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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 07:36
Les psychiatres sont aujourd’hui à même de fonder une nouvelle clinique psychiatrique en tenant compte de cette grave mise en cause C’est L’APPEL DE BRUMATH (1 : la souffrance des familles) dans l’attente de ce proche mois de mai qui va rétablir une démocratie bafouée par la loi du 5-7-2011 instituant l’enfermement et l’obligation des soins pour les personnes présentant des troubles psychiques, ainsi traités comme des êtres inférieurs. (appel signé par divers acteurs de la psychiatrie réunis à Brumath le 29 mars 2012) Le fait est là, violent. Les familles de ces patients souffrent. Cette souffrance est lourde, indicible. L’annonce de ce trouble grave, psychose, autisme, entraine dans la famille concernée, un séisme prenant l’allure d’une « guerre civile », des accusations, inattendues déferlent entre les membres d’une même famille, la mettent en miettes. Soyons attentifs aux familles, à la confrontation à cette maladie de l’un des leurs, nous percevons que très vite la réaction la plus vive survient, mais celle-ci silencieuse, non exprimée directement : elle est faite d’« un sentiment de culpabilité inconscient» envers leur enfant. Certes chacun d’entre nous vit un tel sentiment lors de la perte d’un être cher, lors de la destruction d’un idéal auquel nous tenons. Mais cette auto accusation ici est plus sévère, car la mère, le père se sentent profondément atteints, mis en cause, ils constatent qu’ils n’ont pas su jouer le rôle que chaque parent assume comme étant son objectif essentiel. Ils n’ont pas su protéger de la maladie leur enfant devenu adulte. Certes nous avons aussi cette réaction à chaque fois qu’une maladie, une blessure, atteint notre enfant. Mais ici le trouble dont il s’agit est celui qui bouleverse le plus parce qu’il est le plus stigmatisé par la société. Récemment encore lors de ce drame de Toulouse nous avons été terrifiés de voir que la plupart des candidats au poste suprême ont dénoncé en premier lieu, avant tout autre, l’acte d’un fou, d’un dément ! D’autre part la survenue d’un trouble psychique grave évoque pour les parents un trouble de l’intelligence, de l’affect, deux qualités majeures, espérées chez leur enfant et qui devaient en faire l’être qui prolongerait leur vie dans une réussite sociale et humaine. Brutalement ils assistent à la faillite de cet idéal qui leur tenait le plus à cœur, « leur raison de vivre ». Seulement cette souffrance est plus grande encore ici, car ils sont confrontés à un deuil, mais ce deuil leur est impossible. Ils ont à faire le deuil d’un idéal portant sur leur enfant et en même temps ils ne peuvent faire le deuil de leur enfant. Il n’est pas mort. En plus ils perçoivent vite qu’il leur est demandé d’être assez forts pour imaginer tout ce qui pourra sauver cet enfant, il faut qu’ils fassent mieux que ce qu’ils ont déjà fait pour lui. C’est hors de leur portée. Ils vont donc accumuler les reproches qu’ils se font, leur sentiment de culpabilité en sera d’autant plus profond, plus violent. Ce sentiment s’accompagne aussitôt d’angoisse, l’ensemble se traduit par de l’agressivité soit vers eux-mêmes, soit vers les autres. On s’explique mieux la complexité du chemin qu’ils ont à parcourir avant de rencontrer des soignants de psychiatrie, culpabilité et peur de la folie les en écartent. Cette attente peut durer des années voir plus de dix ans, redoublant souffrance et culpabilité ! Tout ne se termine pas avec le début des soins ; au contraire un piège dont personne n’est responsable est tendu à la famille comme à l’équipe soignante, dès le début des soins, celui de la rivalité ; en effet dès qu’une famille confie son enfant si peu compréhensible à des soignants, elle va le sentir changer. Comment la famille ne pourrait être jalouse de voir d’autres personnes qu’elles obtenir de leur enfant un autre comportement, plus ouvert, plus présent ? Comment les soignants pourraient-ils s’empêcher d’être jaloux à leur tour de parents qui disent connaître mieux leur enfant qu’eux ? S’installe là un sentiment de rivalité inconscient chez les soignants redoublant aussi un sentiment de culpabilité inconscient chez eux devant les lenteurs des effets de leurs traitements institutionnels, les échecs plus ou moins passagers de leurs efforts. Mais face à cette rivalité une inégalité s’installe ; alors que les familles ne sont pas conscientes de ces différents sentiments, en souffrent et restent seules et sans recours, les soignants ayant perçu qu’ils ne savent prendre la bonne distance avec les patients déploient entre eux de nombreux outils pour trouver