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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 07:54

Des bactéries de la bouche dans l'anévrisme cérébral

22/11/2013

Une étude finlandaise met en évidence un lien entre bactéries orales et rupture d'anévrisme cérébral.

Plusieurs études avaient déjà permis d’évoquer une relation entre parodontite et anévrisme de l'aorte. Dans un travail récent une équipe Française a par ailleurs rapporté la présence de bactéries responsables des maladies de la gencive dans des échantillons d’anévrismes de l'aorte.

Trente-six malades de plus de 18 ans avec une hémorragie méningée par rupture d’anévrisme (AC) ont été inclus dans ce travail. Sept échantillons d’AC ont été obtenus à l'autopsie et 29 en per opératoire.

Des prélèvements sanguins artériels (chez les sujets vivants) ou des échantillons de l'artère cérébrale controlatérale chez les sujets autopsiés servaient de contrôle.

La présence, dans la paroi anévrismale d'ADN, de bactéries responsables d'abcès périapicaux (streptococcus sp. Str. mitis-group, Str. mitis, Str. oralis, Str. Sangui , Str. gorgonii, Staphylococcus aureus, Staphylococcus epidermidis) et de bactéries parodontales ( Porphyromonas gingivalis, Aggregatibacter actinomycetemcomitans, Fusobacterium nucleatum, Prevotella intermedia, Dialister pneumosintes,

Parvimonas micra et Treponema denticola) était recherchée par PCR.

Des ADN de bactéries ont été détectés dans 21 des 36 échantillons (58 %). Un tiers des échantillons positifs contenaient de l'ADN de bactéries endodontiques et parodontales.

De l'ADN de bactéries endodontiques a été détecté sur 20/36 échantillons et de bactéries parodontales sur 17/36 échantillons. Il s’agissait le plus souvent d’ADN des bactéries du groupe streptococcus mitis. Aggregatibacter actinomycetemcomitans, Fusobacterium nucleatum et Treponema denticola étaient les 3 bactéries parodontales les plus fréquentes.

Le nombre d'ADN de bactéries détectés dans les échantillons d’anévrisme était 44,5 fois plus élevé que dans les échantillons de sang contrôles (DS : 62,90). Des résultats similaires ont été retrouvés sur les échantillons autopsiques.

Un marquage intense des récepteurs reconnaissant les bactéries (CD14 et TLR-2) était constaté dans tous les échantillons autopsiques d’anévrismes rompus.

Les limites (majeures) de cette étude sont le faible échantillon et l'absence de groupe contrôle séparé. Des études supplémentaires à plus large échelle paraissent utiles pour confirmer ou infirmer ces résultats très intéressants qui pourraient permettre de progresser dans la connaissance de la physiopathologie et donc peut être de la prise en charge de l'anévrisme cérébral qui, lorsqu'il se rompt, expose toujours, en 2013, à un taux de mortalité de plus de 50 % en phase initiale.

Dr Juliette Lasoudris Laloux

Pyysalo M J et coll. : The connection between ruptured cerebral aneurysms and odontogenic bacteria J Neurol Neurosurg Psychiatry, 2013; 84: 1214-1218

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 16:23

En utilisant une technique par ultrasons, des chercheurs sont parvenus à déjouer la barrière hémato-encéphalique qui empêche normalement les traitements d'atteindre les zones touchées dans le cerveau.

ALZHEIMER. Deux chercheurs de l'Institut du cerveau de l'université du Queensland (Australie) sont parvenus a restaurer en partie la mémoire de souris modèle de la maladie d'Alzheimer grâce à une stimulation par ultrasons de certaines cellules du cerveau. Des travaux d'importance qui constituent une percée dans la recherche sur cette maladie jusqu'ici réfractaire à tous les traitements. Dans leur étude publiée mercredi 11 mars 2015 dans la revueScience Translational Medicine, Gerhard Leinenga et Jürgen Götz expliquent que ce traitement par ultrasons a permis d'éliminer les plaques de protéine bêta-amyloïde responsables de la dégénérescence des neurones caractéristique d'Alzheimer. 75% des sujets testés auraient ainsi recouvré leurs capacités cognitives dégradées par la maladie.

Mais l'importance de ces travaux réside finalement moins dans cette inversion de la perte de mémoire - déjà réalisée par d'autre biais par ailleurs - que dans la stratégie même qui a été employée. L'utilisation des ultrasons (déjà commune pour les échographies ou pour dissoudre les calculs rénaux) a en effet permis de faire tomber une barrière qui se dresse systématiquement contre toutes les tentatives de traitement. Cet obstacle, c'est la barrière hémato-encéphalique qui contrôle les échanges entre le sang et le cerveau. En effet, cette couche étanche et protectrice de cellules protège certes le cerveau contre les infections, mais bloque aussi les médicaments. Elle joue le rôle de filtre entre la circulation sanguine et les tissus cérébraux.

Les chercheurs sont donc parvenus à pénétrer cette défense naturelle en injectant de micro-bulles de gaz dans le sang qui, vibrant sous l'effet des ultrasons, ont permis d'ouvrir une brèche. Cette action provoque en effet une libération d'albumine qui, en pénétrant la barrière hémato-encéphalique, stimule la microglie, une population de cellules du système immunitaire spécifiques au cerveau notamment chargée d'éliminer l'accumulation de bêta-amyloïde.

Ainsi, au-delà de l'effet très rapide sur la perte de mémoire, la technique pourrait être utilisée pour "ouvrir" le cerveau des malades à des traitements médicamenteux jusqu'ici inefficaces, sans pour autant exposer le cerveau aux infections. "Avec notre approche la barrière ne s’ouvre que temporairement, pour quelques heures, de façon à ce que son rôle protecteur soit rapidement rétabli" explique le Pr Götz.

