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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 23:30
Après des années de spéculations, le mécanisme qui permet à la bactérie Deinococcus radiodurans de ressusciter en quelques heures est enfin dévoilé [1].

En quoi la bactérie Deinococcus radiodurans est-elle exceptionnelle ?

MIROSLAV RADMAN : Il y a exactement cinquante ans, le biologiste Arthur Anderson voulut stériliser des conserves de viande en les bombardant de rayonnements gamma. La dose était telle qu'aucun organisme n'était supposé y survivre. Mais la viande s'est pourtant avariée. La coupable était Deinococcus radiodurans. Cette bactérie s'est révélée résistante aux radiations, à l'oxydation et à une déshydratation poussée - elle survit dans des environnements arides tels que le désert.

D'où lui vient cette résistance à des conditions extrêmes ?

On a d'abord pensé qu'elle découlait d'une aptitude particulière de la bactérie à protéger son ADN. Mais ce n'est pas le cas : si vous l'irradiez ou la déshydratez, ses chromosomes se cassent en centaines de fragments, comme chez d'autres bactéries et cellules. Chez Escherichia coli ou Salmonella, de telles cassures sont irrémédiables. Mais pas chez Deinococcus radiodurans. De fait, elle répare et reconstitue son génome avec une fidélité quasi parfaite.

Jusqu'à aujourd'hui, ce processus de réparation n'avait jamais été élucidé ?

En effet. Deinococcus n'utilise aucun des six mécanismes de réparation d'ADN connus chez les animaux et les microorganismes, et il n'était pas évident d'en trouver un autre. En fait, Deinococcus met à profit les multiples copies de son génome. Comme nombre de bactéries, elle en renferme en permanence de quatre à six. Après irradiation, chaque copie est aléatoirement coupée en différents fragments double brin. Jusque-là, rien de spécial à signaler. Mais chaque extrémité de chaque fragment est alors transformée en extrémité simple brin. Et chaque portion simple brin s'apparie avec sa séquence complémentaire, qu'il trouve dans un autre fragment. La synthèse d'ADN débute alors, en prenant la suite de cette séquence comme modèle. Au final, le génome restauré de Deinococcus est une mosaïque d'ADN ancien et nouveau.

Ce nouveau mécanisme fait-il appel à des molécules particulières ?

Apparemment, la machinerie moléculaire mise en jeu n'implique que des enzymes déjà connues et banales. De plus, Deinococcus radiodurans n'a pas d'avantage de gènes de réparation qu' Escherichia coli . Elle en a même moins ! Et c'est peut-être parce qu'elle n'utilise pas certaines de ces enzymes que le système fonctionne. Cette « banalité » pourrait aussi expliquer les récents résultats d'un collègue américain qui, à ma suggestion, a réussi à obtenir des mutants Escherichia coli aussi résistants que Deinococcus radiodurans , après avoir exposé des bactéries Escherichia coli normales à des doses croissantes de rayonnements gamma.

Tout cela ouvre une porte dans l'étude des mécanismes de radiorésistance d'autres cellules - je pense en particulier aux cellules cancéreuses résistantes à la radiothérapie.
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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 19:57

La dengue est une infection virale endémique des pays tropicaux et elle serait, d’après l’OMS, l’arbovirose la plus répandue dans le monde avec une population exposée de plus de 3 milliards d’individus.

 

Elle est transmise à l’homme par l’intermédiaire de la piqûre d’un moustique du genre  Aedes, vivant plus particulièrement  en milieu urbain ou semi-urbain.

 

Il existe 4 sérotypes du virus. On considère actuellement que la primo-infection par l’un des sérotypes est souvent asymptomatique. Elle produit une immunité durable mais contre ce seul sérotype, sans immunité croisée. C’est l’infection  secondaire  par un des autres sérotypes qui conduit alors aux atteintes les plus graves.


La circulation de la dengue est devenue très active en Martinique et l’ampleur de l’épidémie qui en résulte a confronté de nombreux médecins et notamment des urgentistes à un grand nombre de cas de maladie fébrile aiguë.