la bonne attitude : réunions diverses, supervisions, psychothérapie institutionnelle, qui les aident, mais laissent la famille seule face à leur souffrance, persuadés qu’ils n’ont pas à s’occuper d’elle puisqu’elle n’est pas malade. Cette souffrance des soignants qui s’installe mérite d’être reçue, si elle n’est pas reconnue, écoutée, elle va s’opposer au traitement des patients. Cela renforce le contraste avec les familles dont la souffrance n’est pas écoutée et amène à nous interroger sur l’hostilité des soignants. Cette hostilité n’est pas nouvelle, elle existe depuis le début de la psychiatrie et de ses asiles en 1838. La séparation du malade de sa famille a été érigée en dogme tant par crainte de contagion que parce que la famille était reconnue comme responsable, ce dogme n’a pas encore été totalement récusé. La psychiatrie moderne d’après guerre n’a pas donné de place à la famille : la psychiatrie institutionnelle ne s’est pas intéressée à la famille, certains psychanalystes l’ont même violemment caricaturée, la thérapie familiale par son titre même a fait croire qu’il fallait traiter la famille ce qui signifiait que la famille était malade et responsable des troubles de leurs enfants. Même la révolution amenée par la psychiatrie de secteur à partir de 1960, tout en invitant à intégrer l’environnement social du patient, a, dans sa majorité, négligé la famille. Au total à cette révolution, qui a fait faire un pas considérable à la psychiatrie en 60 ans, la famille n’a pas été invitée ! La solidarité sociale tant attendue dans le projet de secteur par Lucien Bonnafé et vécue dans la Résistance n’incluait pas la famille. Simultanément dès 1962 des familles ont puisé dans cette souffrance le courage pour dépasser leur honte face à une société hostile à la folie et se rassembler dans un mouvement national l’UNAFAM, demandant une psychiatrie différente de celle de l’asile. Puis, jusqu’à aujourd’hui, elles témoignent régulièrement que la majorité des soignants (en fait surtout les psychiatres, car les infirmiers se sont toujours montrés disponibles et attentifs) refusent de les voir sous le prétexte de manque de temps, et de ne pas vouloir rompre leur loyauté envers le malade ; parler aux familles étant à leurs yeux donner raison à celles-ci dans le conflit les opposant à leur malade (en fait un tel conflit existe toujours et n’est pas la cause du trouble, il est le compagnon de la maturation). Et même, si le climat général a quelque peu changé ces dernières années sous l’influence de la loi 2005 sur le handicap (loi apportant la compensation sociale dont les patients ont besoin à côté des soins, et invitant la continuité entre soins et action sociale) sous la pression des familles UNAFAM et des usagers FNAPSY, malgré cela dans la majorité des équipes le refus de recevoir les familles, ou le moins possible, a persisté. Alors soyons incisifs et demandons si, jusqu’à preuve du contraire, l’attitude indifférente des équipes de soin envers la souffrance des familles ne correspond pas à « un sentiment inconscient d’accusation » envers les familles ? (Pourquoi ne pas s’exprimer ainsi !). Il serait temps que les soignants s’interrogent. Les psychiatres se défendent de porter toute accusation envers les familles ? Peut-être est-ce vrai pour beaucoup, mais dans la mesure où ils ne font rien pour aider les familles à dépasser leur sentiment de culpabilité inconscient, ne pouvons-nous conclure qu’ils soutiennent cette accusation par leur silence ? En fait soyons attentifs ce propos ne reflète pas ‘toute’ la réalité ! Si ce constat peut être fait pour une grande partie de la psychiatrie dite générale (pour les adultes) c’est faux pour un quart de la psychiatrie, celle qui s’adresse aux enfants et aux adolescents. Dès le début cette psychiatrie qui en 1972 n’existait pas s’est bâtie sur le tissu naturel de la ville, du quartier, du village, et a abouti en dix ans à la création hors hôpital de 320 équipes (une pour deux ou trois des 837 secteurs adultes) ; sur toute la France une pratique s’est développée à partir du constat qu’il était impossible de soigner un enfant sans apporter à ses parents les éléments leur permettant de comprendre et d’accepter qu’un changement psychique était en cours chez leur enfant et qu’il était essentiel que leur propre attitude change envers eux ; entendant que ce changement s’opérait sous l’effet de traitements multiples associés (psychothérapie, institutionnel, chimie, éducation, pédagogie), où la psychothérapie jouait le rôle clé (inspirée surtout par la psychanalyse), donnant accès à une ‘mutation psychique’ chez leur enfant. Cette évolution due au traitement, associé au