La bêta-amyloïde est une protéinelocalisée surtout au niveau du cerveau. Elle provient de la protéine APP : Amyloid Precursor Protein ou protéine précurseur de l'amyloïde. En principe, elle est peu à peu éliminée par la microglie pour éviter qu’elle "étouffe" les neurones. Mais dans la maladie d’Alzheimer, ce processus d’évacuation est enrayé et l’accumulation de la protéine crée des plaques à l'origine de la maladie d'Alzheime

Si les résultats obtenus sur ces souris peuvent être reproduits chez l'homme,"cette technique peut révolutionner les traitements du cerveau humain", juge Kullervo Hynynen, un biophysicien de l'Institut de recherche Sunnybrook à Toronto au Canada, le premier à avoir avancé l'idée de cette technique avec des ultrasons. Jusqu'à présent cette technique n'avait été testée que chez des singes. Mais le Pr Götz prévoit désormais de la tester sur des moutons auxquels on aurait induit un équivalent de la maladie d'Alzheimer.

À noter également que ce mois-ci, le neuro-chirurgien Todd Mainprize, de l'université de Toronto, va recourir aux ultrasons pour ouvrir momentanément cette protection cérébrale afin d'acheminer une dose de chimiothérapie dans une tumeur dans le cerveau d'un malade. Ce sera l'un des premiers essais cliniques de cette technique.

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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 08:56

Le sulfate d'héparane en tant que régulateur de recrutement des leucocytes dans l'inflammation.


Auteurs
Kumar AV, Katakam SK, Urbanowitz AK, Gotte M1.


Journal Curr Protein Sci Pept. 2015; 16 (1): 77-86.


Résumé


Un événement essentiel dans la maladie inflammatoire est le recrutement de leucocytes transendothéliaux venus de la circulation sur le site de l'inflammation.


Des recherches intensives dans les dernières décennies indiquent que le sulfate d'héparane glucido-polyanionique (HS) module plusieurs étapes dans la cascade de recrutement des leucocytes.


Le recrutement des leucocytes est déclenché par l'activation des cellules endothéliales et par la présentation des chimiokines aux leucocytes de roulement, qui, par activation de l'intégrine, a pour résultat l'adhérence et la diapédèse à travers la paroi du vaisseau.


Les Protéoglycanes sulfate d'héparane (HSPG) immobilisent les chimiokines sur les cellules endotheliales luminales, les rendant plus robustes contre les perturbations mécaniques ou hydrodynamiques.


Au cours de l'inflammation, HSPG endotheliale sert de ligand pour la L-sélectine sur les leucocytes, les chimiokines de transport dans une direction apicale et basolatérale à travers l'endothélium, et les chimiokines présentes à la surface luminale de l'endothélium de cellules circulantes.


HSPG favorise également l'oligomérisation des chimiokines qui influent sur la signalisation du récepteur des chimiokines.


En outre, les protéoglycanes de la famille syndécan sont impliqués dans la modulation de l'intégrine-médiation pour l'adhérence serrée des leucocytes à l'endothélium.


La création d'un gradient de chimiokine par une libération de chimiokines localisée influence la vitesse de recrutement des leucocytes à partir du sang vers le tissu en attirant des neutrophiles rampants sur des sites optimaux pour la transmigration.


La directionnalité pour ramper en intraluminale est pensé influencée par les deux signaux mechanotactic et haptotactique, qui sont modulés par des processus de signalisation HS-dépendantes.


Enfin, la diapédèse est influencée par HS qui concerne la formation transendothéliale d'un gradient de chimiokines et les interactions CAM integrin-, renforcées par la dégradation des héparanase, médiation de la membrane endothéliale sous jacente.


Dans l'ensemble, le rôle multifonctionnel de l'HS dans l'inflammation marque une cible potentielle d'approches thérapeutiques centrées sur les glycanes.


PMID 25692849 [PubMed
Bentham Science Publishers Ltd .: Texte intégral disponible

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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 07:59

COMPTE RENDU
Une vingtaine de perturbateurs endocriniens dans les cheveux des Parisiennes


Une enquête menée sur une trentaine de jeunes urbaines en âge de procréer montre leur imprégnation par des substances suspectées d’être nocives.


Au moins une vingtaine de perturbateurs endocriniens (PE) – avérés ou suspectés – seraient présents dans les cheveux des femmes urbaines en âge de procréer.


C’est le principal message d’une étude rendue publique jeudi 12 mars par l’association Générations futures, financée par le Conseil régional d’Ile-de-France.


Ces résultats se fondent sur l’analyse des cheveux d’une trentaine de jeunes femmes de 20 à 35 ans, vivant principalement à Paris et en banlieue parisienne – échantillon toutefois non-représentatif de cette population.


Les PE sont une catégorie de molécules présentes dans de nombreux objets d’usage courant (conditionnements alimentaires, solvants, cosmétiques, etc.) et dans la chaîne alimentaire (pesticides, etc.), capables d’interférer avec le système hormonal et d’agir ainsi à de très faibles niveaux d’exposition. De nombreux troubles et maladies émergentes (diabète de type 2, obésité, cancers hormono-dépendants, etc.) sont suspectés d’être favorisés par ces substances.


Une soixantaine d’entre elles, principalement des pesticides, ont été recherchées dans l’analyse conduite par Générations futures. Dans le meilleur des cas, 12 molécules différentes ont été retrouvées ; dans le pire cas, celui d’une jeune femme vivant en petite couronne, 32 substances distinctes ont été détectées.


Les disparités d’exposition sont plus fortes encore dès lors que la quantité totale de produits résiduels est examinée : elle varie de 24 à 387 nanogrammes par gramme de cheveux. « Nous avons cherché ces substances dans une mèche de cheveux de trois centimètres, ce qui correspond au film des expositions cumulées de la personne au cours des trois derniers mois », explique François Veillerette, porte-parole de Générations futures.


