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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 09:43
Le Journal of Internal Medicine annonce l'initiative d'un Consensus international sur l'Encéphalomyélite myalgique. Le blog de chronimed nous livre la traduction française de cet article récent, rédigé pour ''l'Association Française du Syndrome de Fatigue Chronique et de Fibromyalgie'', par le Dr. A. Rose.

On y apprend la création d'un Comité de Consensus chargé d'élaborer les critères du syndrome de fatigue chronique (SFC) désormais repéré comme "inflammation généralisée et ./. pathologie neurologique multi-systémique" ou «encéphalomyélite myalgique» (E.M). 

Dans cette étude le SFC sera peut-être enfin reconnu comme une maladie complexe où le type même de "fatigue" joue un rôle de révélateur : efforts minimes éprouvants, seuil bas de résistance, incapacité de prolonger une action, etc. Nombre de malades touchés par la neuro-borréliose se reconnaîtront. Mais notre système de sécurité sociale les reconnaitra-t-il à terme ?

Avant de crier victoire, attendons que la CPAM édite son formulaire ALD (Affection Longue Durée) orné de la nouvelle case à cocher par les médecins traitants: E.M. Non pas Erytheme migrans, ne rêvons pas, mais bien «Encéphalomyélite myalgique».

L'article du J. Of Internal Medicine, donne le détail des critères qui seront pris en compte :

 Epuisement "neuro-immunitaire" post-exercice (ENPE);
Troubles neurologiques;
 Déficience immunitaire;
Production d'énergie / troubles du transport ionique cellulaires.
L'article précise que pour un diagnostic d'EM, la gravité des symptômes doit se traduire par une réduction de 50%, ou plus, du niveau d'activité du patient par rapport à son activité avant sa maladie. 
Cependant peut-on penser que chronicité et adaptation pourraient produire un état clinique un peu différent de celui prévu sur le papier et ainsi fausser le diagnostic ?

Par exemple on peut se demander si un tel constat de réduction d'activité est toujours vérifiable lorsque le malade a été infecté in utero ou tôt dans son enfance ? 

Dans ce cas l'adaptation de son activité intellectuelle et physique au niveau de ses capacités se serait réalisée incognito... et le malade pourrait être classé dans la catégorie "enfant à problèmes... petite nature... asthmatique et/ou rhumatisant héréditaire... voire psycho-machin-truc..."

Néanmoins, le Consensus international part sur l'idée que le tableau clinique devrait permettre un repérage, un traitement et un suivi psychologique adaptés. 

Cette initiative de l'étude et de la classification du SFC officiellement en EM apportera, espérons-le, une ouverture pour les borréliens en errance.

Cf. : Encéphalomyélite myalgique: Consensus international sur les Critères de l'E.M. sur le blog de chronimed.   


Rédacteur: La Rédaction reseauborreliose.fr

Chronicité Consensus Encéphalomyélite myalgique Syndrome de FAtigue Chronique (SFC) 
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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 09:36
Coup de semonce sur l'IDSA par un de ses fondateurs !

Paraît en ce début d'année 2012, un important essai qui claque comme un coup de tonnerre: Le traitement de la maladie de Lyme chronique. 

51 études de cas. 

Son auteur, le Dr B. Waisbren, éminent membre fondateur de l'IDSA (International Diseases Society of America), cette prestigieuse et renommée Société médicale référente en matière de Lyme, commet là un livre qui fera grand bruit dans le petit univers des malades et le puissant monde des médecins infectiologues. 

Tout dans le titre dit déjà la bombe qui vient de tomber sur la tête de l'IDSA, siège du déni depuis des années, mais aussi du mépris à l'égard des médecins qui essaient de traiter la maladie.[1]

La non-chronicité du Lyme est en effet le fond de commerce de cette honorable institution scientifique. 

C'est là  "one of the biggest obstacles"[2]depuis les débuts américains de la borréliose : elle ne "pouvait pas" être chronique ! 

Tous les malades atteints depuis longtemps avaient "autre chose"; leurs souffrances relevaient de bien d'autres pathologies à moins qu'elles eussent été de simulation. 

Le réveil des frères ennemis

Ce discours fermé était celui de tous les médecins se reportant à la source sûre qu'était l'IDSA, une référence dans le monde de l'infectiologie qui permettait aux grands patrons français d'envoyer bouler sans ménagement les plaignants et de les classer souvent en malades psychiatriques; une référence que seul, l'ILADS, International Lyme and Associated Diseases Society, contestait en mettant en lumière co-infections et chronicité.  

Autant dire que pour les deux frères ennemis ce revirement d'un membre va les opposer de plus belle.

Non seulement le Dr B. Waisbren affirme la réalité de cette maladie chronique et de la kyrielle de ses co-infections, mais aussi la responsabilité de l'IDSA dans le blocus des traitements. 

Sérieux coup de semonce sur le navire amiral des certitudes scientifiques ! La suite des événements dira quelle figure l'IDSA adoptera.

L'IDSA : des preuves, des preuves !

La Société américaine s'arcboutait toujours sur sa position d'incontournable référent de Lyme -
 "Ne changeons rien tout est parfait dans nos "Guidelines""-, confortée depuis des décennies par le groupe de Lyme Desease Review :  : 
"A special Review Panel has unanimously agreed that no changes need be made to IDSA's Lyme disease guidelines, and the medical evidence does not support long-term antibiotic treatment." [3]

"Unanimement agréées", ces recommandations s'appuient sur des "medical evidence", preuves irréfutables gravées dans le marbre de l'éternité.  

Encore dernièrement, l'IDSA se prévalait de l'encensement de Lyme Disease Review : "./. guidelines were based on the highest-quality medical and scientific évidence available at the time and are supported by evidence that has been published in more recent years." [4] 

Mais c'est pourtant bien cette question de la "preuve" qui fait problème s'insurge Waisbren, la chronicité n'étant pas selon lui, en l'état de la Recherche, mesurable par des analyses pas plus que les bactéries ne se laissent attraper au premier Elisa venu.