suivi des parents, a été possible grâce à la créativité et l’énergie de quelques psychiatres fondateurs Lebovici, Diatkine, Soulé, Lang, …et le rôle de coordonnateur de l’enseignement joué par Misès et d’autres, … diffusant cette nécessité de construire les soins sur ces liaisons avec les familles ainsi rétablies dans leur rôle fondamental de ‘parents’, et en lien avec les autres institutions civiles, école, pédiatrie, PMI, justice. A l’inverse les équipes de psychiatrie adulte étant engagées dans tout autre défi redoutable, celui de rendre humain les espaces asilaires, ont été, la plupart du temps, dévorées par l’énergie dépensée dans la lutte contre la persistance de l’hospitalisation sous contrainte ; non seulement elles ont été indifférentes aux familles, mais elles les ont jugées inopportunes dans les espaces hospitaliers, ce qui était facilité par le dogme évoqué de la séparation, non remis en cause. Certes beaucoup, mais de façon variable, en fonction de la qualité de leurs directeurs à même ou non de soutenir la dimension humaniste de la psychiatrie de secteur, ont développé parallèlement des soins variés dans la Cité, mais en restant enfermés dans leur rôle de psychiatres institutionnels et sans s’engager frontalement dans un échange constant avec la famille, c’est à dire sans s’interroger sur la qualité de liaison qu’il s’agit d’établir concrètement avec le reste de la société, et d’abord avec la famille. C’est la qualité de cette liaison avec la famille qui ouvre le dialogue avec la société. La psychiatrie peut alors se développer totalement en dehors des grands espaces hospitaliers, même les lits, et située ainsi, être à portée de voix des familles, autour du patient, tout en sachant qu’aucun patient ne peut aller vers la guérison si quelqu’un cherche à substituer son désir au sien que ce soit sa famille, son soignant ou un tiers. L’APPEL DE BRUMATH serait ce réveil appelant à fonder une nouvelle clinique psychiatrique donnant une vraie place aux familles, mais une place discrète, gardant la priorité au patient. « La psychiatrie, jamais sans la famille, mais avec discrétion. » La psychiatrie peut-elle avancer aujourd’hui si au préalable, elle ne convoque les raisons qui ont construit la stigmatisation de la folie, de la psychiatrie ? … (la famille, ce groupe d’origine, puis d’adoption, qui entoure la personne, et où chacun a son statut, mère, père, conjoint, sœur, oncle, grand-mère…) L’APPEL DE BRUMATH serait ce réveil appelant à fonder une nouvelle clinique psychiatrique donnant une vraie place aux familles, mais une place discrète, gardant la priorité au patient. « La psychiatrie, jamais sans la famille, mais avec discrétion. » La psychiatrie peut-elle avancer aujourd’hui si au préalable, elle ne convoque les raisons qui ont construit la stigmatisation de la folie, de la psychiatrie ? Demain Appel de Brumath (2 : réponse des soignants du secteur) Edmond Perrier, Sarah Sananès, Philippe Amarilli, Yves Carraz, Guy Baillon, psychiatres, Alain Castera cadre sup de santé Signer auprès de « edmond.perrier@ch-epsan.fr »
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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 07:18
Environ 20 % des fièvres chez les patients de retour d'Afrique sont dues au paludisme et l'on dénombre chaque année en France plus de 5 000 cas de paludisme d'importation et une vingtaine de décès. Nous sommes l'un des pays européens les plus touchés, mais c'est du Royaume-Uni que nous vient une étude précisant les facteurs de risque de mortalité. Entre 1987 et 2006, 39 302 cas de paludisme ont été déclarés au Royaume-Uni dont 25 054 dus au P. falciparum, responsable de 184 décès sur les 191 déclarés. Deux principaux groupes de voyageurs sont individualisés : les personnes, le plus souvent d'origine africaine, et dans cette étude il s'agit surtout d'Afrique de l'ouest, dont le motif du voyage est de rendre visite à de la famille ou des amis et les touristes, allant plutôt en Afrique du sud et en Gambie, destination très prisée semble-t-il par les Anglais. Les premiers constituent la majorité des cas de paludisme importé, mais ce sont les seconds qui ont le risque de décès le plus élevé (3 % vs 0,32 %). Les décès sont particulièrement fréquents parmi les voyageurs revenant de Gambie. Dans ce cas les auteurs mettent en cause le système des voyages « clés en main », au cours desquels les touristes ne sont pas toujours bien conscients des dangers et peu avertis des signes d'alerte à leur retour. Contrairement à ce que l'on constate dans les pays endémiques et notamment en Afrique, les décès dus au paludisme importé concernent plutôt les patients les plus âgés (odds ratio : 10,68 ; intervalle de confiance à 95 % : 6,4 à 17,8 pour les plus de 65 ans comparé aux 18-35 ans). La raison n'en est pas très claire, mais selon les auteurs cette différence ne serait pas seulement liée à l'existence de co-morbidités. L'utilisation d'une chimioprophylaxie est associée à un risque inférieur de décès chez les patients qui ne sont pas d'origine africaine (0,6 % vs 3,4 %). Enfin le délai de prise en charge paraît un élément essentiel. Le temps écoulé entre l'apparition des symptômes et le diagnostic est similaire ici à celui rapporté dans d'autres travaux, compris entre 4 et 8,5 jours. Les décès s'observent davantage chez les patients ayant tardé à consulter, et il est frappant de constater qu'ils surviennent peu de temps après l'hospitalisation, malgré une mise en route rapide des traitements. Les auteurs précisent même que 26 % des patients décèdent chez eux ou dans l'ambulance. En définissant plus précisément les personnes à risque de décès, cette étude permet de cibler les interventions vers les personnes les plus âgées, les voyageurs nés en dehors de zones d'endémie et ceux voyageant à la recherche du « soleil d'hiver », en particulier en Gambie pour nos amis anglais. Les professionnels consultés doivent insister sur la prévention et la chimioprophylaxie et sur la nécessité d'une consultation rapide en cas de symptômes après le retour. Les patients nés dans les zones d'endémie ne doivent toutefois pas être oubliés dans les conseils de prévention car ils fournissent le plus gros contingent en termes de morbidité. Rappelons que le paludisme tue encore environ 800 000 personnes chaque année dans le monde. Checkley AM. et coll. : Risk factors for mortality from imported falciparum malaria in the United Kingdom over 20 years: an observational study BMJ 2012;344:e2116 doi: 10.1136/bmj.e2116 05/04/12 (JIM) Dr Roseline Péluchon
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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 06:59
Vous aurez peut-être lu lors du congrès de printemps de la Society for General Microbiology qui s’est tenu fin mars à Dublin, un compte-rendu du travail des chercheurs du Metropolitan University de Leeds. Il s’agissait de tester les effets de trois teintures de plantes, le thym, le souci et la myrrhe, sur Propionibacterium acnes, la bactérie responsable de l’acné. Où il s’est avéré que la teinture de thym, préparée de façon simple en laissant infuser la plante dans une solution alcoolique, était la plus efficacement et rapidement bactéricide, au point même de faire mieux que le peroxyde de benzoyle, ingrédient actif de nombreuses crèmes et solutions anti-acnéiques. Conclusion des auteurs, qui voient dans le thym une solution au problème de nombreux patients, en particulier ceux qui supportent mal le peroxyde de benzoyle, parfois responsable de sensations de brûlures et autres irritations… Le thym, donc, pour soigner mon acné ? Pourquoi pas, puisque les extraits de la plante pourraient, outre leurs propriétés bactéricides, procurer des effets anti inflammatoires et calmants particulièrement bénéfiques. Et puis, les auteurs anglo-saxons ne sont pas les premiers à avoir testé la plante. On trouve d’autres traces dans la littérature médicale, comme par exemple ce travail chinois de 2010. Les auteurs d’Harbin, Northeast Forestry University, avaient quant à eux testé une dizaine de plantes sur ce même Propionibacterium. Le thym, la cannelle et la rose exerçaient les meilleures activités bactéricides, à 0,016 % (v/v) en CMI (concentration minimale inhibitrice), la première plante s’avérant très rapidement bactéricide -moins de 5 mn dans les conditions de l’expérience- à faible concentration. Un travail qui, au moins temporellement, succédait lui même à un autre, réalisé par des Coréens (Tae-Heon Oh, J Gen Appl. Microbiol., 2009) pour caractériser les effets et la composition chimique d’huiles essentielles de thym actives sur des Propionibacterium d’acnéiques. Il ne reste plus au thym, selon M Gomez-Escada, de Leeds, qu’à confirmer son efficacité sur des modèles d’environnement cutané et sur le terrain. Une démonstration qui ouvrirait peut-être la porte à d’autres travaux, dans des spécialités différentes. En effet, et ce n’est certainement pas le moindre intérêt de l’affaire, les chinois Zu et coll, dans leur travail cité ici, avaient eu l’idée de tester leurs extraits sur 3 lignées de cellules cancéreuses humaines (PC-3 de carcinome prostatique, A549 de carcinome pulmonaire et MCF-7 de cancer du sein), avec des résultats de cytotoxicité qui pourraient s’avérer intéressants, au moins dans le premier cas. Dr Jack Breuil Zu Y et coll. : Activities of ten essential oils towards Propionibacterium acnes and PC-3, A-549 and MCF-7 cancer cells. Molecules 2010; 15 : 3200-10 jim.fr
