Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 07:22
Paru en 1960, Le Moi divisé (The Divided Self) est le premier ouvrage du psychiatre britannique Ronald David Laing (1927–1989). Ou, devrait-on dire, de « l’antipsychiatre », puisqu’il fut l’un des principaux chefs de file de ce fameux mouvement de contestation de la psychiatrie institutionnelle classique[1]. The British Journal of Psychiatry analyse un livre réunissant des textes de plusieurs contributeurs (dont certains articles déjà publiés dans The International Journal of Psychotherapy, The Guardian, ou ailleurs) et consacré au jubilé de ce Moi divisé, avec l’ambition d’« évaluer la vie de Laing, son œuvre, ses points faibles comme ses points forts, et ses influences profondes et variées. » Plus globalement, cinq décennies plus tard, c’est aussi l’occasion de se demander ce qu’il reste en pratique des idées (généreuses ou utopiques ?) défendues jadis par l’antipsychiatrie. À l’heure des neurosciences et de la génétique triomphantes, Laing et ses épigones ont-ils laissé des traces durables ? Ou, comme le note l’auteur, Laing aurait-il été « englouti par son désir de passer pour une superstar de la psychiatrie » ? Il serait même devenu « un produit pour d’autres » qui ont « obscurci son message » pour lui nuire, en le présentant comme un « ennemi » de la psychiatrie, alors qu’il a fourni en réalité « une vision des incertitudes et des énigmes des interactions personnelles. » Perceptible également avec l’héritage de l’École de Palo Alto [2] (dont certains concepts convergent parfois avec ceux de l’antipsychiatrie), le grand brassage des idées dans les années 1960 n’aura pas été vain, puisqu’il demeure au moins, espérons-le, un certain regard critique sur tous les dogmes et certitudes péremptoires qui peuvent polluer les discours dominants. Mais au-delà de ce Moi exploré par Laing, n’est-ce pas en fait la psychiatrie elle-même qui serait foncièrement divisée, entre une branche humaniste, littéraire, philosophique, et une branche médicale, scientifique, voire scientiste ?… [1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Antipsychiatrie [2] https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_de_Palo_Alto Dr Alain Cohen 14/06/2013 Double DB : R.D. Laing: 50 years since The Divided Self. Br J Psychiatry, 2013; 202: 387–388.
Repost 0
Published by Chronimed
commenter cet article
15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 20:27
La vitamine D3 permet de régénérer les neurones en activant des gènes impliqués dans la formation des fibres nerveuses. Marie-Céline Jacquier - Mardi 11 Juin 2013 Mots-clés neurones, vitamine D, vitamine D2, vitamine D3 La vitamine D rétablit les fonctions de fibres nerveuses lésées. C’est un neuromodulateur (molécule qui contrôle les neurones), plus efficace sous la forme de vitamine D3 que D2. Tels sont les enseignements d’une étude française publiée en ligne dans PLOS One. La vitamine D existe sous deux formes : l’une, la vitamine D2 ou ergocalciférol, est produite par les végétaux, tandis que l’autre, la vitamine D3 ou cholécalciférol, est synthétisée par les animaux. Notre organisme est capable de fabriquer cette vitamine s'il est suffisamment exposé au soleil. La déficience en vitamine D, fréquente dans notre pays, est associée à un grand nombre de pathologies : maladies infectieuses, cardio-vasculaires, désordres auto-immuns, cancers… Des travaux précédents ont montré que la vitamine D2 favorise la régénération nerveuse chez l’animal. Avant d’entamer des essais cliniques, les chercheurs ont voulu savoir quelle forme de vitamine D était la plus efficace. 