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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 06:45
La sclérodermie systémique (ScS) est associée à une surmorbidité et une surmortalité. Un diagnostic précoce permettant de traiter avant l'apparition de complications pourrait en améliorer le pronostic. La capillaroscopie à un rôle bien établi dans le diagnostic de SSc «précoce» mais cet outil aurait une efficacité optimale s'il permettait également d'identifier les malades susceptibles de développer des complications. La vidéocapillaroscopie périunguéale (VDN) est une méthode diagnostique non invasive permettant de détecter les principales anomalies de la microcirculation locale dans la ScS. Cette étude menée chez 66 malades atteints de SSc avait pour objectif d'évaluer l'existence de possibles corrélations entre différents aspects capillaroscopiques et l'apparition à 18-24 mois d'une atteinte d'organe sévère. Les malades inclus ont eu une VDN à l'entrée. Cinq avaient une atteinte vascullaire débutante en VDN, 25 une forme active et 27 (27/66 = 41 %) une forme terminale. Neuf malades avaient une VDN normale. L'évaluation clinique à 18-24 mois s'est basée sur l'echelle de sévérité de Medsger qui quantifie de 0 à 4 la sévérité de l'altération de l'état général, de l'atteinte vasculaire périphérique, cutanée, digestive,articulaire,musculaire, pulmonaire cardiaque et rénale. En analyse de régression logistique simple, l'odds ratio (OR) estimé pour le développement d'une maladie vasculaire ou d'une pneumopathie sévère augmentait en fonction de la sévèrité de l'atteinte en VDN. L'OR pour l'apparition d'une maladie vasculaire périphérique grave était de 2,49 (intervalle de confiance à 95 % [ IC 95] de 1,33 à 5,43, p = 0,003), pour une atteinte débutante en VDN, 6,18 pour une atteinte active et 15,35 pour une atteinte terminale par rapport à un examen VDN normal. L'OR pour une maladie pulmonaire grave était de 2,54 (IC 95 de 1,40 à 5,22, p = 0,001), pour une atteinte VDN débutante, 6,43 pour l'atteinte active et 16,30 pour l'atteinte terminale par rapport à un examen VDN normal. En analyse de régression logistique multiple, l'OR estimé, pour le développement d'une atteinte sévère vasculaire ou d'une atteinte pulmonaire grave était aussi plus élevé en fonction de la sévèrité de l'atteinte en VDN. L'OR pour une atteinte vasculaire périphérique grave était de 2,52 ( IC 95 de 1,11 à 7,7, p = 0,026),) pour une atteinte VDN débutante, 6,37 pour une atteinte VDN active, 16,07 pour une atteinte VDN terminale par rapport à un examen en VDN normal. L'OR pour une maladie pulmonaire grave à venir était de 2,33 (IC 95 de 1,13 à 5,52, p = 0,021), pour une atteinte débutante en VDN, de 5,44, pour une atteinte active et de 12,68 pour une atteinte terminale par rapport à examen VDN normal. Cette étude pilote est la première montrant une association entre les caractèriqtiques de la vidéocapillaroscopie et le risque de développer une atteinte vasculaire périphérique ou pulmonaire ultérieure. Smith V et coll. : Do worsening scleroderma capillaroscopic patterns predict future severe organ involvement? a pilot study. Ann Rheum Dis., 2012; publication avancée en ligne le 8 mars. 02/04/12 (JIM) Dr Juliette Lasoudris Laloux
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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 06:40
