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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 18:23

Stephen Hawking est "convaincu que les Hommes doivent quitter la Terre"

LExpress.fr L'Express.fr21 juin 2017

Il faut quitter la Terre à la conquête d'autre monde si l'humanité veut se sauver d'elle-même, a martelé une nouvelle fois le célèbre astrophysicien.

Plus Stephen Hawking est de plus en plus pessimiste.

En novembre 2016, il estimait que l'humanité ne survivra pas plus de 1000 ans de plus sur Terre.

En mai dernier, il revoyait drastiquement sa prévision à la baisse, fixant notre survie sur la planète bleue à 100 ans.

En revanche, il est toujours resté fidèle à sa solution: il faut trouver un nouveau foyer.

Pour lui, notre survie passe forcément par la conquête spatiale et, dans un premier temps, celle du système solaire. Invité mardi 20 juin au Starmus Festival à Trondheim, en Norvège, le célèbre astrophysicien a répété son inquiétude et sa solution.

"Si l'humanité veut vivre encore un million d'années, notre futur repose sur le fait d'aller là où personne n'est encore allé", a-t-il lancé, rapporte la BBC.

Et comme le temps presse, il faudrait que nous nous reposions sur la Lune dans les années 2020, puis que nous nous lancions dans la construction d'une base lunaire dans les 30 années suivantes, sans oublier de visiter de Mars, à partir de 2025, a-t-il détaillé.

La surpopulation en question "On manque de place et les seuls autres endroits où partir sont les autres mondes, prévient-il, en référence à la surpopulation sur Terre.

Il est temps d'explorer d'autres systèmes solaires. Se répandre pourrait bien être la seule chose qui nous sauve de nous-même.

Je suis convaincu que les Hommes doivent quitter la Terre", a-t-il ajouté, même si les voyages hors de notre système solaire sont encore aujourd'hui un doux rêve.

Une ode à la conquête des étoiles, 45 ans après la dernière mission lunaire de la Nasa.

Son discours fait évidemment écho à celui d'Elon Musk, le milliardaire américain à la tête de SpaceX, qui veut être le premier à envoyer des hommes sur Mars, mais aussi à celui de Donald Trump, qui veut renvoyer un Américain sur la Lune d'ici 2020.

L'agence spatiale américaine a de son côté dévoilé un plan pour rejoindre Mars d'ici 2030.

Stephen Hawking est "convaincu que les Hommes doivent quitter la Terre" Stephen Hawking: l'humanité ne "survivra pas 1000 ans de plus sur Terre"

Pour Stephen Hawking, un trou noir n'est pas une "prison éternelle"

Sortir d'un trou noir? "C'est possible", affirme Stephen Hawking

https://fr.news.yahoo.com/stephen-hawking-convaincu-hommes-doivent-101920115.html?soc_src=social-sh&soc_trk=tw

Stephen Hawking est "convaincu que les Hommes doivent quitter la Terre"
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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 18:21

Voyons : quelles sont les obligations vaccinales dans les pays voisins de la France ?

Voyons : quelles sont les obligations vaccinales dans les pays voisins de la France ?
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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 15:55
L’obligation vaccinale est une fausse bonne idée. La contrainte ne peut pas restaurer l’indispensable confiance.

 

Agnès Buzyn, Ministre de la santé depuis peu, envisage d’étendre l’obligation vaccinale à 11 maladies. Elle suivrait alors les recommandations du Comité d’orientation de la Concertation citoyenne lancée par Marisol Touraine en 2016. L’objectif initial de cette concertation était pourtant de restaurer la confiance des français dans la vaccination.

Les français traversent une crise de confiance vis-à-vis des vaccins, confirmée par un sondage IPSOS en octobre 2016 :

 

L’homéopathie obtient un score supérieur à celui des vaccins, ce qui est tout de même ahurissant pour l’un des plus grands progrès sanitaires de tous les temps (avec le traitement des eaux et les antibiotiques).

Face à cette défiance qui conduit beaucoup de familles a renoncer à des vaccins non obligatoires et pourtant très utiles comme le ROR, il est tentant de se jeter sur une solution simple, évidente, et pourtant inadaptée : étendre l’obligation actuelle à la quasi totalité des vaccins !

Je peux comprendre que cette mesure radicale soit la première qui vienne à l’esprit. Elle a d’ailleurs séduit la majorité des sociétés savantes (à une exception notable [1]) et un grand nombre de professionnels de santé et de citoyens. Elle paraît aussi évidente que de cacher les bouteilles d’un alcoolique ou de contraindre un drogué à suivre une cure de désintoxication, mais elle est tout aussi contre-productive.

Les idées qui paraissent frappées au coin du bon sens sont parfois les plus dangereuses.

Je vais tenter de vous expliquer pourquoi étendre l’obligation vaccinale serait paradoxalement désastreux pour la santé des français.

Un peu d’histoire

Revenons en arrière. Après les débuts chaotiques de l’inoculation préventive, la vaccination triomphe avec Jenner et son vaccin contre la variole, qui sera progressivement perfectionné et deviendra obligatoire en France entre 1902 et 1976. Nous sommes face à un problème de santé publique majeur, la population n’est pas protégée, et l’obligation s’impose face à des français peu éduqués, privés d’accès facile à une information moderne, et qui ne savent pas encore quelle révolution va représenter la vaccination. Juste après la première guerre mondiale, l’obligation va être progressivement étendue en France à toute la population pour la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite. En Europe, seule l’Italie et les pays du bloc soviétique rendront ces vaccins obligatoires en population générale [2]. Pour la poliomyélite et la diphtérie, l’intérêt de rompre la chaîne de la contagion est un argument audible. Pour le tétanos en revanche, contracté à partir d’un germe présent dans l’environnement et non contagieux, le seul argument valable pour imposer la vaccination est l’ampleur de la mortalité liée alors à cette maladie. Il s’agit de se substituer à l’individu pour une décision qui ne concerne que lui ou ses enfants.

Que ce soit pour la diphtérie, le tétanos ou la poliomyélite, l’obligation suivait le même principe que celui de la ceinture de sécurité : quelques années après la mise à disposition d’un dispositif permettant d’éviter des milliers de morts tous les ans, il était nécessaire à la fois d’accélérer la protection (des milliers de vies épargnées chaque année) et d’habituer les français à une mesure qui leur paraîtrait de toute façon évidente à l’usage. L’atteinte aux libertés individuelles semblait acceptable face à l’enjeu, et je peux personnellement comprendre ce choix, qui n’a pourtant pas été celui de nombreux pays occidentaux ayant préféré faire confiance au libre-arbitre de leurs citoyens face à un progrès sanitaire majeur.