36 rats ont été répartis en 6 groupes de 6. Les témoins n’ont fait l’objet d’aucune intervention chirurgicale. Pour les autres, un fragment de 1 cm du nerf péronier gauche a été coupé et greffé en position inverse. Ensuite, les animaux ont reçu soit de la vitamine D2 ou D3 à deux concentrations différentes, soit un excipient. Chaque semaine, les chercheurs ont évalué le rétablissement des animaux. Les cellules nerveuses, ou neurones, comprennent un prolongement appelé axone ou fibre nerveuse dans lequel circule l'information. Les axones présents dans le système nerveux périphérique sont enveloppés dans la gaine de myéline, une couche protectrice qui permet aux influx nerveux de voyager rapidement. Résultats de ces travaux : la vitamine D3 induisait un rétablissement locomoteur et électrophysiologique significatif ; elle était plus efficace que la vitamine D2 à haute dose (500UI/kg/jour). La vitamine D3 augmentait le nombre d’axones dans la partie proximale (proche du tronc), le diamètre des axones à l'autre extrémité du membre, et la myélinisation des deux côtés. Une étude de biologie moléculaire a montré que des gènes impliqués dans la formation de l’axone et la myélinisation voyaient leur expression modifiée après 24 h de complémentation en vitamine D. Par conséquent, la vitamine D agit sur la myélinisation par l’activation des gènes associés. Précédemment, des études chez l’Homme ont montré que la vitamine D modifie l’expression de nombreux gènes. En définitive, la vitamine D3 serait un meilleur neuromodulateur que la vitamine D2. On fabrique naturellement de la vitamine D3 en s'exposant au soleil de la mi-journée d'avril à octobre (dans l'hémisphère nord). Côté compléments alimentaires et médicaments, les deux formes de vitamine D existent. Contrairement à ce qu'on lit souvent, la vitamine D2 n'est pas plus "naturelle" que la D3. Toutes deux sont obtenues naturellement, la D2 par irradiation de l'ergostérol dans les levures, la D3 principalement par irradiation de la lanoline (graisse de laine). Source Chabas JF, Stephan D, Marqueste T, Garcia S, Lavaut MN, Nguyen C, Legre R, Khrestchatisky M, Decherchi P, Feron F. Cholecalciferol (vitamin d3) improves myelination and recovery after nerve injury. PLoS One. 2013 May 31;8(5):e65034. doi: 10.1371/journal.pone.0065034. Print 2013.
Repost 0
Published by Chronimed
commenter cet article
15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 07:51
Un rapport inquiétant confirme l’incidence des pesticides sur la santé. L’exposition à ces agents chimiques serait associée au développement de certaines pathologies comme le cancer de la prostate ou la maladie de Parkinson. Ils auraient également un rôle néfaste sur le développement embryonnaire. Depuis plus de 30 ans, on évoque régulièrement les effets nocifs des pesticides sur la santé humaine. Utilisées pour contrôler ou repousser certains organismes nuisibles tels qu’insectes, plantes, champignons ou bactéries, ces substances chimiques ont cependant un spectre d’action plus large. Ainsi, les pesticides auraient également des répercussions sur l’Homme, faisant office de victime collatérale. Afin de mettre à plat toutes les informations connues, la Direction générale de la santé (DGS) a commandé à l’Inserm un bilan de l’ensemble des études scientifiques menées ces 30 dernières années sur le sujet. En France, plus de 300 pesticides sont actuellement sur le marché. Ils sont en grande majorité utilisés dans l'agriculture, et se retrouvent partout dans l’environnement : air, eau, sol et produits alimentaires. Dans les milieux professionnels particulièrement exposés à ces substances, la voie cutanée représente le principal mode d’exposition. En revanche, la population générale est principalement confrontée aux pesticides à travers l’alimentation. Les épandages aériens de pesticides sont interdits en France depuis 2009. Ils se poursuivent dans certaines régions grâce à des dérogations préfectorales. Cette technique augmente le risque de dispersion des pesticides. D’après les données récoltées, les pesticides influenceraient le développement de cancers et en particulier des cancers de la prostate, des testicules, du sang, de la peau et du cerveau. Chez les personnes travaillant au plus près de ces produits chimiques, le risque de développer des maladies neurologiques comme Alzheimer, Parkinson et la sclérose latérale amyotrophique est plus grand. Augmentation du risque de Parkinson chez les agriculteurs Les femmes enceintes exposées aux pesticides au cours de leur travail seraient plus susceptibles de subir une fausse couche. D’autre part, les pesticides amplifieraient la fréquence de malformations congénitales, de leucémie et de tumeur cérébrale. Le développement