France Soir, Le Figaro, La Provence, La Dépêche - 2 avril 2012 Aujourd'hui se tient la 5e Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. De nombreux monuments seront illuminés en bleu, et en France, l'association Ensemble pour l'autisme organisera pendant une semaine une campagne radio et télé présentant des témoignages de personnes autistes, annonce France Soir. La maladie, qui touche près de 440.000 personnes dans notre pays, reste pourtant très mal connue. Ainsi, si 87% des Français savent que les autistes ont des difficultés à communiquer, 54% pensent qu'ils souffrent de troubles neurologiques et 37% de troubles psychologiques, 25% qu'ils ont une intelligence supérieure à la normale et 30% un retard mental, selon un sondage OpinionWay. Dans Le Figaro, le Défenseur des Droits Dominique Baudis note des "avancées substantielles dans la connaissance et la prise en charge de l'autisme" mais aussi le long chemin qui reste à parcourir, souhaitant dès lors une "mobilisation" des institutions et des associations, pour "travailler sur la déconstruction des préjugés et stéréotypes et sur la responsabilisation de l'ensemble des acteurs impliqués dans la vie quotidienne des personnes autistes: l'école, les activités périscolaires, l'accès aux loisirs, les soins, l'emploi, la formation professionnelle..." Il annonce aussi la création d'un groupe de travail dédié "port[ant] en priorité sur le respect des droits des personnes autistes, les mesures pouvant favoriser une meilleure participation citoyenne et le développement de structures d'accueil".
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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 21:36
Très en vogue depuis une dizaine d’années, pour son aptitude à synthétiser l’interaction croisée des influences génétiques et environnementales, le modèle « G x E » [1] a fait l’objet d’une « étude critique » dans The American Journal of Psychiatry. Les auteurs ont réexaminé toutes les publications réalisées sur ce thème entre 2000 et 2009, soit 103 études, pour vérifier si la validité prêtée à ce nouveau paradigme G x E est toujours vérifiée, et justifie vraiment son succès croissant, ou si ses partisans s’emportent hâtivement pour proclamer sa pertinence.  Et cette méta-analyse les incite à conclure que l’enthousiasme pour cette théorie est un peu exagéré, ou plutôt prématuré, car s’ils ne la remettent pas fondamentalement en question, ils estiment qu’elle se trouve entachée par un « biais de publication » fréquent : les résultats négatifs (venant contredire ce modèle) resteraient généralement inédits (negative results go unpublished) ; par conséquent, la proportion opposée des comptes-rendus positifs se trouverait mécaniquement surévaluée, puisque nombre de résultats contradictoires sont ainsi écartés d’emblée. Pour les auteurs, même si ce modèle G x E est attesté, le fait d’écarter par principe des données négatives contribue à semer le doute sur certaines recherches au carrefour du gène et de l’environnement (G x E) en psychiatrie.  Cette observation est intéressante dans la mesure où elle incite à relire les publications avec un esprit critique, un biais pouvant parfois se dissimuler là où on ne l’attend pas ! Comme le rappelle à ce propos Michel Cucherat (Service de Biostatistique et de Pharmacologie clinique, Lyon) [2], « les essais positifs sont plus facilement publiés que les négatifs.» Ces travaux « peu concluants » ne font alors pas l’objet d’une publication, cette censure pouvant venir par exemple des comités de lecture ou des auteurs eux-mêmes, peu enclins à publier des résultats ne confirmant pas un a priori théorique.   [1] http://en.wikipedia.org/wiki/Gene%E2%80%93environment_interaction [2] http://www.spc.univ-lyon1.fr/lecture-critique/diaporama/liste_diaporama.htm & http://www.spc.univ-lyon1.fr/lecture-critique/metaanalyse/texte2.htm Dr Alain Cohen  02/04/2012   Duncan LE et Keller MC : A critical review of the first 10 years of candidate Gene-by-Environment Interaction research in psychiatry. Am J Psychiatry,2011; 168: 1041–1049.
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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 12:02

