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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 06:59
On sait que la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), à savoir les AINS traditionnels et les inhibiteurs sélectifs de la Cox- 2 (coxibs) s’accompagne d’un risque accru d’événements cardiovasculaires (CV) et de complications au niveau du tractus gastro-intestinal supérieur. Cependant, une incertitude persiste quant à la nature précise et à l’amplitude de ce risque et quant à la relative sécurité d’emploi des différents AINS notamment chez les patients à haut risque coronaire. Méta-analyse sur plus de 700 essais C’est la raison pour laquelle le groupe CNT (Coxib and traditional NSAID Trialists) a effectué une méta-analyse portant sur un peu plus de 350 000 patients inclus dans plus de 700 essais, à savoir280 essais où les AINS ont été comparés à un placebo (124 513 participants, soit 68 342 personne/années) et dans 474 essais où un AINS était comparé à un autre AINS (229 296 participants, soit 165 456 personne/années). Les critères principaux de l’étude incluaient : les événements CV majeurs (infarctus du myocarde non-fatal, accident vasculaire cérébral [AVC] non-fatal, décès vasculaire) ; les événements coronaires majeurs (infarctus du myocarde non-fatal ou décès d’origine coronaire) ; les AVC ; la mortalité ; l’insuffisance cardiaque et les complications survenues au niveau du tractus digestif supérieur (perforation, occlusion, ou saignement). Les résultats montrent que sous coxib ou diclofénac, l’incidence des événements CV majeurs augmente d’environ 30 % (coxib : rate ratio [RR] 1,37 ; intervalle de confiance [IC] 95 % : 1,14–1,66 ; p=0,0009 ; diclofénac : RR 1,41 ; IC 95 % : 1,12–1,78 ; p=0,0036), essentiellement en raison d’une augmentation significative de l’incidence des événements coronaires majeurs (coxibs : RR 1,76 ; IC 95 % : 1,31–2,37 ; p=0,0001; diclofénac : RR 1,70 ; IC 95 % : 1,19–2,41; p=0,0032). L’ibuprofène est aussi significativement associé avec un accroissement de l’incidence des événements coronaires majeurs (RR 2,22 ; IC 95 % : 1,10–4,48 ; p=0,0253) mais pas de celle des événements CV majeurs (RR 1,44 ; IC 95 % : 0,89–2,33). Trois événements CV de plus pour 1 000 patients traités par coxibs ou diclofénac pendant un an Comparée à celle d’un placebo, la prise de coxibs ou de diclofénac, s’est accompagnée, pour 1 000 patients traités pendant un an, de 3 événements CV majeurs supplémentaires dont 1 a été fatal. Le naproxène n’a pas augmenté significativement l’incidence des événements CV majeurs (RR 0,93 ; IC 95 % : 0,69–1,27). La prise de coxibs ou de diclofénac a augmenté significativement l’incidence des décès CV (coxibs : RR 1,58 ; IC 99 % : 1,00–2,49 ; p=0,0103 ; diclofénac : RR 1,65 ; IC 99 % : 0,95–2,85 ; p=0,0187). Avec l'ibuprofène, on note seulement une tendance à une incidence plus élevée de ce paramètre (RR 1,90 ; IC 95 % : 0,56–6,41 ; p=0,17) et le naproxène n’a pas eu d’effet sur lui (RR 1,08 ; IC 95% : 0,48–2,47 ; p=0,80). L’effet proportionnel des AINS et des coxibs sur les événements CV majeurs est apparu indépendant des caractéristiques des patients à l’état basal et notamment de leur niveau de risque CV. Tous les AINS ont pratiquement doublé le risque de survenue d’une insuffisance cardiaque Effets secondaires gastro-intestinaux avec tous les AINS Enfin, tous les AINS ont augmenté significativement le taux de complications gastro-intestinales (coxibs : RR 1,81 ; IC 95 % : 1,17–2,81 ; p=0,0070 ; diclofénac : RR 1,89 ; IC 95 % : 1,16–3,09 ; p=0,0106 ; ibuprofène : RR 3,97 ; IC 95 % : 2,22–7,10 ; p<0,0001; naproxène : RR 4,22 ; IC 95 % : 2,71–6,56 ; p<0,0001). En conclusion, le risque CV inhérent à de fortes doses de diclofénac et possiblement d’ibuprofène, est comparable à celui des coxibs. Ce risque est le plus faible sous naproxène comparé aux autres AINS. Bien que les AINS augmentent tous le risque de complications gastro-intestinales, on peut prédire son importance dans la mesure où il est le plus bas sous coxibs ou diclofénac et le plus élevé sous naproxène. Dr Robert Haïat 04/06/2013 Coxib and traditional NSAIDTrialists’ (CNT) Collaboration.Vascular and upper gastrointestinal effects of non-steroidal anti-inflammatory drugs: meta-analyses of individual participant data from randomised trials. Lancer