Que Lyme diseases Review accorde tout crédit à l'action de l'IDSA, c'est un peu comme lorsque l'AFSSAPS, financé à + de 80% par les laboratoires privés, couvrait Servier.

La réalité des cas cliniques

Ancien chef d'hôpital et directeur de cliniques, le Dr Waisbren a près de 60 ans de recherche et de publications en immunologie et maladies infectieuses derrière lui, notamment depuis 1989, et surtout à partir de l'étude de cas de Lyme entre 2007 et 2011. 

Les 51 cas de patients étudiés dans le livre apporte les exemples et les "évidences", suivant Waisbren. 

La certitude d'une épidémie et de la gravité du fléau ont autorisé ce praticien de terrain à parler enfin de la chronicité qu'il a constatée et à expliquer les traitements qu'il a pu mettre en place.

Son essai est présenté sur Lymebooks avec l'évocation des chapitres abordés : l'étude du syndrome, la prévention, les problèmes posés par la question du vaccin, le blocage de l'IDSA, les co-infections et les résistances microbiennes, le rapport avec les SLA, la sclérose en plaques, la fibromyalgie etc., les protocoles envisagés, le dépistage et la question du test par Western Blot, la présentation de nouvelles études et pistes de recherche. 

Autant dire que c'est un tour complet de la question en reprenant un à un tout ce qui pose problème.

Le scandale. Les habits neufs d'un empereur mis à nu !

Sur le site de sa clinique, on lit la présentation du travail du Dr Waisbren sur la maladie de Lyme, une introduction qu'il a intitulée avec humour "Les habits neufs de l'empereur". 

On connaît peut-être ce conte d'Andersen que le médecin va se charger de nous rappeler:
Quand on se trouve face à la douleur, la fatigue, des troubles, symptômes divers, des maladies auto-immunes...  et quand on est démuni, c'est qu'il se passe quelque chose de grave dit Waisbren. 

Mais le plus grave c'est l'IDSA ajoute-t-il, l'IDSA à l'origine de cette directive empêchant le malade d'être traité. 

Pour comprendre ce déni, ce qu'il appelle une "énigme", Waisbren suppose que les experts des Guidelines de l'IDSA ont vu ce qu'ils voulaient voir dans la maladie de Lyme, comme la foule des courtisans voit, contre toute évidence, les beaux habits de l'empereur, pourtant nu. 

L'affirmation est terrible et confine au scandale :

"C'est une énigme qu'un groupe de médecins respectés, membres de l'Infectious Disease Society of America, n'aient pas reconnu cela et, au contraire, qu'ils aient écrit une directive niant l'existence du syndrome. 

Cette directive a rendu impossible le traitement de centaines de patients pour la maladie de Lyme chronique."[5]

Dans le conte d'Andersen, malgré les faux fils d'or et la poudre aux yeux, un enfant innocent que la nudité de l'empereur choque, s'écrit : "Mais il n'a pas de vêtements !" [6] De même, les médecins décillés peuvent dire à propos de leurs patients : "Mais ils sont vraiment malades!" [7] L'empereur est nu; Waisbren le démontre, s'attaquant à forte partie et à une querelle de longue date.

Querelles des chroniques et des anti-chro. sur le dos des malades

Sur la page Santé du Chicago Tribune un article très intéressant (daté de décembre 2010) permet de comprendre en peu de mots la querelle en cours.

 Il s'agit d'un plaidoyer explicite et assez fruste pour l'IDSA et ses directives.

 Il est probable qu'il se trouve du côté adverse des plaidoyers aussi peu subtils. Dans l'article en question, tous les raisonnements des anti-lyme-chroniques sont abordés.

 Sont accusés ces médecins antipathiques et avides au gain qui utilisent l'argument de "ce qu'ils croient une infection persistante" (sic) pour diagnostiquer n'importe quel cas comme atteint de Lyme et surtout pour mettre en danger (mortel) leurs patients en leur ordonnant des antibiotiques plus que de règle (la règle des 28 jours exclusifs s'entend), "ce qui peut coûter des millions de dollars"(sic). 

Les journalistes du quotidien s'appuient sur le grand leitmotiv des "preuves" (entendez des tests irréfutables) et dénoncent des essais cliniques qui ne fonctionnent pas et dangereux. 

Tous ces médecins corrompus par l'argent font des prescriptions dangereuses (trop d'antibiotiques) ou aberrantes (traitements "alternatifs" !), écrivent-ils. 

Les journalistes semblent choqués qu'ils ne soient pas assez poursuivis et sanctionnés, alors que les gens sérieux et responsables (de l'IDSA) font l'objet d'une "vaste conspiration" (sic). 

Malades roulés dans la farine, groupes de défense "agressifs", procès, plaintes, organisés sans doute par l'ILADS et ses membres aux conceptions déviantes, opposées à celles, raisonnées, de l'IDSA. 

Et en somme conclut l'article, tout ça pour une maladie (Lyme chronique) qui n'existe même pas si ça se trouve et dont le traitement par les sorciers, ou charlatans (de l'ILADS ?) est "une véritable menace pour nous tous"! 

"Charlatans", c'est ce même terme qui est repris par les infectiologues européens pour accuser tout praticien dès qu'il s'occupe de malades de Lyme. 

On comprend dès lors comment, avec une telle ambiance, la partie qui s'engage promet d'être chaude et pas forcément pour le gain immédiat des malades. 

Mais qu'est-ce qui pousse l'IDSA dans le déni ?

