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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 05:25

Des chercheurs parviennent à visualiser les effets de l'hypnose sur le cerveau

Dans Le sortilège du scorpion de Jade, le film du réalisateur américain Woody Allen, sorti en 2001, un magicien hypnotise deux inconnus et conduit l'un d'entre eux à réaliser, à son insu, une série de cambriolages.

Dans la fiction, l'hypnose fascine.

Mais désormais, de l'arrêt de la cigarette au traitement de la douleur pour les grands brûlés, cette technique est de plus en plus utilisée pour ses principes thérapeutiques.

Si l'hypnose reste un mystère, une étude publiée le 28 juillet dans la revue britannique Cerebral Cortex (article en anglais) lève une partie du voile sur le fonctionnement de cet état modifié de conscience (EMC).

Des chercheurs de l'université de Stanford, aux Etats-Unis, montrent que l'hypnose a un effet particulier sur le cerveau en agissant notamment sur le débit sanguin :

il y a ainsi une diminution de l'interaction entre certaines régions cérébrales.

Des patients moins conscients d'eux-mêmes David Spiegel, professeur en psychiatrie à l'université de Stanford et membre de l'équipe de recherche, interrogé par le site américain Quartz (en anglais), est catégorique :

"L'état hypnotique implique un autre type de fonctionnement du cerveau.

" Pour l'étude, son équipe de chercheurs a d'abord soumis 545 étudiants à différents tests, avant de sélectionner 57 d'entre eux.

Parmi ces derniers, 36 étaient considérés comme très hypnotisables et 21 étaient complètement imperméables (insensibles à l'hypnose), l'objectif étant de pouvoir comparer les données.

Les sujets devaient imaginer un temps où ils se sentaient heureux, ensuite se représenter en vacances, comme le rapporte le New York Times (en anglais).

Les cerveaux en action étaient analysés à l'aide d'IRM fonctionnelles (IRMf), une technique d'imagerie cérébrale.

En général, les gens qui sont hypnotisables ont tendance à être moins conscients d'eux-mêmes, à faire plus vite confiance à d'autres personnes et à être plus imaginatifs.

David Spiegel Quartz L'effet d'un téléobjectif Et les conclusions de l'étude sont saisissantes.

Sous l'effet de l'hypnose, les patients "hypnotisables" voient l'activité de certaines régions cérébrales (ou plus précisément, celles du cortex cingulaire dorsal antérieur) réduites, du fait d'un afflux sanguin limité.

Des zones de notre cerveau qui nous aident habituellement "à décider, parmi la multitude de choses qui nous entourent, lesquelles il faut ignorer et celles qui méritent notre attention", explique le David Spiegel au Figaro.

Sous hypnose, on réduit son attention comme sous l'effet d'un téléobjectif.

Ce que l'on voit est beaucoup plus détaillé, mais on voit moins ce qu'il y a autour. David Spiegel Le Figaro Conséquence ?

Les patients hypnotisés sont davantage en mesure de se concentrer sur une tâche en particulier, sans se soucier de l'environnement extérieur.

De plus, les réseaux associés à la communication entre l'esprit et le corps seraient plus connectés que dans un état non-hypnotique.

Deux facteurs qui permettent d'expliquer "pourquoi l'hypnotiseur peut amener un entraîneur de football à danser comme une ballerine sans qu'il soit conscient de ce qu'il fait", affirme le David Spiegel au New YorkTimes (en anglais).

Des découvertes qui pourraient révolutionner la prise en charge de patients, notamment en psychiatrie.

Pour David Spiegel, l'hypnose pourrait ainsi aider les gens à "contrôler leurs réactions physiques en réponse à des pensées et à des facteurs de stress".

Des chercheurs parviennent à visualiser les effets de l'hypnose sur le cerveau.
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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 05:18

Alors que des dizaines de millions d'oeufs ont été retirés de la vente depuis la semaine dernière dans plusieurs pays européens et après l'extension de la crise en France et au Royaume-Uni annoncée lundi 7 août 2017, l'attention se porte désormais sur la viande de poulet aux Pays-Bas, où l'affaire du fipronil est née.

"Nous testons actuellement la viande de poulet dans les élevages dont les oeufs ont été infectés pour déterminer si la viande est également contaminée", a rapporté à l'AFP mardi Tjitte Mastenbroek, porte-parole de l'organisme néerlandais chargé de la sécurité alimentaire et sanitaire NVWA.

Grandement touchée par le scandale, l'Allemagne avait appelé vendredi les autorités belges et néerlandaises à faire "rapidement" la lumière sur le frelatage "criminel" à l'insecticide d'oeufs.

L'enquête pénale conduite par le NVWA sous l'autorité du parquet néerlandais, en collaboration avec la justice belge, sur le rôle d'entreprises et de fournisseurs dans l'introduction du fipronil au sein des élevages des Pays-Bas est encore en cours, a fait savoir Tjitte Mastenbroek.

En France, "treize lots d'oeufs contaminés en provenance des Pays-Bas" ont été livrés en juillet 2017 à des entreprises de transformation alimentaire situées dans l'ouest" de l'Hexagone, avait précisé le ministère français de l'Agriculture lundi 7 août.

Des investigations de précaution.

"La détection des oeufs contaminés était la plus haute priorité. Nous avons maintenant le temps et la place" pour se pencher "sur la viande", a poursuivi le porte-parole de la NVWA, soulignant qu'il s'agissait d'une "mesure de précaution".

En effet, la probabilité que la molécule néfaste pour la consommation humaine soit détectée dans la viande de poulet est petite, selon le LTO.

"Les poulets de chair n'ont aucun problème avec le pou rouge contrairement aux poules pondeuses enfermées dans un poulailler pendant deux ans, ce qui permet au parasite de se développer", a expliqué Eric Hubers, cité dans les médias néerlandais.

Les analyses sont menées sur la viande de poulets issus d'élevages qui produisent aussi bien des oeufs que de la viande, ce qui correspond à "quelques dizaines" de sites dans le pays, selon la NVWA et l'organisation agricole néerlandaise LTO.

"La plupart des exploitations font un choix entre l'un ou l'autre", a fait savoir Eric Hubers, représentant des aviculteurs au sein de la LTO.

"Si les tests s'avèrent négatifs, ces éleveurs, dont la distribution d'oeufs est bloquée auront le droit de rouvrir leur branche viande", a précisé Tjitte Mastenbroek.