Cette étude observationnelle et prospective réalisée dans le service des urgences pour adultes de l’hôpital universitaire de Fort de France a permis de préciser les tableaux cliniques rencontrés et d’en tirer certaines leçons en terme de prise en charge thérapeutique.


Tous les patients présentant une maladie fébrile et un diagnostic confirmé de dengue (identification  de l’acide ribonucléique par RT-PCR) ont été inclus. Une classification rétrospective des cas selon la présentation clinique initiale à l'arrivée aux urgences a ensuite été établie.


Entre janvier 2005 et décembre 2010, 715 patients ont ainsi été recrutés dont 332 hommes, âgés de 14 à 91 ans (médiane 35 ans). 


Une forme grave est documentée dans 332 cas (46,4 %) et résulte soit d’une infection par le sérotype 2, soit est associée à une infection secondaire et en ce cas, tous les sérotypes peuvent être en cause.

Les formes  hémorragiques ou avec un syndrome de choc ont concerné 104 cas sur 332 soit  31,3 %, des saignements graves sont survenus chez 9 patients (2,7 %), et une défaillance d’organe aiguë chez 56 soit 16,9 %. Sept patients de ce groupe avec manifestations sévères sont morts.

Les autres malades avec une atteinte sévère (171 soit  51,5 %) ont présenté des symptômes de malaise général avec pré syncope, une asthénie intense, des symptômes gastro-intestinaux  prolongés et une hypotension. 

Un tel tableau a été retrouvé pendant chacune des différentes épidémies et semble être associé à la déshydratation et la perte d'électrolytes liées à l’intensité de la fièvre et aux difficultés de réhydratation orale. Ces manifestations sont rapidement réversibles en 24 heures sous simple perfusion de solution saline.

Ce groupe de malades n'a pas les caractéristiques d’augmentation de la perméabilité capillaire ou de fuite plasmatique, et se différencie des autres cas sévères chez lesquels une réhydratation peut induire œdèmes, ascite, épanchement pleural et détresse respiratoire aiguë.


En conclusion, la dengue adopte une large gamme de présentations cliniques.

Dans cette série monocentrique, environ la moitié des patients sévères à l’arrivée aux urgences ont récupèré rapidement grâce à une réhydratation intraveineuse.

 

 

Dr Béatrice Jourdain Publié le 01/01/2012

 

Thomas L et coll : Clinical Presentation of Dengue Among Patients Admitted to the
Adult Emergency Department of a Tertiary Care Hospital in Martinique: Implications for Triage, Management, and Reporting. Ann Emerg Med., 2012; 59: 42-50.

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 10:55

 des chercheurs américains viennent de montrer les effets protecteurs pour la moelle osseuse d'une nouvelle bithérapie ».

 

Travaux réalisés par des chercheurs de l'Institut contre le cancer Dana Farber et de l'université de Harvard à Boston, parus dans Science Translational Medicine.

 

« le moyen trouvé par Eva Guinan, Ofer Levy et leurs collègues pour protéger les animaux exposés à une irradiation considérable de 7 grays, consiste à leur administrer pendant deux semaines un antibiotique de la classe courante des fluoroquinolones et une petite protéine antibactérienne appelée BPI ».

 

« Ces produits, destinés à l'origine à neutraliser les effets toxiques des bactéries qui traversent la muqueuse intestinale après exposition à de très fortes doses de rayonnements, s'avèrent capables de protéger aussi la moelle osseuse, premier tissu endommagé par les irradiations »,

 

« à la fin du traitement, 80% des souris étaient encore en vie alors que leurs semblables irradiées et non traitées étaient mortes ».

 

« cette bithérapie est unique sur au moins trois points. D'abord, elle est la seule à pouvoir agir jusqu'à 24 heures après une irradiation de tout le corps, ce qui permet d'envisager son utilisation chez l'homme à la suite d'une attaque ou d'un accident nucléaire ». 

 

« Ensuite, l'antibiotique et la BPI ont déjà fait la preuve de leur innocuité chez l'homme. […] Enfin, ces médicaments peuvent être facilement stockés : un avantage important s'il faut intervenir rapidement auprès d'un grand nombre de victimes »,

 

« Un tel traitement a-t-il une chance d'être utile en dehors de scénarios catastrophes imaginés par les militaires américains ? ».