Or les médecins comme Le Dr Waisbren sont loin d'être des charlatans, et c'est pour cette raison que celui-ci cherche les raisons d'un tel blocage à l'IDSA.

l'aveuglement ? (voir à tous prix les habits neufs de l'empereur), occupé de seules preuves impossibles; le regard avec des œillères, droit fixé sur des données séparément sans rapports entre elles.

la soumission à quelques experts non spécialistes, mais bien sûr faisant autorité ?

la peur face aux dépenses à engager dans des traitements empiriques tous azimuts ?

l'influence de raisonnements déductifs qui empêchent toute attention aux paroles du patient. 

Waisbren prône les études inductives et argumente sur les voies empiriques. Donnez un traitement et vous verrez les réactions, dit-il, plutôt que de laisser en souffrance tous ses patients !

Terminant son article, il renvoie à ses analyses; on lira en particulier le très instructif The Management of Chronic Lyme disease, "la gestion de la maladie de Lyme".

L'article propose aussi des liens vers le site de l'ILADS et notamment vers la "brillante critique" (sic) par le Dr Philipps des directives de l'IDSA : 
Activ  Infection: Evidence of Persistence in Chronic Lyme Disease, "Infection active: la Preuve de la Persistance de la maladie de Lyme chronique".[8]

"Absence of Proof does not equal Proof of Absence"

B. Waisbren emploie l'expression du savant astronome Carl Sagan : "L'absence de la preuve n'est pas la preuve de l'absence"[9]. 
C'est la même formule qu'en 2007, en conclusion de son intervention à Lugano, "Nano-elements of Pathogenic Micro-organisms", le Professseur Luc Montagnier, autre figure de la science hors cadre, citait également[10]

Réévaluant la solidité des piliers du cartésianisme et l'assurance dans les Vérités définitives essentialistes, bon nombre de chercheurs, spécialistes, simples praticiens, tentent d'appréhender différemment leurs objets d'études. 

L'écoute du patient devient primordiale, l'interdisciplinarité, l'attention aux toutes nouvelles pistes créées souvent par les nouvelles technologies et la plus grande ouverture d'esprit possibles les caractérisent. 

Quand Waisbren fait le choix de la démarche inductive et de l'empirisme (et il se met ainsi sous le haut patronnage du philosophe Francis Bacon[11]), il aborde une conception du monde radicalement opposée à celle de l'IDSA et des adeptes de la méthode hypothético-déductive initiée par Claude Bernard,[12] 

Aux preuves épistémologiques basées sur la déduction à partir d'hypothèses de départ intangibles, il préfère la preuve par un réseau de possibilités étayant peu à peu les convictions induites. 

Difficile position mais qui permet selon lui de ne pas s'en tenir aux acquis et d'aller de l'avant.

 Le chercheur peut ne rien trouver parce qu'il n'a rien trouvé (preuve a priori de l'absence), mais il peut aussi ne rien trouver parce qu'il n'a pas la possibilité de voir ce qui pourrait se trouver là (absence de preuves - par manque de moyens ou de savoir).

Le Dr Waisbren appelle les médecins confrontés à la maladie à publier et échanger les informations sur les bases de travail qu'il suggère, dégagés des œillères du passé.

Un livre qui révolutionne à bien des égards le microcosme de l'infectiologie et remet en lumière le problème dramatique des malades laissés pour compte.


Notes

[1] "This prestigious organization has denied the scientific validity of chronic Lyme disease and looks down upon the Lyme-literate physicians who treat it." Présentation du livre de B. Waisbren sur Limebook

[2] idem Limebook

[3] C'est nous qui soulignons. Communiqués de presse de l'IDSA. Trad°: " Un comité d'examen spécial a unanimement convenu qu'aucun changement ne devait être fait aux directives d'IDSA sur la maladie de Lyme, et que la preuve médicale ne supportait pas à long terme un traitement antibiotique."

[4] C'est nous qui soulignons. Communiqués de presse de l'IDSA. Rapport final Trad°: "Dans ce rapport de 65 pages une commission d'examen spéciale conclut que les directives de l'IDSA de 2006 sur la maladie de Lyme ont été basées sur les meilleures preuves médicales et scientifiques disponibles à ce jour et sont soutenues par des preuves publiées dans les années plus récentes.

[5] The Emperor's New Clothes, Chronic Lyme Disease, and the Infectious Disease Society of America : "It's a conundrum why a group of respected physicians who are members of the Infectious Disease Society of America have not recognized this and have, instead, written a guideline that essentially denies that the syndrome exists. This guideline has resulted in literally hundreds of patients unable to be treated for Chronic Lyme disease."

[6] LES HABITS NEUFS DU GRAND-DUC est un des contes danois d'Andersen paru en 1871. L'histoire en est édifiante. Le grand-duc cheminait fièrement à la procession, chacun admirant son habit: (Extraits, fin du conte) "- Comme la coupe en est parfaite ! » ./. "Jamais les habits du Grand Duc n'avaient excité une telle admiration." « — Mais il me semble qu'il n'a pas du tout d'habit, observa un petit enfant. — Seigneur Dieu, entendez la voix de l'innocence ! » dit le père. Et bientôt on chuchota dans la foule en répétant les paroles de l'enfant. « Il y a un petit enfant qui dit que le grand-duc n'a pas d'habit du tout! — Il n'a pas du tout d'habit ! » s'écria enfin tout le peuple. Le Grand Duc en fut extrêmement mortifié, car il lui semblait qu'ils avaient raison. Cependant il se raisonna et prit sa résolution : « Quoi qu'il en soit, il faut que je reste jusqu'à la fin ! » Puis, il se redressa plus fièrement encore, et les chambellans continuèrent à porter avec respect la queue qui n'existait pas." Les illustrations de cet article sont issues du texte libre de droits imprimable sur Gallica, la bibliothèque numérique de la BNF. Contes d'Andersen, traduits du danois par D. Soldi, avec une notice biographique par X. Marmier, Hachette (Paris), 4e Ed° 1871, Vignettes de Bertall.

