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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 18:49

Stanford, le mardi 28 février 2012 – Condamnée à verser 250 milliards de dollars sur deux décennies à 46 états américains ayant engagé des poursuites contre elle, l’industrie du tabac américaine avait également été contrainte en 1988 à rendre publics tous ses secrets. Depuis lors, ce que l’on nomme les « tobacco documents » sont consultables par tout un chacun sur le net, édités par les soins de l’université de Californie à San Francisco qui gère la Legacy Tobacco Documents Library. Ces 79 millions de pages, auxquelles s’ajoutent chaque jour de nouveaux documents, ont été consultées par de très nombreux experts à travers le monde. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en a tiré un rapport de 260 pages en 2000, tandis qu’aux Etats-Unis, plusieurs auteurs, de Richard Kluger à Stanton Glantz en passant par Allan Brandt ont entrepris de traquer les rouages impitoyables de l’industrie. C’est aujourd’hui au tour de Robert Proctor de proposer un ouvrage somme, intitulé Golden Holocaust et qui vient de paraître aux Etats-Unis. Cet historien des sciences, professeur à l’université de Stanford, qui avait déjà consacré plusieurs travaux à l’industrie du tabac, est parvenu malgré les multiples recours formés contre lui à publier un ouvrage très complet de 750 pages qui fait l’effet d’une véritable petite bombe.

Maîtres absolus en conflit d’intérêt

Très longuement commenté par un article du Monde ce week-end, Golden Holocaust donne une nouvelle illustration magistrale de la façon dont l’industrie du tabac a érigé le conflit d’intérêt au rang d’art suprême. Les révélations ou les rappels de l’historien américain démontrent comment plus que toute autre industrie, les cigarettiers ont su s’infiltrer dans les plus hautes sphères de l’état, dans tous les milieux académiques et dans chaque espace de la société pour accroître son influence et passer sous silence le plus longtemps possible ses vilains secrets.

Vous prendrez bien un peu de tabac pour vous aider

Car, l’industrie du tabac n’a pas uniquement usé de son pouvoir pour que la dangerosité du tabac soit minimisée pendant plusieurs années. Elle a d’abord intercédé brillamment pour que son influence s’étende sur toute la terre. Nous sommes en 1945. L’Europe de l’Ouest exsangue nécessite l’aide de son puissant allié, les Etats-Unis, pour se relever de la guerre qui l’a ravagée. La question du tabac n’est alors guère considérée comme primordiale par les rédacteurs du projet. Elle va le devenir quand un sénateur de Virginie (conseillé en ce sens par certains industriels) propose qu’en plus de la nourriture soient acheminées en masse des tonnes de tabac blond, ce tabac que l’Europe n’a pas encore adopté aussi largement que l’Amérique, ce tabac moins irritant que l’on inhale plus profondément que les cigarettes brunes… et qui crée donc une addiction plus forte.

Ecran de fumée

Mais bientôt, l’industrie du tabac ne devra pas uniquement user de son pouvoir et de ses innombrables réseaux pour répandre son produit, mais également pour en masquer la dangerosité. Pour ce faire, elle va réussir à obtenir un droit de veto au sein du célèbre comité du Surgeon General afin que celui-ci en 1964 ne condamne pas aussi sévèrement la cigarette qu’il aurait dû le faire. Si elle doit en user alors ainsi, c’est que le grand secret que l’industrie avait réussi à cacher pendant plusieurs années (le caractère cancérogène du cancer révélé par des études américaines dès le début des années 50) a fini par être totalement mis à jour. Pendant plus de dix ans, pour parvenir à minimiser l’impact des découvertes concernant la dangerosité du tabac , l’industrie pharmaceutique va distiller partout et systématiquement le doute. « Le doute est ce que nous produisons » peut-on lire dans les documents cités par Robert Proctor et dans le résumé qu’en propose le Monde. Mille méthodes existent pour favoriser le scepticisme et l’argent tient toujours la part belle dans ces manœuvres. Ces dernières peuvent être directes quand on parvient à convaincre certains experts de se taire ou indirectes quand on finance des études qui portent sur l’origine génétique des maladies. « Des sommes colossales ont été injectées par le tabac dans la génétiques fonctionnelle (…). Cela crée ce que j’appelle un « macrobiais » dans la démarche scientifique. Cela contribue à développer l’idée que les maladies sont programmées en nous et qu’on n’y peut rien » explique Robert Proctor. De la même manière, l’industrie du tabac va entretenir un réseau de chercheurs, scientifiques, auteurs diffusant des idées « forgeant une narration favorable aux industriels ».

Un géant bien gênant

Le caractère cancérigène du tabac n’est pas l’unique découverte explosive que l’industrie du tabac va chercher à masquer au cours des dernières décennies : la présence de polonium 210 dans les cigarettes, liée à une propriété « naturelle » de la feuille de tabac sera également soigneusement passée sous silence. Ne parvenant pas à se débarrasser de cet élément radioactif (que l’industrie découvre dès les années 50), les cigarettiers vont tout faire pour que cette donnée demeure le plus longtemps possible un « géant endormi ». Si le polonium 210 n’est pas traqué comme il se devrait par l’industrie, c’est que les traitements potentiels permettant de le faire disparaître pourraient altérer les propriétés chimiques de la nicotine, bref restreindre la dépendance à la cigarette. Or, le tour de force le plus diabolique de l’industrie du tabac est d’avoir mis au point un produit dont la principale caractéristique est de créer une dépendance immédiate et totale. « La cigarette est véritablement un produit défectueux en ce sens qu’il est beaucoup plus nocif que le tabac ne devrait « normalement » l’être » remarque Robert Proctor qui souligne encore sa « différence fondamentale avec d'autres drogues comme l'alcool et le cannabis : la cigarette n'est pas une drogue récréative ; elle ne procure aucune ébriété, aucune ivresse (…). C'est écrit en toutes lettres dans les documents : fumer n'est pas comme ‘boire de l'alcool’, c'est comme ‘être alcoolique’ » décrypte-t-il cité par Le Monde.