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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 06:51
En France, 70 % des plombages pour les caries des molaires et des prémolaires contiennent du mercure. D'après certains estimations, les Français comptabiliseraient ainsi 17 tonnes de mercure dans leurs bouches. Les dernières recommandations de l'Afssaps sur le sujet datent de 2005. L'agence conseille d'éviter les plombages à base de mercure (ou de procéder à leur retrait) chez les femmes enceintes ou allaitantes, les personnes dont les reins sont fragilisés par un antécédent de glomérulonéphrite et les allergiques au mercure. Elle met en garde également contre l'éclaircissement des dents postérieures qui possèdent des amalgames à cause de la libération des vapeurs de mercure. Interrogé par E-Santé, le service de presse de l'Afssaps fait savoir que « les recommandations de 2005 sur les amalgames dentaires doivent effectivement être révisées. En revanche l'élaboration des nouvelles recommandations implique une expertise externe, pour laquelle le calendrier des réunions n'est pas encore déterminé, du fait des actualités récentes sur les dispositifs médicaux (affaire PIP) ». Plusieurs pays européens, dont la Norvège, le Danemark et la Suède, ont déjà interdit le mercure dentaire. La fuite de cette substance est proportionnelle au nombre d'amalgames et peut survenir lors de la condensation, du polissage, de la pose et de l'usure des amalgames. À ce jour, six études ont mis en évidence un lien entre le mercure inorganique et des troubles du développement neurologique, comme l'autisme. Sept autres études ont conclu à l'impact du mercure, même à de faibles doses, sur les maladies cardiovasculaires. D'après André Picot, toxicologue et ancien directeur de Recherche de l'Unité de Prévention du risque chimique au CNRS, le mercure est cancérogène, mutagène et toxique pour les systèmes nerveux, immunitaire et hormonal. Le réflexe d'appeler le 15 encore trop rare en cas d'infarctus Le Figaro, mardi 3 avril, www.sante.lefigaro.fr Une étude de l'observatoire européen Stent for Life montre que moins d'un Français sur deux a le réflexe d'appeler le Samu en cas de douleur vive dans la poitrine, et ce malgré les récentes campagnes d'information visant à diffuser ce bon geste. Depuis les premiers résultats d'une même enquête en novembre 2010, il n'y a eu aucune progression des appels vers le 15 de la part de malades souffrant de douleurs thoraciques. La très grande majorité des personnes victimes d'infarctus présentent des douleurs thoraciques. Environ 70 % d'entre elles passent un appel téléphonique, mais moins de la moitié de ces appels sont adressés au Samu (49 % en 2010 et 47 % en 2011). Quand un patient cherche à contacter un autre interlocuteur, comme un généraliste par exemple, « les délais sont doublés, c'est dramatique», déplore le Pr Martine Gilard, cardiologue au CHU de Brest. Les réticences à appeler le 15 viennent de la peur de déranger, le sentiment de ne pas être concerné ou le déni face à l'accident cardiaque. Pourtant le 15 est là « pour faire le tri » rappelle le Pr Girard. Et le bénéfice est immense : en effet, « lorsque l'artère coronaire bouchée est désobstruée dans les 90 minutes qui suivent l'apparition des premières douleurs, les séquelles sont quasi nulles, alors qu'un délai supplémentaire entraîne un risque irrémédiable d'insuffisance cardiaque. » E-santé, avril 2012, www.e-sante.fr
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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 06:49
Quels changements significatifs viennent affecter l'épaisseur du cortex dans la schizophrénie, et quelles sont les parts respectives de la maladie, du vieillissement normal ou pathologique, voire du traitement ? Fruit d'une collaboration entre une équipe d'Utrecht (Pays-Bas) et de Montréal (Canada), une étude longitudinale (sur 5 ans) a comparé des données d'imagerie par résonance magnétique chez 96 patients schizophrènes (70 hommes et 26 femmes) et 113 sujets-contrôles de 16 à 56 ans. Au terme de cette recherche, plusieurs constats apparaissent : au départ, les schizophrènes ont souvent, par comparaison aux sujets-témoins, un amincissement du cortex plus marqué sur les régions « orbito-frontale gauche, para-hippocampale droite et temporale supérieure » contrastant avec un « épaississement du lobule pariétal supérieur et du pôle occipital.» En revanche, l'épaisseur moyenne du cortex (mean cortical thickness) ne diffère pas entre les deux groupes. Au fil du