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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 22:55
Paris, le mardi 4 juin 2013 – A l’occasion d’un colloque organisé hier à l’hôpital Cochin concernant, entre autre, la place du baclofène (agoniste des récepteurs GABA-B) dans la prise en charge des patients alcolo-dépendants, le patron de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), le professeur Dominique Maraninchin a annoncé que ce traitement allait bénéficier d’une recommandation temporaire d’utilisation (RTU). Valable pour une durée de trois ans, ce dispositif doit offrir une sécurité de prescription supplémentaire aux nombreux praticiens qui choisissaient de le délivrer hors AMM. Cette RTU devrait également contribuer à mieux encadrer son utilisation, notamment en ce qui concerne sa posologie (sujet qui fait souvent débat) et ses effets secondaires (trop rarement déclarés). « Cela va permettre de suivre les effets du baclofène sur une cohorte de cinq ou six mille patients. Ce que ne permet pas l’étude scientifique » ajoute, cité par Libération, le professeur Michel Reynaud (Hôpital Paul Brousse, Villejuif) qui conduit l’un des deux essais cliniques français en cours sur le baclofène. Des résultats très encourageants Cette annonce du patron de l’ANSM, qui signe une reconnaissance officielle de l’utilisation du baclofène dans le traitement des alcoolo-dépendants, semble l’aboutissement d’une longue période de réflexion d’abord marquée par une grande réticence des autorités. En novembre 2008 en effet, l’AFSSAPS (devenue l’ANSM) n’usait nullement du même ton lorsqu’elle signalait que les médecins prescrivant hors AMM le baclofène le faisaient « sous leur unique et entière responsabilité ». Depuis les mises en garde ont laissé place à une attitude plus positive, centrée sur la nécessité de conduire des évaluations rigoureuses. Un Programme hospitalier de recherche clinique (PHRC) a ainsi été lancé dans ce sens en 2011. Les premiers résultats des travaux hospitaliers et de ceux conduits en ville (BACLOVILLE) se sont d’ores et déjà révélés très encourageants. Climat passionnel Pour les multiples associations qui, depuis la publication de l’ouvrage du docteur Olivier Ameisen évoquant son propre « sevrage » grâce au baclofène (témoignage qui a médiatisé l’utilisation de ce médicament dans cette indication en France), militent pour sa reconnaissance, cette décision de l’ANSM représente une véritable victoire. Le même sentiment gagne les nombreux spécialistes qui, ces dernières années et plus encore ces derniers mois, sont montés au créneau pour dénoncer le « scandale » que semblait représenter l’attitude réticente des autorités vis-à-vis de ce traitement. Mais il est peu probable que ce choix de l’ANSM n’apaise le climat passionnel qui depuis plusieurs années s’est imposé autour de la question du baclofène entre ses opposants et ses fervents défenseurs. Aurélie Haroche 04/06/2013 Copyright © http://www.jim.fr
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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 22:52
On sait que la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), à savoir les AINS traditionnels et les inhibiteurs sélectifs de la Cox- 2 (coxibs) s’accompagne d’un risque accru d’événements cardiovasculaires (CV) et de complications au niveau du tractus gastro-intestinal supérieur. Cependant, une incertitude persiste quant à la nature précise et à l’amplitude de ce risque et quant à la relative sécurité d’emploi des différents AINS notamment chez les patients à haut risque coronaire. Méta-analyse sur plus de 700 essais C’est la raison pour laquelle le groupe CNT (Coxib and traditional NSAID Trialists) a effectué une méta-analyse portant sur un peu plus de 350 000 patients inclus dans plus de 700 essais, à savoir280 essais où les AINS ont été comparés à un placebo (124 513 participants, soit 68 342 personne/années) et dans 474 essais où un AINS était comparé à un autre AINS (229 296 participants, soit 165 456 personne/années). Les critères principaux de l’étude incluaient : les événements CV majeurs (infarctus du myocarde non-fatal, accident vasculaire cérébral [AVC] non-fatal, décès vasculaire) ; les événements coronaires majeurs (infarctus du myocarde non-fatal ou décès d’origine coronaire) ; les AVC ; la mortalité ; l’insuffisance cardiaque et les complications survenues