Et pour donner un ultime coup de pouce à la chimie, l’industrie du tabac va s’appuyer sur une propagande dont l’ironie tient de Machiavel : pendant de très nombreuses années, elle va en effet entretenir l’idée que le tabac est l’apanage de la liberté, quand il est un véritable « esclavage ». Elle n’hésite d’ailleurs pas pour ce faire à sponsoriser les campagnes de certaines organisations défendant les libertés individuelles, telle l’American Civil Liberties Union (ACLU) qui dans les années 90 défendait la « liberté de fumer »… encouragée dans ce sens par de généreuses subventions des cigarettiers.

Prohibition : dangereuse utopie

Parallèlement à la mise en évidence de ces différents mécanismes, Robert Proctor propose quelques chiffres édifiants : il remarque par exemple qu’on produit chaque année assez de cigarettes pour remplir 24 pyramides de Khéops. Des proportions qui l’incitent à des commentaires sans appel : « La cigarette est l'invention la plus meurtrière de l'histoire de l'humanité ». Cependant, face à cette brillante démonstration, le monde sans tabac prôné par Robert Proctor ne peut que relever de l’utopie. Professeur de médecine à Columbia, Barron H. Lerner observe à cet égard dans le Huffington Post : «Si des historiens pouvaient avoir accès aux mémos de l’industrie de l’alcool, sans doute arriveraient-ils à des conclusions similaires à celles de Robert Proctor. Mais aucun sans doute ne voudrait essayer de nouveau la prohibition ».



Aurélie Haroche Publié le 28/02/2012

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 18:46

La thérapie cellulaire dans le post-infarctus est un rêve qu’ont caressé de nombreuses équipes au cours de la dernière décennie. Mais si les premiers essais publiés, qui utilisaient des cellules médullaires mononuclées ou des cellules musculaires squelettiques, ont montré la faisabilité de cette technique, leurs résultats ont été globalement décevants.

Fin 2011, par l’étude SCIPIO, une équipe américaine ouvrait une nouvelle voie avec l’utilisation autologue d’une catégorie de cellules souches cardiaques (CSC) isolées du myocarde humain et exprimant à leur surface un récepteur tyrosine kinase c-kit. Après injection intra-coronaire de ces cellules, R Bolli et coll. ont pu constater au 4ème mois une amélioration de la fraction d’éjection ventriculaire gauche (FEVG) d’environ 8 % chez 16 patients traités après un infarctus du myocarde (IDM). 

17 patients ayant reçu une thérapie cellulaire autologue

Une autre équipe américaine, regroupant des chercheurs du Cedars-Sinaï Institute de Los Angeles et de l’Université Johns Hopkins à Baltimore, présente aujourd’hui des données allant dans le même sens avec un autre type de cellules progénitrices cardiaques, appelées cardiosphere-derived cells ou CDCs. 

Le protocole de cette étude randomisée de phase 1 baptisée CADUCEUS est proche de celui de l’essai SCIPIO.

Vingt-cinq patients ont été retenus pour l'analyse en per protocole de cette étude. Elle a inclus des malades 2 à 4 semaines après un IDM ayant eu comme conséquence une baisse de la FEVG entre 25 et 45 % (moyenne 39 %). 17 patients ont été assignés à un traitement par CDCs et 8 à une prise en charge standard. Schématiquement, la thérapie par CDCs a consisté à prélever des cellules myocardiques par biopsie endomyocardique (276 mg en moyenne), à isoler ces cellules précurseurs, à les mettre en culture selon un protocole complexe favorisant la formation d'agrégats cellulaires en forme de sphères et à les réinjecter dans l’artère coronaire dont l’atteinte était responsable de l’IDM, 1,5 à 3 mois après celui-ci (entre 12,5 et 25 millions de cellules étaient injectées à chaque patient).

La tolérance du traitement a semblé satisfaisante sur cette courte série. Un seul événement défavorable  sérieux a été considéré comme possiblement en rapport avec le traitement (un cas d’IDM survenu 7 mois après l’injection) et aucune prolifération tumorale cardiaque n’a été dépistée en IRM.

En termes d’efficacité les IRM répétées ont montré au 6ème mois :

- une réduction de la masse de myocarde cicatricielle chez les sujets traités par rapport au groupe contrôle (- 8,4 g contre une absence de changement dans le groupe contrôle ; p=0,001) ;
- une augmentation de la masse de myocarde viable (+ 13 g contre une absence de changement dans le groupe contrôle; p=0,01) ;
- une amélioration significative de la contractilité régionale (p=0,02) et de l’épaississement systolique de la paroi ventriculaire (p=0,015).

Il faut noter toutefois que ces évolutions favorables en IRM n’ont pas eu de traduction significative sur des paramètres cliniques, sur les volumes télédiastoliques et télésystoliques ventriculaires gauches ou sur la FEVG. 

Beaucoup reste à faire après CADUCEUS pour confirmer l'innocuité de cette thérapeutique, pour en préciser le mécanisme d'action (direct ou indirect) et pour déterminer si les changements observés à l'IRM en terme de volume de tissu cicatriciel et de myocarde viable auront bien une traduction clinique dans des essais portant sur un plus grand nombre de malades suivis sur une durée plus longue. 

Quelles que soient ces réserves, il est possible que CADUCEUS, qui confirme SCIPIO, marque le début d'une nouvelle ère dans la prise en charge à moyen et long terme des infarctus du myocarde. 