Molécules interdites


Sur les 64 molécules recherchées, 7 ont été retrouvées dans la totalité des échantillons : un résidu d’insecticides pyréthrinoïdes, deux d’insecticides organophosphorés et quatre de pesticides interdits depuis plusieurs années (hexachlorobenzène, parathion, lindane, trifluraline).


La présence dans l’organisme de ces composés chimiques interdits peut s’expliquer de plusieurs façons : utilisation frauduleuse dans certaines exploitations agricoles, utilisation dans d’autres produits que les pesticides ou, plus sûrement, remobilisation de molécules stockées de longue date dans l’organisme (le lindane est par exemple connu pour s’accumuler dans les graisses).


Quinze autres substances ont été détectées sur plus de la moitié des individus testés, parmi lesquelles d’autres pesticides ainsi qu’un PCB (polychlorobiphényle).


D’autres perturbateurs endocriniens, comme par exemple certains phtalates, n’ont pas été inclus dans la liste des molécules recherchées.


L’analyse chimique a été conduite par un laboratoire de biosurveillance académique luxembourgeois, mais les résultats n’ont pas fait l’objet d’une publication dans une revue scientifique à comité de lecture.


Au reste, la très petite taille de l’échantillon ne permet pas de déduire des taux d’imprégnation de la population générale.


De même, aucun déterminant – hygiène de vie, habitudes alimentaires, lieu de résidence, etc. – ne peut permettre, à partir des résultats présentés, d’expliquer les disparités d’imprégnation des participantes.


« L’objectif de cette étude était plutôt, en se plaçant loin des zones agricoles, de montrer l’étendue de la contamination de la population féminine en âge de procréer, précise M. Veillerette.


Car pour l’enfant à naître, c’est au cours de la vie fœtale que les effets des perturbateurs endocriniens sont les plus inquiétants. »


Controverse sur les effets
L’étude de l’association ne dit toutefois rien des effets sanitaires potentiels des molécules détectées.


De tels effets sont considérés comme improbables par la plupart des agences de sécurité sanitaire.


Dans son rapport annuel sur les résidus de pesticides dans l’alimentation, rendu public le 12 mars, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) précise ainsi que « 97,4 % des échantillons alimentaires testés présentent des résidus de pesticides conformes aux limites légales et que 54,6 % des échantillons ne contiennent pas de niveaux mesurables de résidus ». A ces niveaux d’exposition, l’EFSA estime « improbable » que « la présence de résidus de pesticides dans les aliments ait un effet à long terme sur la santé des consommateurs ».


Cependant, le jugement des agences de sécurité sanitaires comme l’EFSA est, depuis quelques années, de plus en plus remis en cause par la recherche scientifique académique.


De fait, de nombreuses études montrent des effets sanitaires attribuables à l’exposition à certains PE, à des seuils inférieurs aux seuils calculés par les agences.


Se fondant sur les études toxicologiques, épidémiologiques et de biosurveillance publiées depuis une vingtaine d’années dans les revues scientifiques à comité de lecture, un groupe de dix-huit chercheurs américains et européens a ainsi récemment cherché à évaluer le coût sanitaire de l’exposition de la population européenne à différents PE.


Leurs résultats, à paraître dans la prochaine édition du Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism, sont en radicale opposition avec l’opinion de l’EFSA.


En limitant leur analyse aux liens qu’ils estiment les plus sûrement documentés, entre certaines substances à certains effets sanitaires, ils chiffrent à un minimum de 120 milliards d’euros le coût annuel des dégâts occasionnés sur les Européens par les seuls pesticides organochlorés et organophosphorés.


Par Stéphane Foucart,
le 12 mars 2015


Les perturbateurs endocriniens coûtent plus de 150 milliards d’euros par an à l’Europe


Une série d’études chiffrent à 1,23 % du PIB européen le coût économique de l’exposition aux produits chimiques.


Obésité, diabète, troubles de la fertilité et neuro-comportementaux : la part de ces maladies et troubles chroniques attribuable aux perturbateurs endocriniens (PE) coûtent chaque année à l’Union européenne plus de 157 milliards d’euros, soit environ 1,23 % du produit intérieur brut (PIB) de l’Union.


Frappante, cette estimation est le principal résultat d’une série d’études conduites par une vingtaine de chercheurs américains et européens, à paraître dans le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism et qui devaient être présentées à San Diego (Californie), jeudi 5 mars, au congrès annuel de l’Endocrine Society – la principale société savante dévolue à l’endocrinologie.


Les auteurs, qui ne font pas mystère des marges d’incertitudes inhérentes à ce genre de calculs, placent la fourchette haute de leur estimation à quelque 270 milliards d’euros annuels, soit 2 % du PIB européen.


Les PE sont une catégorie de molécules présentes dans de nombreux pesticides et plastiques, dans certains cosmétiques ou conditionnements alimentaires, et susceptibles d’interférer avec le système hormonal, même à de faibles doses.


Aux échelles européennes ou nationales, certains d’entre eux – bisphénol A et phtalates – ont déjà fait l’objet de restrictions ou d’interdiction.


Mais la plupart de ces substances ne sont pas régulées en tant que telles, et sont toujours autorisées. Selon l’Endocrine Society, « près de 100 % des gens ont des niveaux détectables de perturbateurs endocriniens dans leur organisme ».


Substances problématiques


Selon les résultats présentés, les substances les plus problématiques sont les pesticides organophosphorés et organochlorés. Les coûts directs (soins, traitements médicaux, etc.) et indirects (perte de productivité, absentéisme, etc.) des troubles et des maladies attribuables à ces substances se montent à quelque 120 milliards d’euros par an en Europe.


Les produits utilisés dans les matières plastiques – phtalates et bisphénol A – pèsent pour leur part quelque 26 milliards d’euros.


Les retardateurs de flamme bromés, utilisés dans les mousses des canapés ou dans l’électronique, coûtent de leur côté environ 10 milliards d’euros par an.