au niveau du tractus digestif supérieur (perforation, occlusion, ou saignement). Les résultats montrent que sous coxib ou diclofénac, l’incidence des événements CV majeurs augmente d’environ 30 % (coxib : rate ratio [RR] 1,37 ; intervalle de confiance [IC] 95 % : 1,14–1,66 ; p=0,0009 ; diclofénac : RR 1,41 ; IC 95 % : 1,12–1,78 ; p=0,0036), essentiellement en raison d’une augmentation significative de l’incidence des événements coronaires majeurs (coxibs : RR 1,76 ; IC 95 % : 1,31–2,37 ; p=0,0001; diclofénac : RR 1,70 ; IC 95 % : 1,19–2,41; p=0,0032). L’ibuprofène est aussi significativement associé avec un accroissement de l’incidence des événements coronaires majeurs (RR 2,22 ; IC 95 % : 1,10–4,48 ; p=0,0253) mais pas de celle des événements CV majeurs (RR 1,44 ; IC 95 % : 0,89–2,33). Trois événements CV de plus pour 1 000 patients traités par coxibs ou diclofénac pendant un an Comparée à celle d’un placebo, la prise de coxibs ou de diclofénac, s’est accompagnée, pour 1 000 patients traités pendant un an, de 3 événements CV majeurs supplémentaires dont 1 a été fatal. Le naproxène n’a pas augmenté significativement l’incidence des événements CV majeurs (RR 0,93 ; IC 95 % : 0,69–1,27). La prise de coxibs ou de diclofénac a augmenté significativement l’incidence des décès CV (coxibs : RR 1,58 ; IC 99 % : 1,00–2,49 ; p=0,0103 ; diclofénac : RR 1,65 ; IC 99 % : 0,95–2,85 ; p=0,0187). Avec l'ibuprofène, on note seulement une tendance à une incidence plus élevée de ce paramètre (RR 1,90 ; IC 95 % : 0,56–6,41 ; p=0,17) et le naproxène n’a pas eu d’effet sur lui (RR 1,08 ; IC 95% : 0,48–2,47 ; p=0,80). L’effet proportionnel des AINS et des coxibs sur les événements CV majeurs est apparu indépendant des caractéristiques des patients à l’état basal et notamment de leur niveau de risque CV. Tous les AINS ont pratiquement doublé le risque de survenue d’une insuffisance cardiaque Effets secondaires gastro-intestinaux avec tous les AINS Enfin, tous les AINS ont augmenté significativement le taux de complications gastro-intestinales (coxibs : RR 1,81 ; IC 95 % : 1,17–2,81 ; p=0,0070 ; diclofénac : RR 1,89 ; IC 95 % : 1,16–3,09 ; p=0,0106 ; ibuprofène : RR 3,97 ; IC 95 % : 2,22–7,10 ; p<0,0001; naproxène : RR 4,22 ; IC 95 % : 2,71–6,56 ; p<0,0001). En conclusion, le risque CV inhérent à de fortes doses de diclofénac et possiblement d’ibuprofène, est comparable à celui des coxibs. Ce risque est le plus faible sous naproxène comparé aux autres AINS. Bien que les AINS augmentent tous le risque de complications gastro-intestinales, on peut prédire son importance dans la mesure où il est le plus bas sous coxibs ou diclofénac et le plus élevé sous naproxène. Dr Robert Haïat 04/06/2013 Coxib and traditional NSAIDTrialists’ (CNT) Collaboration.Vascular and upper gastrointestinal effects of non-steroidal anti-inflammatory drugs: meta-analyses of individual participant data from randomised trials. Lancer 2013; publication avancée en ligne le 30 mai. http://dx.doi.org/10.1016/ S0140-6736(13)60900-9
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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 23:46
Plus de 60 % de la surface du sol en Bretagne est utilisée par l’agriculture, exposant cette région à une pollution environnementale potentiellement responsable de problèmes de santé publique. Quatre sortes au moins d’herbicides, fongicides et insecticides sont utilisés. Pour certains composés, la toxicité après une exposition à des doses modérées à long terme est connue. Ce que l’on connait moins c’est le danger que peut représenter une exposition à de faibles doses de mélanges complexes de pesticides pour la population générale, en particulier pour les jeunes enfants et au stade fœtal. Plusieurs études suggèrent un impact de certaines molécules sur le développement comportemental et neuropsychologique, sur la grossesse, le tour de tête du nouveau-né, le poids de naissance et un certain nombre de malformations. Aujourd’hui, l'identification de biomarqueurs d'exposition, causes on effets précoces de manifestations pathologiques, est particulièrement préoccupante. Parmi les nouvelles technologies à haut débit l’approche métabolomique peut constituer un outil permettant d’observer directement dans les liquides biologiques les conséquences d'expositions complexes et à faible dose, d’en identifier leurs biomarqueurs et de comprendre