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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 11:38
L’Institut psychanalytique de l’Enfant a pris connaissance ces derniers mois d’une étrange campagne qui vise à exclure la psychanalyse de la prise en charge des enfants et adolescents autistes. Cette campagne culmine maintenant avec une proposition de loi qui a fait réagir tous les représentants professionnels1 et les plus grandes associations familiales (UNAPEI). Ladite campagne procède d’un intense travail de lobbying qui allègue des intentions louables : améliorer les conditions d’une catégorie de la population. En fait, il s’agit pour ses promoteurs d’obtenir des pouvoirs publics des subventions massives au bénéfice de méthodes de conditionnement, de façon à offrir des solutions ready-made aux familles qui cherchent avec inquiétude des solutions là où il y a une réelle pénurie d’accueil institutionnel. L’Institut psychanalytique de l’Enfant réunit des psychanalystes, des intervenants d’institutions spécialisées – psychiatres, psychologues, infirmiers, orthophonistes, psychomotriciens -, des professionnels du champ de l’enfance – enseignants, éducateurs, juristes, médecins... - qui agissent depuis de nombreuses années auprès des enfants en souffrance, en s’orientant de la psychanalyse, de Freud, de Lacan et des avancées les plus actuelles de la recherche clinique. C’est à ce titre que l’Institut psychanalytique de l’Enfant, par sa Commission d’initiative, souhaite prendre position Il s’agit ici de témoigner des principes qui gouvernent notre action. 1 – Rappelons qu’en France, à partir des années 60-70, ce sont les psychiatres d’enfant et les psychologues formés à la psychanalyse qui commencent à se préoccuper du sort des enfants autistes jusqu’alors placés en hôpital psychiatrique ou en institution fermée, où la dimension déficitaire était prépondérante. Ils prennent appui sur les psychanalystes anglo-saxons Frances Tustin, Margaret Malher, Donald Meltzer, et sur l’institution de Maud Mannoni « l’École expérimentale de Bonneuil », avec les travaux de Rosine et Robert Lefort, élèves de J. Lacan. L’ensemble de ces travaux donne aux praticiens – psychiatres, psychologues, infirmiers, éducateurs, orthophonistes, psychomotriciens - l’idée d’un traitement possible et d’apprentissages qui tiennent compte du symptôme du sujet, au delà de la coercition. Les hôpitaux de jour, dans le mouvement de sectorisation de la psychiatrie, se créent dans cette perspective. Il s’agit d’offrir un accueil qui ne soit pas basé sur le déficit et qui tienne compte de la particularité de chaque sujet. La situation familiale fait partie de cette particularité, car les constellations familiales sont loin d’être toutes identiques. Les parents sont reçus, écoutés. Les enfants, les adolescents, sont reçus dans des petits groupes, sollicités pour des « ateliers » où peuvent se décliner leurs intérêts. Dans les moments de repas, de jeux, d’étude, ils expérimentent de nouveaux rapports avec les objets et avec les demandes, avec ce qui structure le monde de tous les enfants, mais dont les enfants autistes se défendent. 2 – Cette longue expérience de diagnostic, d’accompagnement des familles, de mise en place de parcours spécialement tissés pour chacun, a fait l’objet de nombreuses publications et de recueil de travaux. Elle n’aurait pas pu se soutenir sans la référence quotidienne à la psychanalyse, à son corpus textuel, à son enseignement vivant. Comment situer aujourd’hui la place de la psychanalyse dans le traitement de l’enfant autiste ? Nous proposons 5 axes de réponse : - La formation analytique, c’est-à-dire l’expérience d’une psychanalyse personnelle, donne aux intervenants un outil puissant pour situer leur action auprès des sujets autistes à la bonne distance, en se tenant à distance d’idéaux de normalisation ou de normalité incompatibles avec l’accompagnement professionnel de sujets en souffrance. - Ce respect de la position du sujet est la boussole qui oriente en effet cette action. Il ne s’agit en aucun cas de laisser l’enfant, l’adolescent, être le jouet par exemple de ses stéréotypies, répétitions, écholalies, mais, en les considérant comme un premier traitement élaboré par l’enfant pour se défendre, d’y introduire, dans une présence discrète, des éléments nouveaux qui vont complexifier « le monde de l’autisme ». - L’enjeu est d’abord que puisse se localiser pour l’enfant l’angoisse ou la perplexité que déclenche en lui l’interpellation d’un autre et la mise en jeu des fonctions du corps dans leur lien avec cette demande – se nourrir et se laisser nourrir, perdre les objets urinaires et anaux, regarder et être regardé, entendre et se faire entendre. Les psychanalystes ont depuis longtemps noté la dimension de rituels d’interposition que constituent de nombreux traits symptomatiques invalidants. La création ou la découverte par l’enfant d’un «objet autistique», quelle qu’en soit la forme, est souvent une ressource féconde pour créer des liens et des espaces nouveaux, plus libres des contraintes « autistiques ». - Les psychanalystes ne contestent en aucune façon l’inscription des enfants autistes dans des dispositifs d’apprentissage. Ils mettent au contraire en valeur que le sujet autiste est déjà bien souvent « au travail ». Les autistes dits « de haut niveau » témoignent en ce domaine d’un investissement massif de la pensée, du langage, et du domaine cognitif, où ils trouvent des ressources inédites. Plus généralement, pour tous les enfants, les praticiens cherchent à privilégier les approches pédagogiques et éducatives qui savent s’adapter pour faire une place aux singularités sociales et cognitives des enfants autistes. Enseignants et éducateurs témoignent, au sein de l’Institut psychanalytique de l’Enfant, de ce qu’ils ont élaboré avec l’enfant ou l’adolescent. - En revanche les psychanalystes s’élèvent avec la plus grande force contre des méthodes dites « d’apprentissage intensif», qui sont en réalité des méthodes de conditionnement comportemental, qui utilisent massivement le lobbying, voire l’intimidation, pour promouvoir des « prises en charge » totalitaires et totalisantes, qui s’auto-proclament seul traitement valable de l’autisme. Loin de cette réduction, il faut différencier les différentes approches de l’apprentissage. Les psychanalystes et les intervenants, regroupés au sein de l’Institut psychanalytique de l’Enfant, représentant toutes les catégories professionnelles présentes dans le champ de l’enfance, se déclarent tout spécialement attachés, pour les enfants et adolescents autistes, aux systèmes de soin et d’éducation existant en France, tant qu’ils permettent de répartir les responsabilités respectives et différenciées entre les professionnels du soin, de l’éducation, et les parents. 