En considérant le coût pour chaque effet sanitaire lié aux PE, la baisse des capacités cognitives de la population (estimée en perte de points de quotient intellectuel) et les maladies neuro-développementales (troubles du spectre autistiques, hyperactivité et troubles de l’attention) viennent en tête avec un fardeau de 132 milliards d’euros. Viennent ensuite les troubles du métabolisme (obésité et diabète de type 2), qui pèsent quelque 15 milliards d’euros.


Les troubles du système reproducteur masculin (malformations génitales à la naissance, infertilité) viennent loin derrière avec un fardeau économique estimé à 4 milliards d’euros.


Si les chiffres annoncés semblent énormes – bien qu’inférieurs au coût du tabac, de l’ordre de 45 milliards d’euros par an pour la France – ils sont en réalité très en dessous de la réalité.


Sous-estimation volontaire
Cette sous-estimation tient à la méthodologie choisie par les chercheurs, qui ont privilégié la solidité scientifique de l’analyse au détriment de son exhaustivité. « D’abord, nous avons identifié les maladies et troubles pour lesquels les niveaux de preuve d’une implication des perturbateurs endocriniens sont les plus élevés et nous nous sommes principalement fondés pour cela sur le rapport de référence publié en 2012 par l’Organisation mondiale de la santé et le Programme des Nations unies pour l’environnement », explique Leonardo Trasande, professeur associé à l’université de New York, premier auteur de ces travaux.


Les chercheurs ont ensuite cherché dans la littérature scientifique les études épidémiologiques susceptibles de chiffrer l’augmentation du risque de contracter ces maladies après tel niveau d’exposition à telle ou telle substance, au cours de telle ou telle période donnée. « Enfin, ajoute M. Trasande, il a fallu rassembler les études permettant d’estimer l’exposition de la population à chaque substance. » De telles études ne sont pas légions. Ainsi, même lorsque les effets biologiques d’un produit sont avérés sur l’animal et l’homme, les chercheurs l’ont exclu de leur analyse en cas d’absence d’études épidémiologiques solides ou de données d’imprégnation de la population...


Un intense lobbying


Les auteurs confessent ainsi n’avoir pu tenir compte que de 5 % de l’ensemble des PE en circulation et « seulement une petite part des maladies liées à ces substances », dit M. Trasande.


En particulier, les cancers du sein et de la prostate, en forte augmentation depuis trois décennies et plausiblement favorisés par l’exposition à certains PE, n’ont pas été pris en compte. « Il manque à l’analyse toute une partie sur les troubles liés au système reproducteur féminin, précise la biologiste Barbara Demeneix (CNRS/Muséum national d’histoire naturelle), coauteur d’une part des travaux publiés.


Mais nous manquons de données issues d’études suffisamment longues pour estimer l’augmentation des risques de cancer du sein, après des expositions in utero, par le biais des femmes enceintes. »


Pour M. Trasande, « de futures analyses » combleront ces lacunes et, de toute évidence, réhausseront encore l’estimation.


Pour l’heure, ces travaux encore préliminaires n’en devraient pas moins être versés au dossier réglementaire en cours d’instruction à la Commission européenne.


Celle-ci devait publier en décembre 2013 les critères d’inclusion de ces fameux PE, afin de commencer à les réglementer. Sous le feu d’un intense lobbying, Bruxelles a reporté sine die sa décision, justifiant le retard par le lancement d’une étude sur l’impact économique que la régulation aurait sur les entreprises.


La Suède a, depuis, lancé une action en carence contre Bruxelles devant la Cour de justice de l’Union européenne.


Par Stéphane Foucart,
le 5 mars 2015 à 20h56




La Commission européenne s’isole sur les perturbateurs endocriniens


Les experts européens viennent de déclarer le bisphénol A sans danger, en opposition avec l’interdiction française du 1er janvier.


Soupçons d’ingérence des industriels dans le travail des experts, menaces de poursuites de la Commission européenne devant la Cour de justice de l’Union…


Les tensions s’accumulent autour du dossier des perturbateurs endocriniens – ces substances de synthèse présentes dans une multitude de produits d’usage courant ainsi que dans l’alimentation – dans lequel l’expertise et l’exécutif européens apparaissent de plus en plus isolés.


Par Cécile Ducourtieux, Stéphane Foucart,
le 23 janvier 2015


lemonde.fr




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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 07:18

Des documents, retrouvés dans un fonds d’archives, mettent en évidence les méthodes utilisées pour entraver le programme de lutte contre les caries dans les années 60 et 70.


Des documents, retrouvés dans un fonds d’archives, mettent en évidence les méthodes utilisées pour entraver la lutte contre les caries dans les années 1960 et 1970.


On connaissait les « Pentagone papers », ces 7 000 pages classées secret défense, dévoilées en 1971, qui éclairèrent les méthodes américaines dans la conduite de la guerre au Vietnam ; ou encore les « tobacco papers », 14 millions de documents que les cigarettiers furent contraints de rendre publics par la justice américaine, afin de montrer comment ils avaient dissimulé les méfaits du tabac. A l’université de Californie-San Francisco (UCSF), on n’hésite pas à parler dorénavant de « sugar papers ». Une équipe de chercheurs de l’établissement publie, mardi 10 mars, dans la revue Plos Medecine, une synthèse de documents internes aux industries du sucre découverts dans un fonds d’archives publiques.


Et le résultat est explosif : alors qu’ils connaissaient, dès les années 1950, les effets délétères du sucre sur la santé buccale des enfants, les industriels ont promu et soutenu, dans les années 1960 et 1970, des programmes scientifiques « alternatifs », destinés à éviter toute réduction de la consommation. Mieux : ils ont orienté la politique publique de lutte contre les caries. Une action « couronnée de succès », indiquent les chercheurs.