 

Les seuls pays européens ayant maintenu une obligation vaccinale sont donc la France, l’Italie et les pays de l’ex-bloc soviétique. Pour autant, la couverture vaccinale dans les pays ayant choisi de responsabiliser leurs citoyens plutôt que de les convaincre n’est pas moins bonne que celle ces français ou des italiens.

La situation actuelle est totalement différente. Il ne s’agit pas d’accélérer une stratégie incontestable face à un problème de santé publique majeur : les décès liés aux maladies concernées par l’extension vaccinale sont peu nombreux (ou leur nombre est tout simplement inconnu faute d’un recueil fiable). La motivation est ailleurs : l’obligation est destinée à contrer un défiance croissante des français vis-à-vis de la vaccination. Cette défiance s’appuie sur deux piliers : la circulation d’une information antivaccinale irrationnelle mais convaincante pour un public non scientifique, et surtout le dogmatisme et les mensonges "pour la bonne cause" de ce qu’il n’est pas exagéré d’appeler "l’Église de Vaccinologie" qui assimile toute critique, même fondée et constructive, à une dangereuse hérésie.

Le problème, c’est que les français ont constaté d’eux-mêmes pendant la pandémie grippale 2009/2010 la fuite en avant des autorités sanitaires face au peu de succès de leur vaccin, acheté à grand frais à des industriels proches du pouvoir. Les ligues antivaccinales n’auraient jamais osé rêver d’un tel fiasco pour alimenter leurs thèses complotistes.

Quelques exemples de mensonges éhontés "pour la bonne cause"

Un spécialiste prétend que la rougeole a provoqué 4850 décès en Europe en 2004 informé de son erreur (en réalité moins de 10), il maintient en affirmant que de toute façon, il est important de sensibiliser les médecins à l’importance du vaccin.

Le laboratoire GSK (fabricant du vaccin contre la grippe) affirme pendant plusieurs mois sur son site que la grippe asiatique a fait des millions de morts aux USA et en France (en réalité des milliers).

Auditionnée par le Sénat, une professeur de pédiatrie, membre du Comité Technique des Vaccinations à la Direction Générale de la Santé, explique que la grippe tue un enfant sur cinq (en réalité un sur cinquante mille)

Le Pr Weil-Olivier, la grippe A/H1N1 et le Sénat par dailyglub

Dans le bulletin de l’Instut National d’Etudes Démographique, un article affirme que le vaccin antigrippal à divisé la mortalité de grippe par 10 (en pratique, on n’est même pas sûr qu’il diminue la mortalité).

Face au doute parfois légitime des citoyens, le paternalisme médical français a brandi la peur de la maladie (malheureusement invisible pour nombre d’entre elles, devenues rarissimes grâce au vaccin), a continué à nier tout effet indésirable et à refuser le débat avec les antivaccinaux sur l’air de "Circulez, y-a rien à voir". Cette stratégie pitoyable n’a fait que renforcer le doute des français, inquiet de constater la médiocrité du discours officiel, alors que les documents complotistes circulant sur le web paraissaient solidement étayés et mettaient en oeuvre une pédagogie qui manquait cruellement aux défenseurs des vaccins.

Le détournement de la concertation citoyenne

 

Le summum a été atteint lors de la Concertation citoyenne lancée par Marisol Touraine en 2016 : cette opération était destinée à "restaurer la confiance dans la vaccination". Cet objectif est présenté comme majeur dans la lettre remise au Pr Alain Fischer, à qui l’organisation de cette opération est confiée. Cette nécessaire confiance est reprise dans le discours de présentation de Marisol Touraine : "Le pilotage de notre politique vaccinale doit gagner en cohérence et en transparence. Les patients ne doivent pas seulement être informés, ils doivent devenir des acteurs à part entière de la politique vaccinale."

Deux jurys ont été constitués, l’un de professionnels de santé, l’autre de citoyens, qui ont travaillé séparément pendant 3 mois et procédé à de nombreuses auditions avant de rendre leur rapport.

En pratique, la concertation s’est déroulée dans les règles habituelle de ce type d’opération, du moins au début...

Les deux jurys ont donc rendu fin 2016 leurs conclusions au Comité d’orientation présidé par le Pr Alain Fischer. Tout deux ont insisté sur le besoin crucial d’une information objective et transparente sur les vaccins.

À la question de la pertinence d’une extension de l’obligation vaccinale, leur réponse a été la suivante.

 

Le jury citoyen n’est pas parvenu à trouver un consensus sur l’extension de l’obligation vaccinale. Parmi les éléments ayant en revanche fait l’unanimité :

"Certains événements comme la gestion de la crise du H1N1, ont décrédibilisé les pouvoirs publics sur la vaccination.

Nous notons également un refus quasi épidermique du caractère obligatoire de la vaccination liée à une défiance envers l’autorité, d’une part des Français, et en cela notre groupe était très représentatif quant à son rapport à la notion d’obligation."

"Aujourd’hui, ce qui entrave la confiance en la vaccination, c’est le manque évident d’information."

 

Le jury des professionnels de santé s’est en revanche déclaré clairement défavorable à cette extension :

L’obligation vaccinale reste acceptable en cas de situation épidémiologique grave à risques majeurs, et pour certaines populations (professionnels de santé, paramédicaux, pompiers, maternité, écoles, enseignants, égoutiers etc.)

Dans les autres cas, l’amélioration de la couverture vaccinale et la restauration de la confiance passent par l’information du public, la formation des professionnels de santé, l’augmentation de l’accessibilité des vaccins et centres de vaccination, l’augmentation de la motivation des professionnels de santé, l’amélioration de la compréhension des risques et des bénéfices vaccinaux.

Dans ces cas, les vaccins pourraient devenir indispensables ou impératifs ; le jury propose de sortir de la dénomination « obligation » pour les vaccins suivants : DTCP, ROR, Haemophilius, Pneumocoque, Méningite, Hépatite B.

Sortir de l’obligation vaccinale permettrait une plus grande responsabilisation des parents, des citoyens, mais aussi des adolescents et des jeunes adultes. Comprendre pourquoi tel ou tel vaccin est indispensable, est différent que d’imposer l’obligation de certains vaccins.

