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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 11:55

Les symptômes principaux de la fibromyalgie (FMS) regroupent : 

douleurs chroniques, 

dysfonctionnement cognitif, 

troubles du sommeil, 

fatigue.


Les malades ont souvent un handicap, une mauvaise qualité de vie et sont de grands consommateurs de soins médicaux.


Les causes de la maladie sont inconnues et le traitement reste symptomatique.


Alors que les sociétés savantes américaines et allemande recommandent l’utilisation de traitements pharmacologiques et non pharmacologiques, l’EULAR (European League Against Rheumatism) recommande fortement les thérapeutiques médicamenteuses et très peu les thérapies non pharmacologiques .


Toutes ces recommandations manquent cependant cruellement d’études comparatives sur lesquelles s’appuyer.
 
Les auteurs de ce travail suisse ont réalisé une méta-analyse à partir des bases de données MEDLINE, PsycINFO, Scopus, the Cochrane Controlled Trials Registry et the Cochrane Library, et colligés tous les essais thérapeutiques randomisés menés chez des malades fibromyalgiques jusqu’au 31 décembre 2011.

 

Au total, 102 essais (14 982 malades) ont été répertoriés. 

Dans la totalité de ces essais, 8 traitements  étaient utilisés : 

antidépresseurs tricycliques (ATC), 

inhibiteurs sélectifs du recaptage de la noradrénaline (IRSN), 

inhibiteurs de recaptage de la sérotonine (ISRS), 

acide gamma-amino-butyrique (prégabaline, 

GABA), 

aérobic, 

balnéothérapie, 

thérapie cognitivo-comportementale (TCC), 

multithérapie. 

 

Les critères d’évaluation principaux étaient la douleur et la qualité de vie. 

 

Les critères secondaires : le sommeil et la fatigue.

 

La plupart des essais étaient de petites tailles (médiane 69 malades ; 14 à 1 196) et l’hétérogénéité inter études était importante (τ2 : 0,10 (intervalle de confiance à 95 % de 0,06 à 0,17). 

 

En réduisant l’analyse aux essais menés sur plus de 100 malades par groupe, l’hétérogénéité disparaissait.

 

Des traitements pharmacologiques se sont avérés supérieurs aux placebos sur la douleur et la qualité de vie mais de manière non significative (ISRS et ATC), ou significative mais cliniquement discutable (IRSN et GABA).

 

Parmi les interventions non pharmacologiques, la multithérapie, l’aérobic et la TCC avaient une efficacité légèrement meilleure, mais de façon non significative, comparativement au placebo.

 

En conclusion, les preuves d’efficacité des divers traitements proposés actuellement dans la fibromyalgie restent plus que limitées.

 

 

Dr Juliette Lasoudris Laloux Publié le 09/08/2012

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 09:51
Original Article

Leukemia (2012) 26, 1870–1878; doi:10.1038/leu.2012.70; published online 20 April 2012

Myeloma

Curative one-shot systemic virotherapy in murine myeloma

S Naik1, R Nace1, M J Federspiel1, G N Barber2, K-W Peng1 and S J Russell1,3

1Department of Molecular Medicine, Mayo Clinic College of Medicine, Rochester, MN, USA
2Department of Medicine and Sylvester Comprehensive Cancer Center, University of Miami School of Medicine, Miami, FL, USA
3Division of Hematology, Department of Medicine, Mayo Clinic, Rochester, MN, USA
Correspondence: Dr SJ Russell, Department of Molecular Medicine, Mayo Clinic College of Medicine, 200 First Street SW, Rochester, MN 55905, USA. E-mail: sjr@mayo.edu

Received 11 January 2012; Revised 20 February 2012; Accepted 22 February 2012
Accepted article preview online 19 March 2012; Advance online publication 20 April 2012

Top of page
Abstract
Current therapy for multiple myeloma is complex and prolonged. Antimyeloma drugs are combined in induction, consolidation and/or maintenance protocols to destroy bulky disease, then suppress or eradicate residual disease. Oncolytic viruses have the potential to mediate both tumor debulking and residual disease elimination, but this curative paradigm remains unproven. Here, we engineered an oncolytic vesicular stomatitis virus to minimize its neurotoxicity, enhance induction of antimyeloma immunity and facilitate noninvasive monitoring of its intratumoral spread. Using high-resolution imaging, autoradiography and immunohistochemistry, we demonstrate that the intravenously administered virus extravasates from tumor blood vessels in immunocompetent myeloma-bearing mice, nucleating multiple intratumoral infectious centers that expand rapidly and necrose at their centers, ultimately coalescing to cause extensive tumor destruction. This oncolytic tumor debulking phase lasts only for 72 h after virus administration, and is completed before antiviral antibodies become detectable in the bloodstream. Antimyeloma T cells, cross-primed as the virus-infected cells provoke an antiviral immune response, then eliminate residual uninfected myeloma cells. The study establishes a curative oncolytic paradigm for multiple myeloma where direct tumor debulking and immune eradication of minimal disease are mediated by a single intravenous dose of a single therapeutic agent. Clinical translation is underway.

Keywords: oncolytic virotherapy; multiple myeloma; vesicular stomatitis virus; intravenous; immunotherapy
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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 10:25
Identifiée à Paris chez un malade français de retour du Togo, cette découverte impose d’élargir le dispositif de surveillance épidémiologique.