embryonnaire serait également plus risqué chez les futures mamans habitant dans le voisinage d’une zone agricole. Plusieurs études ont également établi un lien entre certains pesticides et la fertilité masculine. Pour le moment, les travaux n’ont pas clairement identifié les mécanismes moléculaires responsables de l’effet néfaste des pesticides sur la santé. Le stress oxydant, qui conduit à la libération de dérivés toxiques de l’oxygène dans les cellules, jouerait un rôle dans le développement de certaines maladies comme Parkinson. L’altération de l’ADN par certains pesticides pourrait aussi conduire à différentes pathologies. D’après ce rapport, les agriculteurs sont les personnes les plus menacées par les pesticides. Pour le reste de la population, exposée de façon permanente aux pesticides mais à de faibles doses, il est plus difficile de prédire les risques. Par Agnès Roux, Futura-Sciences
Repost 0
Published by Chronimed
commenter cet article
15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 07:17
La mise en place par le Collectif interassociatif sur la santé (CISS) d’un « Observatoire citoyen des restes à charge en santé » n’est pas passée inaperçue auprès des syndicats de praticiens. Les réactions outrées se sont ainsi multipliées et celle de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) ne fut pas des moindres. L’organisation considère que « cet observatoire citoyen, en réalité un observatoire privé, a pour seul objectif de créer un tribunal inquisitorial », tandis qu’elle fustige la « véritable désinformation » à laquelle s’adonnent ses promoteurs. Si même les patients apportent la preuve que les chirurgiens sont sous rémunérés… Le professeur et chirurgien Guy Vallancien, connu pour endosser avec verve des points de vue rarement défendus publiquement sans nuance, ne partage pas cette opinion. Au contraire, dans un de ses derniers posts publiés sur son blog « Santé 2020 » hébergé par le Monde, il remercie chaleureusement le CISS, 60 millions de Consommateurs et Santé Clair pour avoir mis en lumière « le faible coût des actes chirurgicaux pratiqués dans notre pays » lance-t-il, avec bien sûr un brin d’ironie, avant d’ajouter : « Qu’aurait-on dit si l’Association Française de Chirurgie ou le syndicat le plus représentatif, Le BLOC (la CSMF appréciera, ndrl), avaient publié ces résultats éloquents ». Moins cher que le toilettage d’un chien Les chiffres avancés par le CISS et rapportés par les médias qui sont convaincus de dresser le portrait de « véritables voleurs plus préoccupés par leur compte en banque que par les malades » confirment plus certainement une nouvelle fois, selon Guy Vallancien, la médiocrité des honoraires des chirurgiens. Il rappelle en effet que ces derniers « sont d’un niveau nettement inférieur à ceux que demandent leur homologues européens et américains (de moins 30 %, à moins 500 %) », tandis qu’il poursuit par ailleurs : « Le document révèle que le complément d’honoraires pour un acte réalisé par un spécialiste en secteur 2 est en moyenne de 15,90 euros ! Est-ce honteux ? Le toilettage d’un animal de compagnie est autrement plus onéreux. (…) Où est le mal, où est le vol ? » interroge-t-il. Tradition humanitaire passée sous silence Le procès que l’on fait aux chirurgiens sur la base de ces tarifs à bien des égards ridicules est d’autant plus injuste selon Guy Vallancien que : « La réalité du terrain est systématiquement occultée et les slogans démagogiques démentis quotidiennement par les faits ». Le spécialiste réfute ainsi l’idée selon laquelle l’offre de soins chirurgicaux serait inégalitaire. D’une part parce que « les chirurgiens en secteur 2 (…) dans les cliniques, opèrent entre 10 et 40 % des patients en réduisant leurs honoraires au tarif de base selon la solvabilité de la population locorégionale. Cette tradition humanitaire n’est jamais mise en avant par ces détracteurs, car il est plus facile de clamer haut et fort à l’inégalité de l’accès aux soins sans en apporter la preuve » et d’autre part parce qu’au sein des hôpitaux « l’accès aux soins chirurgicaux est gratuit en dehors du forfait hospitalier de 18 euros /jour ». Les meilleurs du monde Ces attaques