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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 13:02
M. CASTELAIN
Service de dermato-vénéréologie, hôpital de la Timone, Marseille
 
Les parabens ont été accusés de provoquer des allergies de contact, des troubles hormonaux, notamment chez les jeunes garçons, et de provoquer des cancers du sein lorsqu’on utilise des antiperspirants axillaires. Qu’en est-il vraiment, en dehors du contexte passionnel ou du marketing ?
Qu’est-ce qu’un paraben ?

Les parabens (ou parabènes) sont des esters de l’acide parahydroxybenzoïque. Ils constituent une famille de conservateurs très utilisée depuis les années 30, pour éviter la prolifération microbienne (additifs E 214-219). Quatre esters sont utilisés en pratique : les méthyl-, éthyl-, propyl- et butyl-parabens, la plupart du temps sous forme de mélange ou mix pour accroître leur efficacité à des concentrations faibles. Ces substances ont la particularité de n’avoir pas d’odeur, pas de saveur, aucun pouvoir décolorant. Les parabens pourraient presque être considérés comme « bio », puisqu’ils sont présents dans de nombreux produits naturels, comme les fraises, le jus de raisin, des extraits de levure, le vinaigre, certains fromages, la gelée royale, etc. L’industrie alimentaire utilise essentiellement le méthylet l’éthyl-paraben dans les pâtisseries, les conserves, les boissons sucrées et les confitures ; l’autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) recommande de ne plus utiliser le propyl-paraben. La réglementation européenne donne une liste d’une quarantaine de conservateurs autorisés en cosmétologie avec une concentration maximale admissible. Parmi eux, les parabens sont appréciés des cosméticiens, pharmacologues et industriels, notamment de l’agroalimentaire, du fait de leur efficacité, de leur faible toxicité, et de leur caractère biodégradable. Ils sont facilement hydrolysables et ne s’accumulent pas dans les tissus. La plupart des études réalisées sur différentes espèces animales a permis de montrer l’absence d’effets toxiques, génotoxiques, cancérogènes, et tératogènes de ces composés. La Commission de cosmétologie de l’Afssaps déconseille l’utilisation du benzyl-paraben du fait d’un risque reprotoxique éventuel. La Commission européenne autorise une concentration dans les cosmétiques de 0,4 % pour un ester de paraben et de 0,8 % au total, pour un mélange de parabens.
Parabens et allergie de contact

Les parabens sont peu sensibilisants dans la population normale, sauf peut-être sur une peau préalablement lésée (ulcères de jambes par exemple). Le taux de sensibilisation aux parabens dans la littérature varie entre 0,3 % et 10,9 %, mais dans plus des deux tiers des études, il est inférieur à 2 %. En dehors des produits topiques, il existe de rares observations d’allergies de contact à des jouets gélifiés chez de jeunes enfants, de dermatoses professionnelles lors de contacts avec des parabens alimentaires. Les cas d’allergie alimentaire aux parabens sont extrêmement rares, de même que les cas d’allergie immédiate, notamment à des médicaments injectés qui en contiennent. Les parabens étaient présents dans plus de 90 % des produits cosmétiques au début des années 2000. Depuis que les médias grand public ont semé le doute dans l’esprit du consommateur, la plupart des laboratoires de cosmétiques face à une montée de bouclier anti-parabens du public, ont modifié leur gamme, pour introduire des produits sans parabens, voire « sans conservateurs ». Cette dernière appellation est dans la plupart des cas abusive. En effet, à part certains rares produits fabriqués et délivrés sous vide, la plupart des cosmétiques sont rapidement contaminés (bactéries, levures, moisissures) en l’absence de substance antimicrobienne ou antilevuraire. Les laboratoires utilisent de ce fait des substances qui ont un pouvoir anti-microorganismes, mais qui ne sont pas listés dans les 40 conservateurs « officiels ». Une étude récente montre que 44 % des produits cosmétiques suédois seulement contiennent actuellement des parabens.
Pour éviter les conservateurs, les laboratoires ont de plus en plus
recours à des substances non listées dans la liste des 40 conservateurs « officiels ».

En conséquence, la prévalence de l’allergie de contact aux parabens diminue. À titre indicatif, l’allergie aux parabens est observée chez 0,51 % des patients dans une étude du Revidal-Gerda portant sur plus de 1 500 patients testés en 2010. L’allergie aux parabens est bien connue et documentée, et le remplacement par d’autres conservateurs ou apparentés expose à la commercialisation de produits moins bien connus dans leur toxicité et leur allergénicité, ou carrément nouveaux, et donc à de nouvelles épidémies d’allergie de contact. Ainsi, le formol était le principal conservateur allergisant dans les années 50 et 60. Il a été remplacé à la fin des années 70 par le Kathon CG® ou méthylisothiazolinone/ chloro-méthylisothiazolinone (MCI/MI) qui a donné lieu à une véritable épidémie d’allergies de contact dans les années 80, aboutissant à une sévère réglementation de son usage. Il a été remplacé dans les années 90 par l’Euxyl K400®, mélange de phénoxyéthanol et de dibromodicyanobutane. Ce remplacement a lui aussi rapidement abouti à de nouveaux cas d’allergie de contact, cette fois au dibromodicyanobutane. Ce dernier a finalement été interdit dans les produits cosmétiques de l’Union européenne. On voit donc logiquement émerger de nouveaux conservateurs remplaçant ceux que l’on a éliminés. Ainsi, la méthylisothiazolinone a été réintroduite récemment dans les cosmétiques à la dose de 100 ppm, et dans les lingettes nettoyantes. Des cas d’allergie à ce conservateur sont de plus en plus signalés. Une étude de A. Schnuch et coll. de 2011 montre que dans les produits cosmétiques non rincés, le risque réel de sensibilisation à la méthylisothiazolinone ou aux libérateurs de formol est environ cinq fois plus important qu’avec les parabens.
Des cas d’allergie à la méthylisothiazolinone sont de plus en plus signalés.