 

Marc Benderitter, chercheur à l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine), précise : 

 

« Pas pour l'instant, car nous traitons déjà des personnes fortement irradiées en leur injectant dès que possible trois facteurs de croissance des cellules souches de la moelle osseuse. […] 

 

Ce type de traitement aurait probablement été très utile aux liquidateurs les plus irradiés qui sont intervenus dans la centrale nucléaire de Tchernobyl après son explosion en 1986 ».

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 17:12
Treatment of advanced hepatocellular carcinoma with very low levels of amplitude-modulated electromagnetic fields.

AuthorsCosta FP, et al. Show all Journal
Br J Cancer. 2011 Aug 23;105(5):640-8. doi: 10.1038/bjc.2011.292. Epub 2011 Aug 9.

Affiliation
Department of Transplantation and Liver Surgery, Hospital das Clínicas da Faculdade de Medicina, University of São Paulo, Av. Dr. Enéas de Carvalho Aguiar, 255, São Paulo 05403-000, Brazil. fredericoperegocosta@gmail.com

Abstract
BACKGROUND: Therapeutic options for patients with advanced hepatocellular carcinoma (HCC) are limited. There is emerging evidence that the growth of cancer cells may be altered by very low levels of electromagnetic fields modulated at specific frequencies.

METHODS: A single-group, open-label, phase I/II study was performed to assess the safety and effectiveness of the intrabuccal administration of very low levels of electromagnetic fields amplitude modulated at HCC-specific frequencies in 41 patients with advanced HCC and limited therapeutic options. Three-daily 60-min outpatient treatments were administered until disease progression or death. Imaging studies were performed every 8 weeks. The primary efficacy end point was progression-free survival 6 months. Secondary efficacy end points were progression-free survival and overall survival.

RESULTS: Treatment was well tolerated and there were no NCI grade 2, 3 or 4 toxicities. In all, 14 patients (34.1%) had stable disease for more than 6 months. Median progression-free survival was 4.4 months (95% CI 2.1-5.3) and median overall survival was 6.7 months (95% CI 3.0-10.2). There were three partial and one near complete responses.

CONCLUSION: Treatment with intrabuccally administered amplitude-modulated electromagnetic fields is safe, well tolerated, and shows evidence of antitumour effects in patients with advanced HCC.
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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 16:43
Antistaphylococcal and biofilm inhibitory activities of acetyl-11-keto-β-boswellic acid from Boswellia serrata.

AuthorsRaja AF, et al. Show all Journal
BMC Microbiol. 2011 Mar 16
Microbiology Unit, Indian Institute of Integrative Medicine (CSIR), Sanatnagar, Srinagar, 190005, India.

BACKGROUND: Boswellic acids are pentacyclic triterpenes, which are produced in plants belonging to the genus Boswellia. Boswellic acids appear in the resin exudates of the plant and it makes up 25-35% of the resin. β-boswellic acid, 11-keto-β-boswellic acid and acetyl-11-keto-β-boswellic acid have been implicated in apoptosis of cancer cells, particularly that of brain tumors and cells affected by leukemia or colon cancer. These molecules are also associated with potent antimicrobial activities. The present study describes the antimicrobial activities of boswellic acid molecules against 112 pathogenic bacterial isolates including ATCC strains. Acetyl-11-keto-β-boswellic acid (AKBA), which exhibited the most potent antibacterial activity, was further evaluated in time kill studies, postantibiotic effect (PAE) and biofilm susceptibility assay. The mechanism of action of AKBA was investigated by propidium iodide uptake, leakage of 260 and 280 nm absorbing material assays.