Trente ans après son émergence dans la communauté homosexuelle américaine le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) continue de passionner les spécialistes de virologie. Une équipe française vient d’en apporter la démonstration. Cette équipe est dirigée par le Pr François Simon (service de  microbiologie, Inserm, Hôpital Saint-Louis, Paris) et ses confrères du laboratoire du CHU de Rouen associé au Centre national de référence du VIH  basé au CHU de Tours. Leurs résultats sont publiés dans l’édition datée du 26 novembre de l’hebdomadaire britannique The Lancet.

Rapport sexuel au Togo

Cette équipe avait initialement intriguée par le cas d’un homme âgé de 57 ans vivant en France. A la fin du mois de janvier dernier il avait été pris en charge en urgence à l’hôpital parisien en présentant une série de symptômes (fièvre, ganglions, ulcérations génitales) huit jours après son retour d’un voyage au Togo. Lors de l’interrogatoire le patient fit état d’un rapport sexuel avec une femme togolaise et un diagnostic d’infection par le VIH fut alors évoqué ; puis confirmé par différentes techniques sérologiques.


Paralysie faciale

Début février le malade développa une paralysie faciale et différents examens complémentaires furent alors pratiqués. Les résultats obtenus laissèrent alors penser aux biologistes que contrairement à ce qu’ils avaient initialement supposé ils étaient confrontés à une souche de VIH différente de celles qui sont habituellement rencontrées.

Les spécialistes ont au fil du temps appris à distinguer deux principaux types de virus du sida : le VIH-1 (très largement prédominant depuis trente ans) et le VIH-2 (découvert en Afrique de l’Ouest et peu fréquent). Le groupe VIH-1 est divisé en trois types : le M (ou major group  archi-majoritaire tenu pour être à l'origine de la pandémie) et deux autres rarissimes : le O (outlier group) et le N (non-M, non-O) . Un quatrième type désigné (le P) a aussi été identifié en 2009 par une équipe française chez une personne originaire du Cameroun et vivant en France.

Puissante association de cinq médicaments antirétroviraux

Les recherches de génétique virologiques menées sur les prélèvements biologiques du malade français ont permis d’identifier un sous-type N (déjà dénommé N1.FR.2011). L’infection n’a chez lui pu être progressivement contrôlée que grâce à la puissante association de cinq médicaments antirétroviraux (tenofovir, emtricitabine, darunavir/ritonavir, raltegravir et maraviroc).

Le groupe N est  génétiquement le virus du sida le plus proche d’un virus voisin (ou SIV) isolé chez des chimpanzés vivant à l’état sauvage. Il a initialement été identifié en 1998 chez une Camerounaise atteinte du sida. Tout laissait jusqu’à présent penser qu’il était circonscrit au Cameroun. Des recherches menées dans ce pays sur plus de 12 000 personnes infectées par le VIH n’avaient toutefois permis de le retrouver que dans  douze cas, dont les membres de deux couples.

Franchi les frontières du Cameroun

Pour les auteurs de la communication du Lancet  il ne fait guère de doute que la contamination du malade français s’est produite au Togo lors d’une ou plusieurs relations sexuelles non protégées. Ce qui sous-entend que se virus a d’ores et déjà franchi les frontières du Cameroun. Loin d’être une simple observation virologique cette découverte est importante dans la mesure où ce type de virus semble particulièrement agressif déclenchant une infection d’évolution rapide et réclamant d’emblée une puissante association médicamenteuse suivie de soins spécialisés adaptés. Les actuelles méthodes standards de dépistage ne semblent d’autre part pas pleinement adaptées à ce nouveau profil virologique.

Cette découverte nécessite d’ores et déjà un renforcement de la veille épidémiologique spécialisée. Cette veille assurée en France devrait aussi être mise en œuvre dans les différents pays d’Afrique de l’Ouest où ce nouveau type de virus est, outre le Cameroun et le Togo, susceptible de circuler et où sa transmission étant elle aussi assurée lors des relations sexuelles non protégées voire par l’intermédiaire de transfusions sanguines. 

Jean-Yves Nau
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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 10:22
Une progression de la résistance du VIH aux traitements antirétroviraux en Afrique australe et de l’Est est observée depuis quelque temps. Un phénomène qui menace les progrès obtenus ces dernières années dans la lutte contre la pandémie.


C’est une mauvaise nouvelle. Et c’est curieusement  une mauvaise nouvelle dont on parle peu à Washington, où se tient la 19e Conférence internationale sur le sida.

Une réunion hautement médiatisée, où l’accent est exclusivement mis —pour des raisons plus politiques que médicales— sur les progrès dans la lutte et la perspective rêvée d’une hypothétique éradication.

Cette mauvaise nouvelle concerne les médicaments antirétroviraux. Ces derniers ont commencé à être utilisés avec un très grand succès, il y a aujourd’hui douze ans, en Amérique du Nord et en Europe.

Puis, ils ont progressivement été introduits dans les pays les plus touchés par l’épidémie, en Afrique tout particulièrement.

Selon les derniers chiffres d'Onusida, en 2011, huit millions de personnes ont reçu des traitements antirétroviraux dans les pays en développement, soit vingt-six fois plus qu'en 2003.

Ce progrès sanitaire majeur a été obtenu grâce aux pressions multiformes exercées contre les multinationales pharmaceutiques productrices de ces médicaments.

Trop de médicaments tuent le traitement

Les progrès obtenus en Afrique ont permis de réduire fortement le nombre de décès prématurés dans les pays où vivent 90% des personnes séropositives et où se contractent 97% des nouvelles infections qui surviennent aujourd’hui dans le monde (soit environ trois millions par ans).

