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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 09:28

Une équipe chinoise a injecté à un patient atteint d’un cancer du poumon des cellules contenant des gènes modifiés à l’aide de la technique CRISPR-Cas9.

Une première mondiale qui suscite de nombreux espoirs. Le 28 octobre, un patient de l’hôpital West China à Chengdu, en Chine, a reçu des cellules modifiées génétiquement, dans le cadre d’un essai clinique de traitement contre le cancer du poumon dont il est atteint.

C’est la première fois qu’un être humain se voit transférer des cellules dont les gènes ont été manipulés à l’aide de la technique considérée comme révolutionnaire connue sous le nom de CRISPR-Cas9.

Premier feu vert pour l’édition de gènes humains L’équipe de scientifiques, dirigée par l’oncologue Lu You, a prélevé des cellules immunitaires du sang du patient et utilisé CRISPR-Cas9 pour rendre un gène inactif. “Le gène désactivé code pour la protéine PD-1, qui normalement freine la réponse immunitaire d’une cellule : les cancers profitent de cette fonction pour proliférer”, détaille Nature.

Les cellules ainsi éditées ont ensuite été mises en culture et multipliées avant d’être réinjectées chez le patient. “L’espoir, c’est que sans PD-1, les cellules modifiées attaquent et vainquent le cancer”, poursuit la revue scientifique. Selon Lu You, cité par Nature, le traitement s’est bien déroulé, et le patient recevra prochainement une seconde injection. “L’équipe prévoit de traiter dix personnes, chacune recevra deux, trois ou quatre injections”, prévient le journal, qui rappelle qu’il s’agit pour le moment d’essais cliniques dont le but est d’identifier et de surveiller les éventuels effets secondaires graves provoqués par ces injections.

La course s’accélère Ce n’est pas la première fois que des cellules dont les gènes ont été manipulés sont utilisées dans le cadre d’essais cliniques. En 2014, des chercheurs avaient employé une enzyme pour cibler et détruire un gène dans les cellules immunitaires de douze personnes atteintes du sida, augmentant leur résistance au virus.

Mais “l’introduction de CRISPR, qui est plus simple et plus efficace que les autres techniques, va probablement accélérer la course à l’introduction de cellules aux gènes édités à travers le monde”, estime, dans Nature,

Carl June, un chercheur spécialisé dans l’immunothérapie à l’université de Pennsylvanie, qui a participé à l’étude de 2014. Il y a plus d’une façon de modifier nos gènes Si l’arrivée de CRISPR sur la scène du traitement contre le cancer et le développement d’une stratégie visant à améliorer la réponse du système immunitaire sont particulièrement excitants, le processus d’extraction des cellules, de modification de leurs gènes puis de multiplication de ces cellules “est un projet ambitieux aux dimensions difficiles à évaluer”, juge Naiyer Rizvi, du centre médical de l’université Columbia.

Le chercheur doute pour le moment que la technique soit plus efficace que l’utilisation d’anticorps, “qui peuvent être produits en quantités illimitées en clinique”.

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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 08:37

Les distributeurs de billets sont de véritables nids à microbes

Et voilà ce sur quoi vous posez les doigts lorsque vous retirez de l'argent.

Des traces de peau humaine, de nourriture moisie, et des parasites favorisant le risque de maladies infectieuses, voici ce qui se trouve –entre autres– sur le clavier des distributeurs de billets que vous empruntez chaque semaine.

Imaginez le nombre de doigts, pas toujours très propres, qui tapotent des dizaines de fois par jour sur ces claviers laissés à l'air libre.

Il suffit que l'on ait touché une multitude de choses pour qu'à chaque retrait de billets, vous laissiez un petit surplus de microbes personnels à vos successeurs.

C'est ce que révèle une étude menée par des chercheurs de l'université de New York. Après avoir mis le doigt sur la centaine de bactéries différentes qui existe dans le métro, ceux-ci se sont penchés sur le potentiel microbien des guichets automatiques.

«Les distributeurs de billets sont une surface intéressante, tant du point de vue de la biodiversité que dans une perspective de santé publique», écrivent-ils dans la revue mSphere.

Des champignons, des parasites intestinaux et vaginaux Pour mesurer la saleté des distributeurs de billets, et comprendre de quoi elle est composée, les chercheurs américains ont donc écumé soixante-six guichets automatiques de différents quartiers new-yorkais tels que Manhattan, Brooklyn et Queens, explique le Daily Mail.

En essuyant le clavier de chacun de ces guichets, les échantillons ont révélé sans surprise que l'élément le plus présent sur ces claviers était des bactéries issues de la peau humaine, semblables à celles que l'on peut trouver sur nos oreillers, nos téléviseurs et dans nos salles de bains.

Dans une mesure limitée, mais tout à fait surprenante, les échantillons ont notamment révélé la présence de «communautés fongiques», c'est-à-dire des espèces de champignons, dont certaines liées au tractus gastro-intestinal, cette voie de passage des aliments qui débute aux lèvres pour se terminer à l'anus.

Une autre espèce de bactéries provenant des muqueuses génito-urinaires a même été observée, sans compter un nombre alarmant de parasites favorisant le risque de malades infectieuses, comme la toxoplasmose.

Quand on découvre tout cela, on comprend mieux pourquoi le Telegraph comparait il y a quelques années la saleté des distributeurs de billets à celle des toilettes publiques.

Du poisson et du poulet, en fonction des quartiers

Tout aussi intéressant pour en apprendre davantage sur la sociologie de nos distributeurs de billets, les chercheurs de New York ont enfin observé la présence de traces alimentaires sur les claviers numérotés essuyés, raconte le magazine City Lab.

Les molécules alimentaires n'étaient pas les mêmes en fonction des quartiers de la ville.

Les chercheurs ont remarqué la prédominance de traces de moullusques et de poissons dans les quartiers asiatiques de Flushing et de Chinatown, tandis que les guichets automatiques du quartier de Harlem présentaient, eux davantage de traces de poulet.

«Les distributeurs situés dans les zones dans lesquelles la population est majoritairement blanche, étaient eux, recouverts de molécules alimentaires plus riches en sucre, comme celles que l'on trouve dans les gâteaux et confiseries», concluent enfin les chercheurs qui veulent toutefois relativiser leurs propos en prenant en compte d'autres facteurs, tels que la fréquence de nettoyage des machines ou encore la présence d'une population plus ou moins touristique dans ces différents quartiers de la ville.

Même si toutes ces données peuvent paraître inquiétantes, Jane Carlton, une spécialiste de la microbiologie urbaine à luniversité de New York, se veut elle plutôt rassurante.