temps, un amincissement marqué intéresse de vastes zones (widespread areas) du manteau cortical, « plus prononcé pour le cortex temporal (bilatéral) et la région frontale gauche», et une évolution défavorable de la maladie se révèle « associée à une plus grande amplitude de cet amincissement cortical.» Une autre observation intéressante concerne la part possible du traitement dans le déterminisme de cet amincissement : dans la mesure où, comparativement à la prise de neuroleptiques typiques (molécules plus anciennes), le recours aux neuroleptiques atypiques (antipsychotiques de deuxième génération) est « associé à un amincissement cortical moins prononcé», ce constat contribue ainsi à renforcer l'intérêt pour ces « nouvelles » molécules, puisqu'il suggère leur moindre interférence iatrogène avec les mécanismes physiopathologiques à l'oeuvre dans la schizophrénie. L'existence de cet amincissement cortical confirme surtout l'implication de processus organiques dans le mécanisme de la schizophrénie, « plus marqués dans les régions frontales et temporales», et évoluant progressivement de façon péjorative au fil de la maladie. Neeltje E et coll. : Changes in cortical thickness during the course of illness in schizophrenia. Arch Gen Psychiatr,y 2011 : 871-880. 04/04/12 (JIM) Dr Alain Cohen
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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 06:37
Effect of magnesium supplementation on blood pressure: a meta-analysis To date, there has been inconclusive evidence regarding the effect of magnesium supplements on blood pressure (BP). This meta-analysis was conducted to assess the effect of magnesium supplementation on BP and to establish the characteristics of trials showing the largest effect size. Primary outcome measures were systolic blood pressure (SBP) and diastolic blood pressure (DBP) at the end of the follow-up period. One hundred and forty-one papers were identified, of which 22 trials with 23 sets of data (n=1173), with 3 to 24 weeks of follow-up met the inclusion criteria, with a supplemented elemental magnesium range of 120–973 mg (mean dose 410 mg). 95% confidence intervals (CI) were calculated using DerSimonian and Laird's random-effects model, with effect size calculated using Hedges G. Combining all data, an overall effect of 0.36 and 0.32 for DBP and SBP, respectively, was observed (95% CI 0.27–0.44 for DBP and 0.23–0.41 for SBP), with a greater effect being seen for the intervention in crossover trials (DBP 0.47, SBP 0.51). Effect size increased in line with increased dosage. Although not all individual trials showed significance in BP reduction, combining all trials did show a decrease in SBP of 3–4 mm Hg and DBP of 2–3 mm Hg, which further increased with crossover designed trials and intake >370 mg/day. To conclude, magnesium supplementation appears to achieve a small but clinically significant reduction in BP, an effect worthy of future prospective large randomised trials using solid methodology. European Journal of Clinical Nutrition (2012) 66, 411–418; doi:10.1038/ejcn.2012.4; published online 8 February 2012 L Kass1, J Weekes1 and L Carpenter2 1School of Life Sciences, University of Hertfordshire, Hatfield, UK 2Centre for Lifespan and Chronic Illness Research, University of Hertfordshire, Hatfield, UK Correspondence: L Kass, School of Life Sciences, University of Hertfordshire, CP Snow Building, College Lane, Hatfield, Hertfordshire, Herts AL10 9AB, UK. E-mail: l.s.kass@herts.ac.uk Received 10 August 2011; Revised 12 December 2011; Accepted 20 December 2011 Advance online publication 8 February 2012
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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 06:27
Deux équipes nord-américaines ont retrouvé une association entre cancers colorectaux et une bactérie, Fusobacterium. Ces travaux, dont l'un est publié dans Genome Research, montrent que cette bactérie est abondamment présente dans certains carcinomes colorectaux, alors qu'elle est habituellement peu répandue dans le système digestif. Il serait donc possible que Fusobacterium joue un rôle dans la carcinogenèse, mais il est tout autant possible que la bactérie s'accumule dans le côlon après que la tumeur se soit formée. Le professeur Jean-Philippe Merlio du CHU de Bordeaux, explique qu'association n'est pas lien de causalité et que des travaux supplémentaires, sur des modèles murins, sont nécessaires pour démontrer la responsabilité de Fusobacterium. En attendant les résultats de telles recherches, une autre question se pose : comment une bactérie essentiellement présente dans la bouche se retrouve-t-elle dans le côlon ?