Les spécialistes de virologie savaient, dès le départ, que cette utilisation massive de médicaments antirétroviraux exposait à un risque considérable: celui de voir émerger et se répandre des souches de VIH résistantes à des molécules qui étaient jusqu’alors capables de le détruire.

C’est précisément cette situation, redoutée par tous, qui commence à être observée dans différentes régions du continent africain.

Les dernières informations en date viennent d’être publiées par l’hebdomadaire médical anglais The Lancet.

Le travail a été coordonné par les Drs Silvia Bertagnolia (Organisation mondiale de la Santé) et Ravindra Gupta (University College de Londres).

Il a été cofinancé par la fondation Bill & Melinda Gates et l'Union européenne.

Les chercheurs ont repris tous les travaux (près de deux cents) conduits sur ce thème et publiés entre janvier 2001 et juillet 2011.

Au total ces travaux avaient été menés auprès de 26.102 personnes âgées de plus de 15 ans, infectées et traitées dans différents pays d’Afrique subsaharienne, d’Asie et d’Amérique latine. Et les différences observées sont majeures.


Les traitements de qualité inaccessibles

Ainsi, en Afrique de l’Est, la résistance a cru au rythme de 29% par an, pour atteindre une prévalence de 7,4% au bout de huit ans (contre 1% au départ).

En Afrique australe, la croissance des résistances a atteint 14% par an, avec une prévalence passant de 1% à 3% au bout de six ans.

A l’inverse les phénomènes de résistance sont restés stables en Amérique du Sud, mais aussi en Afrique centrale.

«Cette résistance pourrait menacer une tendance à la baisse des décès et des pathologies liés au sida au cours de la décennie écoulée dans les pays à bas et moyens revenus», estiment les Drs Sylvia Bertagnolia et Ravindra Gupta.

Ces deux spécialistes estiment également que, en dépit des chiffres d’augmentation des résistances du VIH, les nouvelles données «ne sont pas surprenantes», dès lors que l’on «tient compte de l'énorme expansion des traitements antirétroviraux dans les pays à bas et moyens revenus».

Ces résistances sont la conséquence de mutations génétiques survenant dans une souche du VIH-1, la rendant insensible à une catégorie de médicaments antirétroviraux (les «inhibiteurs non-nucléosidiques de la transcriptase inverse» du VIH).

Or, ces médicaments sont des traitements utilisés en première intention (en «première ligne») chez les personnes infectées et notamment chez les femmes enceintes séropositives, pour éviter qu’elles puissent transmettre la maladie à leur enfant.

Il existe, certes, des traitements de «seconde ligne» qui demeurent efficaces, mais qui sont nettement plus coûteux; et, en l’état du marché, inaccessibles dans les pays les plus pauvres.

La contrebande médicamenteuse n'aide en rien

Comment enrayer la progression de ce phénomène? En invitant les autorités sanitaires des pays concernés à mieux surveiller les cas de résistance, à sécuriser les circuits d'approvisionnement pour éviter les ruptures de stock et les interruptions de traitements qui stimulent la résistance.

Sans doute importerait-il aussi de lutter efficacement (de manière drastique) contre la contrebande médicamenteuse, un phénomène régulièrement sous-estimé (quand il n’est pas passé sous silence) dans les milieux onusiens et les organisations internationales.

En France, l’association de lutte contre le sida Aides a immédiatement réagi à la publication de cette étude pour appeler les pays du Nord à accroître leurs financements dans la lutte contre la pandémie, afin de permettre aux pays du Sud d'avoir un accès à des traitements de qualité de «seconde» et «troisième» ligne.

«Nous devons cesser de proposer des traitements aux malades du Sud que plus personne n'oserait prescrire dans les pays du Nord, a indiqué Bruno Spire, président de Aides. C'est à la fois indécent sur le plan éthique et dangereux sur le plan de la santé publique. Cette étude vient de le confirmer.»

L’émergence de souches virales résistantes ne concerne nullement les seuls pays africains aujourd’hui touchés.

Depuis trente ans l’histoire et l’épidémiologie du sida ont amplement et dramatiquement démontré que tous les pays sont directement concernés par le VIH, cet agent pathogène transmissible par voie sanguine ou sexuelle et qui, de ce fait, se joue des frontières comme des latitudes.    

Jean-Yves Nau
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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 19:03
Une relation entre infection et obésité est un concept qui aurait été considéré avec dédain il y a quelques décennies.

Plus maintenant.

La médecine ayant montré depuis le rôle déterminant de certains agents infectieux dans une liste de maladies chroniques.

Faut-il maintenant ajouter l'obésité à cette liste ?

Le Pr Dhurandar du laboratoire « infection et obésité » en Louisiane, USA, a essayé de répondre à cette question en passant en revue les 60 articles publiés depuis 1990 (dont 45 durant les 5 dernières années)
Quelles sont les conclusions de cette revue?

1. Les adénovirus, qui font partie des virus responsables d'infections respiratoires, et en particulier la souche Ad-36, semblent être actuellement les seuls virus qui aient été associés à l'obésité.

2. Dans les modèles animaux, l'infection expérimentale de certains animaux (poulets, souris, primates...) montre une association significative entre l'infection à Ad-36 avec une prise de poids et de la masse grasse (60 % en moyenne), association ne pouvant être expliquée par des variations dans l'apport alimentaire. Cette réponse varie selon les espèces. Une étude longitudinale chez les singes rhésus a permis de montrer que l'infection naturelle à Ad-36 est associée à une prise de poids de 15 %.