Elle explique au New York Times que la majorité des bactéries observées dans l'étude est inoffensive pour notre santé, car beaucoup de microbes trouvés sur les claviers sont encore trop petits pour être nuisibles.

Il n'empêche que pour protéger la propreté de votre organisme et celle de votre entourage, vous feriez mieux d'adopter un réflexe: vous laver les mains à chaque fois que vous aurez retiré de l'argent au distributeur.

Science & santéSmart Cités | Repéré par Alix Fieux 22.11.2016

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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 08:20

Pendant le sommeil, les ondes cérébrales dites «Princesse Leia» aident le cerveau à se souvenir PTSD Schizophrenie

Elles font un tour complet qui dure 70 millisecondes et qui se répète des milliers de fois durant la nuit.

Après une bonne nuit de sommeil, on se sent frais, dispos et les pensées plus claires.

Une sensation causée par la réorganisation de la mémoire intervenue durant la nuit, la consolidation mémorielle.

Une équipe de six chercheurs en neurologie et radiologie du Salk Institute vient de parfaire la compréhension des ondes cérébrales responsables de ce phénomène et d'en dévoiler une curieuse caractéristique: lorsque nous dormons, sous notre boîte crânienne, elles tournent autour de nos oreilles comme le célèbre double chignon en pain aux raisins de la Princesse Leia.

«Jusqu'à présent, l'enregistrement de l'activité électrique dans le cerveau endormi devait se faire un point à un moment donné après l'autre, et les chercheurs en neurosciences n'avaient pas la possibilité de l'observer dans son ensemble, ils devaient la reconstituer après coup», explique Lyle Muller, auteur principal de l'étude.

Ce qui explique pourquoi il a longtemps été admis que certaines ondes cérébrales, les spindles ou fuseaux du sommeil, intervenant entre les phases de sommeil paradoxal et de sommeil profond et contribuant à la consolidation mémorielle, s'activaient toutes au même moment dans le néocortex.

Soigner la schizophrénie et le stress post-traumatique Grâce des implants d'électrocorticographie –les mêmes utilisés chez les épileptiques lors du bilan préopératoire– capables de mesurer l'activité du cerveau à plusieurs endroits à la fois,

Lyle et ses collègues ont pu au contraire observer que les spindles ne s'activent pas toutes simultanément avec la même intensité –les pics suivent un schéma circulaire autour du néocortex, à un point, puis à un autre, quelques millisecondes plus tard.

«Nous pensons que cette organisation de l'activité cérébrale permet aux neurones de parler à d'autres neurones, situés dans d'autres zones», précise Muller, qui fonde ses conclusions sur le laps de temps entre deux pics, cohérent avec la vitesse des signaux neuronaux.

En tout, les ondes mettent 70 millisecondes pour effectuer un tour complet.

Un schéma qui se répète des centaines et des centaines de fois durant la nuit.

Pourquoi?

Les chercheurs n'ont pas encore la réponse, mais estiment la chose liée à la formation des souvenirs, qui impliquent différentes informations, stockées à différents endroits dans le cerveau. Une découverte qui, à terme, pourrait contribuer à mieux comprendre et soigner la schizophrénie –qui se caractérise notamment par des fuseaux de sommeil anormaux– ou encore permettre d'effacer des souvenirs obsédants chez les individus souffrant de stress post-traumatique.

Science & santé | Repéré par Peggy Sastre 25.11.2016

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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 08:15

Les autistes ont-ils contribué aux succès évolutifs des humains?

D'après de nouvelles recherches, l'humanité a progressé grâce à sa diversité et les capacités spéciales de certains.

Voici à peu près 100.000 ans, l'espèce humaine voyait émerger la moralité collaborative –le fait pour une communauté de s'investir dans le bien-être de tous ses membres, à chacun selon ses besoins et ses moyens–, ce qui allait permettre aux autistes, individus «différents» d'un point de vue cognitif et comportemental, de jouir d'une intégration totale à la société.

Et en voyant leur spécificité non seulement tolérée, mais respectée et valorisée, les autistes ont pu être l'un des moteurs de la prospérité évolutive de notre espèce.

Telle est l'hypothèse d'une passionnante étude menée par trois chercheurs de l'université d'York, au Royaume-Uni.

Selon Penny Spikins, Barry Wright et Derek Hodgson, œuvrant en archéologie et en sciences de la santé, les autistes possédant souvent des capacités de mémorisation exceptionnelles, des perceptions olfactives ou gustatives supérieures à la moyenne ou encore une meilleure compréhension «innée» de certains systèmes naturels, comme les comportements des animaux, ce sont autant d'aptitudes que les groupes ont eu tout intérêt à agréger afin d'en tirer profit.

Des traces dans les peintures rupestres Pour les chercheurs, il est même assez probable que les autistes aient été à l'origine du processus de spécialisation des activités, des techniques et des sciences, qui aura été d'une importance cruciale pour le développement de notre espèce. «Nous avançons que la diversité et les variations inter-individuelles ont probablement été plus essentielles aux succès évolutionnaires humains que telle ou telle caractéristique particulière, résume Penny Spikins.

C'est la diversité entre les individus qui aura permis le succès humain, en permettant notamment d'offrir à certains des rôles spécialisés.

Et avec l'essor de l'éthique collaborative, la diversité de la personnalité humaine a pu s'élargir.» Ces recherches s'intègrent dans tout un corpus retraçant l'histoire évolutive et génétique de l'autisme, et qui estime que l'autisme sans déficience intellectuelle –comme le syndrome d'Asperger– a pu être sélectionné par l'évolution voici un peu moins de 200.000 ans, ce qui lui aura permis de se maintenir dans la population humaine à une fréquence certes peu élevée, mais relativement stable.

Certains traits autistiques seraient même détectables dans des peintures rupestres.

Science & santéHistoire | Repéré par Peggy Sastre 25.11.2016

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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 18:40

Les IPP ont-ils des complications infectieuses ?

 

Les inhibiteurs de la pompe à proton (IPP) ont quatre indications principales(1):

 

•_traitement du reflux gastro-oesophagien (RGO) et de l’oesophagite par RGO chez l’adulte et l’enfant,

•prévention chez les patients à risque et traitement des lésions gastro-duodénales dues aux anti-inflammatoires nonstéroïdiens (AINS),

•_éradication d’Helicobacter pylori et traitement des ulcères gastro-duodénaux,

•_traitement du syndrome de Zollinger Ellison

 

Ils sont utilisés pour diminuer la quantité d’acide produite par l’estomac, parinhibition de la pompe H+, K+ATPase.

