaient que 50% à 75% des patients SEP consommaient des compléments nutritionnels ou suivaient des régimes alimentaires qu'ils pensaient bénéfiques.[1,2]

Lors du congrès de l'American Association of Neurology (AAN) 2017, de nombreuses sessions étaient consacrées à la nutrition. Une enquête transversale américaine portant sur plus de 7000 individus souffrant de SEP a notamment été présentée par Kathryn Fitzgerald et coll [3]. Recrutés dans le cadre du registre NARCOMS (North American Research Committee on MS), les patients étaient invités à répondre à un questionnaire sur leurs habitudes alimentaires. Les résultats suggèrent que, dans cette population :

  • l'apport en calcium était inférieur à celui recommandé par le RDA (recommended dietary allowance, c.-à-d. les apports nutritionnels conseillés américains).
  • les patients avec une alimentation plus riche en produits laitiers et en calcium avaient un risque de handicap plus faible (risque évalué par l'échelle PDDS - patient determined disease steps).
  • une consommation plus importante de sucre ajouté provenant de boissons sucrées tendait, à l'inverse, à être associée à un tableau de SEP plus sévère.
  • aucun lien n'était observé entre les scores PDDS et la consommation de viande, fruits et légumes ou fibres.
  • enfin, la composition du régime alimentaire variait selon les caractéristiques cliniques de la maladie. Ainsi, les individus avec une SEP progressive consommaient moins de produits laitiers et plus de fruits et légumes que ceux avec une forme cyclique rémittente.

Jusqu'à présent, aucun régime alimentaire n'a été mis en évidence pour réduire le risque de développer une SEP. En 2014, une première étude prospective de population n'avait pas trouvé d'association entre une alimentation santé de haute qualité et la diminution du risque de développer la maladie [4]. L'absence de patients adolescents, une population pourtant clé dans l'étude du développement la SEP, pourrait expliquer la négativité de l'analyse.

 "Une alimentation saine pourrait réduire les comorbidités de la SEP". Pr Barbara Giesser (UCLA)

Selon le Pr Barbara Giesser (Ronald Reagan UCLA Medical Center), qui présentait une session sur les conseils diététiques dans la SEP à l'AAN 2017 [5], « il est important d'informer les patients pour qu'ils ne suivent pas n'importe quel régime trouvé sur Internet. » Le mieux est d'orienter le patient vers « une alimentation saine, ce qui permettrait de réduire les comorbidités de la SEP ».

Obésité et comorbidités

 

Le diabète, les maladies cardiaques, la dépression et l'anxiété, sont associés à un risque accru de décès chez les patients SEP [6,7]. Les recommandations diététiques actuelles pour ces pathologies, telles que le régime méditerranéen, pourraient donc s'appliquer. L'obésité, fortement associée à la SEP, constitue également un facteur de risque important. Les femmes obèses sont particulièrement concernées, surtout lorsque le surpoids est présent dès l'adolescence. Le risque de développer une SEP est en effet double chez les femmes qui étaient en surpoids à 20 ans comparativement à celles plus minces au même âge [8,9]. Il convient donc de « s'assurer que les patients maintiennent bien un poids santé », selon le Dr Giesser.

 

 « Les patients avec une SEP devraient maintenir un poids santé » Pr B. Giesser

Les individus obèses atteints de SEP devraient donc être orientés, lorsque que c'est possible, vers un régime amaigrissant. Une étude pilote, présentée à AAN 2017 a montré la faisabilité de deux types de stratégies diététiques chez les patients SEP. La réduction calorique continue (avec une réduction quotidienne de 22% des besoins caloriques) et le jeune intermittent (avec une réduction calorique de 75%, 2 jours par semaine) étaient comparables en termes de perte de poids (3,4 kg en 8 semaines) et de diminution de la masse du tissu adipeux viscéral, comparativement à un régime alimentaire stable. Des études de suivi sont prévues pour comparer l'effet de ces régimes sur les marqueurs de l'inflammation [10].

 

La vitamine D

Les patients obèses présentent, par ailleurs, des taux souvent faibles en vitamine D. Or, plusieurs études observationnelles ont montré que la carence en vitamine D était associée à une augmentation du risque SEP [11], du taux de poussées [12], de lésions à l'IRM [13], et d'une invalidité plus précoce et plus sévère [14]. Il existe une relation inverse entre la progression de la maladie et des taux sériques élevés en vitamine D. [15]

À ce jour, aucune relation causale n'a été mise en évidence, mais les propriétés immunorégulatrices et anti-inflammatoires [16], voire neuroprotectives et remyélisantes [17] de la vitamine D laissent entrevoir un effet potentiellement bénéfique d'une supplémentation. Plusieurs études sont d'ailleurs en cours : EVIDIMS en Allemagne, VIDAMS aux États-Unis, SOLAR aux Pays-Bas et CHOLINE en France. Ces 2 dernières ont fait l'objet de présentations orales à l'AAN 2017 :