que l’on perpétue contre les chirurgiens pourraient être dans une certaine mesure plus facilement admissibles si la qualité des soins laissait grandement à désirer. Or, la chirurgie que nous décrit Guy Vallancien n’est (comment s’en étonner ?) qu’excellence. « La chirurgie française est l’une des meilleurs au monde » avance-t-il tout de go avant de se lancer dans un long panégyrique de nos pratiques, qui seraient enviées partout dans le monde. Mais cette excellence est menacée par le climat actuel de suspicion renforcé par l’attitude des pouvoirs publics. Et les prévisions sont bien sombres pour le chirurgien : « En l’absence d’élites créatives, rémunérées comme il se doit, l’un des plus beaux métiers que l’on puisse exercer risque rapidement de n’attirer que les médiocres ou des chirurgiens à la formation parfois incertaine » prédit-il pour conclure ce billet dont vous pouvez découvrir l’intégralité et la fougue à l’adresse : http://sante2020.blog.lemonde.fr/2013/06/04/qui-veut-la-mort-de-la-chirurgie/. Aurélie Haroche Publié le 15/06/2013
Repost 0
Published by Chronimed
commenter cet article
15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 07:06
Un médicament bien connu et peu coûteux offre une efficacité comparable, si ce n’est supérieure, à nombre d’autres molécules dans le traitement de l’alcoolo-dépendance, maladie qui continue à frapper un nombre important de Français. Fortes des études déjà réalisées, des nombreux retours d’expérience à l’étranger et de la conviction des patients et des médecins, les autorités sanitaires vont-elles tout mettre en œuvre pour accorder rapidement une autorisation à ce traitement dans cette indication ? Que nenni. C’est l’histoire de la « saga du baclofène », histoire où les conflits d’intérêts tiennent la part belle à l’intérêt des patients selon le professeur Bernard Granger, responsable du service de psychiatrie de l’hôpital Tarnier à Paris. Ce spécialiste a consacré aux rebondissements de cette affaire plusieurs articles réunis sur le site de la revue Books (http://www.books.fr/blog/la-saga-du-baclofene ). Pour nous, il revient ici sur les derniers épisodes, qui enfin semblent récompenser les efforts des médecins et des patients qui œuvrent depuis des années pour une reconnaissance du baclofène en France. Par le Professeur Bernard Granger* La plupart des spécialistes du baclofène se sont réunis à l’hôpital Cochin à Paris le 3 juin 2013 en présence du professeur Olivier Ameisen, qui en a découvert l’intérêt à fortes doses dans la dépendance alcoolique dès fin 2004. En 2008, il a écrit un livre autobiographique relatant sa découverte, Le dernier verre, qui a popularisé le baclofène dans cette indication (voir la saga du baclofène sur le site de la revue Books). Cependant de nombreuses réticences se sont fait jour et persistent, à la fois pour des raisons de conflits d’intérêts et du fait que l’utilisation de cette molécule dans cette indication et à fortes doses n’était soutenue par aucun laboratoire pharmaceutique. Des dizaines de milliers de patients traités Malgré cela, grâce surtout aux efforts des associations de patients ayant bénéficié de ce traitement et de médecins qui en avaient observé la grande efficacité (associations Aubes, Baclofène et RESAB), le baclofène est de plus en plus prescrit, comme l’a montré le docteur Weill, de la Caisse nationale d’assurance maladie, lors de la journée du 3 juin. En effet, plusieurs dizaines de milliers de patients reçoivent ce traitement dans l’indication de l’alcoolo-dépendance et sont traités pour leur immense majorité par des médecins généralistes. Les pouvoirs publics ont été interpelés à plusieurs reprises en raison de leur inertie face à un traitement prometteur pour un fléau social dont il est inutile de souligner les ravages. « Le traitement le plus efficace dans l’alcoolo-dépendance » Deux études de cohorte publiées dans la presse internationale ont montré des taux de succès supérieurs à 50 % pour obtenir une abstinence ou une consommation modérée avec un suivi d’un an pour l’étude Rigal et deux ans pour l’étude Beaurepaire. Les médecins ayant traité un grand nombre de patients mais n’ayant pas encore publié