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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 07:21
PGC1alpha (Peroxisome proliferator-activated receptor-gamma coactivator 1-alpha) est un co-activateur transcriptionnel de PPAR-gamma (Peroxisome proliferator-activated receptor gamma). Dans le muscle, son expression est induite par l'exercice dont il stimule les effets bénéfiques au niveau local. Mais on lui soupçonne une action plus étendue, dans la mesure où des souris transgéniques ayant une expression musculaire accrue de PGC1alpha sont résistantes à l'obésité liée à l'âge et au diabète et ont une survie plus longue. Une équipe internationale a analysé le tissu adipeux chez ces souris transgéniques et constaté que l'expression de PGC1alpha entraîne le brunissement du tissu adipeux blanc sous-cutané en tissu brun caractérisé par des adipocytes contenant la protéine découplante UCP1 (thermogénine). Placée sous le contrôle de PGC1alpha, la protéine FDC5 dont le taux d'ARNm est augmenté sous l'effet de l'exercice semble impliquée dans ce phénomène. L'étude de biopsies musculaires humaines avant et après 10 semaines d'un programme d'exercices physiques d'endurance indique que le taux d'ARNm FNDC5, est également influencé par l'exercice chez l'homme. Parmi d'autres protéines candidates, seule FNDC5 entraîne une expression marquée de Ucp1et d'autres gènes du tissu adipeux brun, en même temps que la diminution de celle de gènes caractéristiques du tissu blanc ; de plus l'ARNm FNDC5et les autres marqueurs du tissus brun ne sont pas régulés par l'exercice aigu. In vitro FNDC5 est un puissant activateur de la thermogenèse et son induction de Ucp-1passe par PGC1alpha. La protéine serait synthétisée sous forme membranaire, puis clivée et glycosylée pour libérer en dehors de la cellule un polypeptide de 112 acides aminés jamais décrit auparavant et que les chercheurs ont baptisé du nom poétique d'irisine, d'après Iris la déesse messagère grecque. L'irisine est remarquablement conservée entre les espèces, avec une identité de 100 % entre souris et humains. Sa concentration sanguine est augmentée significativement après un entraînement physique (de 65 % chez la souris après 3 semaines d'accès à une roue ; multipliée par 2 chez l'homme après 10 semaines d'entraînement physique d'endurance). In vivo chez la souris, la délivrance de FNDC5 via un vecteur adénoviral n'entraîne pas d'effet secondaire. Elle permet d'augmenter modérément la concentration circulante d'irisine et résulte en un nombre accru d'adipocytes bruns. Elle élève la dépense énergétique, diminue le poids, et améliore la résistance à l'insuline chez la souris rendue obèse et insulino-résistante par un régime riche en graisses. En conclusion l'irisine est une nouvelle hormone polypeptidique placée sous le contrôle de PGC1alpha. Elle est secrétée dans le sang à partir du muscle et active la thermogenèse, et serait responsable d'une part substantielle des effets bénéfiques de l'exercice sur le brunissement du tissu adipeux et de l'augmentation de dépense énergétique. « Le potentiel thérapeutique de l'irisine est évident », soulignent les auteurs, et son intérêt est à explorer dans la prise en charge de l'obésité et du diabète ainsi que dans d'autres pathologies connues pour bénéficier des effets de l'exercice. Boström P et coll. : A PGC1alpha-dependent myokine that drives brown-fat-like development of white fat and thermogenesis. Nature 2012 ; 481 : 463-8. doi:10.1038/nature10777 03/04/12 (JIM) Dominique Monnier
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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 06:45