  • SOLAR est un essai prospectif randomisé en double aveugle comparant la supplémentation en vitamine D3 versus placebo chez des patients SEP traités par interféron. Les résultats à 2 ans [18] ne montraient pas de différence significative entre les deux groupes sur l'activité de la maladie, qui était le critère primaire (selon le NEDA ou no evidence of disease activity, une mesure composite comprenant les poussées, la progression du handicap, et l'activité à l'IRM). Cependant, les paramètres IRM (lésions en T2 et lésions prenant le gadolinium), qui composaient le critère secondaire, étaient significativement plus faibles (-32%, p=0,005) dans le groupe vitamine D. Ce résultat laisserait supposer, selon les auteurs, que la supplémentation pourrait être plus efficace à un stade plus précoce de la maladie, lorsque l'activité inflammatoire est probablement plus intense.
  • CHOLINE était quant à lui présenté par l'équipe du Pr William Camu, du CHU de Montpellier. Comme SOLAR, l'essai était randomisé en double aveugle contre placebo en complément d'un traitement par interféron. Les résultats à 2 ans étaient plutôt contrastés [19]. Ils confirmaient l'effet bénéfique de la supplémentation en vitamine D sur les paramètres IRM à 2 ans (lésions en T2 et prise de gadolinium – critères secondaires), mais le taux de poussées à 2 ans (le critère primaire) était, de façon non significative, un peu plus élevé dans le groupe vitamine D en intention de traiter, suggérant un manque de puissance de l'étude.

Les deux essais confirmaient, par ailleurs, l'innocuité de la supplémentation en vitamine D chez les patients SEP.

Faut-il prescrire des compléments de vitamine D aux patients avec une SEP ?

« Ces 2 études [SOLAR et CHOLINE], mêmes négatives, sont très convaincantes sur les critères secondaires. Personnellement, je supplémente déjà mes patients depuis longtemps, » a indiqué le Pr Gilles Defer, neurologue au CHU de Caen, à Medscape.

Pour le Pr Bruno Brochet, neurologue au CHU de Bordeaux « les patients qui nous arrivent prennent déjà des compléments de vitamine D, prescrits, pour la plupart, par leur généraliste. » Mais selon le Pr Defer, « ce n'est pas le cas dans toutes les régions. Dans mon expérience, les médecins généralistes la prescrivent quelques temps, puis oublient... Or, la supplémentation doit être régulière, car dès qu'on l'arrête, le déficit se réinstalle très vite ».

« Même s'il n'y a pas de certitude dogmatique », le Pr Pierre Clavelou, neurologue au CHU de Clermont-Ferrand, recommande « la prise trimestrielle d'une ampoule orale de vitamine D puisque ceci n'a aucune contre-indication (hormis dans de rares pathologies rénales). Les interventions de supplémentation dans des essais sont certes restées sans intérêt positif, mais les données épidémiologiques sont en faveur [d'une supplémentation]. »

 

Sclérose en plaques et alimentation: données récentes du congrès AAN.
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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 11:51

TRIBUNE. Vaccin et sclérose en plaques : une décision qui sème le trouble

Le 12.07.2017

En plein débat sur la vaccination, un arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne sème le trouble sur le lien supposé - jamais démontré - entre vaccin contre l'hépatite B et sclérose en plaques. Pour tenter d'y voir plus clair, Thomas Forray, avocat en droit public, se prête à l'exercice du commentaire d'arrêt.

La Cour de justice de l'Union européenne à Luxembourg veille à l'application du droit de l'Union et à l'uniformité de son interprétation sur le territoire.

Un arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne(CJUE) du 21 juin 2017 a précisé les conditions dans lesquelles pouvait être rapportée la preuve d'un lien supposé entre la sclérose en plaques contractée par un plaignant, et l'administration du vaccin contre l'hépatite B. Un lien qu'aucune des études scientifiques menées ces 20 dernières années n'a jusqu'ici pu confirmer. Mais, en ce qui lui était présenté comme une absence de consensus scientifique, la Cour a dû se prononcer sur la façon dont le recours d'un plaignant peut aboutir sans preuve formelle du lien dénoncé. L'arrêt, qui ne se prononce donc pas sur le fond de l'affaire, a pourtant été largement repris et instrumentalisé ces derniers jours comme confirmation de ce lien supposé. Dans un communiqué de presse, la député européenne Michèle Rivasi a par exemple fait fi de cette subtilité juridique en annonçant que la CJUE reconnaissait le lien entre vaccination contre l'hépatite B et sclérose en plaques. L'arrêt est également cité en appui d'une pétition lancée ces derniers jours contre la décision de la ministre de la Santé de rendre 8 vaccins obligatoires dès 2018. Pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants de cette décision de justice qui sème le trouble, nous avons demandé à Thomas Forray, avocat en droit public, d'expliciter pour Sciences et Avenirle sens et la portée de cette décision. Cette analyse, juridiquement objective et rigoureuse, peut s'accompagner de certaines prises de position qui n'engagent que son auteur. Commentaire d'arrêt.

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ANALYSE. Il faut tout d'abord souligner que la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) ne juge jamais le fond de l'affaire, mais seulement le point de droit qui lui est soumis par une juridiction nationale. Elle était ici interrogée sur la façon dont une personne ayant subi un préjudice (ici une maladie) peut démontrer le lien de causalité avec un produit qu'elle considère comme défectueux (ici un vaccin), et au producteur duquel elle demande donc réparation. C'est sur ce seul point que la CJUE se prononce, et elle ne dit donc pas que le vaccin reçu par le plaignant a, ou n'a pas causé sa maladie : cette tâche reviendra aux juridictions françaises, devant qui l'affaire va maintenant revenir. 