 

 

Dr Céline Dupin Publié le 28/02/2012

 

Makkar R et coll.: Intracoronary cardiosphere-derived cells for heart regeneration after myocardial infarction (CADUCEUS): a prospective, randomised phase 1 trial. Lancet 2012; publication avancée en ligne le 14 février 2012 (doi:10.1016/S0140-6736(12)60195-0)

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 23:48
La Commission européenne a annoncé, lundi 27 février, sa décision de poursuivre la France devant la Cour de justice de l'Union européenne pour ne pas avoir pris des mesures suffisantes afin de lutter contre la pollution des eaux par les nitrates.

Selon l'exécutif européen, la France ne respecte pas la législation mise en place dès 1991 et qui impose aux Etats membres de surveiller leurs eaux et de définir celles atteintes, ou susceptibles de l'être, par une pollution aux nitrates d'origine agricole. La France n'a pas désigné comme vulnérables des zones qui le sont au vu des données scientifiques et n'a pas adopté les mesures permettant de lutter efficacement contre ce type de pollution dans les zones mises en cause, fait valoir la Commission.

"La Commission demande donc instamment à la France de prendre des mesures en désignant davantage de zones et en élaborant des plans appropriés pour faire face au problème", précise le communiqué.

LACUNE ET IMPRÉCISION

Le ministère de l'écologie français a adopté, à l'automne dernier, de nouvelles dispositions permettant de durcir la réglementation "pour aller dans le sens des demandes de la Commission". "On va se défendre à la Cour de justice sur la base de ce qu'on a produit", a-t-on indiqué à la direction de l'eau et de la biodiversité, soulignant que d'autres arrêtés sont attendus pour 2012 pour "compléter le dispositif" et permettre de rendre opérationnels tous les programmes d'action d'ici à la mi-2013. La désignation de nouvelles zones vulnérables doit elle avoir lieu d'ici à la fin de 2012 avec la prise en compte de nouveaux critères, selon le ministère.

Pour la Commission européenne, la législation française et les programmes d'action adoptés "manquent de précision et présentent de nombreuses lacunes : les périodes d'interdiction sont inappropriées et les restrictions concernant l'épandage des effluents d'élevage et des fertilisants sont insuffisantes."

RISQUE D'AMENDE

La directive de 1991 a pour but de protéger les réserves d'eau en surface et en sous-sol en limitant l'usage des nitrates, présents dans les engrais agricoles, et en imposant des périodes d'interdiction d'épandre ces engrais qui doivent alors être dûment stockés. Bruxelles avait adressé une mise en garde à la France le 26 octobre 2011, à la suite de quoi Paris avait modifié sa réglementation. "Mais la lenteur des progrès et l'insuffisance des changements proposés ont conduit la Commission à transférer le dossier" à la Cour de justice, a souligné la Commission.

La France, qui a maille à partir avec Bruxelles depuis des années au sujet des nitrates, notamment en Bretagne, risque des amendes importantes. Pour l'association Eau et rivières de Bretagne, cette nouvelle décision est d'ailleurs "tout sauf une surprise".

>> Lire le zoom (Edition Abonnés) Une "régression organisée" de la législation agricole sur les nitrates

Le problème récurrent de la pollution aux nitrates dans les rivières bretonnes s'explique par la nature intensive de l'élevage et des cultures dans cette région. La Bretagne représente 7 % de la surface agricole française, mais rassemble 50 % des élevages de porcs, 50 % des élevages de volailles et 30 % des bovins.

LEMONDE.FR avec AFP27.02.12
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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 18:14

The Dangers of Misdiagnosing MS and Lyme Disease

 

 

Italian researchers, Trojano and Paolicelli (2001) observed the rate of misdiagnosis for MS as 5-10% and listed the infectious conditions that were sometimes confused with MS as: Lyme disease, syphilis, progressive multifocal leukoencephalopathy, HTLV-1 infection, herpes zoster, along with several inflammatory conditions like systemic lupus erythematosus, Sjögren’s syndrome, vasculitis, sarcoidosis, and Behçet’s disease. Trojano and Paolicelli also note that other conditions were sometimes mistaken for MS, such as a vitamin B12 deficiency, lysosomal disorders, adrenoleukodystrophy, mitochondrial disorders, cancer of the central nervous system, and spinal diseases. The lesions found in such conditions may appear very similar on MRI scans and cause similar symptoms making it extremely important to ascertain their cause prior to administering immunomodulatory drugs or other treatments. Todorovic (et al, 2008) detailed the presence of bilateral retrobulbar optic neuritis as a first sign of Lyme disease, with similar visual disturbances often classified as the first demyelinating event (FDE) in Multiple Sclerosis cases.

 

 

Infections Mistaken for MS – It’s Not Just Lyme Disease

A decade later, it appears that the differentiation of MS from Lyme disease and other infections and illnesses remains problematic. Brinar and Habek (2010) note that several infectious diseases are still being mistaken for MS including Whipple’s disease, Lyme disease, Syphilis, HIV/AIDS, Brucellosis, HHV-6 infection, Hepatitis C, Mycoplasma and Creutzfeld-Jacob disease (the human form of ‘Mad Cow’ disease), amongst others. These researchers are also careful to observe that Bartonella, Rickettsia, and Leptospirosis may also result in symptoms similar to those of MS which can make Lyme disease and its common co-infections even more difficult for a physician to recognize and treat. Brinar and Habek, along with numerous other clinicians, stress that atypical clinical and diagnostic imaging presentations should prompt a physician to carry out serological testing to rule out the possibility of an infectious disease, such as Lyme disease, that may mimic MS.