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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 19:59

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 07:22
Cambridge, le samedi 8 juin 2013 – Face aux difficultés qui demeurent autour de la greffe d’ilots pancréatiques et de la mise au point de pancréas artificiels, les efforts continuent parallèlement à se concentrer sur le développement de modes d’administration améliorés de l’insuline, afin d’alléger le fardeau du traitement quotidien des diabétiques insulinodépendants. Cependant, jusqu’à aujourd’hui, tous les mécanismes imaginés pour obtenir une libération prolongée de l’insuline se sont révélés insatisfaisants car ils ne permettaient pas de palier le risque d’hypo et d’hyperglycémie. Un nano pancréas artificiel Une équipe du Massachusetts Institute of Technology (MIT) pourrait cependant avoir touché au but. Les chercheurs conduits par le Professeur Daniel Anderson ont enfermé de l’insuline dans un nanoréseau de dextrane, le polysaccharide ayant été modifié afin d’être porteur d’une enzyme transformant le glucose en acide gluconique. Ce maillage de dextrane est détruit lorsque la glycémie augmente, en raison de la production d’acide gluconique. A l’inverse, si le taux de glycémie reste normal, la libération de l’insuline est bloquée. Le dispositif fonctionne comme un « système de valves intelligentes » comparent les chercheurs à l’origine de ce système, dont les travaux sont publiés dans la revue American Chemical Society Nano. Testées chez des souris modèles de diabète de type 1, ces nanoparticules sous forme de gel facilement administrables, ont permis de contrôler efficacement le taux de glycémie des souris pendant une période de dix jours. Des travaux supplémentaires sont cependant nécessaires pour affiner ce dispositif avant d’évaluer son efficacité (et son absence de toxicité) chez l’homme. Ces nanoparticules ont néanmoins déjà fait naître un grand espoir. Léa Crébat 08/06/2013
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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 10:21
« un groupe de chercheurs français et une eurodéputée dénoncent les procédures actuelles de stérilisation des sondes échographiques. Selon les experts, changer les appareils permettrait d'éviter des milliers de cas d'infections nosocomiales ». « Michèle Rivasi, députée européenne (EELV), a réuni autour d'elle de nombreux scientifiques français à l'occasion de la publication d'un rapport parlementaire sur les risques de contamination, lors d'examens médicaux, par les sondes endocavitaires. Ces objets sont utilisés lors des grossesses mais aussi pour détecter de nombreuses pathologies ». L’hebdomadaire précise que « parmi les experts, Yahia Mekki, virologue au CHU de Lyon, a publié très récemment une étude qui prouve que de nombreux virus résistent aux méthodes de désinfection actuelles de ces outils. [Il] estime que ces bactéries qui résistent à la stérilisation sont la cause de plusieurs milliers d'infections nosocomiales chaque année ». Dans un entretien, le Dr Mekki déclare ainsi : « J’ai publié une étude dans Plos One, qui prouve pour la première fois que des virus de petite taille résistent à la façon dont sont stérilisées les sondes échographiques. Il s'agit notamment des papillomavirus, dont aucun article n'avait jusqu'à présent étudié la résistance aux méthode de bas niveau de désinfection ». « Il faut privilégier les méthodes dites à haut niveau de désinfection comme les ultraviolets ou le péroxyde d'hydrogène. Les hôpitaux doivent s'équiper et adopter ces nouvelles méthodes pour éviter davantage d'infections nosocomiales », poursuit le virologue, qui explique qu’« une projection mathématique a montré qu'en changeant notre façon de faire on pourrait éviter chaque année 63 cas d'infection au VIH, 1 624 contaminations à l'hépatite B, 239 hépatites C et 12 000 papillomavirus. Ces derniers favorisent presque tous le cancer du vagin ou de l'anus ».