Autisme : « Mon combat pour mon fils » 


Le Parisien 


A l’occasion de la Journée mondiale de l’autisme, Le Parisien publie un entretien avec l’animatrice radio Eglantine Eméyé, « maman d’un petit garçon de 6 ans, [autiste sévère, qui] cherche en vain une méthode efficace ».


Eglantine Eméyé remarque notamment : « J’ai eu et j’ai encore recours aux méthodes comportementales, comme ABA. Elles ont fait beaucoup de bien à mon fils. Le problème c’est qu’elles adoptent aujourd’hui vis-à-vis de la psychanalyse la même attitude de rejet dont elles étaient elles-mêmes victimes autrefois. Cela fait du tort à la cause de l’autisme ».


L’animatrice ajoute : « Aujourd’hui on ne sait pas comment soigner l’autisme. On ne fait que limiter les symptômes. Et en ce qui concerne mon fils, aujourd’hui plus rien ne marche. Alors malgré l’avis de la HAS, j’ai demandé qu’il teste la méthode psychanalytique du packing dans le cadre d’un essai à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. […] Je ne sais pas si cela va marcher, mais je n’ai pas d’autre solution que de la tester ».

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 11:54

« une bactérie se développe sur les volailles mal cuites : poulet, dinde et canard. Elle provoque des gastro-entérites ».


« l’épidémie […] inquiète les instances sanitaires. Elle est provoquée par la bactérie Campylobacter », et Gilles Salvat, directeur de la santé animale et du bien-être à l’Anses, qui explique que « c’est un sujet de préoccupation car les cas de Campylobacter se multiplient. Ils se caractérisent par des diarrhées avec de la fièvre et des douleurs abdominales qui durent de 24 heures à quelques jours. Les complications sont plus rares ».


« il y a eu quelques cas de syndromes neurologiques de Guillain-Barré », puis indique qu’« en France, 4 324 cas [de gastro-entérites] ont été rapportés par l’Efsa [Autorité européenne de sécurité des aliments] en 2010, plus de 65 000 an Allemagne et 70 000 au Royaume-Uni ».
Le quotidien ajoute qu’« en 2010, on a compté 212 064 personnes contaminées par la bactérie en Europe, soit 7% de plus qu’en 2009, et ce, pour la cinquième année consécutive ».


Gilles Salvat observe que « cette augmentation est sans doute due à l’évolution de nos habitudes de consommation. On mange plus de volaille. […] Il suffit de manipuler sa volaille, que ce soit la carcasse ou la peau, avec des aliments qu’on ne fait pas cuire comme les crudités pour être infecté ».


« selon un rapport européen de 2009, 80% de la volaille, y compris les poulets bio ou Label rouge, serait en fait infectée » 

 

« pour éviter la contamination, il faut éviter de mettre la volaille crue en contact avec d’autres aliments et bien la cuire »