Mais en cas de détection de fipronil dans la viande, "l'élevage restera entièrement bloqué", a-t-il ajouté, alors que les éleveurs néerlandais pourraient abattre des millions de poules contaminées par l'insecticide dans les jours à venir.

L'ampleur de la crise est apparue au grand jour la semaine dernière aux Pays-Bas, où jusqu'à 180 élevages ont été bloqués et des rappels massifs ordonnés alors que les taux de fipronil --une molécule utilisée pour éradiquer le pou rouge sur les poules-- dépassaient parfois largement les seuils autorisés par la réglementation européenne.

D'autres pays européens tels que l'Autriche, Pologne, Portugal, Bulgarie et Roumanie ont indiqué procéder à des analyses, bien qu'aucun oeuf directement importé dans ces pays ne soit contaminé, selon les agences de sécurité alimentaire.

En Suisse, les grands distributeurs ont retiré de la vente les œufs importés en provenance des pays touchés, à titre préventif.

En grande quantité, le fipronil est considéré comme "modérément toxique" pour l'homme par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Il est dangereux pour les reins, le foie et la thyroïde, a indiqué jeudi l'organisme néerlandais chargé de la sécurité alimentaire et sanitaire, le NVWA.

La NVWA a publié sur son site les immatriculations des oeufs susceptibles d'avoir été exposés à cet insecticide.

Après les œufs contaminés : Fipronil, enquête sur la viande de poulet.
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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 22:21

Burn-out hospitaliers : l’austérité est en train d’asphyxier le personnel de nos hôpitaux

par Auguste Bergot

Des témoignages de divers acteurs liés aux institutions de santé relayés par un article de Bastamag font état d’une véritable détresse dans les hôpitaux. Suppression de postes, coupes budgétaires, intensification des rythmes sont à l’origine d’une diminution de la qualité des soins mais aussi de la santé des soignants.

Pourtant, les mesures d’austérité risquent de se poursuivre malgré le cri d’alerte de ces hommes et femmes porteuses de vie.

L’hôpital n’est pas une entreprise

Des journées de plus de 10h, sans pause, sans pouvoir manger ni aller aux toilettes, à courir d’un patient à l’autre, hiérarchiser le niveau de besoin des patients, faire le travail d’un collègue arrêté parce qu’il a fait un burn-out, sacrifier sa vie de famille… : voilà le quotidien de nos soignants.

Pour eux, cette intenable intensification des rythmes de travail dure depuis près de quinze ans.

D’abord ça a été le passage aux 35 heures qui n’a pas été accompagné des embauches nécessaires, puis ça a été l’instauration de la tarification à l’activité, la « T2A », qui a fait prévaloir une logique de résultats sur une logique de moyens soit, a fait basculer l’hôpital dans un modèle de gestion entrepreneuriale. «

Chaque établissement est désormais financé en fonction de sa production d’actes de soins et de sa rentabilité, détaille la CGT.

Il faut produire un nombre d’actes de soins suffisant, et diminuer les coûts.

Donc faire plus avec moins. » Philippe Batifoulier, professeur d’économie à l’université Paris XIII et membre du collectif des « économistes atterrés » rajoute que «

L’idée de la T2A, c’est de « normer » les coûts et de standardiser les soins.

On déclare par exemple qu’une toilette dure sept minutes, en ignorant le malade et la réalité.

» Mais sept minutes pour une toilette, c’est impensable pour les soignants s’ils veulent faire un travail correct et décent pour les patients.

Certains patients demandent de l’attention, ou de ne pas être brusqués, et les toilettes peuvent prendre jusqu’à quarante-cinq minutes. hopital

Les soignants travaillent à des rythmes infernaux… gratuitement

Les soignants sont donc contraints de travailler parfois douze ou treize heures de suite, de revenir sur leurs jours de repos ou pendant leurs vacances, et tout cela sans qu’ils puissent récupérer ces jours qui s’accumulent au fur et à mesure et qui ne sont pas dédommagés financièrement.

D’après Olivier Mans, de la fédération nationale Sud santé sociaux,

« Si l’AP-HP [l’Assistance publique des hôpitaux de Paris] payait tout ce qu’elle doit aux infirmières, elle devrait débourser 75 millions d’euros. »

Face à ces rythmes de vie infernaux, les soignants sont impuissants et cherchent à tenir le coup dans ces conditions jusqu’à l’écroulement.

« Les directions parient sur la pression des objectifs et sur la conscience professionnelle des agents, très élevée dans le domaine du soin, notamment parmi les infirmières », rapporte un expert en santé au travail.

« Le problème, c’est qu’avec le durcissement des conditions de travail et l’épuisement chronique des équipes, l’absentéisme augmente, reprend Jean Vignes, secrétaire général de la fédération Sud santé sociaux.

Le recours à l’auto-remplacement est très élevé. »

Dépressions, suicides et baisses de la qualité des soins Les conséquences de ces rythmes de travail sont nombreuses et toutes dramatiques.

Les soignants travaillent à un rythme effréné, sacrifiant leurs vies de famille, jusqu’à ce qu’ils tombent en dépression. «

On arrive au bout du surinvestissement du personnel, qui fait que l’hôpital tient encore, ajoute Thierry Amouroux.

Depuis juin 2016, on a eu sept suicides chez les infirmiers. »

Même constat du côté des médecins.

« Les médecins tiennent le coup le plus longtemps possible, puis ils s’écroulent, carbonisés.

J’en vois qui sont arrêtés depuis des mois et qui ne peuvent plus parler de leur métier sans se mettre à pleurer.

C’est très violent.

» Par ailleurs, le surmenage au travail a aussi des conséquences sur les capacités cognitives des soignants.

Une expertise réalisée par l’AP-HP en 2015 a montré que « rester éveillé douze à dix-neuf heures consécutives ralentit les fonctions cognitives et le temps de réaction selon un niveau équivalent à une alcoolémie de 0,5g ».

En résulte une augmentation des erreurs médicales et donc une baisse des qualités de soin voire, plus dramatique, un accroissement de la mortalité parmi les patients opérés.

« Les médecins tiennent le coup le plus longtemps possible, puis ils s’écroulent, carbonisés.

J’en vois qui sont arrêtés depuis des mois et qui ne peuvent plus parler de leur métier sans se mettre à pleurer. C’est très violent. »

Enfin, la cohésion d’équipe pâtit également de ces rythmes de travail : le temps de la pause entre collègues n’existe quasiment plus, un temps pourtant important pour solidifier les liens entre les soignants mais également pour transmettre des compétences.