3. Chez l'homme, déterminer l'action de Ad-36 sur l'obésité est plus difficile car il n'est pas possible, pour des raisons éthiques, de pratiquer des études contrôlées. Toutefois on a pu constater rétrospectivement que les personnes ayant été infectées naturellement par Ad-36 (séropositives) sont statistiquement plus souvent obèses que les personnes non infectées (séronégatives).

Un autre travail intéressant a étudié les conséquences d'une infection par le virus Ad-36 naturelle et discordante chez des vrais jumeaux (28 paires). Les jumeaux séropositifs ont pris plus de poids et « de gras » que leurs homologues séronégatifs.

Bien que cette augmentation soit statiquement significative elle reste faible (1,4 point d'IMC et 2,1 % de graisse corporelle).

En conclusion, les études actuelles sont manifestement en faveur d'un rôle adipogénique d'Ad-36 chez l'animal.

Chez l'homme on constate seulement que l'infection naturelle par Ad-36 serait associée à une augmentation du poids et de la masse grasse.

Sachant qu'une association n'est pas une preuve de causalité, surtout dans une maladie aussi complexe et multifactorielle que l'obésité humaine, la contribution des adénovirus et de Ad-36 à la prise de poids et son ampleur restent imprécises chez l'homme.

Faute d'études contrôlées, des études longitudinales pourraient aider à clarifier le problème dans l'avenir. Une éventuelle causalité ouvre la voie à une possible prévention par un vaccin.

Dhurandhar NV et coll. : Is obesity caused by an adenovirus? Expert Rev Anti Infect Ther., 2012 ; 10 : 521-524.


03/08/12
Dr Rodi Courie
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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 12:08

L’éminent climatologue considère Copenhague comme “la voie du désastre”.

James E. Hansen n’a jamais eu sa langue dans sa poche. 

En 1988, le chercheur du Goddard Institute for Space Studies (GISS), une agence de la Nasa, provoque un cataclysme dans les milieux scientifiques en déclarant que l’activité humaine est l’une des composantes du réchauffement climatique. 

Plus de 20 ans plus tard, le "grand-père du climat" boude la conférence de Copenhague: "Si c’est encore un truc du genre de Kyoto, alors cela va prendre des années avant que l’on ne comprenne ce que ça veut dire".

Au lieu de se mêler aux officiels dans la capitale danoise, il publie son premier livre, à 68 ans. 

"Parce que le climat est une histoire complexe, et qu’elle peut être manipulée". 

Il dénonce le "greenwash", la grande lessive verte, le fait que "les pouvoirs politiques choisissent les bons mots mais qu’ils ne sont pas suivis des bonnes actions". 

La réduction des émissions polluantes est à ses yeux une demi-mesure: 

"C’est une question analogue à l’esclavagisme sous Lincoln ou au nazisme face à Churchill. 

On ne peut pas dire, réduisons l’esclavage de 50 % ou de 40 %. 

Sur ce genre de problème, il n’y a pas de compromis possible. 

Quant au système de "cap and trade", il ressemble aux indulgences de l’Eglise catholique au Moyen-Age. 

Les prêtres récupéraient beaucoup d’argent et les pécheurs étaient pardonnés. 

Les deux parties étaient satisfaites de l’arrangement malgré son absurdité. 

C’est exactement ce qu’il se passe maintenant".

Pour lui, le seul remède valable à la crise climatique est de mettre en place la taxe carbone et de se préparer dès aujourd’hui à l’abandon des énergies fossiles, dont le charbon.

 

Ses positions tranchées irritent toujours, jusque dans son propre camp. 

La semaine dernière, le prix Nobel d’économie Paul Krugman, normalement fan du climatologue, critiquait "sa croisade mal avisée contre le "cap and trade", qui reste la seule forme d’action contre les émissions de gaz à effet de serre que nous sommes encore capables de prendre avant que la catastrophe soit inévitable".

Rempli de convictions, le climatologue en chef de la Nasa n’en est pas à sa première prise de bec. Dans les années 90, l’expert conclut que le protocole de Kyoto n’est pas suffisant pour éviter les dommages de l’effet de serre. 

Il prend donc son bâton de pèlerin dans une Amérique de George W. Bush hermétique. 

S’en suit une vive polémique, quand James E. Hansen accuse l’administration républicaine de museler les scientifiques qui démontrent le rôle de l’homme sur le réchauffement climatique. 

Dans la foulée, l’éminent chercheur devient militant. 

Cette année, il a été arrêté avec un groupe qui protestait contre l’exploitation du charbon sur les sommets des Appalaches.

 

Il n’épargne pas l’administration Obama au passage. "Je suis déçu du fait qu’il ne prenne pas une position plus ferme. Il laisse les politiciens à Washington décider à sa place, or, les lobbys industriels y sont tellement influents que ça ne peut pas marcher".

 

Ce pionnier de la lutte contre le réchauffement climatique sait que le combat n’est pas terminé. 

Traité pour un cancer de la prostate, il a mis la touche finale à son premier livre, dont la publication aux Etats-Unis coïncide avec la conférence de Copenhague. 

Dans "Storms of my Grandchildren: The Truth about the Coming Climate Catastrophe and Our Last Chance to Save Humanity"(*), il enfonce le clou encore une fois, comme il l’avait fait il y a 20 ans, mais plus fort encore. 