RESULTS: AKBA was found to be the most active compound showing an MIC range of 2-8 μg/ml against the entire gram positive bacterial pathogens tested. It exhibited concentration dependent killing of Staphylococcus aureus ATCC 29213 up to 8 × MIC and also demonstrated postantibiotic effect (PAE) of 4.8 h at 2 × MIC. Furthermore, AKBA inhibited the formation of biofilms generated by S. aureus and Staphylococcus epidermidis and also reduced the preformed biofilms by these bacteria. Increased uptake of propidium iodide and leakage of 260 and 280 nm absorbing material by AKBA treated cells of S aureus indicating that the antibacterial mode of action of AKBA probably occurred via disruption of microbial membrane structure.

CONCLUSIONS: This study supported the potential use of AKBA in treating S. aureus infections. AKBA can be further exploited to evolve potential lead compounds in the discovery of new anti-Gram-positive and anti-biofilm agents.
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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 18:53
Les recherches expérimentales sont très encourageantes. 

Transplanter un foie autoconstruit. Inimaginable il y a encore une dizaine d'années ! C'est pourtant l'exploit réalisé l'an dernier par une équipe américaine dirigée par le Pr Uygun Korkut (Harvard Medical School).

L'opération s'est déroulée chez le rat, mais le passage à l'homme pourrait être réalisé avant cinq ans selon les chercheurs.

Mercredi, les Académies de médecine et de chirurgie ont organisé une journée consacrée aux organes autoconstruits pour être transplantés, un défi qui n'est plus du registre de la science-fiction et déjà bien enclenché pour ce qui est notamment du foie.

Détergents 
«Dans un premier temps, le principe est d'utiliser un foie décellularisé de donneur, c'est-à-dire un foie dont on a enlevé toutes les cellules hépatiques. On le fait en perfusant des détergents pas trop agressifs qui laissent intacte la trame vasculaire et la trame biliaire, mais aussi la matrice extra-cellulaire qui entoure normalement les cellules» , explique l'un des spécialistes français de la bio-ingénierie du foie, le Pr  Dominique Franco, chef du service de chirurgie digestive et viscérale à l'hôpital Antoine-Béclère (Clamart). Un peu comme une maison que l'on viderait complètement tout en gardant les murs, les conduites d'eau et l'installation électrique.

Mais avant de pouvoir transplanter ce foie vidé de ses occupants, il faut encore le remplir de cellules capables d'exercer les fonctions normales du foie, les hépatocytes. «La deuxième étape de préparation du foie à transplanter est de le recoloniser avec des cellules du receveur, poursuit le Pr Franco. Or, on est déjà parvenu à une recellularisation, à peu près équivalente à un foie normal, en quelques semaines chez le rat.»

L'objectif est évidemment que l'organisme du receveur ne rejette pas cet organe nouveau. C'est là tout l'enjeu de l'autoconstruction du foie. Pour le Pr Franco, l'idéal pour réensemencer l'organe serait de fabriquer des hépatocytes sains à partir des propres cellules du malade, et de s'en servir ensuite pour recellulariser le foie en préparation : «On aurait alors un foie autoconstruit entièrement compatible.» On est là dans les prouesses de la biologie cellulaire.

Les choses se sont accélérées de façon vertigineuse en matière de création d'organes autoconstruits lorsque l'on s'est aperçu que l'on obtenait une meilleure survie cellulaire en mettant les cellules en culture sur leur lit naturel, autrement dit une matrice spécifique d'organe : «De là est né le concept qu'au fond la meilleure matrice spécifique en trois dimensions pour un organe donné, c'est le squelette de l'organe lui-même», explique le Pr Franco.

Un «mini-foie» greffable 
Certes, le passage du petit au gros animal (dont l'homme) nécessitera de résoudre de nombreux problèmes techniques, mais la preuve de la faisabilité est là. Même avec un «mini-foie» greffable, on peut envisager des applications thérapeutiques décisives.

«Cette technologie pourrait avoir un impact important car l'organe autoconstruit pourra être utilisé pour traiter les patients avec des maladies enzymatiques hépatiques congénitales, et peut-être permettre une recolonisation du foie du malade par des hépatocytes normaux», expliquait récemment le Pr Alejandro Soto-Gutierrez, chercheur au Centre des thérapies régénératives innovantes de l'université de Pittsburgh (États-Unis).