leurs résultats trouvent des taux d’efficacité comparables. A l’heure actuelle, deux études en double aveugle entre placebo sont menées. Leurs résultats ne seront connus qu’au cours du deuxième semestre 2014. Il y avait donc urgence à ce que la prescription hors AMM de ce traitement, que l’on peut considérer aujourd’hui comme le plus efficace dans l’alcoolo-dépendance, puisse bénéficier au plus grand nombre possible de patients. C’est la raison pour laquelle un groupe de personnalités médicales emmenées par le professeur Didier Sicard, président honoraire du Comité consultatif national d’éthique, a lancé un appel pour que les pouvoirs publics sortent de leurs atermoiements et accordent au baclofène une recommandation temporaire d’utilisation dans l’alcoolo-dépendance, comme la nouvelle loi sur les médicaments le permet. Des preuves suffisantes pour justifier une recommandation temporaire d’utilisation Le professeur Dominique Maraninchi, directeur général de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), présent lui-aussi lors de cette journée du 3 juin, a annoncé que dans un délai très proche une RTU serait délivrée pour le baclofène dans l’alcoolo-dépendance (voir ici son intervention). Il n’a pas précisé les contours de cette RTU mais a déclaré que la prescription serait ouverte à tous les médecins, en particulier aux médecins généralistes. Il a rappelé que la prise en charge médicamenteuse ne pouvait pas résumer le traitement contre l’addiction à l’alcool. Il a déclaré aussi que nous avions suffisamment de preuves d’efficacité du baclofène dans cette indication et que la connaissance ne peut pas reposer uniquement sur les études en double aveugle contre placebo, surtout quand elles tardent, comme cela a été le cas pour le baclofène. Le professeur Dominique Maraninchi a indiqué que la recommandation temporaire d’utilisation permettrait un meilleur suivi des prescriptions, à la fois pour mieux connaître l’efficacité et les effets indésirables de ce traitement. S’appuyant sur les chiffres donnés par la CNAM, il a dit que le traitement était d’ores et déjà accessible pour les patients mais qu’une RTU en permettrait un usage beaucoup plus large. Il est vrai que si le traitement est accessible dans le cadre d’une prescription hors AMM, beaucoup de confrères sont réticents à prescrire un produit qui n’est pas officiellement autorisé et pour lequel quasiment aucune action d’information n’est entreprise. Dix ans de combat Alors que le baclofène est dans le commerce depuis les années 1970 et qu’on connaît son caractère non toxique, il aura donc fallu près de dix ans après la découverte d’Olivier Ameisen pour que ce produit puisse être autorisé officiellement, et encore grâce aux particularités de la nouvelle loi française sur le médicament de décembre 2011 suscitée par le scandale du Mediator. Il aura fallu aussi qu’en 2012 les pouvoirs publics soient mis devant leurs responsabilités pour qu’ils se décident enfin à agir de façon adaptée. Il faut remercier l’ANSM du sérieux avec lequel elle instruit le dossier, et le professeur Dominique Maraninchi pour les fortes paroles qu’il a prononcées le 3 juin dernier. Espérons qu’il saura jusqu’au bout résister aux pressions de ceux qui voient arriver ce traitement d’un mauvais œil, et ils ne manquent pas. Des dizaines de milliers de patients déjà sauvés de l’esclavage de l’alcool se sont réjouis aussi d’apprendre que ceux qui vont les suivre dans la même voie auront un parcours moins difficile. L’intérêt des malades finira peut-être par l’emporter. Paris, le samedi 15 juin 2013 *Responsable du service de psychiatrie de l’hôpital Tarnier (Paris)
Repost 0
Published by Chronimed
commenter cet article
14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 18:54