[7] Idem : "The physicians who wrote and signed the guidelines of the Infectious Disease Society of America may have seen what they expected to see in the manner of the populace described in the Hans Christian Anderson's perceptive fairy tale, “The Emperor's New Clothes.” In Hans Christian Anderson's story, a little boy turns the tide by yelling out, “But the emperor has no clothes!” At the present time we must await the time when many will yell out “These patients are sick!”

[8] Ces liens renvoient aux "auditions" des spécialistes de l'ILADS à l'IDSA même, en juillet 2009, venant présenter leur opposition aux Guidelines" de 2006. Plusieurs documents sont téléchargeables sur le site de l'ILADS.

[9] Carl Sagan, brillant astronome, grand vulgarisateur scientifique, savant réputé pour son ouverture d'esprit hors du commun. Ce sont ses réflexions et notamment sur les espaces planétaires habités ou pas qui le firent connaître du public non initié. Le site officiel

[10] Cf. Conférence du Nobel de médecine 2008 le 27 octobre 2007 à Lugano.

[11] Francis Bacon suppose dès le XVIIe siècle que toutes les théories scientifiques s'élaborent en fonction de notre point de vue, ne sont pas neutres et détournent les résultats. Cf. BNF Gallica, Tous les savoirs du monde, textes en français. Projet Gütenberg, œuvres en ligne en anglais

[12] Claude Bernard est considéré comme l’un des principaux initiateurs de la démarche expérimentale hypothético-déductive, formalisée souvent (et parfois rigidifiée) dans l’enseignement par « OHERIC » pour : Observation - Hypothèse - Expérience - Résultat - Interprétation - Conclusion. "C’est d’ailleurs une démarche tronquée par rapport à celle présentée dans la Médecine Expérimentale. Il y manque deux étapes fondamentales : On ne peut pas donner d’hypothèse sans avoir posé le problème à résoudre, puisqu’une hypothèse est une réponse possible à une question suscitée par une observation. L’expérience teste la conséquence vérifiable de l’hypothèse." 

Rédacteur: Speed Rocket
PUBLIÉ LE LUNDI 23 JANVIER 2012 
Chronicité Controverse Guidelines IDSA ILADS Livre Maladie de Lyme Patients
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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 00:17
Strasbourg Un laboratoire fermé un mois par l’ARS

Maladie de Lyme : guerre des tests

L’Agence régionale de santé (ARS) a rendu publique une décision de fermer un mois un laboratoire strasbourgeois en arguant du fait que des tests de dépistage de la maladie de Lyme avaient été « déclarés positifs à tort ». La propriétaire du laboratoire dénonce un règlement de comptes sur fond de querelle des tests.

Dans un communiqué diffusé en fin d’après-midi, l’ARS fait savoir que le laboratoire de biologie médicale Schaller est fermé pour un mois, en raison de « conditions de fonctionnement non conformes aux normes […] eu égard notamment aux conditions d’hygiène, de sécurité des personnels, de conformité des locaux et de contrôle de qualité interne ». L’ARS ajoute dans le même communiqué que « les premières investigations semblent montrer que seuls les tests diagnostic de la maladie de Lyme réalisés par ce laboratoire seraient en cause » et que « des tests auraient été déclarés positifs à tort ».

Le laboratoire fermé depuis le 12 février a un mois pour se mettre en conformité avec la réglementation. Il est tenu d’informer les médecins prescripteurs.

Il est rare que l’ARS communique ce genre de décision et celle-ci a provoqué dans la soirée une vive réaction de la propriétaire du laboratoire incriminé fondé il y a 24 ans, Viviane Schaller.

Concernant les conditions d’hygiène, elle explique que les reproches avancés par l’ARS portent sur l’absence d’un local où doivent être isolés les déchets biologiques, les procédures étant par ailleurs rigoureusement respectées. « Nous faisons ce qu’il faut, avec un service habilité. D’autres laboratoires sont dans notre cas ».

Une procédure différente de celle préconisée par les autorités
Ce qui est en cause dans cette affaire, estime-t-elle, c’est le choix qu’elle a fait depuis 2007 d’utiliser une procédure différente de celle préconisée par les autorités pour le dépistage de la maladie de Lyme provoquée par les tiques particulièrement répandues dans les forêts vosgiennes.

« La maladie de Lyme provoque une variété de pathologies très différentes. Il y a quelques années, j’ai été confrontée à des cas de tests négatifs en respectant la réglementation édictée par les professeurs Christmann et Jaulhac, alors que les médecins considéraient que leurs patients présentaient des symptômes liés à la maladie de Lyme. En utilisant un deuxième test et une technique différents de ceux utilisés en première intention, les résultats étaient positifs », explique Viviane Schaller.

Aujourd’hui, affirme-t-elle, elle fait les frais du choix « légitime et légal » d’utiliser en deuxième intention un test de fabrication allemande (western blot, commercialisé par ALL-DIAG et fabriqué par Mikrogen à Munich), en complément du test utilisé en première intention, le test Vidas Lyme, selon la procédure ELISA et fabriqué par bioMérieux. Le laboratoire strasbourgeois est un des rares à utiliser le test allemand, beaucoup plus cher que celui recommandé, mais qui balaie plus large, affirme en substance M me Schaller.

« Les demandes de dépistage ont augmenté de mois en mois, nous en réalisons de 12 000 à 15 000 par an et sommes sollicités par une bonne centaine de médecins ».

La biologiste a été la cible de plainte des caisses, elle a été convoquée devant le conseil de l’ordre et son laboratoire a fait l’objet de deux inspections, le 17 janvier et les 6 et 7 février. Tout cela, accuse-t-elle, résulte d’un règlement de comptes : « On veut me démolir, alors que je dénonce un problème de santé publique. C’est un scandale ».

Christian Bach
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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 20:39
TOP TEN TIPS TO PREVENT CHRONIC LYME DISEASE
by THE INTERNATIONAL LYME AND ASSOCIATED DISEASES SOCIETY

Chronic Lyme disease patients may face a long hard fight to wellness. People with chronic Lyme can have many debilitating symptoms, including severe fatigue, anxiety, headaches, and joint pain.