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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 08:45
Paris, le mercredi 28 mars 2012 - Les lois de bioéthique adoptées le 7 juillet 2011 ont introduit une nouvelle disposition au sein du Code de la santé publique qui interdit le prélèvement du sang de cordon d’un nouveau-né en vue de son utilisation potentielle future dans un cadre familial, à l’exception de l’existence d’une nécessité thérapeutique avérée au moment de la naissance de l’enfant. Maître Thomas Roche considère que le législateur s’est orienté vers une telle restriction en méconnaissant l’intérêt thérapeutique représenté par l’utilisation familiale du sang de cordon. « Cette utilisation, qualifiée également d’« allogénique apparentée », présente un intérêt thérapeutique indéniable puisqu’elle accroit considérablement les chances de compatibilité et qu’elle offre une efficacité largement supérieure à une greffe provenant d’un donneur extérieur à la fratrie : le taux de survie à cinq ans suite à une greffe allogénique apparentée est de 86 % contre 46 % lorsqu’il s’agit de greffe allogénique non apparentée, soit 2 fois plus », rappelle le cabinet de l’avocat lyonnais. Aussi, ce dernier a-t-il, dans le cadre d’une procédure entamée devant le Conseil d’Etat , a décidé de déposer une question prioritaire de constitutionnalité. Le Conseil d’Etat, examinant cette procédure, vient de reconnaître le « caractère sérieux de cette question » qui devrait être étudiée prochainement par le Conseil Constitutionnel. Le cabinet Roche remarque qu’il « s’agit de la toute première QPC portant sur une problématique de bioéthique ». Si le Conseil Constitutionnel reprenait à son compte l’argumentation du défenseur lyonnais, il entraînerait une véritable révolution quant aux principes qui régissent aujourd’hui l’utilisation des éléments du corps humain. M.P.
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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 08:38
Des souches sélectionnées de probiotiques, bifidobactéries ou lactobacilles, peuvent avoir un effet préventif sur la survenue de l’allergie en augmentant la réponse immunitaire de type Th 1. L’administration d’un mélange de galacto et de fructo-oligosaccharides pourrait permettre de modifier la flore fécale et favoriser la croissance des bifidobactéries. Le mécanisme de l’effet protecteur des symbiotiques est cependant peu connu. Une étude menée chez la souris met en avant l’implication de la galectine-9 dans la suppression des symptômes d’allergie alimentaire. Les galectines sont des lectines solubles ayant des capacités de liaison pour les β-galactosides. Elles sont impliquées dans la régulation des réponses immunitaires et l’induction de la tolérance. Des souris sensibilisés par voie orale au lactosérum et alimentées avec un régime contenant galacto et fructo-saccharides et du Bifidobacterium breve ont été comparées à un groupe contrôle de souris non supplémentées. L’expression de la galectine-9 a été déterminée par immunohistochimie dans l’intestin et mesurée dans le sérum par une technique ELISA. Une exploration de la différenciation cellulaire T a été menée dans les ganglions lymphatiques mésentériques et in vitro dans les cellules mononuclées du sang périphérique exposées à la galectine-9. Les résultats sur la souris montrent une augmentation significative de la libération de galectine-9 lors de l’administration concomitante de symbiotiques et de Bifidobacterium breve ainsi qu’une réduction de la réaction cutanée allergique et de la dégradation mastocytaire. Parallèlement au travail sur la souris, une mesure des taux de galectine-9 a été effectuée dans le sérum de 90 nourrissons ayant une dermatite atopique et nourris à l’aide d’une formule hydrolysée avec ou sans supplémentation en symbiotiques. Une augmentation des taux de galectine-9 a aussi été constatée chez les enfants supplémentés. Ces résultats suggèrent que l’effet protecteur des symbiotiques serait, au moins en partie, lié à une action anti-allergique de la galectine-9 par la modulation de la polarisation cellulaire Th1 et Treg, la séquestration des IgE et la diminution résultante de la dégranulation mastocytaire. L’implication thérapeutique de ces résultats reste à envisager. Dr Geneviève Démonet De Kivit S et coll. : Galectin-9 induced by dietary synbiotics is involved in suppression of allergic symptoms in mice and humans? Allergy 2012; 67: (343–352)
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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 08:35