Parabens et perturbations endocriniennes

Routledge en 1998 met en évidence une faible activité estrogénique des parabens de 1 000 à 1 000 000 fois moindre que le 17β-estradiol, et 10 à 100 fois inférieure à celle des phyto-estrogènes du soja.
L’acide parahydroxybenzoïque, qui est le principal métabolite des parabens, n’a pas d’activité estrogénique. Concernant l’absorption par voie cutanée, les études réalisées in vitro sur la peau de porc avec les quatre principaux parabens montrent qu’ils pénètrent peu dans la peau, où ils sont métabolisés en grande partie en acide parahydroxybenzoïque.
 Chez l’animal, les parabens absorbés dans le tractus gastrointestinal sont métabolisés en acide parahydroxybenzoïque et excrétés rapidement dans l’urine. Chez le rat, le butyl-paraben appliqué sur la peau est quasiment totalement métabolisé en acide parahydroxybenzoïque. Dans son avis de 2004, l’Agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA) souligne que l’administration orale de méthyl- et d’éthyl-paraben chez le jeune rat mâle n’a pas d’effet sur les hormones sexuelles et les organes de la reproduction à des doses allant jusqu’à 1 000 mg/kg/j. Pour le propyl-paraben, une diminution des taux de testostérone, des spermatozoïdes et des anomalies de la spermatogenèse ont été observées. La dose minimale induisant un effet nocif observé est fixée à 10 mg/kg/j. De même, dans son avis de juin 2008, le Comité scientifique des produits de consommation (SCCP) considère que l’utilisation du méthyl- et de l’éthyl-paraben ne pose pas de problème de sécurité aux doses maximales autorisées dans les produits cosmétiques. Concernant le propyl- et le butylparaben, les résultats sont moins clairs. Une étude menée chez des rates montre que les parabens ne présentent pas de fort potentiel estrogénique sur le développement utérin ou le cours de la gestation. En revanche, les études sur les organes mâles de la reproduction chez la souris montraient une diminution de la concentration sérique de testostérone, et des anomalies de la spermatogenèse avec la prise orale de butylparaben, alors que méthyl- et éthyl-paraben sont sans effet. Cette étude a été reproduite de façon moins critiquable chez le rat mâle. Elle montre que l’administration par voie orale du méthyl- et du butyl-paraben n’a pas d’effet sur les paramètres et les organes de la reproduction.
L’acide parahydroxybenzoïque, principal métabolite des parabens, n’a pas d’activité estrogénique.

 Chez l’homme, une étude portant ex vivo sur de la peau isolée à partir d’interventions chirurgicales sur laquelle on dépose des parabens, montre que plus les molécules sont lipophiles (butyle > propyle > éthyle > méthyle), moins elles pénètrent à travers la peau. L’étude de l’absorption transcutanée après application d’une crème contenant 2 % de butylparabens (c.à.d. 5 fois la concentration autorisée) chez 26 volontaires sains montre un pic de concentration sérique de butylparabens correspondant à environ 0,1 % de la dose administrée, sans qu’aucun effet ne soit observé sur les taux d’hormones sériques.
Une étude norvégienne de 2011 portant sur 332 femmes appliquant des lotions corporelles contenant des parabens montre une absorption chiffrable de méthyl-parabens chez 63 % d’entre elles, d’éthyl-parabens chez 23 %, de propyl-parabens à des taux très faibles chez 29 % et pas d’absorption pour le butylparabens. D’autres composés chimiques que les parabens ont sans doute des effets perturbateurs endocriniens. Les effets du bisphénol A sont les plus connus : ils s’exercent sur la fonction sexuelle et les taux d’hormones chez l’homme adulte ; ils peuvent être liés à de faibles doses et révélés à long terme. Les phtalates ont potentiellement, chez l’homme, des effets sur la distance anogénitale, l’hypospadias, la cryptorchidie (si exposition in utero) et les taux hormonaux et, chez la femme, sur la puberté précoce. Mais pour l’instant, si l’on sait qu’une petite fraction des parabens appliqués sur la peau peut pénétrer, les premières études (ponctuelles) chez l’homme comparant les taux hormonaux, l’excrétion urinaire de parabens et la spermatogenèse ne montrent pas d’anomalie chiffrable.
Les propyl- et butyl-parabens sont néanmoins interdits au Danemark chez l’enfant de moins de 3 ans depuis janvier 2011. Une proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale le 13 juillet 2010 par M. Yvan Lachaud a été adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale le 3 mai 2011 par 236 voix contre 222 : « La fabrication, l’importation, la vente ou l’offre de produits contenant des phtalates, des parabens ou des alkylphénols sont interdites ». Le texte est au stade de la première lecture au Sénat. Les décrets d’application ne sont pas parus.
Parabens et cancer du sein