le mode d’action. Analyse du métabolome dans les urines de femmes enceintes Des chercheurs de Rennes et de Toulouse ont effectué pour la première fois une analyse exploratoire du métabolome dans les urines de femmes enceintes ayant été exposées à des niveaux divers à des mélanges de pesticides. Elle porte sur 83 femmes de la cohorte bretonne PELAGIE (Perturbateurs Endocriniens : Étude Longitudinale sur les Anomalies de la Grossesse, l’Infertilité et l’Enfance) pour lesquelles on dispose d’échantillons urinaires recueillis en début de grossesse. Trois groupes ont été définis en fonction du pourcentage de la surface des terres consacrées aux cultures céréalières dans leur ville de résidence en début de grossesse (premier, deuxième et troisième tertile, correspondant à 0 -17 %, entre > 17 et 25 % et supérieur à 25 %). La caractérisation des métabolites dans les urines a fait appel à une technique de résonance magnétique nucléaire, associée à une méthode d'analyse statistique multivariée, la PLS-DA (Partial Least Squares - Discriminant Analysis ou Régression PLS discriminante) pour réaliser un profil métabolique permettant de discriminer les 3 groupes. Des différences pour certains métabolites en fonction du niveau d’exposition Ces approche distingue correctement les 3 groupes d'exposition (R2 = 90,7 % et Q2 = 0,53). Plus de 60 variables apparaissent comme importantes dans le modèle PLS-DA (VIP> 2), dont 17 sont significativement différentes entre le premier (référence) et les autres groupes d'exposition (test de Kruskal-Wallis, p <0,05). Après ajustement sur l'âge maternel, la parité, l'indice de masse corporelle et le tabagisme, des modifications statistiquement significatives sont observées pour la glycine (Odds ratio ajusté entre les 2 premiers groupes p = 0,002 et entre le groupe 1 et le groupe 3 p = 0,003), la thréonine (p= 0,06 et p = 0,006), le lactate (p = 0,008 et p = 0,002), la glycérophosphocholine (p=0,05 et p=0,01) qui sont à la hausse, et pour le citrate (p=002 et p = 0,03), qui diminue quand l’exposition aux céréales augmente. À titre d'exemple, par rapport au premier niveau d'exposition (céréales ≤ 17 %), une augmentation d'une unité du niveau de lactate multiplie les chances d'appartenir au 2e groupe (céréales > 17 % -25 %) et au troisième groupe 2 (céréales > 25 %) par 1,36 et 1,47 respectivement. En conclusion une exposition à des mélanges complexes de pesticides induit des perturbations de l’empreinte métabolique. D’après les métabolites discriminants identifiés, les chercheurs suggèrent que ces mélanges pourraient augmenter le stress oxydant et modifier le métabolisme énergétique. Le pourcentage de cultures de céréales dans la ville de résidence des femmes semble être un bon paramètre pour évaluer les expositions complexes de pesticides, notent les auteurs. Ils révèlent par ailleurs que les résultats préliminaires d'une étude en cours sur des femmes de la cohorte PELAGIE « démontrent que la présence de métabolites urinaires de fongicides utilisés dans les cultures de céréales augmente avec le pourcentage de ces cultures dans la ville de résidence ». Dominique Monnier 30/05/2013 Bonvallot N et coll. Metabolomics tools for describing complex pesticide exposure in pregnant women in brittany (France). PLoS One. 2013; 8: e64433. doi: 10.1371/journal.pone.0064433.
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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 23:18
« l'Institut de veille sanitaire a réalisé une grande enquête nationale sur les maladies contractées dans les hôpitaux français. Leur nombre n'a pas diminué depuis 2006 , un patient hospitalisé sur 20 est atteint d'une infection nosocomiale en France », et entre mai et juin 2012, « 1 938 établissements de santé français, soit plus de 90% des lits d'hospitalisation, ont été consultés pour faire une mesure, à un jour donné, du nombre de personnes infectées. Sur les 300.330 patients hospitalisés, 15.180 (soit 5,1%) présentaient une ou plusieurs infections nosocomiales ».

« Des chiffres semblables à ceux observés en 2006, […] où 4,97% des patients hospitalisés souffraient de maladies nosocomiales. Aucune amélioration générale n'a donc été constatée en ce qui concerne le nombre de personnes touchées , et l'InVS observe un net changement dans les services de psychiatrie, où les infections ont baissé de 21% entre 2006 et 2012 ».