Without proper treatment, chronic Lyme patients have a poorer quality of life than patients with diabetes or a heart condition.

The fact is Lyme is a complex disease that can be highly difficult to diagnose. Reliable diagnostic tests are not yet available which leaves many—patients and physicians alike—relying on the so called "telltale signs" of Lyme disease: discovery of a tick on the skin, a bull's eye rash, and possibly joint pain. However, ILADS research indicates that only 50%-60% of patients recall a tick bite; the rash is reported in only 35% to 60% of patients; and joint swelling typically occurs in only 20% to 30% of patients. Given the prevalent use of over the counter anti-inflammatory medications such as Ibuprofen, joint inflammation is often masked.

Based on these statistics, a significant number people who contract Lyme disease are misdiagnosed during the early stages, leading to a chronic form of the disease which can prove even more difficult to diagnose and treat. Lyme disease is often referred to as the "great imitator" because it mimics other conditions, often causing patients to suffer a complicated maze of doctors in search of appropriate treatment. ILADS is committed to the prevention of chronic Lyme disease. The following tips are designed to offer guidance and minimize the risk of contracting chronic Lyme disease.

1. Know that Lyme disease is a nationwide problem
Contrary to popular belief, Lyme disease is not just an "East Coast" problem. In fact, in the last ten years, ticks known to carry Lyme disease have been identified in all 50 states and worldwide. Although the black legged tick is considered the traditional source of Lyme disease, new tick species such as the Lonestar tick and a pacific coast tick, have been found to carry Borrelia burgdorferi, the corkscrew-shaped bacterium that causes Lyme disease.

Avoiding a tick bite remains the first step in preventing chronic Lyme disease. One needn't have been "hiking in the woods" in order to be bitten by a tick. There can be ticks wherever there is grass or vegetation, and tick bites can happen any time of year. Spraying one' s clothes with DEET-containing insecticide, wearing long sleeves and long pants, and "tucking pants into socks" , continue to be the best ways to avoid ticks attaching to the skin. But don't forget the post-walk body check.
2.Check your tick facts
Ticks can vary in size from a poppy-seed size nymphal tick to a sesame-seed size adult tick. The ticks can carry other infectious agents besides the spirochete that causes Lyme disease, including Ehrlichia, Anaplamosis, Babesia, and Bartonella. Lyme disease can sometimes be hard to cure if these other infections are not treated at the same time.

3.Show your doctor every rash
The bull's eye rash is the most famous, but there are many other types of rashes associated with Lyme disease. In fact, Lyme disease rashes can be mistaken for spider bites or skin infections. Take photos and make sure a medical professional sees the rash before it fades.

4.Don't assume that you can't have Lyme disease if you don 't have a rash
Lyme disease is difficult to diagnose without a rash, Bell's palsy, arthritis, or meningitis, but you can still have Lyme and not have any of those signs or symptoms. Many people react differently to the infection and experience fatigue, headaches, irritability, anxiety, crying, sleep disturbance, poor memory and concentration, chest pain, palpitations, lightheadedness, joint pain, numbness and tingling.

5.Do not rely on test results
Currently there is no reliable test to determine if someone has contracted Lyme disease or is cured of it. False positives and false negatives often occur, though false negatives are far more common. In fact, some studies indicate up to 50% of the patients tested for Lyme disease receive false negative results. As a result, the CDC relies on physicians to make a clinical diagnosis based on a patient's symptoms, health history, and exposure risks. Doctors who are experienced in recognizing Lyme disease will treat when symptoms typical of the illness are present, even without a positive test, in an effort to prevent the development of chronic Lyme disease.

6.Be aware of similar conditions
Chronic Lyme disease is called the "great imitator" because it is often misdiagnosed as another condition such as Multiple Sclerosis, Fibromyalgia, chronic fatigue, or anxiety. Misdiagnosis is a common experience for patients with chronic Lyme disease. Treatments that work for these other illnesses are not appropriate for treating Lyme disease. Currently, the only effective treatment for Lyme disease is antibiotics. Ask your doctor to carefully evaluate you for Lyme disease even if your tests are negative.

7."Wait and See" approach to treatment may be risky
Up to fifty percent of ticks in Lyme-endemic areas are infected with Lyme or other tick-borne diseases. With odds like that, if you have proof or a high suspicion that you've been bitten by a tick, taking a "wait and see" approach to deciding whether to treat the disease has risks. The onset of Lyme disease symptoms can be easily overlooked or mistaken for other illnesses. Once symptoms are more evident the disease may have already entered the central nervous system, and could be hard to cure. This is one case in which an ounce of prevention really is worth a pound of cure.

8.Don't be afraid to get a second opinion
Recognize that opinions on how to diagnose and treat Lyme disease vary widely among physicians. It is worth getting a second or even a third opinion, especially if you are symptomatic and your doctor advises not to treat, or symptoms recur or persist after treatment. Keep in mind that your physician may focus too narrowly on diagnosing and treating a single symptom. For example, a physician may diagnose a pain in your knee as "arthritis", and not see this as just one part of a larger set of symptoms that adds up to a diagnosis of Lyme disease, which requires different treatment.

9.Know your treatment options
Work with your doctor to identify the appropriate treatment option if your symptoms persist. There is more than one type of antibiotic available. Longer treatment is also an option. You should also work with your doctor to make sure you don't have another condition.

10.Expect success
You should expect to get better. You should not accept "watchful waiting" - the practice of stopping antibiotic treatment before you are well and then waiting for symptoms to clear on their own. Some doctors advocate stopping Lyme treatment while the patient is still symptomatic and then hoping that he or she will eventually recover without further treatment. Government trials have identified a number of individuals whose symptoms did not clear when treatment was cut off prematurely. There are doctors who feel your symptoms will clear with further antibiotic treatment.