Ces conclusions paraissent pleines de bon sens. Sans surprise, l’accent est mis sur le besoin d’une information objective et d’une responsabilisation des citoyens, comme c’est le cas dans la majorité des pays occidentaux.

Malheureusement, adoptant un comportement typiquement français, le Comité d’orientation, dont le rôle était de synthétiser le travail de fond des jurys, s’est auto-attribué une mission d’expertise régalienne, et a proposé à la Ministre d’étendre l’obligation vaccinale à 11 maladies ! Tout le travail des jurys, toutes les auditions ont été balayées par un petit groupe d’experts dont les méthodes de travail ne sont même pas décrites, contrairement à celle des jurys. L’Église de vaccinologie est passée de "circulez, y-a rien à voir !" à "cause toujours, tu m’intéresses !".

 

Le pire est sans doute l’affirmation du Comité selon laquelle l’obligation serait levée après quelques années, une fois la confiance revenue. Comme si une mesure autoritaire pouvait restaurer une quelconque confiance !

Il est important de s’attarder sur le comportement des experts réunis par Alain Fischer : pour restaurer la confiance dans la vaccination, le Comité a reproduit les déviances qui sont à l’origine de la perte de confiance : l’infantilisation des citoyens, la manipulation des faits, et le mépris agressif pour ses contradicteurs.

Décodons le signal adressé par le Comité, puis par Agnès Buzyn, sans la "sauce" destinée à faire passer la pilule :

Chers concitoyens, vous pensez de travers. Vous gobez n’importe quoi. Nous ne croyons pas à la possibilité de vous faire changer d’avis en répondant sincèrement à vos questions. Nous ne croyons pas à votre capacité à faire de bons choix en matière vaccinale pour vous ou pour vos enfants. Nous avons donc décidé de penser à votre place et de vous imposer ce qui nous semble le meilleur pour vous, car nous, experts, le savons mieux que vous.

Je voudrais que vous réalisiez que ce discours, si vous remplacez "vaccinal" par "politique" est au mot près celui des régimes totalitaires qui ont historiquement toujours justifié la suspension de la démocratie par l’incapacité des citoyens à "bien voter". La promesse initiale d’une restauration rapide de la démocratie a toujours été vaine, et les résultats politiques sont ceux que l’on a pu observer au Chili, en Argentine ou en URSS.

Il est intéressant de constater que l’obligation vaccinale partielle française et italienne sont loin d’être associées à la meilleure couverture vaccinale globale au sein de l’Europe occidentale, et que l’Italie vient d’étendre l’obligation vaccinale alors que la France envisage de le faire. L’obligation, aliénant la confiance, condamne à la fuite en avant, et se justifie paradoxalement par ses propres échecs (tout comme les privations de liberté au sein des régimes totalitaires).

Certes, l’obligation vaccinale étendue contribuera probablement dans un premier temps à épargner quelques vies. Mais à terme, elle aura définitivement ruiné la confiance des français dans leurs autorités sanitaires. Les conséquences de cette perte de confiance seront lourdes et durables. Cette obligation va contre le sens de l’histoire, contre l’intelligence collective et la démocratie sanitaire. Prendre des gens pour des idiots ne les a jamais rendus intelligents.

L’obligation vaccinale étendue, venant après une mascarade de concertation citoyenne, alimentera fortement les thèses antivaccinales : "Ils sont forcés d’imposer les vaccins car ils savent qu’ils ont tort sur le fond, et ils ne veulent pas perdre l’argent des labos". Il sera bien difficile pour les médecins de contrer cette théorie du complot. Le rejet des vaccins augmentant massivement, des stratégies d’échappement vont se développer : fabrication de faux tampons, faux certificats faciles à réaliser avec l’informatique moderne. On sait avec quel succès les américains ont tenté de prohiber l’alcool, et la réussite de nos mesures contre la consommation de cannabis. L’extension de l’obligation va imposer des mesures répressives plus fortes, la création d’une police spécifique (là encore, cela ne vous rappelle rien ?). Ce futur est indigne de la France.

Il n’y a qu’une solution possible : lever l’obligation vaccinale. Il y aura des conséquences : l’effet d’aubaine aboutira à une sous-vaccination significative pendant quelques années. Dans un premier temps, il ne se passera rien, ce qui confortera les antivaccinaux. Mais après quelques années, des cas de tétanos vont apparaître, beaucoup moins probablement des cas de polio ou de diphtérie [3]. Au passage, notons que les familles qui continueront à vacciner leurs enfants ne seront pas affectées par ces cas sporadiques. En revanche, la médiatisation des premiers cas de tétanos aura un effet énorme sur la population. Je doute que plus de 10 cas de tétanos soient nécessaires (bien sûr exclusivement chez des non-vaccinés) avant que l’opinion publique change radicalement d’avis et que les ligues antivaccinales retournent à l’état de groupuscules complotistes qu’elles n’auraient jamais dû quitter.

N’oublions pas que dans les années 50, la défiance (au moins aussi répandue qu’actuellement) dans les vaccins a été balayée par la réalité : brutalement, la polio a disparu chez les enfants vaccinés pour ne persister que chez ceux dont les parents l’avaient refusée, et l’obligation n’a fait qu’accélérer un choix que tous les parents étaient en train de faire. Le même phénomène a été observé pour la ceinture de sécurité : imposée aux fabricants de voiture en 1970, encore peu utilisée en 1972 lors de l’obligation de son usage à l’avant, elle a fait rapidement consensus car chacun a pu constater son intérêt évident et la baisse drastique de la mortalité routière qu’elle a permise.

Les gens ont besoin de preuves solides. La triple obligation vaccinale aurait pu être maintenue si les autorités sanitaires avaient joué la carte de la transparence et ne s’étaient pas perdues dans des stratégies absurdes (Grippe H1N1) ou des opérations de désinformation pour "mieux convaincre". Il est désormais trop tard.

L’extension de l’obligation vaccinale ne convaincra personne, bien au contraire, elle confortera les antivaccinaux et ruinera définitivement la confiance des français vis-à-vis des autorités sanitaires.