En 2003, K.G. McGrath publie un article démontrant que les femmes qui utilisent des déodorants et qui se rasent les aisselles auraient des cancers du sein diagnostiqués plus précocement ; il suspecte éventuellement le rôle des sels d’aluminium. En janvier 2004, paraît un article de P.D. Darbre et coll. faisant état d’un lien possible entre l’utilisation de produits cosmétiques contenant des parabens et la présence de ces conservateurs dans des échantillons de tissus prélevés dans des cancers du sein. Entretemps, le mensuel Que choisir publie, en novembre 2005, un dossier intitulé « Crèmes hydratantes, votre santé en danger ». Il met en garde les utilisateurs d’antitranspirants contre le plus grand nombre de cancers du sein observé dans le quadrant supéroexterne, au voisinage de la zone où sont appliqués les antitranspirants. Ces derniers peuvent contenir des parabens, qui ont expérimentalement sur des cultures cellulaires et chez certains animaux d’expérience une faible action estrogénique, y compris sur une lignée de cellules de cancers du sein. C’est à la suite notamment de cet article qu’a été menée la campagne médiatique anti-parabens. Une autre étude, depuis, a montré qu’effectivement cette lignée de cellules cancéreuses humaines MCF7 est stimulée par l’éthyl-paraben et le butyl-paraben à des concentrations, respectivement 10 000 et 1 000 fois supérieures à celle du 17β-estradiol, mais que l’expression des gènes qui en résultait diffère selon que le stimulant est le paraben ou l’estrogène et que les conséquences pour la lignée cellulaire ne sont ainsi pas superposables. En avril 2004, l’Afssaps avait conclu que l’étude de P.D. Darbre et coll. portant sur un nombre réduit de cas (une vingtaine), contenait des biais méthodologiques et ne permettait pas de mettre en évidence un lien possible entre l’exposition aux parabens via un usage cosmétique et la présence de ces molécules dans des échantillons de tumeurs du sein (ils pourraient venir par exemple de l’alimentation ou des médicaments absorbés). Il faut noter que la plus grande fréquence des cancers du sein dans le quadrant supéro-externe des seins peut être liée à la plus grande quantité de tissu mammaire dans ce quadrant.
Il n’y a pas plus de cancer du sein chez les femmes qui utilisent des antiperspirants sur les aisselles que chez celles qui n’en utilisent pas ; de plus, les déodorants contiennent très rarement des parabens.
Les parabens retrouvés dans les tumeurs sont surtout des méthyl-parabens, dont le pouvoir estrogénique est quasi inexistant. Tous les cancers du sein ne sont pas estrogéno- dépendants ; ils sont plutôt en rapport avec l’âge et la génétique. Enfin, le courant sanguin et lymphatique va plutôt du sein vers l’aisselle, que l’inverse. Une revue récente de la littérature conclut à l’absence de lien entre parabens et cancers du sein.
En pratique, on retiendra
 Les parabens sont peu allergisants, moins que la plupart des autres conservateurs.
 En ce qui concerne l’éventualité d’une activité hormonale des parabens :
– méthyl- et éthyl-parabens sont sans risque aux doses utilisées ;
– propyl- et butyl-parabens sont toujours en investigation, mais le niveau d’inquiétude n’était pas suffisant pour en interdire l’utilisation,en dehors du Danemark. Des études expérimentales complémentaires doivent être mises en oeuvre dans le but de mieux préciser le risque sur la fertilité pour l’homme exposé durant son enfance en termes de dose seuil de toxicité, de durée d’exposition et de réversibilité de l’atteinte après arrêt de l’exposition.
 Les études analysées par plusieurs groupes européens dans les domaines de l’aliment, des cosmétiques et du médicament ont conclu qu’il n’y avait pas d’argument scientifique irréfutable en faveur du rôle des parabens dans le cancer du sein.
 Le vote surprise récent de l’interdiction des parabens (ainsi que des phtalates et des alkylphénols) dans les produits de consommation courante par l’Assemblée nationale semble excessif ; les parabens sont bien connus, peu toxiques et peu allergisants ; par quoi seront-ils remplacés ? Tout nouveau produit mis sur le marché expose à des surprises, pas toujours bonnes.