« Les anciennes ne peuvent plus prendre le temps de transmettre ce qu’elles savent.

Elles constatent, désolées, que les plus jeunes galèrent à comprendre des choses qu’elles auraient pu leur expliquer en quelques jours, si elles avaient eu le temps de le faire… », rapporte un expert en santé au travail.

L’austérité continue Alors que les équipes hospitalières avaient espéré que Marisol Touraine reviendrait sur la T2A et allégerait le poids qui pèse de plus en plus sur les soignants, c’est tout l’inverse qui s’est produit, et la situation est loin de s’être améliorée, à l’inverse elle tend à se détériorer.

En effet, le 5 décembre a été voté « dans un hémicycle aux trois-quarts vide » comme le souligne bien bastamag.net de nouvelles coupes dans le budget de la Santé.

De même, les groupements hospitaliers de territoires (GHT) dont la mise en place est présentée comme une « modernisation de notre système de santé (…) pour garantir l’accès aux soins de tous », sont largement craints par les équipes de santé du fait de l’éloignement grandissant entre l’hôpital et les usagers, mais aussi du fait que le personnel devra être mobile et n’aura pas d’équipe fixe.

La question de l’avenir de nos hôpitaux qui est un enjeu de la présidentielle doit être entendue et ne peut plus être négligée.

Pourquoi ne traitons-nous pas comme il se doit les personnes qui sauvent nos vies ?

Comment François Fillon peut-il soutenir devant eux qu’ils devront se serrer la ceinture au nom de l’austérité ?

Nous sommes en train d’asphyxier ceux qui nous soignent, il est grand temps que leurs conditions de travail redeviennent viables avant que la situation ne soit plus dramatique encore.

Burn-out hospitaliers : l’austérité est en train d’asphyxier le personnel de nos hôpitaux.
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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 22:10

La synergie entre le système immunitaire hôte et le bactériophage est essentielle pour une phageothérapie réussie contre un pathogène respiratoire aigu

Dwayne R. Roach6, Chung Yin Leung6, Marine Henry, Eric Morello, Devika Singh, James P. Di Santo, Joshua S. Weitz'Correspondence informations sur l'auteur Joshua S. WeitzEmail l'auteur Joshua S. Weitz, Laurent Debarbieux7, 'Correspondence Informations sur l'auteur Laurent DebarbieuxEmail de l'auteur Laurent Debarbieux Ces auteurs ont contribué de manière égale 7 Contact DOI:

http://dx.doi.org/10.1016/j.chom.2017.06.018 |

Points forts • Une phage thérapeutique efficace à P. aeruginosa pulmonaire nécessite des composants immunitaires innés

• Les neutrophiles sont nécessaires pour contrôler les bactéries sensibles aux phages et aux phages sensibles •

Les modèles prédisent que la «synergie immunophage» est due à une rétroaction non linéaire

Résumé La hausse des bactéries multi-médicaments (MDR) a suscité un intérêt renouvelé pour l'utilisation de bactériophages en thérapie.

Cependant, les mécanismes contribuant à la clairance bactérienne médiée par le phage dans un hôte animal restent peu clairs.

Nous avons étudié les effets de l'immunité de l'hôte sur l'efficacité du traitement par phage pour la pneumonie aiguë causée par MDR Pseudomonas aeruginosa dans un modèle de souris.

La comparaison de l'efficacité des traitements phage-curatifs et prophylactiques chez les patients immunodépendants sains, déficients en MyD88, déficientes en lymphocytes et chez les souris murines dépéritées par les neutrophiles a révélé que la synergie des phages neutrophiles est essentielle à la résolution de la pneumonie.

La modélisation de la population des résultats in vivo a en outre montré que les neutrophiles sont nécessaires pour contrôler à la fois les variants sensibles au phage et les variants résistants aux phages à une infection claire. Cette «synergie immunophage» contraste avec le paradigme selon lequel le succès de la thérapie par phage est en grande partie dû à la permissivité bactérienne à la destruction des phages.

Enfin, les phages thérapeutiques n'ont pas été éliminés par des cellules effectrices immunitaires pulmonaires et ont été immunologiquement bien tolérés par les tissus pulmonaires.

La synergie entre le système immunitaire hôte et le bactériophage est essentielle pour une phageothérapie réussie contre un pathogène respiratoire aigu.
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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 22:04

Pesticide et œufs contaminés, un nouveau profil de scandale alimentaire

Jean-Yves Nau —

08.08.2017 -

En quelques jours, l’affaire a pris une dimension européenne.

Contrairement aux trop précoces assurances données par Stéphane Travert, ministre français de l’Agriculture, l’Hexagone n’a pas été épargné par ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire des œufs contaminés.

Son ministère vient de faire savoir que treize lots d’œufs contaminés en provenance des Pays-Bas avaient été livrés sur le sol français «entre le 11 et le 26 juillet».

Deux établissements de fabrication de produits à base d’œufs, dans la Vienne et en Maine-et-Loire, sont concernés. Ni les tonnages, ni l’utilisation ni les destinations n’ont été précisées.

De quoi ajouter à l’inquiétude en dépit des propos gouvernementaux rassurant et des quelques données disponibles quant aux risques encourus.

Officiellement, au cœur toxique de l’affaire: le fipronil.

Cette molécule phytosanitaire controversée est connue pour être au cœur de la polémique sur la disparition des abeilles.

Mise au point en France par la société Rhône-Poulenc en 1987, elle a été commercialisée en 1993 puis revendue à Bayer en 2002 et finalement à BASF en 2003.

Moins d’une semaine après le début de cette affaire, tous les éléments convergent pour réveiller la mémoire des derniers grands scandales alimentaires –des scandales nourris par la hantise collective de l’empoisonnement?

Des millions de poules bientôt abattues?

Aux Pays-Bas, près de deux cents exploitations néerlandaises sont déjà touchées, des centaines de milliers de poules pondeuses ont été abattues et plusieurs millions pourraient, sous peu, l’être.

Cette nouvelle affaire est, après tant d’autres, un symptôme de la grande fragilité des systèmes de production et de distribution des denrées alimentaires de nos sociétés post-industrielles.

Ici, tout a vraiment commencé à l’échelon européen avec l’annonce, le 4 août, que le géant de hard-discount Aldi retirait «tous ses œufs de la vente en Allemagne».