Autre perspective intéressante, la possibilité de suppléer temporairement à une fonction hépatique déficiente, par exemple lors d'une insuffisance hépatique fulminante, en greffant un foie autoconstruit en plus de foie convalescent. «Cela pourrait supplanter les systèmes d'épuration extracorporelle hépatique actuellement utilisés», imagine le chercheur, et aussi redonner espoir aux patients en attente de greffe.
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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 16:49

Il y a plusieurs intérêts potentiels à réaliser des sérologies virales chez des patients présentant des polyarthrites plus ou moins débutantes.

Le premier d’entre eux est diagnostique avec un rôle déclencheur initial de certaines infections virales connu dans différents modèles animaux, et suspecté chez l’homme.

Le deuxième intérêt est de ne pas méconnaitre un facteur de comorbidité et de difficulté thérapeutique potentiel. En France, les virus impliqués sont principalement le parvovirus B19 (PB19), l’hépatite C (HCV), l’hépatite B (VHB), et le virus du SIDA (HIV).


Malgré tout, il n’y a pas de consensus sur ce qu’il faut faire à titre systématique.


Les auteurs ont donc étudié 813 sujets issus de la cohorte française ESPOIR. Celle-ci est constituée de sujets âgées de 48 +/-12,5 ans, ayant une polyarthrite récente, probablement rhumatoïde (PR) (au moins 2 articulations gonflées depuis 6 semaines à 6 mois).


Les sérologies PB19 (IgG et IgM), HCV et HBV, VIH 1 et 2, ont été réalisées chez chaque sujet, pour un coût de 85.05 Euros.

La sérologie PB19 était positive dans 71,2 % des cas (n = 574), mais ceci correspondait à une cicatrice immunologique. Neuf sujets sur les 806 testés étaient potentiellement en phase virale active et 27,7 % des sujets étaient séronégatifs (n = 223).

Au final, le diagnostic a été confirmé en PCR chez seulement 2 patientes (0,25 % des cas). Il s’agissait de femmes de 34 et 40 ans sans aucun signe extra-articulaire orientant vers cette infection à PB19.

Après 4 ans de suivi, aucune n’avait de synovite, d’érosion, de facteur rhumatoïde, et aucune de prenait de traitement de fond. Finalement, le diagnostic retenu était donc une connectivite indifférenciée, possiblement un syndrome de Gougerot-Sjögren.

Les taux de séroprévalences HIV et HCV, respectivement de 0,12 % et de 0,86 %, étaient inférieurs ou comparables à ceux de la population générale française (0,4 % pour le HIV, 0,84 % pour l’HCV) ; ce qui laisse à penser que ces virus ne jouent aucun rôle physiopathologique dans l’apparition de la PR. Les sujets infectés par l’HCV avaient globalement des taux de transaminases supérieurs aux autres (ALAT : 41,5 contre 23,2 UI [p = 0,02] ; ASAT : 39,2 contre 21,83 [p = 0,001]). Cependant seulement 2 patients HVC positif avaient des ASAT ou des ALAT supérieurs à 40.


La séroprévalence pour l’HBV était de 0,12 % et toutes ces infections étaient connues avant l’histoire articulaire

Au total, les auteurs concluent à l’absence d’intérêt diagnostique à la réalisation systématique de sérologies virales PB19, HBV, HCV, HIV, devant une polyarthrite récente.

 

Les auteurs proposent donc de ne réaliser ces sérologies qu’en cas de suspicion clinique, c’est-à-dire principalement si des données d’interrogatoire relèvent un risque d’infection.

 

Ils insistent toutefois sur le fait que ces sérologies doivent être faites systématiquement avant la mise en route d’un traitement de fond immunosuppresseur.

 

Dr Laurent Laloux 

 

Sophie Varache and coll. : is routine viral screening useful in patients with recent-onset polyarthritis of a duration of at least 6 weeks ? Results from a nationwide longitudinal prospective cohort. Arthritis Care and Research. 2011 ; 63 : 1565-1570

Publié le 28/12/2011

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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 16:44

Selon des scientifiques australiens travaillant sur les morsures de serpent, un composé chimique qui est utilisé sur des patients cardiaques peut augmenter les chances de survie des victimes de morsure de serpent.