Pour en savoir plus

• Lorette G. Faut-il avoir peur des parabens dans les cosmétiques ? Presse Med 2006 ; 35 : 187-8.
• Revuz J. Vivent les parabènes. Ann Dermatol Venereol 2009 ; 136 : 403-4.
• Final amended report on the safety assessment of methylparaben, ethylparaben, propylparaben, isopropylparaben, butylparaben, isobutylparaben, and benzylparaben as used in cosmetic products. Int J Toxicol 2008 ; 27 Suppl 4 : 1- 82.
• Rousselle C. Cosméto-vigilance. Afssaps, Vigilance, bulletin n°30, décembre 2005.
• McGrath KG. An earlier age of breast cancer diagnosis related to more frequent use of antiperspirants/deodorants and underarm shaving. Eur J Cancer Prev 2003 ; 12 : 479-85.
• Darbre PD et al. Concentrations of parabens in human breast tumours. J Appl Toxicol 2004; 24: 5-13
• Sokolsky C. Cosmétiques. L’envers du décor. Que Choisir 2005 ; 431 : 16-9.
• Pugazhendhi D et al. Comparison of the global gene expression profiles produced by methylparaben, n-butylparaben and 17beta-oestradiol in MCF7 human breast cancer cells. J Appl Toxicol 2007 ; 27 : 67-77.
• Namer M et al. L’utiilsation de déodorants/antitranspirants ne constitue pas un risque de cancer du sein. Bull Cancer 2008 ; 95 : 871-80.
• Schnuch A et al. Risk of sensitization to preservatives estimated on the basis of patch test data and exposure, according to a sample of 3541 leave-on products. Contact Dermatitis 2011 ; 65 : 167-74.
• Meeker JD et al. Urinary concentrations of parabens and serum hormone levels, semen quality parameters, and sperm DNA damage. Environ Health Perspect 2011 ; 119 : 252-7.

Publié le 09/02/2012
Copyright © Len medical, Dermatologie pratique, janvier 2012
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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 12:54
Différents travaux ont associé, en population générale et chez les sujets atteints de cardiopathie, fréquence cardiaque de repos (FCR) et mortalité toutes causes et de cause cardiovasculaire, mais peu se sont intéressés au lien entre FCR et devenir cardiovasculaire des diabétiques. Des auteurs britanniques, japonais et italiens viennent de pallier ce manque en évaluant, chez les patients atteints de diabète de type 2 (DT2), la relation entre FCR et risques de décès et de complications cardiovasculaires.
C’est auprès de 11 138 diabétiques de type 2, de 215 centres de 20 pays, participant à l’étude ADVANCE* que GS Hillis et coll ont mené cette évaluation. Les patients inclus étaient âgés de plus de 55 ans, leur DT2 avait été diagnostiqué après l’âge de 30 ans, et ils avaient au moins une complication macro- ou microangiopathique majeure du diabète, ou au moins un facteur de risque cardiovasculaire se surajoutant au diabète. La FCR à l’inclusion a été examinée en relation à la mortalité toutes causes, à la mortalité cardiovasculaire, et aux événements cardiovasculaires majeurs (définis par un critère composite regroupant les décès de cause cardiovasculaire, les infarctus du myocarde et les AVC non fatals).
Dans cette population d’étude (58 % d’hommes), âgée de 65,8 ± 6,4 ans en moyenne, comptant 14 % de fumeurs, la FCR moyenne était de 74 ± 12 battements par minute (33-140 bpm). Sur un suivi médian de 4,4 ans, 879 patients sont décédés (8 %), 468 décès de causes cardiovasculaires (4 %) ont été recensés, et 1 000 patients (9 %) ont eu un événement cardiovasculaire majeur.
De nombreuses variables potentiellement confondantes ont été prises en compte, notamment l’âge, le sexe, les données de pression artérielle et de contrôle glycémique, le tabagisme, l’IMC, la durée du diabète, le taux d’HbA1c, le rapport albumine/créatinine urinaire, le débit de filtration glomérulaire, les antécédents d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque, l’activité physique, la cholestérolémie totale et le taux de triglycérides, l’existence d’une fibrillation auriculaire, la prise de ß-bloquants et celle d’antagonistes calciques.
Après ajustements, l’analyse associe à l’élévation de la FCR une augmentation du risque de décès toutes causes (ratio de risque pour l’accroissement de 10 bpm : 1,15 ; intervalle de confiance à 95 % : 1,08-1,21 ; p < 0,001), du risque de décès de cause cardiovasculaire (1,16 ; 1,07-1,25, pour ce même pas d’accroissement de la FCR ; p < 0,001) et du risque d’événements cardiovasculaires majeurs (1,08 ; 1,02-1,14 ; p = 0,009). Ces augmentations de risque étaient le fait des hommes et des femmes.
C’est chez les diabétiques de type 2 ayant une macroangiopathie préexistante (antécédents d’infarctus du myocarde, d’AVC, d’hospitalisation pour accident ischémique transitoire, angor instable, revascularisation coronarienne ou artérielle périphérique, ou amputation pour cause d’artériopathie des membres inférieurs) que l’augmentation du risque associé à l’élévation de la FCR était la plus manifeste. Chez ces patients, le ratio de risque de décès toutes causes était de 1,79 (1,28-2,50 ; p = 0,001) pour la comparaison du quintile le plus haut de FCR (91 bpm en moyenne) au plus bas (57 bpm en moyenne) ; le ratio de risque de décès de cause cardiovasculaire était de 1,81 (1,21-2,88 ; p = 0,005) et celui d’événements cardiovasculaires majeurs de 1,35 (1,00-1,83 ; p = 0,05).
Les ajustements poussés sur la prise d’autres traitements médicamenteux (par statines, inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine, antagonistes des récepteurs de l’angiotensine, en particulier) et sur les fractions lipidiques (taux de LDL- et de HDL-cholestérol) n’ont pas modifié significativement les résultats.
Dans un contexte où la prévalence du diabète (facteur majeur de maladie cardiovasculaire et de neuropathie autonome cardiaque) va croissant, cette étude relie fréquence cardiaque de repos (facile à mesurer), mortalité et risque de complications cardiovasculaires. S’appuyant sur des données multicentriques internationales, elle associe, chez les patients atteints de diabète de type 2, à l’élévation de la FCR un accroissement du risque de décès toutes causes, de causes cardiovasculaires et d’événements cardiovasculaires majeurs, indépendamment de nombre de variables susceptibles d’influer sur la fréquence cardiaque. Le rôle de l’augmentation de la FCR (médiateur direct ? ou marqueur d’autres situations ou facteurs d’évolution péjorative ?) reste à préciser.
* Action in diabetes and vascular disease: Preterax and Diamicron modified release controlled evaluation.