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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 10:16
« une étude vient de nouveau pointer du doigt un conflit d'intérêts entre médecins et industrie pharmaceutique », et « révèle les lacunes dans le circuit d'information sur les effets secondaires graves des médicaments ». « de mai 2009 à juin 2010, l'équipe de Barbara Mintzes, de l'université de Colombie Britannique de Vancouver, a mené une étude internationale auprès de généralistes pour voir si la manière dont est réglementée l'activité des visiteurs médicaux influence la qualité du message délivré par le praticien ». « quand des visiteurs médicaux viennent informer les médecins sur les médicaments, ils omettent 1 fois sur 3 de parler des effets indésirables, et plus de 9 fois sur 10 ne parlent pas des plus graves ». Le quotidien rappelle qu’« en France, une charte réglemente la visite médicale depuis 2005 ». Le Dr Geneviève Durrieu, pharmacologue à la faculté de médecine de Toulouse et responsable de la partie française de ce travail, remarque : « On s'attendait donc à ce que la qualité de l'information délivrée aux généralistes français soit, grâce à elle, meilleure qu'à Montréal, Sacramento et Vancouver ». « la France sort en tête devant le Canada et les Etats-Unis. Sur les 255 généralistes interrogés, ce sont les Français qui ont le plus souvent reçu une information minimale complète (indications, contre-indications, interactions, effets indésirables, etc). Mais à hauteur de... 3% seulement, contre 1,7% en moyenne sur les 4 sites ». « Les effets indésirables sont très souvent omis. Un peu moins en France qu'ailleurs (39% contre 59%), certes, mais les effets énoncés sont les plus bénins (diarrhée, nausée) » Le Dr Durrieu note ainsi que « les informations vraiment essentielles pour la sécurité des patients, à savoir les effets indésirables graves, sont abordées dans l'Hexagone aussi rarement que dans les autres pays (6%) ». « les visiteurs médicaux sont plus zélés en France (16% contre 13%) pour aborder des indications non approuvées par l'Agence du médicament ». Le Dr Durrieu remarque que « c'est un argument supplémentaire pour montrer qu'il ne faut pas laisser les firmes pharmaceutiques communiquer seules sur le médicament. Il faut développer, toujours et encore, une information indépendante et objective ». « la déontologie de la visite médicale est à revoir : la Charte n'a pas suffi comme garde-fou », puis observe que « l'étude révèle aussi des médecins manquant d'esprit critique. Malgré un manque criant d'informations, 54% des généralistes interrogés ont ainsi jugé «bonne ou excellente» l'information délivrée et 64% se sont dits prêts à prescrire le médicament ». ’« à l'époque de l'étude, l'affaire Mediator n'avait pas encore éclaté, ni la polémique sur les pilules de 3ème génération. La défiance vis-à-vis de l'industrie pharmaceutique était donc moins forte et la situation pourrait avoir changé ».