De la même façon, la CJUE ne se prononce pas non plus sur l'existence d'un consensus scientifique à propos de l'existence ou de l'absence d'un lien de causalité entre vaccin contre l'hépatite B et la sclérose en plaques. Elle se retranche notamment derrière ce qu'ont apprécié les juridictions françaises, ici " la circonstance, mentionnée par la juridiction de renvoi [à savoir la Cour de cassation], que la recherche médicale n'établit ni n'infirme l'existence d'un lien entre l'administration du vaccin et la survenance de la sclérose en plaques " (§ 30 de l'arrêt). Plus généralement, la CJUE se borne à répondre à la question : " comment rapporter la preuve du lien de causalité s'il n'existe pas de consensus scientifique ? ". L'existence effective, ou non, de ce consensus, est étrangère à la question qu'elle avait à trancher : pour y répondre, elle part de l'hypothèse que ce consensus n'existe pas. À charge donc pour les juridictions nationales de se prononcer sur ce point, afin de déterminer s'il y a lieu ou non d'appliquer la solution de droit dégagée par la CJUE. 

Cet arrêt n'est pas anodin

Ceci étant, cet arrêt n'est pas anodin. Et, sans procéder à un renversement de la charge de la preuve (qui imposerait au producteur de prouver l'absence de lien de causalité), il allège de façon non-négligeable le fardeau pesant sur le plaignant en élargissant les façons dont il peut rapporter la preuve de ce lien de causalité. Il lui revient alors d'établir l'existence de ce " faisceau d'indices graves, précis et concordants ", dont il pourra le cas échéant être déduit que l'administration du vaccin est la cause " la plus plausible " du préjudice (§ 37 de l'arrêt), ce dont le juge déduira alors que le lien de causalité doit être tenu pour établi. Ce critère de "plausibilité la plus grande " s'affranchit clairement de la prise en compte rigoureuse de l'état de la science, et pourrait permettre dans certains cas (encadrés toutefois, cf. infra) de présumer la responsabilité du producteur afin de lui imposer la réparation du plaignant, alors même qu'aucun élément scientifique ne viendrait valablement étayer cette présomption. 

La CJUE, visiblement consciente de la pente glissante que constitue l'admission d'un tel mode de preuve " indiciaire ", y pose toutefois des garde-fous. Elle interdit ainsi aux juridictions d'apprécier le faisceau d'indices qui lui est soumis par le plaignant " de manière trop peu exigeante en se contentant de preuves non pertinentes ou insuffisantes " (§ 35 de l'arrêt). Cela semble indiquer qu'il doive exister une certaine vraisemblance dans le lien de causalité que tente d'établir le plaignant, ce qui devrait réintroduire à ce stade l'examen par le juge de l'état de la science, qui lui permettra d'apprécier la pertinence des indices invoqués.

Grande prudence de la CJUE

Elle interdit également tout automatisme dans l'établissement du lien de causalité dès lors que certains indices seraient regroupés (§ 36) ; la présomption reste toujours " réfragable ", c'est-à-dire que le producteur peut démontrer qu'elle n'est pas fondée. Le juge doit donc apprécier, au cas par cas, l'ensemble des indices qui sont présentés par le plaignant et des éléments de défense qui le sont par le producteur, pour décider si le vaccin est bien, dans le cas précis qui lui est soumis, la cause " la plus plausible " du dommage dont il est demandé réparation. Cela semble être censé exclure les cas où, même en l'absence de consensus scientifique (la CJUE ne détaillant d'ailleurs pas quels sont les critères juridiques d'appréciation de l'existence d'un tel consensus), le degré de preuves scientifiques allant dans le sens de l'établissement du lien de causalité reste faible. 

Cet encadrement du recours à la " preuve indiciaire "étant posé, la CJUE se risque très prudemment à indiquer que les indices invoqués en l'espèce (proximité temporelle entre l'administration d'un vaccin et la survenance d'une maladie, absence d'antécédents médicaux personnels et familiaux en relation avec cette maladie, existence d'un nombre significatif de cas répertoriés de survenance de cette maladie à la suite de telles administrations), " paraissent a priori constituer des indices dont la conjonction pourrait, le cas échéant " (§ 41 de l'arrêt) permettre au juge de déduire que le vaccin est la cause " la plus plausible ". Mais cela seulement après avoir " dûment pris en considération l'ensemble des circonstances de l'affaire qui lui est soumise et, notamment, tous les autres éléments explicatifs et arguments avancés par le producteur visant à contester la pertinence des éléments de preuve invoqués par la victime et à mettre en doute le degré de plausibilité " (§ 42). La CJUE ne rejette donc pas le faisceau d'indices invoqué par le requérant, mais renvoie prudemment à la juridiction française le soin d'apprécier in concreto sa pertinence pour établir la " plausibilité la plus grande " de la cause de la maladie.

En conclusion :

- Cet arrêt de la CJUE :

  • d’une part n’est pas un déni de science, dès lors qu’il ne reconnaît en lui-même aucun lien de causalité entre vaccination et sclérose en plaques, ni ne porte d’appréciation sur la validité de l’état de la science en la matière ; 
  • d’autre part pourrait n’avoir que des effets limités, dès lors qu’en droit français, le recours au faisceau d’ « indices graves, précis et concordants » en matière de responsabilité (pour le cas précis de ce même vaccin) est déjà admis depuis une dizaine d’années (arrêt de la Cour de cassation du 22 mai 2008, n° 05-20.317) ; la CJUE ne vient ainsi qu’entériner, au regard du droit européen, un mode de preuve déjà mis en œuvre par les juridictions françaises. 