Le temps presse pour lui, et pour les générations futures: "Je ne veux pas qu’un jour mes petits-enfants disent que grand-père comprenait ce qui se passait mais ne l’a pas dit clairement".

 

Stéphanie Fontenoy, à New York

 

(*) "Les tempêtes de mes petits-enfants: la vérité sur la prochaine catastrophe climatique et notre dernière chance pour sauver l’humanité"

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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 17:03
LE MONDE SCIENCE ET TECHNO Raphaëlle Maruchitch et Anuliina Savolainen (à Tbilissi)25.07.12 | 10:20
Une date d'opération était programmée pour l'amputation du pied droit de Caroline Lemaire. Sa jambe devait être coupée à 12 cm au-dessous du genou. "J'ai même eu la prothèse dans les mains", se souvient-elle. C'était en 2008. Pourtant, cette jolie femme de 43 ans a toujours son pied aujourd'hui. Elle a eu la chance de bénéficier d'une thérapie utilisée dans le passé : la phagothérapie.

Alors que l'âge d'or des antibiotiques semble être révolu, cette ancienne thérapie suscite de nouveaux espoirs. Elle consiste à utiliser les phages, virus naturels des bactéries, dans certains cas d'antibiorésistance. Ce traitement a connu ses premiers succès dans les années 1920. Mais les phages, plus précisément les bactériophages, ont sombré dans l'oubli avec l'avènement de l'antibiothérapie, au milieu des années 1940.

Seuls certains pays de l'Est, notamment la Géorgie, ont continué à les utiliser. C'est d'ailleurs à Tbilissi que les médecins se sont approvisionnés en bactériophages pour soigner Caroline Lemaire. Le docteur Dublanchet, microbiologiste, ancien chef de service au centre hospitalier de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), s'emploie aujourd'hui à promouvoir la phagothérapie. Il a entraîné dans son combat le professeur Olivier Patey, infectiologue, chef de service toujours en exercice à Villeneuve-Saint-Georges. C'est dans cet établissement que Caroline Lemaire a été prise en charge, en 2008, alors qu'elle s'apprêtait à se faire amputer.

Son calvaire débute en 1995, quand elle se luxe trois os du pied lors d'une grave chute. Au cours de son hospitalisation, elle contracte un staphylocoque doré. L'Augmentin, un antibiotique couramment utilisé, ne fonctionne pas et la plaie met plus d'une année à se refermer. Elle boite, souffre ; les complications s'enchaînent. "On a commencé à me parler d'amputation en 2003", se souvient-elle. Hors de question. Le calvaire continue, le pied ne cicatrise pas et, quatre ans plus tard, elle développe un DRESS (syndrome d'hypersensibilité médicamenteuse) dû aux antibiotiques, pendant que l'on tente une nouvelle fois de la traiter. Cette fois-ci, l'amputation n'est plus juste une option. C'est à ce moment qu'un ami la met en contact avec l'hôpital de Villeneuve-Saint-Georges. Le docteur Dublanchet et le professeur Patey vont identifier les bactéries responsables de son infection et trouver les phages, commercialisés dans les pays de l'Est, qui la soigneront.

IMAGE DE VIEILLE MÉDECINE

Car, actuellement, il n'existe plus de phages thérapeutiques officiels en Occident. La phagothérapie souffre d'une image de vieille médecine et se heurte à beaucoup de scepticisme. Pourtant, depuis 2006, la Food and Drug Administration (l'administration américaine des produits alimentaires et médicamenteux) a autorisé l'usage de produits basés sur les phages en agroalimentaire. Le Listex, par exemple, une préparation hollandaise de phages qui s'attaquent aux bactéries responsables de la listériose, a été approuvé aux Etats-Unis, au Canada, et est potentiellement utilisable en Europe. "La démarche actuelle est plutôt d'essayer de rechercher des nouveaux mécanismes d'action pour les antibiotiques plutôt que de s'orienter vers des thérapies nouvelles", estime un médecin qui travaille au sein d'un service de maladies infectieuses.

Christian Perronne, chef de service à l'hôpital Raymond-Poincaré à Garches, président de la Fédération française d'infectiologie, a quant à lui redécouvert la phagothérapie grâce au professeur Patey. "Il m'a montré ce qu'il avait fait avec le docteur Dublanchet et j'ai été impressionné par les résultats." Il se dit "convaincu que, dans le cas de certaines infections osseuses difficiles à traiter, la phagothérapie pourrait jouer un rôle important".

Alain Dublanchet, Olivier Patey et Alain Asselineau, chef de service de chirurgie orthopédique et traumatologique à Villeneuve-Saint-Georges, se sont justement penchés sur le cas de plusieurs patients, atteints d'infections ostéo-articulaires, présentant des bactéries multirésistantes aux antibiotiques. Les résultats qu'ils décrivent sont épatants : tous les patients ont guéri. Le docteur Dublanchet compte personnellement "plusieurs dizaines de patients à [son] actif". "Mon objectif est de traiter les infections graves avec des phages, comme compléments aux antibiotiques, explique-t-il. Jusqu'ici, je n'ai pas déclaré l'importation des phages rapportés de Géorgie et de Russie, ni demandé d'autorisation. Je suis extrêmement prudent car on m'attend au tournant."