« parmi les régions les plus touchées, l'enquête pointe l'Auvergne, avec 6,2% de patients hospitalisés qui développent des maladies nosocomiales, suivie de l'Alsace (6%) et la Lorraine et l'Ile-de-France (5,9%). À l'inverse, les régions les moins infectées sont Poitou-Charentes (3,3%), les Pays de la Loire (3,7%) et la Bretagne (4,2%) ».

En « facteurs de risque, l'âge du patient est un élément déterminant. Plus de la moitié des infections concernent des personnes de plus de 65 ans, qui présentent plus de complications infectieuses par rapport à la population générale. Autres facteurs qui augmentent les risques : les dispositifs invasifs, qui peuvent introduire des bactéries dans l'organisme, ou l'immunodépression, qui va favoriser leur développement ».

« comme lors de la dernière enquête, les trois agents infectieux les plus fréquemment responsables sont les Escherichia coli, les Staphylocoques dorés (S. aureus) et les Pseudomonas aeruginosa, qui vont entraîner la plupart du temps des infections urinaires (30% des infections nosocomiales) ou des pneumonies(17%) ».

" l'étude alerte sur le développement significatif des souches de bactéries insensibles aux antibiotiques, comme les S. aureus résistantes à la méticilline (SARM). Les E. coli préoccupent de plus en plus les médecins, car leur proportion a augmenté de 81% en 6 ans ».
" il est important de persévérer dans les efforts de maîtrise de la diffusion des bactéries multirésistantes et de soutenir plus activement les actions de bon usage des antibiotiques à l'hôpital ».
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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 10:03
La bactérie responsable de la très dangereuse listériose humaine pourrait-elle devenir notre principale alliée dans la lutte contre certaines formes de cancer ? Partant du constat que les souches de Listeria affaiblies étaient aisément éliminées par les cellules saines et bien plus difficilement par les cellules cancéreuses, des chercheurs nord-américains ont utilisé le bacille comme vecteur de radiothérapie. Leurs résultats, publiés le 22 avril 2013 dans les PNAS, apparaissent extrêmement encourageants. La Listeria, nouveau vecteur en radiothérapie ? Voilà plus de dix ans que Listeria monocytogenes, la bactérie responsable de la listériose humaine, intéresse au plus haut point les chercheurs en cancérologie. En effet, si des formes affaiblies du bacille peinent à infecter les cellules saines de l'organisme, elles n'ont en revanche aucun mal à infiltrer les cellules cancéreuses (plus occupées à se multiplier qu'à se défendre contre un envahisseur). De nombreuses techniques de radiothérapie sont couramment utilisées. Parmi elles, la plus répandue est la radiothérapie externe, dans laquelle source de rayonnement se trouve à l'extérieur du patient. Il est également possible de traiter les tumeurs par curiethérapie, technique dans laquelle la source radioactive est en contact physique avec (ou à proximité immédiate de) la zone à traiter, de manière invasive. Une autre technique fréquemment employée est celle de la radiothérapie interne vectorisée (ou radiothérapie métabolique). Cette méthode consiste à introduire dans l'organisme un élément radioactif qui possède une affinité particulière avec les cellules ciblées (tel l'iode, qui se fixe à la tyroïde, dont un isotope radioactif pourra cibler et irradier une tumeur localisée sur la glande). On peut également associer l'élément radioactif à une molécule qui possède les mêmes propriétés ; introduite en quantité dans l'organisme via une gélule ou par injection, la molécule porteuse de l'élément radioactif se fixera, par affinité chimique, à la surface ou au cœur de la cellule visée. Forts de ce constat, de nombreux biologistes ont étudié le moyen de créer un vaccin thérapeutique contre certaines formes de cancer, à partir de différentes souches affaiblies du bacille. L'efficacité des procédures issues de ces recherches reste néanmoins assez limitée. Une équipe de biologistes basée à New York suggère aujourd'hui d'utiliser la vulnérabilité des cellules cancéreuses à Listeria pour mettre en place... des radiothérapies (voir encadré). Leur idée : faire transporter des éléments radioactifs à des souches affaiblies de Listeria, aisément repoussées par les cellules de l'organisme, mais très difficilement combattues par les cellules cancéreuses. Les chercheurs ont couplé un isotope radioactif du rhénium à la structure cellulaire de bacilles affaiblis de la listériose. Les bactéries ont ensuite été introduites dans l'organisme de rats génétiquement modifiés pour développer une forme agressive de cancer du pancréas. A l'issue de plusieurs séances de traitement, les chercheurs ont constaté une diminution du nombre de métastases