Dr Julie Perrot

Hillis GS et coll. : Resting heart rate and the risk of death and cardiovascular complications in patients with type 2 ,diabetes mellitus. Diabetologia, 2012
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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 18:26

Elaboration d'un nouveau plan Autisme

 

Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, a été chargée par le Premier ministre de concevoir un nouveau plan Autisme, décrété Grande cause nationale 2012. 

 

Il s'agira de "continuer l'effort de rattrapage sur le déploiement de nouvelles structures de prise en charge", les objectifs du plan 2008-2010 n'ayant pas tous été atteints, et d'intensifier "l'effort de recherche", a déclaré François Fillon, qui recevait à Matignon jeudi le collectif d'associations Ensemble pour l'autisme. 

 

Concernant l'accueil scolaire, le budget alloué à l'Education nationale augmentera de 350 millions à 450 millions d' euro l'an prochain, a souligné le Premier ministre. 

 

L'autisme concerne 300.000 à 500.000 personnes en France.

 

 

Le Généraliste - 9 février 2012

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 07:49
Polyethylene Glycol Repairs Severed Nerves in Rats Two studies show PEG-induced sealing of axons after transaction or cut- or crush-severance TUESDAY, Feb. 7 (HealthDay News) -- Polyethylene glycol (PEG) may be useful for repairing severed nerves, according to two experimental studies published online Feb. 3 in the Journal of Neuroscience Research. Christopher S. Spaeth, from the University of Texas at Austin, and colleagues measured the ability of rat hippocampal B104 cells or rat sciatic nerves to repair transected neurites in vitro or transected axons ex vivo. In both preparations, endogenous sealing was enhanced by calcium (Ca²+)-containing solutions and decreased by Ca²+-free solutions. At concentrations of 10-50 mM, PEG sealed the cut ends of the B104 cells and rat axons within seconds, independent of Ca²+. George D. Bittner, Ph.D., also from the University of Texas at Austin, and colleagues investigated PEG-sealing and fusion. Following complete cut- or crush-severance of rat sciatic nerves, morphological continuity, action potentials, and behavioral function were consistently and rapidly restored. A hypotonic Ca²+-free saline containing antioxidants prevented opening and resealing of severed axonal ends in sciatic nerves in vivo and ex vivo, and in rat B104 cells in vitro. A hypotonic solution of PEG opened closely apposed axonal ends to induce their membranes to fuse, independent of any endogenous sealing mechanism. Ca²+-containing isotonic saline induced sealing of remaining plasmalemmal holes. "Our PEG-fusion protocols may indeed be quickly translatable to important clinical procedures that dramatically and chronically restore within minutes to days much behavior lost by cut or crush axonal severance, a result not obtained with any other chemical or surgical treatment described to date," Bittner and colleagues conclude.
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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 20:52

Les omega-3 pendant la grossesse réduisent-ils le risque d’allergie chez l’enfant ?

 

L’action bénéfique observée sur l’évolution de la grossesse et le développement de l’enfant d’une supplémentation par de faibles doses d’ acides gras polyinsaturés à longue chaîne n-3 (inférieurs à 300 mg/jour dans la plupart des préparations commerciales) a conduit à recommander celle-ci chez les femmes enceintes. 

 

Certains ont aussi avancé l’hypothèse qu’une telle supplémentation pouvait avoir des effets favorables sur le risque de manifestations allergiques chez les enfants, notamment pour ceux à haut risque d’atopie. Un régime riche en oméga-3 pourrait en effet moduler la réponse immune par une régulation de la production des immunoglobulines E (IgE).

 

Une équipe australienne a voulu vérifier si les enfants dont les mères étaient ainsi  supplémentées pendant leur grossesse avaient, à l’âge d’1 an, un risque diminué d’eczéma ou d’allergie alimentaire. 

 

Deux groupes de femmes ont été randomisés, les unes (n=368) recevant des capsules d’huile de poisson (900 mg par jour d’acides gras polyinsaturés à longue chaîne n-3) à partir de la 21ème semaine de grossesse et jusqu’à l’accouchement, les autres (n=338) recevant un placebo.