Les phages ont été employés en Occident et ont figuré dans le Vidal, dictionnaire des médicaments le plus connu, jusque dans les années 1970, mais aucune étude clinique n'a jamais été menée. Pourtant, à Tbilissi, l'Institut Eliava n'a jamais cessé son activité. Toute la production des phages de l'Union soviétique était concentrée ici. Aujourd'hui, l'Institut ne reste fonctionnel que grâce au soutien de structures occidentales et de l'Etat géorgien. Enfant, le président géorgien a lui-même été soigné avec succès par des phages, raconte Revaz Adamia, le directeur d'Eliava. "L'utilisation des phages est complètement sans danger. Nous ne faisons que prendre dans la nature quelque chose qui y existe déjà et le multiplier", souligne-t-il.

Les employés vont chercher des phages dans la rivière proche, vers l'évacuation des eaux usées. On l'aura compris : les phages se trouvent là où pullulent les bactéries. Les collections de phages de cet institut seraient les plus importantes du monde, et parmi les collections bactériennes qu'on utilise pour cultiver les phages se trouvent les redoutables Staphylococcus aureus (staphylocoques dorés) ou les Yersinia pestis, responsables de la peste...

BOUILLON DE BACTÉRIES

Ce n'est sûrement pas par hasard que les Américains s'y intéressent aujourd'hui. La Defense Threat Reduction Agency (DTRA), fondée dans le but de "protéger les Etats-Unis et ses intérêts des armes de destruction massive", a investi dans la rénovation du bâtiment principal d'Eliava et des laboratoires et finance plusieurs projets scientifiques, notamment sur les bactériophages contre le choléra. La partie rénovée brille, à l'image de la Maison Blanche, mais c'est dans l'autre partie que se trouve le laboratoire de la professeure Zemfira Alavidze, chercheur principal au sein de l'institut depuis quarante-cinq ans. Dans les couloirs sombres, les murs sont rayés par des traces de dégâts des eaux et la peinture verdâtre s'écaille. Zemfira Alavidze est spécialisée dans la sélection de phages spécifiques de bactéries de la famille des staphylocoques. Y compris les souches de Staphylococcus aureus, résistantes à la plupart des antibiotiques, qui avaient failli causer l'amputation du pied de Caroline Lemaire.

Zemfira Alavidze saisit une boîte de Petri dans laquelle est étalé un bouillon de bactéries. Elle y applique ensuite des gouttes contenant différentes souches de phages. Quelques heures plus tard, on peut déjà constater des trous clairs dans le tapis de bactéries : à ces endroits, les phages ont détruit les staphylocoques. "J'ai trois enfants et trois petits-enfants, et nous nous sommes toujours soignés avec les phages. En Géorgie, les antibiotiques n'ont pas été utilisés en masse, ce que je considère comme une bonne chose. Aujourd'hui, on peut voir à quel point les bactéries sont devenues résistantes en Occident", explique la scientifique. Des cocktails de phages sont vendus dans la pharmacie de la clinique où l'on fait des diagnostics. Les Géorgiens y font la queue tous les matins pour se faire prélever des échantillons et trouver les phages correspondant à leur infection, telles les otites ou les angines. Ici, la vieille cure n'a pas été oubliée !

Alain Dublanchet est lui aussi persuadé que la phagothérapie fonctionne. Mais il est également certain que cela ne peut se faire dans l'approximation et que la réintroduction doit être encadrée afin de ne pas reproduire les erreurs qui ont été faites avec le mésusage des antibiotiques. "Les phages connaissent récemment un effet de mode", analyse le microbiologiste. "J'ai tendance à tempérer tous ces élans. Il est tellement facile de préparer des phages ! Cela pourrait conduire à des ennuis supérieurs à ceux que nous avons connus avec les antibiotiques. C'est notamment pourquoi nous sommes en train de constituer le Centre français d'étude de la phagothérapie (Cefep), pour définir des protocoles, des procédures d'utilisation ; en bref, un bon usage des phages." La première réunion constituante du centre a eu lieu le 6 juin, avec entre autres des représentants d'associations de patients, des infectiologues et des microbiologistes...

Son objectif est d'obtenir une autorisation temporaire d'utilisation (ATU) nominative. Les ATU sont notamment utilisées lorsque l'efficacité et la sécurité d'emploi des médicaments en question sont présumées, en l'état des connaissances scientifiques. Car, pour le moment, le docteur Dublanchet et le professeur Patey ont cessé de traiter des patients. "Nous avons relancé la machine, mais nous ne voulons pas continuer à bidouiller comme ça", commente le professeur Patey.

Les phages ne peuvent plus se passer d'études cliniques et d'autorisations de mise sur le marché pour être commercialisés. Ils doivent emprunter le même chemin que s'ils étaient de toutes nouvelles molécules, jamais testées sur l'homme. Une question parlementaire avait d'ailleurs été émise à ce sujet, en 2011, demandant si le cadre réglementaire européen actuel pour les médicaments pouvait être modifié en vue de l'adoption en Europe de la phagothérapie. La Commission, dans sa réponse, a argué que "les bactériophages peuvent être réglementés au même titre que n'importe quel médicament" et que "si la substance active est une substance biologique qui est produite à partir d'une source biologique ou en est extraite, des exigences spécifiques sont requises dans le dossier d'autorisation de mise sur le marché".