Un ami qui travaille en entreprise me faisait part récemment d’une décision absurde prise par ses collègues pendant une réunion où il était présent. Il les avait pourtant régulièrement mis en garde contre ce mauvais choix, mais pendant cette réunion, il a choisi de ce taire. Comme je l’interrogeais sur les raisons de cette passivité, il m’a fait une réponse qui me revient souvent à l’esprit : "À un moment, il faut que les couillons se prennent des tartes dans la gueule, il n’y a que comme ça qu’ils comprennent."... Je suis très triste pour les enfants d’antivaccinaux qui mourront du tétanos en cas de levée de l’obligation vaccinale, mais si c’est à ce prix que l’on peut restaurer la confiance des français dans les vaccins, le jeu en vaut la chandelle, car un nombre de vies supérieurs sera épargné grâce à la confiance retrouvée.

Madame la Ministre, ne vous fiez pas qu’aux experts en vaccins, interrogez des psychologues, ils vous convaincront mieux que moi de l’absurdité et de la dangerosité d’une extension de l’obligation vaccinale.

Notes

[1] la société française de santé publique (SFSP) s’est exprimée fermement CONTRE l’obligation vaccinale : "La SFSP considère, comme la Conférence Nationale de Santé, qu’il est nécessaire de s’engager résolument vers la levée de l’obligation vaccinale" Avis décembre 2016.

[2] Le vaccin antituberculeux (BCG) a été également obligatoire entre 1950 et 2007 malgré son efficacité douteuse et ses effets secondaires loin d’être anodins. Cette obligation française peu justifiée a participé à la virulence des mouvements antivaccinaux.

[3] La maladie ne circulant plus en Europe, la contamination nécessitera un voyage en zone à risque, sachant que la polio est quasiment éradiquée.

Voir la vidéo en particulier :

 

http://www.atoute.org/n/article356.html?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+ClubDesMedecinsBlogueurs+%28Club+des+M%C3%A9decins+Blogueurs%29

L’obligation vaccinale est une fausse bonne idée. La contrainte ne peut pas restaurer l’indispensable confiance.
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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 09:09

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 22:22

Vaccin contre l’hépatite B: la Cour de Luxembourg reconnaît le lien avec la sclérose en plaques!

21 juin 2017

Eric Verhaeghe Le vaccin contre l'hépatite B peut-il causer la sclérose en plaques et ouvrir droit à une réparation du préjudice?

La Cour de Cassation hésitait à le dire... la Cour de Justice de l'Union Européenne vient de lui confirmer qu'elle avait le droit de le reconnaître.

Une décision qui va compliquer l'entrée en vigueur de la vaccination obligatoire annoncée par la ministre Buzyn...

Agnès Buzyn se serait probablement bien passée de cette décision qui va compliquer la mise en oeuvre de sa politique de vaccination obligatoire.

La Cour de Justice de l'Union Européenne vient de considérer, dans le cadre d'une question préjudicielle, qu'il était conforme au droit de l'Union Européenne de reconnaître un lien de causalité entre un vaccin de Sanofi Pasteur contre l'hépatite B et la sclérose en plaques.

L'affaire visait un cas français.

Un homme en parfaite santé avait déclaré une sclérose après une vaccination.

Il est décédé en 2011.

Jusqu'ici, la directive de l'Union sur le sujet imposait aux plaignants d'établir la preuve de la causalité entre la vaccination et la maladie.

La CJUE vient de reconnaître que cette preuve ne supposait pas forcément un consensus scientifique, mais pouvait simplement s'appuyer sur des présomptions fortes et sérieuses.

Il appartiendra à chaque juridiction nationale de vérifier ce sérieux.

Cette réponse ouvre la voie à une indemnisation des victimes par les fabricants de vaccins incriminés.

Une très mauvaise nouvelle pour Sanofi... et pour Agnès Buzyn.

Dans son arrêt de ce jour, la Cour estime comme compatible avec la directive un régime probatoire qui autorise le juge, en l’absence de preuves certaines et irréfutables, à conclure au défaut d’un vaccin et à l’existence d’un lien causal entre celui-ci et une maladie sur la base d’un faisceau d’indices graves, précis et concordants, dès lors que ce faisceau d’indices lui permet de considérer, avec un degré suffisamment élevé de probabilité, qu’une telle conclusion correspond à la réalité.

En effet, un tel régime n’est pas de nature à entraîner un renversement de la charge de la preuve incombant à la victime, puisqu’il revient à cette dernière d’établir les différents indices dont la conjonction permettra au juge saisi de se convaincre de l’existence du défaut du vaccin et du lien de causalité entre celui-ci et le dommage subi.

En outre, exclure tout mode de preuve autre que la preuve certaine issue de la recherche médicale aurait pour effet de rendre excessivement difficile voire, lorsque la recherche médicale ne permet pas d’établir ni d’infirmer l’existence d’un lien causal, impossible la mise en cause de la responsabilité du producteur, ce qui compromettrait l’effet utile de la directive ainsi que les objectifs de celle-ci (à savoir protéger la sécurité et la santé des consommateurs et assurer une juste répartition des risques inhérents à la production technique moderne entre la victime et le producteur).

La Cour précise néanmoins que les juridictions nationales doivent veiller à ce que les indices produits soient effectivement suffisamment graves, précis et concordants pour permettre de conclure que l’existence d’un défaut du produit apparaît, compte tenu également des éléments et des arguments présentés en défense par le producteur, comme étant l’explication la plus plausible de la survenance du dommage.

Le juge national doit en outre préserver sa propre liberté d’appréciation quant au point de savoir si une telle preuve a ou non été apportée à suffisance de droit, jusqu’au moment où il se considère en mesure de former sa conviction définitive.

Vaccin contre l’hépatite B: la Cour de Luxembourg reconnaît le lien avec la sclérose en plaques!
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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 22:07

Une protéine, l'Agrine, permet de régénérer les tissus cardiaques !

Des scientifiques de l’Institut Weizmann ont découvert une protéine unique qui se trouve chez les vertébrés nouveau-nés et qui pourraient être utilisés pour réparer les tissus du cœur humain endommagé…..

Les chercheurs ont identifié une protéine appelée Agrine, qui est présente chez les vertébrés au cours du développement embryonnaire, mais qui disparait peu de temps après la naissance.

Durant leurs travaux, les scientifiques ont injecté la protéine de souris nouveau-nés dans les coeurs des souris adultes qui avaient subi des crises cardiaques, la protéine a alors « déverrouiller » un processus de régénération qui a permis au tissu musculaire cardiaque de se réparer.

Il reste à voir si la protéine a le même effet sur les humains.