de l'ordre de 90%. Parallèlement, aucun tissu sain n'est apparu lésé à la suite de la thérapie. Au vu de ces premiers résultats, les chercheurs jugent le nouveau procédé de radiothérapie particulièrement prometteur. Source : Nontoxic radioactive Listeriaat is a highly effective therapy against metastatic pancreatic cancer. W. Quispe-Tintaya, D. Chandra, A. Jahangir, M. Harris, A. Casadevall, E. Dadachova, C. Gravekamp. PNAS, 2013. doi:10.1073/pnas.1211287110 En savoir plus : • Listeria, méfiez-vous du fromage ! De nombreuses techniques de radiothérapie sont couramment utilisées. Parmi elles, la plus répandue est la radiothérapie externe, dans laquelle source de rayonnement se trouve à l'extérieur du patient. Il est également possible de traiter les tumeurs par curiethérapie, technique dans laquelle la source radioactive est en contact physique avec (ou à proximité immédiate de) la zone à traiter, de manière invasive. Une autre technique fréquemment employée est celle de la radiothérapie interne vectorisée (ou radiothérapie métabolique). Cette méthode consiste à introduire dans l'organisme un élément radioactif qui possède une affinité particulière avec les cellules ciblées (tel l'iode, qui se fixe à la tyroïde, dont un isotope radioactif pourra cibler et irradier une tumeur localisée sur la glande). On peut également associer l'élément radioactif à une molécule qui possède les mêmes propriétés ; introduite en quantité dans l'organisme via une gélule ou par injection, la molécule porteuse de l'élément radioactif se fixera, par affinité chimique, à la surface ou au cœur de la cellule visée. Par Florian Gouthière rédigé le 23 avril 2013 http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-la-listeria-nouveau-vecteur-en-radiotherapie--10137.asp?1=1
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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 06:34
L’utilisation croissante du scanner depuis les années 80 a fait naître des craintes quant à sa responsabilité dans l’apparition de cancers, particulièrement quand l’exposition a lieu dans l’enfance. Des estimations ont été faites mais qui étaient plutôt des projections à partir des risques constatés chez des personnes exposées à de fortes doses d’irradiations, comme les survivants des bombes atomiques au Japon. Les doses de radiations émises lors d’un scanner sont très loin de ces cas de figures. Elles se situent en effet entre 5 et 50 mGy pour chaque organe. Il est dès lors difficile d’estimer le danger qu’elles peuvent comporter. Une équipe australienne a réalisé la plus grande étude de cohorte sur ce sujet , sur une population de près de 11 millions de personnes, âgées de 0 à 19 ans, entre le 1er janvier 1985 et le 31 décembre 2005. Au total 680 211 de ces personnes ont été exposées à l’irradiation d’un scanner au moins une fois pendant cette période. Augmentation du risque de 24 % après un scanner Pendant la période d’observation, prolongée jusqu’en décembre 2007, 60 674 cancers ont été diagnostiqués dans la population totale étudiée et 3 150 d’entre eux sont survenus après une exposition à un scanner (plus d’un an après). Le risque de cancer apparaît augmenté de 24 % pour les sujets qui ont été exposés aux radiations d’un scanner, par rapport à ceux non exposés, en tenant compte de l’âge, du sexe et de l’année de naissance (incidence rate ratio 1,24 ; intervalle de confiance à 95 % : 1,20 à 1, 29). Bien qu’ils reconnaissent qu’il est impossible d’être formel sur la relation de cause à effet, les auteurs insistent sur plusieurs points : - l’incidence des cancers augmente avec le nombre de scanners réalisés, de 16 % pour chaque scanner supplémentaire ; - l’augmentation de l’incidence rate ratio est proportionnellement supérieure quand l’exposition a lieu avant l’âge de 5 ans ; - la plus grande différence entre sujets exposés et non exposés est constatée pour les tumeurs solides touchant les jeunes filles ; - il existe une corrélation entre le siège du cancer et le site irradié, avec la plus grande augmentation constatée pour l’incidence des leucémies et des myélodysplasies après exposition de la moelle osseuse au cours des scanners abdominaux et pelviens. Les auteurs espèrent inciter les praticiens à mieux peser les indications des scanners chez l’enfant, en s’appuyant si besoin sur des outils d’aide à la décision. Ils citent l’exemple des nombreux scanners demandés chez les enfants à la suite des traumatismes crâniens ou en cas de suspicion d’appendicite et qui sont loin d’être toujours justifiés. Dr Roseline Péluchon 31/05/2013 Mathews JD et coll. : Cancer risk in 680 000 people exposed to computed tomography scans in childhood or adolescence: data linkage study of 11 million Australians. BMJ 2013;346:f2360doi: 10.1136/bmj.f2360.