Par «pure précaution» à la suite de la découverte «de millions d’œufs néerlandais contaminés par un insecticide et livrés dans le pays voisin».

Le groupe avait déjà, quelques jours auparavant, retiré de ses rayons les œufs en provenance des élevages concernés aux Pays-Bas.

On découvrait alors que des éleveurs néerlandais de volailles avaient fait appel à Chickfriend (sic), une société spécialisée dans l’éradication d'un parasite, le pou rouge, ayant eu recours au fipronil dans les élevages de volailles, notamment néerlandais. «Modérément toxique» pour l'homme

Depuis le nombre des pays concernés (Suisse, Belgique, Suède, Royaume Uni etc.) de même que les tonnages concernés ne cessent d’augmenter; et les enquêtes officielles peinent à établir les dates et les circuits problématiques.

Quant à l’exacte traçabilité des aliments concerné,s elle est pratiquement impossible à retrouver tant les œufs sont, dans les «ovoproduits» utilisés dans les industries de transformation des aliments.

On évoque aujourd’hui en France un total d’au moins deux cents tonnes d’ovoproduits potentiellement contaminés sortis des deux usines identifiées.

Est-ce ici le sommet d’un iceberg?

L’ONG Foodwatch fait valoir que de nombreuses exploitations avicoles sont peut-être traitées depuis plusieurs mois au fipronil. S’inquiéter?

Officiellement le fipronil est considéré par l’Organisation mondiale de la santé, comme «modérément toxique» pour l’homme; dangereux pour les reins, le foie et la thyroïde.

Dans une mécanique parfaitement huilée, dissociant la gestion de l’évaluation du risque, le ministère français de l’Agriculture français a, le 7 août, saisi l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES).

Demande express: obtenir son avis sur «les risques pour la santé humaine liés à l’ingestion d’œufs ou de produits contaminés».

Pour l'heure, silence.

Faut-il arrêter de manger des œufs?

«S'il s'agit de l'ingestion d'un œuf ou deux, le risque d'intoxication me paraît vraiment très minime, juge au Parisien Luc Multignier, médecin épidémiologiste et directeur de recherches à l'Inserm qui avait travaillé sur le fipronil en 2005 pour l'Agence nationale de sécurité sanitaire.

Consommer un œuf avec une salmonelle est plus dangereux qu'avec un pesticide.

En revanche, si on apprenait que cela dure depuis des mois ou des années ou qu'il y a ingestion massive, là, il pourrait y avoir une inquiétude.»

Toutefois, il semble y avoir pour l'heure sur ce point différentes lectures suivant les pays.

En Belgique, l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire se veut rassurante.

Elle a indiqué que les taux de fipronil relevés étaient largement en dessous des seuils tolérés

«Les œufs provenant d'un élevage en particulier présentent un danger imminent pour la santé publique», expliquait de son côté il y a quelques jours l'organisme néerlandais chargé de la sécurité alimentaire et sanitaire.

«Il faudrait qu'un adulte mange entre 7 et 15 œufs contaminés par jour pour qu'il en subisse les effets négatifs, à savoir des vertiges, des nausées ou des vomissements, indique franceinfo, peut-on lire sur le Huffington Post.

Un enfant d'un an, à supposer qu'il pèse dix kilos, pourrait quant à lui en consommer un par jour sans problème, d'après les sources interrogées par la radio.»

Nouvelle dimension

Au vu des premiers éléments disponibles et des craintes qu’elle suscite, cette affaire rentre dans une catégorie différente de celles des différents scandales alimentaires européens de ces quarante dernières années, une séquence inaugurée avec le véritable scandale de l'huile frelatée en Espagne.

Suivirent différents épisodes d’infections toxi-alimentaires sans grande originalité ainsi que les crises, plus ou moins récurrentes, des viandes bovines «traitées au hormones» ou celles des viandes de cheval vendues, dans des plats cuisinés, comme étant de bœuf.

L’autre grande catégorie concerne les zoonoses ces maladies animales d’origine diverses et transmissibles à l'homme.

La plus récente (et la plus grave) d’entre elles aura été celle de la «crise de la vache folle» (encéphalopathie spongiforme bovine), après la découverte qu’un «agent transmissible non conventionnel» (un « prion pathologique ») pouvait, après consommation de viandes ou de produits bovins, induire chez l’homme une nouvelle forme de maladie neurodégénérative de Creutzfeldt-Jakob.

Avec l’affaire des œufs contaminés au fipronil, et au vu de ce l’on sait ou que l’on imagine, nous entrons dans une nouvelle dimension.

La porosité de la coquille y est ici associée à la dimension symbolique de la consommation, par l’homme, de l’œuf.

Avec, en toile de fond, l’horreur invisible des élevages de poules pondeuses élevées en batterie et devant, de ce fait, être traitées par des insecticides.

Jean-Yves NauJean-Yves Nau (787 articles) Journaliste

Pesticide et œufs contaminés, un nouveau profil de scandale alimentaire .
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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 19:57

Comment la fisétine réduit l'impact de l'âge et de la maladie sur la fonction du système nerveux central (SNC).

Maher P. Front Biosci (Schol Ed). 2015.

Il devient de plus en plus évident que les maladies neurologiques sont multi-factorielles impliquant des perturbations dans de multiples systèmes cellulaires.

Ainsi, alors que chaque maladie a ses propres mécanismes et pathologies initiales, certaines voies communes semblent être impliquées dans la plupart des maladies neurologiques, sinon toutes.

Ainsi, il est peu probable que la modulation d'un seul facteur soit efficace soit pour prévenir le développement de la maladie, soit pour ralentir la progression de la maladie.

Une meilleure approche est d'identifier les petites molécules (

Nous avons identifié une molécule neuroprotectrice et cognitive active par voie orale, la fisétine, un flavonoïde.

La fisétine a non seulement une activité antioxydante directe, mais elle peut également augmenter les taux intracellulaires de glutathion, l'antioxydant intracellulaire majeur.

La fisétine peut également activer les voies clés de signalisation des facteurs neurotrophiques.

En outre, elle a une activité anti-inflammatoire et inhibe l'activité des lipoxygénases, réduisant ainsi la production d'eicosanoïdes pro-inflammatoires et de leurs sous-produits.

Cette large gamme d'actions suggère que la fisétine a la capacité de réduire l'impact des maladies neurologiques liées à l'âge sur la fonction du cerveau.