3 – Les classifications actuelles des troubles mentaux- spécialement le DSM – jettent une grande confusion dans le débat, faisant apparaître au même niveau diagnostic des symptômes de l’enfance tels que le bégaiement ou l’énurésie, des « troubles » référés à une normalité sociale (tels que les « troubles oppositionnels avec provocation » ou les « troubles des conduites »), et l’autisme (« trouble autistique »). L’autisme, et ses diverses formes, se trouve ainsi isolé comme le seul véritable tableau clinique de la catégorie « Troubles envahissants du développement ». Les débats en cours sur la continuité du « spectre des autismes », sur l’opportunité de maintenir dans la même série des TED les dits « Asperger », montrent combien cette catégorie est instable. A l’intérieur de ce « spectre », il faut examiner dans le détail les phénomènes d’envahissement du corps et situer les manifestations étranges et inquiétantes dont il est la proie. Les psychanalystes et les nombreux praticiens d’orientation lacanienne accompagnent ainsi de nombreux enfants et adolescents dans cette élaboration qui leur permet de garder ou de trouver une place dans le lien social et familial. Les parents peuvent alors s’autoriser à parler de certains traits de leur enfant, d’en saisir la valeur, malgré leur caractère étrange. Ce travail est nécessairement long, car il suppose de prendre en cause une différence de l’enfant qui vient à l’encontre des attentes et des désirs qui entourent sa présence au monde. Le psychanalyste, en place de recueillir cette souffrance, doit être attentif à la souffrance des parents et les soutenir dans leur épreuve. 4 – Des hypothèses étiologiques multiples – génétique, vaccinale, neurocognitive, etc.- présentées comme des vérités scientifiques à la suite souvent d’un unique article paru dans une revue, dont on apprendra quelques mois ou années plus tard le caractère biaisé, circulent dans les divers médias et affolent les familles. Ces hypothèses causales viennent répondre strictement à la réduction de l’autisme à un trouble du développement, présenté comme une maladie génétique voire épidémique. Elles se confortent de la loi de 2005 sur le handicap, qui ne vise pourtant aucunement à porter une sentence du type « C’est un handicap, donc cela n’est pas une maladie», mais à permettre une orientation adaptée pour l’enfant et une aide pour la famille. Beaucoup sur ce point reste à faire, et les associations de parents sont une force indispensable et incontournable pour faire avancer des projets adaptés, en particulier pour les très jeunes enfants et pour les grands adolescents et les jeunes adultes. En ce sens, l’annonce de l’autisme comme grande cause nationale ne pouvait que réjouir tous ceux qui sont mobilisés dans les soins apportés aux enfants et adolescents autistes. 5 – Les psychanalystes suivent tous les débats scientifiques autour des causes de l’autisme infantile. Quelles que soient ces causes, elles ne peuvent réduire le sujet à une mécanique. Ils prennent en compte les souffrances qu’ils rencontrent et ils promeuvent les institutions et les pratiques qui garantissent que l’enfant et sa famille seront respectés dans le moment subjectif qui est le leur. Ils facilitent, chaque fois que cela est possible, l’insertion de l’enfant dans des liens sociaux qui ne le mettent pas à mal. Ils ne sont pas détenteurs d’une vérité « psychologique » sur l’autisme, ils ne sont pas promoteurs d’une « méthode éducative » particulière. Ils sont porteurs d’un message clair pour le sujet autiste, pour ses parents, et pour tous ceux qui, en institution ou en accueil singulier, prennent le parti et le pari de les accompagner – et les psychanalystes sont de ceux-là : il est possible de construire un autre monde que le monde de défense et de protection où est enfermé l’enfant autiste. Il est possible de construire une nouvelle alliance du sujet et de son corps. L’effort de tous vise à démontrer cliniquement cette possibilité. La Commission d’initiative de l’Institut psychanalytique de l’Enfant Mme Judith Miller (Paris) - Dr Jean-Robert Rabanel (Clermont-Ferrand) Dr Daniel Roy (Bordeaux) - Dr Alexandre Stevens (Bruxelles)
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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 11:32
Petite note sur l'autisme chez Lacan - Jean-Pierre Rouillon- membre de l'ECF Si l’autisme reste pour celui qui fait la rencontre d’êtres parlants qui en sont affectés, une énigme, le terme même
d’autisme est un paradigme de la façon dont la question du mental est traitée dans nos sociétés modernes. C’est en effet, à partir de la question de l’autisme, que la notion de maladie mentale,
pour ce qui concerne les enfants, est devenue obsolète, qu’elle a laissé progressivement la place à la dimension du handicap. Le handicap qui trouve sa cause hypothétique dans les profondeurs du
corps, entre neurones et gènes, vient nommer un déficit, un dysfonctionnement qu’il s’agit de compenser par la voie d’apprentissages permettant à l’autiste d’accéder à l’autonomie, ce qui est un
comble pour celui qu’on définit comme en retrait de tout lien social. Dès son plus jeune âge, il s’agit de donner un diagnostic à ses troubles, il s’agit de le stimuler, de le soumettre à des
apprentissages afin qu’il sorte de son monde, afin qu’il puisse vivre dans le nôtre en se sentant utile. On devine qu’il s’agit là d’une tâche infinie qui laisse peu de repos aux différents
protagonistes de cette aventure qui se décline en livres, reportages et témoignages. C’est l’autre versant que nous dévoile l’autisme. Il ne s’agit plus d’une question de spécialistes, il ne s’agit
plus non plus d’une question dont se saisit la société pour s’interroger sur l’humaine condition, il s’agit d’un fait de société qui trouve sa pleine expansion dans les médias, sur les sites
internet. On y trouve une somme d’informations, d’affirmations, de conseils, de manuels dont la série ne converge pas toujours vers le sérieux, mais le plus souvent vers la revendication et
l’invective. C’est le signe d’une souffrance qui touche au plus profond de leur être, les personnes qui sont concernées d’une façon ou d’une autre par cette expérience qui renvoie aux confins de
l’intime. Ainsi l’autiste, dans une société qui a fait de la communication sa valeur la plus fondamentale, est le signe, le symptôme de l’impasse où vient s’inscrire une des faces de l’impossible à
supporter. Le psychanalyste, averti par Freud de l’irréductible du malaise de la civilisation, pourrait se contenter d’interpréter ce signe en le renvoyant à chaque fois à la constellation
particulière qui a prévalu à son émergence, donnant ainsi sens à ce qui a fait trou dans l’histoire. C’est d’ailleurs, ce qu’il n’a pas manqué de faire en inscrivant la causalité dans le registre
de l’événementiel et de l’histoire familiale. Les élèves de Freud, dans leur volonté de nouer la psychanalyse à la psychologie, dans leur souhait d’effacer la dimension de scandale que présente
l’invention de la psychanalyse, se sont d’abord livrés à une lecture développementale de l’autisme, trouvant alors son origine dans la relation, ou plutôt l’absence de relation de l’enfant à la
mère. Cette lecture qui épousait de façon trop parfaite l’air du temps, ainsi qu’en témoignent les articles de Kanner, faisait certes sens, mais ne permettait en rien de mettre en œuvre un
traitement psychanalytique de l’autisme, de fait de s’égarer dans les chemins illusoires de la régression et de la réparation. Cette déviation de la voie psychanalytique devait d’ailleurs se payer
au prix fort, par la mise en cause de la psychanalyse comme méthode inadaptée au traitement de l’autisme. C’est justement cette déviation de la psychanalyse que Lacan a critiquée dès le début de
son enseignement non seulement de façon théorique, mais en nous donnant des indications précises sur le traitement analytique des enfants. Un certain nombre de ces indications concernent la
question de l’autisme, et l’on doit prendre en compte le fait que dès le Séminaire I1, Lacan consacre deux leçons de son Séminaire à des cas d’autisme, le cas Dick et le cas du petit Robert. Dans
ces deux leçons, Lacan nous donne une description précise du monde dans lequel vit l’autiste, un monde où tout le symbolique est réel et où l’imaginaire ne trouve pas forme dans la relation