14.06.2013 à 16:17 | Le Monde.fr Danièle Langloys (Présidente Autisme France) Le centre MAIA est l'une des vingt-quatre structures à avoir obtenu le label d'Institut médico-éducatif expérimental dans le cadre du deuxième plan Autisme 2008-2012. DR L'autisme est devenu l'objet de propos d'une rare violence à l'égard de la ministre des personnes handicapées comme des associations de familles. La première paie son courage à viser la modification des pratiques dans le plan autisme 3, les deuxièmes leur refus constant de continuer à se plier à la pensée unique en matière d'autisme. Bizarrement, ceux qui ont monopolisé le débat pour continuer à imposer une vision totalement dépassée de l'autisme semblent avoir oublié les premiers concernés : les personnes concernées par l'autisme et leurs familles. Il est donc temps de rappeler quelques évidences. Les parents d'enfants autistes sont les détenteurs de l'autorité parentale. A ce titre, ils veillent sur l'éducation et les soins de leurs enfants autistes. A voir le nombre grandissant de signalements abusifs pour retirer les enfants autistes à leurs familles, on mesure combien ce droit gêne certains professionnels, pas seulement de santé. Les parents sont des usagers du système de santé et des services et établissements médico-sociaux. Ils ont donc droit au respect de la loi de 2002 garantissant leurs droits en la matière. Le libre choix des prestations y est affirmé. Ce sont ainsi les familles qui, assumant ainsi leurs responsabilités parentales, doivent choisir les programmes d'apprentissage et les formes d'éducation qui leur paraissent convenir à leurs enfants autistes, avec le soutien de professionnels compétents et formés, soucieux de partager savoirs et savoir-faire avec elles. Les parents ont le droit d'exiger des informations sur la santé de leur enfant qui soient conformes aux données actualisées de la science. Ils ont le droit et le devoir de veiller à ce que leurs enfants, à tous les âges de leur vie, aient droit à des soins conformes à ces mêmes données. C'est rarement le cas. Les parents sont des contribuables. Sur ce point, ils n'ont pas à payer deux fois : pour le maintien de pratiques obsolètes et coûteuses, dont ils ne veulent pas, et pour l'organisation à leurs frais de programmes éducatifs, qui ne sont pas financés par l'argent public, largement monopolisé par les pratiques obsolètes. Ils ont le droit de s'indigner que l'argent public finance l'exil forcé en Belgique de leurs enfants, à tous les âges de leur vie, sans aucun contrôle de la qualité de l'accueil. Les parents sont des citoyens. Ils ont un droit de regard sur les politiques de santé publique. Ils ont le droit de demander des comptes à ceux qui monopolisent l'argent public pour garder, sans évaluation ni contrôle de leurs pratiques, leur pouvoir et leurs financements. Ils ont le droit de savoir où sont les personnes autistes et où est l'argent de l'autisme. Ils ont le droit de s'interroger sur les milliards employés chaque année à interner des "malades" en psychiatrie. Combien de personnes autistes parmi eux ? Combien en meurent, foie et reins détruits par l'administration à vie de neuroleptiques, pour le plus grand bénéfice des laboratoires pharmaceutiques ? Ils ont droit de s'interroger sur la condamnation de la France quatre fois de suite (2004, 2007, 2008, 2012) pour discrimination à l'égard des personnes autistes. Les parents sont des êtres humains. A ce titre, ils n'ont pas à trouver acceptable l'atmosphère haineuse que des professionnels développent à leur égard. Ils n'ont pas à trouver acceptable que leurs enfants, rebaptisés "psychotiques", se voient proposer l'accueil de leur "folie" à vie en hôpital psychiatrique. Ils n'ont pas à trouver acceptable la dictature imposée aux familles et professionnels compétents, au nom d'une vision erronée et dangereuse de l'autisme. Les personnes autistes sont porteuses d'un handicap, et à ce titre, doivent bénéficier de tous les programmes d'accompagnement nécessaires à leur inclusion sociale, conformément à toutes les conventions et directives européennes et internationales. Ces programmes commencent par le diagnostic et l'intervention très précoces, seule manière de limiter considérablement les surhandicaps. Les personnes autistes ont droit à une vie digne, à développer des apprentissages, à bénéficier de programmes d'accompagnement personnalisés, centrés sur leurs goûts et leurs compétences, à vivre en milieu ordinaire, près de leurs familles, comme tout être humain. Les droits de l'homme concernent aussi les personnes autistes et leurs familles.