Treating Misdiagnosed MS

Patients diagnosed with MS should be cautious however not to cease treatment for their diagnosed condition without sound medical reason and under the supervision of a qualified physician. One report of a vulnerable MS patient details how she stopped treatment for MS and began a bizarre therapeutic regime under the guidance of a San Jose man who claimed to be a doctor but who had no medical licence and very little medical knowledge. The phony physician, Eugen Vasin, allegedly charged Ronelle Kotter $300/hr for treatments, some of which are contraindicated in both MS and Lyme disease, such as soaking in a hot tub and, oddly, eating watermelon. Kotter died following such treatment as she was advised by Vasin that she had Lyme disease not MS and that she should reduce her current medications and start injections of vitamin B12 and hot-tub treatments instead. The woman’s family eventually reported Vasin to the police and he awaits prosecution along with a number of others involved in Lyme disease quackery.

Other patients diagnosed with MS have accumulated huge debts paying for treatments for the condition only to be told they were misdiagnosed and actually have a curable Lyme disease infection. Where patients do not have insurance to cover the expense of testing, it may be that a false negative is the only information a physician has to go on and this will, in almost all cases, lead to the ruling out of Lyme disease as a differential diagnosis for MS.

References

Martin R, Gran B, Zhao Y, Markovic-Plese S, Bielekova B, Marques A, Sung MH, Hemmer B, Simon R, McFarland HF, Pinilla C., Molecular mimicry and antigen-specific T cell responses in multiple sclerosis and chronic CNS Lyme disease. J Autoimmun. 2001 May;16(3):187-92.

Marshall V., Multiple sclerosis is a chronic central nervous system infection by a spirochetal agent. Hypotheses. 1988 Feb;25(2):89-92.

Fritzsche M., Geographical and seasonal correlation of multiple sclerosis to sporadic schizophrenia. Int J Health Geogr. 2002 Dec 20;1(1):5.

Coyle PK., Borrelia burgdorferi antibodies in multiple sclerosis patients. Neurology. 1989 Jun;39(6):760-1.

Trojano M, Paolicelli D., The differential diagnosis of multiple sclerosis: classification and clinical features of relapsing and progressive neurological syndromes. Neurol Sci. 2001 Nov;22 Suppl 2:S98-102.

Brinar VV, Habek M., Rare infections mimicking MS. Clin Neurol Neurosurg. 2010 Sep;112(7):625-8. Epub 2010 May 2.

Todorovic L, Ibisevic M, Alajbegovic A, Suljic-Mehmedika E, Jurisic V., Bilateral retrobulbar optic neuritis as first signs of Lyme disease. Med Arh. 2008;62(2):117-8.

Coyle PK, Krupp LB, Doscher C., Significance of reactive Lyme serology in multiple sclerosis. Ann Neurol. 1993 Nov;34(5):745-7.

Fritzsche M., Chronic Lyme borreliosis at the root of multiple sclerosis–is a cure with antibiotics attainable? Med Hypotheses. 2005;64(3):438-48.

Lana-Peixoto MA., Multiple sclerosis and positive Lyme serology. Arq Neuropsiquiatr. 1994 Dec;52(4):566-71.

 

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 10:30
Dans une lettre adressée à Xavier Bertrand, le député UMP Daniel Fasquelle s’inquiète de « pressions remettant en cause l’indépendance de la Haute Autorité de santé » qui doit bientôt publier ses recommandations sur l’autisme. Tandis que la Haute Autorité de santé (HAS) doit publier le 6 mars prochain ses recommandations de bonnes pratiques dans la prise en charge de l’autisme et des troubles envahissant du comportement chez les enfants et adolescents, le député UMP Daniel Fasquelle alerte sur des pressions que subirait la HAS et susceptibles de remettre en cause le contenu de ses recommandations. « Après avoir défini en janvier 2010 l’autisme comme un trouble envahissant du développement, l’écartant ainsi du champ des psychoses, la Haute autorité de santé s’apprêtait logiquement à présenter un rapport excluant les approches d’inspiration psychanalytique des pratiques recommandées », au profit de méthodes éducatives et comportementales. Or, « des faits laissent aujourd’hui penser qu’on cherche à faire pression sur elle pour qu’elle n’aille pas au bout de sa démarche », écrit le député dans une lettre adressée au ministre de la Santé, Xavier Bertrand. Daniel Fasquelle déclare en effet être « en possession d’éléments » lui permettant « d’affirmer que la HAS est (…) victime de pressions, de la part des partisans de l’approche psychanalytique de l’autisme, visant à l’empêcher de publier ses recommandations en l’état et à lui faire réécrire dans un sens contraire à la définition posée en 2010 ». Selon le député, les récentes fuites dans la presse du contenu de rapport émanent d’une volonté de déstabilisation de la Haute Autorité qui a aussitôt démenti le caractère définitif de ce document transmis au quotidien « Libération ». Des fuites anormales. « Je constate que ce groupe de travail (de la HAS) était parvenu à un consensus », explique-t-il au « Quotidien ». « On a fait fuiter ces recommandations pour créer toute une agitation. (...) Aujourd’hui tout est fait pour que la Haute Autorité ne puisse pas statuer de façon sereine. Le fait que ce document ait été publié dans la presse est tout à fait anormal », poursuit le député qui assure ne pas avoir eu accès directement à ce rapport. Selon les sources de Daniel Fasquelle, la HAS aurait « déjà fait passer les pratiques psychanalytiques des pratiques non recommandées aux pratiques non consensuelles ». Auteur d’une proposition de loi visant à interdire les pratiques psychanalytiques dans l’autisme et président du groupe d’études parlementaire sur l’autisme, le député s’« inquiète vivement d’une telle remise en cause de l’indépendance de notre plus haute autorité de santé ». Il demande à Xavier Bertrand d’« intervenir immédiatement pour mettre fin à ces pressions et faire en sorte que la Haute Autorité de santé puisse finaliser son rapport en toute autonomie et dans la plus grande sérénité ». Pour le député, la HAS « ne doit pas se laisser perturber par des éléments extérieurs à la science et se laisser dicter ce qu’elle a à dire ». Si les recommandations de la HAS sur la psychanalyse devaient ainsi être réécrites, Daniel Fasquelle assure qu’il n’en restera pas là. « Je demanderai qu’on réunisse une commission d’enquête. J’ai des documents qui pourraient le cas échéant prouver ce que je dis », assure-t-il. De son côté, l’association « Vaincre l’autisme » entend mobiliser les familles d’enfants autistes en organisant le 6 mars à 10 heures une manifestation devant le siège de la HAS. Le quotidiendu medecin.fr 24/02/2012
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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 10:26
Chaque année des centaines de milliers de jeunes filles se prémunissent contre le cancer du col de l’utérus grâce au vaccin contre le virus papillomavirus humain (ou HPV) disponible depuis 2006.