 

L’effet maximal est obtenu en 2 à 4 jours selon la molécule. L'inhibitiondelasécrétionacideestdose-dépendante.

 

LesIPP sont rapidement métabolisés par le foie avec une demi-vie sanguine de l'ordre de deux heures (2).

 

Une utilisation massive en France

 

Ce sont des médicaments largement utilisés dans la pratique médicale, tout particulièrement en médecine générale d’où proviennent un peu plus de 90% des prescriptions (3). 

 

L’ANSM rapporte qu’en 2013, l’esoméprazole, l’oméprazole et le pantoprazole faisaient partie des 30 substances actives les plus vendues en officines de ville.

 

Leur prescription est en constante progression avec des prescriptions au long cours de plus en plus fréquentes.

 

Entre 2002 et 2005, le nombre de boîtes d’IPP vendues a augmenté en moyenne de 10% par an, passant de 36millions de boîtes en 2002 à 48 millions en 2005 (4).

 

Un nombre important de prescriptions d’IPP sont faites dans des situations cliniques hors AMM.

En l’état actuel des connaissances, ces prescriptions sont injustifiées, notamment dans la dyspepsie fonctionnelle, la prévention des lésions gastro-duodénales dues aux AINS utilisés dans le cadre d’affections aiguës chez des patients non à risque

(moins de 65ans, sans antécédent ulcéreux et n’étant traités ni par antiagrégant plaquettaire, ni par anticoagulant, ni par corticoïde).

 

Des effets indésirables infectieux ?

 

Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés avec cette classe médicamenteuse sont les diarrhées, les nausées et vomissements, les douleurs abdominales et les maux de tête.

 

Comme le montre une étude anglaise l’incidence de diarrhée varie de 0,18 à 0,39 pour1000 jours d’exposition selon l’IPP utilisé, celle des nausées et vomissements 0,16 à 0,22, celle des douleurs abdominales de 0,17 à 0,21 et celle des céphalées de 0,10 à 0,17(5).

 

Ces effets indésirables touchent moins de 5% des patients traités par IPP et disparaissent rapidement à l’arrêt du traitement (6).

 

D’autrepart, plusieurs études montrent qu’il existe un effet rebond après l’arrêt d’un traitement par IPP.

 

Une cure de 4 semaines de pantoprazole semble induire des symptômes dyspeptiques chez des sujets Helicobacterpylori-négatifs sains et asymptomatiques(7).

 

L'hypersécrétion acide de rebond serait induite par l’augmentation de la masse des cellules pariétales, et aussi celle des cellules enterochromaffin-like.

 

Cette hypersécrétion dure plus de 8 semaines après l’arrêt du traitement(8).

 

La conséquence de cet effet rebond est une dépendance aux IPP.

 

Des essais multicentriques, randomisés, en double insu ont montré que parmi des patients recevant un IPP au long cours, moins d’un tiers parvenaient à arrêter le traitement sans reprise des symptômes ou altération de la qualité de vie(9).

 

L’utilisation des IPP semble par ailleurs être associée à certaines infections digestives et pulmonaires.

Une méta-analyse de 33 études réalisées aux USA, au Canada, en Europe et en Corée du Sud montre une augmentation significative du risque d’infection à Clostridium difficile lors de la prise d’IPP chez l’adulte (OR1,58;IC95%[1,13;2,21];

 

p=0,008)(10).

Une étude de cohorte a également identifié une association entre l'utilisation des IPP et le taux d’hospitalisation pour gastro-entérite (OR1,6;IC95%[1,5;1,7])(11).

 

 

Comment expliquer ces complications infectieuses ?

 

Physiologiquement, la colonisation bactérienne par les microbes entériques exogènes est tenue en échec par un certain nombre de mécanismes de défense tels que l'acidité gastrique, la microflore intestinale, l'immunité intestinale locale, la motilité intestinale, la sécrétion intestinale et la barrière épithéliale(19).

L’augmentation du risque infectieux lié à la prise d’IPP résulterait de la diminution de l'acidité gastrique, première ligne de défense contre les pathogènes ingérés.

 

L’hypochlorhydrie engendrée par la diminution de l’acidité de l’estomac favorise la croissance de la microflore gastro-intestinale, augmente la translocation bactérienne, modifie divers immunomodulateurs et anti-inflammatoires(19) et affecte le microbiome gastro-intestinal(20).

 

Les IPP pourraient également altérer la fonctionnalité des leucocytes par effet direct(6).

 

Conclusion:

 

L’évaluation des différents effets indésirables, notamment infectieux, secondaires à la consommation d’IPP donne à réfléchir quant à l’innocuité de ces médicaments.

Il est légitime de se questionner sur l’impact de leur prescription dans la survenue des diarrhées hivernales et des pneumopathies.

Dans une population fortement exposée aux IPP, ces effets indésirables peuvent devenir un vrai problème de santé publique.

 

 

(1)_HASBonusagedesmédicamentsLesIPPJuin2009http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2009-06/ipp_adulte_juin_2009.pdf

(2)_M.J.-M.Lewin.Lesinhibiteursdelapompeàprotonsgastrique:moded'actionetintérêtthérapeutique.Médecine/Sciences1995;11:62-71

(3)_RapportdelaCommissiondescomptesdelasécuritésocialed’octobre2009.http://www.securite-sociale.fr/IMG/pdf/ccss200910.pdf

(4)_S.Mouly,A.Charlemagne,P.Lejeunne,F.Fagnani.Étudepharmaco-économiquesurlapriseenchargedurefluxgastro-oesophagienenFranceen2005enmédecinegénérale.PresseMed.2008;37:1397–1406

(5)_MartinRM,DunnNR,FreemantleS,ShakirS.TheratesofcommonadverseeventsreportedduringtreatmentwithprotonpumpinhibitorsusedingeneralpracticeinEngland:cohortstudies.BrJClinPharmacol.2000;50:366-372

(6)_RouletL1,VernazN,GiostraE,GascheY,DesmeulesJ.Adverseeffectsofprotonpumpinhibitors:shouldweworryaboutlong-termexposure?RevMedInterne2012;33:439-445

(7)_NiklassonA,LindströmL,SimrénM,Lind-bergG,BjörnssonE.Dyspepticsymptomdevlopmentafterdiscontinuationofaprotonpumpinhibitor:adouble-blindplacebo-controlledtrial.AmJGastroenterol2010:105:1531–1537