La possibilité d’une ou plusieurs composante(s) organique(s) dans la schizophrénie continue de susciter maintes interrogations sur le mécanisme de cette psychose. Venant alimenter ce débat récurrent, une étude prospective a été conduite entre mars 2003 et novembre 2005 en Espagne sur 110 patients de 7 à 17 ans, avec un diagnostic de psychose infantile, schizophrénie, ou trouble bipolaire, comparés à 98 sujets-témoins. Objectif de cette recherche : confirmer l’existence d’éventuelles modifications neuro-anatomiques (parallèlement à l’évolution des troubles cliniques et à l’imagerie par résonance magnétique), pendant un suivi de deux ans après le diagnostic du premier épisode psychiatrique. Comparativement aux sujets-témoins et au début des troubles, les patients schizophrènes ont, au terme de ce suivi, une perte plus marquée du volume de la substance grise dans les lobes frontaux : -3,3 cm3 versus -0,6 cm3 (p=0,004) à gauche. -3,7 cm3 versus -0,8 cm3 (p=0,005) à droite. Le volume du liquide céphalo-rachidien (LCR) est également un paramètre affecté en cas de schizophrénie, surtout au niveau du lobe frontal gauche où ce volume est augmenté : +6,7 cm3 versus +2,4 cm3 (p=0,006). Une association est observée entre la durée des hospitalisations éventuelles (elle-même liée a priori à la sévérité des troubles cliniques) et une réduction importante du volume de matière grise du lobe frontal gauche. En revanche, une différence de volume statistiquement significative n’a pas été remarquée chez les jeunes patients avec des troubles bipolaires. Les auteurs estiment donc que la connaissance de ces données pourrait (en complément bien sûr de l’évolution clinique) constituer un indicateur utile pour le pronostic d’une psychose chez le sujet jeune. En effet, l’évolution tend à se révéler d’autant plus médiocre que ces paramètres reflétant l’appauvrissement (au moins quantitatif) du cerveau s’altèrent davantage : augmentation de volume du LCR et perte de celui de la matière grise. Dr Alain Cohen Celso Arango et coll.: Progressive brain changes in children and adolescents with first-episode psychosis. Arch Gen Psychiatry 2012; 69-1: 16-26.
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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 08:31
Les maladies auto-immunes se traduisent par de nombreuses manifestations, spécifiques de certains organes, telles la thyroïdite auto-immune, ou plus systémiques, telles les maladies rhumatismales. Malgré leurs dissemblances, ces affections partagent des similitudes en termes d'origines génétiques, immunologiques et de facteurs de risque environnementaux. La thyroïdite auto-immune semble ainsi être liée à l'arthrite inflammatoire. En plus de leur coexistence fréquente, à la fois l'hypothyroïdie et l'arthrite inflammatoire sont isolément associées à une plus grande fréquence de maladie cardiovasculaire (MCV). Qu’en est-il alors de la prévalence des MCV en cas d’hypothyroïdie et d’arthrite inflammatoire associées ? Les objectifs de cette étude étaient de déterminer la prévalence de l'hypothyroïdie chez les malades atteints d'arthrite inflammatoire comparés aux malades atteints d’arthrite non inflammatoire et de déterminer la prévalence des maladies cardiovasculaires chez les sujets atteints d'hypothyroïdie ou d'arthrite inflammatoire, ou les deux, par rapport aux sujets témoins. Les données provenaient de dossiers médicaux d'un échantillon représentatif de malades de 69 cabinets de médecine générale néerlandais. Au total, sur 175 061 sujets étudiés, 1 518 (0,9 %) étaient atteints d'arthrite inflammatoire. Chez les patients des 2 sexes souffrant d'arthrite inflammatoire, la prévalence de l’hypothyroïdie était significativement plus élevée que chez les témoins : (2,4 % versus 0,8 % pour les hommes et 6,5 % contre 3,9 % pour les femmes). La prévalence des maladies cardiovasculaires était de 4,4 % chez les malades atteints d'hypothyroïdie, de 5,9 % chez les sujets atteints d'arthrite inflammatoire et de 14,3 % chez les patients atteints des deux pathologies, par rapport à 2,2 % chez les sujets témoins. Après ajustement pour l’âge, l'hypertension, le diabète sucré et l'hypercholestérolémie, l’odds ratio (OR) de MCV était de 1,2 (intervalle de confiance à 95 % [IC à 95] de 0,99 à 1,4) en cas d'hypothyroïdie seule, de 1,5 (IC 95 : 1,1 à 2,0) en cas d’arthrite inflammatoire seule et de 3,7 (IC à 95 : 1,7 à 8,0) en cas d’association arthrite inflammatoire et hypothyroïdie par rapport aux témoins. Cette étude comporte plusieurs limites puisque plusieurs facteurs de risque des maladies cardiovasculaires, tels le style de vie, les antécédents familiaux, le statut socioéconomique et l'origine ethnique, n’ont pas été pris en considération. De plus, il n’est pas fait de distinction entre les différents types d'arthrite inflammatoire Néanmoins, ce travail montre un lien évident entre hypothyroïdie, arthrite inflammatoire et maladies cardiovasculaires. Cette association doit être affinée par des études prospectives. Dr Juliette Lasoudris-Laloux Raterman HG et coll. : Coexistence of hypothyroidism with inflammatory arthritis is associated with cardiovascular disease in women. Ann Rheum Dis., 2012 ; Publication avancée en ligne le 14 mars.