spéculaire. Pourtant là où l’on ne voit qu’agitation et destruction au niveau des comportements, qu’égarement et détresse, Lacan prend acte de la présence d’un sujet qui se défend contre le réel
sans loi auquel il est soumis. Il se guide non pas sur ce qui fait défaut à ce sujet embrouillé, sur ce qui lui manque alors qu’il est aux prises avec le réel, mais sur ce qui le relie à la
communauté humaine. Ce qui le relie, c’est un mot « Le Loup », mot où la loi vient se présentifier sur son versant insensé. L’autiste a ainsi affaire au surmoi, non celui de l’Œdipe qui ordonne le
désir à la loi, mais un surmoi féroce qui le livre à la jouissance de l’Autre. Ce signifiant insensé qui le soumet à tous les égarements est pourtant aussi bien celui qui va le soutenir dans son
opération d’élaboration du monde dans lequel il a été jeté dès lors que l’analyste, Rosine Lefort, consent à l’incarner dans sa rencontre avec le sujet. Elle peut l’incarner en nommant les unes
après les autres, les diverses tentatives de ce sujet pour faire trou dans le réel. C’est ce qui lui permet de se livrer à cette scène du baptême où son corps peut enfin prendre forme d’extraire
l’objet qu’il était face à la gueule béante de l’Autre. Nous trouvons ainsi dès ce premier séminaire ce qui oriente le psychanalyste dans sa rencontre avec l’autiste : l’autiste a affaire au
signifiant, il est comme tout sujet, effet du signifiant, et l’analyste ne doit pas reculer devant le fait de lui dire quelque chose. Lacan précisera ensuite la nature du signifiant en jeu dans
l’autisme2, puis ce en quoi consiste le dire dont il s’agit. Le signifiant, dans l’autisme, ne se présente pas sur son versant d’articulation, sur son versant de sens. Il se présente comme unique,
comme tout seul, aussi bien sur le versant du commandement que sur le versant d’une satisfaction liée à ce qui résonne de sa substance sonore. Quant au dire, il ne doit pas se situer dans les
rivages du sens, mais ouvrir par la voie du redoublement à l’émergence d’une écriture singulière où ce qui s’entend peut trouver à se satisfaire dans une adresse à l’autre. C’est dans cette adresse
à l’autre que vient se dessiner le lieu d’une perte délivrant le sujet du sacrifice de son être. C’est cette voie qui permet au sujet autiste de construire un espace où s’appareiller dans son
rapport au réel. Ce n’est pas le langage qui structure le monde de l’autiste, mais sa langue particulière, dès lors qu’elle lui donne matière à trouver une satisfaction dans un dialogue avec
l’autre, satisfaction qui vient faire limite à l’exigence infinie de la jouissance. Le psychanalyste ne doit pas reculer devant l’autisme. C’est en effet, à partir de ce qu’il a pu extraire de sa
propre analyse, qu’il peut offrir au sujet autiste qui y consent, la chance d’un dialogue au cours duquel peut se tisser dans une adresse inédite, une voie enfin singulière au-delà de la
pulvérulence des entendus. 1- Jacques Lacan : Séminaire I : Les écrits techniques de Freud, Seuil, 1975. Chapitres VII et VIII. 2- Jacques Lacan : Séminaire XI, Les quatre concepts fondamentaux de
la psychanalyse, Seuil , 1973, chapitre XVIII. Bibliographie Jacques Lacan, « Allocution sur les psychoses de l’enfant » in Autres écrits, Seuil, 2001. Jacques Lacan : « Conférence à Genève sur le
symptôme » in Le bloc-notes de Psychanalyse, n°5, 1985. Rosine et Robert Lefort, Naissance de l’Autre, Seuil, Paris, 1980
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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 11:28
Editorial du Dr Steve Edelson, PhD Une ligne de démarcation est en train de diviser le monde de l'autisme. Une ligne, ou plutôt une idée qui, selon le côté que l'on choisit, détermine de manière fondamentale notre perception de l'autisme. D'un côté, l'autisme est qualifié de trouble neuro-développemental à vie, au pronostic désespérant. Prédéterminé, l'autisme est incurable et définitif. "Prédéterminé, incurable et définitif…" De l'autre côté de cette ligne, des parents, des praticiens, remettent en question ce propos. Et ils optent pour un mot, nouveau dans la terminologie de l'autisme, un mot simple qui résume ce grand débat en quatre syllabes courtes : "récupérer". C'est ce verbe que de plus en plus de parents adoptent pour qualifier le retour de leur enfant de ce monde mystérieux de l'autisme. Le Dr Rimland a œuvré sans relâche pour identifier des traitements biomédicaux et des thérapies comportementales efficaces, et répétait à qui voulait bien l'entendre qu'il voulait voir disparaître de la face de la terre cette terrible pathologie. L'expression même choisie pour le mouvement Defeat Autism Now!, Defeat Autism Now!, "vaincre l'autisme", "maintenant", répondait à ce profond désir de juguler l'autisme, et ce sans plus tarder. Un désir qui, aux yeux du plus grand nombre, ressemblait fort à l'époque à une chimère. Il convenait alors de croire à une sorte de déterminisme de l'autisme : les enfants ne progresseraient en effet que dans les limites imparties par leur potentiel inné, et il s'agissait tout au plus de préparer les familles à l'inévitable séparation. Cette perception était le reflet d'une l'époque, et durant les quarante années qui avaient précédé la naissance du mouvement Defeat Autism Now!, l'ARI n'avait guère reçu d'ailleurs qu'une poignée de témoignages de guérison. La progression exponentielle vertigineuse de l'autisme au cours des deux dernières décennies a fédéré nombre de compétences, brillantes, et ouvert de nouvelles voies d'exploration. En 2003, parents et médecins ont commencé à nous faire part de succès, de plus en plus nombreux, chez un nombre inattendu d'enfants faisant preuve d'une évolution exceptionnelle grâce à différentes approches combinées, à la fois biomédicales et éducatives. Nombre de ces enfants, initialement porteurs d'un diagnostic d'autisme, ne répondent plus aujourd'hui aux critères de l'autisme. Et leur médecin, leur école, leurs parents ont le bonheur de ne plus les considérer handicapés. Lorsque les premiers témoignages ont commencé à affluer à l'ARI, nous étions sceptiques. Les cas de guérison, dans les cas d'autisme classique, étaient jusque là rarissimes (mais à vrai dire, rappelons que l'autisme lui-même demeurait il y a encore 20 ans tout aussi rarissime !). Toutefois, après de nombreux entretiens avec des parents et des médecins, après avoir reçu des vidéos et des documents permettant de juger de l'évolution de ces enfants, le Dr Rimland devait réaliser, à son grand bonheur, que certains enfants récupéraient en effet de leur autisme. Et comme l'a noté Dan Olmsed dans sa série d'émissions The Age of Autism sur laquelle Bernard Rimland ne tarissait pas d'éloges, même l'un des onze premiers patients de Kanner, Donald T., avait largement récupéré, à l'âge de 12 ans, grâce à un traitement de sels d'or (lesquels pourraient également agir comme chélateur) pour des problèmes auto-immuns associés à une arthrite rhumatismale. Peut-être avions-nous dès le début sous les yeux les causes mêmes de l'autisme et la possibilité d'en réchapper, méconnues mais bel et bien réelles. À mesure que la fréquence des témoignages s'intensifiait, l'ARI a entrepris de suivre ce phénomène en demandant aux parents d'enfants ayant récupéré ou presque récupéré de leur autisme, de s'enregistrer sur notre site web, www.AutismIsTreatable.com. Nous avons également demandé à ces parents de nous préciser les documents dont ils disposaient pour témoigner de l'autisme