Le Professeur Eldad Tzahor, qui dirige l’équipe de chercheurs et d’étudiants du Département de biologie cellulaire et moléculaire qui a travaillé sur l’étude, a été publiée ses résultats cette semaine dans la revue Nature.

Tzahor a décaré que le renouvellement du tissu cardiaque chez l’adulte est un phénomène connu chez certains vertébrés.

Les poissons, par exemple, régénèrent les cœurs endommagés.

Les animaux plus proches des humains, comme les souris, sont nés avec cette capacité mais ils la perdent environ une semaine après la naissance.

L’équipe espère que la poursuite de leur recherche conduira à des résultats « réconfortants » pour l’homme.

Une protéine, l'Agrine, permet de régénérer les tissus cardiaques !
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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 05:34

PROBIOTIQUES et dépression

Chez des patients souffrant du syndrome de l’intestin irritable (SII) la prise d’un probiotique, Bifidobacterium longum NCC3001 réduit leurs scores de dépression et améliore leur qualité de vie.

Le syndrome de l’intestin irritable (SII) est un trouble fréquent de l’intestin responsable de douleurs abdominales, accompagnées de constipation, diarrhée, ou une alternance des deux.

C’est l’un des troubles gastro-intestinaux les plus fréquents.

Il s’accompagne souvent d’anxiété ou de dépression chronique.

Une étude[1] pilote randomisée, en double aveugle et contrôlée contre placebo a enrôlé 44 sujets adultes souffrant de SII et présentant une anxiété ou une dépression légère à modérée.

Les sujets ont été suivis pendant dix semaines et ont reçu quotidiennement une dose du probiotique Bifidobacterium longum NCC3001 ou un placebo.

Au bout de six semaines de supplémentation, les scores de dépression de 14 patients sur 22 avaient décru dans le groupe prenant le probiotique contre seulement 7 sur 22 dans celui sous placebo.

L’imagerie fonctionnelle à résonance magnétique a montré que l’amélioration des scores de dépression était associée à des changements dans de multiples zones du cerveau associées au contrôle de l’humeur.

Ces résultats, fruits d’un travail de plusieurs années entre l’identification de la souche de probiotique, les tests dans des modèles pré-cliniques et l’identification des voies à travers lesquelles le signal passe de l’intestin au cerveau, sont très prometteurs pour les investigateurs.

Mais ils doivent être confirmés par de plus vastes études.

[1] Pinto-Sanchez MI et al., Probiotic Bifidobacterium longum NCC3001 reduces depression scores and alter brain activity : a pilot study in patients with irritable bowel syndrome. Gastroenterology 2017 ; DOI : 10.1053/i.gastro.2017.05.003. 2 juin 2017

PROBIOTIQUES et dépression .
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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 16:51

La technologie lifi a émergé à la fin des années 2000, en s’inspirant fortement des technologies et des savoir-faire développés dans les télécommunications optiques passant par la fibre.

Celles-ci permettent aujourd’hui d’avoir des échanges de données en grande quantité, plusieurs dizaines de gigabits par seconde (1 Gb/s = 1 milliard de bits par seconde) sur chaque fibre.

Mais ces technologies imposent d’avoir une fibre optique et des composants, notamment des lasers infrarouges, qui sont chers et complexes.

Depuis peu, l’avènement des LED (light emitting diode, ou DEL en français) a révolutionné le domaine de l’éclairage. Les LED sont peu chères, fiables, rentables énergétiquement et affichent une grande durée de vie, entre autres avantages.

Aujourd’hui, vous achetez des lampes à LED et non plus tant des lampes à ampoule à filament, et ce n’est plus l’ampoule que l’on change, mais la lampe entière !

Les LED présentent également un énorme avantage par rapport aux ampoules à filament : vous pouvez les éteindre et les allumer à des vitesses très importantes, ce qui n’est pas possible avec un filament dont le principe repose sur des effets thermiques lents.

L’allumage – extinction de la LED repose sur des phénomènes de pilotage simple par une basse tension, facilement intégrable sur une carte électronique.

Quand les LED émettent des données

Diodes de différentes couleurs. Angstorm/wikipedia, CC BY-SA

La fréquence d’allumage – extinction peut être très supérieure aux fréquences visibles par l’œil humain, et ainsi servir à transmettre des données numériques.

La LED allumée représente un « 1 », la LED éteinte représente un « 0 ». Ceci se fait sans perturber la fonction d’éclairage car l’œil ne perçoit pas ces variations, appelées modulation de puissance.

Fort de cet avantage, la LED joue le rôle des lasers dans les réseaux fibrés, mais cela démultiplie les applications.

Partout où vous avez une lampe à LED, vous disposez d’un émetteur de données ultrarapides. Il ne vous reste plus qu’à mettre un récepteur sensible à cette modulation d’amplitude, et vous captez l’information.

Ce type de récepteur est constitué d’un petit photodétecteur chargé de convertir la lumière en tension qui est traitée par une carte électronique.

Le détecteur peut par exemple être l’élément de caméra de votre smartphone !

Si le terme lifi est issu du terme wifi, c’est qu’il y a de nombreuses analogies.

Ces deux technologies sont en même temps concurrentes, mais surtout complémentaires.

Le wifi est basé sur des ondes radiofréquences et non sur la lumière. Comparons les deux :

  • Le wifi se propage dans toutes les directions et peut avoir des portées de plusieurs dizaines de mètres, et même traverser des obstacles tels les murs. Le lifi doit, en revanche, avoir une ligne de vue et est directif, et la lumière ambiante du jour se superpose au signal ce qui limite sa portée, qui est actuellement plutôt de quelques mètres. Avantage au wifi ou au lifi ? Ni l’un ni l’autre, car certes une portée longue et un franchissement d’obstacle sont des atouts majeurs, mais dans des applications militaires par exemple, la sécurité inhérente du lifi est pertinente.

  • Les fréquences libres pour émettre du wifi sont limitées, et ce que l’on appelle la bande passante utile n’est plus extensible. Le nombre de canaux disponibles en simultané est restreint. Ce n’est pas le cas des ondes optiques qui ont une bande passante quasi infinie comparativement aux ondes radio. Vous pouvez donc démultiplier le nombre de canaux théoriques et augmenter le flot de données échangées.

