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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 08:02

Une équipe de chercheurs de l'unité Inserm 647 dirigée par François Estève, à l'ESRF (ID17) et du CHU (Université Joseph Fourier) de Grenoble a mis au point un traitement novateur qui améliore la survie de rats présentant des gliomes (tumeurs du cerveau) à un stade avancé, en combinant chimiothérapie et radiothérapie dans des conditions particulières.

Le gliome est le type de tumeur cérébrale le plus fréquent chez l'homme adulte, et n'a actuellement pas de traitement.

Les travaux de ces chercheurs ont montré la disparition de la tumeur chez trois rats sur dix, un an après le traitement.

Ces premiers résultats encourageants sont détaillés dans le numéro de Cancer Research du 1er avril 2004.

Les chercheurs envisagent de lancer des essais cliniques très prochainement. Aujourd'hui la durée moyenne de vie des patients atteint de gliome de haut grade est de moins d'une année.

De 5 à 10 nouveaux cas pour 100.000 habitants apparaissent chaque année.

La radiothérapie traditionnelle a seulement un effet palliatif puisque les gliomes sont parmi les tumeurs humaines les plus résistantes à la radiothérapie.

Dans la plupart des cas, la chimiothérapie ou la chirurgie ne montrent pas d'efficacité.

Après avoir mené des expériences in vitro sur des cellules tumorales « F98 »; les chercheurs ont implanté ces cellules dans le cerveau de rat produisant ainsi un modèle animal de tumeur cérébrale.

Ce type de tumeur est extrêmement résistant à la radiothérapie et se développe très rapidement.

La durée de survie moyenne des rats malades non traités est de 28 jours.

Avec la seule chimiothérapie, sous forme d'injection de cis-platine, ils survivent jusqu'à 39 jours.

S'ils reçoivent seulement l'irradiation synchrotron à une longueur d'onde optimale, ils peuvent résister au maximum 48 jours.

Dans cette étude, la première phase a consisté à une injection de cis-platine dans le cerveau de rats atteints de gliome.

En s'intercalant dans l'ADN des cellules tumorales, le médicament en a limité la prolifération.

Le lendemain, les animaux étaient exposés aux rayonnement synchrotron monochromatique.

Les zones contenant la cis-platine ont absorbé cette énergie et détruit l'ADN tumoral.

L'association de la chimiothérapie locale avec l'irradiation synchrotron de longueur d'onde spécifique s'est montrée très efficace et a permis une durée de survie moyenne de 200 jours, soit 6 fois plus que celle des rats non traités.

La différence entre ces rayons X et ceux utilisés dans les hôpitaux est la brillance : le faisceau produit par le synchrotron de l'ESRF est cent mille fois plus lumineux que celui produit par les appareils des hôpitaux, ce qui permet de régler le faisceau à la longueur d'onde optimale pour une drogue additive donnée.

Plusieurs techniques thérapeutiques ont été développées ces dernières années sur ce même modèle animal.

Cependant, aucune n'a eu de résultats comparables à ceux de ce nouveau traitement combinant cis-platine et rayonnement synchrotron monochromatique.

Le succès de ces essais a conduit les chercheurs à envisager l'élaboration d'un protocole pour l'utilisation de ces techniques chez l'homme.

Pour François Estève, médecin et directeur de l'unité Inserm 647 et co-auteur de cet article, ce projet nécessitera un important travail de développement technologique.

Les chercheurs et médecins ne peuvent affirmer que ces résultats, efficaces sur les animaux, seront transposables à l'homme.

Mais ils constituent une piste encourageante dans la recherche d'un traitement curatif de ce type de cancer du cerveau.

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Published by Jean-Pierre LABLANCHY - CHRONIMED - dans Concept
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