- Pour autant, il peut être regretté qu'il assouplisse le régime de preuve au détriment de la démonstration scientifique et ouvre ainsi potentiellement la voie à des démonstrations indiciaires scientifiquement invalides. Il peut être espéré que les garde-fous posés par la CJUE dans la définition de la mise en œuvre des faisceaux d'indices seront suffisants, et que la solution retenue en l'espèce par la Cour d'appel de Paris (à savoir le rejet de la demande du plaignant, cf. § 16 de l'arrêt) sera confirmée et restera la norme, au regard de l'absence de vraisemblance scientifique venant étayer les faisceaux d'indices qui seront présentés dans ce type de recours par les plaignants.

Par Thomas Forray

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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 11:23

Agnès Buzyn annonce que les généralistes seront équipés pour l’aide au sevrage tabagique

 

Onze milliards d’euros !

Dans un très long entretien accordé aux Echos de ce 12 juillet le Premier ministre Edouard Philippe annonce, pour l’année 2018, une baisse de la pression fiscale de l’ordre de 11 milliards d’euros ; une mesure censée provoquer « un effet de souffle fiscal » pour l’activité en France.

La veille, interrogée sur France Inter, Agnès Buzyn a nié vouloir, avec le passage à 10 euros du paquet de cigarettes, mettre en œuvre une politique de « matraquage fiscal des fumeurs ».

La ministre de la Santé a confirmé que rien, en matière de hausse de prix n’a été décidé – sinon que les 10 euros ne seront pas atteints avant la fin du quinquennat.

Où l’on voit une ministre brosser un tableau dramatique de la situation française et en même temps annoncer que les mesures brutales sur les prix qui devraient être prises ne le seront pas.

Où l’on voit, aussi, une ministre faire, comme celle qui l’a précédée, l’impasse sur l’aide que pourrait apporter la cigarette électronique et en même temps, vanter la réussite de la politique britannique de lutte contre le tabagisme.

« Moi je revendique la santé publique. Aujourd’hui, nous avons un crash d’avion par jour, 200 morts par jour du tabac. Nous sommes le pire pays au monde pour le tabagisme des femmes de 20 à 40 ans. Et de loin ! Nous avons 80 000 morts par. Je ne vous parle même du coût pour la sécurité sociale. C’est donc pour moi uniquement un enjeu de santé publique. Or, il se trouve que toutes les études montrent qu’il faut une hausse de prix importante et brutale pour que les gens arrêtent de fumer ».

Une hausse brutale, donc ?

Non, aujourd’hui les arbitrages ne sont évidemment pas rendus. Nous allons travailler le sujet. L’idée est d’arriver à 10 euros avant la fin du quinquennat. Nous verrons sous quelles modalités. Ce qui compte c’est que les Français comprennent une bonne fois pour toute qu’il est impératif de rejoindre les autres pays de l’OCDE. Quand nous sommes à 30 % de tabac, l’Angleterre est à moins de 20 % aujourd’hui. Or nous avions le même taux de tabagisme il y a dix ans. L’Angleterre a été capable de le faire. Je pense que nous serons capables de le faire aussi.

 Allez-vous multiplier les aides 1 pour ceux qui tentent de décrocher ?

Absolument. Beaucoup d’aides ont été rendues gratuites, jusqu’à 30 ans par exemple, tous les patients qui ont une maladie chronique ont des aides gratuites … jusqu’à 150 euros de patchs remboursés… Il y a tout un tas d’accompagnements qui doivent être facilités. Nous allons également équiper les médecins généralistes pour l’aide au sevrage tabagique ».

Aucune précision n’a encore été donnée quant à la nature de cet équipement et à la date de livraison.

 

1 Aujourd’hui l’Assurance Maladie prend en charge, sur prescription, les traitements par substituts nicotiniques (patch, gomme, pastille, inhaleur…) à hauteur de 150 € par année civile et par bénéficiaire. Ces substituts doivent être prescrits sur une ordonnance consacrée exclusivement à ces produits ; aucun autre traitement ne doit figurer sur cette ordonnance.  « Votre pharmacien vous délivrera les substituts nicotiniques (patch, gomme, pastille, inhalateur…) qui vous ont été prescrits, précise-t-on. Vous devrez les lui régler directement, la dispense d’avance des frais (tiers payant) n’étant pas prévue dans le cadre de ce dispositif. À noter que vous n’êtes pas obligé d’acheter en une seule fois le traitement qui vous a été prescrit ; vous pouvez échelonner vos achats. »

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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 06:29

Boire du café augmenterait l'espérance de vie

Deux études mettent en avant les bienfaits pour la santé de la consommation de café.

SOURCE AFP

Prendre un café le matin, lors d'une pause au bureau ou après le repas, est un réflexe pour de nombreuses personnes, qui n'y voient cependant pas, en général, un geste destiné à prendre soin de leur corps.

Si les bienfaits pour la santé d'une consommation régulière de café sont depuis longtemps sujets à débat, deux nouvelles études étendues viennent conforter les défenseurs du breuvage.