La sclérodermie systémique (ScS) est associée à une surmorbidité et une surmortalité. Un diagnostic précoce permettant de traiter avant l'apparition de complications pourrait en améliorer le pronostic. La capillaroscopie à un rôle bien établi dans le diagnostic de SSc «précoce» mais cet outil aurait une efficacité optimale s'il permettait également d'identifier les malades susceptibles de développer des complications. La vidéocapillaroscopie périunguéale (VDN) est une méthode diagnostique non invasive permettant de détecter les principales anomalies de la microcirculation locale dans la ScS. Cette étude menée chez 66 malades atteints de SSc avait pour objectif d'évaluer l'existence de possibles corrélations entre différents aspects capillaroscopiques et l'apparition à 18-24 mois d'une atteinte d'organe sévère. Les malades inclus ont eu une VDN à l'entrée. Cinq avaient une atteinte vascullaire débutante en VDN, 25 une forme active et 27 (27/66 = 41 %) une forme terminale. Neuf malades avaient une VDN normale. L'évaluation clinique à 18-24 mois s'est basée sur l'echelle de sévérité de Medsger qui quantifie de 0 à 4 la sévérité de l'altération de l'état général, de l'atteinte vasculaire périphérique, cutanée, digestive,articulaire,musculaire, pulmonaire cardiaque et rénale. En analyse de régression logistique simple, l'odds ratio (OR) estimé pour le développement d'une maladie vasculaire ou d'une pneumopathie sévère augmentait en fonction de la sévèrité de l'atteinte en VDN. L'OR pour l'apparition d'une maladie vasculaire périphérique grave était de 2,49 (intervalle de confiance à 95 % [ IC 95] de 1,33 à 5,43, p = 0,003), pour une atteinte débutante en VDN, 6,18 pour une atteinte active et 15,35 pour une atteinte terminale par rapport à un examen VDN normal. L'OR pour une maladie pulmonaire grave était de 2,54 (IC 95 de 1,40 à 5,22, p = 0,001), pour une atteinte VDN débutante, 6,43 pour l'atteinte active et 16,30 pour l'atteinte terminale par rapport à un examen VDN normal. En analyse de régression logistique multiple, l'OR estimé, pour le développement d'une atteinte sévère vasculaire ou d'une atteinte pulmonaire grave était aussi plus élevé en fonction de la sévèrité de l'atteinte en VDN. L'OR pour une atteinte vasculaire périphérique grave était de 2,52 ( IC 95 de 1,11 à 7,7, p = 0,026),) pour une atteinte VDN débutante, 6,37 pour une atteinte VDN active, 16,07 pour une atteinte VDN terminale par rapport à un examen en VDN normal. L'OR pour une maladie pulmonaire grave à venir était de 2,33 (IC 95 de 1,13 à 5,52, p = 0,021), pour une atteinte débutante en VDN, de 5,44, pour une atteinte active et de 12,68 pour une atteinte terminale par rapport à examen VDN normal. Cette étude pilote est la première montrant une association entre les caractèriqtiques de la vidéocapillaroscopie et le risque de développer une atteinte vasculaire périphérique ou pulmonaire ultérieure. Smith V et coll. : Do worsening scleroderma capillaroscopic patterns predict future severe organ involvement? a pilot study. Ann Rheum Dis., 2012; publication avancée en ligne le 8 mars. 02/04/12 (JIM) Dr Juliette Lasoudris Laloux
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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 06:40
France Soir, Le Figaro, La Provence, La Dépêche - 2 avril 2012 Aujourd'hui se tient la 5e Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. De nombreux monuments seront illuminés en bleu, et en France, l'association Ensemble pour l'autisme organisera pendant une semaine une campagne radio et télé présentant des témoignages de personnes autistes, annonce France Soir. La maladie, qui touche près de 440.000 personnes dans notre pays, reste pourtant très mal connue. Ainsi, si 87% des Français savent que les autistes ont des difficultés à communiquer, 54% pensent qu'ils souffrent de troubles neurologiques et 37% de troubles psychologiques, 25% qu'ils ont une intelligence supérieure à la normale et 30% un retard mental, selon un sondage OpinionWay. Dans Le Figaro, le Défenseur des Droits Dominique Baudis note des "avancées substantielles dans la connaissance et la prise en charge de l'autisme" mais aussi le long chemin qui reste à parcourir, souhaitant dès lors une "mobilisation" des institutions et des associations, pour "travailler sur la déconstruction des préjugés et stéréotypes et sur la responsabilisation de l'ensemble des acteurs impliqués dans la vie quotidienne des personnes autistes: l'école, les activités périscolaires, l'accès aux loisirs, les soins, l'emploi, la formation professionnelle..." Il annonce aussi la création d'un groupe de travail dédié "port[ant] en priorité sur le respect des droits des personnes autistes, les mesures pouvant favoriser une meilleure participation citoyenne et le développement de structures d'accueil".
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