initial de leur enfant. À ce jour, ce sont plus de 1 100 parents qui se sont inscrits sur le site. Le Dr Rimland ne voulait pas parler "guérison". En revanche, il aimait des expressions telles que "revenir de l'autisme", "récupérer", "se rétablir", plus justes. Il adhérait à l'analogie proposée par Stan Kurtz, directeur des Children's Corner Schools de Van Nuys, Californie, fervent allié de l'ARI et du mouvement Defeat Autism Now!, pour illustrer ce que pourrait signifier "récupérer" de l'autisme : "Prenons l'exemple d'un piéton qui se ferait renverser par une voiture. Cette personne souffrirait de fractures des jambes et de lésions cérébrales suffisamment graves pour "l'handicaper". Imaginons maintenant qu'à l'issue d'une période de rééducation intensive, cette personne recommence à marcher, moyennant une légère claudication, et qu'il lui reste quelques séquelles neurologiques qui ne l'empêchent pas pour autant de mener une vie normale. Imaginons même qu'elle se rétablit au point que rien chez elle n'évoque plus cet accident. On pourrait dire que cette personne est "rétablie" après avoir "récupéré" de son accident. La seule différence avec l'autisme, c'est que nos enfants sont initialement plus susceptibles d'être frappés par une voiture – et que des éclats du véhicule demeurent souvent logés dans leur corps. Nous devons les aider à s'en débarrasser, et les maintenir hors du trafic afin de leur donner les meilleures chances de récupérer de leur accident". De même, de nombreux enfants initialement autistes ne manifestent maintenant plus que des traces de leur comportement antérieur ; certains pourront par exemple avoir de très légères stéréotypies, ou manifester un intérêt excessif pour certains sujets. Malgré ces traces d'autisme, nombre d'enfants rétablis seront à même de vivre une vie indépendante et épanouie, de mener une carrière enrichissante, et de jouir de relations sociales satisfaisantes. S'ils ne sont pas "guéris" au sens propre du terme, ils seront certainement libérés de symptômes extrêmement perturbants qui hypothéquaient leur avenir. Inévitablement, l'idée même de récupérer de l'autisme déchaîne les passions. Les plus fervents détracteurs de cette idée la qualifient de foutaise en martelant que l'on ne récupère pas de l'autisme. Au point, pour certains, d'affirmer que les enfants soi-disant "revenus de l'autisme" n'étaient pas autistes au départ, ou qu'ils se sont spontanément rétablis. Les parents de ces enfants invitent les sceptiques à avoir le courage de visualiser les vidéos, en particulier les archives du site www.Autism-RecoveredChildren.org. L'une de ces vidéos est celle du Dr Caroline Gomez, codirectrice de l'Autism Center de l'université d'Auburn. Elle y présente l'un de ses clients, Slater, qui a suivi un traitement biomédical. Le Dr Gomez précise que Slater est en 20 ans le seul enfant qu'elle a jamais vu perdre son diagnostic d'autisme. On voit sur cette vidéo le Dr Gomez pratiquer un test ADOS (test particulièrement adapté pour l'autisme) avant et après un traitement Defeat Autism Now!. Les supports montrent clairement que cet enfant s'est rétabli de son autisme en seulement 10 mois. Nous avons à cœur, à l'ARI, de ne pas donner de faux espoirs aux parents. Mais l'écueil serait à nos yeux bien plus grand de ne donner aucun espoir alors même qu'il est possible de récupérer entièrement ou quasiment de l'autisme. L'ARI s'efforce donc de proposer un espoir réaliste en disant que "l'autisme n'est pas incurable, et qu'il est souvent possible d'en revenir". Il ne nous est évidemment pas possible de garantir que chaque enfant se rétablira entièrement ou presque entièrement, mais nous espérons que cela sera un jour le cas. Cet espoir n'est certainement pas irréaliste. Il suffit pour s'en convaincre de rappeler le cas de la PKU ou phénylcétonurie, autrefois l'une des causes de retard mental les plus courantes. Les enfants atteints de phénylcétonurie souffraient d'un retard mental léger à grave, et il n'existait initialement aucun espoir d'amélioration. Pourtant, une fois comprise la cause de cette pathologie, des chercheurs ont mis au point un test simple permettant d'identifier les nouveau-nés atteints de PKU afin de mettre immédiatement en place un régime alimentaire adapté. Il n'existe plus aujourd'hui que quelques très rares cas de phénylcétonurie aux États-Unis. Peut-être sera-t-on également un jour à même de traiter entièrement, voire même de prévenir l'autisme. Durant les derniers mois de son existence, le Dr Rimland parlait souvent de ces enfants rétablis dont les parents partageaient leur histoire et leur bonheur avec l'ARI. Son visage montrait clairement à quel point il était fier de savoir qu'un nombre croissant d'enfants progressaient de manière aussi spectaculaire d'une pathologie considérée incurable il y a encore quelques décennies. Pendant la seule vie du Dr Rimland, et ce au départ essentiellement grâce aux impulsions qu'il a su donner à la recherche, nous sommes passés d'un "aucun espoir" à un "espoir pour beaucoup". Au prix de beaucoup de travail et d'un peu de chance, nous atteindrons notre but ultime : "la prévention et le rétablissement pour tous". Traduit par é.t.i.c
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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 11:21
A l'occasion des commémorations, samedi 2 avril, de la quatrième Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé à prendre la voie d'un « monde plus humain, qui ne laisse personne au bord de la route ». L'autisme affecte aujourd'hui au moins 67 millions de personnes dans le monde. De tous les troubles graves de développement, il est celui qui connaît la plus rapide expansion dans le monde. Cette année, le nombre de cas d'autisme diagnostiqué chez des enfants sera supérieur aux diagnostics de diabète, de cancer et de SIDA additionnés. « Le nombre d'enfants et d'adultes atteints d'autisme continue d'augmenter sans distinction de nationalité ou d'appartenance raciale, ethnique ou sociale », a rappelé Ban Ki-moon dans un message diffusé pour cette Journée mondiale, destinée à sensibiliser l'opinion publique à la nécessité d'améliorer la vie des enfants et des adultes souffrant de ce trouble neurocomportemental. « Même si les troubles autistiques sont de mieux en mieux compris par la communauté scientifique, le milieu médical et les personnels de soins, ils restent globalement mal connus », a poursuivi le chef de l'ONU, estimant que cette Journée offrait « la possibilité de mobiliser des forces pour agir et aider ». « Les enfants et les adultes atteints d'autisme, qui sont soumis à d'énormes problèmes de stigmatisation et de discrimination, ne sont pas assez aidés ; beaucoup doivent surmonter de multiples obstacles au quotidien », a-t-il encore ajouté, regrettant qu'ils soient « trop nombreux à endurer un isolement, de mauvais traitements et des discriminations terribles qui portent atteinte à leurs droits fondamentaux ». Dans ce contexte, le Secrétaire général a rappelé l'importance du « travail de sensibilisation », estimant qu'il était « crucial de soutenir les parents, de créer pour les personnes autistes des emplois axés sur leurs compétences et leurs points forts, et d'améliorer la prise en charge des jeunes autistes dans le système éducatif public ». « Ces mesures qui bénéficient aux autistes, à leur entourage et aux autres ne peuvent que profiter à l'ensemble de la société. Suivons ensemble cette voie vers un monde plus humain qui ne laisse personne au bord de la route », a-t-il conclu.