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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 16:49
Avec la raréfaction croissante des psychiatres dans certaines régions, conjuguée à l’augmentation parallèle des pathologies mentales, l’essor de la « télé-psychiatrie » semble assuré. Si ce terme (avatar de la télé-médecine) existe depuis les années 1950, c’est seulement dans la dernière décennie qu’il est devenu courant, et reflète un recours plus large à cette modalité d’intervention à distance, par « vidéoconférence interactive en direct. » La prochaine décennie devrait ainsi voir « une expansion continue » de cette technique de visioconférence, et son intégration dans la pratique psychiatrique de routine. Elle représente en effet une « option viable » pour proposer des soins à des patients individuels ou à des populations ayant un accès limité aux traitements (classiques) et pour déplacer aisément le site de prestation des soins aux patients, explique The American Journal of Psychiatry. Les professionnels ne doivent pas « être intimidés » par les considérations technologiques ou logistiques, mais développer une prise de conscience des questions « réglementaires, administratives et cliniques qui se posent dans la pratique de la télé-psychiatrie basée sur la vidéoconférence. » On conseille par exemple de « compenser la distance émotionnelle » imposée en matière de télé-psychiatrie (où le thérapeute semble par principe « virtuel ») en adoptant devant la camera « un ton plus énergique et expressif. » Et l’accès à distance peut s’avérer utile pour aborder « des patients violents ou des préoccupations concernant la confidentialité. » L’apprentissage de la télé-psychiatrie devrait progressivement intéresser la formation et l’information des psychiatres, même si des réticences compréhensibles persistent sur l’intérêt (peut-être) moins pertinent d’une approche « virtuelle », comparativement à la pratique traditionnelle du « face-à-face. » Mais l’écran de télévision ou d’ordinateur ne reste évidemment qu’un outil qui présentera toujours (ou non) la valeur ajoutée que ses utilisateurs sauront et voudront (ou pas) lui donner. Dr Alain Cohen 30/05/2013 Shore JH : Telepsychiatry: videoconferencing in the delivery of psychiatric care. Am J Psychiatry 2013; 170:256–262.
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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 16:47
Il ne s’agit pas d’une nouvelle charge contre les statines, l’effet est déjà connu. Certains travaux récents ont révélé une association possible entre la prise de statines et l’apparition d’un diabète. Les données disponibles sont toutefois encore contradictoires et il est difficile de dire s’il s’agit d’un effet de classe ou si certaines molécules peuvent être dès à présent innocentées. Le British Medical Journal publie les résultats d’une nouvelle étude, dont l’objectif était de déterminer le risque de diabète associé à l’utilisation de différents types de statines. Il s’agit d’une étude de cohorte, incluant 471 250 patients de 66 ans ou plus, sans antécédents de diabète, et recevant une statine pour la première fois, les uns en prévention primaire (48,3 %), les autres en prévention secondaire (51,7 %). Dans plus de la moitié des cas, la statine prescrite est l’atorvastatine, suivie par la rosuvastatine, la simvastatine, la pravastatine, la lovastatine et enfin la fluvastatine. Comparés aux patients traités par pravastatine qui est la molécule de référence, ceux qui sont traités par atorvastatine, rosuvastatine et simvastatine ont un risque supérieur de développer un diabète (22 %, 18 % et 10 % respectivement). Le risque n’est pas significativement augmenté pour la fluvastatine ou la lovastatine. En chiffres absolus, sans ajustement sur les facteurs confondants, cela revient à 31 cas de diabète survenant pour 1 000 patients années de traitement par l’atorvastatine, 44 cas pour la rosuvastatine, 26 pour la simvastatine, 23 pour la pravastatine et enfin 22 cas pour la lovastatine et la fluvastatine. Que la prescription soit faite en prévention primaire ou secondaire ne modifie pas significativement les données, mais l’effet semble dose-dépendant et augmente avec la « puissance » de la molécule. Une raison de plus de bien peser l’indication avant d’instaurer un traitement hypolipémiant. Dr Roseline Péluchon 30/05/2013 Carter A. et coll. : Risk of incident diabetes among patients treated with statins: population based study BMJ 2013;346:f2610doi: 10.1136/bmj.f2610.