PMID 25961687 [PubMed - indexé pour MEDLINE] PMCID PMC5527824

Texte intégral

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5527824/

Comment la fisétine réduit l'impact de l'âge et de la maladie sur la fonction du système nerveux central (SNC).
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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 19:49

Effets protecteurs de la fisétine et d'autres flavonoïdes de baies dans la maladie de Parkinson.

Maher P. Food Funct. 2017.

La maladie de Parkinson (PD) est une maladie dégénérative associée à l'âge du cerveau moyen résultant de la perte de neurones dopaminergiques dans la substance noire.

Il se présente initialement comme un trouble du mouvement avec des problèmes cognitifs et d'autres comportements apparaissant plus tard dans la progression de la maladie.

Les thérapies actuelles pour la maladie de l'homme ne retardent que l'apparition ou réduisent les symptômes du moteur.

Il n'y a aucun traitement pour arrêter la mort des cellules nerveuses ou pour guérir la maladie.

Il devient de plus en plus clair que les maladies neurologiques telles que la PD sont multi-factorielles impliquant des perturbations dans de multiples systèmes cellulaires.

Ainsi, il est peu probable que la modulation d'un seul facteur soit efficace soit pour prévenir le développement de la maladie, soit pour ralentir la progression de la maladie.

Une meilleure approche consiste à identifier de petites molécules qui ont de multiples activités biologiques pertinentes pour le maintien de la fonction cérébrale.

Les flavonoïdes sont des composés polyphénoliques largement distribués dans les fruits et légumes et donc régulièrement consommés dans le régime humain.

Alors que les flavonoïdes étaient caractérisés historiquement sur la base de leurs effets antioxydants et de radicaux libres, des études plus récentes ont montré que les flavonoïdes ont une large gamme d'activités qui pourraient les rendre particulièrement efficaces en tant qu'agents pour le traitement de la PD.

Dans cet article, les avantages physiologiques multiples des flavonoïdes dans le contexte de la PD sont examinés pour la première fois.

Ensuite, on discute de la preuve des effets bénéfiques du flavonol fisetin dans les modèles de PD.

Ces résultats, associés aux actions connues de la fisétine, suggèrent que cela pourrait réduire l'impact de la PD sur la fonction du cerveau.

PMID 28714503 [PubMed - tel que fourni par l'éditeur] Texte intégral

Effets protecteurs de la fisétine et d'autres flavonoïdes de baies dans la maladie de Parkinson. Mitochondries.
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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 18:00

Augmentation des bactéries intestinales fabriquant des acides d-lactiques chez les patients atteints d'un syndrome de fatigue chronique.


Sheedy JR1, Wettenhall RE, Scanlon D, Gooley PR, Lewis DP, McGregor N, Stapleton DI, Butt HL, DE Meirleir KL.
 

En Vivo. 2009 Jul-Aug; 23 (4): 621-8.



Les patients souffrant de syndrome de fatigue chronique (SFC) sont affectés par des symptômes de dysfonctionnement cognitif et d'une déficience neurologique dont la cause n'a pas encore été élucidée.

Cependant, ces symptômes sont remarquablement similaires à ceux des patients présentant une acidose D-lactique.

Une augmentation significative des microorganismes fécaux anaérobies facultatifs Gram positifs chez 108 patients atteints du SFC comparativement à 177 sujets témoins (p <0,01) est présentée dans ce rapport.

Le nombre viable d'Enterococcus produisant de l'acide D-lactique et Streptococcus spp.

Dans les échantillons fécaux du groupe CFS (3,5 x 10 (7) cfu / L et 9,8 x 10 (7) cfu / L respectivement) étaient significativement plus élevés que ceux du groupe témoin (5,0 x 10 (6) cfu / L et 8,9 x 10 (4) cfu / L respectivement).

L’Analyse des profils des exometaboliques d'Enterococcus faecalis et de Streptococcus sanguinis, représentants d'Enterococcus et Streptococcus spp.

Respectivement, par RMN et HPLC ont montré que ces organismes produisaient significativement plus d'acide lactique (p <0,01) à partir de glucose (13) C marqué, que l'Escherichia coli Gram négatif.

De plus, les deux E. faecalis et S. sanguinis sécrètent plus d'acide D-lactique que E. coli.

Cette étude suggère un lien probable entre la colonisation intestinale de bactéries et d'expressions de symptômes facultatifs anaérobies de l'acide D-lactique positives à Gram positif dans un sous-groupe de patients atteints de SFC.

Étant donné que cela pourrait expliquer non seulement un dysfonctionnement neurocognitif chez les patients atteints du SFC, mais aussi un dysfonctionnement mitochondrial, ces résultats peuvent avoir des implications cliniques importantes.

Augmentation des bactéries intestinales fabriquant des acides d-lactiques chez les patients atteints d'un syndrome de fatigue chronique.

EQUILIBRE ACIDO-BASIQUE ACIDOSE LACTIQUE

https://www.google.fr/amp/slideplayer.fr/amp/3740247/

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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 16:53

La fraise a-t-elle un secret contre la maladie d’Alzheimer ?


Par Dr Alain Trébucq le 08-08-2017


Avec le vieillissement de la population, phénomène observé dans la plupart des pays dont le nôtre, les maladies neurodégénératives, dont la maladie d’Alzheimer, sont un défi croissant de santé publique, ce d’autant que les options thérapeutiques contre ces pathologies restent peu nombreuses.

Des chercheurs californiens publient les résultats de travaux menés sur un modèle animal suggérant qu’un composant identifié dans les fraises pourrait exercer un effet protecteur contre la neurodégénérescence.


L’équipe de Pamela Maher, du laboratoire de neurobiologie cellulaire du Salk Institute for Biological Studies (La Jolia, Californie) travaille depuis plusieurs années sur les effets neuroprotecteurs des flavonoïdes isolés dans des fruits et/ou des légumes.

Les travaux qui viennent d’être publiés mettent en valeur les vertus de la fisétine, composé organique de la famille des flavonols, une sous-famille des flavonoïdes.

Identifié par un chimiste autrichien, Josef Herzig, dans l’arbre à perruque (fisetholtz en allemand, d’où le nom de fisétine) ou Cotinus coggyria, mais aussi dans divers arbres, les fraises et les mangues, ce flavonol a déjà fait l’objet de travaux scientifiques mettant en valeur ses propriétés contre le vieillissement en général et contre l’ostéoporose.