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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 09:29
La polyarthrite rhumatoïde (PR) et les dysthyroïdies auto-immunes (AITD) font partie des pathologies auto-immunes les plus fréquentes. Les AITD et les PR anti CCP+ (anti peptides cycliques citrullinés) partagent plusieurs facteurs de risque communs (FDRC) tels que le tabac, l’allèle PTPN22*R620W et l’épitope partagé. Il n’existe pas d’étude sur l’association entre les AITD et le risque de développer une PR. En utilisant les données d’une étude cas contrôle sur l’incidence de la PR (étude EIRA epidemiological investigation of RA), les auteurs de ce travail ont examiné l’association entre la substitution en thyroxine (en excluant les causes de dysthyroïdie non auto-immunes) et le risque de PR. Une potentielle interaction entre la supplémentation en thyroxine et les FDRC aux AITD et à la PR a été également recherchée. Au total 1 998 cas de PR et 2 252 contrôles ont été concernés par cette étude ; 124 patients atteints de PR (6 %) avaient débuté un traitement par thyroxine avant l’entrée dans l’étude, contre à 74 (3 %) sujets contrôles (odds ratio [OR] 2, 1,5 à 2,7). Le risque relatif de PR était deux fois plus élevé chez les malades sous thyroxine que chez ceux qui ne recevaient pas ce traitement (OR 1,9 ; 1,4 à 2,6 chez les sujets PR anti CCP+ et OR 2,1 ; 1,5 à 3,1 chez les sujets PR anti CCP-). La substitution en thyroxine en cas d’absence de tabagisme n’était pas associé à un sur risque de PR anti CCP + (OR=1,5 ; intervalle de confiance à 95 % [IC 95 %] : 08 à 2,7), mais chez les fumeurs, le sur risque était net (OR : 3,6 ; IC95 % : 2,3 à 5,8). Par rapport aux sujets non traités, la substitution était associée à une légère mais non significative augmentation du risque de PR anti CCP + chez les patients n’ayant pas l’épitope partagé (OR=1,4 ; IC 95 % 0,7 à 3), alors que l’association était nette et significative chez les patients porteurs (OR=11,8 ; IC 95 % 6,9 à 20). Par contre, il n’y avait pas d’augmentation du risque de PR anti CCP+ chez les malades traités par thyroxine non porteurs de l’allèle PTPN22*R620W (OR : 1,6 ; IC 95 % : 1 à 2,5) de même que chez ceux porteurs de l’allèle mais sans traitement substitutif. En conclusion, la supplémentation en thyroxine d’une dysthyroïdie auto-immune augmente le risque de PR indépendamment du statut anti CCP. Il existe de plus une interaction entre la substitution et l’épitope partagé ainsi qu’une interaction avec le tabac pour les PR anti CCP+. Dr Juliette Lasoudris-Laloux 06/06/2013 Bengtsson C et coll. : Thyroxin substitution and the risk of developing rheumatoid arthritis; results from the Swedish population-based EIRA study. Ann Rheum Dis., 2013 ; publication avancée en ligne le 23 avril.
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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 07:05
Nontoxic radioactive Listeriaat is a highly effective therapy against metastatic pancreatic cancer. AuthorsQuispe-Tintaya W, et al. Show all Journal Proc Natl Acad Sci U S A. 2013 May 21;110(21):8668-73. doi: 10.1073/pnas.1211287110. Epub 2013 Apr 22. Affiliation Department of Microbiology and Immunology and Department of Radiology, Albert Einstein College of Medicine, Bronx, NY 10461. Abstract No significant improvement in therapy of pancreatic cancer has been reported over the last 25 y, underscoring the urgent need for new alternative therapies. Here, we coupled a radioisotope, (188)Rhenium, to an attenuated (at) live Listeria monocytogenes (Listeria(at)) using Listeria-binding antibodies, thus creating a unique radioactive Listeria(at) (RL). We then demonstrated in a highly metastatic pancreatic mouse tumor model (Panc-02) that RL delivered radioactivity to the metastases and less abundantly to primary tumors in vivo, without harming normal cells. This result was possible because Listeria(at) was efficiently cleared by the immune system in normal tissues but not in the heavily immune-suppressed microenvironment of metastases and primary tumor. Multiple treatments with low doses of the RL resulted in a dramatic decrease in the number of metastases (∼90%) compared with control groups in the Panc-02 model. This is the first report of using live attenuated bacteria delivering a highly radioactive payload to the metastases, resulting in killing tumor cells in vivo without harming normal cells. The nontoxic RL treatment is attractive for clinical development as a therapy to prevent pancreatic cancer recurrence and metastases.