Mais ce virus, qui est l’une des infections sexuellement transmissibles les plus courantes, n’atteint pas que les zones génitales. Rien qu’aux Etats-Unis, on compterait 16 millions de personnes (soit 7% de la population âgée de 14 à 69 ans) infectées au niveau de la bouche et de la gorge. Et là aussi, le virus peut, potentiellement, dégénérer en cancer.

Avec le tabagisme et l’alcool, le papillomavirus est maintenant reconnu comme l’une des causes majeures de cancer de la gorge -maladie en hausse constante dans les pays développés.

Que l’on rassure cependant : le papillomavirus n’est pas systématiquement synonyme de cancer, et heureusement. La plupart des personnes infectées ne développeront jamais de tumeur, et dans la majorité des cas le virus se résorbe de lui-même.

Aussi, sur les 16 millions d’Américains infectés, seuls 15 000 développeront un cancer lié au virus.

Cependant, les risques de cancer restent 32 fois plus élevés chez les personnes infectées par le virus. C’est trois fois plus que les fumeurs.

Malheureusement, les tests buccaux coûtent chers ; ce n’est donc pas de sitôt que l’on verra une campagne de dépistage à grande échelle.

Ecrit par Yasmine Belkassem
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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 09:07
Si l’alimentation peut constituer un facteur de prévention vis-à-vis des risques de cancers, certains nutriments pourraient également contribuer à rendre plus efficaces certains traitements. C’est par exemple le cas de l’acide docosahexaénoïque, ou DHA, un acide polyinsaturé de la famille des oméga-3. Un mécanisme aujourd’hui mieux compris, comme l'a expliqué le Pr. Stephan Chevalier de l'unité Inserm "Nutrition, croissance et cancer" lors du colloque de la recherche de la Ligue contre le cancer.



Certains acides gras de la famille des Oméga 3 pourraient améliorer l'efficacité des traitements anticancéreux.
Depuis plusieurs années, les liens entre le DHA et la réponse à la chimiothérapie ont été explorés à travers plusieurs études. Ce composé provient essentiellement de l’alimentation, on le retrouve en quantité importante notamment dans des poissons comme le saumon, le thon albacore, l’espadon, le hareng. La concentration de DHA dans le tissu adipeux mammaire (témoin des apports alimentaires) est directement reliée avec l’efficacité de la chimiothérapie1. Une efficacité démontrée in vitro2. Cette amélioration de l’efficacité des traitements a également été démontrée chez l’animal en cas de traitement par radiothérapie3, par anthracyclines4 et par taxanes5.

Les travaux de l’équipe dirigée par Stéphan Chevalier ont contribué à démontrer qu’un apport en DHA est susceptible d’améliorer l’efficacité de différentes chimiothérapies employées dans le traitement du cancer du sein. Selon ces études, plusieurs hypothèses pourraient expliquer cet effet : le DHA pourrait remodeler la vascularisation des tumeurs et ainsi augmenter la distribution de l’agent anticancéreux au sein de la tumeur ; il pourrait diminuer la prolifération cellulaire en régulant des récepteurs nucléaires des cellules tumorales mammaires ; il pourrait intervenir au niveau des cellules cancéreuses en bloquant certains signaux liés à son agressivité6 et à sa capacité à migrer vers d’autres organes (pour y former des métastases)7.

Une étude de phase II conduite chez des femmes atteintes de cancer du sein métastasé a permis de souligner l’intérêt d’une telle supplémentation en DHA8. Une étude conduite chez des patients atteints de cancers du poumon avec métastases a également donné des résultats encourageants9. Aujourd’hui, l’intérêt d’une supplémentation en DHA au cours de la chimiothérapie du cancer du sein métastasé fait l’objet d’une étude de grande ampleur, une étude clinique multicentrique de phase III10,11. La réponse est attendue pour l’année prochaine…