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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 16:40
Plus de 60 % de la surface du sol en Bretagne est utilisée par l’agriculture, exposant cette région à une pollution environnementale potentiellement responsable de problèmes de santé publique. Quatre sortes au moins d’herbicides, fongicides et insecticides sont utilisés. Pour certains composés, la toxicité après une exposition à des doses modérées à long terme est connue. Ce que l’on connait moins c’est le danger que peut représenter une exposition à de faibles doses de mélanges complexes de pesticides pour la population générale, en particulier pour les jeunes enfants et au stade fœtal. Plusieurs études suggèrent un impact de certaines molécules sur le développement comportemental et neuropsychologique, sur la grossesse, le tour de tête du nouveau-né, le poids de naissance et un certain nombre de malformations. Aujourd’hui, l'identification de biomarqueurs d'exposition, causes on effets précoces de manifestations pathologiques, est particulièrement préoccupante. Parmi les nouvelles technologies à haut débit l’approche métabolomique peut constituer un outil permettant d’observer directement dans les liquides biologiques les conséquences d'expositions complexes et à faible dose, d’en identifier leurs biomarqueurs et de comprendre le mode d’action. Analyse du métabolome dans les urines de femmes enceintes Des chercheurs de Rennes et de Toulouse ont effectué pour la première fois une analyse exploratoire du métabolome dans les urines de femmes enceintes ayant été exposées à des niveaux divers à des mélanges de pesticides. Elle porte sur 83 femmes de la cohorte bretonne PELAGIE (Perturbateurs Endocriniens : Étude Longitudinale sur les Anomalies de la Grossesse, l’Infertilité et l’Enfance) pour lesquelles on dispose d’échantillons urinaires recueillis en début de grossesse. Trois groupes ont été définis en fonction du pourcentage de la surface des terres consacrées aux cultures céréalières dans leur ville de résidence en début de grossesse (premier, deuxième et troisième tertile, correspondant à 0 -17 %, entre > 17 et 25 % et supérieur à 25 %). La caractérisation des métabolites dans les urines a fait appel à une technique de résonance magnétique nucléaire, associée à une méthode d'analyse statistique multivariée, la PLS-DA (Partial Least Squares - Discriminant Analysis ou Régression PLS discriminante) pour réaliser un profil métabolique permettant de discriminer les 3 groupes. Des différences pour certains métabolites en fonction du niveau d’exposition Ces approche distingue correctement les 3 groupes d'exposition (R2 = 90,7 % et Q2 = 0,53). Plus de 60 variables apparaissent comme importantes dans le modèle PLS-DA (VIP> 2), dont 17 sont significativement différentes entre le premier (référence) et les autres groupes d'exposition (test de Kruskal-Wallis, p <0,05). Après ajustement sur l'âge maternel, la parité, l'indice de masse corporelle et le tabagisme, des modifications statistiquement significatives sont observées pour la glycine (Odds ratio ajusté entre les 2 premiers groupes p = 0,002 et entre le groupe 1 et le groupe 3 p = 0,003), la thréonine (p= 0,06 et p = 0,006), le lactate (p = 0,008 et p = 0,002), la glycérophosphocholine (p=0,05 et p=0,01) qui sont à la hausse, et pour le citrate (p=002 et p = 0,03), qui diminue quand l’exposition aux céréales augmente. À titre d'exemple, par rapport au premier niveau d'exposition (céréales ≤ 17 %), une augmentation d'une unité du niveau de lactate multiplie les chances d'appartenir au 2e groupe (céréales > 17 % -25 %) et au troisième groupe 2 (céréales > 25 %) par 1,36 et 1,47 respectivement. En conclusion une exposition à des mélanges complexes de pesticides induit des perturbations de l’empreinte métabolique. D’après les métabolites discriminants identifiés, les chercheurs suggèrent que ces mélanges pourraient augmenter le stress oxydant et modifier le métabolisme énergétique. Le pourcentage de cultures de céréales dans la ville de résidence des femmes semble être un bon paramètre pour évaluer les expositions complexes de pesticides, notent les auteurs. Ils révèlent par ailleurs que les résultats préliminaires d'une étude en cours sur des femmes de la cohorte PELAGIE « démontrent que la présence de métabolites urinaires de fongicides utilisés dans les cultures de céréales augmente avec le pourcentage de ces cultures dans la ville de résidence ». Dominique Monnier 30/05/2013 Bonvallot N et coll. Metabolomics tools for describing complex pesticide exposure in pregnant women in brittany (France). PLoS One. 2013; 8: e64433. doi: 10.1371/journal.pone.0064433.