Le coup n’est pas parti de l’UCSF par hasard. L’équipe du professeur Stanton Glantz, cardiologue et activiste antitabac, accueille et anime la « Legacy Tobacco Documents Library », bibliothèque en ligne qui offre un libre accès aux fameux « papiers » des cigarettiers. C’est dans cet univers, rompu à la traque de documents cachés, que Cristin Kearns, première auteure de l’article, a atterri, en 2008, après son diplôme de dentiste.


Pendant dix-huit mois, elle a tenté de comprendre « l’écheveau d’organisations mis en place par les industriels du sucre afin de promouvoir leurs intérêts auprès des décideurs » : fondations, associations, symposiums, programmes de recherche… Puis elle s’est lancée en quête de preuves matérielles. En 2010, elle a mis la main sur les archives de Roger Adams, professeur émérite de chimie organique et membre du conseil d’administration de la Fondation pour la recherche sur le sucre (SRF), le bras scientifique des industriels du secteur, de 1959 à sa mort, en 1971.


« Eradiquer en dix ans les caries »
Les 319 documents qu’elle en a extraits dressent un portrait édifiant de l’action du lobby sucrier.


C’est en 1966 que les autorités américaines décident de réorganiser leur politique sanitaire en se fixant des objectifs nationaux.


Au National Institute of Dental Research (NIDR), l’organe spécialisé des célèbres NIH (National Institutes of Health), le directeur propose « un programme accéléré afin d’éradiquer en dix ans les caries dentaires ».


Il dispose pour cela de sérieuses bases scientifiques. Des travaux du microbiologiste Robert Fitzgerald ont mis en évidence le rôle de la bactérie Streptococcus mutans dans l’attaque de l’émail.


Le scientifique a également montré que, pour intégrer la plaque dentaire, se fixer aux dents et entamer leur action perforatrice, les bactéries n’aimaient rien tant que le saccharose.


Ainsi, en octobre 1967, le NIDR identifie trois priorités : réduire la virulence des bactéries, offrir du fluor aux jeunes Américains et modifier les habitudes alimentaires des enfants.


Pour les industriels américains, la menace est sérieuse.
Ils n’ignorent pas les dangers du sucre.
En 1950, les spécialistes maison l’ont clairement écrit dans le rapport annuel de la SRF.
Mais ils affichent comme « but ultime » le développement de « méthodes alternatives à la restriction d’apports en carbohydrates », autrement dit en saccharose. Ils lancent le « projet 269 », une série de programmes de recherche.
Ici, le développement d’enzymes spécifiques, capables de détruire la plaque dentaire ; là, un hypothétique vaccin contre la détérioration des dents ; ou encore l’ajout de ciments spécifiques…
Autant de pistes retenues en 1971 par le Programme national sur les caries. Autant de voies qui s’avéreront sans issue au cours de la décennie suivante.


Le programme national écarte en revanche toute idée de restreindre la consommation en sucre.


Le NIDR a jugé dès 1969 cette éventualité « irréaliste ». Il ne retient pas davantage parmi ses priorités la mise en place d’un modèle expérimental susceptible de tester la nocivité des aliments.


Ce modèle figurait pourtant parmi les premiers objectifs retenus par le NIDR dans un premier temps. « Mais comme il risquait de disqualifier certains produits, les industriels sont parvenus à l’écarter », indique Stanton Glantz.


78 % des propositions de l’industrie reprises


Comment ? Par un soigneux travail de lobbying.
Scientifique, avec des articles jetant le doute sur la fiabilité de tels tests, mais aussi, et surtout, humain.


Ainsi, en octobre 1969, la SRF organise son propre panel d’experts afin d’établir des propositions.


Parmi eux, figurent dix des onze membres de la task force du NIDR. « Le seul à ne pas avoir été convié à la fête est Robert Fitzgerald, le plus en pointe sur le sujet », constate Cristin Kearns. Etaient-ils payés ?


Les universitaires n’en ont « pas la preuve ». Mais le résultat est, en tout cas, spectaculaire : 78 % des propositions de l’industrie sont reprises, souvent au mot près, dans le Programme national anticaries, un plan qui orientera la recherche américaine pour dix ans.


Stanton Grantz y voit un modèle de ce que les industriels peuvent faire pour protéger leurs intérêts, au mépris de la santé publique.


Si le sucre n’est pas aussi dangereux que le tabac, difficile de ne pas faire de parallèle.


Et l’universitaire de constater, non sans délectation, que lors de sa création, en 1954, le Tobacco Industry Research Committee s’est attaché les services de Robert Hockett, premier directeur scientifique de… la Fondation pour la recherche sur le sucre. « Qu’il s’agisse du tabac, du sucre ou du réchauffement climatique, ce sont les mêmes objectifs, les mêmes méthodes d’instillation du doute qui sont à l’œuvre », martèle l’universitaire.


Cristin Kearns, elle, préfère s’en tenir au sucre lui-même.


Il aura ainsi fallu attendre 1996 pour voir la Food and Drug Administration (FDA) autoriser les premiers tests sur des aliments. « Et encore, juste pour afficher des mentions “Safe for teeth” [« sans danger pour les dents »], rien de négatif », précise-t-elle.


Début mars, l’Organisation mondiale de la santé a recommandé la limitation de la part des sucres ajoutés dans l’alimentation à 10 % de l’apport calorique quotidien.


La FDA américaine, de son côté, envisage de modifier son étiquetage, pour indiquer la quantité de sucres ajoutés.


Un projet que la World Sugar Research Organisation, le nouveau bras armé des industriels, entend contester. « Quarante-cinq ans de perdus », soupire Cristin Kearns. Pas pour tout le monde.


Le 10 mars 2015


Nathaniel Herzberg
Lemonde.fr

Sugar Industry Influence on the Scientific Agenda of the National Institute of Dental Research’s 1971 National Caries Program: A Historical Analysis of Internal Documents

Cristin E. Kearns, Stanton A. Glantz, Laura A. Schmidt

  • Abstract Background Methods and Findings Conclusions Editors' Summary Background. Why Was This Study Done? What Did the Researchers Do and Find? What Do These Findings Mean? Additional Information.