Bien que la dose administrée soit notablement supérieure à celle de la plupart des préparations commerciales, aucune différence significative n’est observée concernant le pourcentage total d’enfants présentant une allergie IgE médiée (9 % du groupe supplémenté vs 13 % du groupe placebo ; risque relatif ajusté [RR] 0,70 ; intervalle de confiance à 95 % [IC] : 0,45 à 1,09, P = 0,12). 

 

Ce résultat mérite toutefois d’être nuancé, puisque le pourcentage d’enfant présentant un eczéma atopique est inférieur dans le groupe supplémenté (7 % vs 12 %, RR 0,61 ; IC : 0,38 à 0,98, P=0,04), ainsi que celui des enfants présentant une allergie à l’œuf, IgE médiée (9 % vs 15 %, RR 0,61 ; IC : 0,41 à 0,91, P=0,02). Aucune différence n’est constatée entre les deux groupes concernant les allergies non médiées par les IgE.

L’incidence des allergies a considérablement augmenté au cours des 30 dernières années dans de nombreux pays industrialisés, beaucoup trop rapidement pour être le résultat de modifications génétiques.

 

La responsabilité en serait plutôt des modifications environnementales, notamment des changements dans la consommation des acides gras, avec une place prépondérante prise par les oméga-6 aux dépens des oméga-3.

 

 

Dr Roseline Péluchon Publié le 09/02/2012

 

Palmer DJ et coll. : Effect of n-3 long chain polyunsaturated fatty acid supplementation in pregnancy on infants’ allergies in first year of life: randomised controlled trial.
BMJ 2012;344:e184 doi: 10.1136/bmj.e184


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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 20:19

L’infection virale est à l’origine d’une grande partie des épisodes d’exacerbations asthmatiques. 

Une étude prospective menée chez 218 enfants asthmatiques a permis d’appréhender  les mécanismes moléculaires à l’origine de l’interaction entre virus et asthme.

 

Les enfants (ayant un asthme léger à modéré) ont bénéficié d’un ajustement de leur traitement selon les recommandations sur le contrôle de l’asthme lors de la visite d’inclusion puis ont été suivis pendant 18 mois ou jusqu’à la survenue d’une exacerbation virale.

 

L’épisode d’exacerbation (toux, dyspnée, oppression respiratoire et/ou sifflements) était alors traité par salbutamol (2 bouffées de 90 µg) toutes les 20 minutes pendant une heure puis toutes les 4 heures si nécessaire.

 

En cas d’exacerbation modérée (pas de soulagement symptomatique après 3 traitements, et/ou abaissement du peak-flow à moins de 80 % des chiffres habituels), les participants ont été vus en consultation dans les 24 heures pour réaliser un lavage nasal.

 

L’analyse a été répétée chez 16 patients, 7 à 14 jours après l’infection virale.

 

La composition cellulaire des échantillons prélevés en phase aiguë comportait majoritairement des macrophages (83,9 % ± 2,7 %), puis des neutrophiles (12,3 % ±  2,5 %), des cellules épithéliales (2,2 % ±  1 %) et des éosinophiles (1,6 % ±  0,5 %).

 

En phase de suivi, les taux de macrophages étaient plus bas (72,1 % ± 4,8 %, P = 0,006), ceux des cellules épithéliales plus élevées (16,6 % ± 4,7 %, P = 0,005) alors que les proportions de neutrophiles (9,1 % ± 1,2 %, P = 0,6) et d’éosinophiles (1,7 % ± 0,8 %, P = 0,9) étaient comparables.

 

Les échantillons ont été également analysés pour évaluer les changements globaux d’expression génique.

 

Les résultats ont montré que plus de 1 000 gènes étaient positivement régulés durant l’épisode d’exacerbation asthmatique par rapport à ce qui était noté 7 à 14 jours après l’infection virale.

 

Une série de centres interconnectés a été mise en évidence. 

Le facteur 7 de régulation de l’interféron (IRF-7) a été identifié comme un centre majeur assurant la liaison entre les réponses antivirales médiées par l’interféron.

 

Ces résultats pourraient avoir des conséquences thérapeutiques non négligeables dans le traitement des exacerbations asthmatiques.

 

 

Dr Geneviève Démonet Publié le 09/02/2012

 

 

Bosco A et coll. : Interferon regulatory factor 7 is a major hub connecting interferon-mediated responses in virus-induced asthma exacerbations in vivo. J Allergy Clin Immunol 2012 ; 129 : (88–94)

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 16:11

« Nouveaux résultats prometteurs d'une thérapie génétique contre la cécité »

 

 

« une thérapie génétique expérimentale a donné des résultats encourageants pour la seconde fois pour restaurer partiellement la vision de personnes atteintes de cécité rare, selon un essai clinique publié mercredi » aux Etats-Unis.

 

L« cette expérience a été menée sur trois jeunes adultes souffrant d'amaurose congénitale de Leber (ACL), une dégénérescence incurable des récepteurs lumineux de la rétine qui entraîne une cécité progressive et complète dans la vingtaine ou la trentaine ».