  • Les deux ondes, radiofréquence ou lumineuse, se déplacent à la même vitesse, celle de la lumière (environ 300 000 km/s). Mais la fréquence des ondes lumineuses est très supérieure à celle des ondes radio, environ 200 000 fois plus. La théorie de transmission de l’information montre que plus la fréquence de l’onde est élevée, plus vous pourrez effectuer cette fameuse modulation d’amplitude rapidement, et avoir des débits d’informations importants. On peut prendre l’analogie d’un adulte et d’un enfant qui marchent main dans la main : l’adulte ferra moins de pas que l’enfant, mais les deux vont bien à la même vitesse ! L’enfant faisant plus de pas, on peut coder plus d’information dans sa marche.

Antenne Wifi. Quique251/wikimedia, CC BY-SA
  • Le wifi actuel peut avoir, dans de bonnes conditions, environ 50 Mb/s de débit, tandis que les records actuels démontrés en lifi en laboratoire atteignent 8 Gb/s, soit 160 fois plus (8 Gb/s = quelques secondes de transfert environ pour 1 DVD). Les prototypes commerciaux ne sont encore qu’à quelques dizaines de Mb/s, ce qui est suffisant pour transmettre de la musique ou de la vidéo en temps réel ; mais lorsque l’on examine la courbe de croissance des records de débits sur les dernières années, gageons que ces chiffres ne sont qu’un début.

  • Aujourd’hui, la nocivité des ondes radio reste encore un sujet de controverse. Les ondes lumineuses émises par les LED, même s’il a été démontré des impacts sur le sommeil selon la couleur, restent considérées comme peu nocives et peu perturbatrices. Dans des environnements comme les avions, les hôpitaux, le lifi s’avére précieux.

  • Les normes qui régissent le wifi sont complexes. Vous ne vous en rendez pas compte en tant qu’utilisateur, mais entre tous les émetteurs, un système de demande de prise de parole, d’accusé réception, de temps d’attente est géré par le protocole wifi ; il y a énormément d’interférences. Ceci conduit à des files d’attente si le nombre de canaux est faible par rapport au nombre d’utilisateurs. Le lifi étant une émission directive, la norme actuelle est moins contraignante et l’on gagne potentiellement beaucoup sur les temps morts.

Une lampe, un accès Internet

Signe Li Fi. http://confirmado.com.ve/conf/conf-upload/uploads/2014/02/Li-Fi-Technology.jpeg

La présence de LED partout dans notre environnement est un atout fort pour le déploiement du lifi. Dans toutes les applications émergentes, on peut distinguer deux grands lots : les applications en intérieur, et celles en extérieur.

Les applications intérieures bénéficient du réseau d’éclairage des bâtiments. On vise des portées de quelques mètres.

Le lifi est déjà très utilisé pour la géolocalisation des personnes ou des objets connectés. En effet, il est très simple que chaque lampe émette par lifi un identifiant unique. En reliant cet identifiant à un plan en mémoire, on peut se localiser dans un bâtiment complexe, une gare, un musée, une usine, un centre technique.

Des prototypes équipent déjà des supermarchés, où votre parcours est guidé via votre chariot au travers des méandres de la grande surface.

La localisation peut être très précise, mieux que le mètre, et pertinente, car le système bien connu du GPS (Global Positioning System) que tout le monde utilise est basé sur des réseaux satellitaires et ne fonctionne pas en intérieur.

En complément et grâce aux débits potentiels très importants du lifi, chaque lampe peut servir de borne reliée à Internet, pour peu que votre ordinateur soit équipé de la technologie.

Ce n’est pas encore le cas, mais quelques prototypes commerciaux voient le jour avec des systèmes de clé USB à rajouter. Gageons que vos tablettes et autres terminaux auront bientôt intégré la technologie.

Les applications extérieures sont aussi pertinentes : transmettre entre les bâtiments pour éviter d’avoir des bornes radiofréquences haute puissance, utiliser l’infrastructure des villes existantes avec par exemple des lampadaires intelligents qui diffusent de l’information.

De même demain, toute l’industrie automobile, tant au niveau des véhicules qu’au niveau des infrastructures routières auront déployé des LED dans les phares, les luminaires, les panneaux indicateurs qui pourront relayer de l’information entre les véhicules, les piétons, l’infrastructure, les transports en commun, et les millions d’objets connectés.

Tout ceci d’une manière complémentaire aux ondes radiofréquences pour assurer une meilleure couverture et un débit plus important.

Et les ondes lumineuses -ou Lifi- pour remplacer le Wifi ... ?
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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 11:38

Neurosciences : vos décisions, vous les prendrez avec ou sans émotions ?

Quand il s'agit de faire un choix difficile, notre ressenti entre en jeu. Christopher Campbell/Unsplash

On pense encore trop souvent que prendre une décision rationnelle nécessite de s’extraire de ses émotions. De les faire taire.

Elles ne seraient là que pour nous faire dévier du chemin indiqué par la raison. Cette perspective dite cartésienne – car inspirée de la pensée du philosophe René Descartes – a pourtant été remise en cause par trois décennies de recherches sur le cerveau.

Dans une perspective anticartésienne, en effet, la meilleure décision est celle qui évalue correctement ce qui nous est bénéfique en faisant appel à un ressenti de type émotionnel ou affectif.

Sans ce ressenti, impossible de prendre une décision juste.

Cette approche a été popularisée dans les années 1990 par le neuroscientifique Antonio Damasio à travers son livre L’erreur de Descartes (Odile Jacob).

Et si la réalité, en fait, se situait… entre les deux ?

La somme des travaux menés en sciences cognitives montre aujourd’hui que nos émotions, si elles peuvent nous guider vers la décision la meilleure compte-tenu de nos expériences passées, peuvent aussi nous leurrer.

Des limites dont nous pouvons tenir compte au moment de faire des choix importants – à condition d’en être averti.

Le cas Phineas Gage

Dans son livre au sous-titre explicite, « la raison des émotions », Antonio Damasio appuie son argumentation sur un cas historique, celui d’un américain ayant vécu au milieu du XIXe siècle.

Selon la légende, Phineas Gage était un contremaître sérieux et sans histoire travaillant à la construction des voies de chemin de fer est-ouest.

Un jour, une barre à mine a été propulsée au travers de son crâne, accident spectaculaire qui allait faire de lui un « cas » médical.

À la surprise générale, Phileas Gage n’était pas mort.

Et en plus, il parlait toujours. Il ne semblait avoir perdu ni ses capacités intellectuelles, ni ses capacités motrices.