About ILADS
ILADS is a nonprofit, international, multidisciplinary medical society, dedicated to the diagnosis and appropriate treatment of Lyme and its associated diseases. ILADS promotes understanding of tick"borne diseases through research and education and strongly supports physicians and other health care professionals dedicated to advancing the standard of care for Lyme and its associated diseases.
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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 20:27
Ann Neurol. 2011 Sep 2. doi: 10.1002/ana.22620.

Inflammation during fetal and neonatal life: Implications for neurologic and neuropsychiatric disease in children and adults.

Hagberg H, Gressens P, Mallard C.
Source
Department of Obstetrics and Gynecology, Institute of Clinical Sciences, Sahlgrenska Academy, Gothenburg University, Gothenburg, Sweden; Institute of Reproductive and Developmental Biology, Imperial College London, Hammersmith Campus, London, United Kingdom. henrik.hagberg@obgyn.gu.se.

Abstract

Inflammation is increasingly recognized as being of both physiological and pathological importance in the immature brain.

The rationale of this review is to present an update on this topic with focus on long-term consequences of inflammation during childhood and in adults.

The immature brain can be exposed to inflammation in connection with viral or bacterial infection during pregnancy or as a result of sterile central nervous system (CNS) insults.

Through efficient anti-inflammatory and reparative processes, inflammation may resolve without any harmful effects on the brain.

Alternatively, inflammation contributes to injury or enhances CNS vulnerability.

Acute inflammation can also be shifted to a chronic inflammatory state and/or adversely affect brain development.

Hypothetically, microglia are the main immunocompetent cells in the immature CNS, and depending on the stimulus, molecular context, and timing, these cells will acquire various phenotypes, which will be critical regarding the CNS consequences of inflammation.

Inflammation has long-term consequences and could speculatively modify the risk of a variety of neurological disorders, including cerebral palsy, autism spectrum disorders, schizophrenia, multiple sclerosis, cognitive impairment, and Parkinson disease.

So far, the picture is incomplete, and data mostly experimental.

Further studies are required to strengthen the associations in humans and to determine whether novel therapeutic interventions during the perinatal period can influence the occurrence of neurological disease later in life.

Ann Neurol 2012;
Copyright © 2012 American Neurological Association.
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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 20:22
Brain Behav Immun. 2012 Jan 30.
Maternal immune activation yields offspring displaying mouse versions of the three core symptoms of autism.
Malkova NV, Yu CZ, Hsiao EY, Moore MJ, Patterson PH.
Source
Biology Division, California Institute of Technology, Pasadena, CA 91125, United States.

Abstract

The core symptoms of autism are deficits in social interaction and language, and the presence of repetitive/stereotyped behaviors.

We demonstrate that behaviors related to these symptoms are present in a mouse model of an environmental risk factor for autism, maternal infection.

We stimulate the maternal immune system by injecting the viral mimic poly(I:C) during pregnancy, and analyze the social and communicative behaviors of the offspring.

In one test, young pups respond to a brief separation from the mother with ultrasonic vocalizations (USVs).

We find that, compared to pups born to saline-injected mothers, pups born to maternal immune activation (MIA) mothers produce a lower rate of USVs in the isolation test starting at day 8.

The quality of the vocalizations is also different; analysis of sound spectrograms of 10day-old pups shows that male pups from MIA mothers emit significantly fewer harmonic and more complex and short syllables.

These communication differences are also apparent in adult offspring.

Compared to controls, adult MIA males emit significantly fewer USVs in response to social encounters with females or males, and display reduced scent marking in response to female urine.

Regarding a second autism symptom, MIA males display decreased sociability.

In a third test of characteristic autism behaviors, MIA offspring exhibit increased repetitive/stereotyped behavior in both marble burying and self-grooming tests.

In sum, these results indicate that MIA yields male offspring with deficient social and communicative behavior, as well as high levels of repetitive behaviors, all of which are hallmarks of autism.
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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 20:14
Prenatal immune challenge compromises the normal course of neurogenesis during development of the mouse cerebral cortex.

AuthorsSoumiya H, et al. Show all Journal
J Neurosci Res. 2011 Oct;89(10):1575-85.

Affiliation
Laboratory of Molecular Biology, Department of Biofunctional Analysis, Gifu Pharmaceutical University, Gifu, Japan.

Abstract
Maternal infection during pregnancy is an environmental risk factor for the development of severe brain disorders in offspring, including schizophrenia and autism.

However, little is known about the neurodevelopmental mechanisms underlying the association between prenatal exposure to infection and the emergence of cognitive and behavioral dysfunctions in later life.

By injecting viral mimetic polyriboinosinic-polyribocytidylic acid (Poly I:C) into mice, we investigated the influence of maternal immune challenge during pregnancy on the development of the cerebral cortex of offspring.

Our previous study showed that stimulation of the maternal immune system compromised the expression properties of transcription factors and the synaptogenesis of cortical neurons in upper layers but not those in deeper layers.

The objective of the current study was to examine further whether maternal immune challenge has an influence on the cellular-biological features of the cortical progenitors that generate distinct cortical neuronal subtypes.

We found the following abnormalities in the cortex of mice given the prenatal Poly I:C injection during later stages of cortical neurogenesis.

First, proliferative activity and the expression of Pax6, which is a master regulator of the gene expression of transcription factors, were significantly decreased in the cortical progenitors.

Second, the laminar allocation and gene expression were significantly altered in the daughter neurons generated at the same birth dates.

These results demonstrate that specific abnormalities in the cortical progenitors preceded deficits in neuronal phenotypes.