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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 11:17
Pour ses défenseurs, les séances de "packing" permettent de lutter contre les "angoisses de morcellement" et facilitent la relation thérapeutique - ici, un enfant atteint d'autisme et son thérapeute.AFP Dans le douloureux casse-tête qu'est le traitement de l'autisme, la hache de guerre contre la psychanalyse est à nouveau déterrée. Et ceux qui la brandissent ne sont plus seulement des associations de parents militants. La Haute Autorité de santé (HAS), qui doit rendre publiques, le 6 mars prochain, des recommandations très attendues de bonnes pratiques sur l'autisme chez l'enfant et l'adolescent, s'apprête à classer cette approche thérapeutique au rayon des "interventions globales non recommandées ou non consensuelles". Plus qu'un désaveu : une condamnation. C'est un article de Libération, publié lundi 13 février et faisant état d'une version non définitive de ce rapport, qui a mis le feu aux poudres. "L'absence de données sur leur efficacité et la divergence des avis exprimés ne permettent pas de conclure à la pertinence des interventions fondées sur les approches psychanalytiques, ni sur la psychothérapie institutionnelle", peut-on lire dans cette version provisoire. Dans un communiqué publié le jour même, la HAS regrette "que les phrases citées se révèlent hors contexte ou inexactes au regard de la version actuelle du document". Interrogée par Le Monde, elle précisait, jeudi 15 février, ne pas vouloir s'exprimer plus avant sur le sujet. La plus haute instance sanitaire française infléchira-t-elle sa position d'ici la fin du mois, comme le lui demandent de nombreux professionnels de la santé? Si tel n'est pas le cas, il est à craindre que cette exclusion de principe ne mette à terre le fragile consensus qui s'ébauche, depuis quelques années, entre les différents professionnels tentant de soulager cette terrible maladie. TENTATIVE DE MISE AU BAN La mèche avait été allumée il y a quelques semaines à l'Assemblée nationale. Le 20 janvier, le député du Pas-de-Calais (UMP) Daniel Fasquelle déposait une proposition de loi visant "l'arrêt des pratiques psychanalytiques dans l'accompagnement des personnes autistes", au profit exclusif des méthodes éducatives et comportementales, provoquant un tollé parmi les psychiatres. Lesquels étaient soutenus par l'Union nationale des associations de parents de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei), qui estime qu'"interdire une forme d'accompagnement ne sert à rien". Comment en est-on arrivé à ce degré de violence? A la tentative de mise au ban de toute une communauté de cliniciens dans la prise en charge d'une maladie pourtant porteuse de tant de souffrances mentales? Pour comprendre la virulence de la croisade actuelle, il faut retourner un demi-siècle en arrière. A l'époque où l'autisme était considéré comme une psychose infantile provenant, selon la théorie du psychanalyste Bruno Bettelheim, d'une mauvaise relation de la mère à son nouveau-né. Une hypothèse qui a culpabilisé des générations de parents, et que la science estime aujourd'hui largement dépassée : désormais intégré parmi les troubles envahissants du développement (TED) dans la classification internationale des maladies mentales, l'autisme met en jeu, probablement dès la vie fœtale, un mauvais fonctionnement des circuits neuronaux. Parallèlement à cette avancée des connaissances, les enfants atteints de ce lourd handicap ont progressivement bénéficié, en Europe comme en Amérique, de thérapies d'orientation comportementaliste. Sans faire de miracles – car on ne guérit pas de l'autisme –, celles-ci permettent souvent d'améliorer le pronostic et l'intégration sociale. Or la France, de ce point de vue, accuse un net retard. Plus globalement, les capacités d'accueil des enfants atteints de TED y restent notoirement insuffisantes. Le secteur pédo-psychiatrique étant le seul fondé à proposer une prise en charge remboursée par l'assurance-maladie, il a cristallisé la rancœur des parents, pour qui l'accompagnement de leur enfant s'apparente souvent à un douloureux parcours du combattant. La psychanalyse ayant longtemps régné en maître sur la psychiatrie et sur la prise en charge de l'autisme, la tentation était donc grande, pour nombre d'associations, d'accuser cette discipline de tous les maux. De lui reprocher de continuer à culpabiliser les parents, et de freiner la mise en œuvre des thérapies comportementales. Des reproches partiellement fondés: la culture psychanalytique reste vivace en France, et certains praticiens continuent de s'élever violemment contre la répétition d'apprentissages simples sur laquelle sont basés les méthodes Teacch ou ABA, qu'ils qualifient de "dressage". Faut-il pour autant ranimer les conflits? Les porter sur le devant de la scène politique? "Il est urgent de rétablir les équilibres, de privilégier une approche moins hospitalo-centrée et plus axée sur le projet de vie et la citoyenneté, pondère Marie-Anne Montchamp, secrétaire d'Etat auprès de la ministre des solidarités et de la cohésion sociale. Mais on a besoin de la psychiatrie, de la neuropsychiatrie, et je n'exclus pas l'intérêt de la psychanalyse. Car quand un enfant autiste arrive dans une famille, tout explose." Si le temps de la toute-puissance psychanalytique a vécu, et si la plupart des médecins préconisent désormais une prise en charge éducative et pédagogique, ils rappellent aussi qu'aucun spécialiste n'est mieux placé qu'un pédopsychiatre pour prendre en considération les singularités dont souffrent les enfants autistes: difficultés à comprendre l'autre, à ressentir de l'empathie, à prendre conscience d'eux-mêmes et de leur corps. La Haute Autorité de la santé entendra-t-elle cet argument? "Mon principal souci dans cette histoire, c'est que les choses s'apaisent. Que ce soit pour les professionnels ou pour les parents, le climat actuel est extrêmement malsain. Personne n'y gagne, à commencer par les personnes autistes", déplore le professeur Claude Bursztejn, psychiatre et président de l'Association nationale des centres de ressources autisme. Alors que les recommandations de la HAS se dirigeaient "vers des consensus acceptables pour une grande partie des professionnels, la radicalisation actuelle des positions risque fort, si elles sont maintenues, de les rendre inacceptables par les équipes de pédopsychiatrie, estime-t-il. On peut toujours faire des recommandations, mais encore faut-il que les professionnels du terrain puissent se les approprier". Déclaré Grande cause nationale 2012, l'autisme mérite plus d'égards et de progrès que de règlements de comptes. Catherine Vincent
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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 11:00