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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 07:02
Pancreatic cancer: Radioactive Listeria delivers killer hit to metastatic pancreatic cancer Katrina Ray Abstract Effective therapies for pancreatic cancer are urgently needed—the disease has a notoriously poor prognosis. Now, a new study reports that a live attenuated bacterium tagged with a radioisotope can deliver a lethal radioactive dose to pancreatic cancer metastases, killing tumour cells in vivo in a mouse model without harming the normal tissue. Nature Reviews Gastroenterology and Hepatology 10, 322 (June 2013) | doi:10.1038/nrgastro.2013.81
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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 22:55
Paris, le mardi 4 juin 2013 – A l’occasion d’un colloque organisé hier à l’hôpital Cochin concernant, entre autre, la place du baclofène (agoniste des récepteurs GABA-B) dans la prise en charge des patients alcolo-dépendants, le patron de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), le professeur Dominique Maraninchin a annoncé que ce traitement allait bénéficier d’une recommandation temporaire d’utilisation (RTU). Valable pour une durée de trois ans, ce dispositif doit offrir une sécurité de prescription supplémentaire aux nombreux praticiens qui choisissaient de le délivrer hors AMM. Cette RTU devrait également contribuer à mieux encadrer son utilisation, notamment en ce qui concerne sa posologie (sujet qui fait souvent débat) et ses effets secondaires (trop rarement déclarés). « Cela va permettre de suivre les effets du baclofène sur une cohorte de cinq ou six mille patients. Ce que ne permet pas l’étude scientifique » ajoute, cité par Libération, le professeur Michel Reynaud (Hôpital Paul Brousse, Villejuif) qui conduit l’un des deux essais cliniques français en cours sur le baclofène. Des résultats très encourageants Cette annonce du patron de l’ANSM, qui signe une reconnaissance officielle de l’utilisation du baclofène dans le traitement des alcoolo-dépendants, semble l’aboutissement d’une longue période de réflexion d’abord marquée par une grande réticence des autorités. En novembre 2008 en effet, l’AFSSAPS (devenue l’ANSM) n’usait nullement du même ton lorsqu’elle signalait que les médecins prescrivant hors AMM le baclofène le faisaient « sous leur unique et entière responsabilité ». Depuis les mises en garde ont laissé place à une attitude plus positive, centrée sur la nécessité de conduire des évaluations rigoureuses. Un Programme hospitalier de recherche clinique (PHRC) a ainsi été lancé dans ce sens en 2011. Les premiers résultats des travaux hospitaliers et de ceux conduits en ville (BACLOVILLE) se sont d’ores et déjà révélés très encourageants. Climat passionnel Pour les multiples associations qui, depuis la publication de l’ouvrage du docteur Olivier Ameisen évoquant son propre « sevrage » grâce au baclofène (témoignage qui a médiatisé l’utilisation de ce médicament dans cette indication en France), militent pour sa reconnaissance, cette décision de l’ANSM représente une véritable victoire. Le même sentiment gagne les nombreux spécialistes qui, ces dernières années et plus encore ces derniers mois, sont montés au créneau pour dénoncer le « scandale » que semblait représenter l’attitude réticente des autorités vis-à-vis de ce traitement. Mais il est peu probable que ce choix de l’ANSM n’apaise le climat passionnel qui depuis plusieurs années s’est imposé autour de la question du baclofène entre ses opposants et ses fervents défenseurs. Aurélie Haroche 04/06/2013 Copyright © http://www.jim.fr
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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 22:52