    In 1966, the National Institute of Dental Research (NIDR) began planning a targeted research program to identify interventions for widespread application to eradicate dental caries (tooth decay) within a decade. In 1971, the NIDR launched the National Caries Program (NCP). The objective of this paper is to explore the sugar industry’s interaction with the NIDR to alter the research priorities of the NIDR NCP.

    We used internal cane and beet sugar industry documents from 1959 to 1971 to analyze industry actions related to setting research priorities for the NCP. The sugar industry could not deny the role of sucrose in dental caries given the scientific evidence. They therefore adopted a strategy to deflect attention to public health interventions that would reduce the harms of sugar consumption rather than restricting intake. Industry tactics included the following: funding research in collaboration with allied food industries on enzymes to break up dental plaque and a vaccine against tooth decay with questionable potential for widespread application, cultivation of relationships with the NIDR leadership, consulting of members on an NIDR expert panel, and submission of a report to the NIDR that became the foundation of the first request for proposals issued for the NCP. Seventy-eight percent of the sugar industry submission was incorporated into the NIDR’s call for research applications. Research that could have been harmful to sugar industry interests was omitted from priorities identified at the launch of the NCP. Limitations are that this analysis relies on one source of sugar industry documents and that we could not interview key actors.

    The NCP was a missed opportunity to develop a scientific understanding of how to restrict sugar consumption to prevent tooth decay. A key factor was the alignment of research agendas between the NIDR and the sugar industry. This historical example illustrates how industry protects itself from potentially damaging research, which can inform policy makers today. Industry opposition to current policy proposals—including a World Health Organization guideline on sugars proposed in 2014 and changes to the nutrition facts panel on packaged food in the US proposed in 2014 by the US Food and Drug Administration—should be carefully scrutinized to ensure that industry interests do not supersede public health goals.

    Tooth decay (dental caries) is the leading chronic disease of children and adolescents. Although largely preventable, 42% of children in the US have some decay in their baby (primary) teeth, and 59% of adolescents have cavities in their permanent teeth. Tooth decay occurs when the hard enamel covering the tooth surface is damaged by acid, which is produced by bacteria in the mouth. Plaque, a sticky substance of bacteria, food particles, and saliva, constantly forms on teeth. When you eat food—particularly sugary foods and drinks—the bacteria in plaque produce acids that attack the tooth enamel. The stickiness of the plaque keeps the acids in contact with the teeth. Plaque buildup can be prevented by regular brushing and flossing. Dentists can detect tooth decay before it causes toothache through visual examination or by taking dental X-rays, and can treat the condition by removing the decay and plugging the hole with a “dental filling.” However, if the decay has damaged the nerve in the center of the tooth, root canal treatment or removal of the tooth may be necessary.

    Experts generally agree that sugars play a causal role in tooth decay. Consequently, in 2014, the World Health Organization (WHO) issued a draft guideline that recommended a daily limit on the consumption of “free” sugars (sugars added to food by manufacturers, cooks, or consumers). Also in 2014, the US Food and Drug Administration (FDA) proposed that the nutrition facts panels on US packaged food products should list added sugars. As with similar proposals made in the past, the World Sugar Research Organisation, a trade organization that represents companies with economic interests in sugar production, is challenging these proposals, arguing that, rather than trying to limit sugar intake, public health interventions to prevent tooth decay should focus on reducing the harms of sugar consumption. Here, the researchers explore how the sugar industry has historically sought to undermine or subvert policies to restrict sugar consumption, by examining internal industry documents related to the launch of a targeted research program to identify interventions to eradicate tooth decay—the National Caries Program (NCP)—by the US National Institute of Dental Research (NIDR) in 1971.

    The researchers analyzed an archive of 319 internal sugar industry documents from 1959 to 1971 (the “Roger Adams papers”) and NIDR documents to explore how the sugar industry sought to influence the setting of research priorities for the NCP. Their analysis indicates that, as early as 1950, sugar industry trade organizations had accepted that sugar damaged teeth and had recognized that the dental community favored restricting sugar intake as a key way to control caries. The sugar industry therefore adopted a strategy to deflect attention towards public health interventions that would reduce the harms of sugar consumption. This strategy included tactics such as funding research into enzymes that break up dental plaque and into a vaccine against tooth decay, and cultivating relationships with the NIDR leadership. Notably, 78% of a report submitted to the NIDR by the sugar industry was directly incorporated into the NIDR’s first request for research proposals for the NCP, and research that could have been harmful to sugar industry interests (specifically, research into methods to measure the propensity of specific foods to cause caries) was omitted from the research priorities identified at the launch of the NCP.

    These findings, although limited by the researchers’ reliance on a single source of industry documents and by the absence of interviews with key actors in the launch of the NCP, reveal an alignment of research agendas between the NIDR and the sugar industry in the early 1970s. The findings also suggest that the NCP was a missed opportunity to develop a scientific understanding of how to restrict sugar consumption to prevent tooth decay. Indeed, although tooth decay declined by 20% between 1971/1973 and 1980, 64% of children still developed caries a decade after the NCP was launched. Most importantly, these findings illustrate how the sugar industry has protected itself from potentially damaging research in the past; a similar approach has also been taken by the tobacco industry. These findings highlight the need to carefully scrutinize industry opposition to the proposed WHO and FDA guidelines on sugar intake and labeling, respectively, to ensure that industry interests do not interfere with current efforts to improve dental public health.

    Please access these websites via the online version of this summary athttp://dx.doi.org/10.1371/journal.pmed.1​001798.