(8)_R.Fossmark,G.Johnsen,E.Johanessen,HL.Waldum.Reboundacidhypersecretionafterlong-terminhibitionofgastricacidsecretion.AlimentPharmacolTher2005;21:149–154

(9)_BjörnssonE,AbrahamssonH,SimrénM,MattssonN,JensenC,AgerforzP,

etal.Discontinuationofprotonpumpinhibitorsinpatientsonlong-termtherapy:adouble-blind,placebo-controlledtrial.AlimentPharmacolTher2006;24:945–954

(10)_DeshpandeA,PasupuletiV,ThotaP,PantC,RolstonDD,HernandezAV,DonskeyCJ,FraserTG.RiskfactorsforrecurrentClostridiumdifficileinfection:asystematicreviewandmeta-analysis.InfectControlHospEpidemiol2015;36:452-60

(11)_ChenY,LiuBC,GlassK,KirkMD.Highincidenceofhospitalisationduetoinfectiousgastroenteritisinolderpeopleassociatedwithpoorself-ratedhealth.BMJOpen2015:5:e010161

(12)_FreemanR,DabreraG,LaneC,AdamsN,BrowningL,FowlerT,GortonR,PetersT,MatherH,AshtonP,DallmanT,GodboleG,Tubin-DelicD,CharlettA,FisherI,AdakGK.Associationbetweenuseofprotonpumpinhibitorsandnon-typhoidalsalmonellosisidentifiedfollowinginvestigationintoanoutbreakofSalmonellaMikawasimaintheUK,2013.EpidemiolInfect2016:144:968-975

 

 

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25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 13:35

Borréliose tardive : ce n’est pas toujours une acrodermatite chronique atrophiante !

 

Une série de 20 patients qui présentaient des critères cliniques et biologiques de borréliose tardive ont été étudiés sur le plan clinique et anatomopathologique par différentes équipes françaises et particulièrement par l’équipe de Strasbourg.

Il s’agissait majoritairement de patients alsaciens ou lorrains dont la maladie évoluait depuis 2 à 10 ans.

Les membres inférieurs (11/20) étaient touchés avec prédilection mais l’aspect classique d’atrophie monomélique (acrodermatite chronique atrophiante) était peu représenté. Les lésions observées étaient essentiellement des plaques ou des bandes violacées parfois scléreuses. Des patchs érythémateux distincts des uns des autres étaient notés chez certains patients ainsi que la présence de nodules fibreux. Sur le plan histologique, un infiltrat lympho-plasmocytaire typique était retrouvé 16 fois sur 25 mais des formes atypiques lichénoïdes ou à type de granulome annulaire étaient également observées.

Tous ces patients avaient bien entendu une sérologie de borréliose positive en IgG et, parfois, en IgM, une PCR positive pour Borrelia Afzelis sur la peau et ils ont été majoritairement traités par doxycycline (19/20).

Cette série a le mérite d’attirer notre attention sur le fait que la forme cutanée tardive et classique de la maladie de Lyme ou acrodermatite chronique atrophiante existe mais qu’elle est probablement beaucoup plus rare que des formes plus trompeuses restant monoméliques mais sans sclérose avérée.

Dr Patrice Plantin

RÉFÉRENCE

Lenormand C et coll. : Expanding the clinicopathological spectrum of late cutaneous Lyme borreliosis (acrodermatitis chronica atrophicans [ACA]): A prospective study of 20 culture- and/or polymerase chain reaction (PCR)-documented cases. J Am Acad Dermatol., 2016; 74: 685-92.

 

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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 11:58

Sujet : Réaction critique à l'article "Les zombies de la maladie de Lyme" du Prof.

Didier Raoult

De : Alain Loriaux <alainloriaux@muxophile.net>

Date : 23/11/16 11:57

Pour : bhernandez@lepoint.fr, bhlevy@lepoint.fr, cbertrand@lepoint.fr,

cimbert@lepoint.fr, clacombe@lepoint.fr, cono-dit-biot@lepoint.fr,

eberreta@lepoint.fr, ebroustet@lepoint.fr, ebroustet@lepoint.fr, egernelle@lepoint.fr,

fclaverie@lepoint.fr, fxbuissonniere@lepoint.fr, golliau@lepoint.fr, jbegle@lepoint.fr,

jbegle@lepoint.fr, jcordelier@lepoint.fr, jpbarberot@lepoint.fr, jpenthoven@lepoint.fr,

lallard@lepoint.fr, mbordet@lepoint.fr, mdiawara@lepoint.fr, mduteil@lepoint.fr,

mrichard@lepoint.fr, nbaverez@lepoint.fr, omegean@lepoint.fr,

orecasens@lepoint.fr, pbesson@lepoint.fr, pharlin@lepoint.fr, rgubert@lepoint.fr,

sgournay@lepoint.fr, slefol@lepoint.fr, smahrane@lepoint.fr

Copie à : medecine-doyen@univ-amu.fr, helene.belan@univ-amu.fr,

didier.raoult@gmail.com, Didier.Raoult@medecine.univ-mrs.fr,

Philippe.Brouqui@medecine.univ-mrs.fr, direction.generale@ap-hm.fr

 

 

 

Mesdames, Messieurs,

 

J'ai pris connaissance du nouvel article du Prof. Didier Raoult, titré "Les zombies de la

maladie de Lyme", en date du 19/11*. J'ai été choqué par le peu de considération non

seulement envers les malades qu'il entend "protéger" de dérives médicales, mais

aussi envers une institution française (le Haut Conseil de la Santé Publique) et les

médecins qui suivent des patients chroniques. Bien souvent, la médecine

conventionnelle n'apporte que peu de résultats en termes de diagnostic et de

résultats thérapeutiques, même si officiellement les patients sont "guéris" après 28

jours d'antibiotiques.

 

* Cfr : http://www.lepoint.fr/invites-du-point/didier_raoult/raoult-les-zombies-de-lamaladie-

de-lyme-19-11-2016-2084159_445.php

 

Je suis un malade chronique ayant un long parcours médical infructueux avant qu'un

diagnostic infectieux (borréliose de Lyme + co-infections) ne soit posé. Certes, j'ai été

diagnostiqué en dehors des recommandations considérées comme "rigoureuses" ; il

n'en demeure pas moins que ce diagnostic a été retenu à l'issue d'une expertise

médicale approfondie et contradictoire (la partie adverse était représentée par un

médecin, je précise).

 

Je suis invalide depuis bientôt 10 ans et n'ai que peu d'espoir,

au vu des connaissances scientifiques actuelles, de voir une amélioration qui me

permettrait de reprendre une vie professionnelle même partielle.