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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 08:29
L’HTA est fortement associée au diabète : elle partage avec celui-ci certains facteurs de risque et la coexistence des deux affections augmente la morbi-mortalité des patients. Si l’HTA s’est avérée, dans différents travaux, prédictive du risque de survenue d’un diabète, les liens entre hyperglycémie chronique et développement d’une HTA restent à éclaircir. C’est à ces liens que se sont intéressées des équipes de la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health et de l’université du Minnesota, qui ont évalué la relation entre taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c) et risque d’HTA. Près de 10 000 patients suivis pendant 18 ans C’est au sein de l’Atherosclerosis Risk In Communities (ARIC) Study, vaste étude prospective, conduite aux États-Unis en milieu communautaire et destinée notamment à examiner les données étiologiques et l’histoire naturelle de l’athérosclérose, ses facteurs de risque et leurs variations ainsi que sa prise en charge, que JK Bower et coll. ont évalué la relation entre HbA1c et HTA incidente. Cette dernière était définie par une HTA auto-rapportée par les participants sur un suivi maximal de 18 années, et par la mesure de la pression artérielle ou la prise de médicaments antihypertenseurs sur un suivi maximal de 9 ans. Cette nouvelle étude a porté sur 9 603 sujets participant à l’étude ARIC, âgés de 45 à 64 ans à l’inclusion, entre 1987 et 1989, alors indemnes d’HTA, examinés en consultation tous les 3 ans et interrogés à l’occasion d’entretiens téléphoniques annuels. Parmi eux, 4 800 cas auto-rapportés d’HTA incidente et 1 670 cas d’HTA mesurée ou traitée par antihypertenseurs ont été recensés parmi les sujets n’ayant pas de diabète connu à l’entrée dans l’étude, et 377 cas auto-rapportés d’HTA et 119 cas d’HTA mesurée ou sous antihypertenseurs ont été observés chez les 543 participants diabétiques connus à l’inclusion. L’analyse, après ajustements (notamment sur l’âge, le sexe, l’ethnie, le centre d’étude, le tabagisme, l’activité physique, le niveau d’éducation, l’IMC, le rapport tour de taille/tour de hanche, la triglycéridémie) met en évidence une association, chez les diabétiques et chez les sujets n’ayant pas de diabète connu entre des taux élevés d’HbA1c à l’inclusion et une augmentation du risque d’HTA. Association positive entre taux d’HbA1c initiaux et risque d’HTA ultérieur Dans le modèle pleinement ajusté, chez les participants initialement non diabétiques, les taux d’HbA1c dans la gamme prédiabétique (5,7-6,4 %) concourent à un risque accru d’HTA auto-rapportée (ratio de risque : 1,14 ; intervalle de confiance à 95 % [IC à 95 %] 1,06-1,23 ; p < 0,05), et d’HTA mesurée ou traitée (1,17 ; 1,03-1,33 ; p < 0,05). De plus, dans ce même groupe, le risque d’HTA auto-rapportée est augmenté (1,39 ; 1,20-1,62 ; p < 0,05) quand les taux d’HbA1c sont de 6,5 % ou plus (diabète méconnu), par rapport à ceux dont les taux d’HbA1c sont en dessous de 5,7 %, la relation perdant sa significativité pour l’HTA mesurée ou traitée. Chez les diabétiques connus à l’inclusion, l’analyse associe aux taux d’HbA1c atteignant ou dépassant 7 % (moindre qualité de contrôle glycémique), en comparaison de taux d’HbA1c inférieurs à cette valeur, un accroissement du risque d’HTA auto-rapportée (1,25 ; 1,01-1,56 ; p < 0,05). Cette étude, prospective, suggère donc une association positive entre taux initiaux accrus d’HbA1c et risque de développer à long terme une hypertension artérielle, les résultats étant plus robustes pour l’HTA auto-rapportée (forte d’un contingent de près de 5 000 cas vs près de 1 700 cas pour l’HTA mesurée). Cette association, indépendante des facteurs de risque traditionnels, était observée même pour des taux d’HbA1c en dessous du seuil de diagnostic du diabète. Le taux d’hémoglobine glyquée ayant été associé à une augmentation du risque de maladie cardio- et cérébrovasculaire, c’est sur la prévention et la prise en charge de l’HTA et des facteurs de risque cardiovasculaires qu’insistent les auteurs, chez les sujets dont l’HbA1c est élevée, diabétiques et non-diabétiques. Dr Julie Perrot Bower JK et coll. Glycated hemoglobin and risk of hypertension in the Atherosclerosis Risk In Communities Study. Diabetes Care, 2012 ; publication avancée en ligne, 23 mars 2012 (doi : 10.2337/dc11-2248).
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