Lille, Envoyée spéciale Florian s'est déshabillé de lui-même. En maillot de bain dans la petite salle, il est venu s'allonger sur le lit. Céline et Yann, les psychologues qui sont avec lui, entourent doucement ses jambes d'un linge blanc. Puis tout le corps, tête exceptée. Florian, attentif, se laisse emmailloter et recouvrir de couvertures. Les deux thérapeutes s'assoient près de lui, un de chaque côté. Dans la demi-heure suivante, ce grand garçon de 10 ans, diagnostiqué autiste profond, va rire, dialoguer, rire encore, dans un moment d'intense communication et de détente. Au Centre médico-psychologique pour enfants et adolescents du CHRU de Lille, nous venons, cet après-midi de janvier, d'assister à une séance de "packing". Et cela n'a vraiment rien à voir avec une séance de torture. Le packing ? Une technique d'"enveloppements humides" réservée aux cas d'autisme les plus sévères, avec automutilation répétée. Pratiquée par plusieurs dizaines d'équipes en France, elle consiste à envelopper le patient dans des serviettes humides et froides (10 à 15°), puis à induire un réchauffement rapide. Pour ses défenseurs, les séances permettent de lutter contre les "angoisses de morcellement" et facilitent la relation thérapeutique. Pour ses détracteurs, dont les plus virulents sont l'association de parents Vaincre l'autisme, il s'agit d'un "acte de torture". Le symbole maléfique de la prise en charge psychiatrique de l'autisme. La bête à abattre. "HARCÈLEMENT PROFESSIONNEL" "Je me sens remis en cause, calomnié, disqualifié. Pour ma pratique vis-à-vis des enfants que je soigne et de leurs parents, c'est terrible." Le professeur Pierre Delion, chef du service de pédopsychiatrie au CHRU de Lille et premier promoteur du packing en France, s'estime victime d'un "harcèlement professionnel". Reconnu par ses pairs pour son humanisme et son esprit d'ouverture, ce spécialiste de l'autisme devait comparaître, jeudi 16 février, devant le conseil départemental du Nord de l'ordre des médecins, suite à une plainte déposée contre lui par Vaincre l'autisme pour manquement à l'éthique médicale. Une plainte similaire a été déposée à l'encontre du professeur David Cohen, chef du service de psychiatrie enfants et adolescents de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris). Leur délit ? Pratiquer le packing quand ils l'estiment nécessaire. Et soutenir le principe d'une recherche scientifique portant sur l'efficacité de cette méthode, menée depuis 2008 dans le cadre d'un programme hospitalier de recherche clinique national (PHRC). Un comité de soutien s'est constitué pour défendre les deux hommes, sous la forme d'une "lettre ouverte au conseil de l'ordre des médecins et aux familles de personnes autistes". Mise en ligne il y a quelques semaines, elle a réuni à ce jour plusieurs milliers de signatures de professionnels de la santé. Révélateur paroxystique du conflit qui oppose les associations de parents au pouvoir médical, le packing va-t-il être jeté avec l'eau de la tempête ? Son efficacité thérapeutique, il est vrai, n'a jamais été prouvée autrement que de façon empirique. C'était précisément l'objet de l'essai clinique lancé en 2008, que le Pr Delion affirme avoir appelé de ses vœux pendant de nombreuses années. Mais cette recherche est devenue, de fait, irréalisable. "Depuis son lancement, il y a eu une telle publicité contre cette technique qu'un certain nombre de collègues et de parents ont refusé d'y participer. On est donc au point mort", se désole le Pr Delion, qui rappelle que "l'alternative à cette technique, ce sont les neuroleptiques à très fortes doses". Dans l'épreuve, il trouve un élément de consolation : "Aucun des parents des enfants sur lesquels j'ai pratiqué ces approches intégratives ne fait partie de cette vendetta. C'est la seule chose qui me réconforte." Catherine Vincent
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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 10:53
L'autisme a beau être la grande cause nationale de 2012, les familles qui y sont confrontées restent démunies. Car, en France, les psychanalystes s'opposent aux méthodes comportementalistes ayant pourtant fait leurs preuves à l'étranger. Une position rétrograde dénoncée par Sophie Robert dans un documentaire, "Le Mur", dont la diffusion est suspendue à la décision d'un tribunal, le 26 janvier. Sur l'écran, une grand-mère à col Claudine enfourne son bras entre les mâchoires d'un crocodile en plastique. Cette pédopsychiatre chevronnée mime devant la caméra le concept lacanien de "mère crocodile" - envahissante et castratrice - qui a autrefois expliqué les causes de l'autisme. Dans les années 1950, on considérait avec Bruno Bettelheim et Jacques Lacan que cette pathologie résultait d'un trouble de la relation mère-enfant. A l'heure où le monde entier tient pour acquise l'origine neurobiologique du handicap et la nécessité de rééduquer les enfants qui en sont atteints, la professionnelle expose son approche sans ciller : ce qu'il faut soigner avant tout, c'est la "folie maternelle". A en croire le documentaire Le Mur de Sophie Robert dont est extraite cette scène, les psychiatres français seraient dépendants des théories psychanalytiques, considérées partout ailleurs comme obsolètes pour le traitement de l'autisme. Les paroles de psychiatres se succèdent et accablent surtout ceux qui les prononcent : parents forcément coupables du handicap de leur enfant, retard de langage dû à un désir de "rester dans l'oeuf", absence de solution, rejet de l'idée même de progression... Le film glace et agace. N'y a-t-il donc aucun psychiatre digne de ce nom en France ? Les découvertes des neurosciences et les thérapies cognitives et comportementalistes, qui ont fait leurs preuves dans les pays anglo-saxons et scandinaves, s'arrêtent-elles comme le nuage de Tchernobyl à nos frontières ? Le 8 décembre dernier, on en débattait au tribunal de Lille. Sophie Robert y était assignée par certains des professionnels interviewés désireux de faire interdire Le Mur. En cause, selon les conclusions de leur avocat, un montage qui porterait atteinte à leur réputation et à leur droit moral. "Présenté comme un film documentaire", Le Mur est "en réalité un film militant" qui les "ridiculise". Quant à ceux des intervenants qui n'ont pas porté plainte, ils inondent la Toile de rectificatifs courroucés, et dénoncent des procédés "malhonnêtes". Un "abus de confiance" selon Caroline Eliacheff qui a pris position en faveur des psychanalystes sur France Culture. Sophie Robert répond d'une voix douce qu'elle n'avait "pas prévu de faire un film à charge sur la psychanalyse". Au contraire, c'est parce que la discipline l'intéresse qu'elle a commencé à s'y pencher. Au fil des discussions, elle admet aussi que si le problème n'est pas plus connu et son film pas diffusé, c'est sans doute parce que "les décideurs, les leaders d'opinion sont tous sur le divan". Comprendre : entre analysés, on se serre les coudes pour défendre les disciples de Freud et de Lacan. Le Mur est-il un brûlot caricatural, ou un nécessaire cri d'alarme ? Le tribunal donnera le 26 janvier une réponse juridique à ce qui est plutôt une question de santé publique. Qu'il soit alors interdit ou non, le film aura eu le mérite de poser la question des prises en charge "à la française" alors que l'autisme a obtenu en décembre dernier le statut de grande cause nationale 2012 pour "méliorer son dépistage précoce, développer l'accompagnement des enfants autistes et favoriser leur intégration et leur maintien en milieu scolaire ordinaire". Psychanalystes contre comportementalistes, la guerre est-elle déclarée ? Avec, selon l'Inserm, un enfant sur 156 touché par ce handicap, la question mérite d'être posée. EN FRANCE, certains membres du corps médical voient encore dans la mauvaise relation maternelle la cause des troubles autistiques. Virginie Gouny en a fait l'amère expérience. Mère d'un petit Mattéo de presque 3 ans, quand elle est allée consulter un pédopsychiatre, elle a été surprise : c'est à elle que le médecin posait des questions. Cet enfant, l'avait-elle vraiment désiré ? Acceptait-elle, maintenant qu'il était là, de s'en séparer ? Le rapport du psychiatre, lapidaire, décrit un "enfant de la pilule du lendemain". On diagnostique Mattéo "TED", c'est-à-dire atteint de "troubles envahissants du développement". C'est le nouveau nom de l'autisme, le terme étant inapproprié à la multiplicité des maux qu'il recouvre. De l'autisme de type Kanner, qui touche des enfants aux capacités intellectuelles parfois altérées, aux génies atteints du syndrome d'Asperger - à l'image du héros du film Rain Man -, les manifestations sont nombreuses et n'ont pour point commun qu'une incapacité à communiquer, à percevoir le réel et à s'y adapter. Le psychiatre préconise une prise en charge au centre médico-psychologique (CMP). Dans ces centres, où le personnel n'est pas toujours formé à l'autisme, on exclut