Sur un modèle animal de souris, génétiquement modifié de manière à connaître un vieillissement accéléré, cette équipe californienne montre que la fisétine permet de ralentir la progression des déficits cognitifs, observation corrélée à une amélioration de divers marqueurs biologiques tant de la fonction synaptique que du stress oxydatif et de l’inflammation systémique.

Les différences entre deux groupes de souris, l’un recevant de la fisétine, l’autre n’en recevant pas de l’âge de 3 mois à l’âge de 10 mois sont hautement significatives.

Ainsi, à 10 mois d’âge, les souris qui ne recevaient pas de fisétine avaient des capacités physiques et cognitives comparables à des souris normales de 3 ans tandis que les souris recevant de la fisétine conservaient à l’âge de 10 mois les mêmes capacités qu’à l’âge de 3 mois. Des constatations prometteuses mais qui méritent encore d’être confirmées chez l’homme !


Sources :


Antonio Currais et coll. Fisetin Reduces the Impact of Aging on Behavior and Physiology in the Rapidly Aging SAMP8 Mouse. The Journals of Gerontology, Series A
DOI: https://doi.org/10.1093/gerona/glx104

La fraise a-t-elle un secret contre la maladie d’Alzheimer ?
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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Nutrition
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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 11:54

Interview-confession du plus grand serial-killer : le moustique

 
Il est plutôt rare que j’écrive sur ce blog autre chose que des cas cliniques insolites, inhabituels, exceptionnels, incroyables, récemment publiés dans la littérature médicale internationale.

Il m’arrive parfois de relater des expériences de biologie montrant les fascinantes propriétés du vivant, comme ici, ou .

Mais je me suis dit que durant l’été, je pouvais changer mes habitudes pour m’intéresser à mon environnement immédiat. C’est alors que j’ai tout naturellement trouvé mon sujet : les moustiques. Les « serial piqueurs » sont là. Il leur arrive même de piquer lorsqu’il pleut. Mais comment font-ils pour résister aux gouttes de pluie qui s’abattent sur eux ?

Pendant mes vacances, j’ai eu la chance de croiser un moustique, particulièrement fier de son espèce, qui a bien voulu répondre à toutes mes questions. Sans doute l’occasion pour lui de faire le buzzzzzz et pour moi d’en apprendre plus sur lui et tous les siens, dont un grand nombre sont de vrais tueurs.

Anopheles stephensi. Cet anophèle transmet le paludisme de l’Egypte jusqu’en Chine, notamment en Inde. Une goutte de sang est expulsée de l’abdomen du moustique qui vient de terminer son repas sanguin. Jim Gathany/Centers for Disease Control and Prevention’s Public Health Image Library.

Estimez-vous être l’animal le plus dangereux pour l’homme ?

Évidemment ! Nous, moustiques, sommes responsables de plus de morts que les requins, les lions, les hippopotames, les crocodiles, les serpents, les scorpions. Mes congénères sont les vecteurs du parasite du paludisme et de vers responsables de filarioses, mais aussi des virus de la dengue, du chikungunya, du Zika, de la fièvre jaune, de l’encéphalite japonaise, de la fièvre à virus West Nile, de la fièvre de la vallée du Rift. Au niveau mondial, notre famille compte plus de 3500 espèces dans le monde réparties dans plus d’une centaine de genres et présents sous toutes les latitudes. 

Comment jugez-vous votre bilan en tant que serial-killer ?

Laissez-moi vous dire que nous en sommes particulièrement fiers. La dengue est endémique dans plus de 100 pays en Afrique, dans les Amériques, en Méditerranée orientale, en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique occidental, ces deux dernières régions étant les plus touchées. Le nombre des cas notifiés continue de progresser. En 2015, la région des Amériques a signalé 2,35 millions de cas dont 10 200 de dengue sévère qui ont provoqué 1181 décès. Chaque année, 500 000 personnes atteintes de dengue sévère doivent être hospitalisées. Environ 2,5 % d’entre elles en meurent. Le mérite en revient à Aedes aegypti, principal vecteur de la dengue, mais également à Aedes albopictus, vecteur secondaire de la dengue en Asie.

Plasmodium falciparum est le parasite du paludisme le plus répandu sur le continent africain. Il est responsable de la plupart des cas mortels dans le monde. P. vivax est le parasite prédominant hors d’Afrique. Près de la moitié de la population mondiale est exposée au risque de contracter le paludisme de notre fait. Nous assurons la transmission continue de cette maladie dans 91 pays. Songez donc qu’en Afrique nous sommes à l’origine de 90 % des cas de paludisme et de 92 % des décès dus à cette maladie. Chaque année, environ 500 000 enfants meurent de paludisme. 70 % des décès dus au paludisme surviennent chez des enfants de moins de 5 ans.

En 2015, les conflits humains ont provoqué la mort d’environ 580 000 personnes alors que nous, moustiques, en avons tué 834 000 par l’intermédiaire des maladies que nous transmettons. Au niveau mondial, cette année-là, les requins n’avaient tué que 6 hommes, les serpents 60 000, les scorpions 3500, les crocodiles 1 000, les hippopotames 500, les lions 100, les méduses 40.

Aedes aegypti, principal vecteur de la dengue, en train de quitter son hôte après un repas sanguin. Son abdomen est gorgé de sang. CDC/Prof. Frank Hadley Collins, Dir., Cntr. for Global Health and Infectious Diseases, Univ. of Notre Dame.

Parmi vos congénères, vous êtes, me semble-t-il, particulièrement fiers de la gent féminine.

En effet, nous devons les bons chiffres de transmission du paludisme uniquement aux moustiques femelles du genre Anophèles. Sans leur action continue, rien ne serait possible. Elles font un travail considérable sur le terrain avec leurs six pattes et leur trompe.

Franchement, elles en bavent ! Songez donc : elles injectent leur salive avant de piquer. Les parasites qu’elles prélèvent en piquant un individu infecté par le parasite du paludisme se reproduisent ensuite et se développent dans l’organisme du moustique femelle. Quand celle-ci pique à nouveau, elle inocule les parasites à une autre personne. C’est un travail à la chaine pour les femelles qui transmettent Plasmodium vivax, P. malariae, P. ovale et P. falciparum. Ce dernier, le plus mortel des quatre parasites du paludisme, est responsable de plus de 400 000 décès par an.

Quelle est votre implantation géographique en France et dans les territoires et départements d’Outre-Mer ?