    Citation: Kearns CE, Glantz SA, Schmidt LA (2015) Sugar Industry Influence on the Scientific Agenda of the National Institute of Dental Research’s 1971 National Caries Program: A Historical Analysis of Internal Documents. PLoS Med 12(3): e1001798. doi:10.1371/journal.pmed.1001798

    Academic Editor: Simon Capewell, University of Liverpool, UNITED KINGDOM

    Received: October 30, 2014; Accepted:January 29, 2015; Published: March 10, 2015

    Copyright: © 2015 Kearns et al. This is an open access article distributed under the terms of the Creative Commons Attribution License, which permits unrestricted use, distribution, and reproduction in any medium, provided the original author and source are credited

    Data Availability: The Roger Adams Papers, 1812–1971, Record Series Number: 15/5/23 are available for research at the University of Illinois Archives at 19 Library, 1408 W. Gregory Drive, Urbana, IL 61801.

    Funding: This work was supported by the UCSF Philip R. Lee Institute for Health Policy Studies, a donation by the Hellmann Family Fund to the UCSF Center for Tobacco Control Research and Education, the UCSF School of Dentistry Department of Orofacial Sciences and Global Oral Health Program, National Institute of Dental and Craniofacial Research grant DE-007306 and National Cancer Institute Grant CA-087472. The funders had no role in study design, data collection and analysis, decision to publish, or preparation of the manuscript.

    Competing interests: The authors have declared that no competing interests exist.

    Abbreviations: FAO, Food and Agriculture Organization;FDA, Food and Drug Administration;ISRF, International Sugar Research Foundation;NCI, National Cancer Institute;NCP, National Caries Program;NIDR, National Institute of Dental Research;NIDCR, National Institute of Dental and Craniofacial Research;NIH, National Institutes of Health;RFC, request for contracts;SA, the Sugar Association;SRF, Sugar Research Foundation;TIRC, Tobacco Industry Research Committee;TWG, Tobacco Working Group;WHO, World Health Organization;WSRO, World Sugar Research Organisation

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 11:06

Un médicament anti-inflammatoire pourrait permettre de traiter l’obésité

Des chercheurs japonais ont identifié un médicament anti-inflammatoire comme option de traitement pour les individus en surpoids et obèses. Dans un modèle de souris, l’inhibition d’un gène spécifique lié à l’inflammation a conduit, entre autres, à une perte de poids, rapporte l’équipe dans la revue « The EMBO Journal ».

Le travail des scientifiques de la Faculté de médecine de Tokyo a porté sur le gène de la synovioline, qui présente un lien de causalité avec la polyarthrite rhumatoïde.

Un inhibiteur chimique (LS-102), qui inhibe l’enzyme codée par la synovioline, a permis de prévenir cette maladie lors d’essais menés chez la souris. Les maladies métaboliques étant étroitement associées à l’inflammation, les médecins ont testé si le gène pourrait également jouer un rôle dans ces maladies.

Dans les essais menés chez la souris, l’inhibition du gène par LS-102 a conduit à une réduction du tissu adipeux blanc et une perte de poids. Concrètement, la perte de la protéine SYVN1 produite par le gène a entraîné une régulation à la hausse de l’activité mitochondriale et la stabilisation des activateurs cellulaires endogènes des récepteurs hormonaux PPAR (Peroxisome Proliferator-Activated Receptors, récepteurs activés par les proliférateurs de peroxysomes).

Les PPAR régulent la biogenèse et la dégradation des acides gras dans les mitochondries. Leur activation pharmacologique s’était déjà avérée prometteuse dans le traitement de l’obésité, mais produisait trop d’effets indésirables. Le traitement par l’inhibiteur LS-102 pourrait donc fournir aux personnes obèses une alternative de traitement avec moins d’effets secondaires, ont déclaré les chercheurs sous la direction de Toshihiro Nakajima.

  • APA
  • 24 fév 2015
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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 08:35

Approche thérapeutique émergente fondée sur les nanotechnologies pour le traitement de maladies associées à la dysfonction des télomères.


Auteurs


Egusquiaguirre SP, Pedraz JL, Hernández RM, Igartua M1.


Journal
Mini Rev Med Chem. 2015 février 25. [Epub ahead of print]


Résumé


Les maladies telomériques sont un groupe de syndromes génétiques rares progéroïdes, présentant des phénotypes de vieillissement prématuré, caractérisés par des défauts dans le maintien des télomères.


Chez l'homme, les télomères sont des structures constituées de séquences répétées hétérochromatiques TTAGGG longues situées aux extrémités chromosomiques, qui raccourcissent progressivement après chaque réplication de l'ADN en raison de "problème de replication" au niveau des extrémités .


Les télomères courts critiques activent une réponse aux dommages de l'ADN qui conduit à la cessation du cycle cellulaire et aboutit à la sénescence cellulaire ou apoptose.


En outre, les télomères trop courts sont enclins à créer des fusions télomériques, provoquant l'instabilité génomique et la transformation maligne.


Afin de contrer ce processus, il ya deux complexes enzymatiques, le complexe de la télomérase, avec la capacité d'allonger les télomères; et le complexe de shelterin, ce qui leur évite d'être reconnu comme cassures de l'ADN.


Au cours des dernières décennies, plusieurs études ont confirmé que des télomères courts critique et des défauts dans des complexes enzymatiques télomères sont impliqués dans le développement d'un groupe de maladies génétiques humaines rares, à l'accumulation excessive de télomères dont l'attrition est la cause sous-jacente de ces pathologies .


En dépit de la gravité de ces maladies, il n'existe pas de traitement curatif pour aucun d'eux.


À la lumière de cela, cette revue résume les plus importantes maladies des télomères les défectueux, la gestion actuelle, et il présente des stratégies thérapeutiques possibles basés sur la nanotechnologie qui peuvent ouvrir de nouvelles possibilités pour leur traitement.