Par contre, il avait changé de personnalité !

Il était devenu grossier, bagarreur, impulsif et prenait beaucoup de mauvaises décisions. « Phineas Gage n’est plus Phineas Gage », disait son médecin.

Un siècle plus tard, Antonio Damasio a reconstitué la trajectoire de la barre à mine dans le cerveau de Gage.

Le chercheur a montré que le métal avait traversé les régions orbitaires médianes du cortex préfrontal.

Pour expliquer les changements observés chez Gage après son accident, il estime que cette région est le siège de sensations corporelles liées au ressenti affectif.

Ainsi, la mémoire de nos expériences passées serait soutenue par des repères émotionnels qualifiés de « marqueurs somatiques ».

Ceux-ci entrent en jeu lorsque nous considérons différentes options avant de prendre une décision.

Une sensation déplaisante, option rejetée

Au moment de faire un choix, nous prenons en compte plusieurs options possibles, et chacune va susciter des sensations particulières dans notre corps – ce dont nous n’avons pas forcément conscience.

C’est le « marquage somatique », produit de notre histoire personnelle.

Cette phase nous oriente vers une option privilégiée, celle associée à la sensation la plus positive.

Une option associée à une sensation déplaisante au niveau du corps est interprétée comme néfaste par notre cerveau, et automatiquement rejetée.

Dans une perspective cartésienne relevant de la théorie de la décision standard en économie, la prise de décision intervient différemment.

Confronté à plusieurs options, l’individu assigne une valeur à chacune, sur une même échelle. Il peut ensuite comparer les valeurs entre elles.

L’option affichant la plus grande valeur attendue emporte alors sa décision.

Il est probable, à la lumière des travaux les plus récents, que des modes de prise de décision cartésien et non cartésien se combinent dans notre cerveau.

Le modèle dessiné par la communauté internationale des chercheurs s’affine et s’affinant… il devient plus complexe.

Aussi, l’apport de la théorie des perspectives s’avère important.

Élaborée par deux professeurs israélo-américains de psychologie, Daniel Kahneman et Amos Tversky, elle a valu au premier le prix Nobel d’économie en 2002 – le second étant décédé.

Voir les gains potentiels, ou bien les pertes

Cette théorie s’efforce de décrire le comportement des individus face à des choix risqués.

Si elle a trouvé son application majeure dans la finance, elle décrit des ressorts qui ne sont pas spécifiques à la bourse et aux traders.

En fait, les expériences réalisées par ses deux fondateurs montrent que, pour un même problème, la décision prise diffère selon la manière dont le problème est présenté : sous l’angle de ses gains potentiels, ou celui de ses pertes, là aussi potentielles.

Selon que l’individu adopte l’une ou l’autre de ces perspectives, pourtant équivalentes, il n’aboutit pas à la même décision.

Derrière ce paradoxe, il y a une explication.

Lorsqu’un individu calcule la valeur de chaque option avant de prendre une décision, ces valeurs ne sont pas objectives.

Il se produit un certain nombre de distorsions qui les rendent subjectives. Et dans ces distorsions, les émotions entrent en jeu, selon Daniel Kahneman et Amos Tversky.

Une première expérience, vue sous l’angle des gains, a été réalisée par les deux chercheurs et publiée dans la revue Science en 1981.

La question y est posée ainsi : vous êtes un médecin et avez le choix entre deux possibilités, soit sauver 200 personnes à coup sûr, soit sauver 600 personnes mais avec seulement une chance sur trois de réussir.

Une aversion pour le risque

Quand la problématique est présentée sous l’angle des gains – ici les personnes sauvées – la plupart des sujets favorisent le sauvetage de 200 personnes à coup sûr, plutôt que de prendre un risque.

Cela met en évidence leur aversion pour le risque.

Le même principe s’applique pour des loteries avec des gains monétaires : entre toucher 50 euros à coup sûr, ou une chance sur deux de gagner 100 euros, la majorité des sujets choisissent 50 euros à coup sûr.

La troisième expérience des deux chercheurs amène les sujets à regarder un choix sous l’angle des pertes.

La question est posée de la manière suivante : vous avez le choix entre deux possibilités, tuer 400 personnes à coup sûr, ou tuer 600 personnes mais avec seulement deux chances sur trois que cela arrive vraiment.

Quand la problématique est présentée sous l’angle des pertes, les sujets n’acceptent pas la perte certaine. La majorité choisit les 2 chances sur 3 de tuer 600 personnes.

L’explication avancée par Daniel Kahneman et Amos Tversky se situe au niveau des émotions.

L’idée de tuer est trop rebutante sur le plan émotionnel, ce qui explique le changement d’option de la majorité des sujets.

Le fait d’exprimer tantôt une préférence tantôt une autre, selon la façon dont le problème est formulé, est un cas flagrant d’irrationalité, selon les deux psychologues.

L’amygdale activée lors de la prise de décision

Des expériences de neuroimagerie réalisées dans des IRM ont montré que l’amygdale, une région du cerveau impliquée dans les réactions émotionnelles, s’active lorsque le sujet prend des décisions.

Cette dernière découverte, rapportée dans la revue Science en 2006, constitue un argument en faveur d’un rôle important des émotions dans la prise de décision.

Il existe sans aucun doute des variations selon les individus.

Ainsi, des études intégrant la réaction face au risque ont été menées en comparant les traders et la population générale.

Les traders ont une aversion au risque moins grande – une caractéristique qui serait liée à des réactions émotionnelles moindres. Ainsi, il semble que plus les réactions émotionnelles sont intenses, plus les personnes ont une aversion marquée pour le risque.

Des travaux en cours à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM) testent l’hypothèse selon laquelle notre humeur influence la façon dont nous pondérons les gains et les pertes. Un peu comme dans la parabole du verre à moitié vide et à moitié plein…

Une personne de bonne humeur mettrait davantage l’accent sur les gains alors qu’une personne de mauvaise humeur aurait tendance à mettre l’accent sur les pertes.

En attendant d’autres avancées dans la connaissance, comment prendre des décisions en tenant compte de nos émotions, mais sans les laisser nous « berner » pour autant ? À nous de jouer finement sur la régulation émotionnelle.

Une technique consiste à se convaincre, au moment de prendre la décision, que c’est seulement une parmi beaucoup d’autres, pour ne pas se laisser gagner par l’émotion.