lundi 30 janvier 2012
David Bême

Sources :
1 - Improving outcome of chemotherapy of metastatic breast cancer by docosahexaenoic acid: a phase II trial. Bougnoux P et al - Br J Cancer. 2009 Dec 15;101(12):1978-85. Epub 2009 Nov 17 - (étude accessible en ligne)
2 - Enhancement of doxorubicin cytotoxicity by polyunsaturated fatty acids in the human breast tumor cell line MDA-MB-231: relationship to lipid peroxidation - Germain E et al - Int J Cancer. 1998 Feb 9;75(4):578-83. (étude accessible en ligne)
3 - Enhanced radiosensitivity of rat autochthonous mammary tumors by dietary docosahexaenoic acid. - Colas S et al.- Int J Cancer. 2004 Apr 10;109(3):449-54. (étude accessible en ligne)
4 - Sensitization by dietary docosahexaenoic acid of rat mammary carcinoma to anthracycline: a role for tumor vascularization.- Colas S et al - Clin Cancer Res. 2006 Oct 1;12(19):5879-86. (étude accessible en ligne)
5 - Omega-3 fatty acids induce apoptosis in human breast cancer cells and mouse mammary tissue through syndecan-1 inhibition of the MEK-Erk pathway. Sun H et al - Carcinogenesis. 2011 Oct;32(10):1518-24. Epub 2011 Jul 18. (abstract accessible en ligne)
6 - P2X(7) receptor activation enhances SK3 channels- and cystein cathepsin-dependent cancer cells invasiveness - Jelassi B et al - Oncogene. 2011 May 5;30(18):2108-22. doi: 10.1038/onc.2010.593. Epub 2011 Jan 17. (abstract accessible en ligne)
7 - Identification of SK3 channel as a new mediator of breast cancer cell migration. - Potier M -Mol Cancer Ther. 2006 Nov;5(11):2946-53. (étude accessible en ligne)
8 - Improving outcome of chemotherapy of metastatic breast cancer by docosahexaenoic acid: a phase II trial. Bougnoux P et al - Br J Cancer. 2009 Dec 15;101(12):1978-85. Epub 2009 Nov 17. (étude accessible en ligne)
9 - Supplementation with fish oil increases first-line chemotherapy efficacy in patients with advanced nonsmall cell lung cancer. Murphy RA et al - Cancer. 2011 Aug 15;117(16):3774-80. doi: 10.1002/cncr.25933. Epub 2011 Feb 15. (abstract accessible en ligne)
10 – Etude DHALYA - Programme hospitalier de recherche Clinique Cancer 2011
11 – Lipides et sensibilisation du cancer du sein aux agents anticancéreux – Stéphan Chevalier - Colloque de la recherche de la Ligue contre le cancer 2012 – 26 janvier 2012
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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 11:19
Point de vue Ni rituel psychanalytique ni réductionnisme génétique ! | 22.02.12 | Les débats homériques en cours sur les causes de l'autisme laissent perplexe toute personne un tant soit peu
informée sur la réalité de cette maladie. Des conflits idéologiques, forts éloignés de la réalité médicale et biologique, semblent fleurir particulièrement dans l'autisme. Il convient de rappeler
quelques faits qui ne sont pas contestables. 1. L'autisme est une maladie précoce qui prend naissance le plus souvent pendant la grossesse. On trouve plus de neurones dans certaines régions
cérébrales des enfants autistes. La prolifération cellulaire ayant lieu exclusivement in utero chez l'homme, cette preuve ne peut être contestée. L'autisme est une maladie du développement cérébral
avec la formation très tôt de réseaux neuronaux aberrants qui rendent difficile la communication des enfants autistes dès leur plus jeune âge. 2. L'autisme a parfois une origine génétique, mais
l'environnement joue un rôle crucial. On a pu identifier des mutations génétiques dont l'expression chez l'animal cause des malformations et un "comportement autistique". Ces mutations, qui ont un
impact sur la formation de connexions entre cellules nerveuses, entraînent dans le cerveau de l'embryon un cercle vicieux avec des effets délétères sur les régions atteintes. 3. Des études
épidémiologiques montrent une bonne dizaine de facteurs de type environnementaux ayant un rapport avec l'autisme. Ainsi, une étude danoise des corrélations entre autisme et complications à la
naissance montre plus de soixante facteurs périnataux liés à l'autisme, y compris une présentation anormale du bébé lors de la naissance, des complications de type ombilicale/placentaire, une
détresse foetale, une lésion ou un trauma néonatal, une naissance multiple, une hémorragie maternelle, une naissance en été, un faible poids à la naissance, une petite taille pour l'âge
gestationnel, une malformation congénitale, des difficultés de nutrition, une anémie néonatale, une incompatibilité ABO (les trois groupes sanguins) ou de type rhésus. La probabilité d'avoir un
enfant autiste augmente de façon significative quand deux facteurs sont réunis. Des toxiques tels que les métaux lourds et les pesticides ont aussi une incidence sur l'expression de la maladie. En
résumé, l'autisme est une maladie développementale multifactorielle. 4. Une malformation cérébrale est un phénomène "biologique" qui ne nage pas dans l'éther et ne se guérit pas avec des mots.
Parler de la responsabilité de la mère et de vouloir guérir les rapports avec son enfant fait fi de cette réalité biologique. Par exemple, l'ocytocine - une hormone libérée pendant la naissance et
l'allaitement joue un rôle certain dans l'attachement mère-enfant. Imaginons que cette hormone marche moins bien chez une mère et son enfant ; va-t-on l'accuser d'en être responsable et va-t-on
guérir ce rapport difficile avec des mots ou plutôt avec l'hormone déficiente ? Il faudrait rappeler que même les aspects affectifs qu'affectionnent les psychanalystes ont par essence un substratum
biologique. La prétention des psychanalystes de guérir cette maladie avec des séances de psychanalyse ne tient pas, car on ne peut pas ignorer la biologie. Le manque de fondement scientifique de
cette branche et le fait qu'elle s'affranchit du minimum de preuves statistiques auxquelles sont astreints tous ceux qui veulent développer des traitements est inacceptable. De plus, non seulement
les preuves d'une quelconque amélioration sont toujours attendues, mais de plus la méthode provoque des dégâts en culpabilisant les mères et en faisant prendre du retard à l'enfant pendant que