Cependant, je vous réagis surtout avec mon expertise en analyse critique, qui me

permet d'analyser l'information avec pertinence et dehors de toute considération

passionnelle. Au vu de l'opinion défendue par le Prof. Didier Raoult, je pense que sa

démarche relève avant tout d'un parti pris et est critiquable à plus d'un titre :

1) l'auteur évoque la fiabilité des tests sérologiques pour lesquels il a apporté

autrefois une contribution. Or, un récent rapport du Centre Européen de Contrôle des

Maladies (ECDC) démontre le faible niveau de preuve scientifique concernant la

valeur des tests sérologiques dans la pratique clinique (concernant la détection d'une

infection par Borrelia) ;

 

2) l'auteur suppose à tort que certains médecins "Lyme" mettent tout sur le compte

d'une seule bactérie. En réalité, nombre d'entre eux sont bien conscients de

l'implication d'autres pathogènes (bactériens et parasitaires) dans la maladie. La

littérature scientifique démontre aujourd'hui clairement que les tiques peuvent

contenir de nombreux pathogènes. Malheureusement, il est aujourd'hui impossible

de tester les patients en routine et des tests plus complexes sont souvent

nécessaires, du moins quand ils existent en médecine humaine ;

3) sans le citer explicitement, l'auteur remet en question les compétences et

l'implication du Prof. Christian Perronne étant donné sa longue expertise auprès de

nombreux patients. L'auteur trompe le lecteur en lui laissant penser qu'il aurait

influencé le Haut Conseil de Santé Publique lors de la rédaction de son rapport de

2014 (sans apporter le moindre élément de preuve ...). En réalité, le Professeur

Perronne ne s'est pas impliqué dans le groupe de travail et celui-ci était constitué de

professionnels issus de différentes disciplines scientifiques, pas forcément impliqués

dans le suivi de patients "Lyme" ;

4) l'auteur conteste la thèse du complot défendue par le Prof. Perronne dans ses

interventions. Là aussi, l'auteur trompe le lecteur en lui laissant penser qu'aucun

élément tangible ne vient étayer cette thèse. En réalité, un groupe de chercheurs

américains a mis en oeuvre, il y a une dizaine d'années, une "offensive sociopolitique"

pour discréditer les malades (chroniques) et leurs médecins, en fondant un

groupe secret dénommé "Ad Hoc International Lyme Disease Group" et via une

fondation dénommée "American Lyme Disease Foundation". Les activités de ces

chercheurs ont échappé à toute régulation étant donné la complicité des agences

fédérales américaines compétentes en matière de santé publique et de recherche

scientifique (National Institute of Health et Centers for Diseases Control).

Les chercheurs concernés ont bénéficié de subventions publiques dans le cadre de

recherches sur la maladie de Lyme et d'autres infections vectorielles. Ils ont

développé les recommandations américaines au sein de l'Infectious Diseases Society

of America (IDSA) en 2000 et 2006*. Dans le même temps, ces chercheurs ont

d'importants liens d'intérêts : consultance pour l'industrie pharmaceutique et

développement d'un vaccin contre la maladie de Lyme, expertise auprès de tribunaux

(pour le compte d'assureurs privés) dans le cadre de litiges concernant des médecins

ne respectant pas les recommandations IDSA, participation active au sein de

laboratoires fabriquant des kits de tests sérologiques, détention de brevets en lien

avec Lyme, ... L'indépendance n'était donc pas de mise dans ce domaine, quoi que

l'on puisse dire.

* sur base desquelles le consensus français a été rédigé en 2006, par la Société de

Pathologie Infectieuse de Langue Française (SPILF).

Pour en savoir plus, de nombreuses sources peuvent donner plus d'informations à ce

sujet, et, en particulier, le travail d'investigation d'une journaliste américaine (Kris

Newby). Par son long travail sur le sujet, elle a permis la divulgation de milliers de

documents confidentiels démontrant les activités impliquant les agences fédérales

citées ci-dessus pour défendre les intérêts privés de quelques chercheurs. Ces

documents ont été divulgués conformément à la législation américaine sur le droit à

l'information (FOIA - Freedom Of Information Act).

Je trouve étonnant que le Professeur Raoult n'ait pas investigué dans cette direction.

En tant que scientifique et "journaliste", il me semble qu'il s'agit là d'une erreur

intellectuelle flagrante.

5) étant donné la littérature scientifique actuelle, il paraît difficile de prétendre que

les recommandations de 2006 sont toujours d'actualité concernant le diagnostic et le

traitement de la maladie de Lyme. En effet, la standardisation et la valeur des tests

sérologiques est de plus en plus contestable ; dans le même temps, une partie des

tests sérologiques (ELISA) ont été étalonnés sur des donneurs de sang en bonne

santé et non sur base d'une population constituée de personnes effectivement

infectées. Enfin, des articles scientifiques sérieux apportent régulièrement de

nouveaux arguments appuyant la thèse de la persistance de l'infection dans les

tissus au-delà d'une antibiothérapie de maximum 28 jours.

Début 2016, les recommandations IDSA (2006) ont été retirées aux USA pour leur

caractère obsolète. Elles sont aujourd'hui en cours de réévaluation tandis que le

panel d'auteurs a dû être élargi pour être en mesure d'évaluer la qualité de la

littérature scientifique dans des délais raisonnables ! Prétendre que la science d'il y a

10 ans est toujours d'actualité est donc erroné, me semble-t-il.

Aujourd'hui, seules les recommandations compétitives développées par l'ILADS * en

2014 sont listées et prises en considération dans le système de soins de santé

américain. Ces recommandations ont été développées conformément aux nouveaux

standards, entre autres en matière d'évaluation de la littérature scientifique et de

formulation des recommandations. Il en ressort, pour toutes les questions traitées,

que le niveau de preuve scientifique est très faible.

* International Lyme and Associated Diseases Society, société médicale constituée de

médecins traitant des malades (Lyme + co-infections) ainsi que des associations de

patients.

En Europe, dans les sphères médicales, il est habituel de rejeter des

recommandations basées sur un niveau de preuve très faible. Pourtant, les

Etats-Unis ont ouvert la voie à une médecine plus transparente et au bénéfice du

patient, en réformant le système il y a quelques années. Dans d'autres

problématiques médicales, on peut également trouver des recommandations

conflictuelles et basées en majeure partie sur l'absence de preuves scientifiques.