La première de ces études a été menée dans dix pays européens, dont la France, et la seconde aux États-Unis.

Puisqu'il s'agit d'études observationnelles, elles ne prouvent toutefois pas le lien de cause à effet, mettent en garde les chercheurs ainsi que des experts indépendants.

Les résultats des deux études, corrigés de facteurs de risque comme le tabagisme, sont publiés lundi dans la revue médicale américaine Annals of Internal Medicine.

Les consommateurs d'environ trois tasses de café par jour, y compris décaféiné, semblent jouir d'une plus longue espérance de vie que ceux qui n'en boivent pas, selon l'étude européenne analysant les données de 520 000 hommes et femmes de plus de 35 ans, suivis par l'Enquête européenne sur le cancer et la nutrition (Epic) pendant 16 ans. 2,25 milliards de tasses de café bues chaque jour dans le monde

« Nous avons constaté qu'une plus grande consommation de café était liée à un risque moindre de mortalité de toutes causes, plus particulièrement de maladies circulatoires et du système digestif »,

explique Marc Gunter de l'Agence internationale pour la recherche sur le cancer et l'un des principaux auteurs de cette étude.

Ce sont les travaux les plus étendus jamais effectués en Europe sur les effets sur la santé et la longévité du café, boisson la plus bue dans le monde avec environ 2,25 milliards de tasses absorbées quotidiennement.

« Ces résultats ont été similaires dans les dix pays européens avec des habitudes de consommation et des cultures différentes »,

souligne Marc Gunter. L'étude « offre également des éclairages importants sur de possibles mécanismes expliquant les effets bénéfiques du café », excluant la caféine.

Le café est notamment riche en antioxydants qui jouent un rôle important pour prévenir le cancer, pointent les chercheurs.

Des résultats similaires avec du déca La deuxième étude a été menée aux États-Unis sur plus de 185 000 adultes de toutes origines, âgés de 45 à 75 ans, sur une période moyenne de seize ans.

Les auteurs ont constaté un lien entre une plus grande consommation de café et un risque plus faible de mortalité résultant de maladies cardio-vasculaires, respiratoires, rénales, de cancers et de diabète.

Plus spécifiquement, les personnes qui buvaient une tasse de café par jour avaient 12 % moins de risque de décéder pendant la durée de l'étude que celles n'en buvant pas, un niveau qui a atteint 18 % pour celles en consommant trois tasses.

Comme dans l'étude européenne, les effets étaient similaires avec du café décaféiné.

« On ne peut pas dire au public buvez du café pour prolonger votre vie, mais on peut y voir un lien »,

explique Veronica Setiawan, professeur de médecine préventive à l'université de Californie du Sud et principal auteur de ces travaux.

Environ 75 % des adultes aux États-Unis boivent du café, dont 50 % quotidiennement. Pas de lien de cause à effet, mais un effet « protecteur » Marc Gunter, de l'étude européenne, est toutefois un peu plus nuancé :

« Étant donné qu'il s'agit d'études observationnelles – qui ne prouvent pas le lien de cause à effet –, on ne peut pas à ce stade recommander de boire plus ou moins de café »,

explique-t-il.

Mais « nos résultats suggèrent qu'une consommation modérée, jusqu'à trois tasses par jour, peut avoir des effets bénéfiques pour la santé », ajoute le chercheur.

Une analyse de bio-marqueurs métaboliques d'un sous-groupe de 14 000 participants de l'étude européenne indique d'autre part que les buveurs de café auraient un foie plus sain.

Pour le professeur Elio Riboli, chef de la faculté de santé publique de l'Imperial College à Londres qui a participé à ces travaux, « les résultats de l'étude européenne viennent conforter le nombre grandissant d'indications suggérant que le café n'est pas seulement sans risque, mais peut avoir des effets protecteurs ». «

Bien que davantage de recherches soient nécessaires, nous pouvons dire que les résultats de cette grande étude européenne confirment les conclusions de précédentes recherches dans le monde », juge-t-il.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a cessé en 2016 de classer le café comme cancérogène lié au cancer de la vessie, estimant en outre que cette boisson réduisait le risque de tumeur utérine et du foie.

Publié le 11/07/17 à 13h56 | Source lepoint.fr

Boire du café augmente l'espérance de vie
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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 05:30

Obligation vaccinale : l’accompagnement plutôt que les sanctions

Par Marielle Ammouche le 06-07-2017

Au lendemain de l’annonce du premier ministre, Agnès Buzyn a précisé différents points concernant la mise en route de l’extension de l’obligation vaccinale aux 8 vaccins qui sont actuellement recommandés dans la petite enfance.

Mais plusieurs questions restent en suspens.

Dans la foulée de l’annonce faite mardi 4 juillet par le Premier ministre Edouard Philippe, la ministre des solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a souhaité apporter quelques précisions, lors d’une conférence de presse le mercredi 6 juillet, sur la décision d’étendre l’obligation vaccinale à l’ensemble des vaccins de la petite enfance.

"Après le temps de la réflexion vient celui de l’action", a ainsi estimé la ministre qui a précisé qu’un texte législatif serait porté au parlement "probablement à la fin de l’année 2017" pour que la mesure soit effective dans le courant de l’année 2018.