celui-ci est privé d'une éducation qui pourrait l'aider à se développer. A l'autre extrême, le réductionnisme génétique procède d'une simplification abusive qui, tout en dédouanant les mères de
leurs responsabilités, ne tient pas compte des facteurs environnementaux. On a pu identifier des centaines de mutations associées à l'autisme, dont plusieurs sont aussi à l'origine d'autres
maladies neurologiques. Il y a donc plusieurs gènes pour une même maladie et plusieurs maladies pour un même gène montrant la difficulté du diagnostic et rendant une thérapie génique illusoire.
Cette double OPA sur une maladie et des parents dont le courage mérite plus de respect et d'admiration n'a pas lieu d'être. Cette maladie et son traitement posent un problème redoutable aux
chercheurs, qui doit être abordé avec pragmatisme et sérieux. Les parents rapportent souvent avoir vécu la prise en charge de leur enfant comme une épreuve, d'une part par la culpabilisation
maternelle qu'elle engendre, mais surtout en proposant une hiérarchie des priorités, souvent sans prendre en compte les objectifs essentiels d'autonomie et d'intégration. Les parents ont souvent à
juste titre le sentiment d'être dépossédés de leur fonction parentale, incapables qu'ils seraient de faire des choix pour leur enfant. Il faut avoir le courage de dire que cette maladie ne va pas
être guérie au sens où on l'entend avec une aspirine. Des méthodes différentes peuvent permettre d'améliorer le quotidien des parents, tant mieux, c'est déjà cela ! La guéguerre entre droite et
gauche n'a pas lieu d'être ici, marier la gauche avec la psychanalyse est aussi simpliste que prétendre que les approches comportementales sont de droite. Commençons par comprendre comment se
construisent ces réseaux aberrants, comment réduire leurs effets nocifs sur les réseaux voisins et, surtout, comment arriver à réduire tout cela le plus tôt possible, et on aura avancé. Cessons de
promettre la guérison miraculeuse à partir d'un gène ou d'une molécule qui effacera les séquelles des malformations développementales. C'est en bloquant ces activités aberrantes avec des outils
pharmacologiques que les promesses les plus sérieuses sont en cours de développement. En attendant, une approche à la carte sans menu fixe et sans hégémonie s'impose, mais elle doit être basée sur
des méthodes qui ont fait leurs preuves. Yehezkel Ben-Ari, neurobiologiste, président de l'association Vaincre l'autisme ; Nouchine Hadjikhani, neuroscientifique, membre du conseil scientifique de
Vaincre l'autisme et Eric Lemonnier, pédopsychiatre au CHU Brest
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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 11:10
Point de vue Autisme : c'est la psychiatrie qu'on attaque | 22.02.12 | 14h29 • Mis à jour le 23.02.12 | 10h19 Un rapport de la Haute Autorité de santé (HAS) qui doit être rendu public le 6 mars dénonce, dans sa conclusion, la non-pertinence de l'approche psychanalytique et de la psychothérapie institutionnelle dans le traitement de l'autisme, certes, et on risque de ne pas en rester là. C'est l'humanité même de la psychiatrie qui est condamnée. La pratique du "packing", longtemps utilisée dans le traitement des psychoses de l'adulte, repose sur l'enveloppement humide qui permet au patient souffrant d'un morcellement du corps propre de retrouver de l'intérieur son enveloppe corporelle. Est-ce bien cette pratique qui suscite les cris de haine de la part des associations de parents d'enfants autistes ? Les témoignages de ceux qui en auraient été les bénéficiaires ne seront même pas entendus. Le pédopsychiatre Pierre Delion, dont on ne dira jamais assez la gentillesse et l'esprit d'ouverture, est la victime d'une véritable persécution ; cette campagne de haine n'a cessé de gonfler jusqu'à sa convocation devant le Conseil de l'ordre. Cette douloureuse affaire ne fait qu'augmenter le niveau d'angoisse où nous jette déjà une crise sociale et morale alimentée de toutes parts : si le scientisme gagne à l'aide d'arguments et de pressions non scientifiques, alors le désert croît. Si la psychiatrie n'est plus dans l'homme, on assistera à des pratiques de contention et de répression que l'on signale déjà ici ou là. La désolation caractéristique du vécu de la psychose est aussi une expérience qui nous guette tous : en allemand, la désolation (Verwüstung) se souvient du désert (Wüste) qu'elle traverse. Aujourd'hui, si on ne pense pas en même temps la psychiatrie et la culture, on accroît la désertification. Ce qui est inédit dans cette affaire, c'est que, pour la première fois, on voit qu'un procès fait à la psychanalyse, discipline qui ne s'est jamais dérobée à la critique, débouche non pas sur une controverse scientifique argumentée mais sur une interdiction disciplinaire réclamée par des lobbies. Encore une fois, on peut contester la prétention de la psychanalyse à la scientificité, comme l'ont fait au siècle dernier les arguments de Karl Popper, ceux de Georges Politzer ou, plus près de nous, ceux de Gilles Deleuze. Il faut insister là-dessus : la psychanalyse, discipline libérale, ne s'autorisant que d'elle-même, selon les termes de Lacan, indépendante du discours universitaire mais mobilisant toutes les ressources de la science et de la culture, n'a jamais prétendu se dérober au débat scientifique. Cette pression de l'opinion intéressée et pleine de ressentiment est une insulte à la liberté de penser et une menace pour les autres disciplines de la science et de la culture. A côté des vociférations d'aujourd'hui, la première vague de l'antipsychiatrie des années 1970, qui charriait beaucoup de préjugés et d'analyses sommaires, n'avait pourtant pas la même tonalité de haine et de bêtise. Or, cette haine risque de parvenir à ses fins. Certes, elle est nourrie de la souffrance de parents d'enfants autistes qui ont le sentiment d'avoir été culpabilisés par des discours peu nuancés. Menée à son paroxysme, la haine vise à soustraire l'enfant souffrant à une pratique qui vise pourtant à le soulager. L'autiste n'est pas un