souvent des soins les parents, mais aussi les séances de psychomotricité et d'orthophonie indispensables aux progrès des enfants. Estomaquée par ce diagnostic en forme d'accusation, Virginie cherche d'autres solutions pour son fils. Mais en province, "si on refuse le CMP, on est en roue libre". Pourtant, dans ces centres de quartier, la formation sur les troubles du développement n'est pas toujours pointue. Le personnel, encore très imprégné des théories psychanalytiques, les applique à la lettre, entravant alors les progrès des enfants autistes. Depuis toujours, Valérie Sochon soupçonne que son fils a un problème. Elle s'en ouvre à son médecin traitant, qui lui prescrit, à elle, des antidépresseurs et des anxiolytiques. Son fils grandit mal, il a des phobies alimentaires et des carences. A 4 ans, on lui propose un accompagnement en CMP. Mais tout ce qui est offert à Alexis, ce sont des "repas thérapeutiques" où on l'oblige à préparer et manger les nourritures qu'il a en horreur, et la "pataugeoire", dans laquelle on l'observe barboter. Au mieux. Au pire, on lui plonge la tête dans l'eau pour lui faire revivre l'accouchement, en espérant le délivrer de son trauma originel. Alexis a 5 ans et l'équipe pédagogique recommande son placement. Valérie finit par entendre parler d'un pédopsychiatre de renom qui vit en Bretagne. Elle quitte tout pour aller le consulter, et s'installe dans sa région. Aujourd'hui, Alexis est scolarisé à temps plein au collège du coin, où il obtient de très bons résultats. M. Khanfir a lui aussi pallié les insuffisances de l'institution. Son fils Ryan "comme dans Il faut sauver le soldat Ryan" est autiste. Après quelques années dans un hôpital de jour, il est envoyé dans un centre moins spécialisé, "un parking pour gosses lourdement handicapés". Ryan devient alors taciturne, violent, et perd totalement l'usage de la parole. Depuis sa sortie, il a appris, avec un éducateur privé formé aux méthodes comportementalistes, à communiquer, à être propre, sociable. Et plus heureux. HOWARD BUTEN, LE CÉLÈBRE CLOWN-PSYCHOLOGUE-ÉCRIVAIN AMÉRICAIN, qui travaille avec de jeunes autistes français depuis des années, n'hésite pas à critiquer vertement le système hexagonal, encore trop imprégné de psychanalyse et braqué contre les méthodes comportementalistes. Que disent-ils, les psychiatres " vieille école " ? Que les thérapies cognitives et comportementales sont un "dressage". "Mais la plus grande violence qu'on peut faire à un enfant autiste est de le laisser croupir dans son autisme", répliquait déjà il y a vingt ans, aussi politiquement incorrect qu'énergique, le psychiatre Stanislaw Tomkiewicz. ABA, Teacch, PECS : à Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne), ces acronymes de traitements comportementaux sont désormais le quotidien d'une trentaine de personnes. Douze enfants et quatorze adultes s'y consacrent sans relâche dans le petit institut médico-éducatif L'Eclair. Une enclave d'efficacité et de douceur fondée par Liora Crespin, mère d'un enfant autiste, et subventionnée par l'Etat. Dans l'entrée du bâtiment, des manteaux sont accrochés sous des casiers, comme dans toutes les écoles. A côté du nom de l'enfant, sa photo. Partout, des repères visuels, qui permettent une structuration de l'espace et du temps : un emploi du temps vertical composé de vignettes qu'on scratche et qu'on déplace au fil de la journée, permettra de visualiser les tâches accomplies et celles à venir. Des cartes aussi pour s'exprimer : télévision, Meccano, boire. Les enfants "non verbaux" apprennent à communiquer, à exprimer des demandes sans crier, et ainsi à modifier un comportement souvent inadapté. L'institut est propre, calme et coloré. Dans une délicieuse odeur de gâteau, des enfants jouent et apprennent indistinctement. Marelle ou exercice de psychomotricité, une petite fille saute d'un cerceau à l'autre, sous les encouragements d'un adulte. Dans la "salle bleue", un petit garçon réclame des bonbons à une jeune femme assise à côté de lui à une table miniature. Elle utilise la méthode ABA (analyse du comportement appliquée), consistant à récompenser d'une friandise ou d'un petit plaisir les enfants qui ont su répondre correctement à une demande. Quant à la patisserie qui parfume les couloirs, les enfants l'ont fait pendant un atelier cuisine, mais c'est l'occasion, aussi, d'apprendre quelque chose : à compter jusqu'à trois comme le nombre d'oeufs à casser. L'occasion aussi pour Audrey, dont c'est l'anniversaire, de souffler ses six bougies... L'une des grandes différences entre les thérapies comportementales et la psychanalyse traditionnelle tient à la participation des parents au programme éducatif. L'enfant, sans relâche, est stimulé par tous les adultes de son entourage afin d'acquérir autonomie et cognition. Ces méthodes fonctionnent : au royaume-uni où elles sont appliquées, les trois quarts des enfants autistes sont intégrés en milieu scolaire, contre environ un quart en France. Mais loin de méconnaître les succès de ces thérapies, la médecine française, moins agrippée à ses textes psychanalytiques que le film le raconte, envisage désormais de les inclure dans son dispositif de soins. Liora Crespin exhibe fièrement le rapport d'une équipe de l'hôpital Sainte-Anne chargée de tester régulièrement le programme, qui note des "progrès importants", et conclut : "C'est un vrai plaisir pour nous de collaborer avec l'équipe de cette structure." LE PSYCHIATRE MOÏSE ASSOULINE INSISTE : le hiatus ne se situe pas entre psychanalystes et comportementalistes, mais entre les tenants d'une prise en charge intensive et les autres. L'hôpital d'Antony pour jeunes autistes qu'il dirige ressemble à tout sauf à un hôpital. C'est un chaleureux pavillon de banlieue bordé d'un petit jardin. Dans une pièce, tous les adolescents et les soignants sont rassemblés pour la réunion hebdomadaire. Les adolescents sont contents d'être de retour dans cette structure qui les accueille comme une école. La semaine d'avant, c'étaient les vacances de Noël. Dans leurs familles, ils se sont ennuyés de l'hôpital. Un hôpital où on applique notamment les méthodes comportementalistes : ici aussi, on trouve des photos sur chaque porte, et des emplois du temps en images. C'est du bon sens que d'aider les enfants non verbaux à communiquer. Surtout, ici, tous les soignants respectent ceux qu'ils appellent "nos jeunes". Ce qui implique non de les abandonner à leur handicap mais au contraire de leur proposer des activités passionnantes, valorisantes et stimulantes. C'est à Antony que Le Papotin a vu le jour il y a trente ans. Les interviews de ce "journal atypique", comme le proclame sa " une ", sont entièrement réalisées par les patients de l'hôpital de jour, et il faut les lire pour en admirer la pertinence. A Mazarine Pingeot : "Tu serais la fille cachée [de Mitterrand], pourquoi ?" A Bertrand Delanoë : "La question va paraître un peu crue, mais tant pis, depuis quand avez-vous choisi le mode de vie [l'homosexualité] qui est le vôtre ?" Rien d'étonnant à la remarque d'Howard Buten, interviewé dès la première édition du journal : "Sans rentrer dans la méchanceté gratuite (...), je crois avoir trouvé les seuls journalistes qui méritent d'être mes amis à Paris." Ils sont tous dans le même camp : celui des "jeunes". Psychanalystes, comportementalistes, qu'importe l'étiquette pourvu qu'il y ait du mieux. Bernard Golse, pédopsychiatre à l'hôpital Necker et psychanalyste, est l'un des interviewés mécontents de Sophie Robert. Hautain, il affirme d'un air d'évidence qu'"aucun trouble relationnel mère-enfant ne peut expliquer l'autisme". Au contraire, il se dit "solidaire des parents" qui veulent que leur enfant aille à l'école. Il poursuit, furieux : "Nous sommes le fruit d'une agressivité qui devrait aller à l'Etat, qui ne respecte pas la loi. Pour accueillir des autistes à l'école, il ne faut