Pour autant, il n'y a pas de controverse médiatique et les médecins sont libres

d'appliquer les recommandations dans le respect de leur liberté thérapeutique et du

contexte spécifique du patient ;

6) si les recommandations IDSA sont reconnues internationalement par la

communauté médicale pour leur rigueur et leur justesse sur le plan scientifique, il

n'en demeure pas moins qu'elles posent quelques questions sur le plan

méthodologique. Ainsi, l'Institut de Médecine américain a conclu que le

développement des recommandations de 2006 manquaient de transparence dans

leur ensemble. De manière générale, des publications scientifiques * montrent que

l'IDSA développe des recommandations contraignantes dans la pratique clinique

alors qu'elles ne reposent bien souvent que sur des opinions d'experts et non des

preuves scientifiques.

* Publications venant de chercheurs qui ne peuvent être "étiquetés" des comme des

activistes et ardents défenseurs d'infections chroniques.

7) si les patients attendent une juste prise en compte de leur état de santé et un

diagnostic mettant en évidence la/les causes expliquant leur invalidité, il n'en

demeure pas moins que le problème se pose également du côté des médecins et des

caisses de sécurité sociale ! Combien de praticiens et de médecins-conseils

écouteront-ils réellement les plaintes (d'origine inconnue et complexes) du patient

sans le renvoyer vers une étiquette "psy" ? C'est une question qui n'est pas non plus

abordée dans l'article, ce qui montre à nouveau un biais dans l'analyse de l'auteur ;

8) les Centres de Contrôle des Maladies aux USA (CDC) ont reconnu publiquement

que l'incidence de la maladie de Lyme devait être largement sous-estimée au vu du

nombre de cas déclarés sur base des tests sérologiques. Selon les estimations de

l'époque (2013), il devait y avoir au moins 300 000 nouveaux cas/an et non 30 000 !

Ils ont également déclaré que la maladie de Lyme était un problème de santé

publique majeur et inquiétant. Au vu du nombre de souches pathogènes des Borrelia,

des diverses co-infections et de la valeur des tests sérologiques, comment peut-on

continuer d'affirmer que le nombre de cas est limité ?

En guise de conclusion, et pour citer l'auteur : "Il faudra bien un jour mettre un frein à

l'annonce d'un scandale sanitaire par jour ! Il faudra vérifier les sources (...)".

Peut-être devrait commencer par appliquer lui-même ce qu'il préconise avant

d'émettre une opinion dont je doute qu'elle puisse profiter aux nombreux malades et

à la santé publique. La Ministre de la Santé française a élaboré récemment un plan

d'action pour répondre aux besoins criants des patients et des praticiens confrontés à

cette problématique. Il s'agit là d'une opportunité pour que la science puisse enfin

trancher ces questions litigieuses. Autrement, nous resterons toujours dans la

pénombre et les malades chroniques resterons en dehors du système de soins, avec

toutes les conséquences individuelles et collectives que cela implique !

Enfin, je rappellerai que le public a droit à une information de qualité, complète, et

indépendante, comme le mentionne la Charte d’éthique professionnelle des

journalistes (2011). A ce titre, "le journalisme consiste à rechercher, vérifier, situer

dans son contexte, hiérarchiser, mettre en forme, commenter et publier une

information de qualité ; il ne peut se confondre avec la communication" et "la

responsabilité du journaliste ne peut être confondue avec celle de l’éditeur, ni

dispenser ce dernier de ses propres obligations". Par ailleurs le journaliste "tient

l’esprit critique, la véracité, l’exactitude, l’intégrité, l’équité, l’impartialité, pour les

piliers de l’action journalistique ; tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire,

l’altération des documents, la déformation des faits, le détournement d’images, le

mensonge, la manipulation, la censure et l’autocensure, la non vérification des faits,

pour les plus graves dérives professionnelles".

J'espère que LePoint prendra ses dispositions pour que ce genre d'article ne soit plus

publié dans votre média. Les arguments avancés dans le présent mail se rapportent

à des faits documentés qui ont été, pour la plupart, publiés sur ma page d'analyse

critique consacrée à cette problématique. Pour plus d'informations, consulter

www.facebook.com/acLyme.

Je vous remercie pour l'attention que vous y accorderez.