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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 14:44
Au cours de la dernière décennie, plusieurs études épidémiologiques ont mis en évidence une relation positive entre l'âge du père au moment de la naissance et le risque d'autisme. Une méta-analyse récente a estimé que la probabilité d'avoir un enfant autiste est 2,2 fois plus élevée pour les pères de plus de 50 ans que pour ceux de moins de 30 ans. Le mécanisme généralement évoqué pour expliquer ce phénomène est l'augmentation avec l'âge de la fréquence des mutations de novo dans les cellules germinales masculines. Une équipe suédoise a voulu aller plus loin en étudiant les relations entre l'âge des parents et l'autisme non plus seulement sur une mais sur deux générations. Une cohorte de près de 6 000 enfants autistes Pour ce travail, Emma Frans et coll. se sont servis des outils épidémiologiques d'une qualité et d'une exhaustivité exceptionnelle dont dispose la Suède, pays où les registres d'états civils depuis 1932 peuvent être croisés avec ceux incluant presque tous les patients depuis 1973. Il leur a été ainsi possible d'isoler une cohorte de 5 936 enfants autistes pour lesquels on disposait de l'âge des parents lors de leur naissance et de celui des grands-parents lors de la naissance de leurs parents. Les données démographiques de ces sujets ont été comparées à celles de 30 923 témoins non autistes. Ce travail a d'abord permis de confirmer la relation linéaire entre âge du père et risque d'autisme (probabilité multipliée par 2,26 après 50 ans). En revanche, l'âge de la mère à la naissance de son enfant ne semble pas influencer ce risque, tout au moins jusqu'à 40 ans. Une prédisposition qui saute les générations ? Surtout cette étude a révélé une relation statistiquement significative entre un âge élevé du grand-père (lors de la naissance d'un des parents) et la probabilité d'autisme chez son petit fils ou sa petite fille. Cette relation a résisté à divers ajustements (par l'année de naissance, le sexe de l'enfant, l'âge de l'épouse, les antécédents familiaux d'affections psychiatriques, le niveau d'éducation de la famille et le lieu de résidence). Au total, pour un homme, le risque ajusté d'avoir un petit-enfant autiste est multiplié par 1,79 s'il avait plus de 50 ans lors de la naissance de la mère (sa fille) de celui-ci (intervalle de confiance à 95 % [IC95] entre 1,35 et 2,37 ; p<0,001) et par 1,67 s'il avait plus de après 50 ans au moment de la naissance du père -c'est-à-dire son fils- de celui-ci (la comparaison étant faite dans les deux cas avec des hommes âgés de 20 à 24 ans à la naissance de leur enfant). Il est à noter qu'aucune relation n'a pu être établie entre l'âge des grand-mères au moment de la naissance de leurs enfants et ce risque majoré de troubles du spectre autistique à la deuxième génération. Comment interpréter ces résultats surprenants ? Compte tenu du fait qu'il s'agit d'une étude cas-témoins, certains estimeront peut-être que, malgré les ajustements réalisés, une explication non génétique à ce phénomène demeure possible, l'âge des grands-pères lors de la conception des parents d'un sujet pouvant influencer les relations intrafamiliales sur plusieurs générations. Cette hypothèse est cependant peut vraisemblable si l'on se souvient que l'âge des grands-mères n'a aucune incidence sur le risque d'autisme. Cette interprétation environnementale étant écartée, il reste le mécanisme génétique : une mutation de novo spécifique survenant dans les cellules germinales masculines favorisée par l'âge du père pourrait, soit entrainer directement une pathologie autistique dans la descendance (expliquant la corrélation positive entre l'âge du père et l'autisme), soit transmettre à la moitié de cette descendance une prédisposition à l'autisme qui ne s'exprimera qu'associée à une autre mutation... ou une prédisposition aux mutations germinales de novo qui pourrait expliquer une majoration de la probabilité d'autisme à la seconde génération... Quoi qu'il en soit, on pressent que cette découverte épidémiologique pourrait à terme permettre de mieux comprendre la physiopathologie de l'autisme et mettre au jour des cibles pour d'éventuels traitements.
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