pas supprimer 44 000 postes d'enseignants tous les deux ans." C'est du côté de l'Etat qu'il faut donc désormais chercher les causes du retard français. Bernard Golse appartient au conseil d'administration du Craif, le Centre ressource autisme d'Ile-de-France. Des parents et des professionnels en nombre égal y siègent pour faire évoluer la situation des personnes avec autisme. Pour Jacques Baert, président du Craif et père d'un adulte autiste de 30 ans, cette querelle de chapelles psychanalystes versus comportementalistes, soignants contre parents, est dangereuse, avant tout pour les autistes. "On arrive enfin à travailler tous ensemble", souligne-t-il posément. L'homme déplace le débat : "Ce qu'il faut à un autiste, c'est peut-être idiot, mais c'est le respect. Le respect de soi, qui s'acquiert avec des activités valorisantes", comme les Centre d'aide au travail où son fils est désormais inséré. "Le paradoxe avec les parents, c'est qu'ils voudraient que leurs enfants aillent à l'école comme tout le monde, travaillent comme tout le monde, mais leurs enfants ne sont pas comme tout le monde, et il faut en tenir compte aussi." Rééducation, psychothérapie, intégration en milieu ordinaire, internats... Rien n'est parfait mais tout doit être tenté. Jacques Baert conduit. Parler de ces sujets si sensibles l'a déconcentré, et il a perdu son chemin. Son ordinateur de bord lui indique soudain la bonne direction. Mains sur le volant, l'homme quitte alors un instant son air grave pour un trait d'humour un peu noir : "Vous voyez, les traitements de l'autisme, ce n'est pas aussi évident qu'un GPS, ce n'est jamais miraculeux !" Le Monde Magazine Par Laure Mentzel
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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 10:37
Si en France, les spécialistes de l’autisme attendent le rendu le 6 mars prochain du rapport de la Haute Autorité de santé (HAS), qui fait polémique, Outre-Altantique, des chercheurs essaient de mettre au point un méthode de diagnostic précoce à partir d’imagerie cérébrale. C’est ce que révèle une étude parue sur le site de l’American Journal of Psychiatry. Afin de mieux comprendre ce trouble du comportement qui touche actuellement plus de 400 000 français, Jason Wolff et ses collègues de Université de Caroline du Nord à Chapel Hill, ont étudié grâce à l’imagerie médicale par résonance magnétique le cerveau à 6, 12 et 24 mois, de 92 enfants, ayant tous des frères ou des sœurs atteints d’autisme. A l’âge de 24 mois, seuls 28 des participants ont montré des signes d’autisme. Les 64 autres en étaient exempts. En comparant et en analysant, les différentes images obtenues, les chercheurs ont constaté des divergences dans le développement du cerveau et notamment au niveau de la substance blanche, qui relie différentes aires de la matière grise. Afin de mieux comprendre ces différences, les chercheurs ont examiné 15 zones cérébrales distinctes spécifiques de la substance blanche, pour voir de quelles façons évoluent les fibres nerveuses contenues dans cette dernière. Dans 12 zones sur 15, les chercheurs ont pu observer que les fibres suivaient des trajectoires différentes, que l’enfant soit autiste ou pas. D’après Jason Wolff, cette découverte suggère que l’autisme n’est pas forcément lié à une zone particulière du cerveau et qu’en analysant par IRM suffisamment tôt le cerveau d’enfant à risques, ils serait possible de poser un diagnostic précoce. http://www.informationhospitaliere.com/actualite-20398-autisme-l-imagerie-cerebrale-diagnostic-precoce.html
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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 08:10
« Google se lance dans le diagnostic médical » un internaute qui entre des symptômes dans la version anglophone du moteur de recherche se voit désormais proposer une liste de pathologies pouvant correspondre à son cas « Le corps médical émet de «fortes « le géant américain propose désormais à un internaute faisant des recherches sur un symptôme une liste de pathologies connexes. Par exemple, si l'internaute entre l'expression «douleur abdominale du côté droit», le moteur va lui suggérer, sous le champ de recherche, «appendicite», «kyste ovarien», «hernie», «calculs rénaux» et «syndrome de l'intestin irritable» ». « Et impossible d'échapper à ce diagnostic algorithmique, Google n'ayant apparemment pas prévu de bouton «masquer» pour ce service qui n'est pour l'instant disponible que depuis le territoire américain », « nouvel outil risque de conforter les hypocondriaques dans leur névrose. […] Si l'on peut imaginer qu'une personne s'interrogeant sur des symptômes soit heureuse de trouver ce nouveau degré d'information, la sélection, quant à elle, rend plus sceptique ». « L'internaute a-t-il vraiment conscience que «cette liste n'est pas rédigée par des médecins et ne tient, évidemment, pas lieu de conseils provenant d'experts médicaux», comme le précise Google - mais pas en clair à côté des résultats de recherche ? ». « le résultat s'appuie en effet tout simplement sur les associations de recherches les plus fréquentes : si, pour 1.000 recherches sur «mal de crâne», 60% sont suivies sur le même ordinateur d'une recherche sur «migraine», alors cette pathologie fera partie de la liste désormais proposées en association avec «mal de tête» ». La réaction du vice-président du Conseil de l’Ordre, Jacques Lucas, qui émet des « réserves fortes » et estime que ce système « profite d'un créneau d'inquiétude et d'interrogation, dans un contexte où l'accessibilité à un médecin se réduit ». « Pas question néanmoins de nier à Internet une utilité dans l'information des patients » Le Dr Lucas indique ainsi : « Nous recommandons simplement au public de vérifier la pertinence des sites qu'ils consultent, en cherchant par exemple si l'information a été rédigée ou validée par des médecins ».
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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 08:04
M cell-depletion blocks oral prion disease pathogenesis Mucosal Immunology (2012) 5, 216–225; doi:10.1038/mi.2011.68; published online 1 February 2012 D S Donaldson1,6, A Kobayashi1,2,6, H Ohno3, H Yagita4, I R Williams5 and N A Mabbott1 1The Roslin Institute and Royal (Dick) School of Veterinary Sciences, University of Edinburgh, Edinburgh, UK 2Tohoku University Graduate School of Medicine, Sendai, Japan 3Research Center for Allergy and Immunology, RIKEN, Suehiro, Yokohama, Japan 4Department of Immunology, Juntendo University School of Medicine, Tokyo, Japan 5Department of Pathology, Emory University School of Medicine, Atlanta, Georgia, USA 6These authors contributed equally to this work Correspondence: NA Mabbott, (neil.mabbott@roslin.ed.ac.uk) Received 4 November 2011; Accepted 19 December 2011; Published online 1 February 2012. Abstract Many prion diseases are orally acquired. Our data show that after oral exposure, early prion replication upon follicular dendritic cells (FDC) in Peyer's patches is obligatory for the efficient spread of disease to the brain (termed neuroinvasion). For prions to replicate on FDC within Peyer's patches after ingestion of a contaminated meal, they must first cross the gut epithelium. However, the mechanism through which prions are conveyed into Peyer's patches is uncertain. Within the follicle-associated epithelium overlying Peyer's patches are microfold cells (M cells), unique epithelial cells specialized for the transcytosis of particles. We show that following M cell-depletion, early prion accumulation upon FDC in Peyer's patches is blocked. Furthermore, in the absence of M cells at the time of oral exposure, neuroinvasion and disease development are likewise blocked. These data suggest M cells are important sites of prion uptake from the gut lumen into Peyer's patches.
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