These changes may underlie the emergence of psychiatric brain and behavioral dysfunctions after in utero exposure to an infection.
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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 12:29
Des antibiotiques contre l'Autisme Pr Montagnier Le Monde

http://www.afg-web.fr/IMG/pdf/Le_Monde_2010-12-11.pdf
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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 12:20
Luc Montagnier, Nobel de médecine, veut lancer un essai fondé sur la prise prolongée d’anti-infectieux, en s’appuyant sur l’hypothèse controversée de la mémoire de l’eau. L’information a été dévoilée, jeudi 9 décembre, par Declan Butler, journaliste chevronné de l’hebdomadaire scientifique britannique Nature : le professeur Luc Montagnier projette de réaliser en France un essai clinique afin d’évaluer les effets bénéfiques possibles de la prise prolongée d’antibiotiques chez des enfants autistes. Cette expérimentation laisse perplexes des spécialistes de l’autisme. Luc Montagnier, co-lauréat du prix Nobel de médecine en 2008 pour la découverte du virus du SIDA, devrait utiliser, a côté de techniques biologiques classiques, des procédés qui évoquent la théorie très controversée de la « mémoire de l’eau ». Proposée en 1988 par le professeur Jacques Benveniste, elle supposait que l’eau garde une mémoire des substances qu’elle avait contenues, alors que des dilutions avaient fait disparaitre ces substances de la solution aqueuse. L’entourage du professeur Montagnier confirme ce projet, qui n’a pas encore été soumis à l’approbation d’un comité d’éthique. L’essai pilote rechercherait, selon Nature, la trace d’infections chez 30 enfants autistes, ainsi que chez une vingtaine d’enfants indemnes, à des fins de comparaison. Les enfants prendraient ensuite des antibiotiques pendant plusieurs mois et leur évolution serait évaluée. Afin de mener à bien ces travaux, Luc Montagnier bénéficierait d’un financement de plus de 30 000 euros de la part de l’Autism Research Institute, basé à San Diego (Californie). Cf article du Monde ci-joint en date du 11 décembre 2010 : Le Monde édition du 11 décembre 2010 en pdf Ces théories sont très controversées mais le sont encore plus celles fondées sur la prise de vitamines et l’application absurde de régimes alimentaires pour traiter l’autisme et non pour des troubles associés distincts et spécifiques. Là aussi, un circuit parallèle s’installe, souvent bien juteux, profitant du désespoir des familles touchées par le handicap.
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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 12:12
Depuis des décennies, la question de la définition et du traitement de l'autisme - déclarée grande cause nationale pour l'année 2012 - est devenue l'enjeu d'une bataille juridico-politique, avec insultes et procès, au point qu'on se demande comment des parents, des thérapeutes (pédiatres, psychiatres, psychanalystes), des députés et des chercheurs ont pu en arriver à ce point de détestation réciproque. Violemment hostile à Freud, à la psychanalyse et à ses héritiers, la cinéaste Sophie Robert, soutenue par les auteurs du Livre noir de la psychanalyse (Les Arènes, 2005), a été conspuée après avoir filmé, dans un documentaire que l'on a pu regarder sur internet pendant des semaines, des thérapeutes connus pour leur adhésion à une psychologie oedipienne de comptoir. Selon eux, les mères seraient responsables des troubles psychiques de leurs enfants, y compris l'autisme, maladie aux multiples visages. Ces représentants du discours psychanalytique se réclament de Sigmund Freud, de Donald W. Winnicott, de Jacques Lacan ou de Melanie Klein en oubliant une règle élémentaire : les concepts ne doivent jamais se transformer en jugements à l'emporte pièce ou en diagnostics foudroyants. Un concept n'aboie pas. Il n'est question dans ce film que de mères "crocodiles", "froides", "dépressives" ou incapables «d'expulser de leur corps le rejeton qu'elles n'auraient jamais désiré». Pour les avoir ridiculisés en montant des séquences à charge, Sophie Robert a été poursuivie devant les tribunaux par trois d'entre eux qui ont obtenu que les passages les concernant soient retirés du film (jugement rendu par le tribunal de Lille, le 26 janvier 2012). Elle a aussitôt interjeté appel de cette décision de justice qui ne change rien au problème de fond, puisque la vulgate de la "mère pathogène" et de la loi nécessaire "du père séparateur" est bel et bien présente dans le discours psychanalytique contemporain. Et c'est en son nom qu'une partie de la communauté psychanalytique française est entrée en guerre en 1999 contre les homosexuels désireux d'adopter des enfants tout en s'opposant, du même coup, aux nouvelles pratiques de procréation assistée, et plus récemment encore à la gestation pour autrui (GPA, "mères porteuses"). Ce discours, fondé sur la naturalisation de la famille et de la différence des sexes, a été critiqué par les féministes, les sociologues, les anthropologues, les philosophes et les historiens de la famille : notamment Elisabeth Badinter. Méconnaissant l'évolution des moeurs et les progrès de la science, voilà que ces praticiens - qui ne représentent en rien l'ensemble des cliniciens d'orientation psychanalytique - sont à leur tour interpelés par la loi en la personne d'un député UMP du Pas-de-Calais, Daniel Fasquelle, président du groupe d'études parlementaires sur l'autisme, qui s'apprête à déposer devant le Parlement une proposition de loi visant à abolir toute approche psychanalytique dans l'accompagnement des enfants autistes. Que s'est-il donc passé en France pour qu'un élu de la République en vienne à croire qu'une question scientifique puisse être résolue par des poursuites judiciaires? Après les lois mémorielles restreignant la liberté de penser des historiens, verra-t-on des juges pourfendre la doctrine freudienne devant des tribunaux? C'est en 1907 que le psychiatre suisse Eugen Bleuler invente le terme d'autisme, à partir de celui d'auto-érotisme, pour désigner un repli sur soi de nature psychotique (folie) et