Mardi dernier, Edouard Philippe avait souligné que "des maladies que l'on croyait éradiquées se développent à nouveau sur notre territoire, des enfants meurent de la rougeole aujourd'hui en France...

Dans la patrie de Pasteur, ce n'est pas admissible".

Il avait donc annoncé mardi dans son discours de politique générale que "l'an prochain, les vaccins pour la petite enfance qui sont unanimement recommandés par les autorités de santé deviendront obligatoires".

Les 8 vaccins concernés sont ceux qui étaient jusqu’à présent recommandés : coqueluche, haemophilus, hépatite B, méningocoque C, pneumocoque, rougeole, oreillons, et rubéole. Ils s’ajoutent ainsi aux 3 qui étaient déjà obligatoires : la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite.

En pratique, l’extension à 11 vaccins obligatoires représente... 10 injections pour les enfants, étalées sur 2 ans.

Cependant "au moins 70 % des enfants connaissent déjà ces 10 injections sur 2 ans et 80 % plus de 8 injections" ajoute le Ministère ; donc l’extension n’entrainera des injections supplémentaires que pour une minorité d’enfants.

Tous les vaccins obligatoires seront pris en charge à 100 % : 65 % par l’Assurance maladie, et 35 % par les assurances complémentaires.

Et des différents circuits offrant la gratuité des vaccins existent (centres de vaccination).

Et d’autres possibilités sont en cours d’étude.

L’objectif est d’arriver à un reste à charge égal à 0 euros dans tous les cas, a assuré Agnès Buzyn, qui a ajouté que des négociations sont en cours avec l’industrie pharmaceutique concernant les prix des vaccins.

Selon la Ministre, le surcoût de la mesure pour l’assurance maladie est estimé à 10-20 millions d’euros.

Quid de la clause d’exemption ?

Plusieurs questions restent cependant en suspens.

C’est le cas en particulier de la clause d’exemption, qui avait été proposée par le Comité d’orientation de la concertation citoyenne sur la vaccination, et qui permettait aux parents farouchement opposés à la vaccination de leur enfant de pas se soumettre à l’obligation.

Le Pr Alain Fischer (immuno-hématologie, Hôpital Necker, Paris), qui co-présidait ce comité avait Mme Claude Rambaud (collectif inter-associatif pour la santé), a rappelé lors de la conférence de presse, que dans ses propositions, cette clause d’exemption était associée à la signature d’un document évoquant les risques de la non-vaccination, et à la possibilité d’être révoquée si les circonstances l’imposaient.

Agnès Buzyn a précisé que cette clause était actuellement à l’étude au niveau juridique.

En effet, sur le plan constitutionnel, une mesure peut être rendue obligatoire pour des raisons de santé publique.

Et donc permettre une exemption, pour des raisons... autres que médicales, s’oppose à la santé publique et donc à la loi.

La question est donc celle l’inconstitutionnalité de cette clause, affirme Benoît Vallet, directeur général de la santé. Autre inconnue : la possibilité de sanctions.

La ministre a reconnu y réfléchir citant l’exemple de l’Allemagne où il existe des amendes allant jusqu’à 7 500 euros.

En France des sanctions sont prévues, mais elles ne sont quasiment jamais appliquées.

Pour Agnès Buzyn, "ce n'est pas, à mon avis, la meilleure façon d'avancer", et "l'objectif n'est pas d'avoir des amendes mais de faire de la pédagogie".

Elle rappelle ainsi qu’en Allemagne, l’amende est accompagnée d’une rendez-vous pédagogique obligatoire chez un médecin.

Dans le contexte récent de pénurie de certains vaccins, les autorités de santé travaillent aussi avec les industriels pour éviter toute tension d’approvisionnement quand sera mise en route l’obligation pour les 11 vaccins.

Enfin, reprenant les propositions du comité d’orientation, les autorités de santé ont rappelé le caractère temporaire de cette obligation vaccinale, mais sans donner plus de précisions, souhaitant que les choses soient adaptés au fur et à mesure de l’évolution des chiffres de couverture vaccinale.

C’est pourquoi la ministre souhaite effectuer un point annuel pour "faire l’état des lieux de la vaccination en France : progression de la couverture vaccinale, épidémiologie des maladies concernées, pharmacovigilance, nécessité de faire évoluer la liste des vaccins obligatoires"…

Ce point pouvant donner lieu à une évolution de la liste des vaccins obligatoires.

La pédagogie avant tout

Agnès Buzyn a souhaité, lors de cette conférence de presse insister sur les raisons de santé publique qui sous-tendent cette mesure.

Pour elle, l’accompagnement de l’extension de l’obligation vaccinale passe prioritairement par la... pédagogie et en particulier le rappel des chiffres de la vaccination, et des risques de la non-vaccination.

"Je n’aime pas imposer des obligations", mais "il y a un impératif de santé publique à améliorer la couverture vaccinale en France".

Force est de constater que les 3 vaccins obligatoires présentent une bonne couverture vaccinale, de l’ordre de 90% ; alors que cette dernière est souvent insuffisante pour les vaccins qui sont seulement recommandés.

Un exemple marquant est celui de la rougeole.

Cette maladie infectieuse est en effet responsable de la mort de 10 enfants en France depuis 2008.

Entre 2008 et 2016, plus de 24 000 cas ont été déclarés en France.