On sait que la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), à savoir les AINS traditionnels et les inhibiteurs sélectifs de la Cox- 2 (coxibs) s’accompagne d’un risque accru d’événements cardiovasculaires (CV) et de complications au niveau du tractus gastro-intestinal supérieur. Cependant, une incertitude persiste quant à la nature précise et à l’amplitude de ce risque et quant à la relative sécurité d’emploi des différents AINS notamment chez les patients à haut risque coronaire. Méta-analyse sur plus de 700 essais C’est la raison pour laquelle le groupe CNT (Coxib and traditional NSAID Trialists) a effectué une méta-analyse portant sur un peu plus de 350 000 patients inclus dans plus de 700 essais, à savoir280 essais où les AINS ont été comparés à un placebo (124 513 participants, soit 68 342 personne/années) et dans 474 essais où un AINS était comparé à un autre AINS (229 296 participants, soit 165 456 personne/années). Les critères principaux de l’étude incluaient : les événements CV majeurs (infarctus du myocarde non-fatal, accident vasculaire cérébral [AVC] non-fatal, décès vasculaire) ; les événements coronaires majeurs (infarctus du myocarde non-fatal ou décès d’origine coronaire) ; les AVC ; la mortalité ; l’insuffisance cardiaque et les complications survenues au niveau du tractus digestif supérieur (perforation, occlusion, ou saignement). Les résultats montrent que sous coxib ou diclofénac, l’incidence des événements CV majeurs augmente d’environ 30 % (coxib : rate ratio [RR] 1,37 ; intervalle de confiance [IC] 95 % : 1,14–1,66 ; p=0,0009 ; diclofénac : RR 1,41 ; IC 95 % : 1,12–1,78 ; p=0,0036), essentiellement en raison d’une augmentation significative de l’incidence des événements coronaires majeurs (coxibs : RR 1,76 ; IC 95 % : 1,31–2,37 ; p=0,0001; diclofénac : RR 1,70 ; IC 95 % : 1,19–2,41; p=0,0032). L’ibuprofène est aussi significativement associé avec un accroissement de l’incidence des événements coronaires majeurs (RR 2,22 ; IC 95 % : 1,10–4,48 ; p=0,0253) mais pas de celle des événements CV majeurs (RR 1,44 ; IC 95 % : 0,89–2,33). Trois événements CV de plus pour 1 000 patients traités par coxibs ou diclofénac pendant un an Comparée à celle d’un placebo, la prise de coxibs ou de diclofénac, s’est accompagnée, pour 1 000 patients traités pendant un an, de 3 événements CV majeurs supplémentaires dont 1 a été fatal. Le naproxène n’a pas augmenté significativement l’incidence des événements CV majeurs (RR 0,93 ; IC 95 % : 0,69–1,27). La prise de coxibs ou de diclofénac a augmenté significativement l’incidence des décès CV (coxibs : RR 1,58 ; IC 99 % : 1,00–2,49 ; p=0,0103 ; diclofénac : RR 1,65 ; IC 99 % : 0,95–2,85 ; p=0,0187). Avec l'ibuprofène, on note seulement une tendance à une incidence plus élevée de ce paramètre (RR 1,90 ; IC 95 % : 0,56–6,41 ; p=0,17) et le naproxène n’a pas eu d’effet sur lui (RR 1,08 ; IC 95% : 0,48–2,47 ; p=0,80). L’effet proportionnel des AINS et des coxibs sur les événements CV majeurs est apparu indépendant des caractéristiques des patients à l’état basal et notamment de leur niveau de risque CV. Tous les AINS ont pratiquement doublé le risque de survenue d’une insuffisance cardiaque Effets secondaires gastro-intestinaux avec tous les AINS Enfin, tous les AINS ont augmenté significativement le taux de complications gastro-intestinales (coxibs : RR 1,81 ; IC 95 % : 1,17–2,81 ; p=0,0070 ; diclofénac : RR 1,89 ; IC 95 % : 1,16–3,09 ; p=0,0106 ; ibuprofène : RR 3,97 ; IC 95 % : 2,22–7,10 ; p<0,0001; naproxène : RR 4,22 ; IC 95 % : 2,71–6,56 ; p<0,0001). En conclusion, le risque CV inhérent à de fortes doses de diclofénac et possiblement d’ibuprofène, est comparable à celui des coxibs. Ce risque est le plus faible sous naproxène comparé aux autres AINS. Bien que les AINS augmentent tous le risque de complications gastro-intestinales, on peut prédire son importance dans la mesure où il est le plus bas sous coxibs ou diclofénac et le plus élevé sous naproxène. Dr Robert Haïat 04/06/2013 Coxib and traditional NSAIDTrialists’ (CNT) Collaboration.Vascular and upper gastrointestinal effects of non-steroidal anti-inflammatory drugs: meta-analyses of individual participant data from randomised trials. Lancer 2013; publication avancée en ligne le 30 mai. http://dx.doi.org/10.1016/ S0140-6736(13)60900-9
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