une absence de tout contact pouvant aller jusqu'au mutisme. En 1943, le pédiatre autrichien Leo Kanner transforme l'approche en sortant l'autisme infantile précoce du domaine des psychoses. Il émigrera aux Etats-Unis et poursuivra ses travaux. Mais, en 1944, un autre pédiatre viennois, Hans Asperger, qui avait lui-même été atteint dans son enfance, décrit "l'autisme de haut niveau", caractérisé par une absence d'altération du langage et une capacité de mémorisation inhabituelle. En témoigne l'inoubliable Raymond Babbit, interprété par Dustin Hoffman dans Rain Man, le film de Barry Lewinson (1988). Aujourd'hui, et dans cette perspective, l'autisme est considéré comme une maladie organique dont l'une des causes serait une perturbation des circuits neuronaux au cours de la vie foetale. De son côté, Bruno Bettelheim, psychanalyste autrichien, déporté à Dachau puis à Buchenwald, inventa un traitement spécifique de l'autisme en devenant, en 1944, le directeur de l'Ecole orthogénique de Chicago. Comparant cet état à une situation extrême, semblable à l'enfermement concentrationnaire, et favorisé par le désir destructeur des mères, il sera accusé à tort, après sa mort, d'avoir fait de son école un goulag. A vrai dire, il ne mérite aujourd'hui ni légende dorée, ni légende noire. D'autant que l'approche psychanalytique des enfants autistes et psychotiques eut pour effet, sur cette lancée - de Margaret Mahler à Frances Tustin, puis de Françoise Dolto à Jenny Aubry ou Maud Mannoni - de les extirper d'un destin asilaire. Dans un livre magistral, L'enfant qui s'est arrêté au seuil du langage (Aubier, 2008, Le Monde du 18 avril 2008), Henri Rey-Flaud, psychanalyste et professeur émérite à l'Université de Montpellier, a fort bien décrit, à partir d'une sérieuse étude de cas, mais aussi en s'appuyant sur des récits publiés par les autistes de haut niveau - Temple Grandin, par exemple - le monde particulier des enfants autistes, un monde de souffrance, de silence et de rituels insolites. Ces enfants, - environ quatre sur mille et en majorité des garçons - s'expriment avec des gestes et des cris. Ils sont parfois violents, ils ont l'air d'accomplir des tâches incohérentes et ont donc besoin d'être pris en charge en permanence par leurs parents et par des équipes de thérapeutes et d'éducateurs qui les font vivre à leur rythme, tout en les soignant. On aurait pu rêver, comme le laisse entendre cette description, à une possible entente entre familles et thérapeutes. D'autant qu'à partir des années 1980, on identifia des autismes et non plus une entité unique : celui des enfants mutiques, celui des petits génies surdoués, celui enfin des enfants qui peuvent parler, tout en adoptant des attitudes énigmatiques. Une approche multiple, la meilleure à ce jour, semblait s'imposer : psychothérapie psychanalytique, technique éducative et, dans des cas graves d'auto-mutilation, Packing, enveloppement de l'enfant dans des linges mouillés. Il n'en fut rien puisque l'alliance s'était déjà en partie rompue du fait de l'évolution de la psychiatrie mondiale vers une classification exclusivement comportementale et biologique (le fameux Manuel Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM), d'où est désormais évacuée l'idée de subjectivité. Aussi bien cette classification fait-elle entrer l'autisme dans la catégorie d'un trouble envahissant du développement (TED) tellement élargi qu'un enfant sur cent cinquante en serait atteint. Cette progression a été dénoncée en 2006 par le biologiste Jean-Claude Ameisen dans un excellent rapport destiné à l'Inserm (que l'on trouve sur internet) qui montre qu'après avoir rangé l'autisme dans les psychoses, on intègre désormais tous les troubles infantiles graves dans un vaste ensemble biologico-génético-neurologique aux contours cliniques flous. A l'évidence, cette évolution est liée au changement des critères diagnostiques beaucoup plus qu'à une "épidémie", ce qui, dans le contexte d'un rejet idéologique du freudisme, a été catastrophique pour l'approche psychanalytique de l'autisme. Lassés d'être interrogés sur leur statut de bon ou de mauvais géniteur, les parents se sont tournés vers des techniques de conditionnement visant à démutiser l'enfant. Aussi bien celui-ci est-il "récompensé" à chaque progrès et "puni" par une sanction à chaque recul. Mais il n'est pas certain qu'une telle approche soit la panacée même si elle s'est imposée dans le monde anglophone. Car si l'on considère l'autisme comme un trouble neurologique, détaché de tout environnement, on risque d'oublier de traiter les souffrances psychiques des parents et des enfants, de dresser les familles contre Freud - lequel n'a jamais parlé d'autisme - et de laisser croire que la maladie serait également génétique, ce qui n'a pas été prouvé. En juillet 2005, la société InteraGen a d'ailleurs donné un faux espoir aux familles en prétendant lancer sur le marché un test génétique de diagnostic précoce de l'autisme, escroquerie dénoncée par les généticiens sérieux (Bertrand Jordan, Autisme. Le gène introuvable. De la science au business, Seuil, 2012). Récemment, un neurobiologiste français, François Gonon, a en outre montré que la psychiatrie biologique, fondée sur le DSM, avec ses classifications démentes, était critiquée aux Etats-Unis au moment même où elle s'impose en France ("La psychiatrie biologique : une bulle spéculative, Esprit, nov. 2011). La guerre à laquelle on assiste aujourd'hui est désolante puisque des praticiens éminents, comme Pierre Delion, professeur de pédopsychiatrie de réputation mondiale (CHU de Lille), partisan d'une approche multiple et du Packing, soutenu d'ailleurs par Martine Aubry et de nombreux parents, est devenu, comme d'autres cliniciens respectables, la principale cible d'une campagne de calomnies orchestrée par les adeptes d'un antifreudisme radical. Quant aux psychanalystes, qui reçoivent par la poste, en guise de cartes de voeux, des photographies de crocodiles, ne sont-ils pas menacés, à force de propos déplacés, de devenir les ennemis d'eux-mêmes et de leur discipline?
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