C’est ce qu’aurait sans doute conseillé René Descartes…

Attention, toutefois, à ne pas basculer dans l’excès inverse. Trop de froideur, trop d’indifférence ne sont pas non plus la solution, comme l’a rappelé Antonio Damasio.

Trouvons une voie moyenne en prenant conscience de notre ressenti émotionnel pour pouvoir prendre des décisions en conséquence, sans verser dans des réactions automatiques qui s’avèrent très souvent inadaptées.

 

Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (ICM) apporte un financement en tant que membre adhérent de The Conversation FR.

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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 11:35

« Tabac chauffé » sans danger pour la santé : mais de qui Philip Morris se moque-t-il ?  

Ancien de Colgate Palmolive, Frédéric de Wilde est aujourd’hui le président de Philip Morris International Europe. Le site des buralistes français nous apprend qu’il a accordé un entretien à Losange, leur « magazine 100% »  ; entretien éclairant en ce qu’il donne de nouvelles précisions sur la grande nouveauté de sa firme : le « tabac fumé » (marque Iqos) que son groupe vient de lancer sur certains marchés-tests en France 1.

Frédéric de Wilde : « En dehors de la Chine et des États-Unis, environ trois cigarettes sur dix vendues sont fabriquées par le groupe Philip Morris International. Il y a environ 1,1 milliard de fumeurs actuellement sur notre planète. L’Organisation mondiale de la Santé estime que ce nombre évoluera peu jusqu’en 2025. Notre groupe se devait donc d’offrir une alternative à nos consommateurs adultes, avec des produits potentiellement moins nocifs. »

Pleinement nocifs

Ainsi donc Philip Morris reconnaît publiquement qu’il commercialise, à haute dose, des produits pleinement nocifs. Question des buralistes : « quid de la validité scientifique du ‘’risques potentiellement réduits’’ » ? Frédéric de Wilde :

« PMI conduit des recherches approfondies sur Iqos pour en vérifier le potentiel de réduction du risque de maladies liées au tabagisme par comparaison avec la fumée de cigarette. Notre recherche est très avancée et s’inspire des normes et des pratiques adoptées depuis longtemps dans l’industrie pharmaceutique comme des recommandations et orientations de la Food and Drug Administration aux États-Unis pour les produits de tabac à risque modifié. Les données à ce jour pointent clairement en direction d’une réduction des risques par comparaison avec la fumée. »

« La vapeur d’Iqos contient, en moyenne 90 à 95 % de niveaux inférieurs, de constituants nocifs et potentiellement nocifs – à l’exclusion de la nicotine – par rapport à la fumée provenant d’une cigarette de référence conçue à des fins de recherche scientifique ; comme mesuré selon les modèles de laboratoire, la vapeur générée par Iqos est significativement moins toxique que la fumée de cigarette ; les fumeurs qui ont complètement adopté Iqos, dans deux études cliniques sur une semaine et deux études sur trois mois, ont réduit leur exposition à 15 constituants nocifs. Les niveaux d’exposition mesurés ont approché ceux observés chez les personnes qui ont cessé de fumer pendant la durée des études ».

Tour de bras

Nocif ou pas Philip Morris implante Iqos à tour de bras. Outre le Japon l’objet est commercialisé dans quatorze pays européens : Danemark, Allemagne, Grèce, Italie, Lituanie, Monaco, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Espagne, Suisse, Royaume-Uni – et la France depuis le mai 2017.

 Ancien de Colgate Palmolive, Frédéric de Wilde ne nous dit pas tout sur le sujet. A commencer par ce qui se passe en Suisse. Il faut ici consulter vapolitique.blogspot.fr : « Philip Morris avoue la pyrolyse de l’Iqos mais tente de faire retirer l’étude lausannoise » (Philippe Poirson).   Où il est question de la pyrolyse, cette décomposition chimique d’un composé organique dû à une augmentation importante de sa température et qui génère d’autres produits qu’il ne contenait pas.

« La fumée dégagée par l’Iqos contient des éléments provenant de pyrolyse et de dégradation thermochimique qui sont les mêmes composés nocifs que dans la fumée de cigarette de tabac conventionnelle », souligne une étude conduite par une équipe de recherche lausannoise publiée dans JAMA Internal Medicine le 22 mai dernier.

« Nous n’avons jamais affirmé que l’Iqos est dépourvu de processus pyrolytiques, bien connus pour augmenter avec l’augmentation de la température, et qui sont responsables de la plupart des composés nocifs ou potentiellement nocifs (HPHC) restant trouvés dans l’aérosol de l’Iqos. Cependant, aucune combustion ne se produit dans l’Iqos » peut-on lire dans la réponse publiée le 30 mai sur le site de Philip Morris. Puis, début juin, Jean-Daniel Tissot, doyen de la faculté de biologie et médecine de l’Université de Lausanne, a reçu un courrier de Philip Morris exigeant le retrait de l’étude…

Silence de la nouvelle ministre

« En d’autres termes, réduire les cigarettes classiques allumées à un processus de combustion complète serait abusif, estime Philippe Poirson. Or ce sont les résidus de combustion incomplète et pyrolyse qui forment les composés les plus nocifs du tabagisme, point bien connu des spécialistes sérieux sur la question. (…) la génération de monoxyde de carbone (CO) en est un élément clef. Sa présence atteste de combustion incomplète ou de pyrolyse. Le processus de dégradation des composés en absence d’oxygène produit du CO en place du CO2 dégagé en combustion complète. L’étude lausannoise confirme la présence de CO dans la fumée produite par l’Iqos. De son côté, les cadres scientifiques de Philip Morris en contestent le taux mesuré mais pas sa présence. Difficile dans ces conditions d’accorder crédit aux médias présentant l’Iqos comme produit « smokeless » sans fumée. »

En France, face aux allégations d’une moindre nocivité les autorités sanitaires font comme si rien n’existait. La nouvelle ministre de la Santé fait comme celle qui l’a précédée. Aucune réponse fournie aux fumeurs qui s’interrogeront. Comme avec la cigarette électronique, aucune étude, aucun conseil qui s’inscrirait dans une politique citoyenne du moindre risque.

 

1 « IQOS, le « tabac chauffé à moindre nocivité » arrive en France. Silence des autorités » Journalisme et santé publique, 14 avril 2017

« Tabac chauffé » sans danger pour la santé : mais de qui Philip Morris se moque-t-il ?
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