RÉSULTATS EXCELLENTS

Or, les phages sont des virus, à la frontière du vivant, et ils n'entrent pas dans la définition de "substance biologique produite ou extraite d'une source biologique". La députée européenne Catherine Trautmann, à l'initiative de la question parlementaire, se dit déçue par la réponse. "Nous restons bizarrement bloqués par une vision clinique du médicament, alors qu'il faut penser processus thérapeutique." Mener des essais cliniques sur les phages, c'est justement ce à quoi s'emploie Laurent Debarbieux, chargé de recherche à l'Institut Pasteur de Paris. Il est l'un des seuls chercheurs en France à travailler sur leur utilisation dans un but thérapeutique. Il y a six ans, il est tombé sur un article intitulé "Stalin's forgotten cure" qui traitait de l'usage des phages fait en Europe de l'Est. Sa curiosité a été piquée, et les phages thérapeutiques sont devenus son sujet de recherche. "Mon objectif est de mettre en place des expériences rigoureuses", résume-t-il. Il travaille notamment sur l'utilisation des phages pour traiter les infections pulmonaires, comme celles dues à la mucoviscidose. Les poumons "présentent l'avantage d'un accès rapide au site infectieux par les voies respiratoires, au moyen d'un aérosol", détaille Laurent Debarbieux.

Les tests ont été effectués sur des souris sauvages, infectées par une dose létale de bactéries au niveau des poumons puis traitées avec des phages. Les résultats obtenus sont excellents - toutes les souris qui ont reçu des phages ont guéri, les autres sont mortes. L'étape suivante permettra de réaliser les tests chez des souris qui ont la mucoviscidose. Il est aussi prévu que des essais soient menés sur des crachats de patients atteints de mucoviscidose, en partenariat avec trois établissements hospitaliers. Le chercheur n'est pas le seul à trouver les résultats prometteurs. De son côté, le professeur Patey est en passe de commencer des essais précliniques sur des modèles animaux.

Pour avoir une chance de voir les phages commercialisés, il est nécessaire que les industriels investissent. Or, les phages, issus de la nature, ne sont pas brevetables. Pherecydes Pharma, start-up opérationnelle depuis 2007, s'est penchée sur le développement de cocktails de phages qui, eux, sont brevetables. Trois cocktails sont en préparation : le premier, destiné aux infections de la peau, est en essais précliniques. Le deuxième est voué à combattre les infections respiratoires provoquées par les bacilles pyocyaniques. Enfin, le troisième cible le staphylocoque doré, dans les cas d'infections osseuses et articulaires profondes.

Ce dernier cas est celui dans lequel était Caroline Lemaire au moment où elle a atterri entre les mains du docteur Dublanchet, du professeur Patey et du docteur Asselineau. "Ils voulaient m'opérer d'une certaine façon, qui impliquait six mois d'hospitalisation. Je ne pouvais pas psychologiquement... Je leur ai proposé d'enlever la vis que j'avais à ce moment-là à travers le pied et de mettre un drain afin de permettre d'y déposer les phages." C'est de cette façon que le docteur Asselineau va procéder. Caroline est opérée en avril 2009. Les phages sont administrés d'abord quotidiennement pendant un mois et demi, puis l'administration est espacée. En juillet, la plaie est refermée et les douleurs ont disparu. Aujourd'hui, le bouche-à-oreille a fait son effet et les demandes se multiplient. "Je reçois des appels toutes les semaines pour savoir si nous pouvons fournir des phages", explique le PDG de Pherecydes Pharma, Jérôme Gabard.

Même chose à l'hôpital de Villeneuve-Saint-Georges. Pourtant, Alain Dublanchet, Olivier Patey et Alain Asselineau restent prudents. Ils insistent sur le fait que la phagothérapie n'est pas une solution miracle. Caroline Lemaire, de son côté, n'a pas eu de rechute depuis le traitement. Et n'a plus de douleurs. "Je m'en suis quand même bien sortie", juge-t-elle aujourd'hui.
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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 18:09

Washington, le vendredi 27 juillet 2012 – La 19ème conférence mondiale contre le Sida qui se tient à Washington depuis le début de la semaine jusqu’à aujourd’hui a été comme souvent marquée par de nombreux discours politiques. Une part très importante de cette manifestation est bien sûr également consacrée à la recherche comme l’a rappelé hier la présentation de trois études jugées essentielles pour la meilleure compréhension du VIH et la mise au point dans l’avenir de traitements véritablement curatifs du Sida.

La cohorte Visconti, du grand art

Evoqué depuis plusieurs jours, l’intérêt de la cohorte Visconti (Viro-Immunogicial Studiens in CONtrollers after teratment Interruption) a enfin été exposé plus en détail. 

Les douze patients inclus dans ce groupe sont des séropositifs français placés sous antirétroviraux très rapidement après leur infection (8 à 10 semaines). 

Cette prise en charge a duré trois ans, avant d’être suspendue. 

Pendant les six années qui ont suivi et jusqu’à aujourd’hui, ces malades sont parvenus à maîtriser l’infection, de la même manière que les patients porteurs de la mutation dite CCR5 qui permet de « contrôler » la maladie. 

« Ces patients de la cohorte de Visconti ont des caractéristiques immunologiques et une capacité à contrôler le VIH qui sont exceptionnelles et représentent vraiment un groupe très prometteur pour trouver un moyen de contrôler l'infection chez des séropositifs » a commenté l’un des principaux auteurs de l’étude, le docteur Azier Saez-Cirion de l'Institut Pasteur.

Timothy Brown fait des petits (sans mutation génétique)

Autre observation qui suscite le plus grand intérêt des chercheurs : 

celle concernant deux patients séropositifs ayant reçu une greffe de moelle osseuse pour traiter une leucémie. 