Bien cordialement,

Alain Loriaux

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 08:22

Avec « La fille de Brest », personne n’oubliera le scandale du Mediator 22 novembre 2016, 21:10 CET Irène Frachon Devant le tribunal de Nanterre en 2012, Irène Frachon brandit une boîte de Mediator et sa notice avec les effets secondaires. Ce premier procès n'aboutira pas. Martin Bureau/AFP Il y a une chose que je n’avais pas anticipée, avec la sortie du film La fille de Brest. C’est que, un peu partout en France, des étudiants en médecine allaient me demander de venir débattre avec eux des leçons à tirer du Mediator. Des « carabins » qui étaient encore des gamins de 13 ou 14 ans en 2009, lorsque le scandale a éclaté. Dans son long métrage, la réalisatrice, Emmanuelle Bercot, raconte avec une grande fidélité aux faits – notamment scientifiques et médicaux – le combat que j’ai mené comme médecin au CHU de Brest pour dénoncer ce médicament coupe-faim, responsable de la destruction des valves du cœur des patients. Bande-annonce du film La fille de Brest, d’Emmanuelle Bercot. J’avais bien pensé qu’un tel film était nécessaire, pour que l’on n’oublie pas la douleur et la mort des victimes, la pharmaco-délinquance insensée d’un laboratoire et la défaillance d’une agence de sécurité sanitaire, dévoyée de sa mission de gardienne de la santé des Français. Je n’avais pas deviné que ce film serait nécessaire, aussi, pour contrer le déni de réalité – sur les blessures infligées, sur le nombre de morts – qui frappe non seulement le laboratoire criminel, Servier, mais également la majeure partie d’une certaine nomenklatura médicale, soudée derrière la firme. Que les plus jeunes d’entre nous, encore sur les bancs de la faculté, se mobilisent spontanément, via leurs organisations nationales, comme l’Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf), ou locales, comme l’Association des Carabins de Tours, pour décortiquer, comprendre, discuter des éléments ayant conduit à pareil désastre sanitaire… je ne m’y attendais tout simplement pas ! Des projections en avant-première se sont ainsi montées à Tours, mais aussi à Brest ou à Nice. Chaque fois le débat se centre très naturellement sur une notion essentielle dans l’affaire du Mediator, celle des conflits d’intérêts entre experts de l’évaluation des médicaments, médecins et firmes pharmaceutiques. Conflits qui constituent à eux seuls un « facteur de risque sanitaire majeur », pour reprendre l’expression utilisée par le Formindep, une association d’usagers de la santé plaidant pour une formation indépendante des professionnels de santé. Une musique électro-rock ébouriffante Avec La fille de Brest, j’ai été scotchée par le rythme qu’Emmanuelle Bercot imprime à un « thriller médical » électrisé autant par la performance de l’actrice danoise Sidse Babett Knudsen (ex-première ministre danoise, excusez du peu, dans la série Borgen…) que par une musique électro-rock ébouriffante. Peut-être est-ce là, avec le langage d’un cinéma contemporain, une porte d’entrée inédite pour attirer et séduire un public jeune comme celui des étudiants en médecine. Sans doute une occasion en or pour que les enseignements du Mediator ne sombrent pas dans l’oubli. Au lendemain du scandale, l’on m’avait déjà entrouvert la porte des universités, notamment grâce à la mobilisation des enseignants en sciences humaines et sociales, fascinés par ce véritable « cas d’école ». Le Mediator illustre en effet des problématiques qui leur sont familières : émergence d’un nouveau savoir provoquant des remises en question, enjeux sociétaux de santé publique, interaction entre monde médical et monde médiatique, rôle du lanceur d’alerte et enfin, toxicité des conflits d’intérêts non maîtrisés dont le scandale du Mediator offre l’implacable illustration. Voilà plusieurs années maintenant que je parle, régulièrement, devant des auditoires d’étudiants. Ils sont généralement interpellés, voire bouleversés par la force de ce drame mettant crûment à jour les incroyables compromissions existant entre experts, médecins et firmes pharmaceutiques. Pour beaucoup, c’est la première fois que le sujet brûlant des conflits d’intérêts gangrénant le corps médical français est évoqué devant eux. Ils débarquent : « Cette notion n’est jamais abordée par nos enseignants, ni par nos maîtres de stage à l’hôpital, me disent-ils. On ne nous met pas en garde ; au contraire, nous sommes poussés à aller à des conférences sur telle maladie ou tel traitement, personne ne se soucie que ces présentations soient financées par les industriels ». Les jeunes que je rencontre ne sont pas figés dans des croyances et convictions dogmatiques, comme peuvent l’être les médecins en exercice. Je pense notamment au mythe selon lequel une collaboration avec l’industrie, jugée nécessaire à « l’innovation thérapeutique », n’altère pas le sens critique des intéressés. Celui-ci serait miraculeusement préservé, là où les travaux en sciences sociales nous démontrent précisément l’inverse. De l’ignorance, pas de la naïveté Pour comprendre l’ignorance des « carabins », qu’il ne faudrait pas confondre avec de la naïveté, il faut se rappeler en quoi consistent les études de médecine. Les six premières années, les étudiants enchaînent concours sur concours. Ce qui les obsède, c’est l’examen classant national (ECN), qui s’appelait à mon époque le concours de l’internat et conditionne le choix de la spécialité. Il faut bosser dur sur des questions très scolaires, bachoter jusqu’à l’aliénation… autant dire que les conflits d’intérêt entre le monde médical et l’industrie pharmaceutique est la dernière de leurs priorités. Ce thème figure dans un seul item sur 345, mais il est bel et bien présent, et l’on doit s’appuyer sur l’existant si l’on cherche le moyen d’introduire dans ce cadre rigide des germes de réflexion critique. À la faculté de médecine de Brest, nous cherchons actuellement à introduire un tel enseignement sous l’impulsion d’un collectif d’étudiants et avec le soutien du doyen, Christian Berthou. Jeune étudiante, j’ai eu le privilège de me trouver en stage dans le service de pneumologie du professeur Isabelle Caubarrère. Mon choix de devenir pneumologue a d’ailleurs été déterminé par la rencontre avec cette équipe d’exception. J’entends encore le petit refrain, rappelé sans emphase par Isabelle Caubarrère : « Ce n’est pas aux labos de vous former ». Donc pas de petits déjeuners avec projections réalisées par les firmes. Et pas de réunions de staff « arrosées » par les labos et compagnie. Cette expérience initiatique a allumé, dans ma tête, une petite lumière qui m’a toujours rappelé de garder un sens critique. Je l’ai cependant mis en veilleuse durant les nombreuses années où j’ai entretenu, comme médecin hospitalier, des échanges avec les firmes, par exemple des invitations à des congrès ou des conférences d’orateur (sans toutefois accepter d’honoraires). Tout ceci a volé en éclats lorsque j’ai découvert, avec le drame du Mediator, les conséquences d’une telle proximité. Prise illégale d’intérêt et trafic d’influence Je rappelle, en effet, que l’instruction pénale ouverte début 2011 a abouti non seulement à la mise en examen de Servier, ses filiales et certains de ses salariés, mais également de l’Agence du médicament et de certains médecins, experts dans les commissions de l’agence, pour des faits de prise illégale d’intérêt et trafic d’influence. Ces professeurs, qui de médecine, qui de pharmacie, ne voyaient aucun problème à conseiller l’Agence d’une main pour ses décisions de santé publique, et à recevoir de l’autre main des honoraires de Servier pour délivrer des conseils marketing à propos du… Mediator ! Irène Frachon et son équipe du CHU de Brest. Reportage de Télé Bretagne Ouest. Malgré l’immense retentissement de cette affaire dans l’opinion publique, malgré l’indignation exprimée par les citoyens, les médias, les milieux politiques en France, malgré l’inquiétude et la rupture de confiance observée chez les usagers de santé, il semble que le corps médical n’ait pas intégré les leçons du Mediator au point de changer ses « mauvaises » habitudes. Un seul exemple. Je le choisis, volontairement, au CHU de Brest, établissement plus sensibilisé que d’autres aux questions de liens d’intérêts. Il y a deux mois, le représentant d’un laboratoire annonce sa venue pour présenter un nouveau traitement de l’hypertension artérielle pulmonaire, l’une de mes spécialités. Cette molécule est intéressante mais son maniement, délicat. À l’heure du déjeuner, je me rends dans la salle de l’hôpital pour assister à son topo, en compagnie d’autres médecins et d’étudiants – des internes et des externes. Je sais que les messages que je vais entendre constituent, en eux-mêmes, une forme d’influence : j’y vais en connaissance de cause. Des plateaux-repas offerts par le labo Il y a des plateaux-repas appétissants mis à disposition par la firme. Seule à ne pas y toucher, je déballe mon jambon et mon yaourt. Mes collègues ne s’étonnent plus de me voir arriver, comme toujours dans pareilles circonstances, avec mon pique-nique. Je sais, car des études en psychologie l’ont établi que nous sous-estimons l’influence que les cadeaux exercent sur nous, et même les « petits » cadeaux, de faible valeur. Ils créent un besoin inconscient de réciprocité vis-à-vis du donateur. Alors je ne veux pas être nourrie, au sens propre du terme, par l’industrie pharmaceutique. Durant l’exposé du représentant de commerce, une feuille de présence circule dans l’assistance et les participants inscrivent leur nom. C’est obligatoire, puisque les laboratoires doivent déclarer tous les cadeaux d’une valeur de plus de dix euros offerts à des médecins, depuis la loi Bertrand de 2011. Promulgué à la suite du scandale du Mediator, ce texte « relatif au renforcement de la sécurité sanitaire du médicament » est surnommé, plus clairement, loi anti-cadeaux. Beaucoup de médecins, d’ailleurs, ne savent pas que leur nom, associé au montant du repas, vont apparaître ensuite sur la base du ministère, Transparence Santé, accessible sur Internet. Comme j’ai apporté mon propre repas, je ne note pas mon nom sur la liste. De toute façon, je ne souhaite pas qu’il figure sur un document pouvant servir par la suite au laboratoire pour des propositions de collaboration à but commercial, comme le défraiement du voyage pour un congrès ou le financement de travaux de recherche. Fin de la présentation : il ne reste plus rien des plateaux-repas… Décidément, il n’est pas simple d’admettre l’idée que le moindre contact avec un représentant commercial produit de l’influence. Pas simple non plus d’essayer de la minimiser, en se privant d’un repas forcément bien meilleur que mon pique-nique. On me dira qu’à ce compte-là, je ferais mieux de ne pas assister du tout aux présentations des visiteurs médicaux… et on aura sans doute raison ! Dans les facultés, on a vu naître ces derniers temps des initiatives militantes salutaires. À Nice, le collectif L’Esprit critique niçois a organisé le 19 novembre un colloque sur les lanceurs d’alerte dans la santé et dans les soins. Plus globalement, leur objectif est de « réfléchir et échanger sur la nécessité du libre arbitre dans l’apprentissage académique et l’exercice de la profession ». Avant eux, la Troupe du rire (pour Réseau des initiatives et réponses étudiantes), née à Paris Diderot, a rédigé un livret pédagogique « pour étudiants stressés, pressés comme des citrons mais avides de comprendre » intitulé : « Pourquoi garder son indépendance face aux laboratoires pharmaceutiques ? ». Capable de rendre des avis indépendants Les signes d’un changement sont là, mais il est loin d’être acquis. Parce que le Mediator, ce n’est pas une simple sortie de route, c’est un système tout entier qui a foncé dans le mur et qu’il faut rebâtir. Un progrès notable : à l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), les laboratoires ont été virés des discussions sur les évaluations des médicaments, où ils siégeaient au titre de soi-disant « d’observateurs ». De son côté, la Haute autorité de santé (HAS) vient de montrer qu’elle était capable de rendre des avis indépendants, par exemple dans les médicaments anti-Alzheimer. Mais il faudra rester vigilant sur chaque nouvelle évaluation de la HAS ou de l’ANSM. Car le système a produit des experts qui ont tous des liens historiques avec les firmes – certains probablement nécessaires, d’autres superflus et toxiques. Trouver des experts indépendants reste difficile, comme les responsables de ces autorités le soulignent eux-mêmes. En finir avec le médicament tout-puissant Sur le fond, la culture du médicament tout-puissant, qui serait le seul moyen de répondre à la maladie, reste profondément ancrée dans le corps médical français – une croyance partagée par une bonne part de la société. Beaucoup de médecins n’imaginent pas pouvoir accompagner des patients sans médicament, alors que cela peut s’envisager dans des pathologies où les molécules ne donnent pas satisfaction, telle que la maladie d’Alzheimer. L’actrice danoise Sidse Babett Knudsen incarne Irène Frachon dans La fille de Brest. Le film a été tourné dans les locaux du CHU de Brest. Caramel Films Le grand mérite du film La fille de Brest est d’avoir gravé dans le marbre le drame du Mediator et de ses 2000 victimes, sinon plus. Les futurs médecins découvrent aujourd’hui cette histoire comme si le scandale venait juste d’éclater. L’effet est bien plus fort que celui d’un livre, fut-il aussi documenté que Mediator 150 mg, combien de morts ? (Éditions Dialogues), que j’ai publié en 2010. Former, éduquer à l’esprit critique dans un climat ouvert, plutôt que sanctionner, réprimer, stigmatiser, voilà le défi que nous lance l’affaire du Mediator et que les « carabins » semblent prêts à relever. Je compte sur eux pour éviter un autre Mediator. Puisse La fille de Brest y contribuer aussi. Non au poison du « tous pourris », oui aux vertus de l’esprit critique !