malade, dit la nouvelle antipsychiatrie. La maladie mentale n'existe pas, disait la première antipsychiatrie. De telles affirmations massives résonnent comme un déni de la souffrance et plus encore de l'humanité qui est ou devrait être au coeur de la clinique, si toutefois le mot même de clinique a encore un sens pour les censeurs. Mais les arguments ont entraîné, cette fois-ci, un recours à l'appareil judiciaire et à un traitement disciplinaire là où un débat argumenté et scientifique fait défaut. Il convient donc d'informer : il existe des lieux de soin, des praticiens, qui résistent à cette dérive. Ils y résistent d'autant mieux qu'ils savent dénouer l'intrigue du scientisme et du judiciaire bâtie autour de l'autisme, mais dépassant de loin la seule question de l'autisme. Il est urgent d'avoir recours à une défense et illustration d'une psychiatrie née pendant et après la guerre qui visait à supprimer l'enfermement asilaire : soigner l'hôpital avant de soigner les malades, selon la formule du psychiatre allemand Hermann Simon, reprise par François Tosquelles. Quand l'hôpital va mieux, certains troubles disparaissent. La psychothérapie institutionnelle qu'on dénonce aujourd'hui a une histoire à faire valoir. Je me contenterai d'en rappeler quelques principes simples. L'institution doit faire du sur-mesure : ce n'est pas au patient de s'adapter au milieu. Pour cela, le concept analytique de "transfert" est précieux. Le transfert d'un patient, schizophrène ou non, sur l'institution, que Jean Oury appelle "transfert dissocié", consiste à organiser la "rencontre" entre le patient et d'autres personnes évoluant dans les mêmes lieux : soignants, personnels de service, autres patients. Le mot même de "rencontre" est la clé de cette pratique. Pour qu'il y ait rencontre, il faut qu'il y ait liberté de circuler. Mais davantage encore, il faut que les lieux et les personnes soient assez distincts : distinguer les sujets, distinguer les lieux pour qu'ils deviennent des sites de parole, distinguer les moments contre un temps homogène et vide, distinguer des groupes et des sous-groupes dans un réseau d'activités. En un mot, résister à la tyrannie de l'homogène, face lisse du "monde administré", selon la formule de Theodor W. Adorno. Une telle pratique de soin de l'esprit humain s'est nourrie de l'apport de la psychanalyse, sans exclusive. Mais surtout, hors du débat scientifique dont pourtant on nous prive, il faut dire l'ancrage de ce traitement. "L'homme est en situation dans la psychiatrie comme la psychiatrie est en situation dans l'homme." Ces mots du philosophe Henri Maldiney ont été illustrés dans des lieux aussi divers que la clinique de Ludwig Binswanger à Zurich, l'hôpital de Saint-Alban (Lozère) pendant la guerre ou, aujourd'hui encore, à la clinique de La Borde (Loir-et-Cher). Va-t-on assécher l'élément humain dans lequel ces institutions baignent ? L'obsession sécuritaire présentant le patient schizophrène comme un danger, jointe au recours à la justice, va-t-elle avoir raison de ces pratiques toujours en recherche ? Nous ne pouvons nous y résoudre. Le désert croît et pourtant rien n'est joué.
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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 11:03
Les infections invasives à Steptococcus pyogènes ou streptocoque A (SGA), qui semblaient avoir perdu de leur importance avec les progrès en matière d'hygiène et d'antisepsie, connaissent une nouvelle augmentation en France. Entre 2002 et 2004, une augmentation de l'incidence des septicémies à SGA a été constatée, passant de 1,6 à 2,7 cas p.100 000 habitants. Des recommandations ont été émises par le Conseil supérieur d'hygiène publique de France en 2005 sur la conduite à tenir lors de la survenue d'un ou plusieurs cas d'infections invasives à SGA en milieu communautaire et les actions menées depuis au niveau national mettent l'accent sur la nécessité de signaler les infections hospitalières au CCLIN et à la DDASS. Le CCLIN Ouest a réalisé une étude descriptive des infections puerpérales à SGA à partir des fiches de signalement des infections nosocomiales reçues entre 2001 et 2010. Ont été incluses toutes les infections invasives ou non survenues au décours d'un accouchement par voie basse ou césarienne, ce qui correspondait à 62 fiches de signalement, provenant de 35 établissements de l'inter-région, dont 42 concernaient des cas isolés et 20 des cas groupés. Le nombre de signalements a très nettement augmenté à partir de 2006 (de 3 en 2005 à 14 en 2009 avec une décroissance à 7 en 2010). Ces signalements concernaient 93 patientes ayant présenté au moins une infection. Sur 108 infections signalées, 93 étaient invasives (62 endométrites, 24 septicémies dont 10 associées à une endométrite, 1 associée à une péritonite post césarienne, 3 syndromes de choc toxique septicémiques dont un décès). Le délai moyen de survenue de l'infection était de 4 jours post-partum. Le caractère nosocomial des infections était certain dans 29 % des signalements (N=18) et probable dans 50 % (N=31). Les infections ont été acquises dans l'établissement dans 54 % (N=33) des signalements et importé dans 8 % (N=4). Une investigation a été réalisée dans 67 % des cas (N=41). Le typage des souches a été effectué seulement dans 31 % (N=19) des cas et les résultats transmis au CCLIN 9 fois. L'incidence globale allait de 0,16 à 1,08 pour 100 000 naissances. Les actions menées au niveau national ont sensibilisé les établissements à la prévention des infections puerpérales à SGA et les ont incités à signaler davantage ce type d'infection au CCLIN. Des points sont à améliorer comme la conservation des souches, et leur transmission au CNR pour typage. Aupée M et coll. Infections puerpérales à Streptococcus pyogenes. État des lieux à partir des signalements externes des infections nosocomiales dans l'interrégion Ouest. 2001-2010. 31ème Réunion Interdisciplinaire de Chimiothérapie Anti-Infectieuse, Paris, 1er-2 décembre 2011. Dr Muriel Macé (24/02/2012)
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