« Le traitement consiste à injecter un virus génétiquement modifié qui sert de vecteur pour acheminer une version normale du gène RPE65 dont la mutation est responsable de cette maladie »

 

« ces chercheurs avaient initialement tenté ce traitement génétique sur ces trois mêmes jeunes adultes à l'Hôpital des enfants de Philadelphie (Pennsylvanie) mais seulement sur un œil. Ils avaient tous été capables, après le premier traitement dans leur œil le plus atteint, de lire des lignes du tableau utilisé par les ophtalmologues pour tester la vision. Auparavant, ils pouvaient seulement détecter les mouvements de la main ».

 

« après avoir reçu ce second traitement génétique dans l'autre oeil, ces malades ont pu voir dans une luminosité réduite. Deux ont même été capables de se déplacer parmi des obstacles dans des endroits sombres ».

 

Les auteurs de ce travail « précisent que ces patients n'ont fait part d'aucun effet secondaire comme une réaction néfaste du système immunitaire », l’un des praticiens, le Dr Jean Bennett (Université de Pennsylvanie) déclarant : « Ces patients nous disent combien leur vie a changé depuis qu'ils ont eu ce traitement génétique ».

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 07:43
Une enquête publiée sur le site Internet de Archives of General Psychiatry révèle que le tabagisme chronique accélère le déclin cognitif lié à l'âge. En clair, les performances intellectuelles diminuent rapidement chez les personnes âgées, ce qui pourrait représenter les prémices d'une dégénérescence cérébrale, Les conclusions de ce travail devraient inciter les médecins à recommander notamment aux adultes quadra ou quinquagénaires d'arrêter de fumer. Séverine Sabia (université de Londres) s'est intéressée à la cohorte Whitehall II basée sur la surveillance de 10.000 employés du service civil britannique suivis sur plus de 25 ans. Les chercheurs se sont penchés, en particulier, sur les liens entre le fait de fumer vers la cinquantaine et le potentiel intellectuel ultérieur, en examinant 5.099 hommes et 2.137 femmes à 56 ans en moyenne et ensuite plusieurs fois au cours des dix années suivantes Les hommes qui ont fumé régulièrement présentent une accélération de l'altération des performances intellectuelles en vieillissant. Pire, même, ceux qui n'ont jamais arrêté ont des perturbations encore plus rapides. Ceux qui ont quitté la cigarette récemment ne sont pas mieux lotis. En revanche, les ex-fumeurs de longue date n'ont pas de déficit cognitif supérieur à ceux qui n'ont jamais fumé. Des recherches récentes ont découvert un effet favorable de la nicotine sous forme de patch sur les troubles de la mémoire des personnes âgées. […] Le tabac fumé altérerait le réseau vasculaire par le biais non pas de la nicotine, mais du monoxyde de carbone produit lors de la combustion de la cigarette et inhalé. C'est ce monoxyde de carbone qui explique l'impact négatif du tabac sur les artères du cœur, mais aussi du cerveau. On sait aujourd'hui que les atteintes vasculaires constituent des facteurs aggravants de la maladie d'Alzheimer .
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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 18:42

Ces dernières années, une carence en vitamine D a été impliquée dans la pathogénie de nombre de maladies extra-osseuses comme les cancers, les affections auto- immunes, les maladies cardiovasculaires, les infections, y compris respiratoires et tuberculeuses.


Dans les broncho-pneumopathies obstructives (BPCO) sévères, le taux de vitamine D est, dans 60 à 75 % des cas, abaissé, pouvant majorer l’inflammation des voies aériennes, diminuer l’épuration bactérienne et favoriser la survenue de poussées infectieuses.


Une étude monocentrique, randomisée, en double aveugle contre placebo, menée entre 2008 et 2010 a évalué l’effet de l’apport de fortes doses orales de vitamine D sur le délai de survenue et le nombre annuel des poussées infectieuses dans les BPCO sévères.


100 000 unités de vitamine D par mois ou un placebo

Les patients étaient inclus dans l’étude au sortir d’une hospitalisation ; ils étaient âgés de 50 ans ou plus, tabagiques actifs ou anciens, porteurs d’une BPCO sévère avec un VEMS de moins de 80 %. Des antécédents d’hypercalcémie, de sarcoïdose ou de cancer évolutif constituaient des critères d’exclusion comme une supplémentation vitaminique récente pour ostéoporose symptomatique ou un traitement au long cours par azithromycine. Par contre, un traitement ancien, pris régulièrement depuis plusieurs mois comportant de faibles doses de vitamine D  (400 à 800 UI/j ) ne constituait pas, en soi, une contre indication à l’inclusion. Tous les malades avaient préalablement donné leur consentement par écrit.

Dans les 5 à 6 semaines après l’hospitalisation pour exacerbation de BPCO, 2 groupes ont été constitués par randomisation après ajustement sur les influences saisonnières ; l’un a reçu oralement 100 000 unités par mois de vitamine D, soit, approximativement 4 fois la dose habituelle dans l’ostéoporose ; l’autre un placebo sous forme d’huile d’arachide. L’ensemble des patients a été suivi tous les 4 mois pendant un an au plan clinique, fonctionnel respiratoire et biologique.