Site : The Conversation

https://theconversation.com/avec-la-fille-de-brest-personne-noubliera-le-scandale-du-mediator-69027

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 16:12

Les émulsifiants associés à un risque accru de cancer du côlon ? Les émulsifiants utilisés par l'industrie agroalimentaire peuvent altérer le microbiote intestinal et favoriser un terrain inflammatoire propice au développement des cancers colorectaux. Le microbiote apparait en rouge ; l'intestin en vert. © INSERM, T. PÉDRON E4XX. Les émulsifiants sont des agents de texture utilisés pour rendre plus onctueux les aliments préparés. Sur les étiquettes, il sont identifiés par un code qui commence par E4 suivi de deux chiffres, par exemple E440 pour la pectine ou E422 pour le glycérol. Présents dans une grande variété de préparations, leur usage pourrait perturber l'équilibre de la flore intestinale et favoriser un terrain propice au développement du cancer, révèle une étude réalisée sur des souris par des chercheurs de l'Institut des sciences biomédicales (IBS) de l'Université d'État de Géorgie. Cette équipe s'est intéressée aux émulsifiants car "l’augmentation de leur utilisation par l’industrie agroalimentaire concorde avec l’augmentation de l’incidence du cancer colorectal mais aussi d’autres maladies inflammatoires intestinales. De plus, de précédents rapports démontraient que de tel agents pouvaient induire une inflammation intestinale ou favoriser la translocation de bactéries pathogènes au niveau intestinal", explique Benoît Chassaing, un des co-ateurs de cette recherche dirigée par Emilie Viennois et publiée dans la revue Cancer Research. Par Joël Ignasse Le 10.11.2016

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 10:38
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Published by bellesfeuilles - dans Concept
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