Trois familles de moustiques sont représentées en France et Dom-Tom : Aedes, Anopheles et Culex. Le groupe Aedes compte plus de 300 espèces dont les plus connues sont Aedes caspius, présent en Camargue, A. aegypti, venu d’Afrique mais présent en Guyane, A. albopictus, plus connu sous le nom de moustique tigre. Il doit son nom aux rayures sur ses pattes. Les oeufs d’A. albopictus peuvent résister au froid hivernal, l’éclosion des larves se produisant une fois fois que les températures redeviennent favorables. Les Aedes piquent le jour et plutôt en extérieur.

Le groupe Anopheles, susceptible de transmettre le paludisme, comporte plus de 400 espèces. Celles-ci sont surtout présentes en Corse, en Camargue et dans le delta du Rhône. Ces moustiques piquent souvent à l’aube ou au crépuscule.

Enfin, le groupe Culex, fort de plus de 700 espèces, est présent en Guadeloupe et en Martinique. En France métropolitaine, on rencontre Culex pipiens, urbain et actif la nuit.

L’été, même lorsqu’il pleut averse, vous continuez à piquer. Comment faites-vous pour que les grosses gouttes de pluie ne vous écrasent pas ?

C’est vrai, nous mesurons 3 mm pour une masse de 2 mg, alors qu’une goutte de pluie pèse entre 4 et 100 mg. Cette dernière a donc une masse de 2 à 50 fois plus grande que la nôtre. Lors d’une averse, nous recevons en moyenne un impact toutes les 25 secondes. La collision avec une goutte peut nous propulser sur une distance équivalente à 13 fois notre propre longueur, mais à la fin nous parvenons à nous détacher de la goutte, en prenant la tangente. Nous survivons, pour la plupart d’entre nous, au déluge. Selon le point d’impact, la goutte d’eau provoque lacet, roulis ou tangage, mais nous réussissons à retrouver notre position initiale en un centième de seconde.

Que se passe-t-il lorsque la goutte vous frappe de plein fouet ?

Lorsqu’une énorme goutte de pluie tombe par exemple entre mes ailes, je me retrouve entraîné à la même vitesse que la goutte. Mais à chaque fois, je parviens à me séparer d’elle, non sans avoir chuté d’une distance de 5 à 20 fois ma propre longueur. Autant vous dire que j’ai plutôt intérêt à ne pas voler trop près du sol !

En définitive, si vous survivez à l’impact d’une goutte de pluie, vous le devez surtout à votre faible masse, n’est-ce pas ?

Oui. C’est notre faible masse qui nous sauve, comme l’a montré une étude de chercheurs américains publiés dans les Comptes-Rendus de l’Académie américaine de sciences (PNAS) en 2014. Nous ne choisissons pas d’éviter les gouttes, mais nous nous déplaçons passivement avec elles plutôt que de leur résister. On devient un passager clandestin de la goutte. Nous sommes les maîtres du tai-chi, art martial consistant non pas à résister aux forces de l’adversaire mais à simplement les accompagner dans la même direction. Nous utilisons nos ailes et nos pattes pour faire pivoter le couple que nous formons avec la goutte afin de nous en libérer.

Vous subissez alors des accélérations énormes.

En effet, au contact de la goutte, nous subissons une accélération équivalente de 50 à 150 fois notre poids. Une étude a évalué la force d’impact qui s’exerce alors sur nous à 300 à 600 dynes, soit plusieurs dizaines de fois notre propre poids. Mais nous avons la peau dure ! Grâce à notre exosquelette, qui soutient et protège notre corps, on peut encaisser des forces de 3 000 à 4 000 dynes. Notre exosquelette est si résistant qu’il pourrait supporter l’équivalent du poids de 1 000 autres moustiques.

Vous n’êtes quand même pas indestructible. Vous payez un lourd tribut du fait des moustiquaires imprégnées d’insecticide.

C’est vrai, mais je peux vous dire que nous résistons. Les principales espèces de moustiques ont su développer une résistance vis-à-vis de toutes les classes d’insecticides. Depuis 2010, la résistance aux insecticides que vous utilisez a été observée dans 60 pays. De fait, on assiste à une montée en puissance des moustiques Aedes, vecteurs des virus de la dengue, du chikungunya, de la fièvre jaune ou de Zika, qui développent des résistances aux insecticides. Ces dernières années, nous avons développé dans de nombreux pays une résistance aux pyréthrinoïdes, seule catégorie d’insecticides utilisés pour l’imprégnation des moustiquaires.

Pouvez-vous m’en dire plus sur votre résistance aux pyréthrinoïdes ?

La perméthrine, insecticide de type pyréthrinoïde, est neurotoxique pour nous. L’exposition aux pyréthrinoïdes se traduit fréquemment pour nos semblables par la perte d’une ou plusieurs pattes. Soumis à des flexions incessantes, du fait de spasme violents, celles-ci subissent des fractures et à des démembrements.

Là encore, nous résistons. J’en veux pour preuve une étude de chercheurs de l’Ecole de médecine tropicale de Liverpool (Royaume-Uni) parue en avril dernier dans la revue Scientific Reports. Les experts considèrent comme moribonds les moustiques ne pouvant se tenir debout car n’ayant plus qu’une ou deux pattes. Ils estiment que ces moustiques amputés ne piqueront plus ou ne transmettront plus de maladie. C’est mal nous connaître !

Êtes-vous en train de me dire que vous pouvez encore piquer même amputé de plusieurs pattes ?

Un peu de patience, Monsieur le journaliste. J’aimerais prendre le temps vous présenter les résultats de cette étude britannique qui a comporté deux phases. Tout d’abord, les chercheurs ont amputé des moustiques femelles d’Anopheles gambiae récoltées dans l’ouest du Kenya afin d’évaluer l’impact d’une amputation sur leur capacité de piquer et à pondre. Eh bien, figurez-vous que des femelles n’ayant plus que deux pattes parviennent à se nourrir de sang avec un taux de succès similaire à celles qui ont leurs six pattes. Celles qui n’avaient qu’une seule patte avaient certes un score réduit de moitié par rapport à celles qui n’avaient plus que deux pattes. Quant au nombre d’œufs pondus par les moustiques ayant 6, 2 ou 1 patte, il était respectivement de 69, 61 et 45 par femelle.

J’imagine que dans la seconde phase de l’étude, les chercheurs ont évalué l’impact de la perte de pattes après exposition directe aux pyréthrinoïdes.