Ces deux malades n’ont présenté aucun signe d’infection par le VIH depuis l’intervention (recul de 8 et 17 mois). 

Cependant, à la différence du premier cas très médiatisé de Timothy Brown, la moelle osseuse transplantée ne provenait pas d’un donneur porteur de la mutation CCR5. 

Ce qui a contribué à la possible « guérison » des deux patients est le fait qu’ils ont continués à être traités par des antirétroviraux pendant la greffe, ce qui a permis d’éviter que les cellules du donneur ne soient infectées et aux patients de « développer une nouvelle immunité » a expliqué le Docteur Daniel Kuritzkes, professeur de médecine à l'hôpital Brigham and Women à Boston.

Le vorinostat traque le VIH

Enfin derniers travaux ayant soulevé hier un grand enthousiasme : 

l’utilisation prometteuse chez huit séropositifs d’un traitement indiqué dans les lymphomes cutanés à cellules T, le vorinostat (inhibiteur des histones déacétylases). 

Publiés dans la revue Nature par l’équipe du docteur David Margolis de l’Université de Caroline du Nord, les résultats obtenus montrent comment ce traitement parvient à cibler le VIH existant à l’état latent dans les cellules du système immunitaire. 

Autant de travaux qui soulignent qu’une guérison du Sida demeure toujours un objectif raisonnable à poursuivre, même si tous les chercheurs présents à Washington admettent que le chemin sera encore long.


 

Aurélie Haroche Publié le 27/07/2012


 

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 07:22
MedWire News : The development of a central state or federal mechanism in the USA that would confirm the authenticity and eligibility of terminally ill patients' requests for death, dispense medication, and monitor demand and use, could remove physicians from the assisted dying process, say researchers. More than half of the American Medical Association members surveyed in 2003 objected to physician-assisted suicide, believing it is wrong to play an active role in ending a patients' life, explain Julian Prokopetz and Lisa Lehmann (Brigham and Women's Hospital and Harvard Medical School, Boston, Massachusetts, USA). However, they envision that removing physicians from the process would mean they would not be required to take actions that are not already part of a commitment to providing high-quality care. "Such a mechanism would not only obviate physician involvement beyond usual care but would also reduce gaps in care coordination," they write in The New England Journal of Medicine . In the US states of Oregon and Washington where assisted dying is legal: "patients whose doctors don't wish to participate in assisted dying must find another provider to acquire a prescription." Critics of legalizing assisted suicide focus mainly on six objections, one of which is that permitting patients to take their own lives would worsen palliative care quality. But spending on, and patient ratings of palliative care in Oregon, have increased since the Death with Dignity Act (DWDA) was passed in 1997. Furthermore, concerns about patient safety and protecting vulnerable patients have not been borne out in Oregon: "Indeed, the system's safeguards (waiting periods and psychiatric evaluation) are much more stringent than those for the well-accepted practices of withholding or withdrawing of life-sustaining treatment," say the authors, adding that many terminally ill patients have no life-sustaining treatments to withdraw. The DWDA requires physicians to confirm a patients' prognosis and elucidate their alternatives for treatment and palliative care ‑ in Oregon, assisted suicide is seen as a last resort. Only then can lethal medication be prescribed; but it does not need to be prescribed by the physician, the authors suggest. Obtaining the prescription from an independent authority would enable legalization of assisted suicide to "benefit those who want the option, without affecting care for those who object to the practice," propose Prokopetz and Lehmann. By Sarah Guy List All MedWire (www.medwire-news.md) is an independent clinical news service provided by Springer Healthcare Limited. © Springer Healthcare Ltd; 2012 24/07/2012
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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 07:15
D'après une récente étude parue dans le journal Pediatrics, les enfants traités pour des caries avec une résine à base de bisphénol A présenteraient un risque accru de développer des troubles psychologiques tels que l'anxiété et la dépression. La pâte en question a fait son apparition il y a quelques dizaines d'années comme substitut à un mélange à base de mercure. Les enfants traités avec cette résine sans métal ont obtenu des scores inquiétants à des tests de bien-être psychosocial cinq ans après leur traitement, comparé aux enfants ayant reçu d'autres types de pâtes de remplissage. Jean-François Narbonne, docteur en nutrition et expert de l'Agence nationale de sécurité sanitaire, estime toutefois que le plastifiant à base de bisphénol A « a tout d'abord permis de remplacer les amalgames dentaires au mercure, sujet sur lequel la France était particulièrement en retard, avec un scandaleux combat d'arrière garde des autorités sanitaires, alors qu'on connaissait tous les éléments». Et l'expert de s'interroger : « Si on n'utilise pas de bisphénol A, que met-on à la place ? Du mercure ? On cherche aujourd'hui des produits de substitution... à condition qu'ils ne soient pas plus toxiques que le produit qu'on enlève. Pour les biberons par exemple, on a proposé de les remplacer par des biberons en verre. Mais des débris de verre résultant du lavage en machine peuvent porter atteinte au tissu digestif de l'enfant». Le docteur en nutrition rappelle que le bisphénol A est un produit particulièrement performant qui protège les antioxydants dans les boîtes de conserve, plastifie et évite d'utiliser des colles. « Il faudrait le remplacer par trois ou quatre produits pour obtenir les mêmes propriétés. C'est un sujet que l'on traite depuis longtemps dans les agences sanitaires, nous l'avions placé en 27e position des substances à réguler prioritairement. Mais depuis, on n'a rien trouvé de valable pour le remplacer totalement» relativise l'expert.
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