L'étude a été publiée dans Nature Medicine, Lundi, où les chercheurs ont publié que l'oxyde nitrique chimiques peut ralentir de 50 pour cent le temps qu'il faut au venin de serpent pour entrer dans la circulation sanguine. 

Avec ce temps supplémentaire, les victimes peuvent bénéficier d’une aide médicale, a déclaré l'auteur principal de l’article, Dirk van Helden, professeur agrégé à l'École des sciences biomédicales, à l’Université de Newcastle en Australie.

Helden déclare, "Quand vous êtes mordu par un serpent, les toxines sont de grosses molécules injectées dans les tissus. 

Ces grosses molécules ne peuvent pas pénétrer dans les vaisseaux sanguins, parce qu'elles sont trop grosses. 

Elles sont reprises par le système lymphatique et les font migrer dans les vaisseaux sanguins ... L'idée est de fermer la circulation de la lymphe ... et nous avons essayé, et nous avons nettement ralenti la circulation lymphatique chez les rats et les humains. "

L'équipe a appliqué une pommade contenant de l'oxyde nitrique à l'endroit où les souris ont été injectés avec des doses mortelles de venin de serpent, et a constaté qu'il ralentit considérablement le flux lymphatique. 

Il a été démontré que : «(l’animal) a vécu pendant une heure en moyenne (sans aide), mais lorsque nous avons mis la crème sur, (un autre groupe de souris) l’animal a survécu durant 90 minutes. Si vous pouvez ralentir la lymphe, ceci a un effet très significatif sur la survie. "

Pour tester ce traitement, quinze volontaires humains ont reçu une injection sur le dessus du pied, avec une traçabilité de la substance toxique, qui est physiquement semblable au venin de serpent. 

La pommade eu le même effet sur des volontaires humains, bien que dans ce cas, les participants aient été injectés avec un colorant inoffensif, mais avec des  molécules d'à peu près la même taille que le venin de serpent. 

Les chercheurs ont utilisé une caméra spéciale pour mesurer le temps qu'il a fallu pour que le venin puisse migrer du pied à l'aine. 

Puis, dans une autre étude, ils ont répété l'expérience, avec l'ajout d'un patch de 5 centimètres contenant une pommade de glycérol-nitrate à côté du lieu d'injection. 

Cela a été appliqué dans la minute suivant l'injection. 

"Le temps de transit à l'aine a été trois fois plus élevée lorsque nous avons appliqué la pommade», a expliqué van Helden.

 

Published on June 28, 2011 at 6:10 AM ·

 

 

Par Dr Mandal Ananya, MD

 


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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 16:58

Deux enquêtes menées en Ile-de-France et dans le Nord-Pas-de-Calais révèlent que trop peu d'établissements de santé ont élaboré, à ce jour, un plan de maîtrise des épidémies à bactéries émergentes.

 

Conformément à la circulaire du 6 décembre 2010 relative à la mise en oeuvre de mesures de contrôle des cas importés d'entérobactéries productrices de carbapénèmases, les établissements de santé devaient avoir défini un tel plan avant début avril.

Un groupe de travail du CClin Paris Nord, associant des professionnels de terrain et des représentants de l'agence régionale de santé (ARS) Ile-de-France, a élaboré une maquette de plan afin d'aider les établissements de santé à réaliser le leur.


Une première enquête, menée en juin en Ile-de-France, à laquelle 91 établissements sur 400 ont répondu (soit près de 23 %), a montré que seulement 56 établissements avaient envoyé un plan validé à l'ARS, soit 14 % de l'ensemble des établissements de la région.

Les réunions organisées pour rappeler les mesures à mettre en place ont permis d'augmenter le nombre de plans reçus à l'ARS. Cependant, « le taux de retour reste à ce jour en deçà des 50 % » avec 37 % de réponses à l'ARS et 32 % des établissements ayant envoyé un plan validé.