Près de 1 500 cas ont présenté une pneumopathie grave, et 34 une complication.

En Italie, cette maladie a fait récemment la Une de l’actualité avec le la rougeole est en forte croissance depuis le début de l’année 2017 en France mais aussi dans de nombreux pays européens, faisant craindre une nouvelle épidémie de vaste ampleur.

Or la couverture vaccinale à 2 ans est de 78% alors que, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il faudrait qu’elle atteigne le niveau de 95 %, pour éviter le risque de vagues épidémiques.

Les couvertures vaccinales sont aussi insuffisantes contre l’hépatite B : 40% chez l’adolescent, 60% chez l’adulte.

On estime que plus de 2 000 cas d’hépatite B sont survenus en France entre 2006 et 2013 chez des sujets non vaccinés.

Enfin, concernant le méningocoque C, "entre 2011 et 2015, 255 cas ont été déclarés chez des sujets âgés de 1 à 24 ans. Parmi eux, 25 sont décédés.

Ces cas et ces décès auraient pu être évités par la vaccination" ajoute le ministère.

Agnès Buzyn a souligné l’efficacité de la vaccination qui "est un des progrès majeurs, si ce n’est le plus grand de la médecine".

Outre l’éradication de maladies telles que la poliomyélite ou la diphtérie, la vaccination a prouvé son efficacité dans les infections invasives à haemophilus influenzae de type B, qui ont baissé de plus de 95% depuis l’introduction du vaccin, alors que l’on observait près de 600 cas par an auparavant.

Et grâce à la vaccination contre les... infections invasives à pneumocoque chez l’enfant depuis 2003, le nombre de ces infections, a été réduit de moitié.

La ministre a rappelé que "la vaccination n’est pas seulement un acte individuel, elle est également destinée à protéger son entourage.

Se faire vacciner permet de se protéger et de protéger les autres".

Enfin, elle a insisté sur le profil de sécurité de l’ensemble des vaccins dans la petite enfance.

"Les données scientifiques disponibles à ce jour ne remettent pas en cause la sécurité des vaccins concernés.

Ainsi, parmi les spécialités vaccinales indiquées chez le nourrisson de moins de 24 mois, aucunes d’entre elles, n’ont, à l’heure actuelle, fait l’objet d’une préoccupation particulière confirmée en termes de sécurité d’emploi, tant à l’échelon national qu’international", précise le ministère.

Obligation vaccinale : l’accompagnement plutôt que les sanctions. Position du ministère. Quid de la clause d'exemption?
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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 05:18

LES GRANDES ILLUSIONS DE LA VACCINOLOGIE (SAISON 4)

L’analyse attentive de la littérature supposée scientifique dans le domaine de la vaccinologie conduit inéluctablement à la conclusion que nous sommes en présence de données scientifiques faibles, pour le moins.

Dans ces conditions, toutes les formes de recommandations et autres « avis » officiels et académiques doivent trouver autre chose (que la robustesse scientifique) pour justifier de leur pertinence et faire autorité.

Un minimum serait que les auteurs des recommandations (et autres admonestations et obligations) et les Autorités qu’ils représentent soient au-dessus de tout soupçon, c’est-à-dire libres et indépendants.

S’agit-il d’une autre grande illusion de la vaccinologie ?

Il ne s’agit pas d’expertise proprement dite ici, on l’a compris.

Mais d’indépendance vis-à-vis de toutes les formes d’influences notamment financières et commerciales (ça tombe sous le sens) mais aussi non financières : ego, réputation, autorité académique et/ou hospitalo-universitaire…

Parmi les influences possibles, les non-financières ne sont pas les moindres, je l’ai déjà dit et répété, car nous connaissons bien toutes ces influençables et sympathiques personnalités !

Est-il possible, en vaccinologie, d’être en même temps un expert audible et un indépendant ?

Tout dépend de ce qu’on entend évidemment par « expertise » et indépendance », j’en ai déjà discuté.

C’est une question difficile ; que l’on peut toutefois simplifier en la scindant en deux parties inégales :

1) les experts (ou supposés experts) favorables aux vaccins et défenseurs des obligations vaccinales (ici et ailleurs) sont-ils indépendants ?

2) les experts (ou supposés…) plus mesurés (moins favorables ou plutôt défavorables) et hostiles aux obligations vaccinales (quel qu’en soit la forme) sont-ils indépendants ?

Pour la 2ème question, la réponse est évidente : ces experts-là suscitent une forte animosité de la part de l’industrie (et des académiciens amis) des vaccins ; et en conséquence sont, de force, indépendants de ces industries.

Concernant leurs éventuels liens d’intérêt non-financiers, et vu l’hostilité que provoque leur raisonnement, il est clair qu’ils n’ont rien à attendre de positif…

Ils feraient mieux d’être discrets, à mon avis, à moins d’être de courageux combattants !

C’est donc bien la 1ère question qui doit être discutée de façon plus systématique. Mais cela nous renvoie à une autre question, encore plus fondamentale : qu’est-ce que l’industrie des vaccins aujourd’hui ?

Un livre serait nécessaire pour expliquer son histoire et l’évolution récente de la vaccinologie.

Ce n’est pas l’objet de ce document ; je vais faire court et évidemment schématique.