Exactement. Là encore, ces biologistes ont constaté que nos congénères femelles qui avaient survécu à l’insecticide et qui n’avaient qu’une ou deux pattes étaient toujours capables de piquer et de pondre. Les résultats étaient comparables à ceux observés lors des expériences d’amputation. Il ressort que 84%, 76% et 52% des femelles ayant respectivement 6, 2 ou 1 patte parviennent encore à faire un repas sanguin. Enfin, le nombre de pattes n’a eu quasiment aucun effet sur la ponte, avec des taux de succès respectivement de 64 %, 68 % et 50 % selon que les femelles avaient 6, 2 ou 1 patte. Le nombre d’œufs pondus dans les trois groupes de moustiques était respectivement de 87, 83 et 73 par femelle. Ainsi, même très diminués physiquement, rien n’entame notre résolution à piquer et assurer notre descendance. 

Combien de fois vous accouplez-vous dans votre vie ?

Je trouve votre question bien indiscrète mais les lecteurs de votre blog ont le droit de savoir. Nous, les moustiques femelles, nous ne nous accouplons généralement qu’une seule fois et conservons le sperme dans des spermathèques tout au long de notre vie pour féconder tous les lots d’œufs successifs. Cela dit, une équipe française a découvert en 2012 que les femelles moustique tigre peuvent en réalité s’unir à plusieurs mâles durant leur courte vie. Une même ponte peut provenir de pères différents. Les mâles, qui peuvent s’accoupler avec plus de dix femelles, sont vraiment volages.

Au fait, pourquoi piquez-vous ?

Nous, moustiques femelles, avons besoin d’un repas sanguin pour porter nos œufs à maturité en y puisant protéines et nutriments. La digestion complète d’un repas sanguin à 25°C demande tout de même environ trois jours au Culex pipiens, le moustique de votre chambre à coucher.

Quel est le volume moyen d’un repas sanguin ?

Une récente étude thaïlandaise l’a évalué chez des moustiques pouvant librement s’abreuver en piquant pendant 1, 3 ou 5 minutes à travers de petits boyaux translucides remplis de sang humain. La plupart des espèces d’anophèles en ont ingurgité en moyenne 2,01 millimètres cubes. Le volume moyen d’un repas sanguin pouvait parfois atteindre 2,5 millimètres cubes. Dans le même temps, le poids de ces moustiques femelles est passé en moyenne de 1,67 mg à jeun à 3,79 mg jusqu’à plus soif. Une espèce a vu son poids tripler, passant de 1,2 mg à 3,7 mg. Par ailleurs, plus la durée du repas sanguin augmentait, plus le volume moyen du repas était important, et plus le nombre d’œufs pondus par toutes les espèces d’anophèles étudiées était élevé. Le volume et la durée du repas sanguin ont donc un impact sur la fécondité.

Palpes maxillaires. Ha YR, et al. Comparison of the functional features of the pump organs of Anopheles sinensis and Aedes togoi. Sci Rep. 2015 Oct 14;5:15148.

Comment faites-vous pour repérer si efficacement les humains que vous piquez ?

Ce secret a en grande partie était révélé dans la revue Cell en 2013 par des chercheurs américains de l’Université de Californie Riverside. Ils ont montré que certaines de nos cellules nerveuses, les neurones cpA, détectent le dioxyde de carbone (CO2) ainsi que des odeurs émises par la peau humaine. Ces neurones olfactifs, porteurs de récepteurs au C02, se trouvent sur les palpes maxillaires, appendices sensoriels situés près de nos antennes. En travaillant sur Aedes aegypti et Anopheles gambiae, qui transmettent respectivement la dengue et le paludisme, ces chercheurs ont vu que nous nous dirigions vers des billes de verre quand elles étaient imprégnées de l’odeur de pied humain.

Femelle Anopheles freeborni, vecteur du paludisme, lors de son repas sanguin chez un hôte humain. Son abdomen est à ce point dilaté qu’un liquide clair sort de son anus afin de faire encore plus de la place au sang ingéré. James Gathany (Centers for Disease Control, Atlanta, Georgia, USA).

Quel avenir envisagez-vous à l’heure de la mondialisation ?

Dans un monde globalisé avec une forte urbanisation, source potentielle de perturbations des équilibres écologiques, notre avenir s’annonce radieux avec son lot probable de nouvelles maladies émergentes. Nous arrivons de partout par avion, par camion, par bateaux. Reconnaissez qu’il est ensuite difficile de lutter contre notre expansion. A cet égard, nous avons été particulièrement fiers quand le moustique tigre, Aedes albopictus, vecteur du chikungunya et de la dengue, a réussi son implantation en zone urbaine dans les Alpes Maritimes en 2004. Il possède des atouts indéniables : il est diurne, agressif et pique à l’extérieur. Nous ne pouvons que nous féliciter de sa progression vers le nord et l’ouest.

Un dernier mot pour conclure ?

Donnez-moi une minute. Vous comprenez, un besoin pressant.

Je vous en prie.

Vous voudrez bien m’excuser mais je tenais absolument à vous laisser un souvenir de notre longue conversation, un peu trop cordiale à mon goût. J’ai profité que vous étiez en sandales de plage pour vous piquer discrètement sur le dos du pied.

Ce n’est vraiment pas sympa ! Et moi qui vous faisais confiance.

Je sais, mais je n’y peux rien. C’est dans ma nature.

 

Propos recueillis par Marc Gozlan

Pour en savoir plus :

 

Fièvre du Nil occidental ou infection par le virus West Nile (Ministère des Solidarités et de la Santé)

Virus du Nil occidental (OMS)

Chikungunya (Ministère des Solidarités et de la Santé)

La dengue : information et prévention (Ministère des Solidarités et de la Santé)

Dengue et dengue sévère (OMS)

Maladie à virus Zika (Ministère des Solidarités et de la Santé)

Maladie à virus Zika (OMS)

Paludisme (OMS)

Fièvre jaune (OMS)

Filariose lymphatique (OMS)

Encéphalite japonaise (OMS)

Fièvre de la vallée du Rift (OMS)

Why I’d Rather Cuddle with a Shark than a Kissing Bug. World’s Deadliest Animals Number of people killed by animals, 2015 (gatesnotes, The blog of Bill Gates) 

Mapping the End of Malaria (gatesnotes, The blog of Bill Gates)

Le moustique: le plus grand tueur de tous les temps.
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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Infections froides
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