Le critère de jugement majeur de l’étude a été le délai de survenue de la première poussée, défini comme le délai entre la randomisation et la première aggravation brutale de la condition respiratoire (incluant au moins un des critères d’Anthonisen), persistant plus de 48 heures et nécessitant un nouveau traitement par antibiotiques et/ou corticoïdes. Ont également été notés la fréquence annuelle des poussées, le délai de survenue de la seconde poussée, le délai avant ré hospitalisation, la qualité de vie, l’évolution du VEMS, le nombre de décès en cous d’étude ainsi que le taux de vitamine D et l’évolution de divers paramètres biologiques.

Pas de différence entre les deux groupes

Globalement, sur 340 patients éligibles, 182 ont été randomisés, 91 avec supplémentation, 91 avec placebo. Au sein de la cohorte, 14 % étaient sous corticothérapie, sans modification posologique durant le suivi ; 18 % bénéficiaient d’un traitement  par inhalation majeur ; 22 %recevaient une supplémentation vitaminique D de base, à faibles doses (800 UI/j en moyenne). Le taux de vitamine D de départ était le même dans les deux groupes, de l’ordre de 20 mg/ml.

Au cours de l’année de suivi 468 poussées de BPCO sont survenues, 229 dans le groupe supplémenté, 239 dans le groupe placebo. Le délai moyen avant la première poussée a été de 84 jours (21-200) dans le groupe traité et de 56 jours (21-200) dans le groupe placebo, soit un p non significatif à 0,41. Il en a été de même pour le délai de survenue de la deuxième poussée. Leur fréquence annuelle moyenne est restée inchangée : 2,8 dans le groupe 25 OH D et 2,9 sous placebo. La qualité de vie et le nombre de décès en cours d’étude (10 % versus 7 %) ne diffèrent pas non plus ; la qualité microbiologique de l’expectoration également. Par contre, comme attendu, il y a eu, dans le groupe supplémenté une élévation notable du taux de 25 OH D, passant en moyenne de 20 à 52 ng/ml, ce qui, a priori constitue un taux suffisant pour s’attendre à d’éventuels effets extra osseux. Quatre hypercalcémies modérées, comprises entre 2,63 et 2,75 nmol/ml ont été relevées dans le groupe traité. Aucune hypercalciurie n’a été observée en fin d’étude. Seul résultat positif, dans le sous groupe ou avait été initialement décelée  une carence vitaminique profonde, inférieure à 10 mg/ml, malgré l’absence de différence significative dans le délai de survenue de la première poussée, une diminution de 43 %de la fréquence des poussées par malade et par an a été constatée (p = 0,042) ainsi qu’une amélioration de la phagocytose des monocytes circulants (p=0,002).

Seulement utile chez les sujets carencés

En conclusion, cette étude monocentrique démontre qu’un apport notable de 100 000 unités de vitamine D mensuelles pendant un an n’améliore pas le délai de survenue de la première poussée de BPCO, ni la fréquence annuelle de poussées, ni le VEMS, la qualité de vie ou le nombre de décès. Cependant, elle diminue la fréquence des poussées dans le sous groupe avec une carence profonde au départ. Malgré le caractère limité de l’échantillon, l’absence d’effet thérapeutique patent ne parait  pas être imputable à une erreur de type II. Cette étude pourrait toutefois servir de modèle pour analyser les effets potentiels de la vitamine D à fortes doses dans d’autres maladies chroniques extra-osseuses.

 

 

Dr Pierre Margent

 

Publié le 05/02/2012

 

Lehouck A et coll. : High Doses of Vitamin D to Reduce Exacerbations in Chronic Obstructive Pulmonary Disease. A Randomized Trial. Ann Int Med., 2012 ; 156 : 105-114.

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 18:22

Cette étude a évalué les résultats de la technique HIFU (Ultrasons Focalisés de Haute Intensité) chez 1 098 patients, d'âge moyen 70 ans, ayant un cancer localisé de la prostate et un suivi médian de 36 mois. 

 

Après traitement, un PSA nadir <= 0,3 ng/ml a été observé chez 65 % des patients. Les biopsies de contrôle (réalisées en cas de PSA > 0,3 ng/ml) étaient négatives dans 74 % des cas. 

 

La survie spécifique à 7 ans a été de 98 % et la survie à 7 ans sans métastase de 95 %. 

 

Le PSA nadir était un facteur prédictif majeur de survie sans progression biologique qui était de 80 % pour un nadir <= 0,3 ng/ml, de 43 % pour un nadir de 0,3-1 ng/ml et de 18 % pour un nadir > 1 ng/ml (p < 0,001). 

 

Cette technique concluent les auteurs est une option lorsque l'âge ou les comorbidités associées ne justifient pas une chirurgie radicale.

 

Dr Emmanuel Cuzin (06/02/2012)

 

 

 

Crouzet S et coll. : Résultats oncologiques du traitement par HIFU chez 1098 patients consécutifs. 105ème congrès de l'AFU (Paris) : 16 au 19 novembre 2011.


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