Le monde du vaccin – c’est-à-dire l’industrie des vaccins et les connaissances très techniques (et peu scientifiques) qui vont avec, en un mot la vaccinologie contemporaine – est en pleine Révolution.

Cette révolution du vaccin va de pair avec la crise de l’industrie pharmaceutique qui, faute d’investir dans une recherche patiente et prudente (et peu lucrative), est dans une phase de grande stérilité.

Pour palier à cette incapacité d’innovation, les financiers qui gèrent désormais l’industrie du médicament ont fait le pari de la médecine dite personnalisée.

En bref, cela consiste à identifier des cibles thérapeutiques très spécifiques puis à créer des molécules (des anticorps monoclonaux) qui vont « neutraliser » ces cibles.

Ces anticorps sont produits par le système immunitaire d’animaux d’expérience puis, en général, « humanisés » pour éviter des conflits immunitaires lors de l’injection de ces anticorps qui sont étrangers à notre propre système immunitaire.

C’est la forme moderne du célèbre « sérum antitétanique » !

C’était du sérum de cheval !

Il contenait des anticorps dirigés contre la toxine tétanique.

Après le succès (supposé) au début du 20ème siècle du sérum antitétanique, on a décidé de faire fabriquer ces anticorps antitétaniques par les humains eux-mêmes : c’est le principe de la vaccination antitétanique !

J’espère que tout le monde a compris : d’abord on injecte des anticorps exogènes ; la suite logique est de faire faire ces anticorps par le système immunitaire de la personne qu’on veut protéger ou traiter.

Les deux approches sont complémentaires, autrement dit sont basées sur des visions communes de la médecine : d’abord les anticorps, puis les vaccins.

L’industrie du médicament parie donc sur la découverte de nouvelle cibles et la mise au point d’anticorps monoclonaux ; puis parfois de vaccins.

En conséquence et contrairement à ce qu’on pourrait croire, la vaccinologie de demain ne se limitera pas à la prévention des maladies infectieuses.

Les vaccinologues modernes s’intéressent à toutes les pathologies : les cancers, les maladies cardiovasculaires et même… (certains en parlent) un vaccin anti-gluten…

Certains labos travaillent, je ne plaisante pas, sur un vaccin anticholestérol ; qui serait en fait « dirigé » contre des molécules participant au métabolisme du cholestérol, et pas contre le cholestérol lui-même ; avec l’idée absurde de diminuer le cholestérol circulant aux plus bas niveaux possibles…

Des centaines de vaccins sont aujourd’hui en préparation ou en phase d’essai dans le monde !

Dans la vaccinologie moderne, le business est roi ! L’industrie du vaccin n’est donc qu’à ses balbutiements ; et les grands groupes sont prêts à investir dès qu’une cible attrayante est identifiée. On l’a vu de façon caricaturale avec le vaccin contre le cancer du col de l’utérus…

En parallèle, des experts et des sociétés savantes en recherche de financement pour leurs célébrations saisonnières se précipitent pour participer et réclamer leurs récompenses anticipées pour les bons et loyaux services qu’ils sont prêts à rendre.

S’il est relativement aisé de fabriquer (bricoler) un anticorps monoclonal dans un labo de 3 pièces, la vaccinologie moderne ne peut rien faire sans un industriel de la technologie vaccinale et capable de développer un vaccin susceptible d’être testé sur des humains.

Pas d’industriel, pas de vaccin !

Dans ce contexte, chacun peut comprendre que les vaccins anti-polio ou anti-coqueluche (efficacité supposée et toxicité niée) sont une sorte de petit caillou dans la chaussure de l’investisseur…

Il s’en fout l’investisseur de la polio et du tétanos.

Mais il ne se fout pas du tout du principe vaccinal ; ça il faut le défendre ; car en défendant le vaccin, on défend aussi les anticorps monoclonaux ; et aussi la vision moderne de la médecine dite personnalisée.

Autrement dit, pendant que le petit peuple s’agite (les chiens aboient) autour de l’obligation du vaccin DTP, la caravane passe !

En silence !

Je résume : il ne peut pas y avoir de vaccinologues indépendants !

LES GRANDES ILLUSIONS DE LA VACCINOLOGIE.
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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 22:40

Didier Raoult

- Rendre obligatoire la vaccination ne restaurera pas sa crédibilité

Parfois objet de manipulations, la vaccination est devenue un symbole scientiste qui génère du doute, relève le professeur Didier Raoult.

PAR DIDIER RAOULT

Difficile de justifier médicalement ou scientifiquement, l’obligation actuelle de vacciner à trois mois les enfants contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite. Image d'illustration.

Difficile de justifier médicalement ou scientifiquement, l’obligation actuelle de vacciner à trois mois les enfants contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite.

Nous vivons une ère de doute qualifiée de « post-vérité ». Les discours ou les recommandations officielles sont accueillis avec un scepticisme dont témoignent le résultat des élections aux États-Unis ou le Brexit ; les électeurs se demandent désormais qui, des candidats, est le plus menteur.

La vaccination n'échappe pas à ce refus de croire, sans discuter. La proposition de rendre tous les vaccins de l'enfance obligatoires ne va pas améliorer les choses, au contraire. L'obligation, qui est discutable, ne relève que de l'idéologie et du mépris des choix individuels.

Didier Raoult  - Rendre obligatoire la vaccination ne restaurera pas sa crédibilité .
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