La prochaine étape consistera en une relance individuelle par les délégations territoriales des établissements ne disposant pas d'un plan valide. Une analyse qualitative du contenu des plans sera effectuée au niveau départemental pour apporter, le cas échéant, des adaptations aux mesures proposées.

Dans le Nord-Pas-de-Calais, une analyse qualitative a été réalisée pour les premiers plans locaux envoyés par les établissements de santé. Sur les 138 établissements concernés, 80 (soit 58 %) ont répondu.

 

Parmi eux, 90 % disposent d'une conduite à tenir en cas d'épidémie et 10 % d'une procédure de mise en place des précautions complémentaires contacts. Plus de 65 % ont réfléchi à la composition de la cellule de crise et à ses missions. Mais seulement 21 % ont identifié géographiquement un secteur de « cohorting » (pour regrouper de manière isolée les patients infectés) et 5 % ont évalué les ressources humaines et matérielles nécessaires à son bon fonctionnement.

 

Enfin, le suivi des patients contacts en cas d'épidémie est informatisé pour 2 % des établissements.


Au final, la moitié des établissements de santé du Nord-Pas-de-Calais n’ont toujours pas envoyé leur plan local de maîtrise d'une épidémie. Et parmi ceux qui l’ont fait, seuls 17 % ont un plan considéré comme conforme pour tous les critères d'analyses définis.

 

 

Amandine Ceccaldi Publié le 27/12/2011

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 16:55

A côté de la fièvre et des diarrhées, les affections cutanées sont méconnues, mais pourtant responsables de 10 % des consultations au retour du voyage.


Parmi 34 162 voyageurs revenant de pays tropicaux et non tropicaux et se présentant à une consultation spécialisée de l’Université de Munich entre 1999 et 2009, 4 158 (12,2 %) ont été diagnostiqués avec des affections cutanées. Les principales destinations visitées étaient l’Asie (40 %), l’Afrique (27 %) et l’Amérique Latine (21 %), majoritairement (47 %) au cours d’une randonnée ou d’un voyage « d’aventure ». Les principales étiologies étaient bactériennes (22 %), helminthiques (11 %), en rapport avec des arthropodes (23 %), ou des protozoaires (6 %), virales (6 %), allergiques (5 %) et fongiques (4 %).


Les différents agents étiologiques étaient associés à des destinations spécifiques : les piqûres d’insectes (17 % des cas) étaient significativement plus élevées au retour d’Europe du Sud, le larva migrans cutané (8 %) au retour d’Asie et Amérique latine, la leishmaniose cutanée (2,4 %) au retour de la Méditerranée ou du Moyen-Orient, la dengue (1,5 %) au retour d’Asie et les rickettsioses (1,3 %) au retour d’Afrique australe. La filariose, la schistosomiase et la tungose (infection de la puce chique), plus rares, correspondaient à un retour d’Afrique, les piqûres de tiques d’Europe de l’Est, et les myases d’Amérique centrale. Les infections bactériennes (21,6 %) étaient majoritairement des pyodermites à germes Gram positifs.


Le risque relatif [RR] de contracter une affection cutanée était le plus élevé au retour d’Afrique Centrale (RR = 8), d’Afrique de l’Ouest (RR = 6,92), d’Afrique de l’Est (RR = 4,88), et d’Amérique Centrale (RR = 3,62). La durée de voyage pouvait être associée à certains pathogènes, mais la destination était un facteur confondant empêchant d’interpréter cette corrélation.


Cette étude démontre que plus de 20 % de toutes les affections de la peau chez les voyageurs au retour étaient causées par des arthropodes et environ 50 % par des agents infectieux. La prévention de ces infections est possible par des mesures de précaution simples. Les consultations des voyageurs devraient donc prendre en compte le risque important d’infection cutanée et inclure des conseils de prophylaxie spécifiques aux agents pathogènes en fonction de la destination annoncée.

 

 

Dr Muriel Macé Publié le 27/12/2011

 

Herbinger KH et coll. : Skin disorders among travellers returning from tropical and non-tropical countries consulting a travel medicine clinic. Trop Med Int Health 2011 (16) n°11 : 1457-1464.

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