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 13:52

Traiter la douleur chronique par le venin d'araignée

  • 6 mars 2015
  • 9 vues

    Pas d'évaluation

Des chercheurs australiens sont parvenus à identifier parmi 206 espèces d'araignées un type de venin aux vertus jusque-là insoupçonnées. D'après leurs travaux relayés cette semaine par le British Journal of Pharmacology, il serait capable de soulager les douleurs chroniques en bloquant la transmission des signaux douloureux au cerveau.

L'équipe du Pr Glenn King à l'Université du Queensland en Australie s'est intéressée au circuit de la douleur et, plus particulièrement, aux canaux Nav1.7, présents sur la membrane cellulaire. Il a en effet pu être établi par de précédentes recherches qu'une mutation génétique naturelle affectant ces canaux rend insensible à la douleur. D'où l'idée de les bloquer pour désactiver la douleur chez les personnes dont les circuits de la douleur fonctionnent normalement.

Les chercheurs ont analysé 206 venins d'araignées, dont 40 % contenaient des produits capables de bloquer les canaux Nav1.7. Parmi 7 composés identifiés comme actifs, ils en ont décelé un particulièrement puissant, mais également stable sur les plans thermique, biologique et chimique, autrement dit un candidat idéal pour l'élaboration d'un analgésique.

«Explorer cette source naturelle de nouveaux traitements apporte un grand espoir d'accélérer le développement d'une nouvelle classe d'antalgiques qui peuvent aider les gens qui souffrent de douleur chronique qui ne peut être traitée avec des options de traitement actuelles», précisent les membres de l'équipe australienne. Il s'agit là d'un défi majeur sachant qu'une personne sur cinq souffre de douleurs chroniques dans le monde.

Date de création : 6 mars 2015

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 13:47

Le paracétamol est un analgésique largement utilisé et en général considéré comme sûr. Après la mise en doute de son efficacité dans le traitement de certaines maladies par plusieurs études, des médecins mettent désormais en garde contre un risque sous-estimé de l’utilisation à long terme du médicament, dans un article publié dans la revue « Annals of the Rheumatic Diseases ».

Les scientifiques de l’Université de Leeds, au Royaume-Uni, ont réalisé un examen systématique de huit études. Cependant, les résultats de l’étude pourraient être quelque peu biaisés, puisque les études portaient surtout sur des patients qui avaient besoin de prendre du paracétamol pendant longtemps en raison de plusieurs problèmes médicaux, ont expliqué les chercheurs. Toutefois, on a observé une relation dose-effet constante entre la prise du médicament et une hausse de la mortalité ainsi que des troubles cardiovasculaires, gastro-intestinaux et rénaux.

Deux études ont examiné la mortalité et ont constaté une augmentation du risque relatif, de 0,95 à 1,63, avec des doses croissantes de paracétamol. Quatre études ont examiné de plus près les incidences cardiovasculaires et ont trouvé un risque relatif accru de 1,19 à 1,68. Une étude, qui comprenait des événements indésirables gastro-intestinaux, a signalé une augmentation du risque relatif de 1,11 à 1,49. Quatre études ont analysé les incidences indésirables rénales, dont trois ont signalé une relation dose-effet. Une étude a fait état d’une diminution du taux de filtration glomérulaire de 1,40 à 2,19.

Les avantages potentiels et les risques devraient être pesés à chaque ordonnance, ont déclaré les auteurs. « Compte tenu de son utilisation très répandue et de sa disponibilité comme analgésique en vente libre, un examen systématique de l’efficacité et de la tolérance du paracétamol est justifié », écrivent les chercheurs.

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 12:29

Le Sulfate d'héparane (HS), Héparine octasaccharide, comme leurre liposomique inhibant la réplication de multiples virus.


Hendricks GL1, Velazquez L2, Pham S1, Qaisar N1, Delaney JC3, Viswanathan K3, Albers L4, Comolli JC4, Shriver Z3, Knipe DM5, Kurt-Jones EA1, Fygenson DK2, Trevejo JM4, Wang JP6, Finberg RW1.

Antiviral Res. 28 janvier 2015; 116C: 34-44. doi: 10.1016 / j.antiviral.2015.01.008.


Résumé

Le Sulfate d'héparane (HS) est un glycosaminoglycane ubiquitaire qui sert de site d'attachement cellulaire pour un certain nombre d'agents pathogènes humains importants, y compris le virus respiratoire syncytial (RSV), le virus parainfluenza humain 3 (HPIV3) et le virus de l'herpès simplex (HSV).

Des Récepteurs leurres peuvent cibler des agents pathogènes en se liant à des récepteurs de la poche de fixation, sur les protéines virales, agissant en tant que «puits» moléculaires et prévention face à l'agent pathogène l’empêchant de se lier à des cellules hôtes sensibles.

Les récepteurs leurres sont fonctionnalisés par HS et pourraient se lier à des agents pathogènes pour prévenir l'infection, de sorte que nous avons généré des liposomes leurres affichant HS-octasaccharide (HS-OCTA).

Ces liposomes leurres ont significativement inhibé RSV, HPIV3, et HSV in vitro à un degré plus élevé que le bloc d'origine HS-OCTA.

Le degré d'inhibition est en corrélation avec la densité du HS-octa affiché sur la surface du liposome.

Les Liposomes leurres ont inhibé une infection HS-octa de virus dans une plus grande mesure que l'héparine de pleine longueur ou d’HS-octa seule.

Ces liposomes sont efficaces lorsqu'ils sont ajoutés avant l'infection ou après l'infection initiale des cellules in vitro.

En ciblant les sites de liaison au récepteur bien conservé de virus HS-contraignants, les leurres des liposomes fonctionnalisés par HS-octa sont un agent antiviral thérapeutique prometteur et illustrent l'utilité de la plate-forme de transport que sont les liposomes.

Copyright © 2015 Elsevier BV


MOTS-CLÉS:

Decoy; Héparine; virus de l'herpès simplex; Liposome; Parainfluenza virus; Le virus respiratoire syncytial

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