Repost 0
Published by Chronimed
commenter cet article
13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 21:32
Bien que les (mauvaises) relations des élèves avec leurs enseignants soient classiquement considérées, à tout âge, comme des facteurs de risque de troubles ultérieurs du comportement ou d’ordre psychosocial, peu de recherches ont été consacrées à ce thème. Portant sur près de 4 000 élèves du primaire (pour lesquels 2,5 % des parents ont mentionné des « relations problématiques » de leurs enfants avec des enseignants), et sur un nombre voisin d’élèves du secondaire (pour lesquels ce taux de relations conflictuelles passe à 6,6 %), une étude britannique vient combler cette lacune. Âgés de 5 à 16 ans, ces jeunes ont été suivis pendant 3 ans. Même après avoir écarté les participants souffrant préalablement de troubles psychiatriques, les auteurs constatent une incidence significative des relations difficiles entre les élèves et leurs enseignants sur le niveau des troubles psychopathologiques observés chez ces jeunes, 3 années plus tard. En considérant l’ensemble des diagnostics psychiatriques, ces troubles sont en effet près de 2 fois plus fréquents (Odds Ratio = 1, 93 ; intervalle de confiance à 95 % [1,07–3,51]), et même 3 fois plus nombreux quand il s’agit des seuls troubles du comportement (Odds Ratio = 3, 00 ; intervalle de confiance = 95% [1 ,37–6,58]). Cette étude confirme ainsi que des relations conflictuelles avec les enseignants dans l’enfance ou l’adolescence prédisposent à des troubles psychopathologiques dans l’avenir. On peut imaginer que d’autres études longitudinales (réalisées sur des durées plus importantes) viendront confirmer que cette mésentente dès l’école constitue un indicateur initial de difficultés prochaines en matière de socialisation et de stabilité psychique, vraisemblablement car elle révèle certains problèmes déjà présents de façon précoce : mauvaise gestion des émotions, non respect d’un cadre, intolérance aux frustrations… Pour les auteurs, cette étude « souligne la nécessité de soutenir les enseignants » et incite ces professionnels à développer au maximum, dans l’intérêt présent et futur de leurs élèves, des « relations apaisées » (positive relationships) avec eux. Dr Alain Cohen 13/06/2013 Lang IA et coll.: Influence of problematic child–teacher relationships on future psychiatric disorder: population survey with 3-year follow-up. Br J Psychiatry, 2013; 202: 336–341.
Repost 0
Published by Chronimed
commenter cet article
13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 21:27
Toulouse, le jeudi 13 juin 2013 – Les différentes voies d’absorption du fameux bisphénol A (BPA) sont l’objet de nombreux travaux à travers le monde. Les scientifiques ont ainsi déjà confirmé que cette substance pénétrait dans l’organisme par voie digestive et par inhalation. En 2010, des chercheurs de l’unité de Toxicologie alimentaire (Toxalim) de l’Institut national de recherche agronomique (INRA) ont ajouté à ces deux premières voies, l’absorption cutanée. C’est cette même équipe qui présente dans la revue Environmental Health Perspectives des travaux suggérant la forte présomption d’une absorption directe du BPA au niveau sublingual. Une voie sublinguale bien supérieure à la voie digestive Ces travaux ont porté sur le chien dont l’INRA rappelle qu’il est un « animal modèle pour l’évaluation de l’absorption buccale des médicaments chez l’homme ». Chez ces animaux, ils ont pu mettre en évidence que la diffusion du BPA « à travers la muqueuse sublinguale » entraînait des « concentrations plasmatiques près de 100 fois supérieures » à ce qui est retrouvé quand de mêmes doses de BPA sont absorbées par voie digestive. « La biodisponibilité du BPA qui résulte de la voie sublinguale (70/90 %) est très supérieure à sa biodisponibilité par voie digestive (inférieure à 1 % dans l’étude » résument les auteurs de ces travaux dans un communiqué diffusé par l’INRA. Il semble donc que cette « voie sublinguale évite la métabolisation par le foie de la quasi totalité du BPA » ajoutent-ils encore. Une dent justifiée contre le BPA Ces données qui permettent une nouvelle fois d’affiner notre connaissance du BPA doivent faire l’objet de recherches complémentaires, afin notamment de déterminer si elles sont parfaitement transposables chez l’homme et ce qu’elles impliquent en ce qui concerne l’exposition humaine. Pour tous ceux qui s’inquiètent de la toxicité de cette substance, elles sont cependant dores et déjà considérées comme une confirmation supplémentaire de l’urgence de limiter le plus possible les contacts avec elle. Il faut dire que cette publication intervient après la révélation des résultats d’une autre équipe française. Les chercheurs de l’INSERM conduits par Ariane Berdal et Sylvie Babajko suggèrent en effet dans l’American Journal of Pathology à partir d’une étude conduite chez le rat que le bisphénol A pourrait provoquer une altération des dents. Ils évoquent même la possibilité que le bisphénol A puisse être « un agent causal » « d’une pathologie de l’émail appelée MIH (Molar Incisor Hypomineralisation) » après avoir constaté des similitudes entre les lésions retrouvées sur les dents de rats exposés au bisphénol A et celles provoquées par cette pathologie chez des enfants. Une controverse toujours présente Par ailleurs, la toxicité du BPA paraît désormais de plus en plus fermement documentée. Le rapport publié en avril 2013 par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) confirmait en effet la mauvaise réputation du BPA et invitait à réduire l’exposition des personnes les plus vulnérables (femmes enceintes, jeunes enfants, caissières…). Néanmoins, les controverses ne sont pas totalement éteintes en la matière, notamment parce que certains s’interrogent sur le réel degré d’exposition des populations, à l’instar d’un rapport publié en février par l’American Association for the Advancement of Sciences (AAAS). Les doutes émis par les auteurs de ces travaux sur la réalité de notre surexposition n’ont pas empêché l’adoption de nouvelles mesures d’interdiction. A partir de juillet 2015, le BPA sera ainsi banni de tous les contenants alimentaires, une mesure dont la nécessité parait confortée par les recherches publiées cette semaine. Aurélie Haroche 13/06/2013
Repost 0
Published by Chronimed
commenter cet article
13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 20:11
Parmi 95 patients de l’étude ANRS SALTO, dont le traitement avait été à l’époque interrompu en raison d’un bilan immuno-virologique stable et satisfaisant, 7 ont maintenu une charge virale (ARN) VIH indétectable 12 mois après interruption. Ces patients avaient initialement un taux de lymphocytes CD4 significativement plus élevé et une charge virale ARN plus basse que les autres patients. En analyse multivariée, seule la charge virale ADN dans le compartiment des globules blancs était prédictive de ce maintien. Dr Muriel Macé 13/06/2013 Assoumou L et coll. : A Low HIV DNA Level in Peripheral Blood Mononuclear Cells at ART Interruption Predicts a Higher Probability of Maintaining Plasma Viral Load < 400 Copies/mL. 20th CROI (Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections) (Atlanta, Etats-Unis) : 3 – 6 mars 2013.
Repost 0
Published by Chronimed
commenter cet article
13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 20:09
Dans les pays du Sud, la conservation du plasma sur papier buvard est une alternative intéressante à la congélation, facilitant la décentralisation des prélèvements et l’acheminement des échantillons malgré la chaleur. Les 349 échantillons appariés de patients issus de 6 pays africains et asiatiques ont montré une quantification virale correcte sur buvard (avec une moindre sensibilité pour les charges virales < 5 000 cop/ml). Diagnostiquer la résistance génotypique est également faisable sur ce support. Dr Muriel Macé 13/06/2013 Ayouba A et coll. : Dried Blood Spots for HIV-1 Viral Load and Drug Resistance Monitoring in HAART-treated Patients from Africa and Asia: The Agence de Nationale de Recherche sur le Sida 12235 Study. 20th CROI (Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections) (Atlanta, Etats-Unis) : 3 – 6 mars 2013.
Repost 0
Published by Chronimed
commenter cet article